Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

7 octobre :« J'ai prié pour que ces chiens t'aient épargnée », Or Lévy la lettre déchirante à sa femme Einav

Or Levy : « J'ai prié pour que ces chiens t'aient épargnée », la lettre déchirante à sa femme Einav, tuée le 7 octobre

Par Claudine Douillet I 7 octobre 2026

Or Levy : « J'ai prié pour que ces chiens t'aient épargnée », la lettre déchirante à sa femme Einav, tuée le 7 octobre

Or Levy n'a pas pu enterrer sa femme. Otage du Hamas pendant 491 jours, il a manqué les funérailles, la shiv'a, les trente jours et la première année de deuil d'Einav, assassinée le 7 octobre 2023 dans l'abri de Re'im d'où il a été enlevé. La veille du troisième anniversaire du massacre, il lui adresse une lettre publique qui bouleverse Israël.

Une lettre publiée au lendemain de la cérémonie

Lundi 5 octobre, quelques heures après la cérémonie commémorative organisée pour Einav, Or Levy a publié sur Facebook un texte adressé directement à sa femme. La chaîne israélienne C14 l'a relayé mardi. Le survivant de la captivité y commence par l'inventaire de tout ce qui lui a été arraché. Il n'était pas là pour l'enterrement. Ni pour la semaine de deuil, ni pour les trente jours, ni pour la première date anniversaire. Pendant tout ce temps, prisonnier à Gaza, il s'accrochait à une seule idée : Einav était peut-être encore en vie.

L'abri de la mort de Re'im

Le matin du 7 octobre 2023, Or et Einav Levy sont au festival Nova, près du kibboutz Re'im. Sous les roquettes, ils fuient et se réfugient dans un petit abri anti-missiles en béton, au bord de la route, au carrefour de Re'im. Les terroristes du Hamas encerclent l'abri, y lancent des grenades et tirent à l'intérieur. Les Israéliens l'appellent depuis « l'abri de la mort ». Einav y est tuée. Or est traîné vers Gaza, comme Hersh Goldberg-Polin et Eliya Cohen, enlevés du même abri.

491 jours sans savoir

En captivité, Or Levy ignore le sort de sa femme. Chaque jour, raconte-t-il, il lui parlait en pensée et cherchait les mots justes pour l'atteindre. « J'ai prié pour que tu ailles bien, que ces chiens t'aient épargnée », écrit-il. Il s'inventait des scénarios : les terroristes l'avaient peut-être manquée, elle avait peut-être réussi à s'enfuir. Parmi toutes ces histoires possibles, constate-t-il, c'est la plus tragique qui s'est révélée vraie. Einav n'est plus là.

Libéré en février 2025 lors d'un échange, amaigri au point de choquer le pays entier, Or Levy a découvert à son retour que la femme qu'il espérait retrouver était morte depuis seize mois.

Le portrait d'une femme qui tenait la famille

Le cœur de la lettre est un portrait. Or Levy décrit celle qui savait lui prendre la main pour l'apaiser, qui veillait à ce qu'il ne confonde pas les jours et ne parte pas à Beer-Sheva au lieu de Jérusalem. Celle qui ramenait la paix instantanément dans chaque dispute et rappelait à tous que la famille passe avant tout. Il lui confie que les siens essaient, jour après jour, d'accomplir ces missions sans elle. Et qu'ils échouent parfois, tant son absence pèse.

Almog, l'enfant qu'elle ne verra pas grandir

L'an dernier, de retour de captivité, Or Levy a assisté pour la première fois à la cérémonie à la mémoire d'Einav. Il y a récité le Kaddish et n'a demandé qu'une chose : un moment seul avec elle.

Il évoque surtout leur fils, Almog, qui n'avait que deux ans au moment du massacre. Il n'y a pas un jour, écrit-il, où il ne regarde pas cet enfant parfait qu'elle a mis au monde sans pleurer, parce qu'il sait à quel point elle serait fière de lui. Il dit percevoir les signes qu'Einav continue de leur adresser, de façons inattendues. Quand on lui demande quelle est la probabilité d'une telle coïncidence, la question ne l'intéresse pas : il sait qu'elle est là. Il promet de chérir chaque instant, chaque seconde et chaque souffle passés à ses côtés.

Trois ans après, un deuil qui commence à peine

Ce mercredi 7 octobre 2026, Israël a observé une minute de silence à 6 h 29, l'heure exacte du début de l'attaque. Pour la plupart des familles endeuillées, trois années de deuil se sont écoulées. Pour Or Levy, le temps du deuil n'a commencé qu'à sa libération. Sa lettre rappelle une vérité que les chiffres effacent : pour les otages revenus, le 7 octobre ne s'est pas arrêté à leur retour. Il les attendait chez eux.

Hier, c'était ton jour de commémoration, j'aurais vraiment voulu te parler mais je n'ai pas pu, mais d'après ce que j'ai entendu d'autres personnes, tout était si beau et juste.

Trois ans

Pour tous ceux qui parlent, trois ans. Un nombre fou qui semble si long. Trois ans depuis ce jour terrible qui a pris tant de vies, et bien sûr la tienne. Je n'étais pas là à l'enterrement, je n'étais pas là à la shiva, pas aux trente jours et même pas à l'anniversaire. À ce moment-là, j'ai tenu à l'espoir que peut-être tu étais en réalité en vie. Alors chaque jour, je t'ai parlé, j'ai essayé d'être précis, j'ai prié pour que tu sois bien. Que tu sois en sécurité. Peut-être que tu y as échappé, peut-être que tu t'es enfuie ? Tellement d'histoires et à la fin, l'histoire la plus triste est celle qui s'est produite. Tu n'es pas là. Tu sais combien j'aurais fait, ce que tu aurais dit, il n'y a pas de jour où je ne regarde pas l'enfant parfait que tu as mis au monde et ne pleure parce que je sais combien tu aurais été fière.

Dans cette commémoration, qui pour moi est un peu comme un enterrement, parce que je n'étais pas là, pour voir chacun de tes amis, la famille, et toutes celles que tu as touchées et qui se sont souvenues de toi, toi, toi en cette période, toi avec le sourire, avec la lumière qui brillait de toi.

