Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Acre : Tamara Amran, 21 ans, tuée et démembrée, son fiancé arrêté par la police palestinienne

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Tamara Amran, 21 ans, a été tuée jeudi 29 octobre à Acre, dans le nord d'Israël. Son corps a été démembré et retrouvé incomplet. Son fiancé, Seif Saqf al-Hit, a lui-même appelé la police pour avouer le meurtre après avoir fui à Naplouse, où les forces palestiniennes l'ont arrêté.

Par Claudine Douillet

Un meurtre d'une rare sauvagerie à Acre

Tamara Amran avait 21 ans. Originaire de Naplouse, elle travaillait dans des restaurants de la région d'Acre, la ville côtière du nord d'Israël. Jeudi 29 octobre, elle a été tuée, puis son corps a été démembré. Selon le quotidien israélien Ynet, l'auteur aurait utilisé une scie avant de prendre la fuite.

Les sources médicales décrivent une scène d'une violence exceptionnelle. Fait inhabituel, certaines parties du corps de la victime n'ont pas été retrouvées. La dépouille a été transférée incomplète à l'Institut médico-légal d'Abou Kabir, à Tel-Aviv. Les médecins précisent que la brutalité de l'agression a empêché, à ce stade, d'identifier formellement l'arme du crime.

Le fiancé passe aux aveux depuis Naplouse

Le principal suspect est Seif Saqf al-Hit, le fiancé de la jeune femme, lui aussi originaire de Naplouse. Après les faits, il a quitté Acre et regagné sa ville, en territoire sous contrôle de l'Autorité palestinienne. Une fois arrivé, il a téléphoné à la police pour déclarer qu'il avait tué une jeune femme. La police palestinienne l'a ensuite interpellé.

Les enquêteurs vérifient désormais si une autre personne l'a aidé à commettre le meurtre ou à se débarrasser du corps. La question est centrale : démembrer une victime, faire disparaître une partie de la dépouille puis franchir la ligne entre Israël et la Judée-Samarie en quelques heures suppose une organisation qui interroge les policiers.

L'argent, mobile présumé du crime

Selon des proches de la victime, Tamara Amran avait reçu des menaces de mort avant son assassinat. Une jeune femme qui connaissait son histoire affirme que la victime venait de découvrir que son fiancé détournait son argent. C'est cette découverte, selon elle, qui aurait déclenché le meurtre.

Cette proche écarte catégoriquement la thèse du crime dit « d'honneur », cette pratique où une femme est tuée par des membres de sa famille au nom de la réputation du clan. Pour elle, il s'agit d'un meurtre crapuleux commis par un homme qui voulait garder la main sur les revenus de sa compagne.

Un suspect hors de portée de la justice israélienne

Le crime a été commis sur le sol israélien, à Acre, mais le suspect est aujourd'hui détenu par les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne. Sa remise à la police israélienne n'a rien d'automatique, et l'enquête israélienne dépendra largement de la coopération entre les deux parties. Pour la famille de Tamara Amran, l'enjeu est de savoir quelle justice jugera l'homme qui a avoué l'avoir tuée.

Les femmes, victimes de plus en plus nombreuses

Ce meurtre s'inscrit dans une vague de violence sans précédent au sein de la société arabe. L'année 2025 a été la plus meurtrière jamais enregistrée dans la société arabe israélienne, avec 252 victimes selon le rapport annuel de l'association Abraham Initiatives. Ce même rapport recensait 23 femmes tuées, le chiffre le plus élevé depuis le début du suivi.

Source
Ynet, Hassan Shaalan et Eitan Glickman, 30 octobre 2026 : https://www.ynet.co.il/news/article/hkdwdef6gx

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Égypte : l'attentat terroriste oublié du 8 octobre 2023 fait une cinquième victime, Mor Shmeli

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Mor Shmeli, cinquième victime de l'attentat d'Alexandrie : la veuve d'Alon n'a jamais obtenu justice contre le policier égyptien

Par Claudine Douillet

Mor Shmeli est morte. Trois ans après avoir vu son mari Alon abattu par un policier égyptien à Alexandrie, au lendemain du massacre du 7 octobre, la jeune femme de 35 ans ne s'est jamais relevée. Sa famille la compte désormais comme la cinquième victime d'un attentat que l'Égypte n'a toujours pas jugé et qu'Israël a presque oublié.

