Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Ba Mikat – Bat-Yam, Épisode 4 bis : L’alerte et la lumière

Ba Mikat – Bat-Yam, Épisode 4 bis : L’alerte et la lumière

Ba Mikat – Épisode 4 bis : L’alerte et la lumière

À peine remontée. À peine revenue à moi-même, à mes gestes ordinaires, à l'illusion rassurante d'une routine.

Puis l'alarme.

Cette sirène que je connais par cœur et qui me pétrifie encore. Toujours. Malgré les fois. Malgré l'habitude prétendue. Son hurlement ne rassure pas — il annonce.
Comme au poker quand le croupier pose les cartes et dit : les jeux sont faits.
Comme une roulette russe dont personne ne connaît l'issue. Où ça tombera. Qui sera là. Qui ne sera plus.

J'éteins les lumières. Je sors. Je redescends au Miklat.

Je reste en retrait, adossée au mur du fond, là où le wifi passe encore — mon dernier lien avec le dehors, avec ce monde qui continue de tourner, indifférent.

En bas, les voisins. La coiffeuse assise sur les marches, les genoux serrés, qui attend. On attend tous. Puis l'explosion massive, sourde, lointaine. Le genre qui fait comprendre, pour qui sait lire ces sons-là, que le missile vient de mourir dans la mer. Cette explosion-là, c'est une bonne nouvelle. Peut-être la seule forme de bonne nouvelle qu'on connaisse ici.

"Ihyé Tov."

Tout ira bien. Le leitmotiv israélien. Trois syllabes contre la peur. Trois syllabes lancées dans le noir d'une cage d'escalier, entre deux respirations retenues.

En remontant, les voix fusent de palier en palier :

"Hag Sameah !"

Dans deux nuits, c'est Pessah. La fête de la liberté. Celle qui célèbre la sortie de l'esclavage, l'arrachement à l'Égypte, l'arrivée — enfin — sur cette terre.

À mon étage, le jeune père avec ses deux fillettes me regarde et dit, les yeux clairs, presque rieurs :

"Tout ira bien. Hag Sameah. On est sortis d'Égypte — on sortira de l'Iran."

Je ris.

Je ris parce que c'est juste. Je ris parce que c'est fou. Je ris parce que rien n'est plus lumineux que l'humour israélien dans l'obscurité.

Il y a quelque chose d'enfantin là-dedans. De presque candide. Et pourtant nous sommes tous, chacun à notre étage, pleinement conscients. Conscients de traverser un moment de l'Histoire. De faire cette histoire. D'en être la chair, le souffle, les témoins.

Nous partageons le même destin — et nous le savons.

Et nous savons aussi, nous, peuple juif, que l'Histoire se répète. Qu'elle tourne sur elle-même comme une boucle temporelle dont on ne trouve pas la sortie. Toujours les mêmes menaces, toujours les mêmes nuits d'alerte, toujours la même question : est-ce que cette fois sera la dernière fois ?

Ce qui nous sauve, c'est notre esprit.

Cet esprit capable d'envisager sa propre vie déchiquetée par un missile et d'oser sourire en disant : "Raté. Prochaine fois."

L'humour israélien est corrosif mais n'est pas une dérobade. Il ne se moque pas du dange il est trop lucide pour ça. Trop conscient de la fragilité de tout. Il se moque de lui-même, avec une légèreté qui n'appartient qu'à ceux qui ont appris à regarder la mort en face et à continuer quand même. C'est de l'autodérision à l'état pur. Une forme rare d'humilité.

Alors oui. Il a raison, le jeune père aux fillettes endormies dans ses bras.

Nous avons traversé le désert. Nous avons traversé la Shoah. Nous sommes encore là.

 Jamais nous ne pourrons nous débarrasser de nos ennemis, mais eux non plus ne pourront se débarrasser de nous. Alors autant rire de cette farce triplement millénaire et avancer, avec cette force invincible qui s’appelle la vie.

Oui avancer.Avec cette chose têtue, irréductible, qui s'appelle la vie.

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Ba Miklat- Bat-Yam Épisode 4 : Deux nuits calmes et la troisième qui surprend

Ba Miklat – Épisode 4 : Deux nuits calmes et la troisième qui surprend

Ba Miklat – Épisode 4 : Deux nuits calmes et la troisième qui surprend

Deux nuits sans alerte. Deux nuits où le silence nous semblait presque anormal, et les jours qui ont suivi baignaient dans un soleil splendide, me permettant de marcher de Bat Yam à Tel Aviv, en passant par Yaffo, avec une sérénité rare, presque irréelle. On se dit toujours, après tout, “deux nuits calmes, c’est déjà beaucoup…” Mais qui ose prononcer jamais deux sans trois ?

Et la troisième arrive. Alerte. Alarme sur Bat Yam.

Je descends au Miklat après avoir salué mes voisins du palier. Quelques secondes après la fin de l’alarme, une explosion retentit. Probablement tombée à Bat Yam… ou à Rishon le Tsion, la ville voisine. Le calme revient. Je remonte chez moi.

Sur le palier, un jeune père, accompagné de ses deux petites filles, me lance en rigolant — conscient que je suis française :

« Marre de ces sirènes… je vais aller vivre en France. »

Je le regarde et réponds sur le ton de la plaisanterie mais avec gravité :

« Écoute, tu as des enfants. Reste ici. Ici, tu as une armée complète pour te protéger. Rien n’est sûr à 100 %, mais ils sont là pour nous. En France, tu as… une armée contre nous. Avec un antisémitisme virulent et violent, c’est un fait. »

Il baisse la tête, silencieux, et murmure :

« Je sais… il n’y a qu’un seul pays qui défend les juifs, c’est Israël. C’est dur de vivre ici, mais on vit. »

À ce moment, monvoisin très âgé, avec sa femme, ajoute avec un sourire résigné :

« Toujours la guerre… je n’ai connu ici que des guerres. »

C’est vrai. Vivre ici, c’est vivre au rythme des guerres et de leurs conséquences, un quotidien que peu peuvent imaginer. Et pourtant, ce qui nous sauve, c’est cette solidarité, cette conscience immédiate de la fragilité de la vie : chaque alarme, chaque sirène qui nous réveille nous rappelle que nous avons de la chance d’être encore là.