Tu sais, je vois, je vois les signes que tu laisses pour nous, je vois comment tu apparais de différentes et étranges manières. Ils me demandent toujours « quelle est la chance ? » et ma réponse est totalement sans rapport. Je sais que tu es là et comme tu l'as dit à un ami dans un rêve (désolé, je te vole) je suis toujours là. Donc je sais que tu es là avec nous et je veux que tu saches que je me souviens et que je me souviendrai et que je chérirai chaque moment, chaque seconde, et chaque souffle que j'ai passé dans ton étreinte.

Avec C14

 

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7 octobre : 262 événements anti-israéliens dans 37 pays, dont 10 en France

7 octobre : 262 événements anti-israéliens dans 37 pays, dont 10 en France

 

Le ministère israélien de la Diaspora a recensé 262 événements anti-israéliens dans 37 pays autour du troisième anniversaire du 7 octobre. Dix ont lieu en France. Environ un tiers sont classés à risque moyen ou élevé, et Paris figure parmi les points sensibles.

Par Claudine Douillet I Le 6 octobre 2026

Une mobilisation sur deux semaines

Les chiffres ont été publiés lundi 5 octobre par le ministère de la Diaspora et de la Lutte contre l'antisémitisme. Il a identifié 262 manifestations et événements anti-israéliens dans 37 pays. Ils ne se concentrent pas sur une seule journée. Environ 29 % ont lieu le 7 octobre même, les autres s'étalant du 1er au 14 octobre, avec un pic attendu le week-end qui suit l'anniversaire. Au moins 75 rassemblements sont prévus pour la seule journée de mercredi.

La France dans le top 10

Avec dix événements, la France se place juste derrière l'Allemagne et le Canada, qui en comptent quatorze chacun. Les États-Unis arrivent en tête avec 45 événements, devant l'Espagne (40), l'Australie (21), le Royaume-Uni (19) et l'Italie (16). Les Pays-Bas en comptent huit.

87 événements jugés à risque

Le ministère classe 87 événements à risque moyen ou élevé, soit environ un tiers du total. Le Canada se distingue avec quatre événements à haut risque, devant la Grèce, l'Italie, les États-Unis et l'Australie, qui en comptent deux chacun. D'autres points sensibles ont été repérés à Paris, Londres, Berlin, Amsterdam, Barcelone, Istanbul, Bogota, Bangkok et Santiago.

Les ambassades israéliennes en ligne de mire

Le rapport pointe un autre signal inquiétant. Quarante-cinq événements doivent se tenir à proximité d'une ambassade, d'un consulat ou d'un autre site lié à Israël, dont trente à moins de 2,5 kilomètres. Selon l'analyse du Jerusalem Post, près de la moitié de ces rassemblements de proximité sont classés à risque moyen ou élevé. Plus la cible symbolique est proche, plus le danger grimpe.

Parmi les cas relevés figurent un événement à Helsinki à quelque 300 mètres de l'ambassade d'Israël, un rassemblement à haut risque sur la colline du Parlement à Ottawa, à environ 350 mètres de l'ambassade, et un autre à Francfort, près d'un hôtel fréquenté par des visiteurs israéliens.

Des organisateurs aux liens troublants

Le rapport du ministère ne désigne ni le Hamas, ni le FPLP, ni Samidoun comme organisateurs. Mais le Jerusalem Post relève que plusieurs groupes impliqués ont des liens documentés avec ces réseaux. C'est le cas du Palestinian Youth Movement, derrière les cinq événements à haut risque prévus à Los Angeles, New York, Montréal, Ottawa et Toronto, déjà apparu aux côtés de figures liées au FPLP. Au Royaume-Uni, la Palestine Solidarity Campaign, qui organise plusieurs rassemblements, est épinglée par un rapport gouvernemental britannique pour son soutien présumé au Hamas.

Vigilance jusqu'au week-end

Pour les Juifs de France, le message est clair : la période sensible ne s'arrête pas le 7 octobre au soir. Le pic de mobilisation est attendu le week-end suivant. Le Conseil national de sécurité israélien appelle de son côté à éviter manifestations et rassemblements, et à ne pas annoncer ses déplacements sur les réseaux sociaux.

 

7 octobre : Israël alerte sur un risque accru d'attentats contre les Israéliens et les Juifs à l'étranger

7 octobre : Israël alerte sur un risque accru d'attentats contre les Israéliens et les Juifs à l'étranger

Le Conseil national de sécurité israélien relève l'alerte. À la veille du troisième anniversaire du 7 octobre, il met en garde contre un risque accru de tentatives d'attentats visant les Israéliens et les Juifs dans le monde, ainsi que contre des manifestations violentes. L'Iran, le Hamas et le djihad mondial voient dans cette date un symbole à exploiter.

Par Claudine Douillet I Le 6 octobre

Une date symbolique pour les terroristes

Le message a été diffusé mardi 6 octobre par le Conseil national de sécurité (CNS), l'organe chargé des alertes aux voyageurs. À l'approche du 7 octobre, la menace de tentatives d'attentats contre des Israéliens et des Juifs à l'étranger augmente, tout comme le risque de manifestations et de violences de rue.

Le CNS désigne clairement les responsables potentiels. L'Iran et ses relais, le Hamas et les mouvances du djihad mondial considèrent cet anniversaire comme une étape marquante pour passer à l'action. Les Israéliens présents à l'étranger, ou sur le point de partir, sont appelés à une vigilance renforcée.

25 morts depuis le début de la guerre

Ce rappel n'arrive pas par hasard. Dans son évaluation de la menace publiée début septembre, le CNS relève une forte hausse des attaques menées par des individus isolés, et chiffre à 25 le nombre d'Israéliens et de Juifs assassinés dans des attentats à l'étranger depuis le déclenchement de la guerre.

Le souvenir de Sydney reste dans toutes les mémoires. En décembre 2025, une fusillade visant une célébration de Hanouka sur la plage de Bondi avait fait 15 morts et des dizaines de blessés.

Le Hamas s'implante en Europe

L'évaluation du CNS désigne plusieurs menaces précises. Le Hamas et d'autres groupes palestiniens investissent massivement pour bâtir des infrastructures terroristes sur le sol européen, afin de mener des attaques de vengeance ou spectaculaires contre des Juifs et des Israéliens.

Les organisations du djihad mondial, comme Daech et Al-Qaïda, continuent d'appeler directement à frapper les Juifs, avec la volonté de passer à l'acte dans des villes européennes et aux États-Unis par le biais d'assaillants isolés. Le CNS souligne que la montée de l'incitation sur les réseaux sociaux nourrit cette motivation.