Son décès a été annoncé vendredi 30 octobre 2026, après plus de trois années de souffrance psychique que ses proches décrivent comme une lente agonie. Pour ses parents, Ilan et Shoshi Cohen, il n'y a aucun doute sur la cause profonde : « Mor a été assassinée avec Alon en Égypte. Elle a continué à vivre, mais elle n'a pas pu porter la douleur de la perte de son mari. Elle n'avait plus envie de vivre. Elle était une morte vivante, jusqu'au jour où elle nous a quittés. »

Un policier égyptien ouvre le feu près de la colonne de Pompée

Le 8 octobre 2023, Israël compte encore ses morts et traque les derniers terroristes du Hamas infiltrés autour de Gaza. À Alexandrie, deuxième ville d'Égypte, un groupe de touristes israéliens visite la colonne de Pompée, monument romain parmi les plus célèbres du pays. Un policier égyptien sort son arme et tire sur eux.

Alon Shmeli, 34 ans, et Amnon Betzalel, 64 ans, sont tués sur le coup. Haggaï Efrat, 83 ans, grièvement blessé, succombe une dizaine de jours plus tard. Leur guide égyptien, Sayed Kamal al-Hawalka, est lui aussi tué. Selon la presse égyptienne, il accompagnait ce jour-là un second groupe de touristes et s'est retrouvé dans la ligne de tir.

Trois Israéliens, trois vies fauchées

Alon Shmeli entraînait l'équipe des jeunes de l'Hapoël Tel-Aviv et enseignait le sport à l'école Rishonim de Bat Yam. Le club avait salué un éducateur exigeant, qui poussait chacun de ses joueurs à progresser. Amnon Betzalel, habitant de Bat Yam, avait servi près de quarante ans dans la police israélienne, en grande partie à Holon, avant d'occuper le poste de coordinateur des technologies du district Ayalon. Haggaï Efrat, de Rishon LeZion, avait joué à l'Hapoël Haïfa dans sa jeunesse avant de diriger le club de l'Hapoël Jérusalem dans les années 1970 et 1980.

Mor Shmeli, la survivante qui ne s'est jamais relevée

Mor était aux côtés de son mari quand il a été tué. « Ma vie s'est arrêtée là, en Égypte, le 8 octobre 2023, quand ils nous ont assassinés. La balle a touché le cœur d'Alon et le mien », avait-elle confié plus tard.

Elle n'a pas pu assister aux obsèques d'Alon : elle était alors hospitalisée dans un état grave. Les mois suivants ont été marqués par plusieurs tentatives de suicide, dont elle a parlé publiquement, sans détour, pour que le pays comprenne ce que vivent les familles endeuillées.

Devant la Knesset, le combat pour la mémoire

En juillet 2025, devant une commission de la Knesset, Mor Shmeli avait livré un témoignage bouleversant. Elle s'était donné une mission : faire connaître cet attentat, éclipsé par l'ampleur du massacre de la veille. « On me répond que mon mari a été tué le 8 octobre, que cela ne fait pas partie du massacre, que cela ne s'est pas passé dans les localités du Sud. Mais c'est la même histoire », avait-elle déclaré.

Son cri n'a jamais vraiment été entendu. Les victimes d'Alexandrie restent en marge du récit national du 7 octobre.

Un tireur toujours pas jugé trois ans après

C'est la blessure qui n'a jamais cicatrisé. Le policier, arrêté le jour même, n'a toujours pas été condamné. Son nom et sa photo n'ont jamais été rendus publics officiellement. Plusieurs médias arabophones l'ont identifié comme Mohammed Abdel Majid, sans confirmation des autorités égyptiennes.

En juillet 2026, sur la radio publique Kan Reshet Bet, Mor dénonçait encore l'absence de réponses : « On m'a d'abord dit qu'il attendait sa condamnation, puis que son procès n'aurait lieu que dans trois mois. On a vraiment le sentiment qu'on se moque de nous. »

Elle racontait aussi son combat pour récupérer les vêtements d'Alon. Le ministère israélien des Affaires étrangères lui a d'abord demandé de la patience, avant de lui annoncer qu'ils avaient été jetés. Le ministère, disait-elle, se contentait de transmettre les réponses égyptiennes, comme un simple intermédiaire.