En France, sans alertes ni sirènes, le danger peut frapper sans prévenir. Ici, au moins, il nous secoue, nous réveille, et nous rappelle que nous devons veiller les uns sur les autres.

Deux nuits calmes. Des journées lumineuses et apaisantes. Et puis la troisième nuit, qui nous rappelle que la vigilance ne dort jamais. Bienvenue dans notre quotidien.

Israël : à 14 ans, il espionnait pour l’Iran contre des cryptomonnaies

Israël : à 14 ans, il espionnait pour l’Iran contre des cryptomonnaies

Israël : à 14 ans, il espionnait pour l’Iran contre des cryptomonnaies

Un adolescent au cœur de la guerre invisible

C’est une affaire qui sidère les services de sécurité israéliens. Un adolescent de 14 ans, citoyen israélien, est aujourd’hui accusé d’avoir mené des activités d’espionnage pour le compte de Iran, après avoir été recruté en ligne et rémunéré en cryptomonnaies pour filmer des sites sensibles à Tel Aviv.

Selon les premières informations issues de Ynetnews, l’affaire met en lumière une mutation inquiétante des méthodes iraniennes : l’exploitation de mineurs israéliens via les réseaux numériques, dans une guerre de l’ombre désormais déterritorialisée.

Recrutement en ligne et mission progressive

D’après les éléments de l’enquête, le jeune garçon aurait été approché via Internet par un individu se présentant sous une fausse identité. Le mode opératoire est désormais bien identifié par les services israéliens : prise de contact anodine, création d’un lien de confiance, puis montée en puissance progressive des demandes.

Au départ, les missions confiées semblaient insignifiantes. Mais rapidement, elles ont évolué vers des tâches beaucoup plus sensibles : filmer et documenter des infrastructures stratégiques dans la région de Tel Aviv, à l’insu total de son entourage.

En échange, l’adolescent recevait des paiements en cryptomonnaies  un moyen de transaction discret, difficilement traçable, devenu un outil privilégié dans les opérations clandestines.

Une stratégie iranienne assumée

Ce dossier s’inscrit dans un phénomène plus large : la multiplication des tentatives de recrutement d’Israéliens — y compris des profils vulnérables ou jeunes — par des agents liés à l’Iran.

Depuis plusieurs mois, les services de sécurité intérieure israéliens alertent sur cette stratégie : utiliser les réseaux sociaux, les plateformes de messagerie et les jeux en ligne pour approcher des cibles faciles, souvent inconscientes des implications sécuritaires de leurs actes.

L’objectif est clair : contourner les dispositifs classiques de renseignement en s’appuyant sur des civils, difficilement détectables, pour collecter des informations sensibles sur le territoire israélien.

Une affaire symptomatique d’une guerre hybride

Ce cas dépasse largement le simple fait divers. Il révèle une réalité stratégique : le conflit entre Israël et l’Iran ne se joue plus uniquement sur le terrain militaire ou nucléaire, mais aussi dans les sphères numériques et psychologiques.

Le recours à un mineur illustre une évolution inquiétante des lignes rouges. Il ne s’agit plus seulement d’espionnage classique, mais d’une guerre hybride, où manipulation, influence et exploitation individuelle deviennent des armes à part entière.

Une réponse sécuritaire attendue

Les autorités israéliennes devraient traiter cette affaire avec la plus grande fermeté, tout en tenant compte de l’âge du suspect. La question centrale reste entière : comment protéger une jeunesse hyperconnectée face à des puissances étrangères qui exploitent précisément cette vulnérabilité ?

Car derrière ce dossier, une évidence s’impose : la prochaine ligne de front ne sera pas seulement géographique. Elle est déjà dans les smartphones.

Après les frappes, l'Iran va-t-il foncer vers la bombe nucléaire ? La fatwa nucléaire est morte

Après les frappes, l'Iran va-t-il foncer vers la bombe nucléaire ? La fatwa nucléaire est morte

Après les frappes, l'Iran va-t-il foncer vers la bombe nucléaire ? Ce que disent les experts

C'est la question qui hante tous les stratèges depuis le début de la guerre : en frappant les sites nucléaires iraniens, Israël et les États-Unis ont-ils éloigné la menace atomique ou au contraire poussé Téhéran à franchir le seuil ? Les experts sont divisés. Les signaux sont contradictoires. Et la réponse pourrait changer le destin du monde.

La fatwa est morte

Pendant des décennies, une seule chose retenait l'Iran de fabriquer la bombe : la fatwa de l'Ayatollah Khamenei, déclarant que les armes nucléaires étaient contraires à l'islam.

Khamenei est mort sous les bombes israélo-américaines le 28 février dernier.

Et avec lui, peut-être, la dernière digue.

"La fatwa nucléaire est morte,"* tranche Trita Parsi du Quincy Institute for Responsible Statecraft, interrogé par CNN. "L'opinion des élites comme celle du grand public a radicalement changé sur cette question ce qui ne devrait surprendre personne puisque l'Iran a été bombardé deux fois en plein milieu de négociations par deux États dotés de l'arme nucléaire."

Le message que retient Téhéran est brutal dans sa logique : posséder la bombe aurait peut-être tout changé. Ne pas l'avoir a tout permis.

Ce qui reste — et ce qui a été détruit

Avant de mesurer la menace future, il faut mesurer les dégâts actuels et ils sont considérables.

Les frappes israélo-américaines de juin 2025 ont sévèrement endommagé les deux principales installations d'enrichissement d'uranium de l'Iran  Natanz et Fordow les rendant très probablement hors d'état d'enrichir de l'uranium à des niveaux utilisables pour une arme.

