Mali et Liel Yahalomi : le mystère d'une disparition volontaire et le détail étrange relevé

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Mali et Liel Yahalomi : le mystère d'une disparition volontaire et le détail étrange relevé

Mali et Liel Yahalomi : le détail que peu de médias ont relevé

Elles ont choisi l'un des rares pays au monde à ne pas extrader ses ressortissants vers Israël.
Ce n'est pas un hasard de circuit touristique : c'est une question qu'elles ont elles-mêmes posée à une intelligence artificielle avant de partir. Un choix trop précis pour simplement "couper les ponts" avec sa famille.
Même la police, après les avoir interrogées, admet ne toujours pas connaître le vrai motif de leur départ. Le mystère Yahalomi n'est peut-être pas terminé, il ne fait peut-être que commencer.

Une mère et sa fille disparaissent pendant une semaine. Israël mobilise la police, le Mossad, les services diplomatiques et l'opinion publique. Elles réapparaissent finalement vivantes, à des milliers de kilomètres de chez elles, assises dans un autobus à Buenos Aires.
Le pays pousse un soupir de soulagement. Mais l'affaire Yahalomi, loin de se refermer, s'ouvre en réalité sur une nouvelle série de questions, et la plus troublante n'a toujours pas trouvé de réponse officielle.

Une semaine de silence total

Mali Yahalomi, 50 ans, et sa fille Liel, 23 ans, originaires de la région de Modi'in, avaient quitté Israël pour l'Europe. Prague, puis Vienne. Elles devaient rentrer. Elles ne sont jamais revenues. Leurs téléphones ont cessé d'émettre, leurs proches n'avaient plus aucune nouvelle. La famille, affolée, a alerté les autorités, déclenchant une recherche internationale d'ampleur.

Dans le contexte sécuritaire israélien actuel, l'hypothèse d'un enlèvement ou d'un acte terroriste ne pouvait être écartée. L'enquête a été confiée à l'unité Lahav 433 économique et placée sous ordonnance de non-publication. En effet la mère employée à la Banque de Jérusalem et ayant retirée la coquette somme de 14 000 euros en espèce à soulever l'hypothése d'un détournement de fond bancaire dans un premier temps très vite démenti par la direction de cette dite banque. 

Retrouvées vivantes à Buenos Aires

Vendredi 14 août, le scénario espéré s'est confirmé. Mali et Liel ont été localisées à bord d'un autobus dans la capitale argentine par Walter Kogan, représentant de la police israélienne en Amérique du Sud. Interrogées, elles ont été relâchées : les autorités n'ont, à ce stade, identifié aucun indice de crime.

Le mystère change alors radicalement de nature. Il ne s'agit plus de savoir où elles se trouvaient, mais de comprendre pourquoi elles ont choisi de disparaître, et pourquoi précisément vers un pays capable de les mettre définitivement hors de portée.

La piste financière, une explication qui s'effrite

Un détail avait immédiatement intrigué les enquêteurs : un retrait d'environ 14 000 euros en espèces avant leur départ. Ce retrait avait nourri des spéculations sur l'emploi de Mali à la Banque de Jérusalem. L'établissement a formellement écarté toute anomalie touchant ses fonds ou ceux de ses clients, et a dû rassurer ses actionnaires après une forte volatilité de son cours en Bourse provoquée par les rumeurs. L'hypothèse du détournement bancaire est donc abandonnée.

Dans un premier temps, plusieurs médias israéliens ont privilégié l'hypothèse de difficultés financières accumulées comme motif du départ. Mais des sources policières citées samedi sont venues contredire directement cette piste, démentant explicitement que la fuite soit liée à des dettes. Selon ces mêmes sources, les deux femmes auraient plutôt envisagé d'obtenir de faux passeports sous de nouvelles identités. La piste financière recule donc devant celle d'une rupture identitaire complète, planifiée et assumée.

Un départ méticuleusement préparé

Rien, dans cette affaire, ne relève de l'impulsion. Les enquêteurs estiment que Mali et Liel ont préparé leur disparition environ un mois à l'avance, changeant de téléphones et multipliant les précautions pour brouiller toute trace. Un détail bouleverse particulièrement le récit : avant de partir, Liel aurait écrit à sa mère qu'elle la suivrait "n'importe où". Cette phrase change tout. Il ne s'agit pas d'une mère entraînant sa fille contre son gré, mais de deux femmes ayant décidé, ensemble, de tout quitter.

Fait troublant supplémentaire, la police soupçonne les deux femmes d'avoir enregistré à l'avance des vidéos rassurantes pour leur famille depuis Vienne, pour ensuite les envoyer après avoir déjà quitté le pays, donnant l'illusion qu'elles s'y trouvaient encore.

Le choix de l'Argentine, une question qui ne colle pas avec une simple rupture familiale

C'est ici que l'affaire prend une dimension particulière. Couper les ponts avec sa famille ne nécessite, en soi, ni téléphone acheté sans pièce d'identité, ni suppression méthodique d'applications de géolocalisation, ni sélection d'une destination précise en fonction des accords d'extradition.
Un adulte qui souhaite simplement s'éloigner des siens peut le faire dans n'importe quel pays, y compris un pays disposant d'un accord d'extradition avec Israël, puisque l'extradition ne concerne par définition que des faits à caractère pénal, jamais un différend familial.