Quatre destinations interdites

Le CNS demande de ne pas se rendre dans les pays placés au niveau 4 d'alerte, le plus élevé de son échelle : la Jordanie, le Qatar, le Somaliland et l'Égypte, y compris la péninsule du Sinaï. La Jordanie a été ajoutée cette année à cette liste, avec la recommandation d'éviter même une simple escale.

Le Somaliland s'explique par une menace venue du Yémen. Les Houthis ont appelé à frapper Israël et les Israéliens se rendant au Somaliland et ailleurs en Afrique, où ils considèrent la présence israélienne comme une menace. Les voyages en Arabie saoudite restent par ailleurs interdits par la loi.

Discrétion dans les lieux publics

Dans les pays classés au niveau 3, le CNS recommande de limiter autant que possible l'usage de l'hébreu dans les lieux très fréquentés. Partout, il conseille de se tenir à l'écart des manifestations et des grands rassemblements. Il appelle aussi à ne pas afficher de signes israéliens ou juifs.

Les réseaux sociaux, une porte d'entrée pour les terroristes

Le CNS insiste sur un point souvent négligé. Il ne faut pas publier à l'avance ses déplacements ou sa localisation sur les réseaux sociaux. Il demande aussi de ne diffuser aucun contenu révélant un service dans l'armée ou les forces de sécurité. Une photo en uniforme ou une annonce de voyage peuvent suffire à faire de quelqu'un une cible.

Que faire en cas d'urgence

En cas d'incident, il faut d'abord contacter les forces de sécurité du pays où l'on se trouve. Le CNS recommande de garder à portée de main les numéros d'urgence locaux. Ensuite seulement, il met à disposition sa ligne d'alerte voyageurs, ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, réservée aux questions liées au terrorisme : +972 2 666 7444. i

Et en France ?

Ces consignes s'adressent en priorité aux Israéliens, mais la menace décrite vise aussi les Juifs de la diaspora. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait déjà demandé, début septembre, un renforcement de la sécurité autour des lieux de culte pour les fêtes juives. Washington a de son côté demandé à ses ambassades d'inciter les gouvernements à déployer si nécessaire policiers, unités antiterroristes ou militaires autour des synagogues et des lieux accueillant des événements communautaires.

Le ministère israélien de la Diaspora recense par ailleurs dix événements anti-israéliens en France autour du 7 octobre, et Paris figure parmi les points sensibles identifiés. Le pic de mobilisation étant attendu le week-end suivant, la vigilance s'impose bien au-delà de mercredi

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Voyage en Pologne : 100 lycéens israéliens atterrissent à Varsovie sans leurs bagages

Voyage en Pologne : 100 lycéens israéliens atterrissent à Varsovie sans leurs bagages

 

Une centaine de lycéens israéliens ont atterri lundi à Varsovie sans aucune valise. Leurs bagages n'ont jamais été chargés dans l'avion au départ d'Israël. Privés de vêtements et de médicaments, les élèves ont dû renoncer à une partie des sites prévus pour leur voyage de mémoire.

Par Claudine Douillet I Le 6 octobre 2026

Trois délégations, zéro valise

Ils étaient environ 100 élèves, répartis en trois délégations scolaires, à poser le pied lundi 5 octobre à Varsovie. Le voyage en Pologne, étape majeure du parcours scolaire israélien, devait les mener sur les lieux de la Shoah. Cette année, le programme avait aussi été pensé autour de la commémoration du 7 octobre.

Au tapis roulant, rien. Les valises n'avaient tout simplement pas été embarquées sur le vol au départ d'Israël. Selon les accompagnateurs, c'est la direction des voyages en Pologne du ministère de l'Éducation qui les en a informés à l'atterrissage.

« Ils savaient que ça arrivait »

Une participante raconte avoir découvert la situation dès l'arrivée, sans que personne ne sache dire qui avait refusé de charger les bagages. Pour elle, le fait d'avoir été prévenus au moment même de l'atterrissage prouve une chose : les responsables étaient au courant, a-t-elle confié à Walla, « ils savaient que ça arrivait ».

Depuis, les accompagnateurs courent les magasins. Il faut trouver pour 100 adolescents des sous-vêtements, des médicaments, des produits d'hygiène, des protections féminines, du liquide pour lentilles. Une partie du matériel resté en Israël est indispensable, notamment les traitements médicaux de certains élèves.

Des sites de mémoire sacrifiés

Le premier jour a été en grande partie perdu. Plusieurs visites prévues ont été annulées faute de temps, les équipes consacrant leurs journées à équiper les élèves plutôt qu'à suivre le programme. Sur place, la frustration est grande, rapportent les membres des délégations. Les groupes ont malgré tout poursuivi leur route depuis Varsovie.

Pour des familles qui financent souvent lourdement ce voyage, et pour des élèves qui le préparent pendant des mois, le choc est rude. D'autant que ce séjour n'est pas une excursion ordinaire, mais un temps de transmission, à quelques jours du troisième anniversaire du massacre.

Le ministère renvoie la balle à la compagnie aérienne

Le ministère israélien de l'Éducation se défausse sur le transporteur. Selon sa déclaration, l'acheminement des bagages relève de la compagnie aérienne et est traité par les prestataires concernés. Il assure que ses équipes accompagnent les délégations de près, prennent en charge l'achat de vêtements et d'équipements essentiels, et restent en contact permanent avec les parents.

La compagnie n'a pas été nommée et la cause du problème reste inconnue. Aucune date n'a été annoncée pour l'arrivée des valises en Pologne.

 

Source : Walla

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Rima Hassan décroche le drapeau israélien d'une exposition sur le 7 octobre : le Parlement européen ouvre une enquête

Rima Hassan décroche le drapeau israélien d'une exposition sur le 7 octobre : le Parlement européen ouvre une enquête

La députée européenne LFI Rima Hassan a retiré le drapeau israélien d'une exposition en hommage aux victimes du 7 octobre, dans l'enceinte même du Parlement européen. Le drapeau de l'Union européenne est tombé dans la foulée. Roberta Metsola a saisi les services du Parlement et des sanctions disciplinaires sont possibles.

Par Claudine Douillet I le 6 octobre 2026

Un geste en pleine commémoration

L'exposition devait rendre hommage aux victimes du massacre du 7 octobre 2023, trois ans après les faits. Elle était installée au Parlement européen à Strasbourg, coorganisée notamment par l'Institut transatlantique de l'American Jewish Committee. Lundi 5 octobre, en quittant les lieux, Rima Hassan a retiré le drapeau israélien de son support. Le drapeau européen, fixé à la même structure, s'est retrouvé au sol.