Le Pentagone estimait en 2025 que le programme nucléaire iranien avait été repoussé de deux ans par les frappes de juin. La Defense Intelligence Agency concluait qu'il faudrait une décennie à l'Iran pour développer des missiles capables d'atteindre les États-Unis

Mais l'Iran n'était pas sans ressources.

Quelques jours avant le début de la guerre actuelle, l'AIEA avait signalé que l'Iran avait stocké de l'uranium hautement enrichi dans une installation souterraine non touchée par les frappes précédentes environ 400 kg
L'agence précisait néanmoins ne pas avoir de preuve d'un programme organisé d'armes nucléaires au début de la guerre de 2026

Le tournant : "Maintenant, tout est possible"

C'est là que la situation bascule dans l'inquiétant.

Sina Azodi, auteur de "Iran and the Bomb", est direct : "L'une des raisons pour lesquelles ils ont exercé une retenue nucléaire était la crainte d'attaques d'Israël et des États-Unis. Mais à ce stade où ils ont été attaqués de toute façon, pour eux, toutes les options sont ouvertes."

Ce changement de calcul était prévisible. Dès 2024, le commandant des Gardiens de la Révolution chargé de protéger les installations nucléaires, Ahmad Haqtalab, avait prévenu : "Un renversement de la doctrine nucléaire iranienne et des politiques, y compris un éloignement des considérations précédentes, est probable et concevable."

La guerre a peut-être transformé ce "probable" en "imminent".

Trois conditions pour la bombe

Les experts s'accordent sur les trois conditions nécessaires pour qu'Iran franchisse le seuil nucléaire.

Premièrement, un renversement formel de la fatwadésormais possible avec la mort de Khamenei et l'avènement d'un successeur plus radical.
Deuxièmement, l'accès à de l'uranium hautement enrichipartiellement préservé dans des installations souterraines non détruites. Troisièmement, la capacité technique de construire un engin fonctionnel  sérieusement dégradée, mais pas anéantie.

Azodi nuance cependant la portée stratégique d'une telle décision : "L'Iran ne peut pas utiliser ses forces nucléaires pour menacer les États-Unis. Ses missiles ne peuvent pas atteindre les États-Unis, et même s'ils le pouvaient, avec 50 ogives nucléaires vous ne pouvez pas dissuader un pays qui en possède 5 000."

La valeur d'une bombe iranienne serait donc avant tout politique démontrer une capacité, créer une dissuasion régionale et non stratégique face aux grandes puissances.

Le scénario saoudien : la prolifération en chaîne

Mais c'est peut-être la conséquence régionale qui est la plus terrifiante.

Si l'Iran pousse en avant avec sa propre arme nucléaire, l'Arabie Saoudite deviendrait très probablement le prochain candidat régional à franchir le seuil.
Le prince héritier Mohammed bin Salman l'avait dit sans détour dès 2018 : si l'Iran fabrique la bombe, l'Arabie Saoudite suivra "aussi vite que possible."

Une bombe iranienne ne serait donc pas seulement une menace pour Israël. Ce serait le déclencheur d'une course aux armements nucléaires au Moyen-Orient — avec des conséquences incalculables pour la stabilité mondiale.

La question à 116 dollars le baril

Au fond, tout dépend d'une inconnue centrale : le régime iranien va-t-il survivre à cette guerre ?

Le Council on Foreign Relations est prudent : "La République islamique est un système idéologique avec une élite à plusieurs couches et une base de soutien. Ce soutien a peut-être réduit ces dernières années, mais il fournit encore au régime un cadre prêt à utiliser la force pour maintenir le pouvoir."

L'Atlantic Council, lui, souligne le paradoxe : beaucoup d'Iraniens se réjouissaient initialement de la mort de Khamenei, y voyant le début d'un changement de régime. Mais avec les frappes sur les dépôts de pétrole de Téhéran et la destruction de sites du patrimoine culturel, les humeurs ont commencé à changer.

Un régime affaibli mais survivant, convaincu que seule la bombe peut le protéger de la prochaine offensive — c'est précisément le scénario le plus dangereux.

Et c'est celui que personne ne veut envisager.

Sources : CNN, Council on Foreign Relations, Atlantic Council, Arms Control Association, Wikipedia (Guerre Iran 2026) — 29-30 mars 2026

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*La fatwa nucléaire : foi affichée, stratégie cachée

Officiellement, Ali Khamenei affirme que l’arme nucléaire est interdite par l’islam. Une position présentée comme une ligne rouge morale de la République islamique d’Iran.

Dans les faits, le régime n’a jamais cessé de développer les capacités techniques permettant d’y accéder : enrichissement avancé de l’uranium, perfectionnement des centrifugeuses, progrès sur les missiles balistiques. Rien de théorique tout est opérationnel.

La contradiction n’est qu’apparente. Téhéran joue sur deux tableaux : afficher un interdit religieux pour désamorcer la pression internationale, tout en atteignant discrètement le seuil nucléaire. Une stratégie froide, assumée, qui permet de rester à quelques semaines de la bombe sans en assumer officiellement la possession.

La fatwa, dans ce contexte, n’est pas un verrou. C’est un paravent.

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Scoop : Israël propose aux États-Unis de transférer leurs bases militaires du Moyen-Orient sur son territoire

Scoop : Israël propose aux États-Unis de transférer leurs bases militaires du Moyen-Orient sur son territoire

Scoop : Israël propose aux États-Unis de transférer leurs bases militaires du Moyen-Orient sur son territoire — la carte qui change tout

 C'est une information de Channel 12, confirmée par le Times of Israel et le Jerusalem Post : Israël s'apprête à proposer à Washington de relocaliser une partie de ses bases militaires régionales sur son sol dont des installations actuellement en Qatar, à Bahreïn et aux Émirats. Si elle aboutit, cette proposition redessinera l'architecture sécuritaire du Moyen-Orient pour les décennies à venir.

Le scoop de Channel 12

L'information est tombée ce dimanche sur Channel 12, citant des sources sécuritaires israéliennes non nommées, et immédiatement reprise par le Times of Israel et le Jerusalem Post.

