Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Le rêve fou d'un père et sa fille israéliens : 18 jours de vol au-dessus de l'Europe

Le rêve fou d'un père et sa fille israéliens : 18 jours de vol au-dessus de l'Europe

Dix-huit jours dans un cockpit avec son père : le road trip aérien qui réalisait un vieux rêve

À 11 000 pieds d'altitude, au-dessus de la Sicile, dans un minuscule avion ultra-léger à deux places, Nir Levi, 27 ans, instructrice de vol installée aux États-Unis, et son père Gil Levi, 62 ans, agriculteur de l'Arava en Israël fixaient prudemment la gueule d'un volcan actif. Un panache de cendres leur indiquait la direction à ne surtout pas approcher.

Ce moment résume à lui seul ce périple pas comme les autres : un road trip aérien père-fille de 18 jours et 55 heures de vol, mené avec six kilos de bagages personnels chacun, une avalanche d'autorisations et de calculs de carburant, des pistes en herbe et des aérodromes privés, de la cuisine italienne et des nuits écourtées pour préparer les vols du lendemain. Ni randonnée tranquille, ni vacances en famille classiques : une aventure tendue, intense, un rêve familial vécu aux commandes.

Un départ presque avorté

Quelques heures avant le décollage depuis le moshav Paran en Israël,le grand projet a failli capoter, non pas à cause de la météo, mais d'un simple problème logistique. « Notre première escale était prévue à Rhodes », raconte Nir à Ynet. « À deux heures du matin, on nous a annoncé qu'il n'y avait pas de place pour nous garer. Tu imagines la pression, ça changeait tout l'itinéraire. »

En voiture, on trouve simplement un autre parking. En ultra-léger, en pleine traversée intercontinentale, c'est une autre histoire. « Il n'y a pas beaucoup d'options d'atterrissage sur la route vers l'Europe », explique Nir. « Et il faut un aérodrome équipé du contrôle des passeports. » Après des dizaines de mails et d'appels, la Crète refuse, mais une compagnie de Rhodes finit par accepter de les recevoir, in extremis.

Six kilos pour dix-huit jours

La contrainte matérielle a marqué tout le voyage. « La soute de l'avion autorise 20 kilos », précise Gil. « On a emporté du matériel d'urgence, un canot pneumatique, des sacs étanches avec des radios, ça faisait huit kilos. Il nous restait six kilos chacun pour dix-huit jours. » Il en rit encore.

Le trajet : décollage de Paran, passage par Haïfa pour le tampon des passeports, puis ravitaillement à Paphos et en Grèce avant l'Italie. Deux nuits en Grèce, toute l'Italie traversée du sud au nord, puis retour par la Slovénie, la Croatie et le Monténégro.

De la monotonie à l'émerveillement

Paradoxalement, les deux premiers jours, au-dessus de la Méditerranée, la partie qui semblait la plus spectaculaire sur le papier, furent les plus ennuyeux. « On volait en ligne droite pendant des heures sans rien voir en dessous, à part de l'eau », se souvient Nir.

Puis l'Europe s'est ouverte sous leurs ailes. « Les paysages sont devenus dingues », dit-elle. « La Grèce est superbe, l'Italie aussi. Il y a tellement d'endroits uniques qu'on a parfois refait le même trajet deux fois, juste par enthousiasme. La côte amalfitaine, on l'a survolée trois fois : aller, retour, aller. »

Amalfi est devenue leur point d'orgue. « Un an plus tôt, j'étais là, au sol, à regarder les avions passer en me disant : j'aimerais tellement être là-haut maintenant », raconte Nir. « C'est magnifique vu du sol aussi, mais il y a une liberté à la voir depuis le ciel, une sensation incroyable. »

Une communauté de passionnés

Loin des terminaux et des portes d'embarquement, le voyage s'est joué sur des pistes en herbe dans des jardins privés. « Les gens là-bas sont d'une gentillesse folle », dit Nir. « Ils s'occupaient de nous, nous trouvaient un hôtel ou un moyen de transport. » Une véritable communauté de pilotes amateurs et de propriétaires d'aérodromes s'est révélée à eux tout au long du trajet.

Invités à un festival d'avions ultra-légers par des gens rencontrés en chemin, ils s'attendaient à une vingtaine d'appareils. Il y en avait environ 200. « Même des gens qui ne nous connaissaient pas avaient déjà entendu parler de nous et nous demandaient : c'est vous, le père et la fille venus d'Israël en petit ultra-léger ? »

Une halte marquante, au sud de Bologne : un petit aérodrome avec hôtel, restaurant et piscine attenants, si proche qu'on voyait l'avion garé depuis le bassin.

San Marin, la piste la plus spectaculaire du voyage

Si Amalfi fut le sommet visuel du périple, San Marin, minuscule État niché au cœur de la Botte italienne, en fut le sommet émotionnel. Gil décrit cette piste minuscule comme l'une des plus belles au monde : « D'un côté de l'aérodrome, une montagne, de l'autre, un précipice. On voit Rimini, on voit la mer. »

L'accueil des pilotes locaux fut à la hauteur du lieu. « Ils m'ont dit que j'étais peut-être la première femme à atterrir dans ce pays », rapporte Nir. « C'est un aérodrome minuscule, un ou deux ou trois avions par jour, très peu de visiteurs en général. Alors un avion venu d'Israël, on est peut-être le premier avion israélien à s'être posé à San Marin. »

Hébergés par la famille d'une amie israélienne dont le père est italien, Nir a ensuite emmené le cousin et l'oncle de son amie pour un court vol au-dessus de la maison.

Face à face avec un volcan actif

Au large de la Sicile, en direction de l'Etna, le duo est monté à environ 3 500 mètres pour contourner le cratère. « Ce n'est pas dangereux », rassure Gil. « Ce n'est pas de la fumée qui sort du volcan, mais des cendres volcaniques. On voit où elles se dirigent et on approche par le sens opposé. »

Nir précise l'aspect technique : « On ne survole jamais exactement le cratère, c'est une zone interdite, donc on a contourné. C'était une expérience de faire monter notre avion à cette altitude, quelque chose qu'on n'avait jamais fait. » Le même vol les a menés plus au nord, vers l'archipel de Stroboli, un chapelet d'îles volcaniques toutes actives.

Un cockpit, deux générations

Dans cet habitacle minuscule, la répartition des tâches était claire. « Sur la plupart des vols, 95 % du temps, c'est moi qui pilotais », dit fièrement le père. « Elle s'occupait du reste : communications avec le contrôle aérien, planification de vol. J'étais son pilote automatique. »

L'aviation coule dans les veines de la famille Levi. « Je ne suis pas le seul pilote de la famille », explique Gil. « Mon père était pilote, mes deux frères le sont aussi. C'est un plaisir de voler avec ma fille et de la voir gérer les choses mieux que moi. »

Le renversement des rôles fut l'un des plus beaux fils rouges du voyage. Autrefois, le père enseignait à sa fille. Aujourd'hui, c'est elle qui le guide, checklist, procédures et remarques en cockpit compris. « Ces échanges de rôles surviennent d'un coup, quand il fait quelque chose de travers et qu'il faut le lui dire », raconte Nir. « Je ne pense pas que tout père accepterait une remarque comme ça. Parfois, je devais même hausser un peu le ton : mais qu'est-ce que tu fais, papa ? Au final, c'est instructeur et élève, et tout père n'accepterait pas ça venant de son enfant. » Gil ne conteste jamais. Pour lui, dans les airs, l'ego n'a pas sa place : « Il n'y a qu'un seul commandant de bord. Jamais deux. »

Les imprévus qui deviennent des cadeaux

Comme tout road trip digne de ce nom, l'itinéraire n'a pas toujours suivi le plan. À Corfou, leur journée d'atterrissage n'a pas été approuvée. Ce contretemps les a menés vers les lacs du nord de l'Italie, Garde et Côme, où des amis cyclistes de Bergame les attendaient pour déjeuner avant de reprendre l'air vers les rives spectaculaires.

Mais Gil rappelle vite la réalité derrière la carte postale : 55 heures de vol en 18 jours, avec des arrêts toutes les trois heures pour ravitailler et faire une pause. L'avion pouvait tenir environ quatre heures et demie à cinq heures sans escale, mais ils préféraient ne pas pousser la limite.

Le dernier coup de chance

Sur le trajet du retour, entre Corfou et Rhodes, le carburant venait à manquer, en urgence. La solution : le terrain privé d'un habitant local, contacté la veille au soir via Google Traduction en grec. Une piste de 600 mètres, un hangar rempli d'avions, une maison privée, très peu d'anglais et énormément de bonne volonté. « Il nous a cueilli des abricots de son arbre », se souvient Nir, le sourire aux lèvres.

