Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

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Les articles de Claudine Douillet

Vols d'armes au sein de Tsahal : deux soldats en service actif inculpés devant le tribunal militaire

Vols d'armes au sein de Tsahal : deux soldats en service actif inculpés devant le tribunal militaire

Vols d'armes au sein de Tsahal : deux soldats en service actif inculpés devant le tribunal militaire

Un scandale sans précédent a éclaté au sein des Forces de défense israéliennes : deux soldats en service actif, originaires du nord d'Israël, ont été mis en examen devant le tribunal militaire régional pour avoir systématiquement dérobé des armes de combat au sein de leurs propres unités, avant de les revendre à des tiers pour des sommes dépassant cent mille shekels par transaction.

L'affaire, révélée dans un communiqué conjoint de la police israélienne et de Tsahal daté du 7 mai 2026, est le fruit d'une enquête complexe et de plusieurs mois, menée conjointement par l'unité centrale du district côtier (ימ"ר חוף) et l'unité des enquêtes spéciales de la police militaire (מצ"ח). Les investigations ont combiné opérations sous couverture, filatures et recours à des moyens spéciaux, permettant l'identification puis l'arrestation des deux suspects.

Un soldat technicien au cœur du dispositif

Le principal accusé, affecté dans un rôle technique au sein d'un bataillon de combat, a exploité son accès aux cantonnements des soldats combattants pour dérober trois fusils d'assaut de type M-4 appartenant à ses camarades. Dans un autre incident, il s'est emparé d'une mitrailleuse de type MAG placée dans un véhicule militaire sur un site de rassemblement opérationnel. Les vols se sont échelonnés sur plusieurs mois, témoignant d'une préméditation manifeste.

Trois des quatre incidents ont été commis en complicité avec un deuxième soldat, ami du premier mais servant dans une unité différente. Ensemble, ils ont revendu au moins trois des armes dérobées, chaque transaction rapportant plus de cent mille shekels. Selon l'acte d'accusation, les deux hommes ont également soustrait des milliers de chargeurs à l'armée.

L'acte d'accusation révèle en outre que le principal suspect a cherché à entraîner un troisième camarade de service dans son trafic, lui proposant de l'argent en échange de vols de munitions et de matériel militaire une tentative de corruption caractérisée au sein des rangs.

Un contexte préoccupant

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de détournement d'armement militaire en Israël. Depuis des années, l'armée est confrontée à des vols dans ses bases, commis à la fois par des soldats — qui ont déjà tout volé, des balles aux missiles en passant par les jeeps — et par des gangs criminels. Les armes ainsi soustraites alimentent régulièrement les réseaux de criminalité organisée, en particulier dans les villes arabes du nord du pays. 

En novembre 2025, les services de sécurité avaient déjà démantelé un réseau de trafic d'armes qualifié d'"exceptionnel et grave", impliquant des soldats de Tsahal qui profitaient de leurs passages en Syrie pour acheminer des armes vers des réseaux criminels du nord d'Israël. 

Des poursuites jusqu'au bout

Avec le dépôt de la plainte devant le tribunal militaire régional, le parquet militaire entend désormais demander le maintien en détention des deux accusés jusqu'à l'épuisement de toutes les procédures judiciaires. Leurs détentions avaient déjà été prolongées à plusieurs reprises au cours de l'enquête.

Les chefs d'inculpation retenus sont particulièrement lourds : retrait illégal d'armes de l'armée, trafic d'armes, et tentative de corruption d'un militaire en vue de la commission de nouveaux délits. En droit militaire israélien, ces infractions sont passibles de peines de prison ferme, dont la durée est proportionnelle à la gravité et à la récidive des faits.

Au-delà du volet pénal, cette affaire pose avec acuité la question des failles de sécurité internes à Tsahal : comment un soldat affecté à une fonction technique a-t-il pu accéder librement aux espaces de vie des combattants, et prélever à plusieurs reprises des armes lourdes sans être détecté ? Les autorités militaires n'ont pas répondu à ces interrogations dans leur communiqué.

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Israël aux Fidji : une ambassade israélienne au cœur du Pacifique

Israël aux Fidji : une ambassade israélienne au cœur du Pacifique

Sa'ar aux Fidji : une ambassade israélienne au cœur du Pacifique

À l'heure où une grande partie du monde occidental hésite, recule ou conditionne ses relations avec Israël à l'évolution des conflits régionaux, un petit archipel du Pacifique Sud choisit d'aller dans l'autre sens. Le ministre des Affaires étrangères israélien Gideon Sa'ar est arrivé aux Fidji pour inaugurer la toute nouvelle ambassade d'Israël dans ce pays un événement diplomatique rare, chargé de symboles, qui s'inscrit dans une relation bilatérale en pleine consolidation.

Une arrivée célébrée selon les rites anciens

Dès son atterrissage, le ministre Sa'ar a été accueilli avec les honneurs les plus élevés que le protocole fidjien puisse offrir : une cérémonie traditionnelle ancestrale, normalement réservée aux chefs d'État et aux invités de très haut rang, s'est tenue en sa présence.
Le Premier ministre fidjien Sitiveni Rabuka assistait lui-même à l'événement, entouré de diplomates, de responsables militaires et de hauts fonctionnaires.
Au cours de la cérémonie, une prière a été dite pour Israël geste à la fois inhabituel et éloquent dans le contexte international actuel.

Un agenda chargé, des partenariats concrets

La visite de Sa'ar ne s'est pas limitée à l'inauguration. Le ministre a conduit une série de réunions avec l'ensemble de la direction fidjienne : le président de la République Naiqama Lalabalavu, le Premier ministre Sitiveni Rabuka, le ministre des Affaires étrangères Sakiusa Dritoka, le ministre de la Justice Sirumi Taroqa, le ministre de la Police Ioane Naivalurua, le ministre de l'Agriculture et des Voies navigables Tomasi Tunabuna, ainsi que le ministre de la Pêche et des Forêts Alitia Banibalu. Une délégation au complet, signe que cet événement était traité à Suva comme une priorité nationale.

Au terme de ces échanges, plusieurs accords et mémorandums d'entente ont été signés entre les deux gouvernements. Parmi eux, un accord d'intention de coopération en matière de sécurité nationale et un accord de coopération pour la formation des diplomates. Ces textes ouvrent de nouveaux champs d'action communs et posent des bases institutionnelles solides à la relation bilatérale.

Une relation construite sur le long terme

Cette inauguration n'est pas un coup de théâtre. Elle est l'aboutissement d'un travail diplomatique patient et méthodique. En septembre 2025, le Premier ministre Rabuka s'était rendu en Israël pour inaugurer l'ambassade des Fidji à Jérusalem, marquant ainsi l'entrée de son pays dans le cercle très restreint des États disposant d'une représentation permanente dans la capitale israélienne. Ils sont aujourd'hui sept dans ce cas : les États-Unis, le Guatemala, le Honduras, le Kosovo, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Paraguay et les Fidji.

La décision fidjienne d'ouvrir une ambassade à Jérusalem était portée depuis plusieurs années par le Premier ministre Rabuka, qui avait confié dès 2023 à l'ambassadeur d'Israël : «J'ai la conviction que c'est à Jérusalem que doit se trouver l'ambassade des îles Fidji, mais il faut que je convainque nos partenaires de la coalition.» Il a tenu parole.

«Nous serons toujours à vos côtés»

Aux Fidji, le soutien à Israël n'est pas rhétorique. Le pays est présenté par la diplomatie israélienne comme l'un de ses soutiens constants sur la scène internationale, notamment au sein des instances des Nations unies. Lors d'un récent entretien téléphonique avec Sa'ar, le Premier ministre Rabuka avait réaffirmé l'engagement de son pays en des termes sans équivoque : «Nous serons toujours à vos côtés.»

L'ambassadeur fidjien en Israël, Jesoni Vitusagavulu, a lui-même souligné l'importance de l'événement : «Nous considérons cela comme une étape très significative, et cela témoigne de la valeur qu'Israël accorde à la relation entre nos deux pays

Une présence israélienne élargie dans le Pacifique

Au-delà du symbolique, cette ouverture répond à une logique stratégique. La future ambassade israélienne aux Fidji a vocation à accroître la présence diplomatique d'Israël dans toute la région du Pacifique, un espace géopolitique souvent négligé mais dont le poids au sein des instances multilatérales — notamment à l'Assemblée générale de l'ONU — est loin d'être négligeable.

La visite du ministre Sa'ar aux Fidji restera comme l'un des rares moments, en cette période troublée, où la diplomatie israélienne a pu avancer à visage découvert, accueillie avec chaleur, prières et honneurs anciens — bien loin des salles de crise et des communiqués de presse sous tension.

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Thaïlande : plus de dix Israéliens expulsés de Koh Phangan

Thaïlande : plus de dix Israéliens expulsés de Koh Phangan

Thaïlande : plus de dix Israéliens expulsés de Koh Phangan dans le cadre d'une vaste opération policière

La Thaïlande frappe fort. Les autorités du royaume ont considérablement renforcé leur dispositif d'application de la loi contre les réseaux criminels étrangers opérant sur leur territoire, selon un rapport du Bangkok Post.
Le déclencheur : l'arrestation en mai dernier d'un ressortissant chinois répondant au nom de Sun Mingchen, dont le domicile a livré un véritable arsenal  fusils d'assaut, grenades, explosifs de type C4 et gilets pare-balles. Une découverte qui a directement conduit le Premier ministre thaïlandais Anotin Charnvirakul à ordonner une offensive d'envergure nationale.

Koh Phangan dans le viseur

C'est l'île de Koh Phangan, haut lieu du tourisme festif, qui se retrouve au cœur du dispositif.
En l'espace de quelques semaines, plus d'une dizaine de ressortissants israéliens en ont été expulsés, accusés d'y exploiter des activités commerciales illégales.
Le commandant de la division des enquêtes criminelles, Phathanasak Buphasuwan, a précisé que les enquêteurs examinent une tendance préoccupante sur l'île : des citoyens thaïlandais utilisés comme hommes de paille pour dissimuler des propriétaires israéliens réels.

Lors d'une série de raids menés le 23 mai, les forces de l'ordre ont identifié 32 sociétés présumées coupables de dissimuler une propriété foncière étrangère derrière des actionnaires thaïlandais une pratique illégale qui contourne l'interdiction faite aux étrangers de posséder des terres en Thaïlande.

Parmi ces sociétés, l'une d'elles exploitait un hôtel sans licence sous couverture de noms thaïlandais, tandis que son propriétaire israélien réel contrôlait huit parcelles de terrain estimées à plus de 60 millions de bahts.
Dans un second groupe de 32 entreprises, des actionnaires étrangers détenaient des parts supérieures à celles de leurs associés thaïlandais, en violation directe de la réglementation locale.