Une photo publiée sur les réseaux sociaux montre les deux drapeaux à terre. Aucune vidéo rendue publique ne montre en revanche la députée elle-même les faire tomber. C'est tout l'enjeu de la bataille de récits qui s'est ouverte depuis.

Deux versions qui s'opposent

Pour François-Xavier Bellamy, chef de file LR au Parlement européen, des témoins affirment que Rima Hassan a jeté à terre les drapeaux d'Europe et d'Israël devant la salle où se tenait la commémoration. Il y voit une forme de complicité avec ceux qui cherchent à réimporter en Europe la haine antisémite des heures les plus sombres du continent. Nathalie Loiseau, élue Renew, accuse elle aussi la députée d'avoir piétiné le drapeau israélien et estime que LFI a touché le fond de l'indécence.

Le bureau de Rima Hassan donne une tout autre version. Il confirme qu'elle a bien retiré le drapeau israélien, mais affirme que le drapeau européen est tombé accidentellement, la structure ayant perdu l'équilibre. Selon son entourage, aucun drapeau n'a été piétiné ni abîmé. La députée revendique un acte de protestation contre ce qu'elle qualifie de « génocide » commis par le gouvernement israélien. Son bureau assure que le geste ne visait ni les victimes honorées par l'exposition, ni leur mémoire.

Reste une question que cette défense laisse entière : pourquoi choisir précisément une exposition consacrée aux victimes du 7 octobre pour protester contre Israël ?

Metsola saisit les services du Parlement

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'est exprimée mardi en séance. Elle a indiqué qu'une élue avait été filmée en train d'endommager présumément l'exposition, et que l'affaire était traitée avec le plus grand sérieux. Toutes les mesures prévues par le règlement sont engagées, a-t-elle précisé, dans le respect du droit de l'intéressée à être entendue.

Selon une source au Parlement, Rima Hassan devra s'expliquer devant Roberta Metsola, qui décidera ensuite d'éventuelles sanctions disciplinaires. Un porte-parole confirme que l'incident a été documenté et qu'il est examiné par les services de l'institution.

Jérusalem et l'AJC haussent le ton

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a réagi sur X. Il qualifie l'acte de honteux et scandaleux, mais « malheureusement pas surprenant ». Selon lui, la profanation de l'exposition montre surtout le peu de respect de Rima Hassan pour l'institution où elle siège. Il a salué les élus qui ont immédiatement condamné le geste et remercié Roberta Metsola d'avoir affirmé que l'affaire serait traitée avec la plus grande sévérité.

L'Institut transatlantique de l'AJC, partenaire de l'exposition, juge les faits rapportés choquants et inacceptables. Il réclame une enquête complète et des sanctions sans délai, rappelant qu'aucun manque de respect envers les victimes du terrorisme et les institutions démocratiques ne doit être toléré.

Une élue habituée aux provocations

Âgée de 34 ans, Rima Hassan est née dans le camp de réfugiés de Neirab, en Syrie, avant d'arriver en France enfant. Juriste franco-palestinienne, elle s'est imposée comme l'une des voix les plus virulentes contre Israël au Parlement européen. Elle accuse l'État hébreu d'« apartheid » et de « génocide » et soutient les appels au boycott.

Israël l'a refoulée à trois reprises. En février 2025, elle s'est vu refuser l'entrée à l'aéroport Ben Gourion alors qu'elle accompagnait une délégation européenne. Elle a ensuite été expulsée après avoir pris part à deux flottilles vers Gaza, en juin puis en octobre 2025.

En France, les ennuis judiciaires s'accumulent. La police parisienne l'a interpellée pour des soupçons d'apologie du terrorisme, après un message, depuis supprimé, citant Kozo Okamoto, l'un des auteurs du massacre de l'aéroport de Lod en 1972. Lors de sa garde à vue, une drogue de synthèse aurait été retrouvée dans son sac, ce qui a élargi l'enquête. Une plainte avait déjà été déposée contre elle en décembre 2024 pour un texte assimilant l'engagement de Franco-Israéliens dans Tsahal au droit supposé de Franco-Palestiniens à rejoindre la « résistance armée ».

À deux jours du troisième anniversaire du massacre, l'affaire place le Parlement européen face à un choix : sanctionner, ou laisser passer.

Sources : Ynetnews (AFP) · Maariv · N12 / Mako

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Tsahal se prépare à une opération : cinq fronts sous haute tension

Tsahal se prépare à une opération : cinq fronts sous haute tension

Tsahal se prépare à une opération : cinq fronts sous haute tension

Par Claudine Douillet I Le 6 octobre 2026

L'armée israélienne s'attend à lancer une opération sur l'un de ses fronts dans les prochains jours. Bab el-Mandeb, Gaza, la Judée-Samarie, la Syrie et le Liban : partout, le renseignement signale une menace.

Selon Avi Ashkenazi, correspondant militaire de Maariv, l'évaluation qui prévaut au sein de Tsahal est désormais claire : Israël devrait engager une opération sur l'un des théâtres du Moyen-Orient. L'armée doit relever sa vigilance face à toute une série de scénarios dans les jours à venir.

Les renseignements actuels restent larges et généraux. Ils ne désignent pas une cible précise, mais ils suffisent à imposer une hypothèse de travail sur chacun des fronts. Pour Tsahal, déjà déployée sur plusieurs théâtres, le défi est immense.

Le Yémen et le détroit de Bab el-Mandeb

Le front le plus éloigné est aussi l'un des plus explosifs. Au Yémen, la guerre civile a repris après quatre ans de cessez-le-feu. Selon Reuters, repris par Ynet, la coalition menée par l'Arabie saoudite a lancé lundi une vaste campagne aérienne sur la côte de la mer Rouge. Son porte-parole, le général Turki al-Maliki, affirme que 100 avions de combat appuient les forces gouvernementales yéménites.

Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont pris début septembre la ville stratégique de Mokha et plusieurs îles de la mer Rouge. Ils contrôlent désormais la rive yéménite du détroit de Bab el-Mandeb, par lequel transite environ 12 % du commerce mondial. Ils menacent aussi Taëz, troisième ville du pays. Selon l'ONU, cette nouvelle flambée a déjà fait plus de 800 morts.