Israël s'apprête à inviter les États-Unis à relocaliser certaines de leurs bases dans la région vers le territoire israélien — et à établir de nouvelles bases dans le pays — après la fin de la guerre actuelle.

Ce n'est pas une idée lancée au hasard. C'est le fruit d'un calcul stratégique mûrement réfléchi par l'establishment sécuritaire israélien et le timing n'est pas anodin. La guerre contre l'Iran a démontré, aux yeux d'Israël, que les bases américaines au Qatar, à Bahreïn et aux Émirats sont vulnérables aux représailles iraniennes. Israël, lui, s'est montré résilient.

Ce que la proposition contient concrètement

Selon le rapport, des parties d'installations clés comme la base aérienne d'Al Udeid au Qatar, le quartier général de la Cinquième Flotte américaine à Bahreïn, et la base aérienne d'Al Dhafra aux Émirats Arabes Unis pourraient être déplacées vers des sites en Israël considérés comme moins exposés aux menaces.

Le plan est détaillé et ambitieux :

Il prévoit l'établissement de nouvelles bases américaines en Israël pouvant fonctionner comme hubs logistiques et s'intégrer aux cadres existants tels que le War Reserve Stockpile-Israel.
La proposition inclut une coopération renforcée pour la maintenance des avions, notamment les F-35 et F-16. Israël offre également l'utilisation de ses systèmes de défense aérienne — THAAD, Patriot et intercepteurs laser — ainsi que des mécanismes élargis de partage de renseignements.

En d'autres termes : Israël ne propose pas simplement d'héberger des soldats américains. Il propose de devenir le pivot central de la puissance militaire américaine au Moyen-Orient.

Pourquoi maintenant ?

La guerre a tout changé — et les chiffres le prouvent.

Depuis le début du conflit, les États-Unis ont déployé en Israël des F-22 Raptor — une première absolue pour un déploiement offensif américain sur le sol israélien — ainsi que 14 avions-ravitailleurs à l'aéroport Ben Gurion, permettant des opérations de la marine depuis les porte-avions USS Abraham Lincoln et USS Gerald R. Ford.

La coopération opérationnelle et de renseignement entre les deux armées a atteint un niveau sans précédent. Israël entend capitaliser sur cette dynamique.

Un responsable sécuritaire israélien cité dans le rapport est explicite : "Nous avons prouvé notre valeur en tant qu'allié central des États-Unis — un allié qui apporte non seulement de la stabilité, mais aussi des capacités opérationnelles et de renseignement considérables. Des bases américaines en Israël créeraient un avantage stratégique pour les deux parties." 

Le contexte régional : quand les alliés du Golfe ont dit non

Pour comprendre pourquoi cette proposition tombe à pic, il faut se souvenir de ce qui s'est passé au début de la guerre.

Fox News et le Wall Street Journal avaient rapporté que les États-Unis avaient été bloqués par leurs alliés du Golfe, qui leur avaient refusé l'utilisation de leurs bases et de leur espace aérien pour les frappes sur l'Iran — craignant des représailles. Le Royaume-Uni avait lui aussi refusé à Trump l'accès aux bases de RAF Fairford et Diego Garcia.

Résultat : la flotte américaine à Bahreïn avait été réduite à moins de 100 personnels critiques, et tous les navires américains basés à Bahreïn avaient quitté le port.

Israël, lui, n'a pas flanché. Il a accueilli les F-22, les ravitailleurs, les porte-avions au large de ses côtes. Il a partagé ses renseignements. Il a coordonné les frappes.

Le message implicite de Jérusalem à Washington est limpide : quand les autres ont fermé leurs portes, nous avons ouvert les nôtres.

Les discussions : préliminaires, mais réelles

Du point de vue géopolitique, cette proposition souligne à quel point le conflit actuel pourrait avoir des conséquences structurelles à long terme au-delà des développements militaires immédiats. Elle pointe vers la possibilité d'une présence américaine plus ancrée en Israël et d'une reconfiguration de l'architecture sécuritaire régionale.

Les discussions avec l'administration Trump en sont à un stade précoce. Les sources sécuritaires indiquent que la proposition pourrait offrir des avantages stratégiques aux deux pays sans nécessiter de déploiements supplémentaires de troupes américaines.

Ni Jérusalem ni Washington n'ont émis de déclaration officielle à ce stade.

Mais si cette proposition aboutit, le Moyen-Orient de l'après-guerre ne ressemblera plus à celui d'avant. Et Israël, au lieu d'être perçu comme un fardeau pour ses alliés, sera devenu l'ancre de la puissance américaine dans la région.

Sources : Times of Israel, Channel 12, Jerusalem Post, Wikipedia (2026 US Military Buildup Middle East) — 29-30 mars 2026

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Attaque antisémite en Australie, un des pays les plus dangereux pour les juifs

Attaque antisémite en Australie, un des pays les plus dangereux pour les juifs

Melbourne : une voiture volée fonce sur des Juifs en criant "F* les Juifs" l'Australie, nouveau foyer de la haine

Le 29 mars, dans les rues de Melbourne, une voiture noire volée a délibérément dévié vers un groupe d'hommes juifs haredim en plein centre-ville, pendant que les occupantes hurlaient des insultes antisémites par les fenêtres. La scène a été filmée.
Les suspectes sont en fuite. Et ce n'est pas un incident isolé c'est le dernier épisode d'une série noire qui transforme l'Australie en l'un des pays les plus dangereux au monde pour les Juifs.

La scène

Samedi après-midi, quartier de St Kilda East, Melbourne. Un groupe d'hommes en tenue haredi marche sur Glen Eira Road. Une berline noire approche.

Le véhicule effectue un virage illégal à l'intersection de Hotham Street, et les occupantes crient des insultes antisémites en direction du groupe d'hommes juifs. L'une d'elles lance : "F** les Juifs."*

Un homme a dû faire un bond en arrière depuis le bord du trottoir lorsque la voiture a brusquement dévié dans sa direction.Aucun blessé — par miracle.