Une prudence historique qui vole en éclats

Une source policière impliquée dans les enquêtes a confié au Bangkok Post que, historiquement, les ressortissants israéliens suscitaient moins de méfiance de la part des autorités locales. Les services de renseignement ne les considéraient pas comme une menace directe pour la sécurité nationale. Par ailleurs, la Thaïlande s'était montrée prudente en raison des liens étroits d'Israël avec les États-Unis. Ce temps semble révolu.

Israéliens, Chinois, Russes : trois profils, un même problème

L'assistant commandant de la police nationale, Jirabhop Buridej, a précisé que les zones de concentration des enquêtes couvrent Koh Phangan, Phuket, Pai dans le nord du pays et Hua Hin. Il a dressé un portrait des différentes communautés étrangères dans le collimateur des autorités : avec les Israéliens, les Chinois et les Russes constituent les trois groupes les plus importants de ressortissants étrangers concernés.
Les Chinois sont principalement associés à des escroqueries en ligne, les Russes à des activités criminelles liées aux actifs numériques et au blanchiment d'argent. Quant aux Israéliens, c'est la dissimulation illégale de propriétés qui est au centre des poursuites.

Le commandant Buridej a également pointé le principal obstacle auquel se heurte la police : la barrière de la langue, qui complique considérablement l'infiltration et l'investigation au sein de ces réseaux étrangers fermés.

Une offensive venue d'en haut

Ce qui distingue cette campagne des précédentes opérations de routine, c'est son origine : les instructions émanent directement du chef du gouvernement thaïlandais.
Ce signal politique fort traduit une volonté assumée de reprendre le contrôle d'un territoire où les réseaux criminels internationaux ont prospéré, souvent à l'abri de la complicité tacite  ou de la simple négligenc des autorités locales. Pour les ressortissants étrangers installés en Thaïlande dans des zones grises juridiques, le message est sans ambiguïté : la tolérance zéro n'est plus un slogan, c'est désormais une réalité judiciaire.

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« Tu serais en prison sans moi » : Trump s'en prend violemment à Netanyahou

« Tu serais en prison sans moi » : Trump s'en prend violemment à Netanyahou

« Tu serais en prison sans moi » : Trump s'en prend violemment à Netanyahou

Un coup de téléphone entre les deux dirigeants a dégénéré en une joute verbale d'une rare brutalité. Donald Trump a traité le Premier ministre israélien de « fou », l'a accusé d'ingratitude et a bloqué les projets israéliens de frappe sur Beyrouth. En toile de fond : la menace iranienne de faire voler en éclats les négociations avec Washington si Israël poursuit l'escalade au Liban.

Une conversation qui restera dans les annales

C'était lundi. Donald Trump et Benyamin Netanyahou se sont parlé au téléphone et la conversation a rapidement tourné à l'affrontement.
Deux hauts responsables américains et une troisième source ayant eu connaissance des échanges ont confié à la chaîne israélienne N12 que le président des États-Unis a mené là l'une des discussions les plus violentes qu'il ait eues avec le Premier ministre israélien depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025. La raison : l'intention d'Israël d'intensifier ses opérations militaires au Liban, y compris en frappant la capitale libanaise.

« Tu es fou. Tu serais en prison sans moi »

Les mots prêtés à Trump par l'un des responsables américains sont sans équivoque.
Le président aurait lancé à Netanyahou : « Tu es fou. Tu serais en prison si ce n'était pas moi. Je te sauve les fesses. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ce qui se passe. »
Une formulation qui renvoie explicitement au soutien apporté par Trump à la demande de grâce de Netanyahou dans ses démêlés judiciaires. Une deuxième source ayant reçu des informations sur cet échange précise que Trump était « hors de lui » et qu'il a, à un moment, crié : « Mais qu'est-ce que tu fous ? »

Beyrouth en ligne de mire, Washington dit non

Au cœur de la dispute : le projet israélien de frapper Beyrouth. Selon un haut responsable américain, Trump a signifié très clairement à Netanyahou que bombarder la capitale libanaise isolerait encore davantage Israël sur la scène internationale. Le président américain s'est dit opposé à ce que Tsahal fasse s'effondrer des immeubles entiers à Beyrouth pour neutraliser un seul cadre du Hezbollah. Il a également exprimé sa vive préoccupation face au nombre de civils libanais tués dans les opérations récentes. Ces derniers jours, Israël avait non seulement menacé de frapper la capitale, mais avait aussi étendu son opération terrestre dans le sud du Liban, s'emparant de nouveaux territoires.

L'Iran, la vraie raison de la colère

Si Trump a explosé, c'est aussi — et peut-être surtout — parce que l'escalade israélienne menaçait de torpiller ses propres négociations avec Téhéran.
Plus tôt dans la journée de lundi, l'Iran avait menacé de quitter la table des discussions avec Washington si Israël persistait dans son aventurisme libanais.
L'enjeu est colossal pour Trump, qui a fait de l'accord avec l'Iran l'un des marqueurs de sa politique étrangère. À l'issue de la conversation, il a d'ailleurs publié sur son réseau Truth Social que les pourparlers avec Téhéran « se poursuivaient, à un rythme soutenu » — manière de signaler que la pression sur Netanyahou avait porté ses fruits.

Netanyahou : « Notre position reste inchangée »

La version israélienne de la conversation est sensiblement différente — du moins dans sa forme officielle. Netanyahou a publié une déclaration affirmant avoir indiqué à Trump qu'Israël frapperait des cibles à Beyrouth si le Hezbollah ne cessait pas ses attaques, et que dans l'intervalle, les opérations au sud du Liban se poursuivraient. « Notre position reste inchangée », a-t-il écrit laconiquement.
Mais un second responsable américain offre un tableau plus nuancé de la fin de l'appel : selon lui, Trump a littéralement « planté » Netanyahou dans la conversation. « Bibi a dit : 'Ok, ok, assure-toi juste que tout sera réglé concernant le cessez-le-feu' », rapporte ce responsable. Le bureau du Premier ministre n'a pas répondu aux demandes de commentaire.

Une alliance solide, mais des nerfs à vif

Trump et Netanyahou ont déjà connu des échanges tendus par le passé. Ils maintiennent néanmoins une relation étroite et une coordination serrée sur le dossier iranien, ainsi que sur d'autres sujets stratégiques. Mais selon un haut responsable américain, la conversation de lundi est l'une des pires que les deux hommes aient eues depuis le retour de Trump au pouvoir. Trump reconnaît que le Hezbollah tire sur Israël et soutient le droit d'Israël à se défendre — mais il estime que Netanyahou est en train de monter les enchères de façon disproportionnée, au risque de tout faire sauter. Un seul signal, pour l'heure, indique qu'Israël a entendu le message : selon un responsable israélien, il n'est actuellement pas prévu de frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth.

Sources israéliennes : Mako.co.il, Ynet.co.il 

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Rencontre littéraire : ROZEBUD Autoscopie des images Isabelle Rozenbaum -vidéo-

Rencontre littéraire : ROZEBUD Autoscopie des images Isabelle Rozenbaum -vidéo-


ROZEBUD Autoscopie des images Isabelle Rozenbaum

Rencontre littéraire : ROZEBUD Autoscopie des images Isabelle Rozenbaum -vidéo-

Rencontre littéraire : ROZEBUD Autoscopie des images Isabelle Rozenbaum -vidéo-


Il y a des livres qui ne se lisent pas ils se vivent. Rozebud, d'Isabelle Rozenbaum, photographe et artiste, est de ceux-là. Un livre-blessure.
Un livre-mémoire. Une plongée vertigineuse dans l'histoire d'une famille juive ashkénaze, hantée par la Shoah, traversée par le désir de  transmission, habitée par l'art.
Rencontre avec une femme qui a choisi d'ouvrir, enfin, sa boîte de Pandore.

La forme comme acte

Dès les premières pages, le lecteur est saisi. Isabelle Rozenbaum ne raconte pas sa vie elle se la dit, à la deuxième personne du singulier, ce « tu » intime et déstabilisant emprunté à Roland Barthes. Un choix qui n'est pas anodin.

Claudine Douillet — Pourquoi avoir choisi le « tu » pour vous parler de vous-même ?

Isabelle Rozenbaum — J'ai choisi le « tu » car ce pronom m'a permis une introspection à distance comme de nommer plus clairement les zones sensibles qui résistaient encore.
Avec le « tu », quelque chose me poussait à fouiller mon enfance, à réfléchir plus en profondeur sur les archives de ma famille ainsi qu'à me repositionner face au Désastre.

Le « Désastre » avec sa majuscule chargée d'histoire. C'est ainsi qu'Isabelle Rozenbaum désigne la Shoah tout au long du livre. Pas de détour, pas d'euphémisme : une désignation directe, absolue. Car cette histoire est la sienne non pas vécue, mais transmise, inscrite dans les corps, dans les silences, dans les prénoms mêmes.

Mémoire vive

Ses deux grands-pères ont été déportés. Joseph à Auschwitz, Dachau et Waldlager. Israël, dont elle ne connaîtra l'histoire que par bribes et par rêves. Elle-même se rend un jour à Auschwitz-Birkenau et ce qu'elle y voit la révolte.

Claudine Douillet — Où se situe selon vous la frontière entre devoir de mémoire et voyeurisme ?

Isabelle Rozenbaum — Photographier pour moi est un acte responsable, réfléchi, et bien évidemment, créateur. Oui, constater que des groupes de visiteurs aient plaisir à se prendre en photo devant les baraquements où des femmes et des hommes ont été traités comme des bêtes ou encore sous l'inscription « Arbeit macht frei »  m'a choquée. Auschwitz-Birkenau est devenu un lieu de tourisme de masse, parfois traversé par une forme de Spectacle déconnectée de la véritable réalité : celle de la barbarie pure et simple.

« Les touristes sont comme des fourmis : ils emportent miette par miette mais sans relâche la signification des choses. » Imre Kertész, cité par Isabelle Rozenbaum

Ce jour-là, Isabelle ne photographie pas. Elle marche, elle nomme les morts de sa famille, elle pleure. Puis elle passe sous les barbelés — refusant de rebrousser chemin par où elle était venue. Un geste symbolique, une délivrance. Car dans Rozebud, le corps dit toujours ce que les mots ne peuvent pas.

Claudine Douillet — Le corps est omniprésent dans le livre ; pouce blessé, nausées, saignements dans le train vers Varsovie. Est-ce que le corps est le lieu où la mémoire traumatique se loge ?

Isabelle Rozenbaum — Le corps est le lieu où la mémoire psychique s'inscrit. Ma série photographique, Le Ça, montre les traces encore présentes de ce pouce blessé dès l'enfance, que je ne cesse de ronger et de maltraiter comme ce rappel du Désastre en moi.