Un pays taillé pour l'aviation légère

Au fil du voyage, une évidence s'est imposée : ce type de périple ne repose pas seulement sur un avion et une licence de pilote, mais sur tout un réseau d'aérodromes, de propriétaires, de pilotes et d'habitants prêts à rendre service. « L'Italie est vraiment équipée pour les voyages en ultra-léger », confirme Gil. Nir ajoute que plusieurs constructeurs d'avions ultra-légers y sont implantés, ce qui explique sans doute cette culture aéronautique si vivante.

Au terme de ces dix-huit jours, ce ne sont pas seulement les paysages, les volcans ou les petites pistes qui resteront gravés. C'est le souvenir d'un père et d'une fille partageant un même cockpit, unis dans la réalisation d'un rêve ancien. Nir et Gil, eux, pensent déjà au prochain voyage ensemble.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Mille jours après le massacre du 07/10 : Israël s'arrête, se souvient et exige des comptes

Mille jours après le massacre du 07/10 : Israël s'arrête, se souvient et exige des comptes

Mille jours après le massacre : Israël s'arrête, se souvient et exige des comptes

Ce jeudi marque le millième jour depuis le 7 octobre 2023. Dès 6h29, heure exacte du début de l'attaque du Hamas, des cérémonies et des rassemblements ont démarré dans tout le pays.
La mobilisation a gagné la Knesset, où des affrontements ont éclaté entre manifestants et policiers, tandis qu'à Tel-Aviv une exposition réunissant des dizaines d'objets personnels de victimes a ouvert ses portes.
Le rassemblement central est prévu ce soir à 20h00 place des Otages, qui sera rebaptisée pour l'occasion place du Souvenir.

Le témoignage de Rotem, sauvé par le sacrifice de ses parents

Shir Matias, fille de Shlomi et Shahar Matias, assassinés dans leur maison du kibboutz Holit le 7 octobre, a partagé pour la première fois sur X un enregistrement de son frère Rotem, rescapé du massacre. Leurs parents lui ont sauvé la vie en le protégeant de leur corps.
Dans cet enregistrement, on entend le garçon annoncer la terrible nouvelle à sa sœur : "Maman et papa ne sont plus la"

Recueillement à la stèle des observatrices de Nahal Oz

Les familles des jeunes observatrices tombées à Nahal Oz se sont rendues à la stèle érigée à leur mémoire, à la frontière avec Gaza, entourées de coquelicots et de drapeaux israéliens. Accompagnées d'autres familles endeuillées et de citoyens venus honorer les disparus, elles ont observé une minute de silence et organisé une cérémonie sur place.

"1 000 souvenirs" : une exposition bouleversante à Tel-Aviv

À la bibliothèque Beit Ariela, près de la place des Otages, l'exposition "1 000 souvenirs" a ouvert à midi.
Elle présente pour la première fois les cartes de prisonnier des rescapés de la captivité Arbel Yehoud, Ariel Cunio et Rom Braslavski, aux côtés d'objets destinés à célébrer la vie des victimes : le vélo d'Ariel Bibas, l'uniforme de la paramédicale Amit Mann, ou encore les bérets des observatrices Noa Price et Roni Eshel.
Sur la place elle-même, les familles et les rescapés ont installé des œuvres et des installations, dont le conteneur jaune du festival Nova et une reconstitution du tunnel où étaient détenus des otages. Des cercles de parole rassemblent familles endeuillées, rescapés du massacre et anciens otages.

Les voix des survivants, minute par minute

À 10h00, une minute de silence a réuni la foule place des Otages. Un film de huit minutes, produit avec l'organisation "710", a ensuite diffusé les témoignages de rescapés des kibboutzim de la région et du festival Nova, racontant minute par minute l'horreur de ce samedi noir. Karin Kleinberg, de Sdérot, se souvient : "À 6h30, tout a commencé, une alerte roquette démentielle sur la ville." Miriam Yehoshua, de Nir Itzhak, raconte être sortie du lit pour rejoindre la pièce sécurisée. Sharon Weissberg, présent à la Nova, se rappelle que la musique s'est arrêtée et que le DJ a crié de se coucher au sol. D'autres évoquent des dizaines de terroristes franchissant les clôtures, des tirs en rafale, des appels au secours restés sans réponse.

La colère d'Eyal Eshel contre Tsahal

Eyal Eshel, père de la observatrice Roni Eshel tombée le 7 octobre et figure du "Conseil d'octobre", a dénoncé sur le plateau de ynet le refus de dernière minute de Tsahal de transférer un poste d'observation des guetteuses jusqu'à la place des Otages, alors même que l'accord avait été donné. Selon lui, cette position, aujourd'hui hors d'usage dans une zone abandonnée, devait rejoindre les autres installations symboliques de la journée : le tunnel, le conteneur de la Nova, le poste des ballons. "Hier, on nous a infligé une gifle supplémentaire, par une décision arbitraire du porte-parole de Tsahal", a-t-il déclaré, les larmes aux yeux. L'armée a refusé de réagir.

La douleur intacte des familles

Dani Algrat, frère d'Itzik Algrat, tué en captivité et dont le corps a été restitué, a pris la parole devant la base de la Kirya à Tel-Aviv : "Mille jours durant lesquels on nous répète que les otages sont rentrés, mais tous ne sont pas rentrés. Celui qui est revenu vivant est revenu. Celui qui a été enlevé vivant, abandonné en captivité, assassiné et rendu dans un cercueil, n'est pas revenu." Il a évoqué "mille jours de douleur, de colère et de manque", reprochant à l'État de ne pas avoir protégé ses citoyens ce matin-là.

Yoram Yehoudaï, père de Ron Yehoudaï tué à la Nova, a confié depuis le parking même du festival : "Mille jours que le cœur saigne. On ne trouve pas le temps de guérir, car il faut se battre pour une commission d'enquête d'État, pour la vérité, pour la justice." Il est notamment revenu, indigné, sur une récente sortie suite à la question posée au Premier ministre "qu'est ce qui a changé pour vous depuis le 7 octobre et à invoqué "sa perte de poids depuis le 7 octobre ": "C'est humiliant, c'est de l'insolence. Je n'ai pas ri une seule fois en mille jours."

Place des Otages toujours, Einav Zangauker, mère de l'ancien otage Matan Zangauker, a manifesté avec une pancarte proclamant : "Le gouvernement du massacre et de l'abandon, dehors."

Bougies à la Nova, sable face à l'ambassade américaine

Sur le site même du festival Nova, des parents endeuillés se sont rassemblés pour allumer des bougies de mémoire, dénonçant un sentiment d'abandon : "On nous ignore, nous sommes totalement invisibles." À Nahal Oz, à 6h29 précises, Liad Bar'am a allumé une bougie à la mémoire de son fils Néta, tombé au combat lors de la défense du poste. Sur la plage de Tel-Aviv, face à l'ambassade des États-Unis, le Conseil d'octobre a réalisé une installation de sable portant l'inscription "Leur sang crie depuis la terre. 1 000 jours d'échec, d'abandon et de deuil."

Manifestations et tensions dans tout le pays

La journée s'est ouverte par des rassemblements devant la Knesset, à Karkour et place de Paris à Jérusalem, où des manifestants ont porté un cercueil symbolique et brandi des pancartes dénonçant "1 000 jours d'abandon et d'échec".

Devant la Knesset, la police a entrepris de disperser les manifestants, provoquant des accrochages ; une immense installation bloquant la route a été laissée sur place.
D'autres manifestants se sont rendus devant le domicile du président de la Knesset, Amir Ohana, le qualifiant de dirigeant sans autorité ni responsabilité.

Des rassemblements se sont également tenus aux carrefours d'Amiad et de Kabri, ainsi que devant le domicile du ministre de l'Éducation Yoav Kisch.
Au carrefour d'Amiad, Dani Miran, père de l'ancien otage Omri Miran, a dénoncé "une guerre du sang" plutôt qu'une guerre de renaissance.
Selon les organisateurs, les manifestants prévoyaient de bloquer plusieurs axes routiers majeurs au cours de la journée.

Par ailleurs, plus de 700 000 shekels ont été collectés en vingt-quatre heures pour financer la cérémonie nationale du souvenir des familles du 7 octobre, prévue dans le parc HaYarkon, un rythme de dons jugé sans précédent par les organisateurs.