La scène a été filmée. La vidéo circule depuis sur les réseaux sociaux, vue des dizaines de milliers de fois.

Une voiture volée, une ville terrorisée

La police de Victoria a rapidement établi que la berline noire — une Hyundai — avait été volée le mercredi 25 mars dans le quartier de Caulfield, à deux pas du cœur de la communauté juive de Melbourne.

Ce qui s'est passé ensuite ressemble à une chasse organisée.

La police a reçu plusieurs signalements de comportements dangereux et offensants de la part des occupants du même véhicule. Les suspects ont également été impliqués dans d'autres incidents au cours desquels des œufs ont été jetés sur des personnes et des insultes criées à plusieurs endroits dans la ville. 

Des images de surveillance montrent le véhicule effectuant un virage illégal à une intersection du centre-ville de Melbourne, tandis que les occupantes hurlent des insultes à des piétons portant des vêtements juifs traditionnels.

Robert Gregory, PDG de l'Australian Jewish Association, a confirmé être informé d'une vidéo prise lors de l'incident de Melbourne, où un véhicule a foncé vers des membres de la communauté juive pendant que les occupants criaient des insultes antisémites.

Les suspects n'ont toujours pas été arrêtés. La police fait appel à des témoins et demande des images de dashcam dans la zone de Glen Eira Road.

Melbourne, janvier 2026 : déjà "Heil Hitler"

Ce n'est pas la première fois. Loin de là.

En janvier 2026 déjà, des adolescents juifs avaient été menacés dans les rues de Melbourne par les occupants d'une voiture qui leur avaient crié des injures, proféré des menaces de mort, lancé "Heil Hitler" — avant que le véhicule ne frôle l'un des garçons qui tentaient de fuir en courant.

La scène s'était déroulée non loin de la synagogue Haredi Adass Israel — la même qui avait été la cible d'un attentat incendiaire en décembre 2024.

Et en février 2026, un homme de 32 ans avait délibérément foncé avec son pickup sur les grilles de la synagogue de Brisbane, les enfonçant, manquant de peu un fidèle qui sortait des offices du soir.

1 654 incidents en un an : l'Australie sous le choc

Les chiffres donnent le vertige.

L'Executive Council of Australian Jewry a recensé 1 654 incidents antisémites en Australie entre le 1er octobre 2024 et le 30 septembre 2025 — soit environ cinq fois la moyenne annuelle de la décennie précédant l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

Face à cette déferlante, le gouvernement australien a réagi. En janvier 2026, une Commission royale sur l'antisémitisme et la cohésion sociale a été créée. En février 2026, un tribunal civil du Victoria a statué que le slogan "Tous les sionistes sont des terroristes" constitue une vilification raciale et religieuse contre les Juifs.

Mais les décisions de justice et les commissions ne font pas reculer les voitures qui foncent sur les passants.

La communauté sous pression

La communauté juive australienne, qui compte entre 115 000 et 120 000 personnes, vit désormais sous une pression permanente que peu d'observateurs extérieurs mesurent vraiment.

Attentat à la bombe contre une synagogue. Voitures béliers. Adolescents pourchassés. Œufs jetés sur des haredim. Croix gammées taguées sur des écoles. Et maintenant une berline qui fonce sur des passants en criant des insultes — en plein jour, en plein centre-ville, filmée, diffusée, et dont les auteurs courent toujours.

L'Australie, pays qui se targue d'être l'une des démocraties les plus tolérantes du monde, a un problème antisémite grave. Et il empire.

Sources : Ynet News, JNS, VIN News, AJC, Wikipedia (Antisémitisme en Australie) — 29-30 mars 2026

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Trump sur l'Iran : 'Rien ne me plairait davantage que de leur prendre leur pétrole'"

Trump sur l'Iran : 'Rien ne me plairait davantage que de leur prendre leur pétrole'"

Trump : "Ma chose préférée c'est de prendre le pétrole iranien"  L'île de Kharg, prochaine cible américaine ?

Dans une interview explosive au Financial Times publiée ce dimanche, Donald Trump a déclaré sans détour vouloir s'emparer du pétrole iranien et envisage sérieusement de prendre le contrôle de l'île de Kharg, qui concentre 90% des exportations pétrolières de l'Iran. Derrière la provocation trumpienne se cache une manœuvre géopolitique d'une portée considérable. Décryptage.

"Ma chose préférée"

Donald Trump ne fait jamais dans la dentelle. Dimanche 29 mars, dans une interview au Financial Times, il a résumé sa stratégie iranienne avec une franchise désarmante.

"Pour être honnête avec vous, ma chose préférée serait de prendre le pétrole en Iran. Mais des gens stupides aux États-Unis demandent : 'pourquoi faites-vous ça ?' Ce sont des gens stupides,"  a-t-il déclaré au quotidien britannique.

Il a ensuite précisé sa pensée sur l'île de Kharg, cible potentielle d'une opération terrestre américaine : "Peut-être qu'on prend Kharg Island, peut-être pas. Nous avons beaucoup d'options. Cela signifierait aussi qu'on devrait rester là-bas un moment"

Des mots qui ont immédiatement fait trembler les marchés pétroliers mondiaux.

L'île qui vaut une guerre

Pour comprendre pourquoi Kharg Island est au cœur de toutes les stratégies, il faut comprendre ce qu'elle représente.

C'est un petit îlot de 8 kilomètres de long, situé à moins de 30 kilomètres des côtes iraniennes dans le Golfe Persique. Mais ses eaux profondes permettent aux supertankers pétroliers d'y accoster ce que la plupart des côtes du Golfe, trop peu profondes, ne permettent pas. Résultat : environ 90% des exportations pétrolières iraniennes transitent par cette île.

C'est la jugulaire économique de Téhéran. Celui qui la contrôle tient l'Iran par la gorge.