 Être soi  contre tout

Ses parents attendaient un garçon. Le prénom était prêt : Israël celui du grand-père paternel déporté. Elle est née fille. On l'a appelée Isabelle. Mais Isabelle vient de l'hébreu Elisheva prénom biblique, prénom juif. L'effacement était illusoire dès la naissance.

Claudine Douillet — Dans le livre, vous refusez très tôt les assignations féminines imposées robes, talons, maquillage. Est-ce que Rozebud est aussi l'histoire d'une construction de soi contre les cases qu'on vous avait destinées dès la naissance ?

Isabelle Rozenbaum — Rozebud est une biofiction qui ne s'érige pas contre les déterminismes, mais qui accepte au contraire la notion de déterminisme ontologique développée par Baruch Spinoza dans l'Éthique : « La liberté est la conscience du fait que tout est déterminé. »
J'ai accepté d'être enfant de survivants de la Shoah et d'en porter l'histoire.
L'écriture de ce livre participe de cette acceptation.
Mon travail artistique est né de cette traversée : l'art en a été la mutation possible.

En vous prénommant Isabelle, dont l'origine est Elisheva prénom hébraïque biblique —, ses parents croyaient l'assimiler. Mais ils lui avaient donné, sans le savoir, une identité aussi profondément juive qu'Israël. Le destin a la mémoire longue.

Claudine Douillet — En vous prénommant Isabelle dont l'origine est Elisheva, prénom hébreu  vous n'échappiez pas à votre destin.

Isabelle Rozenbaum — Lors d'un voyage en Israël, j'ai choisi un « carré magique » calligraphié à la main de 10 x 10. En découvrant la valeur numérique de ces lettres, le nombre 505 est apparu nombre symboliquement associé à un « don de Dieu ». Échappe-t-on vraiment à son destin ? Bien sûr que non, comme l'avait compris Spinoza dans l'Éthique…

L'invisible

Personne ne savait qu'ils étaient deux dans le ventre maternel. Elle est née seule, aux forceps. L'autre n'a pas survécu. Et pourtant, cet « invisible frère jumeau » traverse tout le livre  présence métaphysique, part manquante, voix qui observe l'Artiste dans la deuxième partie du récit.

Claudine Douillet — Vous parlez d'un « invisible frère jumeau ». S'il était né vivant, son prénom aurait été Israël. Et vous, en tant que fille ?

Isabelle Rozenbaum — Mes parents ne savaient pas que nous étions deux dans le ventre maternel. Je suis née seule, au forceps. Ils m'ont appelée Isabelle  un prénom qui contient celui de mon père, Abe, et celui de ma mère, Bella. Je fais référence à un invisible frère jumeau, une « part manquante », une présence métaphysique qui met ce manque en mouvement. Cette notion a donné naissance au projet Image manquante, conçu comme un carré magique composé de 23 séries photographiques.

Isabelle contient Abe et Bella. Le prénom comme palimpseste les parents inscrits dans l'enfant, l'histoire familiale logée dans les syllabes. Et cette « image manquante » qui devient le moteur de toute une œuvre photographique. On ne sort pas indemne de Rozebud.

Être juive et fière

Claudine Douillet — Quel rapport entretenez-vous avec votre identité juive ?

Isabelle Rozenbaum — Je suis juive d'origine ashkénaze  et fière de l'être !
J'habite cette identité dans un sens profondément laïc, étant héritière de la culture et des idées philosophiques de la Mitteleuropa, de penseurs tels que Günther Anders et Hannah Arendt qui incarnent, à mes yeux, cette pensée critique dont je me sens profondément issue.
C'est dans cette filiation précise que je situe mon identité. Sans oublier, évidemment, le gefilte fish !

Le gefilte fish la carpe farcie de sa grand-mère Ruchla, qu'elle détestait jusqu'à ses 18 ans et qui revient comme un fil conducteur tout au long du livre.
La mémoire a ses saveurs.
Et ses contradictions. C'est peut-être cela, aussi, Rozebud : une réconciliation avec ce qu'on a longtemps refusé de soi.

« Peut-être Rosebud est-il quelque chose qu'il désirait et qu'il n'a jamais eu, ou quelque chose qu'il a perdu  mais cela n'aurait pas tout expliqué. »  Orson Welles

Rozebud est publié aux Éditions du Canoë (2026). L'œuvre photographique d'Isabelle Rozenbaum est visible sur d-fiction.fr.

 

Rencontre littéraire : ROZEBUD Autoscopie des images Isabelle Rozenbaum -vidéo-

Rencontre littéraire : ROZEBUD Autoscopie des images Isabelle Rozenbaum -

 

 

Rozebud sera en librairie à partir du 16 juin.

Une signature à Paris, est prévue le 24 juin à la Librairie La Petite Egypte, 

et le 25 juin à la Galerie-Librairie MAP à Bordeaux, et le 7 juillet à la Librairie du Palais à Arles.

Claudine Douillet

Magazine Alliance

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Chapitre II : Le miracle des portes fermées

Chapitre II : Le miracle des portes fermées

Avant de continuer, revenons un instant sur quelque chose.
Vous vous souvenez de la mézouza invalide ? De la phrase effacée sur le parchemin ?

Cette phrase parlait du service de Dieu. Et la lettre manquante — celle qui avait disparu, usée, invisible à l'œil nu  c'était le Dalet.

Dalet. En hébreu : la porte.

La lettre-porte. Effacée. Dans une phrase adressée à Dieu.

Et c'est un portail qui s'est bloqué.

Relisez ça lentement. Laissez entrer ce que ça dit.
Chapitre I

Le Miracle — Chapitre II

Le Portail

Le portail ne s'ouvrait pas.

Ma sœur restait là, devant chez elle, télécommande en main, à appuyer encore et encore sur ce petit bouton qui n'avait jamais posé le moindre problème.
Une heure plus tôt, elle était sortie par là, normalement, sans y penser.
Et maintenant rien. Un refus silencieux, pesant, irrévocable.

Avant de basculer dans l'irrationnel, je lui proposai la solution la plus évidente.

— Les piles. Change les piles de la télécommande.

Il n'y avait aucune raison logique qu'un portail qui fonctionnait parfaitement se bloque une heure plus tard. Aucune.

Elle changea les piles.

Le portail ne bougea pas.

Alors pendant qu'elle attendait l'assurance, plantée devant cette grille fermée, quelque chose commençait à s'imposer à nous deux ce sentiment que ce blocage-là n'était pas mécanique. Que sa survenue ce jour précis, à cette heure précise, juste après que nous avions enfin trouvé la solution pour la machine... ce n'était pas une coïncidence.

Mais comment lire ces signes sans tomber dans la paranoïa ? Sans glisser vers la superstition facile qui transforme chaque ampoule grillée en message cosmique ?

C'est là qu'on a pensé à Déborah encore une fois !

La Géobiologue

Ça faisait un moment que ma sœur y pensait, en réalité.

Déborah avait déjà travaillé pour elle, dans une autre maison.
Et les résultats notamment cette histoire de sel disposé dans des coins précis de la maison avaient fonctionné de façon troublante. Pas spectaculaire. Pas théâtrale. Juste... efficace.
Le genre de résultat qui vous force à reconsidérer ce que vous pensiez savoir.

Cette fois, l'urgence était là. La maison qu'elle n'arrivait pas à vendre. L'isolement qui pesait. Les refus de postes qui s'accumulaient. Les blocages qui s'empilaient les uns sur les autres comme si quelque chose, quelque part, maintenait une pression constante sur sa vie.

Après plus d'une heure devant son portail  ayant finalement emprunté le passage d'un voisin pour rentrer chez elle ma sœur appela  Déborah.

Déborah demanda des photos. La maison, sa position, ce qu'il y avait devant, ce qu'il y avait derrière.

Et là, quelque chose que j'avais toujours mis de côté ressurgit.

La maison de ma sœur fait face à une petite église de village. Ça m'avait toujours légèrement dérangée je l'avais attribué à mon identité, au fait de vivre en Israël, à une sensibilité personnelle que je n'avais pas cherché à analyser davantage.
Mais parfois, ce qu'on ressent sans pouvoir le formuler n'est pas une émotion vague. C'est une piste. Un indice qui attend sa clé de lecture.

Ce jour-là, Déborah lui donna cette clé.

En posant ses questions, elle découvrit qu'un cimetière avait été déplacé.

Derrière la maison de ma sœur.

Et que la maison se trouvait sur l'axe exact entre l'église qui avait abrité ce cimetière et les tombes déplacées.

Beaucoup de maisons en France sont dans cette situation. Il n'y a là rien d'illégal, rien d'anormal dans l'absolu. Ces choses arrivent, on déplace des cimetières, on construit, la vie continue par-dessus.

Sauf que.

Sauf que ma sœur n'est pas n'importe qui dans ce type d'environnement.

De formation magnétiseuse, hypersensible aux ambiances, aux ondes, aux prières  cette maison lui parlait depuis le début. Elle l'avait senti. Elle n'avait simplement pas les mots, pas l'alphabet pour déchiffrer ce que la maison lui disait.

Déborah lui donna cet alphabet.

Le Portail Intérieur

Et très vite, en suivant les indices qu'elle lui indiquat ma sœur découvrit quelque chose à l'intérieur même de sa maison.

Un portail était ouvert.

Je vous vois froncer les sourcils. Laissez-moi vous expliquer parce que ça mérite qu'on s'arrête là-dessus.

En géobiologie, un portail n'est pas une porte. C'est un passage. Un endroit par lequel des énergies appelez-les comme vous voulez, entités, fréquences, courants entrent, repartent, reviennent. Un va-et-vient permanent dans un espace qui devrait être fermé.

Tous les portails sont censés être fermés. La plupart ne le sont pas.

Et quand ils ne le sont pas, il se passe des petites choses inexplicables. Une télévision qui s'allume seule. Des lumières qui clignotent sans raison. Des variations électriques en plein jour. Pas des fantômes les pseudo-sorciers des temps modernes adorent ce mot, il fait vendre.
Non. Des fréquences. Des énergies qui, par leur simple présence, perturbent à leur façon le courant électrique environnant.

Ce jour-là, l'une de ces fréquences avait perturbé le portail électrique de ma sœur.

Elle ne pouvait plus rentrer chez elle.

Elle restait dehors.

Il arrive que la situation se résorbe seule après quelques heures. Que tout reprenne sa place naturellement. Heureusement.

Mais pour nous, ce portail bloqué était un signe lourd, cohérent, presque pédagogique dans sa brutalité. Il expliquait en partie, et de façon concrète, les blocages successifs que ma sœur subissait depuis trop longtemps et évidemment l'absence de la lettre Dalet sur le parchemin de la mézouza

Alors elle appliqua le protocole de Déborah Seule. Avec méthode et minutie.

Ce qui a changé

La machine a été commandée. Sans accroc.

Les mézouzot ne sont pas encore revenues elles ne sauraient tarder.