Un bilan qui continue de s'alourdir

Le Conseil d'octobre, qui fédère plus de 1 500 familles endeuillées, anciens otages et rescapés du massacre, a organisé cette journée de commémoration et de protestation pour marquer très précisément mille jours depuis l'attaque du Hamas et le début de la guerre "Épées de fer". À ce jour, 2 105 personnes sont mortes depuis le début du conflit, du massacre du 7 octobre aux combats à Gaza et face au Hezbollah au Liban, en passant par les attentats, les tirs houthis depuis le Yémen, les milices en Irak et les échanges de missiles avec l'Iran. Un site dédié permet à quiconque de leur adresser un mot d'adieu.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Révolution du jean : le géant mondial du denim mise sur la technologie israélienne de Sonovia

Révolution du jean : le géant mondial du denim mise sur la technologie israélienne de Sonovia

Chaque année, des milliards de jeans sont fabriqués dans le monde au prix d’une consommation massive d’eau et de produits chimiques. Aujourd’hui, un géant brésilien qui fournit notamment Zara, Diesel et Calvin Klein mise sur une start-up israélienne remplace la teinture traditionnelle du denim par des ultrasons. Si la promesse est tenue, c’est toute une industrie pesant plusieurs dizaines de milliards de dollars qui pourrait être contrainte de se réinventer.

Sonovia n’est pas une inconnue du paysage technologique israélien.
La société s’est fait connaître pendant la pandémie de Covid-19 en développant des masques textiles dotés d’une technologie antimicrobienne intégrée au tissu, conçue pour neutraliser une partie des particules et agents pathogènes.
Portée alors par l’urgence sanitaire mondiale, l’entreprise avait bénéficié d’un fort intérêt médiatique et boursier avant de voir son activité se replier avec la fin de la crise.

Cette expérience, à la croisée de la recherche appliquée et de la production industrielle, a servi de tremplin à son repositionnement actuel dans le textile durable, et notamment dans l’innovation appliquée au denim.

Une ouverture plus forte

Peut-on fabriquer un jean sans les procédés chimiques qui polluent depuis des décennies l’industrie textile mondiale ?

C’est le pari que vient de faire le groupe brésilien Vicunha, l’un des géants mondiaux du denim. L’entreprise a signé un protocole d’accord pour entrer à hauteur de 20 % dans le capital de la société israélienne Sonovia, en investissant 2,4 millions de shekels.

À première vue, la somme paraît modeste. Pourtant, l’annonce a provoqué un véritable électrochoc à la Bourse de Tel-Aviv, où l’action Sonovia s’est envolée de 15 %.
Car derrière ce montant relativement limité se cache un signal beaucoup plus important : l’un des poids lourds mondiaux du jean estime que la technologie développée en Israël pourrait transformer en profondeur l’un des procédés industriels les plus critiqués de la planète.

Renforcer la partie environnementale

Aujourd’hui, l’industrie du denim figure parmi les secteurs les plus contestés du textile. La production d’un simple jean nécessite d’importantes quantités d’eau tout au long de sa fabrication, tandis que la teinture à l’indigo repose sur des procédés chimiques complexes générant des effluents industriels particulièrement problématiques.

Face à une pression croissante des consommateurs, des investisseurs et des autorités de régulation, les grands groupes cherchent désormais des alternatives capables de réduire leur empreinte environnementale sans sacrifier les volumes de production. C’est précisément sur ce terrain que Sonovia espère faire la différence.

Renforcer l’effet « David contre Goliath »

L’histoire présente aussi un contraste saisissant. D’un côté, Sonovia, une société israélienne dont la valorisation était tombée à seulement 11 millions de shekels après plusieurs années difficiles. De l’autre, Vicunha, acteur incontournable du marché mondial du denim, qui produit chaque année des dizaines de millions de jeans destinés à certaines des plus grandes marques de la planète.

Pour Sonovia, l’accord représente bien davantage qu’un apport financier : il s’agit d’une validation industrielle. Pour Vicunha, c’est une tentative de prendre une longueur d’avance dans une course mondiale vers un denim plus propre.

Conclusion plus forte

Si les essais industriels confirment les promesses de la technologie israélienne, l’investissement annoncé cette semaine pourrait être regardé rétrospectivement comme le point de départ d’une mutation profonde de l’industrie du jean.

Car derrière les 2,4 millions de shekels investis aujourd’hui se cache peut-être une question bien plus vaste : et si le futur du denim ne dépendait plus de la chimie, mais du son ?

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

La menace des drones déjà en Israël : six minutes pour atteindre Tel Aviv

drones piégés Israël, Judée-Samarie sécurité, Tsahal drones confisqués, Iran drones explosifs, ligne de couture kof hatefer, Osnat Gani-Gonen, Avi Bluth commandement central, Kobi Heller division Judée-Samarie, radars anti-drones, menace Tel Aviv, Cour suprême défense localités, drones fibre optique Liban, sécurité frontière Israël, kibboutz Eyal, guerre des drones Moyen-Orient

« Si un drone franchit la frontière, il atteint Tel Aviv en six minutes » : la menace qui plane sur les localités de la ligne de couture.

Dans le Conseil régional de Sharon-Sud, l'inquiétude n'a plus rien de théorique. Des dizaines de drones piégés ont été localisés ces derniers mois en Judée-Samarie et saisis par Tsahal, preuve qu'Iran tente d'y importer la tactique déjà utilisée contre les forces israéliennes au Liban.

Six minutes : c'est le temps qu'il faudrait à un drone pour atteindre Tel Aviv s'il franchissait la ligne de démarcation. Face à ce danger, les trente et une localités du conseil réclament radars, systèmes d'interception et cinquante millions de shekels, une somme aujourd'hui bloquée devant la Cour suprême. « Nous sommes le ventre mou de l'État », résume la présidente du conseil Osnat Gani-Gonen, qui exige de l'armée qu'elle protège enfin cette frontière exposée.

Des dizaines de drones ont été récemment repérés en Judée-Samarie et saisis par Tsahal, alors que l'Iran cherche à transposer sur ce front la méthode déjà éprouvée au Liban. Les localités frontalières réclament radars et moyens d'interception : « Nous sommes le ventre mou de l'État, cette menace est immédiate. »

Un vrombissement qui réveille les peurs

Le calme du kibboutz Eyal, dans le Conseil régional de Sharon-Sud, a volé en éclats un matin de cette semaine. Un avion ravitailleur américain survolait la zone. Les habitants, pourtant familiers du bruit des appareils en approche de l'aéroport Ben Gourion, ont cette fois sursauté. Ils redoutaient un tout autre danger, celui qui obsède désormais la région : les drones piégés.

Youval, résident du kibboutz, ne cache pas son inquiétude. L'armée a confirmé avoir découvert des drones en Judée-Samarie, et l'exemple libanais nourrit toutes les craintes. Quand on observe ce qui s'y déroule, la vigilance devient réflexe.

Une méthode importée du front libanais

Cette angoisse ne sort pas de nulle part. La semaine dernière, Ynet révélait que l'armée identifiait des efforts iraniens pour embraser le terrain, notamment en tentant de reproduire en Judée-Samarie l'usage des drones explosifs qui ont causé de lourds dégâts aux forces israéliennes au Liban.

Des sources sécuritaires précisent qu'aucun drone piégé actif n'a, à ce stade, été confirmé dans le secteur. Mais par mesure de précaution, Tsahal confisque systématiquement tout appareil repéré. Selon des responsables sécuritaires des localités concernées, des dizaines de drones explosifs ont été localisés ces derniers temps en Judée-Samarie et saisis par l'armée.

« Ce n'est plus une menace future »

La présidente du conseil, Osnat Gani-Gonen, à la tête d'un territoire regroupant trente et une localités, ne mâche pas ses mots. Pour elle, il ne s'agit plus d'un scénario hypothétique mais d'un danger bien réel, actif ici et maintenant.

Elle explique qu'aucune longue évolution technique ne sera nécessaire avant que la menace ne se concrétise. Une partie des drones est fabriquée sur place, une autre provient directement d'Iran. Elle souligne aussi que le danger dépasse largement les localités frontalières : si un drone franchit la ligne de démarcation, six minutes suffisent pour qu'il atteigne Tel Aviv.

Un dialogue permanent avec l'état-major

Gani-Gonen affirme être en contact constant avec le général Avi Bluth, chef du commandement central, avec qui la question des drones piégés a été directement abordée. Elle résume la situation en une formule frappante : son conseil représente le ventre mou de l'État, et elle exige que l'armée protège ses administrés en leur fournissant tous les outils nécessaires à leur propre défense. Elle réclame des moyens de détection et de surveillance, à commencer par l'installation de radars sur place, ainsi que des équipements électroniques de neutralisation des drones. Faute de solutions civiles existantes, c'est à l'armée, insiste-t-elle, de les fournir.

