Israël : Cas rarissime d'une grossesse hépatique chez une patiente israélienne

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Israël : Cas rarissime d'une grossesse hépatique chez une patiente israélienne
 

Israël : sa grossesse s'était nichée dans son foie, un cas parmi 47 recensés en 60 ans

Une femme de 40 ans admise en urgence au centre médical Wolfson de Holon portait un embryon implanté dans le foie, une forme de grossesse extra-utérine si rare que la littérature médicale mondiale n'en dénombre que 47 cas depuis plus de soixante ans.

Le service de gynécologie avancée du centre médical Wolfson a réalisé la semaine dernière un diagnostic et une intervention chirurgicale hors du commun. Michal (prénom fictif), mère de deux enfants originaire de Holon, ne se savait pas enceinte lorsqu'elle a ressenti de violentes douleurs abdominales au volant, alors qu'elle conduisait avec sa fille de 8 ans.

Une grossesse extra-utérine s'était développée non pas dans une trompe, comme dans l'immense majorité des cas, mais directement dans son foie, un organe richement vascularisé où toute hémorragie peut devenir mortelle en quelques minutes.

Des douleurs foudroyantes au volant

Selon le récit de la patiente, tout a commencé un vendredi. "J'ai ressenti des élancements très violents dans le ventre, qui m'ont littéralement paralysée, et juste avant de sentir que j'allais perdre connaissance, j'ai compris que quelque chose n'allait pas", raconte-t-elle. Elle avait eu ses règles normalement deux semaines plus tôt et n'avait donc aucune raison de suspecter une grossesse.

Arrivée aux urgences avec des douleurs abdominales et un essoufflement, Michal a été soumise à une série d'examens, dont un test de grossesse. Les résultats ont révélé un taux élevé d'hormone de grossesse, mais aucune trace de l'embryon dans l'utérus. Ce n'est qu'après des échographies approfondies que la vérité est apparue : un sac gestationnel contenant un embryon avec battement cardiaque, à sept semaines de grossesse, était logé dans le foie.

"Au moment où on m'a annoncé qu'on avait trouvé une grossesse dans mon foie, j'ai eu l'impression de vivre un film d'horreur", confie-t-elle. "Je me suis demandé si j'allais mourir. J'ai ressenti une peur abyssale. J'ai deux jeunes enfants à la maison que je dois élever."

Un cas parmi 47 dans le monde en soixante ans

Le professeur Ron Sagiv, chef du service de gynécologie avancée du centre médical Wolfson, qualifie cette situation d'exceptionnelle. "Je pratique la gynécologie depuis plus de 30 ans, et c'est la première fois que je rencontre un cas pareil", explique-t-il. "La grossesse extra-utérine survient dans environ 1 à 2% de l'ensemble des grossesses, mais dans plus de 95% des cas, elle se situe dans l'une des trompes de Fallope. Une grossesse développée dans le foie relève d'une rareté extrême."

D'après la revue de littérature réalisée par l'équipe médicale, ce cas figure parmi les 47 seulement recensés dans le monde depuis plus de soixante ans.

Comment un embryon migre-t-il jusqu'au foie

Le mécanisme exact reste mal élucidé. L'hypothèse retenue par l'équipe médicale est qu'un ovule fécondé dans la trompe, au lieu de progresser normalement vers l'utérus, serait ressorti par l'autre extrémité de la trompe pour gagner la cavité abdominale, avant de s'implanter dans le foie, un organe particulièrement riche en vaisseaux sanguins. C'est précisément cette forte vascularisation qui rend la situation aussi dangereuse, avec un risque d'hémorragie interne massive et potentiellement fatale.

Personne ne sait avec certitude pourquoi, dans de si rares cas, l'ovule fécondé parvient à s'implanter sur des organes comme le foie, la rate ou la paroi de la cavité abdominale.

Le diagnostic dans le cas de Michal s'est révélé particulièrement complexe. La patiente s'est présentée avec de fortes douleurs abdominales, un essoufflement et un saignement dans la cavité abdominale. Une grossesse extra-utérine "classique" a d'abord été suspectée, mais l'équipe médicale a poussé les investigations plus loin.

"Chez toute femme en âge de procréer qui se présente avec des douleurs abdominales, nous réalisons systématiquement un test de grossesse", explique le professeur Sagiv. "L'utérus était vide, la trompe paraissait anormale, mais nous avons continué à chercher pendant l'examen. Nous avons suivi la trace des caillots sanguins dans la cavité abdominale, et lors d'une échographie de l'abdomen supérieur, le docteur Eldar Wolfert, responsable de l'unité d'échographie gynécologique, a identifié le sac gestationnel dans le foie. Ce diagnostic a exigé une vigilance extrême de toute l'équipe."

Une opération menée par laparoscopie plutôt qu'à ciel ouvert

Une grossesse extra-utérine constitue une urgence médicale, car sa poursuite peut provoquer la rupture de vaisseaux sanguins et une hémorragie interne mettant la vie en danger. Dans le cas d'une grossesse hépatique, ce risque est encore accru en raison de l'irrigation sanguine particulièrement riche de cet organe.

L'intervention complexe a été menée conjointement par le professeur Ron Sagiv et le professeur Moti Shimonov, chef du département de chirurgie du centre médical Wolfson. Contrairement à la majorité des cas similaires décrits dans la littérature médicale, où une chirurgie ouverte est pratiquée, l'équipe a choisi d'opérer par laparoscopie, une technique mini-invasive.

Une caméra et des instruments chirurgicaux ont été introduits par plusieurs petites incisions dans l'abdomen de la patiente, permettant de retirer le sac gestationnel ainsi qu'une petite portion du tissu hépatique auquel il était rattaché, tout en stoppant le saignement et en préservant le reste du foie.

"C'est l'une des particularités de notre cas", précise le professeur Sagiv. "Plutôt que d'ouvrir l'abdomen, nous avons opéré par laparoscopie. Cela signifie moins de douleurs, une récupération plus rapide et une hospitalisation plus courte." Selon lui, la patiente ne présentait aucun facteur de risque connu de grossesse extra-utérine, ni stérilet ni traitement de fertilité, si bien que rien ne laissait présager une situation aussi exceptionnelle.

"Écoutez votre corps"

Aujourd'hui rétablie de son opération, Michal tient à remercier l'équipe soignante. "Je remercie les équipes du centre médical Wolfson, les médecins, les chirurgiens et les infirmières qui ne m'ont pas quittée un instant, qui se sont battus pour ma vie et m'ont entourée d'une humanité infinie au moment où j'étais la plus fragile", déclare-t-elle, adressant une reconnaissance particulière au professeur Sagiv, au professeur Shimonov, au docteur Wolfert et à toute l'équipe soignante.

Elle conclut par un message destiné à toutes les femmes : "N'essayez pas de faire les héroïnes et ne pensez pas tout savoir. Peu importe le rythme de la maison ou la pression du quotidien, écoutez votre corps. Si vous ressentez une douleur inhabituelle ou l'impression que quelque chose ne va pas, allez vous faire examiner. Cela peut sauver des vies."

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