La version d'Al Jazeera démentie par les témoins

Dès le lendemain de l'attaque, plusieurs médias arabes ont refusé de parler de terrorisme. Al Jazeera a affirmé, sans la moindre preuve, que les touristes israéliens auraient « provoqué » le policier en insistant pour se photographier avec un drapeau israélien. Les Israéliens présents ont formellement démenti. Au contraire, au lendemain du massacre du Hamas, ils s'efforçaient de passer inaperçus.

Une relation glaciale entre Israël et l'Égypte

Le contexte diplomatique n'aide pas. Depuis le 7 octobre et la guerre qui a suivi, les relations entre les deux pays se sont nettement dégradées. Israël n'a plus d'ambassadeur résidant au Caire, ses diplomates n'y font que des séjours ponctuels, et le président Abdel Fattah al-Sissi refuse de rencontrer Benyamin Netanyahou. Récemment, trois Israéliens, Ahmed Aldugi, Bilal Salem Abu Ayesh et Bilal Masoudin, ont été emmenés par les services de renseignement égyptiens à Charm el-Cheikh. Nul ne sait où ils se trouvent.

Un précédent sanglant à la frontière en juin 2023

L'attentat d'Alexandrie n'était pas le premier commis par un membre des forces de sécurité égyptiennes. Le 3 juin 2023, le policier Mohammed Salah s'était infiltré en Israël et avait tué deux soldats du bataillon mixte Bardelas, le sergent-chef Ori Itzhak Ilouz et la sergente Lia Ben Nun. Lors des échanges de tirs qui ont suivi, un troisième militaire, le sergent-chef Ohad Dahan du bataillon Caracal, avait été tué avant que l'assaillant ne soit neutralisé.

Trois ans après Alexandrie, Mor Shmeli rejoint la liste des victimes d'un attentat resté impuni. Sa famille réclame aujourd'hui ce qu'elle a demandé jusqu'au bout : que le tireur soit jugé, et que les morts du 8 octobre trouvent leur place dans la mémoire nationale.

Si vous traversez une période difficile ou si un proche est en détresse, parlez-en et faites-vous aider. En France, le numéro national de prévention du suicide est le 3114, gratuit et joignable 24 heures sur 24. En Israël, l'association ERAN répond au 1201.

Source : Ynet, Meir Turgeman, 30 octobre 2026 : https://www.ynet.co.il/news/article/byzhjdfpze

Mor Shmeli, 35 ans, est morte trois ans après l'assassinat de son mari Alon par un policier égyptien à Alexandrie le 8 octobre 2023. Le tireur n'a jamais été jugé.

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Phuket : la rue thaïlandaise s'en prend aux Israéliens et réclame la fermeture de Habbad

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Plusieurs centaines de manifestants ont exigé samedi à Phuket la fermeture de toutes les maisons Habad de Thaïlande. Le même jour, Bangkok a annoncé l'examen de 19 sociétés liées au rabbin Yosef Haïm Kantor, chef de Habad dans le pays, déchu cette semaine de sa nationalité thaïlandaise.

Par Claudine Douillet

Thaïlande : à Phuket, des manifestants exigent la fermeture des maisons Habad

Phuket, l'île la plus touristique de Thaïlande, a été samedi 31 octobre le théâtre d'un rassemblement d'une rare hostilité envers la communauté israélienne. Plusieurs centaines d'habitants ont répondu à l'appel des organisateurs sous le mot d'ordre « Rendez-nous notre Thaïlande ». Officiellement, la manifestation visait les capitaux étrangers et les prête-noms thaïlandais qui permettent à des étrangers d'acheter des biens immobiliers et de gérer des commerces en contournant la loi. Selon les manifestants, ces pratiques privent les habitants de leurs revenus et dénaturent le caractère de l'île.

Très vite pourtant, les discours ont changé de cible. Les orateurs ont directement visé les Israéliens installés sur place et ont exigé du gouvernement thaïlandais la fermeture des maisons Habad dans tout le pays.