Or c'est précisément cette question que Mali et Liel ont posée à une intelligence artificielle avant de partir : quels pays d'Amérique du Sud n'extradent pas vers Israël. Un niveau de précaution qui interroge, et qui n'a pour l'instant reçu aucune explication de la part des enquêteurs. Un responsable policier a d'ailleurs reconnu, au lendemain de leur localisation, que le motif réel du départ demeurait inconnu, malgré l'interrogatoire des deux femmes.

Pourquoi une telle mobilisation pour un départ volontaire ?

La question mérite une réponse claire. Lorsqu'une famille signale une disparition, les autorités ne savent pas encore de quoi il retourne. Elles n'ont face à elles que des téléphones muets et un itinéraire qui s'arrête net à Vienne. Dans ces conditions, la police doit envisager le pire : enlèvement, crime, terrorisme, contrainte. La disparition volontaire n'arrive qu'en dernière hypothèse, et elle-même ne suffit pas à clore le dossier tant que le mobile reste flou.

Fait révélateur, des informations postérieures à leur découverte indiquent que les enquêteurs soupçonnaient assez tôt un départ volontaire. L'ordonnance de non-publication aurait justement servi à éviter qu'une médiatisation prématurée ne pousse les deux femmes à modifier leur itinéraire.

Une adulte peut-elle quitter Israël sans prévenir ?

La réponse est oui, sans ambiguïté. Une personne majeure a le droit de voyager, de changer de pays, de ne pas communiquer sa destination à ses proches. La famille ne dispose d'aucun droit de veto sur cette décision. Mais cela n'exonère pas les autorités de leur devoir de vérification lorsqu'une disparition est signalée, et cela n'explique pas non plus pourquoi ce départ a nécessité un tel arsenal de précautions juridiques et techniques.

Trois regards sur un même événement

Pour Mali et Liel, ce voyage ressemblait probablement à un nouveau départ. Pour leur famille, restée sans nouvelles puis "choquée" d'apprendre qu'elles avaient tout planifié, c'était une disparition angoissante. Pour la police, confrontée à l'inconnu, c'était potentiellement un crime en cours. Trois lectures radicalement opposées d'une seule et même histoire, qui expliquent l'ampleur de la mobilisation, y compris la cagnotte lancée pour retrouver les deux femmes. Cette cagnotte, qui avait recueilli environ 260 000 shekels, sera intégralement remboursée aux donateurs.

Ce que l'enquête ne dit toujours pas

Pourquoi précisément 14 000 euros en espèces, si la piste de la dette est désormais écartée par la police ? Pourquoi l'Argentine, et pourquoi ce besoin spécifique de vérifier l'absence d'accord d'extradition, si aucune infraction n'est à l'origine du départ ? Pourquoi n'avoir prévenu aucun membre de la famille, même une fois en sécurité ? Autant de questions qui restent, à ce stade, sans réponse officielle.

Ce que cette affaire dit de notre époque

Voyager sans laisser de trace est devenu un exploit presque impossible : cartes bancaires, caméras, réservations, passages de frontières, tout laisse une empreinte numérique. Pourtant, Mali et Liel ont réussi, pendant plusieurs jours, à échapper à ce maillage. Le paradoxe est frappant : les mêmes réseaux internationaux qui rendent la disparition presque impossible sont aussi ceux qui ont permis, en définitive, de les localiser à l'autre bout du monde.

Le rôle de l'intelligence artificielle

Les deux femmes avaient commencé à planifier leur départ environ un mois à l'avance et avaient demandé à Gemini, le chatbot IA de Google, des conseils sur la manière de se déplacer vers un autre endroit sans être tracées. Elles auraient interrogé l'IA sur la façon d'acheter un téléphone portable sans présenter de pièce d'identité, ce qu'elles ont fait en République tchèque avant de transiter par l'Allemagne puis l'Argentine. Elles auraient également demandé comment supprimer certaines applications pour empêcher la géolocalisation, et surtout, quels pays d'Amérique du Sud n'ont pas d'accord d'extradition avec Israël.

Le rebondissement le plus frappant reste celui-ci : c'est en partie cet historique de recherches IA, pourtant effacé par les deux femmes, que les enquêteurs sont parvenus à récupérer et à exploiter pour finalement les localiser à Buenos Aires. L'outil censé garantir leur disparition a donc, indirectement, contribué à les faire retrouver.

Les scénarios encore ouverts

La piste de la dette ayant été écartée par des sources policières, celle d'un changement d'identité complet, avec obtention de faux passeports, prend aujourd'hui le dessus. Certains observateurs évoquent aussi la possibilité d'un conflit plus profond que ce qui a filtré, une rupture avec un tiers non identifié qui aurait précipité la décision. D'autres s'interrogent sur la destination exacte des 14 000 euros retirés, dont l'usage reste à ce jour inexpliqué.

La question du silence total envers la famille, même après leur mise en sécurité, alimente une hypothèse psychologique : celle d'une rupture volontaire et radicale avec un passé jugé irrécupérable. Mais elle n'explique toujours pas, à elle seule, pourquoi la question de l'extradition s'est posée avec autant d'insistance dans leurs recherches préparatoires. Ce point précis, plus que tout autre, maintient une part d'ombre sur une affaire que la police elle-même reconnaît ne pas avoir totalement élucidée. L'enquête, loin d'être close, ne fait peut-être que commencer.

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