Le portail, le vrai, fonctionne à nouveau normalement. Par prudence, ma sœur garde sur elle une clé. On ne se refait pas.

Elle a remis son annonce pour la vente de la maison. Ce sera le test le plus concluant : des visites, de vraies visites, de potentiels acheteurs qui poussent enfin la grille.

Et notre prototype  lui aussi  sera le signe le plus tangible que les blocages appartiennent désormais au passé.

La suite, très prochainement.

Lorsque ce prototype sera en ligne.

MUTRA : LE PREMIER RESTAURANT CASHER ÉTOILÉ MICHELIN DE L'HISTOIRE -vidéo-

MUTRA : LE PREMIER RESTAURANT CASHER ÉTOILÉ MICHELIN DE L'HISTOIRE

Par la Rédaction d'Alliance — 29 mai 2026

Il y a des moments qui font basculer l'histoire d'une cuisine. Le 29 mai 2026, l'annonce du palmarès du Guide Michelin Floride a provoqué des larmes, des embrassades et des cris de joie dans un modeste centre commercial de North Miami. Ce jour-là, Mutra est entré dans la légende.

Le restaurant casher Mutra, ouvert à North Miami il y a seulement quinze mois, a reçu une étoile dans le Guide Michelin Floride 2026, devenant le premier restaurant strictement casher aux États-Unis  et dans le monde entier à recevoir cette distinction. C
e n'est pas seulement un honneur pour un chef ou un établissement : c'est une révolution silencieuse pour toute la gastronomie casher, longtemps cantonnée aux marges de la haute cuisine internationale. 

Le Guide Michelin a lui-même souligné le caractère exceptionnel de cette récompense : Mutra est également le premier restaurant, toutes catégories confondues, à recevoir une nouvelle étoile Michelin en 2026.

 

Un chef né à Jérusalem, une cuisine qui raconte le monde

Mutra est le dernier restaurant en date du chef israélien Raz Shabtai, dont le parcours l'a conduit de Jérusalem et Tel-Aviv à New York, avant de s'installer en Floride du Sud.
Né et formé à Jérusalem, il a grandi dans une ville carrefour de civilisations, bercée par les arômes du Moyen-Orient, les épices du Maghreb et les saveurs d'Europe orientale
. C'est ce creuset culinaire unique qu'il a voulu transmettre à travers son restaurant.

Le restaurant porte le prénom de la grand-mère du chef et s'inspire des traditions culinaires multiculturelles de Jérusalem.
La carte explore les influences nord-africaines, levantines, d'Europe de l'Est et au-delà. Loin des clichés du houmous-kebab souvent associés à la cuisine israélienne à l'étranger,

Shabtai compose une cuisine hyperlocale, en perpétuelle évolution, ancrée dans une philosophie farm-to-table les produits sont sourcés localement en Floride.

La salle propose un comptoir ouvert autour de la cuisine  le chef's counter que les inspecteurs Michelin ont particulièrement salué, ainsi que la philosophie du restaurant qui mise sur des produits frais et une carte qui change régulièrement.

Les plats qui ont conquis les inspecteurs

Parmi les plats remarqués par le guide : une assiette spectaculaire de betteraves dans une crème d'ajo blanco coiffée d'un sorbet betterave, le kebab d'agneau signature avec crème d'aubergine fumée et huile de tomate, le poulet à la Tunisienne servi avec un ragoût de pois chiches à la harissa, et le muhallebi, un entremets laiteux traditionnel du Moyen-Orient en guise de finale.

Une victoire pour toute la communauté

Peu après l'annonce, le restaurant a partagé une vidéo émotionnelle sur Instagram montrant Shabtai et son équipe pleurant, applaudissant et s'embrassant en apprenant la nouvelle.

« Nous avons toujours pensé que la gastronomie casher méritait la même ambition et la même créativité que les plus grands restaurants du monde », a déclaré Raz Shabtai. « En grandissant à Jérusalem, j'étais entouré de saveurs incroyables, d'épices et de plats qui racontaient des histoires. Je voulais transmettre cette même émotion ici, pas seulement pour la communauté juive locale, mais pour toute la Floride du Sud. »

La portée de cette étoile dépasse largement le cadre d'un seul restaurant. Pour les millions de Juifs pratiquants dans le monde qui ont toujours dû choisir entre gastronomie et respect des lois alimentaires, l'étoile de Mutra est une promesse : il est désormais prouvé que la cacheroute n'est pas un obstacle à l'excellence, mais peut en être le moteur.

Une trajectoire fulgurante

Ce n'est pas la première fois que Mutra se distingue au plus haut niveau. Fin 2025, il était déjà le seul restaurant casher nommé sur la liste Resy 100, un classement national des restaurants qui définissent la culture culinaire américaine. L'étoile Michelin est la suite naturelle de cette trajectoire.

Mutra est le seul nouveau restaurant de Miami à recevoir une étoile en 2026, et l'un des deux seuls nouveaux lauréats d'une première étoile dans toute la Floride, aux côtés de l'Emelina à West Palm Beach.

Et maintenant ?

Le 1er juin, le restaurant lancera sa nouvelle carte d'été, construite autour de la philosophie émergente du chef : « moins, c'est plus ». Les plats seront épurés à leurs ingrédients essentiels, avec une attention accrue portée à la technique et à la qualité des produits.

Cette étoile relance aussi une question dans d'autres grandes métropoles : Paris, Tel-Aviv, Londres, Montréal… Quand verrons-nous un restaurant casher étoilé sur ces scènes gastronomiques ? La réponse de Mutra est claire — la question n'est plus de savoir si, mais quand.

Claude a terminé la réponse.

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Excellente actualité — c'est une nouvelle historique du jour même ! Voici l'article pour Alliance :

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Voici l'article complet pour Alliance, basé sur une actualité du jour même — une première mondiale annoncée ce 29 mai 2026 !


Ce que l'article couvre :

🌟 L'événement historique — Mutra, le restaurant casher inspiré de Jérusalem, ouvert à North Miami il y a seulement 15 mois, a reçu une étoile Michelin dans le Guide Michelin Floride 2026, devenant le premier restaurant strictement casher aux États-Unis à recevoir cette distinction. The Jewish Chronicle

👨‍🍳 Le chef — Mutra est situé dans un centre commercial discret de la Northeast 123rd Street. Son chef Raz Shabtai, né à Jérusalem, est mu par une vision : prouver que la restauration casher mérite sa place dans les conversations gastronomiques les plus prestigieuses. Miami New Times

🍽️ La cuisine — Les inspecteurs Michelin ont notamment salué les betteraves en ajo blanco avec sorbet betterave, le kebab d'agneau signature avec crème d'aubergine fumée et huile de tomate, et le poulet à la Tunisienne avec ragoût de pois chiches à la harissa. Jewish News

📈 La trajectoire — En fin 2025, Mutra était déjà le seul restaurant casher nommé sur la liste Resy 100, un classement national des restaurants qui définissent la culture culinaire américaine. YeahThatsKosher

🎉 L'émotion — Peu après l'annonce, le restaurant a partagé une vidéo émouvante montrant Shabtai et son équipe qui pleurent, applaudissent et s'embrassent en apprenant la nouvelle. The Jewish Chronicle

 

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MUTRA : LE PREMIER RESTAURANT CASHER ÉTOILÉ MICHELIN DE L'HISTOIRE

Par la Rédaction d'Alliance — 29 mai 2026


Il y a des moments qui font basculer l'histoire d'une cuisine. Le 29 mai 2026, l'annonce du palmarès du Guide Michelin Floride a provoqué des larmes, des embrassades et des cris de joie dans un modeste centre commercial de North Miami. Ce jour-là, Mutra est entré dans la légende.

Le restaurant casher Mutra, ouvert à North Miami il y a seulement quinze mois, a reçu une étoile dans le Guide Michelin Floride 2026, devenant le premier restaurant strictement casher aux États-Unis — et dans le monde entier — à recevoir cette distinction. Ce n'est pas seulement un honneur pour un chef ou un établissement : c'est une révolution silencieuse pour toute la gastronomie casher, longtemps cantonnée aux marges de la haute cuisine internationale. The Jewish Chronicle

Le Guide Michelin a lui-même souligné le caractère exceptionnel de cette récompense : Mutra est également le premier restaurant, toutes catégories confondues, à recevoir une nouvelle étoile Michelin en 2026. i24NEWS

Un chef né à Jérusalem, une cuisine qui raconte le monde

Mutra est le dernier restaurant en date du chef israélien Raz Shabtai, dont le parcours l'a conduit de Jérusalem et Tel-Aviv à New York, avant de s'installer en Floride du Sud. Né et formé à Jérusalem, il a grandi dans une ville carrefour de civilisations, bercée par les arômes du Moyen-Orient, les épices du Maghreb et les saveurs d'Europe orientale. C'est ce creuset culinaire unique qu'il a voulu transmettre à travers son restaurant. Miami New Times

Le restaurant porte le prénom de la grand-mère du chef et s'inspire des traditions culinaires multiculturelles de Jérusalem. La carte explore les influences nord-africaines, levantines, d'Europe de l'Est et au-delà. Loin des clichés du houmous-kebab souvent associés à la cuisine israélienne à l'étranger, Shabtai compose une cuisine hyperlocale, en perpétuelle évolution, ancrée dans une philosophie farm-to-table — les produits sont sourcés localement en Floride. Jewish News

La salle propose un comptoir ouvert autour de la cuisine — le chef's counter que les inspecteurs Michelin ont particulièrement salué, ainsi que la philosophie du restaurant qui mise sur des produits frais et une carte qui change régulièrement. Jewish News

Les plats qui ont conquis les inspecteurs

Parmi les plats remarqués par le guide : une assiette spectaculaire de betteraves dans une crème d'ajo blanco coiffée d'un sorbet betterave, le kebab d'agneau signature avec crème d'aubergine fumée et huile de tomate, le poulet à la Tunisienne servi avec un ragoût de pois chiches à la harissa, et le muhallebi, un entremets laiteux traditionnel du Moyen-Orient en guise de finale. MICHELIN Guide

Une victoire pour toute la communauté

Peu après l'annonce, le restaurant a partagé une vidéo émotionnelle sur Instagram montrant Shabtai et son équipe pleurant, applaudissant et s'embrassant en apprenant la nouvelle. The Jewish Chronicle

« Nous avons toujours pensé que la gastronomie casher méritait la même ambition et la même créativité que les plus grands restaurants du monde », a déclaré Raz Shabtai. « En grandissant à Jérusalem, j'étais entouré de saveurs incroyables, d'épices et de plats qui racontaient des histoires. Je voulais transmettre cette même émotion ici, pas seulement pour la communauté juive locale, mais pour toute la Floride du Sud. » The Times of Israel

La portée de cette étoile dépasse largement le cadre d'un seul restaurant. Pour les millions de Juifs pratiquants dans le monde qui ont toujours dû choisir entre gastronomie et respect des lois alimentaires, l'étoile de Mutra est une promesse : il est désormais prouvé que la cacheroute n'est pas un obstacle à l'excellence, mais peut en être le moteur.