Un appel à expulser le « réseau israélien »

L'un des meneurs du mouvement, Saichol Nuchet, a appelé à chasser de Thaïlande ce qu'il appelle le « réseau israélien ». Les organisateurs accusent Habad et d'autres acteurs israéliens de mener des activités commerciales illégales et de s'approprier des biens immobiliers. Ces accusations n'ont été confirmées par aucune enquête des autorités thaïlandaises.

Parmi les participants figurait Sondhi Limthongkul, figure politique connue en Thaïlande et ancien dirigeant du mouvement des « Chemises jaunes », qui a marqué la vie politique du royaume dans les années 2000. Sa présence donne au rassemblement une portée politique qui dépasse largement le cadre d'une colère locale.

Une hostilité qui monte depuis septembre

Ce rassemblement n'est pas un épisode isolé. En septembre, plusieurs centaines de personnes avaient déjà manifesté devant la maison Habad de Patong, la grande station balnéaire de Phuket, où des slogans hostiles à Israël et aux Juifs avaient été scandés. Par crainte de violences, le repas de Roch Hachana prévu pour plusieurs centaines d'Israéliens avait alors été annulé.

Pour les milliers de jeunes Israéliens qui choisissent chaque année la Thaïlande après leur service militaire, les maisons Habad sont bien plus qu'un lieu de culte. Elles servent de point d'accueil, de repas de Chabbat, d'aide en cas d'accident ou de difficulté. C'est précisément ce réseau d'entraide que les manifestants veulent faire disparaître.

Le rabbin Kantor déchu de sa nationalité thaïlandaise

Les organisateurs justifient leur revendication par la décision prise cette semaine contre le rabbin Yosef Haïm Kantor, président de Habad en Thaïlande, présent dans le pays depuis plus de trente ans. Le Premier ministre Anutin Charnvirakul lui a retiré sa nationalité thaïlandaise, en lui reprochant d'avoir continué à utiliser sa nationalité américaine après sa naturalisation en Thaïlande en 2013. Les manifestants affirment de leur côté que cette décision fait suite à une enquête liée à la sécurité nationale.

19 sociétés examinées par le ministère de l'Intérieur

Le même jour, le vice-ministre thaïlandais de l'Intérieur a annoncé que les autorités examinaient 19 sociétés liées au rabbin Kantor, ainsi que des biens immobiliers et le statut de nationalité de membres de sa famille. Bangkok prévient qu'en cas d'infraction avérée, un gel des avoirs et une vente forcée des terrains pourraient être ordonnés.

À ce stade, aucun bien n'a été saisi et aucune poursuite pénale n'a été engagée contre le rabbin dans le cadre de cette enquête sur les sociétés.

Habad conteste et maintient ses activités

Habad a fait savoir qu'il contestait la déchéance de nationalité devant la justice et que ses centres en Thaïlande continuaient à fonctionner normalement.

Reste une inquiétude réelle pour les Israéliens et les Juifs du pays. Un litige administratif visant un homme est en train d'être transformé, dans la rue, en accusation collective contre toute une communauté. Le passage d'une procédure sur des prête-noms à un appel à fermer des lieux de culte et à expulser des Israéliens marque une escalade que Jérusalem suivra de près.

Source : N12 / Mako, 31 octobre 2026
https://www.mako.co.il/news-world/2026_q4/Article-0247930eb4291a1026.htm

 

Rebeca Grynspan, la mémoire de la Shoah à la tête de l’ONU ?

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Rebeca Grynspan est la favorite pour prendre la tête des Nations unies. La Costaricienne, issue d'une famille juive polonaise décimée par la Shoah, a obtenu vendredi 11 voix favorables sur 15 au Conseil de sécurité, son meilleur score. Au même moment, la Turquie de Recep Tayyip Erdogan a officiellement présenté son propre candidat, Feridun Sinirlioğlu, ancien ambassadeur turc en Israël.