Trump le sait depuis longtemps. Dès 1988, il déclarait à un journaliste : "Je tirerais sur Kharg Island. J'irais la prendre" si l'Iran s'attaquait aux troupes ou aux navires américains.  Trente-huit ans plus tard, l'occasion s'est présentée.

Les frappes du 13 mars : le coup d'envoi

Le 13 mars, Trump annonçait sur Truth Social que le Commandement central américain venait de réaliser "l'un des raids de bombardement les plus puissants de l'Histoire du Moyen-Orient", ayant "totalement oblitéré" des cibles militaires sur l'île de Kharg — installations de stockage de mines navales, bunkers de missiles et autres sites militaires.

Mais les infrastructures pétrolières, elles, ont été épargnées. Délibérément.

"On peut détruire l'île quand on veut. Je l'appelle la petite île qui est là, totalement sans protection. On a tout détruit sauf les tuyaux. On a laissé les tuyaux parce que les reconstruire leur prendrait des années,"t a expliqué Trump. Un message limpide : les pipelines sont le levier de négociation ultime.

L'opération terrestre : sérieuse, risquée, imminente ?

Derrière les déclarations tonitruantes, une réalité militaire concrète se met en place.

Trois sources proches de la Maison Blanche ont confirmé qu'une occupation de l'île par des forces terrestres est sérieusement à l'étude. Le raisonnement est brutal dans sa logique :
"On a besoin d'environ un mois pour affaiblir davantage les Iraniens avec des frappes, prendre l'île, puis les tenir par les c.....es et utiliser ça pour les négociations."

Les moyens militaires sont en cours de déploiement. Le USS Tripoli, un navire d'assaut amphibie transportant 3 500 soldats américains, vient d'arriver dans la région. Des milliers de parachutistes de la 82e Division aéroportée ont également reçu l'ordre de soutenir les opérations.

Mais l'opération est loin d'être sans risques. L'Iran a renforcé ses défenses sur l'île ces dernières semaines, déployant des forces supplémentaires et des systèmes de défense aérienne en prévision d'une possible opération américaine.

Les alliés du Golfe, eux, font pression en coulisse contre toute présence terrestre américaine sur l'île, craignant des représailles iraniennes massives sur leurs propres infrastructures.

Le prix à la pompe : déjà une réalité mondiale

Pendant que les stratèges débattent, les marchés, eux, ne tergiversent pas.

Après les déclarations de Trump, le baril de Brent a bondi de 3,5% pour dépasser 116 dollars. Le WTI américain a grimpé de 3,4% à 102 dollars. Les prix du pétrole ont augmenté de plus de 50% depuis le début de la guerre en mars.

L'Asie est le premier continent à ressentir les effets des stocks pétroliers en diminution, les expéditions de pétrole du Moyen-Orient y arrivant en premier. L'Afrique et l'Europe seront probablement plus impactées en avril, selon un rapport de JPMorgan. l

En Australie, le gouvernement a d'ores et déjà annoncé une réduction de la taxe sur les carburants pour trois mois afin d'amortir le choc pour les consommateurs.

Négociations ou escalade : le grand flou trumpien

Trump joue simultanément sur deux tableaux  la menace militaire et la diplomatie selon une méthode qui lui est caractéristique.

Le porte-parole iranien des Affaires étrangères a affirmé qu'il n'existe "aucune négociation directe" entre l'Iran et les États-Unis, contredisant les affirmations de Trump selon lesquelles Téhéran aurait accepté "la plupart" de ses conditions.

Le Pakistan tente de jouer les médiateurs, se déclarant prêt à accueillir des pourparlers "dans les prochains jours."

Dans ce contexte d'incertitude maximale, une certitude demeure : chaque mot de Trump sur Kharg Island fait monter le baril d'un dollar. Et dans la guerre des nerfs qui se joue dans le Golfe Persique, c'est peut-être précisément l'objectif.

Sources : Financial Times, CNN, Axios, CNBC, NBC News, NPR — 29-30 mars 2026

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Pessah 2026 en Israël : pourquoi ce Seder sera différent de tous les autres Seders

Pessah 2026 en Israël : pourquoi ce Seder sera différent de tous les autres Seders

Il chantait sur scène à Pourim. Il fera peut-être son Seder dans un char Merkava.

Il s'appelle E. *Chanteur de métier, réserviste de cœur. Le 28 février, sa fille nouveau-née dans les bras, il a reçu l'ordre de mobilisation. Il a annulé tous ses spectacles de Pourim, pris la route vers le nord, et grimpé dans son char. Sans hésiter une seconde. Ce mercredi soir, pendant que le monde juif s'installera autour de la table du Seder, lui sera peut-être écrasé dans sa tourelle avec trois soldats. La matsa dans la poche. La Haggadah sur une page.

Il y a des histoires qui disent tout sur un peuple sans avoir besoin d'un seul discours.

Celle d'E. est l'une d'elles.

E. est chanteur et animateur de métier. Chargeur de char dans la réserve de Tsahal. Le 28 février dernier, il profitait de sa vie avec sa fille nouveau-née quand l'ordre de mobilisation est tombé. Il a laissé derrière lui ses spectacles de Pourim tous annulés a pris la route vers le nord, et a grimpé dans son char.

Sans un mot de trop. Sans un regret exprimé.

"Nous devons accomplir notre mission et protéger le peuple d'Israël," dit-il simplement.

Pourim en uniforme, Pessah en tourelle

Pourim est passé sans lui sur scène. Pessah approche  et E. fait face à une réalité que peu de Juifs du monde peuvent imaginer.

3 jours devant lui avant la nuit du Seder, E. envisage sérieusement la possibilité de passer la soirée du 1er avril écrasé dans son char avec trois autres soldats.

Et sa réponse ? Celle d'un homme qui a compris, quelque part entre sa fille nouveau-née et le front, ce que Pessah veut vraiment dire.

"Si on doit faire le Seder dans le char, on le fera avec joie," dit-il. "On boira du jus de raisin et on chantera tous les chants ensemble — Mah Nishtana, V'hee She'amda."

Mah Nishtana. "Pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ?"