Une trajectoire fulgurante

Ce n'est pas la première fois que Mutra se distingue au plus haut niveau. Fin 2025, il était déjà le seul restaurant casher nommé sur la liste Resy 100, un classement national des restaurants qui définissent la culture culinaire américaine. L'étoile Michelin est la suite naturelle de cette trajectoire. YeahThatsKosher

Mutra est le seul nouveau restaurant de Miami à recevoir une étoile en 2026, et l'un des deux seuls nouveaux lauréats d'une première étoile dans toute la Floride, aux côtés de l'Emelina à West Palm Beach. The Jewish Chronicle

Et maintenant ?

Le 1er juin, le restaurant lancera sa nouvelle carte d'été, construite autour de la philosophie émergente du chef : « moins, c'est plus ». Les plats seront épurés à leurs ingrédients essentiels, avec une attention accrue portée à la technique et à la qualité des produits. Jewish News

Cette étoile relance aussi une question dans d'autres grandes métropoles : Paris, Tel-Aviv, Londres, Montréal… Quand verrons-nous un restaurant casher étoilé sur ces scènes gastronomiques ? La réponse de Mutra est claire — la question n'est plus de savoir si, mais quand.


Sources : Guide Michelin, i24NEWS, The Jewish Chronicle, Miami New Times, Times of Israel

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2188 NE 123rd St, North Miami, FL 33181 📞 (786) 860-1213 Mutramiami

Site web : mutramiami.com Réservations via Resy Email événements : events@mutramiami.com

Sources : Guide Michelin, i24NEWS, The Jewish Chronicle, Miami New Times, Times of Israel

Paradoxe : Comment 78 ans de conflit à transformé Israël en machine à exporter dans le monde

Paradoxe : Comment 78 ans de conflit à transformé Israël en machine à exporter dans le monde

Comment Israël transforme chaque missile iranien en contrat d'armement

Pendant que les missiles iraniens pleuvent sur son territoire depuis le 28 février 2026, le shekel atteint son plus haut niveau depuis trente ans, la bourse de Tel Aviv a bondi de 51% en 2025 et les carnets de commandes de l'industrie de défense débordent de contrats signés par l'Allemagne, les Émirats, l'Inde, la Roumanie, la Corée du Sud.
Dix-huit milliards de dollars d'armements exportés en 2025 un record absolu, le troisième consécutif. Septième exportateur mondial d'armes, devant le Royaume-Uni. Croissance du PIB à 3,5% prévue pour 2026, au-dessus de tous les pays du G7.
Le secret de cette anomalie économique unique dans l'histoire moderne ?
Soixante-dix-huit ans de guerre ininterrompue qui ont transformé chaque missile intercepté en démonstration commerciale, chaque nuit sous les bombes en argument de vente. Quand l'Iran attaque, Israël encaisse  et facture.

Guerre Iran–Israël · Déclenchée le 28 février 2026

Le shekel n'a jamais été aussi fort depuis trente ans. La bourse de Tel Aviv a bondi de plus de 50% en 2025.
Le PIB israélien croît à un rythme qui dépasse celui de tous les pays du G7. Et pourtant, des missiles iraniens pleuvent sur le territoire depuis le 28 février 2026.
Ce que le monde est en train de découvrir, les spécialistes de la défense le savaient depuis longtemps : Israël est le seul pays au monde où la guerre est un modèle économique qui fonctionne.

Un pays en guerre qui surperforme toutes les économies de paix

Il faut un moment pour mesurer l'absurdité apparente de la situation.
Pendant que des réservistes israéliens sont mobilisés par dizaines de milliers, pendant que des villes du nord et du centre du pays vivent sous les alertes, pendant que le ciel israélien et émirati s'illumine chaque nuit d'interceptions spectaculaires, les économistes du Fonds Monétaire International publient leurs prévisions pour 2026 : croissance israélienne à 3,5%, contre 2,3% pour les États-Unis et 1,3% pour l'Union Européenne. Israël surpasse l'ensemble du G7 alors que la guerre fait rage.

Ce n'est pas un accident. Ce n'est pas une anomalie statistique. C'est le résultat de soixante-dix-huit ans d'une transformation unique dans l'histoire industrielle moderne : un pays qui a méthodiquement converti l'état de guerre permanent en avantage compétitif absolu sur les marchés de l'armement mondial.

Les chiffres sont vertigineux. En 2024, les exportations de défense israéliennes ont atteint 14,7 milliards de dollars un record historique, le troisième consécutif.
En 2025, les estimations du ministère de la Défense tablent sur environ 18 milliards de dollars, soit une hausse de 22% supplémentaires.
Le Stockholm International Peace Research Institute, le SIPRI, qui fait autorité mondiale sur ces questions, a publié en mars 2026 un constat qui a peu fait les manchettes mais qui mérite qu'on s'y arrête : entre 2021 et 2025, la part d'Israël dans les exportations mondiales d'armements est passée de 3,1% à 4,4%.
Le pays a dépassé le Royaume-Uni pour la première fois de son histoire et s'est hissé au septième rang mondial des exportateurs d'armes.

« Malgré la conduite de la guerre à Gaza et les attaques en Iran, au Liban, au Qatar, en Syrie et au Yémen, Israël a réussi à augmenter sa part des exportations mondiales d'armements. La croissance reflète la forte demande mondiale pour certains des systèmes dans lesquels Israël se spécialise, notamment les technologies de défense aérienne. »

C'est Zain Hussain, chercheur au programme des transferts d'armements du SIPRI, qui formule ainsi ce que tous les analystes observent mais que peu osent dire aussi directement : la guerre n'a pas affaibli l'industrie de défense israélienne. Elle l'a propulsée.

Le laboratoire le plus cher du monde — et le seul qui soit gratuit pour les acheteurs

Pour comprendre pourquoi les généraux du monde entier se ruent sur les catalogues de Rafael, d'Israel Aerospace Industries et d'Elbit Systems, il faut comprendre ce que signifie, dans l'industrie de l'armement, la mention "battle-proven" éprouvé au combat.

C'est l'argument commercial le plus puissant qui existe. Et c'est précisément ce qu'Israël peut coller sur l'intégralité de son arsenal, du missile antichar à portée de deux kilomètres jusqu'au système d'interception balistique capable de détruire une ogive à cent kilomètres d'altitude.

Aucun autre pays occidental ni les États-Unis, ni la France, ni le Royaume-Uni ne dispose de cette capacité.
Les Américains ont testé leurs systèmes en Afghanistan et en Irak, dans des contextes de contre-insurrection qui ne simulent pas vraiment une guerre symétrique moderne.
Les Européens, eux, n'ont pratiquement rien testé du tout depuis des décennies.
. Israël, lui, fait la guerre en continu depuis 1948.
Chaque guerre, chaque opération, chaque nuit sous les roquettes du Hezbollah a été une opportunité de tester, d'ajuster, de valider dans des conditions que nulle simulation informatique ne peut reproduire.

Le modèle industriel qui en résulte est unique. Tsahal — l'armée israélienne — n'est pas seulement le premier client des industries de défense du pays.
Elle est leur laboratoire de développement, leur terrain d'essai et leur meilleur commercial.

Des ingénieurs d'IAI sont régulièrement embarqués sur des bases militaires pour fournir un support en temps réel sur leurs drones de surveillance.
Les technologies d'IAI étaient, selon la société elle-même, "au cœur" de l'opération missile israélienne contre l'Iran en juin 2025.
Quand un drone Hermes 900 d'Elbit Systems a permis l'élimination ciblée de commandants du Hamas à Gaza, la direction commerciale d'Elbit n'a pas eu besoin de faire de publicité : les commandes sont arrivées d'elles-mêmes.

La Colombie a commandé pour 180 millions de dollars de Hermes 900.
L'Azerbaïdjan pour 300 millions. L'Inde finalise un contrat d'environ un milliard de dollars.
Même logique pour les munitions rôdeuses Harop et Harpy d'IAI  ces drones-suicides qui se laissent guider vers leur cible avant d'exploser.
Après leur utilisation spectaculaire contre les positions antichar du Hezbollah au Liban, la Corée du Sud a passé commande pour 200 millions de dollars et le Maroc pour 120 millions. Dans les semaines suivantes. Sans appel d'offres, sans longue négociation.
La démonstration avait eu lieu en direct sur toutes les chaînes du monde.

Le Golfe panique, Israël encaisse

Le 28 février 2026, quand l'Iran a lancé son offensive directe contre Israël, quelque chose de fondamental a changé dans les chancelleries du Golfe Persique.
Ce n'était plus une question théorique.
Les radars saoudiens, émiratis et bahreïnis ont suivi en temps réel la trajectoire de plus de 550 missiles balistiques et de croisière iraniens, accompagnés de plus de 2 200 drones.
La saturation la stratégie consistant à submerger les systèmes de défense adverses par le volume était spectaculairement visible.
Et les souverains du Golfe ont tiré la conclusion qui s'imposait : leurs propres systèmes de défense, aussi sophistiqués qu'ils soient, n'étaient pas suffisants.

Le coup de téléphone entre Benjamin Netanyahu et le président émirati Mohammed bin Zayed a eu lieu dans les premières heures du conflit.
Ce qui en a résulté n'a été révélé qu'un mois plus tard, par le site américain Axios, le 26 avril 2026 : Netanyahu avait ordonné à l'armée de déployer une batterie complète de missiles Iron Dome aux Émirats Arabes Unis, avec plusieurs dizaines de soldats israéliens formés à son opération.

C'est la première fois dans l'histoire qu'un système Iron Dome était déployé sur le territoire d'un autre pays et utilisé de façon opérationnelle en dehors d'Israël. La batterie a intercepté des dizaines de missiles iraniens ciblant les Émirats.

La présence de soldats de Tsahal sur sol émirati, opérant un système de défense israélien pour protéger Abu Dhabi voilà une image que personne n'aurait osé imaginer il y a dix ans. Elle est désormais une réalité documentée.
Et elle n'est que la partie visible d'une coopération militaire israélo-émiratie qui s'est considérablement approfondie depuis les Accords d'Abraham de 2020.

Deux semaines avant le début de la guerre ouverte, en décembre 2025, Elbit Systems avait annoncé un mégacontrat de 2,3 milliards de dollars avec un client dont le nom était soumis, selon les termes officiels, à une "interdiction de publication".
L'outlet spécialisé Intelligence Online a identifié le client comme les Émirats Arabes Unis et qualifié l'accord de "portée historique".
Quelques jours plus tôt, le Financial Times avait révélé que les Émirats avaient acquis auprès de Rafael le système Iron Beam le laser antimissile de nouvelle génération.
Elbit avait également expédié en urgence son système Spectro de détection de drones à Abu Dhabi. La question n'est plus de savoir si la défense israélienne protège le Golfe.
La question est de savoir à quelle vitesse et à quelle profondeur la coopération va s'étendre.