Gaza à la veille du 7 octobre

À Gaza, l'alerte est maximale. Le ministre de la Défense Israël Katz a ordonné à Tsahal de se préparer à des attaques du Hamas à l'occasion du troisième anniversaire du massacre. Le renseignement fait état de projets d'embuscade et de tentatives d'enlèvement de soldats.

Syrie : des approches suspectes près du Golan

En Syrie, deux incidents survenus en moins de 24 heures inquiètent l'armée. Dans la nuit de dimanche à lundi, un Palestinien de 22 ans vivant à Damas s'est approché d'un poste militaire près du village syrien d'al-Hamidiyah. Les soldats ont ouvert le feu. Il n'était pas armé et ne portait qu'un téléphone et de l'argent.

Lundi après-midi, deux Syriens à moto se sont approchés d'un autre poste, dans la région de Kuneitra. Ils ont été touchés par des tirs puis arrêtés. Aucun soldat israélien n'a été blessé. Selon Ynet, Tsahal se demande si ces hommes ne testaient pas la réaction des soldats sur deux positions distantes de quelques kilomètres seulement.

Les élus du Golan ont réagi vivement. Ouri Kellner, président du conseil régional du Golan, et Yehouda Doua, président du conseil local de Katzrin, refusent de revenir à la pensée d'avant le 7 octobre. Ils demandent au prochain gouvernement de rester dans la zone tampon et sur le mont Hermon.

Liban et Judée-Samarie

Le Sud-Liban figure lui aussi parmi les théâtres évoqués par l'armée. Le Hezbollah reste une menace permanente à la frontière nord. En Judée-Samarie, l'appareil de défense reste sur ses gardes à l'approche des dates symboliques, avec la crainte d'attentats.

L'ombre de l'Iran sur tous les fronts

Derrière ces fronts se dessine l'ombre de Téhéran. Selon Danny Citrinowicz, chercheur spécialiste de l'Iran à l'INSS, interrogé par la radio 103FM, la situation est dans l'impasse. Les Gardiens de la révolution ne reculent pas, malgré le blocus américain et les nouvelles sanctions. Selon lui, l'Iran mise sur les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre en espérant que Donald Trump y perde le contrôle du Congrès.

Le chercheur avertit que cette impasse risque de conduire à une escalade, en particulier dans le détroit d'Ormuz. Selon Walla, les États-Unis ont par ailleurs retiré douze bombardiers de Grande-Bretagne par crainte d'une attaque iranienne.

Une armée sous pression à trois semaines du scrutin

Tsahal doit gérer simultanément cinq fronts actifs, un manque chronique de combattants et des réservistes épuisés. Le tout à trois semaines des élections législatives du 27 octobre. Où frappera Israël ? L'armée ne le dit pas encore. Mais tout indique que le calme relatif de ces dernières semaines touche à sa fin.

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7 octobre : Israël Katz ordonne à Tsahal de « se préparer au pire » à Gaza

7 octobre : Israël Katz ordonne à Tsahal de « se préparer au pire » à Gaza

Par Claudine Douillet I Le 6 octobre 2026

À la veille du troisième anniversaire du massacre, Israël place ses troupes en alerte maximale à Gaza. Le renseignement signale que le Hamas veut frapper les soldats israéliens le jour même du 7 octobre.

Le ministre de la Défense Israël Katz a ordonné ce mardi à Tsahal de relever nettement son niveau d'alerte dans la bande de Gaza. Il a demandé à l'armée de se tenir prête à tous les scénarios offensifs possibles du Hamas. La consigne fait suite à des renseignements selon lesquels l'organisation terroriste veut profiter de la date symbolique pour lancer des attaques contre les soldats.

Aucune alerte précise ne vise un plan d'attaque unique. Mais la décision s'appuie sur une série d'incidents survenus ces derniers mois : tentatives d'embuscade, engins explosifs et crainte permanente d'enlèvements de soldats.

« Se préparer au pire »

Dans un communiqué publié par son cabinet, Israël Katz demande à Tsahal de se préparer au pire et d'agir avec une grande force face à chaque information et à chaque alerte. Il insiste : aucune alerte ne doit être prise à la légère, et les menaces doivent être neutralisées avant de se concrétiser. Cette mobilisation s'ajoute à l'activité militaire déjà intense menée dans l'enclave.

Le ministre adresse aussi un avertissement sans ambiguïté au Hamas. Si les forces israéliennes sont touchées, l'organisation et la population de Gaza en paieront un prix très lourd, au-delà de toute proportion. Benjamin Netanyahou et Israël Katz avaient déjà fait passer ce message cette semaine lors de leur visite au poste de Kissoufim, à la frontière de Gaza, aux côtés du chef du commandement Sud.

Une embuscade et des enlèvements en préparation

Selon Channel 14, l'alerte repose sur une réalité opérationnelle tendue. Ces dernières semaines, le Hamas a multiplié les tentatives contre les soldats. Un projet d'embuscade a été mis au jour contre des unités de la 99e division, près de la « ligne jaune ». Des dizaines de terroristes s'apprêtaient à attaquer les soldats et à tenter d'en enlever. Un engin explosif a également été déclenché contre un engin du génie sans conducteur, sans faire de victimes.

La menace d'enlèvement concentre les inquiétudes de l'appareil de défense, dans tous les secteurs. Pour le Hamas, capturer un soldat le 7 octobre représenterait une victoire symbolique majeure.

Plus de 140 cibles frappées en un mois

Israël ne reste pas sur la défensive. Tsahal et le Shin Bet ont récemment éliminé plusieurs hauts responsables du Hamas. Au cours du dernier mois, l'armée de l'air a frappé plus de 140 cibles dans la bande de Gaza : cellules terroristes, dépôts d'armes et infrastructures.

Selon Channel 14, l'armée a par ailleurs élargi la ligne jaune dans le nord de la bande de Gaza, pour des raisons sécuritaires.

Le Hamas cherche une « victoire de conscience »

Pour l'appareil de défense israélien, le calcul du Hamas est clair. L'organisation veut obtenir ce que les Israéliens appellent une victoire de conscience : frapper un symbole israélien ou des soldats présents à Gaza, le jour même où le pays commémore ses morts. L'ordre d'Israël Katz vise à prendre le Hamas de vitesse en relevant la vigilance, en imposant des procédures strictes et en rappelant le prix stratégique que paierait Gaza.

