Une panne informatique, Israël privé de cottage : le fiasco Tnuva qui affole le pays

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Une panne informatique, Israël privé de cottage : le fiasco Tnuva qui affole le pays

La révolte du cottage : les grandes chaînes accusent Tnuva de les mettre dans une situation intenable

Une panne qui s'éternise, des rayons de plus en plus clairsemés et des distributeurs à bout de patience. En Israël, les grandes chaînes de supermarchés ont cessé de faire preuve de compréhension face à la crise d'approvisionnement qui frappe Tnuva, le géant israélien de l'agroalimentaire. Certaines d'entre elles sont même passées à l'offensive, en suspendant leurs commandes d'autres produits du groupe pour faire pression sur l'entreprise.

Selon des informations obtenues par Calcalist, plusieurs grandes enseignes de distribution ont commencé à sanctionner Tnuva en gelant leurs commandes de produits non essentiels, ceux pour lesquels des alternatives existent chez la concurrence. L'objectif est clair : envoyer un signal fort à l'industriel, dont la situation n'est plus tolérée par ses partenaires commerciaux.

Une pénurie qui exaspère les distributeurs

"Tnuva nous place dans une situation intenable vis-à-vis de nos clients. Des pannes, cela arrive, mais il est inconcevable qu'un problème ne soit pas résolu depuis plus de deux mois. Ils devront nous dédommager pour les pertes de ventes considérables que nous subissons à cause de cette panne", confie l'un des distributeurs concernés.

D'autres enseignes ont choisi une autre stratégie : documenter méthodiquement l'ampleur des ruptures et des livraisons incomplètes, en vue de réclamer des compensations financières aux laiteries. "Je ne peux pas me battre simultanément contre toutes les laiteries, donc pour l'instant je n'agis pas contre elles. Mais que les choses soient claires : leur comportement aura un prix, même s'il arrive en retard", avertit un responsable haut placé du secteur.
Concernant la pénurie de cottage en particulier, il se montre cinglant : "Il n'est pas acceptable qu'une entreprise classée comme économie essentielle en temps de crise soit incapable, pendant des semaines entières, de fournir un produit de base, et livre partiellement d'autres produits fondamentaux. D'autant plus lorsqu'il s'agit d'une entreprise qui domine le secteur, de sorte que personne d'autre ne peut combler le manque."

Une panne technique bloquée par le contexte sécuritaire

À l'origine de cette crise, une panne persistante à l'usine laitière d'Alon Tabor, dont la cause avait été révélée la semaine dernière par Calcalist. Le problème touche le système de contrôle technologique de l'entrepôt automatisé de l'usine, véritable "cerveau" qui pilote le stockage et la sortie des palettes.

Chez Tnuva, on explique que la défaillance affecte le système informatique du géant de la logistique Dematic, et que sa résolution nécessite l'intervention de techniciens venus de l'étranger. Or, ces derniers évitent de se rendre en Israël en raison du contexte sécuritaire. Une explication que Calcalist a toutefois nuancée : d'autres entreprises agroalimentaires équipées du même système Dematic reçoivent bel et bien la visite régulière des techniciens de la firme allemande pour leurs opérations de maintenance courante.

Cette panne logistique provoque un engorgement des palettes qui devraient sortir de l'usine pour être chargées, obligeant les équipes à un traitement manuel incapable de compenser pleinement le retard, d'où les rayons dégarnis. Des équipes internes de l'usine travaillent activement à résoudre le problème. Mais la tension croissante entre l'Iran et les États-Unis fait planer le risque que les techniciens étrangers continuent, dans les prochaines semaines, à éviter le territoire israélien.

Le cottage, symbole d'une crise plus large

Si la panne logistique touche l'ensemble des produits fabriqués à l'usine d'Alon Tabor, c'est sur le marché du cottage que la pénurie se fait le plus sentir, tant la préférence des consommateurs israéliens pour la marque Tnuva reste forte.
En 2025, les ventes de cottage ont progressé de 7,3 % pour atteindre 666 millions de shekels, un marché où Tnuva détient une part de 75,1 %, contre 16,9 % pour Strauss et 8 % pour Tara.

Face à la domination de Tnuva sur le marché du lait et des produits laitiers frais, ni Strauss ni Tara ne parviennent à combler l'écart entre l'offre et la demande. Résultat : des rayons de produits laitiers de plus en plus vides dans l'ensemble des chaînes. La pénurie de cottage, combinée aux livraisons partielles d'autres produits laitiers, provoque un report massif de la demande vers des produits de substitution, comme le fromage ski sous contrôle des prix, qui disparaît à son tour des étals, sans que les distributeurs obtiennent, selon eux, de réponse satisfaisante.

Des consommateurs contraints de payer plus cher

Cette situation exceptionnelle, sans précédent sur des produits de première nécessité, pousse régulièrement les consommateurs à se rabattre sur d'autres références, parfois plus onéreuses. C'est le cas des barquettes de fromage ski de Strauss de 125 grammes, non soumises au contrôle des prix, qui deviennent une alternative au format 250 grammes réglementé.

Ce phénomène s'aggrave à mesure que des rayons partiellement vides suscitent chez le consommateur une inquiétude et une tendance à acheter en quantités supérieures à l'habitude, ce qui accentue encore la pénurie. Certains magasins ont d'ailleurs affiché des limitations d'achat, restreignant les quantités par client.

Le risque d'une flambée des prix cet été

Autre crainte exprimée par les distributeurs : dans un contexte où la demande dépasse l'offre, laiteries et chaînes de supermarchés pourraient être tentées de réduire les promotions habituellement pratiquées. "Quelle raison une entreprise aurait-elle de baisser ses prix, quand de toute façon le consommateur achète ce qui est disponible, à n'importe quel prix ?", s'interroge un distributeur à propos des laiteries.

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