Le Maroc, lui, ne cache plus rien. Depuis les Accords d'Abraham qu'il a rejoints en 2020,
Rabat est devenu l'un des clients les plus réguliers de l'industrie de défense israélienne.
En 2023, IAI lui a vendu le système de missiles Barak 8 pour 500 millions de dollars. En 2024, IAI a remporté le contrat pour la construction du prochain satellite espion géospatial marocain — un satellite d'observation militaire de haute précision.

Les munitions rôdeuses Harop et Harpy sont dans l'arsenal marocain. L'Azerbaïdjan suit un chemin similaire, avec le système Barak MX d'IAI et des drones Hermes 900 d'Elbit pour plusieurs centaines de millions de dollars.

« Nous pourrions nous retrouver dans une situation similaire à celle des Américains, où nous avons une pleine indépendance en matière d'armement mais faisons face à des pénuries en raison de l'ampleur de nos exportations. »

Cette mise en garde, publiée dans Haaretz en mai 2026, dit tout : le problème d'Israël n'est plus de trouver des clients. C'est d'avoir suffisamment de capacité de production pour honorer tous ses contrats tout en continuant à équiper Tsahal.

L'Europe redécouvre Israël et ses chèques sont colossaux

Si le Golfe achète en catimini, l'Europe, elle, achète ouvertement, massivement, et avec une urgence que la guerre en Ukraine a transformée en panique stratégique.
En 2024, 54% des contrats d'armement israéliens à l'export étaient signés avec des pays européens. Ce chiffre, à lui seul, raconte une histoire.

L'Allemagne est devenue en deux ans le plus grand client individuel de l'histoire de l'industrie de défense israélienne.
Le premier contrat Arrow 3 le système d'interception de missiles balistiques développé conjointement par IAI et le département américain de la Défense  avait été signé en 2023 pour 3,5 milliards de dollars, le plus grand contrat export de l'histoire d'Israël à l'époque.

En décembre 2025, l'accord a été étendu avec un deuxième contrat de 3,1 milliards de dollars supplémentaires.
Le total cumulé s'établit désormais à 6,5 milliards de dollars pour le seul système Arrow 3 nouveau record absolu.
S'y ajoutent 1,2 milliard pour les drones Heron TP, 2 milliards pour les missiles antichar Spike de Rafael et 260 millions pour des systèmes de protection d'avions de transport signés avec Elbit.
L'Allemagne a déboursé pour plus de 10 milliards de dollars d'armements israéliens en moins de trois ans.

La Roumanie a signé avec Rafael un contrat de 2,2 milliards de dollars pour des systèmes de défense aérienne courte portée.
La Grèce négocie simultanément l'acquisition du système de roquettes PULS d'Elbit pour plus de 750 millions de dollars et un contrat de défense aérienne multicouche estimé à 3,5 milliards impliquant Rafael et IAI le système SPYDER, David's Sling et le Barak MX combinés. La Serbie a signé pour 1,6 milliard de dollars de drones, roquettes de précision et systèmes de commandement avec Elbit.
La Slovaquie et Chypre ont acquis le Barak MX d'IAI. La République Tchèque et la Slovaquie équipent leurs forces des radars MMR israéliens, composants essentiels du système Iron Dome.

En parallèle, Rafael et Raytheon ont inauguré en novembre 2025 une usine de production conjointe d'intercepteurs Iron Dome en Arkansas  le système entre ainsi dans la chaîne d'approvisionnement militaire américaine.
L'armée américaine a signé pour environ un milliard de dollars de munitions rôdeuses auprès d'UVision, entreprise israélienne qui vend via un partenaire américain.
Quant à l'Inde, après avoir co-développé avec IAI le système de missiles Barak MRSAM  dont les essais opérationnels se sont terminés en avril 2025 et qui a été utilisé par l'armée indienne lors du conflit avec le Pakistan New Delhi finalise l'acquisition d'une flotte de drones Hermes 900 pour environ un milliard de dollars.

Le shekel et la bourse : quand les marchés votent pour la guerre

Les marchés financiers ne mentent pas. Ils calculent, ils anticipent, ils parient. Et ce qu'ils disent sur l'économie israélienne depuis deux ans est sans ambiguïté.

Le shekel s'échange à 3,09 pour un dollar  son niveau le plus bas depuis trente ans, ce qui signifie sa valeur la plus haute depuis trois décennies.
Depuis janvier 2026, la monnaie israélienne a gagné 7% contre le dollar, et environ 4% supplémentaires depuis le début de la guerre avec l'Iran.
C'est le mouvement inverse de ce qui se produit normalement pour la monnaie d'un pays en guerre.
Normalement, la fuite des capitaux, la hausse du risque pays et l'incertitude géopolitique font plonger la devise.
En Israël, c'est l'inverse qui se produit. La raison est structurelle : les exportations massives d'armements génèrent des flux en devises étrangères qui soutiennent mécaniquement le shekel. Et les investisseurs institutionnels israéliens, loin de fuir, ont rapatrié des capitaux à l'intérieur du pays, augmentant encore la demande pour la monnaie nationale.

La bourse de Tel Aviv raconte la même histoire. L'indice Tel Aviv 35, qui regroupe les trente-cinq plus grandes capitalisations du pays, a bondi de 51,6% en 2025  une performance que le rapport annuel de la Banque d'Israël lui-même qualifie d'"exceptionnelle par les standards mondiaux".
Depuis janvier 2026, l'indice a encore gagné 20%, dont 1% supplémentaire pendant les deux mois de guerre ouverte avec l'Iran. Pour comparaison, les trois grands indices américains — Dow Jones, S&P 500, Nasdaq  sont tous en retrait sur la même période.

Les agences de notation ont suivi. Moody's et S&P ont toutes deux révisé fin 2025 et début 2026 la perspective de crédit d'Israël de "négative" à "stable"  signal conventionnel que les risques les plus extrêmes sont écartés.
La dette publique israélienne a certes gonflé d'environ 20% en quatre ans sous l'effet des dépenses militaires, et devrait atteindre 70,4% du PIB en 2026. Mais ce chiffre reste très inférieur au ratio moyen du G7, qui flirte avec les 124%. Israël dépense massivement pour sa défense et reste fondamentalement solvable.

Le PIB a crû de 3,1% en 2025 au-dessus des attentes, qui tablaient sur 2,8 à 2,9%.
La Banque d'Israël prévoit 3,8% pour 2026, le FMI 3,5%, Moody's 5%. En 2027, selon le FMI, la croissance devrait atteindre 4,4%.
Ces chiffres intègrent pourtant un coût de guerre réel et documenté : la Banque d'Israël a calculé que le cumul des perturbations économiques depuis octobre 2023 représente environ 47 milliards de dollars de PIB potentiel non réalisé.
La mobilisation massive de réservistes — qui ont quitté leurs entreprises, leurs cabinets médicaux, leurs start-ups pour aller combattre  a provoqué une contraction annualisée de 4,3% au deuxième trimestre 2025.
Mais l'économie a rebondi à 11,1% annualisés au troisième trimestre, son rythme le plus rapide depuis début 2024.
C'est ce rebond en ciseau contraction brutale, récupération violente  qui traduit mieux que tout autre chiffre la nature particulière de l'économie israélienne : résiliente non pas malgré la guerre, mais grâce aux mécanismes que la guerre a forgés.

Les trois compagnies qui font la guerre et le commerce simultanément

Rafael Advanced Defense Systems, Israel Aerospace Industries et Elbit Systems. Ces trois noms reviennent dans tous les contrats, toutes les livraisons, tous les deals documentés ou semi-confirmés. Elles ont en commun d'avoir fonctionné en "mode urgence" depuis octobre 2023 — leurs usines tournant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, leurs ingénieurs partagés entre le front et les chaînes de production, leurs directions commerciales débordées par un flux de demandes sans précédent.

Rafael, fondé en 1948 — l'année même de la création de l'État — est le maître du combat tactique rapproché. Son Iron Dome a acquis une notoriété mondiale en interceptant depuis 2011 des milliers de roquettes tirées de Gaza et du Liban. Mais c'est son Iron Beam — le laser antimissile qui détruit les projectiles à la vitesse de la lumière pour un coût au tir de quelques dollars — qui fait aujourd'hui fantasmer les acheteurs du monde entier. Les missiles antichar Spike, dans leurs multiples variantes, sont présents dans l'arsenal d'une cinquantaine de pays. David's Sling, le système d'interception de moyenne portée, intéresse la Grèce et l'Europe de l'Est. Le Drone Dome protège maintenant les cieux de Singapour, des Émirats et du Royaume-Uni.

IAI — Israel Aerospace Industries — est le champion des systèmes longue portée et des objets volants. L'Arrow 3, développé conjointement avec les États-Unis, est capable d'intercepter des missiles balistiques en dehors de l'atmosphère, à des altitudes où aucun autre système occidental ne peut opérer. C'est cette capacité unique qui a convaincu l'Allemagne de signer pour 6,5 milliards de dollars. Les drones Heron TP sont parmi les plus sophistiqués au monde pour la surveillance et le renseignement à longue distance. Les munitions rôdeuses Harop et Harpy — ces engins qui décollent, cherchent leur cible et s'y écrasent — ont révolutionné la guerre asymétrique et sont utilisées par des dizaines d'armées. IAI construit également les satellites espions militaires de plusieurs pays : l'Inde, l'Azerbaïdjan, l'Italie, Singapour, le Maroc et désormais le Vietnam ont tous commandé ou réceptionné un satellite géospatial de haute résolution signé IAI.

Elbit Systems est le spécialiste de l'électronique de combat et de la modernisation des forces existantes. Ses drones Hermes 900 et Hermes 450 sont devenus des standards dans des dizaines d'armées. Son système Spectro de détection et de neutralisation de drones commerciaux militarisés répond à l'une des menaces les plus récentes et les plus difficiles à contrer. Elbit a signé en 2025 pour des montants sans précédent : 2,3 milliards avec les Émirats, 1,6 milliard avec la Serbie, un milliard en négociation avec l'Inde, 300 millions avec l'Azerbaïdjan, 180 millions avec la Colombie.

Ce que tout cela dit sur la nature de ce conflit

La guerre déclenchée par l'Iran le 28 février 2026 est présentée dans les capitales arabes et occidentales comme une escalade, une catastrophe, une menace pour la stabilité régionale. Elle l'est, sans doute. Mais elle est aussi, pour Israël, le plus grand catalogue commercial en temps réel de l'histoire de l'industrie de l'armement.

Chaque nuit, quand les interceptions du Iron Dome, du David's Sling et de l'Arrow illuminent le ciel israélien, les attachés militaires de dizaines d'ambassades regardent les mêmes images que le grand public  mais avec des carnets de commandes ouverts.