Le sujet a également été évoqué lors d'échanges récents entre le général de brigade Kobi Heller, commandant de la division Judée-Samarie, et les responsables du conseil.

Une bataille juridique en toile de fond

La présidente du conseil va plus loin. Les habitants, dit-elle, ne retrouveront pas de sérénité tant que l'ensemble des moyens de protection ne sera pas déployé. Elle révèle qu'une requête est actuellement pendante devant la Cour suprême siégeant en Haute Cour de justice, exigeant de l'État le versement de cinquante millions de shekels destinés à la défense du territoire, afin de permettre l'activation d'une salle de commandement sectorielle et l'acquisition d'équipements de protection.

Le terrain confirme l'urgence

Les responsables sécuritaires locaux partagent cette inquiétude. Yoav Saban, officier de sécurité du conseil, raconte qu'un récent rassemblement des officiers de sécurité des localités de la ligne de couture a justement porté sur ce sujet. La menace fait désormais partie du quotidien, ce qui a conduit les participants à réfléchir collectivement à la manière dont les instances civiles peuvent y répondre.

Selon lui, le danger touche l'ensemble du secteur. Chaque semaine, Tsahal communique le nombre de drones confisqués, preuve d'une menace réelle qui ne doit surprendre personne. Il anticipe qu'un incident impliquant un drone finira par se produire. L'appareil ne sera peut-être pas relié par câble à fibre optique comme au Liban, mais un drone classique reste capable de larguer une grenade à fragmentation, y compris au-dessus d'un jardin d'enfants.

Une course contre la montre

Saban insiste sur l'urgence du calendrier. La rapidité avec laquelle l'ennemi apprend et s'adapte est considérable, et la préparation doit être immédiate. Il réclame des budgets pour équiper l'ensemble de la ligne de systèmes de surveillance continue, ainsi que des dispositifs capables d'abattre les drones. Ces équipements, martèle-t-il, doivent être positionnés precisément sur la ligne de couture, puisque ces localités constituent le flanc exposé de l'État.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Point de non-retour : comment les ultra-orthodoxes prennent l'État d'Israël en otage

Point de non-retour : comment les ultra-orthodoxes prennent l'État d'Israël en otage

Entre émeutes anti-enrôlement, insultes contre un général de brigade et rabbins qui appellent à effacer le nom du chef d'état-major, la société ultra-orthodoxe montre un visage de plus en plus radical, encouragé en sous-main par ses propres représentants à la Knesset. C
e texte d'opinion dénonce sans détour la responsabilité conjointe de deux pouvoirs, rabbinique et politique, dans cette dérive, et pointe l'hypocrisie d'une coalition qui instrumentalise la Torah pour justifier l'injustifiable.
Un cri d'alarme qui réclame, plutôt que la résignation, une refonte profonde de l'intégration ultra-orthodoxe dans la société israélienne.
Nous avons atteint le point de non-retour

Il faut leur reconnaître ce mérite : quand les manifestants ultra-orthodoxes veulent se battre pour une cause, ce sont d'excellents soldats.
Aucun général, aussi humain soit-il, ne parvient à les arrêter, pas même le chef d'état-major Eyal Zamir. Aucune mission n'est trop grande pour eux.
S'il le faut, ils débarquent chez le commandant de la police militaire et terrorisent sa femme et ses enfants, contraints à l'évacuation par des dizaines de véhicules de police.
Si le rabbin donne seulement un signe, ils se ruent en masse chez un juge de la Cour suprême et se déchaînent comme des cosaques spoliés en plein pogrom.
Si l'ordre tombe, ils courent secouer la voiture de la médecin-chef de la police israélienne, une femme endeuillée, en pleine manifestation contre la loi sur l'enrôlement. Et si le rabbin Aryeh Yazdi ordonne d'effacer le nom et la mémoire du chef d'état-major, ils s'exécutent sans hésiter, sans confondre une seconde le sens propre et le sens figuré.

Une jeunesse dressée à obéir

Obéissants sans limite et fiers de l'être, ces jeunes émeutiers accomplissent leur tâche avec un zèle que nous, de l'extérieur, sommes incapables d'apprécier à sa juste mesure.
À cet âge, on suit le chef sans poser de questions, on se sacrifie pour exister, on est avide d'un mot d'encouragement, et l'on se sent grandi spirituellement après une nuit de plus dans une cellule infestée de cafards.
Ils ne descendent pas dans la rue pour se briser, mais pour se renforcer. Quand ils hurlent "nous mourrons plutôt que de nous enrôler", ils le pensent vraiment. C'est nous, et nous seuls, qui refusons de les croire.

Là où nous voyons des déserteurs interpellés, ils voient des otages tombés en captivité.
Là où nous parlons de blocages routiers et d'atteinte grave à l'ordre public, ils y voient une sanctification du Nom divin et une restauration de la couronne d'antan.
Là où nous voyons des insoumis, ils voient des justes cachés.
La foule ultra-orthodoxe, chauffée à blanc à Ashkelon, à Bné Brak, à Jérusalem et partout où se trouve une yeshiva, ne fait que parler la langue apprise de ses dirigeants.
Le rabbin Yazdi se nourrit abondamment des déclarations de ses proches alliés à la Knesset.
S'il entend le matin le chef du Shass Aryeh Deri fustiger la procureure générale Gali Baharav-Miara, la traitant d'"anarchiste" qui "brise la confiance du public" et de "véritable cheffe de l'opposition", simplement parce qu'elle a refusé d'effacer le chef d'accusation de corruption dans le procès Netanyahou, alors il est fort probable que ce même rabbin appelle le soir même à verser le sang symbolique d'un autre représentant de l'autorité.

Le feu vert de la Knesset

Et si, le lendemain de son discours incendiaire lors d'un rassemblement, il entend des députés du Shass tourner en ridicule le général de brigade Shay Tayeb, représentant de Tsahal invité à la commission des Affaires étrangères et de la Défense, il comprend qu'il s'agit là d'un feu vert pour poursuivre l'incitation, méthodiquement.

Le rabbin Yazdi n'est qu'un voyant lumineux sur le tableau de bord d'une machine politique qui ne s'arrête jamais, jour et nuit. Quand ce voyant clignote, c'est signe que des élections approchent. Ses oreilles sont ouvertes aux commandements divins, pas aux explications patientes sur l'illégalité de la loi gelant les arrestations des insoumis ultra-orthodoxes, ces explications venues pourtant d'un haut gradé de Tsahal lui-même :
"Il n'est pas possible qu'il n'y ait aucune application de la loi envers un seul groupe soumis à la loi sur le service de sécurité."

Deux juntas se partagent aujourd'hui l'emprise sur la société ultra-orthodoxe, l'une rabbinique, l'autre politique, et toutes deux resserrent leur étau sur la gorge de la société israélienne tout entière, sans la moindre intention de lâcher prise.
Elles connaissent parfaitement leur pouvoir sur les leviers de l'État, exploitent la fragilité politique de Netanyahou et épuisent jusqu'à la dernière goutte toutes les possibilités de marchandage coalitionnaire.

Là où Amir Ohana humilie le président de la Cour suprême, elles puisent l'inspiration pour s'en prendre à un autre juge. Là où l'on méprise les avis des conseillers juridiques, elles se portent volontaires pour les violer. Et chaque fois que deux mondes se heurtent, elles choisissent invariablement le rabbin Yazdi plutôt que le général Zamir.

Le "pour toi" ne ment jamais

Ce n'est pas un hasard si des figures du Likoud, comme la ministre des Transports Miri Regev, pourtant habituée des restaurants spécialisés dans des crustacés interdits par la loi juive, se montrent soudain en photo en compagnie de livres saints.
L'algorithme personnalisé ne ment jamais : quand les jeunes internautes qui la suivent tombent sur l'image d'une cour paisible où une pieuse femme voilée d'un fichu se penche sur le Houmach, on l'interroge sur la prière et elle répond en citant le livre du Deutéronome. Sans doute s'entraîne-t-elle déjà pour la course finale à s'accrocher aux cornes de l'autel.