Par Claudine Douillet

La course à la succession d'António Guterres entre dans sa phase décisive. Vendredi 30 octobre, les quinze membres du Conseil de sécurité de l'ONU se sont réunis à huis clos pour un septième tour de vote informel. Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica, est une nouvelle fois arrivée en tête avec 11 votes « encourage » et 4 votes « décourage », sans aucune abstention. Jamais elle n'avait réuni autant de soutiens depuis le début du processus.

Derrière elle, l'Argentin Rafael Grossi, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), totalise 9 voix favorables, devant la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett avec 8 voix. L'Émiratie Lana Nusseibeh, entrée tardivement dans la course, n'a recueilli que 7 soutiens pour sa première apparition.

Une fille de la mémoire juive à la tête du monde multilatéral

Née au Costa Rica, Rebeca Grynspan Mayufis est la fille de Manuel Grynspan et Sara Mayufis, deux Juifs originaires de Pologne qui ont émigré en Amérique centrale pour échapper aux persécutions. Ses grands-parents maternels ont été assassinés pendant la Shoah. Sa sœur vit aujourd'hui en Israël.

À 70 ans, elle affiche un parcours sans équivalent parmi les candidats. Vice-présidente du Costa Rica de 1994 à 1998, puis secrétaire générale ibéro-américaine de 2014 à 2021, elle dirigeait depuis 2021 la CNUCED, l'agence de l'ONU pour le commerce et le développement, dont elle s'est mise en retrait pour faire campagne. Si elle est désignée, elle deviendra la première femme à diriger l'Organisation des Nations unies depuis sa création en 1945.

Pour une organisation dont les résolutions et les agences ont si souvent ciblé Israël, l'arrivée d'une femme dont l'histoire familiale est marquée par la Shoah aurait une portée symbolique considérable. Rien n'indique toutefois qu'elle infléchirait la ligne de l'institution, et ses positions sur le Proche-Orient restent à ce stade peu exposées.

Le mystère des quatre voix hostiles

Le score de vendredi ne garantit rien. Pour être recommandé à l'Assemblée générale, un candidat doit obtenir au moins neuf voix favorables et éviter le veto des cinq membres permanents : États-Unis, Chine, Russie, France et Royaume-Uni.

Or, lors du sixième tour, organisé le 16 octobre avec des bulletins de couleur permettant d'identifier le vote des grandes puissances, deux membres permanents s'étaient prononcés contre Rebeca Grynspan. Aucun des sept candidats d'alors n'avait échappé à au moins un vote négatif d'un pays disposant du veto. Cette fois, les bulletins n'étaient pas différenciés. Impossible donc de savoir si l'un des quatre « décourage » émane d'une capitale capable de bloquer sa nomination.

À Washington, l'ambassadeur américain à l'ONU, Mike Waltz, a fait savoir que l'administration Trump voulait un secrétaire général qui recentre l'organisation sur sa mission première : le maintien de la paix et de la sécurité internationales.

Erdogan avance son pion

C'est dans ce climat d'incertitude que la Turquie a choisi d'entrer dans la course. Selon Ynet et l'agence officielle Anadolu, Ankara a officiellement présenté la candidature de Feridun Sinirlioğlu, transmise par une lettre portant le message du président Recep Tayyip Erdogan.

Âgé de 70 ans, né à Giresun sur les bords de la mer Noire, Sinirlioğlu est un diplomate de carrière. Il a été ambassadeur de Turquie en Israël de 2002 à 2007, ministre des Affaires étrangères par intérim en 2015, puis représentant permanent de son pays à l'ONU de 2016 à 2023. Depuis décembre 2024, il est secrétaire général de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), basée à Vienne.

Ankara assure ne viser aucun candidat en particulier et dit défendre un système international plus représentatif. Le ministère turc des Affaires étrangères a toutefois justifié le moment choisi en soulignant que le septième tour n'avait toujours pas dégagé de consensus.

Un candidat qui inquiète Jérusalem

Pour Israël, la candidature turque ne peut être lue comme neutre. Depuis le 7 octobre 2023, Recep Tayyip Erdogan s'est imposé comme l'un des dirigeants les plus hostiles à l'État juif, refusant de qualifier le Hamas d'organisation terroriste et rompant les échanges commerciaux avec Israël. Voir un proche de son appareil diplomatique accéder au poste le plus élevé de l'ONU constituerait un revers pour Jérusalem.