Chaque missile iranien intercepté est une démonstration que Rafael n'aurait pas pu s'offrir pour un milliard de dollars de budget publicitaire. Chaque drone neutralisé par le Drone Dome est une brochure commerciale plus efficace que n'importe quel salon de l'armement.

L'analyste de Responsible Statecraft qui couvre les relations Golfe-Israël a formulé en mai 2026 une observation que beaucoup préfèrent ne pas entendre : le déploiement de l'Iron Dome aux Émirats "pourrait être rappelé moins comme une réponse d'urgence et plus comme le moment où une coalition informelle s'est solidifiée en un système militaire régional émergent".

Ce système régional, s'il se concrétise pleinement, verra des pays arabes intégrés dans une architecture de défense ancrée sur les technologies israéliennes et achetée aux entreprises israéliennes.

La question qui hante les stratèges de Téhéran est peut-être celle-là : en choisissant d'attaquer Israël de façon directe et massive, l'Iran a-t-il involontairement financé et légitimé la transformation d'Israël en puissance de défense incontournable du XXIe siècle ? Les chiffres semblent répondre : oui.

« Les ventes reflètent, plus que n'importe quoi d'autre, l'appréciation mondiale croissante pour les capacités technologiques israéliennes prouvées. »

C'est un haut responsable du ministère israélien de la Défense qui a prononcé ces mots en juin 2025. Il décrivait, sans fausse modestie, la réalité d'un pays qui a transformé soixante-dix-huit années de survie forcée en avantage industriel sans équivalent dans le monde. Dans l'histoire des nations, peu d'équations économiques sont aussi dérangeantes, aussi paradoxales — et aussi documentées.

Sources : SIPRI (mars 2026), Haaretz, Breaking Defense, CNBC, CNN, Reuters, Axios (avril 2026), Jerusalem Post, Banque d'Israël, FMI, Allianz Trade, Calcalist Tech, Middle East Eye, Financial Times, Intelligence Online, Responsible Statecraft.

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Ruhama Weiss spécialiste du Talmud face aux rituels sexuels dans le texte

Ruhama Weiss spécialiste du Talmud face aux rituels sexuels dans le texte

La légende talmudique humiliante que je n'ai jamais osé écrire jusqu'à aujourd'hui

Par la professeure Ruhama Weiss

Au lieu de vomir, j'ai mangé de la glace

Un lundi soir, à onze heures, je me suis retrouvée dans une supérette de station-service à hésiter entre différents parfums de glace, avant de finalement tout prendre. Sur l'image suivante, je découpe le contenu des boîtes congelées et j'engloutis de la glace comme une forcenée.

Ce festin glacé avait été précédé par le visionnage d'un documentaire bouleversant  et
« bouleversant » est un euphémisme choisi faute d'un mot plus précisintitulé « Cérémonie commémorative » (diffusé sur la chaîne 11, émission « Zman Emet »).
Le film recueille des témoignages cohérents de femmes ayant grandi dans le même environnement, évoquant les mêmes lieux et les mêmes rituels sadiques dépourvus de toute compassion.

Selon la réalisatrice, certains noms d'agresseurs reviennent dans plusieurs témoignages.

Une odeur de menuiserie se mêlait à des effluves de forêt et de terre fraîche — des senteurs habituellement agréables, mais qui, depuis que ces actes ignobles avaient été évoqués, remplissaient ma maison d'une oppression insupportable.
Au lieu de pleurer et de vomir, j'ai englouti de la glace.

Un amour critique

Mon amour pour le Talmud est ardent et critique. Par « critique », je n'entends pas insatisfaction, plaintes ou attaques même si celles-ci existent aussi dans cette relation, mais bien le droit et le devoir de questionner les motivations des auteurs et les rapports de force et de domination que le texte construit, sciemment ou non.
Je m'efforce de creuser sous les affirmations explicites des textes pour mettre au jour les valeurs qu'ils s'évertuent à dissimuler.

Le dernier mur s'effondre

Vous me connaissez et vous savez que j'apporte dans cette chronique des sujets que l'estomac moderne et post-moderne peine à digérer. Je fais confiance au Talmud et à nous, la communauté apprenante, en sachant que nous parviendrons à contenir les conflits et à grandir à travers eux.

Mais moi aussi j'ai des limites, et il y a des textes que je n'ai pas réussi à présenter jusqu'à aujourd'hui. Des textes qui n'appellent ni pardon ni absolution, seulement le dégoût. Je ne sais pas si la dissimulation que j'ai pratiquée jusqu'ici cherchait à me protéger moi, le Talmud, ou vous. Avant l'épisode de la glace, je n'en avais pas conscience.

Après avoir regardé « Cérémonie commémorative », j'ai compris que mon filtrage intuitif faisait partie d'un mécanisme de silence. Les textes qui me répugnaient, à un niveau qui ne me permettait pas de les présenter en public, racontent l'histoire de la déviance sexuelle communautaire l'entrelacement entre sadisme sexuel sans limites, questions religieuses et pouvoir du leadership.

Entre boulimie et nausée, j'ai compris que ma responsabilité, en tant que féministe et militante qui connaît le Talmud, est de dire aux victimes et à la communauté : ce n'est pas un phénomène nouveau dans notre histoire.
Et sur cette question aussi, il faut étudier l'histoire pour changer la réalité. L'humiliation est un mécanisme de contrôle antique et populaire. Et là où le comportement sexuel est considéré comme un acte honteux, l'humiliation passe aussi par la pratique forcée de rites mêlant religion et sexualité.

Dans les lignes qui suivent, je présenterai une légende talmudique que je n'ai aucune envie de dévoiler, et encore moins d'analyser, mais que je n'ai plus le droit de continuer à dissimuler. À la fin, j'essaierai de tirer des leçons de l'histoire et je présenterai des signaux d'alarme pour identifier les abus sexuels rituels. Tenez-vous bien, nous plongeons dans les égouts.

Nos coulisses souillées

Une légende talmudique est toujours ancrée dans la Halakha, la loi juive. Commençons donc par une loi de la Michna (traité Nidda, 5, 8) :

« Quels sont les signes de la puberté ? Rabbi Yossi le Galiléen dit : dès que la peau se plisse sous le sein. Rabbi Akiva dit : dès que les seins commencent à pencher. Ben Azaï dit : dès que le mamelon noircit. Rabbi Yossi dit : à partir du moment où l'on peut poser la main sur le mamelon, qu'il s'affaisse et tarde à revenir. »

La Michna prétend traiter d'une question juridique et technique : à quel moment une fillette devient-elle une adolescente et s'approche de l'âge à partir duquel son père perd son autorité économique sur elle.
Mais au lieu de définir un âge de la puberté et de nous laisser tranquilles, les sages choisissent une définition personnelle basée sur le développement physique et sexuel.
Il aurait été possible de proposer une définition individuelle en s'appuyant sur la taille ou la croissance des pieds, par exemple mais les sages ont choisi de définir le développement de l'adolescente par l'observation de ses parties intimes, ses seins.

La définition de Rabbi Yossi  « à partir du moment où l'on peut poser la main sur le mamelon »  amplifie l'horreur, car il ajoute au voyeurisme juridique un élément de contact physique. La formulation « l'on peut poser la main » indique que c'est l'homme qui effectue l'examen corporel, et non la jeune fille.

Quand on réalise qu'il n'est nul besoin d'examiner les seins d'une adolescente pour savoir qu'elle grandit, quand on accepte d'admettre que les distinctions physiologiques de cette Michna sont absurdes, et quand on voit quatre grands sages s'adonner à une pseudo-biologie féminine, on ne peut pas éviter la question : quelle est la motivation cachée de cette loi ? Ce texte, qui oscille entre érudition, vie communautaire et abus sexuel, est un texte qui brise toutes les limites et nous introduit dans le monde des violences sexuelles rituelles.

Violence sexuelle et pratique religieuse

À la controverse entre les sages de la Michna se joint un important sage babylonien (Talmud de Babylone, traité Nidda, folio 47a) :

« Dit Shmuel : non pas dès que la peau se plisse réellement, mais à partir du moment où elle peut ramener sa main dans le dos, et qu'elle apparaît comme si la peau se plissait sous le sein. Shmuel vérifia sur sa servante, et lui donna quatre zouz en compensation pour la honte. Shmuel conformément à sa position, car Shmuel a dit : "Vous vous en servirez à jamais" — je les ai donnés pour le travail, non pour la honte. »

Si un doute existait quant à la mise en pratique de cette procédure, il n'en reste plus aucun. Shmuel, directeur d'académie talmudique en Israël, effectue cet examen sur le corps de sa servante. Elle se tient devant lui, la poitrine dénudée, et il lui ordonne de passer sa main dans le dos pendant qu'il examine ses seins. Il lui remet ensuite de l'argent car la permission d'asservir des non-Juifs, « vous vous en servirez à jamais », n'inclut pas la permission de les humilier.

L'argent que verse Shmuel prouve qu'il comprend que son acte humilie sa servante. Pour couronner le tout, Shmuel court raconter l'affaire à ses collègues à l'académie.
Ainsi, nous, en tant que communauté, devenons malgré nous complices du cercle des violences sexuelles rituelles ces violences qui entremêlent lois religieuses, publicité communautaire et abus sexuel.

Nous sommes dans l'obligation d'admettre qu'une religion patriarcale et telles sont les religions de notre époque que je connais fonde une part de son pouvoir sur la dégradation et l'humiliation sexuelle et religieuse pratiquée dans l'espace communautaire public.

L'exemple que j'ai cité n'est pas isolé, et n'est même pas le plus frappant. Les exemples qui, selon moi, exigent une attention immédiate sont l'obligation faite à une convertie de s'immerger au bain rituel en présence de rabbins, et l'apport du sang menstruel pour examen par des rabbins. Si ces pratiques n'étaient pas acceptées dans nos communautés, elles susciteraient horreur et opposition farouche.

Signaux d'alarme des violences sexuelles rituelles

Si l'un des comportements suivants existe dans votre communauté, ouvrez l'œil. Si plusieurs de ces caractéristiques sont réunies, il est fort probable que vous vous trouviez face à un signal d'alarme clignotant.

Premièrement : les dirigeants de la communauté traitent abondamment de questions sexuelles et les mêlent à des questions spirituelles, qu'il s'agisse de prôner la pudeur ou la permissivité.

Deuxièmement : la communauté est gérée de façon hiérarchique, opaque, et certainement pas démocratique.

Troisièmement : toute critique à l'encontre de membres de la communauté, surtout de personnages centraux, se heurte au déni, au rejet, voire à la persécution de ceux qui se plaignent.