Les membres de cette coalition, considérés par les ultra-orthodoxes eux-mêmes comme des profanateurs du chabbat en public, méprisent en réalité la Torah sacrée. Autrement, ils ne l'auraient pas traînée dans la prostitution, roulée dans le goudron de la violence et parée des plumes de la haine. En son nom, ils exigent qu'on efface le nom du chef d'état-major. En son nom, ils appellent à frapper et à blesser des Juifs. En son nom, ils réclament et obtiennent des budgets colossaux sans jamais offrir de contrepartie civique. En son nom, ils invoquent la solidarité mutuelle tout en envoyant les autres mourir à leur place. Et en son nom, ils légifèrent des lois qui n'ont plus rien de juif.

Un point de non-retour

L'étude quotidienne de la Torah est un idéal, une vision utopique rare et précieuse, mais elle ne correspond pas à la personne moyenne et raisonnable, qui a besoin d'un salaire et d'une activité pour subsister, physiquement comme psychiquement.

Sous la protection de responsables politiques dépourvus de vision au fil des années, et plus encore sous le gouvernement actuel, la société israélienne a atteint un point de non-retour dans sa relation avec le public ultra-orthodoxe. Un point à partir duquel il n'existe plus qu'une seule direction possible : remonter la pente.

Il faut ouvrir des écoles publiques dispensant un tronc commun d'enseignement, déconstruire de l'intérieur les croyances dominantes, encourager par des aides financières les familles ultra-orthodoxes dont un membre sert dans l'armée, financer des bourses d'études supérieures, créer des structures nationales pour intégrer hommes et femmes ultra-orthodoxes sur le marché du travail, et utiliser le levier budgétaire pour influencer leur motivation à servir.

Comme au cours des quatre dernières années, on découvre une fois de plus que l'État abandonne le meilleur de ses enfants entre les mains de commandants étrangers, au service d'une armée hostile à la sienne. La seule différence, cette fois, c'est que c'est nous qui la finançons.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Netanya : le rabbin Amos Guetta poignardé à mort par un disciple dans sa propre yeshiva

Netanya : le rabbin Amos Guetta poignardé à mort par un disciple dans sa propre yeshiva

Le rabbin Amos Guetta poignardé à mort dans sa propre yeshiva à Netanya, deux autres meurtres endeuillent le pays le même matin

Israël a vécu ce dimanche matin l'une des séquences les plus violentes de ces derniers mois. Trois hommes ont perdu la vie en l'espace d'à peine une heure, dans trois villes différentes.
Le fait le plus marquant reste l'assassinat du rabbin kabbaliste Amos Gouetta, poignardé à mort au sein même de la yeshiva qu'il dirigeait à Netanya. Ce meurtre s'est produit presque simultanément à deux autres homicides, à Shfaram et près de Yagour, tous deux liés à des règlements de comptes criminels.

L'assassinat du rabbin Amos Guetta

Le rabbin Amos Gouetta, 75 ans, chef d'une yeshiva talmudique à Netanya, a été poignardé à mort à l'intérieur de son propre établissement. Selon les premiers éléments recueillis par l'enquête, le suspect faisait partie du cercle rapproché du rabbin, l'un des disciples que celui-ci avait réunis autour de lui au fil des années. L'homme, apparemment perturbé sur le plan psychologique, se serait rendu à la yeshiva pour venir prier auprès du rabbin. Une dispute aurait alors éclaté entre les deux hommes, avant que l'agresseur ne poignarde Amos Gouetta à quatre reprises.

Toujours selon l'enquête, l'assaillant aurait ensuite tenté de s'en prendre également au bedeau de la yeshiva, assistant proche du rabbin, avant de prendre la fuite. Les forces de police ont immédiatement lancé une traque dans le secteur. Le suspect a finalement été interpellé environ deux heures plus tard, au centre-ville de Netanya, non loin du lieu du drame.

La mort du rabbin Gouetta a provoqué une onde de choc parmi ses disciples et dans le monde religieux de Netanya, un homme respecté tué de la main de l'un des siens, en plein cœur du lieu même où il enseignait et priait chaque jour.

Un chauffeur de bus abattu à Shfaram, trente-sixième victime d'une vendetta familiale

Le même dimanche matin, un peu plus tôt, un chauffeur de bus de 24 ans, Ali Souaed, a été abattu par balles dans un parking à Shfaram. Sa mort s'inscrit dans un conflit sanglant qui oppose deux clans depuis plusieurs années et qui compte désormais trente-six victimes. Ali Souaed était le cousin de Hadi Soueid, un jeune homme de 28 ans porteur de besoins particuliers, lui-même abattu un mois plus tôt dans la même ville. Le frère de Hadi, Raslan, avait quant à lui été assassiné en 2023, devenant la toute première victime de cette vendetta qui continue de décimer les deux familles.

Sur place, la paramédicale du Magen David Adom Tal Shagai et l'infirmier confirmé Mohammed Souaed ont livré un témoignage glaçant. « Nous avons trouvé le blessé allongé, inconscient, souffrant de graves blessures pénétrantes sur tout le corps. Nous avons pratiqué les examens médicaux nécessaires, mais malheureusement ses blessures étaient d'une gravité telle qu'il ne nous restait plus qu'à constater son décès », ont-ils raconté.

Un jeune homme de 21 ans tué dans sa voiture près de Yagour

À peine une heure plus tard, un deuxième meurtre à caractère criminel a frappé non loin de là. Un jeune homme de 21 ans, originaire de Basmat Tab'oun, a été abattu à l'intérieur de sa voiture, garée dans le parking d'un centre commercial de la région de Yagour. D'importantes forces de police du secteur du Carmel se sont déployées sur les lieux et une enquête a été ouverte, l'arrière plan de ce meurtre étant lui aussi de nature criminelle.

L'infirmier confirmé du Magen David Adom, Eli Sahouri, a témoigné : « Nous avons trouvé un jeune homme inconscient dans son véhicule, souffrant de graves blessures pénétrantes sur le corps. Nous avons procédé aux examens médicaux, mais les blessures étaient trop importantes et nous avons dû constater son décès. »

Une habitante du quartier, Dalit, présente au moment des faits, a confié à Ynet : « Nous n'arrivons pas à comprendre ce qui s'est passé ici ce matin. Un meurtre, le premier dimanche des grandes vacances ? Je suis arrivée et, juste ici sur le parking, un homme a été abattu dans sa voiture. Heureusement que je n'avais pas mes enfants avec moi, ils dorment encore, en vacances. Il n'y a plus aucune sécurité pour les citoyens ici. »

Une semaine déjà marquée par les explosions de véhicules

Ces trois meurtres surviennent après une semaine particulièrement lourde sur le plan sécuritaire. Trois véhicules ont explosé à travers le pays ces derniers jours, dans le cadre de tentatives de règlements de comptes liées au crime organisé, et huit personnes ont été tuées dans des explosions de voitures rien qu'au mois de juin. La veille encore, une explosion avait coûté la vie au criminel Rabia Abou Heikal, identifié comme proche de l'organisation Hariri, en pleine rue et en pleine heure du déjeuner.

Une matinée qui cristallise l'angoisse sécuritaire du pays

En quelques heures à peine, trois familles se sont retrouvées endeuillées, dans trois villes différentes, pour des motifs distincts mais tous liés à des violences criminelles ou communautaires non résolues.
L'assassinat du rabbin Amos Gouetta, tué par l'un de ses propres disciples au sein de sa yeshiva, s'ajoute à une liste déjà longue de règlements de comptes et d'explosions de véhicules qui frappent le pays depuis plusieurs semaines. Cette accumulation, survenue le premier dimanche des grandes vacances scolaires, ravive avec une acuité nouvelle les questions sur la capacité des forces de l'ordre à endiguer cette spirale de violence.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Wiz vendu 32 milliards à Google : les frères Costica "Israël a des cartes que le monde sous-estime" vidéo

"Israël a des cartes que le monde sous-estime"

Wiz vendu 32 milliards à Google : les frères Costica face à face. L'exit du siècle 

Deux frères, une trajectoire familiale hors norme. Yinon Costica est cofondateur et vice-président produit de Wiz, la start-up de cybersécurité vendue cette année à Google pour 32 milliards de dollars.
Son frère Yotav a quitté la direction des fonds communs de placement de la société Mor pour créer AFO, le family office chargé de gérer les fruits de cet exit historique. Les deux hommes se sont retrouvés face à face lors de la conférence de la croissance organisée par le quotidien économique Calcalist et la banque Mizrahi Tefahot.

La modératrice ouvre d'emblée sur l'énigme familiale : comment élève-t-on des enfants pareils ?