Benjamin Netanyahou a lui aussi estimé mardi que le Hamas tenterait de défier Israël avec ce qui lui reste de forces, à l'approche des élections. Selon Maariv, les responsables israéliens n'excluent pas que le pire puisse survenir pendant la journée de commémoration.

Trois ans après, une plaie toujours ouverte

Le 7 octobre 2023, plus de 1 200 personnes ont été assassinées et 251 otages enlevés lors de l'attaque du Hamas. Trois ans plus tard, la date reste un traumatisme national. Les familles des victimes, les survivants et les soldats se préparent à une journée de deuil. La perspective de nouvelles attaques ce jour-là n'en est que plus insupportable.

Israël a choisi de ne rien laisser au hasard. Le message adressé au Hamas est limpide : toute attaque provoquera une riposte d'une ampleur inédite.

Sources : Channel 14 (C14), Maariv, Walla

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Attentat du vol Flydubai : Trump accuse l'Iran, Israël reste « dans le flou »

Attentat du vol Flydubai : Trump accuse l'Iran, Israël reste « dans le flou »

Attentat du vol Flydubai : Trump accuse l'Iran, Israël reste « dans le flou »

Par Claudine Douille I Le 6 octobre 2026

Six jours après la tentative de crash du vol Flydubai vers Tel-Aviv, Washington et Jérusalem ne lisent pas l'affaire de la même manière. Donald Trump désigne l'Iran. Les services israéliens, eux, privilégient pour l'instant la piste d'un terroriste isolé.

Le 30 septembre, le vol FZ1073 de Flydubai reliait Dubaï à Tel-Aviv avec 174 passagers à bord, dont une vingtaine d'enfants et de nombreux Israéliens. En plein vol, le copilote omanais Hamam al-Hammami poignarde le commandant de bord, l'Indien Smit Machchhar, et tente de précipiter l'appareil vers le sol. L'avion plonge.

Grièvement blessé, le commandant parvient à ouvrir la porte du cockpit. Des passagers se ruent à son secours et maîtrisent l'assaillant. Des membres d'équipage présents à bord reprennent les commandes et posent l'appareil en Arabie saoudite. Les codes transpondeur transmis pendant le vol, d'abord celui d'une urgence puis celui d'une intervention illicite, ont confirmé l'ampleur du drame. Flydubai a suspendu ses vols vers Israël.

Trump : « D'après ce que j'entends, la réponse est oui »

Dès le lendemain, jeudi 1er octobre, Donald Trump a été interrogé à la Maison-Blanche sur un éventuel lien avec Téhéran. Le président américain a répondu que les informations qui lui parvenaient allaient dans ce sens, tout en précisant que l'enquête était en cours. Il n'a fourni aucun élément pour étayer cette affirmation.

Interrogé sur une riposte américaine si l'implication de l'Iran était établie, il a promis que Téhéran serait frappé très durement. Après un long échange téléphonique avec Benjamin Netanyahou, il a décrit le copilote comme un terroriste ou un déséquilibré. Il a aussi salué le courage d'un passager israélien, plombier de profession, intervenu dans le cockpit.

Cette déclaration intervient dans un contexte explosif. Les États-Unis et l'Iran sont engagés depuis environ sept mois dans une confrontation ouverte, et les négociations autour du détroit d'Ormuz sont au point mort.

Jérusalem : « Nous sommes dans le flou »

Côté israélien, le ton est nettement plus prudent. Selon Walla, repris par le Jerusalem Post, un responsable au fait du dossier reconnaît qu'à ce stade, Israël est dans le flou. Aucune information ne permet de confirmer ni d'exclure une implication iranienne. L'appareil de défense estime pour l'instant que le copilote a agi seul.

Le Mossad est en contact direct avec ses homologues des Émirats arabes unis et d'Arabie saoudite. Malgré les éléments transmis, impossible de déterminer si le pilote omanais dissimule des informations sensibles. Le Mossad, le Shin Bet et le renseignement militaire travaillent ensemble pour reconstituer son parcours. Ils cherchent aussi à savoir s'il existe d'autres pilotes au profil similaire.

Un pilote radicalisé passé entre les mailles du filet

L'enquête porte aussi sur les failles de sécurité. Comment un pilote de nationalité omanaise, radicalisé et ayant changé plusieurs fois d'employeur en peu de temps, a-t-il pu se retrouver aux commandes d'un avion rempli d'Israéliens ? Son intention était de s'écraser et de tuer d'autres civils au sol.

Au sein de l'armée, la colère monte. Personne n'a encore été désigné responsable de cette défaillance, qui aurait pu tourner à la catastrophe nationale et déclencher une escalade régionale. Tsahal estime que la responsabilité doit revenir à un ministère civil. Le général de réserve Giora Eiland a, de son côté, pointé sur Walla quatre lacunes qui imposent selon lui un examen en profondeur.

Vers un contrôle des équipages à destination d'Israël

Une piste se dessine déjà dans l'appareil de défense : confier à la communauté du renseignement un dispositif chargé de vérifier les listes de pilotes, d'hôtesses et de passagers des vols à destination d'Israël. Une révolution pour la sécurité aérienne.

Le chef du Mossad, Roman Gofman, est salué en interne pour avoir pris une position claire et assumé une large part de responsabilité. Il veut également renforcer les liens entre le Mossad et l'état-major de Tsahal.

Deux lectures, un même enjeu

L'écart entre Washington et Jérusalem n'est pas anodin. Pour Donald Trump, une piste iranienne justifierait de nouvelles frappes. Pour Israël, conclure trop vite serait risqué tant que les preuves manquent. Mais si le lien avec Téhéran venait à être établi, l'attentat raté du vol FZ1073 pourrait devenir le détonateur d'une nouvelle phase de la confrontation avec l'Iran.

Sources : Jerusalem Post, Walla, Associated Press, Daily Wire, Stuttgarter Zeitung

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Israël : Des centaines d'ultraorthodoxes font reculer la police militaire et libèrent un réfractaire -vidéo-

Modiin : des centaines d'ultraorthodoxes font reculer la police militaire et libèrent un réfractaire

Modiin : des centaines d'ultraorthodoxes font reculer la police militaire et libèrent un réfractaire

Par Claudine Douillet I Le 6 octobre 2026

Pour la première fois, une foule a fait plier l'armée israélienne en pleine ville. Dans la nuit de lundi à mardi, à Modiin, des centaines d'ultraorthodoxes ont assiégé des soldats de la police militaire venus arrêter un déserteur. Les forces sont reparties sans lui.