Cette année, pour E., la réponse est évidente.

La Haggadah d'une page

Derrière ce portrait individuel, c'est toute une logistique militaire d'une précision remarquable qui se déploie en ce moment même dans l'armée israélienne.

Le Rabbinat militaire commence à préparer Pessah dès Hanoukka. Matsa, vin, maror, harosset, viandes, Haggadot, cachérisation des cuisines de campagne  tout est planifié des mois à l'avance. Des rabbins militaires se déplacent avec leurs familles jusque dans les avant-postes les plus reculés pour conduire des Seders avec les soldats.

Mais pour les soldats en pleine mission de combat, même une heure de Seder n'est pas toujours possible.

Pour eux, le Rabbinat militaire a conçu une Haggadah condensée tenant sur une seule page — que le soldat en faction peut glisser dans sa poche.

Toute l'histoire de l'Exode. La sortie d'Égypte. Les dix plaies. La mer Rouge. Sur une feuille de papier pliée en quatre. Parce que certains soldats n'ont que cinq minutes. Et que cinq minutes suffisent pour accomplir la mitsvah.

"V'hee She'amda" — Et c'est ce qui nous a maintenus

Ce mercredi soir à 18h40, le Seder commencera à Tel Aviv. À 18h23 à Jérusalem. Des millions de voix liront les mêmes mots, ouvriront les mêmes pages, rempliront les mêmes coupes.

Parmi elles, la voix d'E. dans un char, quelque part dans le nord d'Israël, avec trois camarades et un gobelet de jus de raisin.

"V'hee She'amda l'avotenou v'lanou." Et c'est ce qui a maintenu nos pères et nous.

Ce chant du Seder parle d'une vérité que chaque génération redécouvre à ses dépens : à chaque époque, quelqu'un se lève pour nous détruire. Et à chaque époque, nous sommes encore là.

E. le chantait sur scène il y a quelques semaines, devant un public festif, micro en main, lumières tamisées.

Ce mercredi, il le chantera dans l'obscurité d'un char Merkava.

Et il le chantera quand même.

Source : Jerusalem Post 27 mars 2026

Note de la rédaction : Le Jerusalem Post identifie ce soldat uniquement par son initiale "E." pour des raisons de sécurité opérationnelle, conformément aux règles militaires israéliennes.

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Pessah 2026-5786 : Cette année là le Seder se fera dans le Mamad ,un Pessah de guerre

Pessah 2026- 5786 : Cette année là le Seder se fera dans le Mamad

Ce Pessah, le Seder se fera dans le mamad. Et les chaises vides ne sont pas toutes pour Élie.

Le 1er avril au soir, des millions de Juifs s'assiéront pour le Seder de Pessah. En Israël cette année, la fête de la liberté se célèbre sous les sirènes, dans des appartements aux volets fermés, en petits comités  pendant que des fils et des frères liront la Haggadah dans un char. Un Pessah de guerre. Le plus éprouvant depuis des décennies.

Il y a des années où Pessah ressemble à une fête. Et il y a des années où Pessah ressemble à ce qu'il est vraiment : le récit d'un peuple qui survit malgré tout.

Cette année, c'est l'une de ces années-là.

Jérusalem entre dans cette Pâque épuisée et abattue. Ses lieux saints sont fermés. La guerre contre l'Iran en est à sa cinquième semaine.

Dans la Vieille Ville, les rues de pierre résonnent du silence. Les échoppes sont barricadées. Les places, d'ordinaire envahies par des milliers de pèlerins du monde entier, sont désertes.

La bénédiction des Cohanim pour Pessah, qui rassemble habituellement des dizaines de milliers de fidèles au Mur occidental, n'aura lieu cette année qu'avec 50 fidèles  le maximum autorisé dans l'espace clos du Kotel selon les consignes de sécurité en temps de guerre, comme au pire de la pandémie.

Cinquante personnes. Là où il en venait cinquante mille.

Un Seder dans le mamad

Pour le Seder, les familles israéliennes préparent des dîners réduits, dépouillés — loin des grandes tablées qui accueillaient autrefois des proches venus de l'étranger.

Cette année, pas de cousins de Paris. Pas d'oncles de New York. Les vols sont perturbés, les esprits sont lourds, et pour beaucoup, la pièce la plus sûre de la maison n'est pas la salle à manger mais le mamad  la pièce sécurisée, l'abri intégré que chaque immeuble israélien construit depuis 1993 doit obligatoirement avoir.

Des familles entières se préparent à lire la Haggadah, matsa à la main, dans cette petite pièce aux murs épais. Prêtes à s'y enfermer si la sirène retentit avant qu'Élie ait eu le temps de boire sa coupe.

Faire le Seder dans un char

Dans les bases et sur les fronts, l'armée israélienne s'est organisée depuis des mois pour que ses soldats puissent célébrer Pessah même au combat.

Le Rabbinat militaire prépare l'armée pour Pessah dès Hanoukka. Tout est prévu : la matsa, le vin, le maror, le harosset, les Haggadot, la cachérisation des cuisines de campagne.
Des rabbins militaires se déplacent jusque dans les avant-postes les plus reculés pour conduire des Seders avec les soldats.

Mais pour certains, même cela ne sera pas possible. Un soldat de combat, sous le pseudonyme E., confie qu'avec deux semaines avant Pessah, il fait face à la possibilité de passer la nuit du Seder écrasé dans son char avec trois autres soldats. "Si on doit faire le Seder dans le char, on le fera avec joie," dit-il. "On boira du jus de raisin et on chantera tous les chants ensemble — Mah Nishtana, V'hee She'amda."

Un soldat. Un char. Une Haggadah peut-être réduite à une page le Rabbinat militaire a rédigé une Haggadah condensée tenant sur une feuille que le soldat en faction peut glisser dans sa poche.

Les chaises vides

Autour des tables israéliennes cette année, les absents seront nombreux. Et pas seulement la chaise d'Élie le prophète, laissée vide par tradition.