Yinon : «Nous étions des précurseurs. Nous préparions nos propres repas au micro-ondes, mais nous avons grandi dans une famille qui valorisait le travail acharné, l'éducation et l'excellence. Notre mère a immigré de France à l'âge de 21 ans ; ingénieure de profession, son attachement à la technologie et sa fierté d'être en Israël nous ont inculqué le désir de construire quelque chose ici.»

Yotav : «Grandir aux côtés de Yinon n'était pas facile. Chez nous, les notes devaient être quasi parfaites. La discipline et le sens des responsabilités étaient omniprésents, mais on ne nous a jamais appris à courir après l'argent ou une carrière. On nous a appris à faire ce que nous aimons, à nous épanouir et à nous soutenir mutuellement.»

"Comme un enfant dans un magasin de bonbons"

Depuis que Wiz a intégré l'écosystème Google, Yinon Costica ne cache pas son enthousiasme. «La connexion avec Google est stupéfiante. C'est la sensation d'un enfant dans un magasin de bonbons.» Wiz, qui s'est d'abord imposée dans la sécurisation des environnements cloud, a amorcé son virage lors de la révolution de l'intelligence artificielle. «Nous avons compris que l'étape suivante était d'aider les entreprises à sécuriser ce qu'elles développent avec l'IA, mais aussi à les protéger contre des attaquants qui utilisent eux-mêmes l'IA

L'intégration à Google n'a pas signifié la dissolution : Wiz conserve son autonomie opérationnelle et continue de protéger l'ensemble des clouds et des modèles, toutes plateformes confondues. Mais l'accès aux équipes qui développent les modèles eux-mêmes change la donne. «Nous avons désormais accès à la recherche, aux ressources d'ingénierie, et la capacité d'influencer l'avenir des modèles que nous utilisons tous. C'est une période extrêmement excitante.»

L'IA, moteur de croissance ou machine à licenciements ?

La conférence n'a pas esquivé la question qui agite tout le secteur technologique israélien : l'IA va-t-elle détruire des emplois ? La gouverneure de la Banque d'Israël avait estimé plus tôt dans la journée que 30 % des salariés de la high-tech pourraient être mis sur le carreau.
Yinon Costica prend de la hauteur. «Quand on parle de licenciements, il faut se souvenir qu'il s'agit de personnes. Chaque personne licenciée a l'impression que son monde s'effondre. Mais parallèlement aux entreprises qui réduisent leurs effectifs, il y a une quantité massive de start-ups en pleine croissance. Des entreprises qui comptent dix personnes aujourd'hui en auront cent ou mille dans un an.»

Sa conviction va plus loin : chaque entreprise, des banques aux hôpitaux en passant par les caisses maladie, peut se reconstruire autour de l'IA.
«Une entreprise qui investira correctement dans une stratégie IA peut devenir un leader technologique en l'espace d'un an. Cela efface aussi les écarts. Si une entreprise n'y pense pas encore, elle est déjà en retard.»

Sur la question du recrutement, son parti pris est tranché : «Dans mon équipe, il y a surtout des juniors. Je crois vraiment dans les jeunes talents. L'unité 8200 repose sur des jeunes qui génèrent des révolutions technologiques à chaque promotion, tous les trois ans. Je recommande à tout le monde de faire pareil.»

Yotav : "Les opportunités sont folles"

Son frère, depuis le poste d'observation du family office, lit différemment les mêmes signaux. Les marchés boursiers traversent une zone de turbulences, les valeurs logicielles chutent, mais Yotav Costica refuse le catastrophisme. «En bourse, il faut être optimiste. Les titres parlent d'effondrement des entreprises technologiques, mais dans chaque crise il y a des opportunités. Pendant le Covid, ceux qui se sont focalisés uniquement sur ce qui fermait ont raté la révolution du travail à distance.»

Sa thèse de fond : les géants de la tech s'apprêtent à investir mille milliards de dollars dans des data centers. Cet argent va irriguer les semi-conducteurs, l'énergie et de nombreux secteurs connexes. «L'IA est le moteur de croissance le plus puissant depuis l'invention d'Internet. Il y a ici des opportunités folles.»

Interrogé sur la correction boursière des dernières semaines, Yotav relativise : «Quand un peu d'air sort du marché, c'est un processus sain. On ne peut pas regarder une seule semaine, il faut regarder les tendances de long terme. La Bourse israélienne elle-même s'est transformée : d'une place dominée par la pharma et les produits chimiques, elle est devenue bien plus pertinente dans l'univers de l'IA, avec de plus en plus de sociétés de semi-conducteurs intégrées à l'écosystème mondial

Un family office, un nouveau défi

Quitter un poste de direction dans la gestion d'actifs pour gérer les fortunes issues de l'exit Wiz n'était pas une évidence. «Ne me jalousez pas. C'est aussi une start-up. On commence de zéro et on construit une infrastructure.»
L'ambition d'AFO dépasse la simple conservation du capital : ouvrir des portes aux jeunes start-ups israéliennes, s'exposer à de nouveaux secteurs, des industries de défense à l'énergie. «Israël est un endroit très intéressant pour investir. C'est un défi immense et une responsabilité énorme.»

Yinon, lui, préfère rester concentré sur le produit et laisse volontiers son frère gérer l'argent. «J'étais content qu'il s'en occupe et pas moi. Il nous a été difficile de le convaincre de quitter son poste précédent.» Mais sur le fond, les deux frères convergent : Israël a des cartes à jouer que beaucoup sous-estiment encore, et le moment d'y croire, c'est maintenant.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Le garrot démocratique : comment une mini-constitution pourrait stopper l'hémorragie israélienne

Le garrot démocratique : comment une mini-constitution pourrait stopper l'hémorragie israélienne

UNE CONSTITUTION "ALLÉGÉE" POUR SAUVER LA DÉMOCRATIE ISRAÉLIENNE

Israël est l'une des seules démocraties occidentales à ne pas avoir de constitution. Pas de règles du jeu gravées dans le marbre, pas de limites claires au pouvoir des coalitions, pas de garde-fou institutionnel qui tienne face aux majorités. Résultat : chaque crise politique devient existentielle, chaque élection rouvre les mêmes fractures, et la démocratie saigne en continu. Le professeur Yedidia Stern, président de l'Institut de politique du peuple juif, pose un diagnostic sans appel et propose l'urgence absolue : une constitution allégée, ciblée sur l'essentiel. Un garrot, avant l'hémorragie fatale.

Le constat : une démocratie sous tension

Depuis des décennies, le débat sur une constitution israélienne tourne en rond. L'idée est soulevée, discutée, puis rangée dans un tiroir. Mais depuis la crise institutionnelle et les affrontements répétés entre les pouvoirs, l'urgence a changé de nature.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : selon l'Institut de politique du peuple juif (JPPI), 58 % des Israéliens estiment que la démocratie est en danger. La fracture droite-gauche domine tous les autres clivages. Dans ce contexte, une idée fait son chemin : une constitution "réduite", ciblée sur l'essentiel. Le professeur Yedidia Stern, président du JPPI et ancien doyen de la faculté de droit de l'université Bar-Ilan, en est le principal promoteur.

Constitution "réduite" vs constitution complète : quelle différence ?

Une constitution classique comporte trois volets : qui sommes-nous en tant que peuple (identité), à quoi nous engageons-nous (droits fondamentaux, égalité, rapports religion-État, traitement des minorités), et comment s'organisent les pouvoirs entre eux. Les deux premiers chapitres sont, en Israël, des champs de mines idéologiques où tout consensus semble hors de portée.

La constitution "allégée" fait l'impasse sur ces deux premiers volets pour se concentrer exclusivement sur le troisième : qui fait quoi, qui contrôle qui, quel équilibre entre les institutions. Pas de déclaration identitaire, pas de charte des droits. Seulement des règles du jeu claires entre le parlement, le gouvernement et la justice.

Pourquoi maintenant ?

La question est posée directement au professeur Stern, et sa réponse est sans détour : "Est-ce que quelqu'un est satisfait de la situation actuelle en Israël ? La moitié du peuple a voté pour la coalition en place, trois ans ont passé, et de son point de vue rien n'a changé. 'Nous avons gagné les élections et il ne s'est rien passé', disent ceux qui ont soutenu cette coalition. L'autre moitié est descendue dans la rue chaque samedi soir pour crier 'on m'a volé ma démocratie'. Les uns ont peur, les autres ont peur. Nous devons créer une situation où peut-être personne ne sera entièrement satisfait, mais où tout le monde acceptera qu'il existe un système équitable."