La scène s'est déroulée en pleine nuit, au cœur d'une ville du centre d'Israël. Des soldats de la police militaire se présentent dans un immeuble de Modiin pour arrêter un jeune ultraorthodoxe qui ne s'est pas présenté à son incorporation. En quelques minutes, des centaines de manifestants convergent vers le bâtiment. Ils forcent l'entrée, encerclent les militaires et affrontent les policiers venus en renfort. Selon les médias israéliens, du gaz poivre a été projeté sur les soldats.

La police a dû déployer d'importants effectifs pour extraire les militaires coincés à l'intérieur. Le réfractaire, lui, n'a jamais été interpellé. À l'aube, les forces de l'ordre avaient quitté les lieux, les mains vides.

Une ligne d'urgence pour bloquer les arrestations

Ce rassemblement n'avait rien de spontané. Les manifestants ont été mobilisés par une ligne d'urgence créée par la Faction de Jérusalem (Peleg Yerushalmi), la frange la plus radicale du monde ultraorthodoxe opposé à la conscription. Ce dispositif fonctionne comme un service d'alerte. Dès qu'une arrestation se prépare, le réfractaire appelle le numéro et des militants sont envoyés en masse sur place pour empêcher l'interpellation.

La méthode, revendiquée ouvertement par ses responsables, repose sur un calcul simple : la foule arrive et l'armée se retire. Cette nuit, le calcul a fonctionné. La ligne d'urgence a d'ailleurs célébré l'issue de l'opération en annonçant que la police avait quitté le domicile de l'étudiant de yeshiva et que la foule dansait dans la rue.

La Faction de Jérusalem a mis en place ce réseau l'an dernier, quand Tsahal a commencé à poursuivre les jeunes ultraorthodoxes qui ignorent leurs ordres d'appel.

Une armée qui n'arrête presque personne

L'épisode de Modiin met en lumière une réalité embarrassante. Tsahal ne mène quasiment jamais d'opérations actives pour arrêter les réfractaires. Les quelques dizaines de déserteurs actuellement détenus sont presque tous des hassidim de Breslev interpellés à l'aéroport Ben Gourion ou à d'autres points de passage, au retour de leur pèlerinage annuel sur la tombe de Rabbi Nahman à Ouman, en Ukraine.

Pourtant, la Cour suprême a ordonné une application égale de l'obligation de service militaire. L'armée justifie son inaction par le manque de coopération de la police, dont l'appui est indispensable pour intervenir en zone civile. La police rejette l'argument et renvoie la responsabilité vers la police militaire. Résultat, chacun se renvoie la balle et la loi n'est pas appliquée.

« L'armée ennemie » dans les rues de Jérusalem

La violence de Modiin ne sort pas de nulle part. La semaine dernière, des milliers d'ultraorthodoxes ont défilé à Jérusalem pour accueillir des réfractaires libérés de la prison militaire. Certains manifestants brandissaient des pancartes qualifiant Tsahal « d'armée ennemie ». Selon Ynet, aucun responsable de la coalition n'a jugé bon de réagir à ces accusations contre les soldats d'Israël.

À la fin de la marche, le rabbin Yehouda Tsadka, à la tête de la yeshiva Porat Yossef, a remis à chaque réfractaire une enveloppe contenant 1 000 shekels. D'après les organisateurs, cet argent provenait de dons venus de l'étranger.

Une voix ultraorthodoxe s'élève contre les émeutiers

Fait notable, la condamnation la plus virulente est venue de l'intérieur du monde ultraorthodoxe. Moti Leitner, président du Parti public haredi, a réagi avec une rare dureté : « La place de ces sauvages est derrière les barreaux. » Il a sommé Arié Deri, Yaakov Asher et Yitzhak Goldknopf de condamner publiquement l'émeute contre les soldats de Tsahal. Selon lui, les premières victimes de cette bande violente sont les ultraorthodoxes eux-mêmes.

Sur Walla, le chroniqueur Nir Kipnis est allé plus loin en comparant les scènes de liesse de Modiin aux célébrations observées à Gaza.

À trois semaines des élections, la conscription au cœur du scrutin

L'affaire tombe au pire moment pour la coalition. Les Israéliens votent le 27 octobre et la question du service militaire des ultraorthodoxes s'impose comme l'un des enjeux majeurs de la campagne. Les réservistes accumulent des centaines de jours de service depuis le 7 octobre 2023, tandis que des dizaines de milliers de jeunes ultraorthodoxes échappent à toute obligation.

Le 3 septembre, Arié Deri, chef du Shass, avait déclaré qu'il n'avait pas à appeler les ultraorthodoxes à s'enrôler et que l'armée capable de bombarder l'Iran n'avait qu'à se débrouiller. Gadi Eisenkot lui avait répondu sèchement que cette fois, c'était lui qui allait devoir se débrouiller. Naftali Bennett, de son côté, présente ce qu'il appelle la « loi Deri » : quiconque encourage l'insoumission ne siégera pas au cabinet.

Modiin offre désormais à l'opposition une image choc : celle de soldats israéliens contraints de battre en retraite devant une foule, sur le sol d'Israël. La question posée aux électeurs devient brutale. Qui commande en Israël, l'État ou la rue ?

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7 octobre : Aryeh Amidror chef du renseignement de la division Gaza se dit « bouc émissaire » de Tsahal

7 octobre : Aryeh Amidror chef du renseignement de la division Gaza se dit « bouc émissaire » de Tsahal

Officier de renseignement de la division Gaza le 7 octobre, Aryeh Amidror est écarté de Tsahal. La Cour suprême rejette son recours : il se dit bouc émissaire.

Le lieutenant-colonel Aryeh Amidror, officier de renseignement de la division Gaza le 7 octobre 2023, est écarté de Tsahal et privé de ses droits. La Cour suprême a rejeté son recours. Dans des documents judiciaires désormais publics, il accuse l'armée d'avoir fait de lui le seul responsable d'un échec collectif.

Par Claudine Douillet I Le 6 octobre 2026

Un nom enfin révélé, un dossier explosif

Pendant près de trois ans, il n'était qu'une fonction : le « kaman » de la division Gaza, l'officier chargé du renseignement face au Hamas. Depuis la semaine dernière, il a un nom. La Haute Cour de justice israélienne a autorisé, à la demande du quotidien Yedioth Aharonoth et de son site Ynet, la publication de l'identité du lieutenant-colonel Aryeh Amidror.
Dans la foulée, les pièces de la procédure ont été rendues publiques : sa requête administrative, les réponses de l'État et la transcription de l'audience du 22 juin.