La douleur de la guerre continue. Des soldats et des civils restent en danger. La vision d'Israël en paix avec ses voisins demeure hors de portée.

Et pourtant. Le peuple juif a ouvert cette même Haggadah sous Pharaon, sous Haman, sous Torquemada, sous Hitler. Il l'ouvrira ce mercredi soir sous les missiles iraniens.

"Ils se sont levés contre nous de génération en génération pour nous détruire", dit le texte. "Et le Saint béni soit-Il nous a sauvés de leurs mains."

Cette année comme les autres, des millions de voix chanteront ces mots. Les yeux fermés. Les poings serrés. Et le cœur plein de la certitude têtue d'un peuple qui sait, par expérience, que ça finit toujours par passer.

Le Seder de Pessah 5786 aura lieu le mercredi 1er avril 2026 au soir. Le premier jour de Pessah tombe le jeudi 2 avril

'Avadim hayinou' — Nous étions esclaves. Cette année, en Israël, la phrase résonne autrement.

Sources : Times of Israel, Jerusalem Post, Ynet News — 29-30 mars 2026

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La France vote une loi contre l'antisémitisme. Bonne nouvelle ? Pas si vite.

La France vote une loi contre l'antisémitisme. Bonne nouvelle ? Pas si vite.

La France vote une loi contre l'antisémitisme. Bonne nouvelle ? Pas si vite.

 Le Parlement français s'apprête à débattre d'une proposition de loi contre les "formes renouvelées de l'antisémitisme". Un texte porté depuis novembre 2024, adopté en commission en janvier 2026  et qui sera débattu en séance plénière les 16 et 17 avril. Mais entre les attaques de la gauche radicale, les réserves juridiques et les pièges de la liberté de la presse, la loi risque de mourir avant même d'être appliquée.

L'initiative

Tout commence le 19 novembre 2024. Caroline Yadan, députée Renaissance représentant les Français de l'étranger — dont la circonscription inclut Israël — dépose une proposition de loi.
Son objectif : adapter l'arsenal juridique français à l'antisémitisme du XXIe siècle, celui qui ne se présente plus sous la forme d'injures raciales classiques, mais qui se glisse dans le militantisme pro-palestinien, les réseaux sociaux et les campus universitaires.

Au lendemain du 7 octobre 2023, une recrudescence de propos antisémites a envahi l'espace public et les réseaux sociaux, instrumentalisant le conflit au Proche-Orient pour viser directement les Français juifs.
De nouvelles formes de discours antisémites ont fait leur apparition, imputant aux Juifs une responsabilité dans le conflit, ou invitant directement ou indirectement à s'en prendre à eux au nom de ce conflit.

Le texte, cosigné par une centaine de députés dont des élus socialistes et républicains, prévoit trois nouvelles infractions majeures : élargir le délit d'apologie du terrorisme, créer un délit de négation de l'existence de l'État d'Israël, et étendre le délit de contestation de la Shoah aux comparaisons entre les crimes nazis et les actions de l'État d'Israël.

20 janvier 2026 : adoption en commission, mais à l'arraché

La proposition de loi est adoptée en Commission des lois le 20 janvier 2026 — mais à 18 voix contre 16 seulement. Le gouvernement du Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé en février vouloir l'examiner en séance plénière dès le mois d'avril. Les débats sont fixés aux 16 et 17 avril prochains.

Un vote serré. Un calendrier sous tension. Et une opposition qui se mobilise.

La gauche à l'offensive

La résistance est immédiate et violente. Les députés de La France Insoumise et une large partie de la gauche mènent une offensive déterminée contre un texte qu'ils qualifient de "liberticide" et d'"instrument de répression" visant à criminaliser la critique de la politique israélienne.

Le député LFI Thomas Portes ne prend pas de gants : il accuse la loi d'être le fruit d'une ingérence étrangère au Parlement français et promet de "mettre tout en œuvre" pour en empêcher l'adoption. Des manifestations ont été prévues le samedi 28 mars dans toute la France, notamment place de la Bastille à Paris.

Derrière les slogans, une réalité politique brutale : cette loi est devenue un champ de bataille idéologique, où la protection des Juifs de France est instrumentalisée par ceux-là mêmes qui prétendent défendre les libertés.

 

Le piège juridique

Mais la menace ne vient pas que de la gauche. Elle vient aussi des juristes, et c'est là que le bât blesse le plus profondément.

Le Conseil d'État lui-même a souligné que la proposition de loi comporte des "redondances" incriminant des agissements déjà réprimés dans le droit français, et estime qu'elle pourrait au contraire "compliquer la tâche des autorités de poursuite et fragiliser les procédures"

Plus grave encore : l'Organisation des Juifs Européens a publié un communiqué sévère rappelant qu'une loi inapplicable ne vaut rien. Pire, elle peut créer une illusion d'action. Et face à l'antisémitisme, un échec judiciaire envoie un message implicite : "Continuez."

La peine initialement envisagée était de cinq ans de prison. Elle a été réduite à un an — et en pratique, l'emprisonnement devient théorique.

 Le signal envoyé aux agresseurs ne pourrait pas être plus mauvais.

Le paradoxe français

Le chiffre est accablant. Au moins un tiers des actes antisémites enregistrés en 2024 faisaient explicitement référence à la Palestine, et 21% des Français considèrent comme justifié de s'en prendre à un Juif soutenant Israël.

Face à cette réalité, la France légifère. C'est une bonne nouvelle. Mais elle le fait avec un texte affaibli, contesté, dont la peine maximale a été divisée par cinq, et dont les plus éminents juristes du pays doutent qu'il puisse jamais être appliqué sans se heurter aux garanties de la liberté d'expression.

La République française reconnaît officiellement que l'antisémitisme contemporain a changé de visage. Elle refuse encore de lui opposer des outils à la hauteur de la menace.

Les débats des 16 et 17 avril diront si elle a le courage d'aller jusqu'au bout.

Sources  Le Monde, Agence Anadolu, TRT Français — janvier-mars 2026

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