Un groupe de travail hors du commun

Le projet n'est pas né d'une réunion de technocrates. Il y a deux ans, Stern a réuni une équipe aussi diverse qu'improbable. Autour de la table : l'ancien président adjoint de la Cour suprême, le juge Elyakim Rubinstein, Eyal Yanon, secrétaire général et conseiller juridique de la Knesset pendant dix ans, des doyens et vice-doyens de facultés de droit de tout le pays, et aussi, fait notable, le correspondant juridique de Makor Rishon, un journaliste proche des colons de Judée-Samarie, expulsé de la colonie d'Amona.

"Chaque semaine, des personnes représentant des centaines d'années d'expérience cumulée dans ce domaine se réunissent, avec des idéologies différentes, des préférences différentes, mais avec l'empathie nécessaire pour comprendre qu'il faut aboutir à un compromis", précise Stern.

Protéger les minorités : la métaphore du foot

L'un des arguments centraux de la constitution allégée est la protection de ceux qui, à un moment donné, se retrouvent en position de minorité. Stern utilise une image saisissante : "Imaginez que vous jouez au football, votre équipe mène à la 70e minute, et vous décidez de terminer le match à la 70e minute. Vous changez les règles en cours de jeu." C'est précisément ce que permettent des élections sans cadre constitutionnel stable : chaque majorité peut modifier les règles à son avantage. "Nous devons stabiliser les règles du jeu", martèle-t-il.

La crise de 2023 aurait-elle pu être évitée ?

"Je n'en ai aucun doute, les choses auraient été radicalement différentes. La brèche dans notre édifice constitutionnel, l'absence de limite réelle à ce qu'une coalition peut faire en dehors de l'intervention de la Cour suprême, et cette intervention elle-même pose problème, c'est une faille qui appelle le détenteur du pouvoir à en abuser. Nous devons arrêter le détenteur du pouvoir, peu importe qu'il soit de droite ou de gauche."

Un "ticket d'entrée" pour la prochaine coalition

Stern va plus loin et pose une condition politique : l'adoption d'une constitution allégée devrait être la condition sine qua non de participation à la prochaine coalition gouvernementale. "Si le résultat est une coalition étroite, il n'y aura pas de constitution, faute de légitimité. Mais si nous arrivons à un bloc de 70 membres de la Knesset ou plus, je pense que le vrai dénominateur commun de cette coalition pourrait être précisément ces règles du jeu."

"Israël est aux urgences"

Le message final du professeur Stern est d'une clarté brutale : "Je pense que l'État d'Israël se trouve actuellement dans une salle de traumatologie, aux urgences. Pardonnez l'image : il y a une sorte de sang qui jaillit des veines, nous le voyons en permanence.
Une constitution allégée ne nous guérira pas, mais elle nous fera passer des urgences, avec un garrot, jusqu'au service hospitalier. C'est ce qui est nécessaire en ce moment. Je demande à chaque Israélien de nous voir comme quelqu'un qui a besoin d'un garrot. Une constitution allégée est ce garrot, indispensable pour tous."

En partenariat avec le JPPI, Institut de politique du peuple juif

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Le scandale du consulat turc à Jérusalem : installé dans un bien des survivants du génocide

Le scandale du consulat turc à Jérusalem : installé dans un bien des survivants du génocide

Le paradoxe de Jérusalem : le consulat turc installé dans un bien appartenant aux victimes ottomanes.

Israël vient de reconnaître officiellement le génocide arménien. Une décision historique votée à l'unanimité par le gouvernement, qui résonne d'autant plus fort qu'une étude publiée le même jour révèle une réalité proprement stupéfiante : à Jérusalem, le consulat turc occupe depuis des années un bâtiment appartenant à l'Église syriaque, dont la communauté fut elle-même massacrée par les Ottomans.
L'héritier présumé des bourreaux installé chez les héritiers des victimes, au coeur de la capitale israélienne, avec bail en bonne et due forme.
Le paradoxe est absolu, l'indécence flagrante.

Au lendemain de la reconnaissance officielle par Israël du génocide arménien, une étude du Jerusalem Center for Applied Policy (JCAP) révèle une contradiction historique et morale saisissante : le consulat turc de Jérusalem opère depuis un bâtiment qui appartient à l'Église syriaque, dont la communauté fut elle-même massacrée par les Ottomans.

Un bâtiment qui ne leur appartient pas

Sur la colline de Kiryat HaMemshalah, au nord de Jérusalem, se concentrent de nombreuses représentations diplomatiques. Parmi elles, le consulat turc, qui fournit l'essentiel de ses services à l'Autorité palestinienne et se définit lui-même, côté ankara, comme "l'ambassade de Turquie pour la Palestine".
Ce que personne ne semblait avoir relevé jusqu'ici : le bien immobilier depuis lequel opère ce consulat n'est pas propriété turque. Il appartient à l'Église syriaque.

C'est la recherche du JCAP qui l'a mis au jour. "C'est une contradiction morale, en particulier au regard de la reconnaissance par le gouvernement israélien du génocide arménien", a déclaré Haïm Silverstein, président du Centre.

Les héritiers des victimes ottomanes

Le génocide arménien, commis il y a plus d'un siècle, ne fit pas que des victimes arméniennes. Des milliers de membres de la communauté syriaque-araméenne, également connue sous les noms de chrétiens assyriens ou syriaques-orthodoxes, périrent dans les mêmes massacres. L'Église syriaque représente précisément cette communauté, dont les membres actuels sont les descendants directs de ces victimes. Depuis des décennies, les deux communautés, arménienne et syriaque, mènent de concert un combat pour la reconnaissance internationale de ces crimes.

Et c'est là que le paradoxe éclate. Une institution ecclésiastique qui exige la reconnaissance des massacres subis par les Syriaques, qui exprime sa solidarité avec les Arméniens, autorise simultanément sur son propre bien la présence d'un État qui se perçoit comme l'héritier de l'Empire ottoman.

Un haut responsable de la Patriarchie arménienne a confié à Ynet : "Nous ne connaissions pas ces détails et ils nous ont surpris. Les 'Syriens' (syriaques-orthodoxes) nous sont liés. Malheureusement, c'est ce qui arrive quand l'argent remplace les valeurs."

Une présence qui dépasse la diplomatie ordinaire

Le consulat turc à Jérusalem ne saurait être considéré comme un simple arrangement administratif ou économique neutre. Sa présence excède largement la diplomatie de routine : il constitue une plateforme de soft power culturel, historique et idéologique, incluant la promotion de l'héritage et des symboles ottomans.

Ran Yishaï, directeur de la recherche au JCAP et ancien ambassadeur au ministère des Affaires étrangères, est direct : "Ce cas illustre comment la Turquie continue d'exploiter la faiblesse des communautés chrétiennes au Moyen-Orient, en particulier des chrétiens de Syrie et de Turquie qui vivent aujourd'hui dans la terreur sous les régimes d'Al-Charaa et d'Erdogan. Alors que dans de nombreux pays de la région ces communautés sont gravement menacées, en Israël elles bénéficient de la liberté, de la protection de leurs lieux saints et du droit de vivre en sécurité."

La décision historique d'Israël relance la question

Le gouvernement israélien a voté à l'unanimité, ce dimanche, la proposition du ministre des Affaires étrangères Guideon Sa'ar de reconnaître officiellement le génocide arménien. La résolution adoptée stipule qu'"en vertu du devoir moral et historique, Israël reconnaît le génocide perpétré contre le peuple arménien à la fin de la période de l'Empire ottoman" et condamne "tout déni, minimisation ou distorsion de la vérité historique de ces événements." Cette décision historique devrait accentuer encore les tensions déjà vives avec Ankara.

Dans ce contexte, Ran Yishaï n'hésite pas à franchir un pas supplémentaire : "Il est temps de reconsidérer l'existence même du consulat turc à Jérusalem, qui se définit comme l'ambassade de Turquie pour la Palestine, ou plus exactement pour la sauvegarde du Hamas, tout en niant et en portant atteinte à la souveraineté israélienne sur Jérusalem."

Un bâtiment, une Église, un génocide, et un locataire que l'histoire devrait rendre indésirable : le paradoxe de Jérusalem attend toujours sa résolution.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Le Cœur de Brahma : le thriller mystique juif que tout le monde va s'arracher

Le Cœur de Brahma : le thriller mystique juif que tout le monde va s'arracher

 

Le Cœur de Brahma : quand un médecin juif plonge le lecteur dans les abysses de la Birmanie pour mieux le ramener à la lumière

Ils ont fui les flammes du Manipur.Un père et sa fille. Une fuite éperdue à travers les jungles birmanes. Des cages, les mines maudites de Mogok, des trafiquants, des tigres. Et au bout de l'odyssée, dans une ruelle de Séoul, la révélation que tout cela avait un sens. Que la douleur était une initiation. 
Ils ont survécu même aux tempêtes de la mer de Chine. Et au bout de l'odyssée, dans une ruelle de Séoul, un vieux sage leur a dit la vérité

Yves-Victor Kamami n'écrit pas des romans. Il envoie des éclairs.