Ces documents racontent la bataille d'un officier qui refuse de porter seul le poids du pire échec de l'histoire du renseignement israélien. Et ils lèvent un coin du voile sur ce que Tsahal lui reproche concrètement.

« Le seul commandant qui paie un prix réel »

Le cœur de sa défense tient en une phrase. Aryeh Amidror affirme être « le seul commandant de Tsahal qui paie un prix réel, sous la forme de la perte de ses droits, pour les défaillances de l'armée et de l'État » dans le domaine du renseignement et de l'alerte avant le massacre du 7 octobre 2023.

Il qualifie la décision de mettre fin à son service permanent d'« arbitraire, discriminatoire et sélective ». Selon lui, des officiers bien plus gradés, généraux de division ou de brigade, ont quitté l'armée en conservant l'intégralité de leurs droits sociaux et de leur pension. Sa requête cite nommément l'ancien chef du commandement Sud Yaron Finkelman, l'ancien chef du renseignement militaire Aharon Haliva et l'ancien commandant de la division Gaza Avi Rosenfeld. Des extraits de ce document ont été diffusés mardi matin sur X par Doron Kadosh, correspondant militaire de la radio de l'armée Galei Tsahal.

L'affaire du « Mur de Jéricho »

Ce que Tsahal reproche à Amidror est lourd. Avant l'attaque, il aurait écarté le scénario d'invasion décrit dans le plan du Hamas connu sous le nom de « Mur de Jéricho », allant jusqu'à le qualifier de « scénario totalement imaginaire ».
Et ce malgré les alertes répétées de V., une sous-officière de l'unité 8200, le service d'écoute et de renseignement électronique de l'armée. Cette semaine, V. a reçu un certificat de reconnaissance du chef d'état-major pour son courage intellectuel et son professionnalisme.

L'État cite notamment un échange de courriels intitulé « La mort dans le kibboutz à tout prix », ainsi que l'analyse d'un document décrivant l'entraînement de la Nukhba, la force d'élite du Hamas qui a mené l'assaut. Pour l'armée, il s'agit d'une « erreur professionnelle et éthique significative ».

Sa version : « Il y a beaucoup d'or à extraire ici »

Amidror conteste cette lecture. Il affirme que c'est lui qui, à son arrivée à la tête du renseignement de la division, a constaté que la collecte sur les capacités opérationnelles du Hamas avait été négligée. C'est lui, dit-il, qui a ordonné à l'unité 8200 d'analyser les exercices du mouvement terroriste. V. aurait réalisé ce travail sur ses instructions.

Selon sa défense, le courriel retenu contre lui n'était qu'une discussion préliminaire, antérieure à la diffusion de l'analyse complète. À première vue, explique-t-il, l'exercice contenait des éléments que tout le renseignement militaire jugeait alors irréalistes. Il dit avoir ensuite cherché à distinguer ce que le Hamas pouvait réellement exécuter de ce qui relevait de la mise en scène destinée à motiver ses combattants.

Il produit des messages omis, selon lui, de l'évaluation retenue contre lui. Dans l'un, il écrit qu'il semble y avoir « beaucoup d'or à extraire ici ». Dans un autre, il précise que son but n'était « pas de rabaisser mais d'élever » l'analyse. Il affirme aussi avoir commandé l'étude d'autres exercices du Hamas pour remettre en cause les hypothèses de la division et du renseignement militaire.

« Une sorte d'élimination ciblée »

À l'audience du 22 juin, ses avocats ont dénoncé une procédure à charge. Ils réclamaient l'accès à l'ensemble des pièces sur lesquelles s'était appuyé le chef d'état-major adjoint, le général Tamir Yadai, auteur de l'évaluation professionnelle à l'origine de son éviction. « Nous avons le sentiment qu'il y a ici une sorte d'élimination ciblée », a lancé l'un d'eux, soulignant qu'aucune des quatre enquêtes menées n'avait abouti à une conclusion personnelle contre son client.

La défense contestait aussi la compétence du général Yadai. « Le chef d'état-major adjoint n'est pas son commandant. Il ne connaît pas le requérant et ne connaît pas le renseignement », ont plaidé ses représentants, estimant que seul le chef du renseignement militaire pouvait l'évaluer.

La réponse de l'État : des fautes « très concrètes »

L'État a balayé ces arguments. Il rappelle qu'il s'agit d'une procédure administrative, non pénale, et que le requérant ne peut exiger l'accès à toutes les enquêtes internes sur le 7 octobre. L'évaluation, selon le parquet, contient des griefs « très concrets » portant sur une série d'erreurs professionnelles, dans les mois précédant l'attaque comme durant la nuit du 6 au 7 octobre.

Pour l'État, le comportement d'Amidror est resté « nettement en deçà de ce qui est attendu » d'un officier de renseignement, tenu de remettre en question les hypothèses dominantes et de donner une place centrale aux avis contraires. L'armée lui impute également sa responsabilité de commandement dans l'absence d'alerte de la part du renseignement de la division.

Quant à l'accusation de traitement discriminatoire, l'État répond que le dossier a été examiné à plusieurs échelons, jusqu'au chef d'état-major, et rappelle que l'actuel chef du renseignement militaire, le général Shlomi Binder, a lui-même reçu un blâme de commandement à l'issue d'une autre enquête.

Une éviction actée, une question qui demeure

La chronologie est implacable. Tsahal a annoncé le 23 novembre 2025 le retrait d'Amidror de son poste. La procédure de fin de service permanent a été formellement lancée le 14 février 2026. La Cour suprême a rejeté sa requête et laissé l'armée aller au bout du processus. Le mois dernier, Tsahal a décidé de mettre fin à son service.

Reste la question que pose, au-delà de son cas personnel, la défense d'Aryeh Amidror. Trois ans après le massacre, un officier de rang intermédiaire perd sa carrière et ses droits, tandis que plusieurs généraux sont partis avec leur pension intacte. Que l'on juge ses fautes établies ou non, ce déséquilibre nourrit en Israël un débat qui ne s'éteindra pas avec ce jugement : celui de la responsabilité au sommet, que seule une commission d'enquête d'État pourrait trancher.

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