Quatrièmement : des enfants de la communauté ont des comportements étranges violence extrême, repli inexpliqué sur soi, ou comportements sexuels inadaptés à leur âge. Une écoute attentive et la confiance accordée aux enfants peuvent conduire à une détection précoce et à la prévention de souffrances.

Cinquièmement : les dirigeants de la communauté attendent une confiance absolue et inconditionnelle entre membres, et promeuvent un comportement de « grande famille aimante ». Cette atmosphère « familiale » comprend l'accueil et l'hébergement d'enfants chez des membres de la communauté, sans que les parents se connaissent, sans questions et sans limites claires.

Et dans le beth midrach des commentaires

Mes amis, cela nous concerne tous au plus haut point. Si vous avez des suggestions supplémentaires quant aux signaux d'alarme des violences sexuelles rituelles, écrivez-les en commentaires, et j'essaierai d'organiser ces avertissements pour les publier dans cette chronique.

Chabbat shalom.

Ruhamaweiss1966@gmail.com

 

Sources

Michna, traité Nidda (נידה), chapitre 5, mishna 8.

Talmud de Babylone (תלמוד בבלי), traité Nidda (נידה), folio 47a (דף מז עמוד א).

Lévitique (ויקרא), 25, 46 — « Vous vous en servirez à jamais » (לְעֹלָם בָּהֶם תַּעֲבֹדוּ) — verset invoqué par Shmuel pour justifier le travail servile des non-Juifs, à l'exclusion de leur humiliation.

Référence académique sur l'auteure

Ruhama Weiss, professeure à l'Hebrew Union College  Jewish Institute of Religion, Jérusalem. Spécialiste de littérature talmudique et d'aggada, connue pour ses travaux féministes sur les textes rabbiniques. Chroniqueuse régulière sur le site Ynet, rubrique Judaïsme.

Article original

Ruhama Weiss, « La légende talmudique humiliante que je n'ai jamais osé écrire jusqu'à aujourd'hui », Ynet, 29 mai 2026. Disponible sur : https://www.ynet.co.il/judaism/article/uodlscoit

 

Pieds violets, yeux bandés, pierres dans les oreilles , crachat dans la bouche : la fabrique de torture à Gaza

Pieds violets, yeux bandés, pierres dans les oreilles , crachat dans la bouche — la fabrique de la torture à Gaza

"Parfois, quand elle s'endort contre moi, j'attends d'être sûr qu'elle dorme vraiment. Et alors seulement, je commence à pleurer"

Rom Breslavski, ancien otage du Hamas, parle des tortures subies à Gaza, de ses nuits brisées, de sa reconstruction — et de sa colère contre ceux qui ont déjà tourné la page.

L'humiliation, pire que les coups

Les coups de fouet, la privation de nourriture, l'isolement total. Pendant sa captivité, Rom Breslavski a appris à encaisser la souffrance physique. Mais ce sont les humiliations, d'une cruauté calculée, qui l'ont finalement brisé.
Un jour, l'un de ses geôliers l'a forcé à ouvrir la bouche  et lui a craché dedans. «Aux coups, on finit par s'habituer», dit-il. «Mais cette humiliation-là, c'était le moment le plus bas de toute ma captivité.»

Pendant près de deux ans à Gaza, Rom a traversé un calvaire long et méthodique. La majeure partie du temps, il se trouvait à Deir el-Balah d'abord dans des appartements clandestins, puis au cœur d'un camp immense de tentes pour déplacés.
«Autour de moi, il y avait des dizaines de milliers de tentes», raconte-t-il. «Moi, j'étais dans une tente divisée en trois espaces : dans le premier vivaient le chef terroriste et sa famille. Dans le deuxième, les combattants du Jihad islamique. Dans le troisième : moi.»

Ligotté mains et pieds, souvent entièrement nu, il passait des heures debout face au mur, les yeux bandés, des pierres enfoncées dans les oreilles pour l'empêcher d'entendre quoi que ce soit. «De temps en temps, ils entraient et me fouettaient la plante des pieds avec un fouet d'âne», dit-il. «Mes pieds étaient violets. Je pouvais à peine tenir debout.»

Il a également été témoin des violences exercées sur la famille même de son geôlier. «Je voyais comment ils traitaient leurs femmes et leurs enfants. Les enfants et la femme du terroriste qui me surveillait recevaient des coups sans arrêt. Il dirigeait une cellule terroriste depuis chez lui.»

Vingt-huit jours sans douche — et un seau de sable

Après vingt-huit jours sans la moindre douche, Rom a supplié qu'on le laisse se laver. «Tout mon corps était noir de crasse», dit-il. Le terroriste lui a dit de se préparer. Il est revenu avec un seau rempli de sable et d'ordures, et l'a forcé à le vider sur lui-même. «Ils voulaient me faire sentir que j'étais une bête», dit Rom. «Pas un être humain.»

"Ils me haïssaient parce que j'étais soldat"

Rom Breslavski avait 22 ans quand il a été enlevé alors qu'il travaillait comme agent de sécurité à la rave du Nova. Il est convaincu que c'est précisément ce statut de soldat qui lui a valu un traitement particulièrement brutal. L'un de ses geôliers, Ahmad, avait un an de moins que lui et le maltraitait de façon régulière et systématique. «Si je m'assoupissais un instant, il me réveillait. Même quand l'ordre avait été donné d'arrêter de me frapper  lui continuait. Ils me haïssaient parce que j'étais soldat.»

Un jour, Rom a craqué. «Je ne mangeais plus, je ne buvais plus, je ne voyais plus aucune issue», dit-il. Il s'est jeté sur Ahmad et l'a étranglé jusqu'à ce que d'autres les séparent. «Je m'en fichais de le tuer et de mourir moi-même. Je voulais juste que ça s'arrête.» Depuis ce jour-là, les punitions n'ont fait qu'empirer.

"90% de Rom est mort le 8 octobre"

Aujourd'hui, des mois après sa libération, Rom tente de réapprendre à vivre hors de Gaza. Il souffre encore de douleurs chroniques, de cauchemars et d'une anxiété sévère. «90% de Rom d'avant le 7 octobre est mort le 8 octobre», dit-il. «Il reste peut-être 10% une joie de vivre et un cynisme.»

Il a récemment entamé une thérapie psychologique intensive. «En thérapie, je reviens à chaque journée passée en captivité. Si je ne le fais pas, ça explosera dans le futur», explique-t-il. En revanche, il refuse tout traitement médicamenteux. La raison est personnelle et déchirante : pendant sa captivité, son frère aîné a fait une crise psychotique sévère sous l'effet du traumatisme familial, et une schizophrénie s'est déclarée. «Il a percuté un poteau avec sa voiture et s'en est sorti par miracle. Depuis, j'ai peur de perdre le contrôle de ma tête.»

Depuis sa libération, il porte presque seul le fardeau économique de sa famille. «Mes parents ont essayé de reprendre le travail et n'ont pas pu. Psychologiquement, ils n'en sont pas capables. Mes frères et sœurs non plus ne s'en remettent vraiment pas.»

Le pays a tourné la page lui, non

Ce qui le ronge le plus aujourd'hui, c'est le sentiment que la société a déjà avancé. «On a oublié les otages», dit-il avec douleur.
«On ne s'intéresse plus vraiment à notre souffrance.» Pour lui, aussi bien les responsables politiques que militaires doivent rendre des comptes.
«Je me fiche que ce soit une commission d'enquête d'État ou nationale», dit-il.
«Qu'ils enquêtent enfin. Qu'ils assument la responsabilité de ce qui s'est passé ici.» Il supporte difficilement de voir le sort des otages devenir, selon ses mots, un instrument politique.
«À mes yeux, tout le monde est coupable. Ils ont pris notre histoire et en ont fait un combat politique.»

À propos de l'incident au cours duquel il avait accusé David Ziton  compagnon de l'otage libérée Nasreen Kadri de l'avoir frappé «comme un militant du Hamas», Rom dit aujourd'hui : «Pour quelqu'un qui sert dans l'armée même s'il a commis une telle erreur grave envers moi le côté juif en moi dit qu'il faut pardonner. Pour moi, c'est pardonné et absous, et j'espère qu'on pourra régler ça entre nous.»

Après la tempête médiatique qui a suivi, certains ont dit que les journalistes devaient vous laisser tranquille. Vous comprenez d'où ça vient ? «Il y a beaucoup de réactions dégoûtantes qui disent : "Il a besoin de soins", ou "Il n'est pas sain d'esprit".
La plupart de ces réactions cherchent à me rabaisser et à me diminuer sur les réseaux. Mais je suis capable de faire face à n'importe quoi. J'ai traversé deux ans de terreur nazie à Gaza et je n'ai besoin de personne pour me sauver. Quelqu'un qui se soucie vraiment de mon état mental envoie un message privé pour aider il ne poste pas des commentaires humiliants sur Facebook. C'est une forme de harcèlement que je vis, mais ça ne m'affecte pas tant que ça. Il y a des gens mauvais partout.»

"Le corps est en permanence en alerte"

Malgré tout, Rom trouve des raisons de recommencer. L'une d'elles est sa nouvelle relation avec Shoham Talker. Elle sait presque tout de lui mais pas tout. «Parfois, quand elle s'endort contre moi, j'attends d'être sûr qu'elle dorme vraiment. Et alors seulement, je commence à pleurer. Je ne veux pas l'exposer à la douleur et à la souffrance que je porte avec moi. Je veux la protéger du mal auquel j'ai été exposé.»

Avant même le 7 octobre, sa vie n'était pas simple. Il a grandi dans le quartier Katamonim de Jérusalem, n'a pas terminé l'école et avait d'abord obtenu une exemption militaire mais il a insisté pour s'enrôler. «Je me suis assis devant le bureau du psychologue militaire jusqu'à ce qu'il me reçoive», raconte-t-il. Il a finalement été intégré à la ferme Hashomer, où il a terminé son parcours classé parmi les meilleurs.
Même aujourd'hui, après tout ce qu'il a vécu, il parle de son souhait de servir dans la réserve. «Je crois que tout le monde doit s'engager, sans exception. Si je pouvais servir avant et que je veux encore servir, alors tout le monde le peut. Même ceux qui étudient la Torah devraient combiner leurs études avec le service militaire. Moi aussi j'ai étudié la Torah et prié et je me suis quand même enrôlé.»

Mais son sentiment de sécurité s'est effondré. Depuis son retour, il se déplace toujours avec du gaz poivré, il a peur des attentats, il a peur d'être kidnappé à nouveau. «Mon corps est en permanence en alerte. De l'extérieur, on voit peut-être quelqu'un qui est rentré. Mais à l'intérieur, je suis encore là-bas.»

Et cette guerre, pour lui, est loin d'être terminée. «Mon passé est noir», dit-il. «J'essaie juste de faire en sorte que mon avenir soit rose. Mon plus grand rêve, c'est d'être vraiment libéré de la captivité. Pas physiquement — mentalement.»

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