Médecin et écrivain : deux façons de réparer le monde

Claudine Douillet - Vous êtes médecin et écrivain, deux vocations qui semblent opposées et pourtant dans ce roman elles se rejoignent parfaitement. Comment expliquez-vous cette dualité en vous ?

Yves Victor Kamami - En tant que médecin on voit souvent la misère du monde que l'on doit réparer, c'est le fameux Tikoun Olam de la Kabbale. Par ailleurs, on doit pouvoir s'échapper vers d'autres horizons, ce qui explique le côté imaginaire qui me pousse à écrire.

Tout est là, dès la première phrase. Le Tikoun Olam, cette obligation juive de réparer le monde, comme boussole éthique. L'imaginaire comme espace de respiration. Le roman comme synthèse des deux.

Les Bnei Menashe, ces Juifs oubliés au bout du monde

CD- Avidan est un Bnei Menashe, ces Juifs du Manipur qui se réclament des tribus perdues d'Israël. Peu de gens connaissent cette communauté. Pourquoi avoir choisi ce personnage si rare, si méconnu, comme héros de votre roman ?

YVK - J'ai toujours été passionné par l'histoire des dix tribus perdues d'Israël, tels que les Falashas d'Éthiopie, les Lemba d'Afrique du Sud. Les Bnei Menashe sont passionnants par leurs coutumes préservées, par leur souhait de rejoindre la Terre Sainte, par leur engagement religieux et même au sein de la société israélienne, dans Tsahal.

Ce choix n'est pas anodin. Il rappelle à chaque page que le peuple juif est universel, fragmenté aux quatre coins du monde, portant partout avec lui une identité intacte malgré les siècles et les persécutions.

La Birmanie vue de l'intérieur

CD - Les descriptions de la Birmanie, Mandalay, le pont U Bein, les mines de rubis de Mogok, sont d'une précision troublante, presque sensorielle. Avez-vous vous-même foulé cette terre ? Qu'est-ce que vous y avez vécu ?

YVK- J'ai eu la chance de visiter la Birmanie en 2016, alors qu'elle venait de s'ouvrir au tourisme après l'élection de Aung San Suu Kyi. J'ai pu apprécier la beauté des temples, de la jungle, la gentillesse des Birmans et surtout leur diversité en différentes ethnies.

Ce voyage a tout changé. Il a donné au roman cette chair, cette odeur de terre mouillée et d'encens, cette précision des gestes et des paysages qui font qu'on ne lit pas le Cœur de Brahma, on l'habite.

Quand la Kabbale rencontre le bouddhisme

CD -Le Cœur de Brahma est une pierre mystique hindoue qui finit par dialoguer avec la Kabbale juive. Comment vous est venue cette idée audacieuse de faire converger deux traditions mystiques aussi éloignées ?

YVK - J'ai appris la méditation juive kabbalistique telle que la pratiquait Abraham Aboulafia.
Elle ressemble étrangement à la méditation des moines bouddhistes et j'ai pu constater beaucoup de points de convergence entre les deux traditions. Cependant c'est surtout autour de la mystique des rubis et de l'influence éventuelle qu'ils peuvent avoir sur la convoitise et la passion humaine que je me suis basé.

Ce n'est donc pas un effet de style. C'est une conviction profonde, celle que les grandes traditions mystiques, par-delà leurs langages différents, pointent vers la même lumière. Le Cœur de Brahma en est la démonstration romanesque.

La violence comme vérité

CD - La scène des cages, les mines où des enfants fouillent la boue, l'assassinat de la famille du pasteur dont aucun détail ne nous est épargné.
Était-ce un choix délibéré de montrer la violence du monde sans filtre ?

YVK - Le Cœur de Brahma est avant tout un roman d'aventure, de survie et d'espoir. Cependant il prend racine dans des réalités qui sont parfois extrêmement dures.
Les violences interethniques du Manipur, l'exploitation des enfants dans certaines régions minières d'Asie, les trafics humains ou les conflits armés ne sont malheureusement pas des inventions romanesques. J'aurais pu atténuer ces événements, les rendre plus confortables pour le lecteur.
Mais je craignais alors de trahir ceux qui dans le monde réel ont vécu ou vivent encore des situations comparables.
La souffrance des personnages permet aussi de mesurer l'ampleur de leur courage, de leur résilience et de leur capacité à continuer d'avancer malgré tout. Je crois que la littérature a parfois pour mission de regarder le monde en face. Mais elle doit aussi rappeler que dans les moments les plus obscurs subsistent toujours des femmes et des hommes capables de lumière. C'est cette lumière que j'ai voulu placer au cœur du roman.

Maître Elyahou et la figure du sage

CD- Maître Elyahou Ben Sasson, ce sage juif né à Haïfa, passé par Jérusalem et Prague, qui finit par enseigner le Talmud dans une ruelle de Séoul, est-il un personnage inventé ou avez-vous rencontré cet homme quelque part dans le monde ?

YVK - Maître Elyahou est inventé, mais pour moi c'est la figure de Marc-Alain Ouaknin, que je n'ai pu suivre dans ses cours que par Zoom.

Marc-Alain Ouaknin, philosophe, rabbin, passeur de la pensée juive vers le grand public. Une référence qui en dit long sur la profondeur des sources auxquelles puise ce roman.

Les 36 Justes : remparts contre la barbarie

CD - Les 36 Justes cachés qui selon la tradition kabbalistique soutiennent le monde apparaissent à la fin du livre. Pensiez-vous à cette conclusion dès le début de l'écriture ou s'est-elle imposée à vous en cours de route ?

YVK - Les 36 Justes cachés sont pour moi des symboles d'espérance dans la protection des valeurs d'humanité, de morale et d'éthique dans ce monde fou dans lequel nous vivons. C'est un peu comme des remparts contre la barbarie. D'ailleurs je suis persuadé qu'ils existent, cachés de la lumière des médias.

Une conviction qui dépasse largement la fiction et qui donne au roman sa résonance la plus profonde.

La souffrance qui révèle

CD -Le roman dit que la souffrance n'est pas un châtiment mais une purification. Est-ce une conviction profonde que vous portez personnellement, au-delà de la fiction ?

YVK - Dans la Kabbale la souffrance n'est pas toujours perçue comme une punition. Elle peut être comprise comme une épreuve, un passage, parfois même comme une occasion de transformation intérieure.
L'idée n'est pas que la douleur soit souhaitable ou justifiée, mais qu'elle puisse dans certaines circonstances révéler des ressources morales, spirituelles ou humaines que nous ignorions posséder. Dans le Cœur de Brahma les personnages ne sont pas récompensés parce qu'ils souffrent. Ils sont transformés par la manière dont ils affrontent cette souffrance. C'est une nuance essentielle. Ce n'est pas la douleur qui élève l'être humain, mais la façon dont il choisit d'y répondre.

Ce que le lecteur emportera

CD - Quel lecteur espérez-vous toucher, et qu'est-ce que vous voulez qu'il emporte avec lui en refermant la dernière page ?

Je n'ai pas écrit ce livre pour un public particulier. J'espère simplement toucher tous ceux qui aiment les grandes aventures humaines, les personnages confrontés à l'adversité et les récits qui emmènent le lecteur loin de son quotidien, à travers des paysages, des cultures et des destins qu'il ne connaissait pas forcément.

Mais si une fois la dernière page refermée quelque chose continue de l'accompagner, peut-être une réflexion sur l'exil, sur l'identité, sur la transmission, sur la résilience humaine face aux épreuves, alors j'aurai atteint mon but. Le Cœur de Brahma parle de violence mais aussi de courage. Il parle de déracinement mais aussi d'espérance.
Si le lecteur referme ce livre avec davantage d'empathie pour ceux qui vivent l'exil ou la persécution, et avec la conviction que même dans les périodes les plus sombres une lumière demeure possible, alors ce voyage aura eu un sens.

Le Cœur de Brahma d'Yves-Victor Kamami sort en librairie le 29 juin. Un roman à ne pas manquer.

Pour acheter sur Amazon cliquez-ici