Sinirlioğlu connaît pourtant Israël de l'intérieur. Il y a représenté son pays pendant cinq ans, à une époque où Ankara et Jérusalem entretenaient encore une coopération militaire et économique étroite. Mais l'homme reste avant tout le diplomate d'un régime qui a fait de la cause palestinienne un levier politique majeur.

La règle de rotation joue contre Ankara

Le candidat turc part avec un handicap. Selon une règle informelle de rotation régionale, le poste devrait revenir cette fois à l'Amérique latine et aux Caraïbes, région qui n'a plus dirigé l'ONU depuis le Péruvien Javier Pérez de Cuéllar, parti en 1991. Les trois candidats arrivés en tête vendredi en sont d'ailleurs tous issus.

Le mandat d'António Guterres s'achève le 31 décembre 2026. Le Conseil de sécurité doit donc parvenir à un accord dans les prochaines semaines, avant que l'Assemblée générale, qui suit en pratique la recommandation du Conseil, ne confirme le nom du neuvième secrétaire général des Nations unies.

Sources : Ynet (https://www.ynet.co.il/news/article/s1sz005z6gl), The National (https://www.thenationalnews.com/news/2026/10/30/un-secretary-general-seventh-straw-poll/), The Tico Times (https://ticotimes.net/2026/10/31/rebeca-grynspan-seventh-un-secretary-general-vote), Associated Press via Yahoo News (https://sg.news.yahoo.com/turkey-nominates-former-foreign-minister-142810131.html)

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Alyah des Juifs de France : Une occasion historique à ne pas rater selon Zvi Hauser

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Alyah des Juifs de France : Zvi Hauser exige une campagne nationale de six mois et accuse Netanyahou de rater une occasion historique

Par Claudine Douillet

Israël doit lancer sans attendre une campagne nationale de six mois pour faire venir les Juifs de France. C'est l'appel lancé dans Israel Hayom par Zvi Hauser, ancien secrétaire du gouvernement, qui voit dans la crise française une fenêtre historique et fixe un horizon de 200 000 nouveaux immigrants.

La France dans la rue, Israël spectateur

Depuis près d'un mois, la France traverse l'une des plus graves vagues de troubles de son histoire récente. Parti des lycées du nord de la banlieue parisienne, le mouvement s'est transformé en révolte contre la vie chère et la flambée des prix du carburant et de l'énergie. Le week-end des 17 et 18 octobre, au moins 550 000 personnes ont manifesté dans le pays. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a fait état de 2 513 interpellations en deux jours. Des commerces ont été pillés, des bâtiments incendiés, et l'hôtel de ville historique de Limoges est parti en fumée. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a étendu les couvre-feux, déjà en vigueur dans certains quartiers de Paris, Lyon et Lille, tandis qu'à Nice, Éric Ciotti a instauré un couvre-feu pour les mineurs.

En Israël, ces images ont suscité deux réactions, constate Zvi Hauser. Certains s'inquiètent. D'autres dissimulent mal leur satisfaction de voir vaciller l'un des États européens les plus critiques envers Israël. L'auteur rejette les deux postures et pose une seule question : comment transformer la crise française en occasion historique pour l'État juif ?

Un demi-million de Juifs face à l'incertitude

La France abrite environ 500 000 Juifs, la première communauté d'Europe et l'une des plus importantes du monde, profondément liée à Israël. Mais son environnement s'est durci. Antisémitisme, peur pour la sécurité personnelle, tensions sociales et instabilité politique poussent de nombreuses familles à se poser des questions qui paraissaient impensables il y a encore quelques années. Israel Hayom rappelle au passage la synagogue cambriolée et vandalisée dans le 19e arrondissement de Paris à la mi-octobre.

Zvi Hauser ne prétend pas que tous les Juifs de France veulent partir, ni que chaque crise se traduira par des départs. C'est précisément pour cette raison, selon lui, qu'Israël doit agir. Une fenêtre historique ne s'ouvre pas quand des centaines de milliers de personnes ont déjà fait leurs valises, mais au moment où les circonstances les poussent à reconsidérer leur avenir. Il estime qu'un travail engagé dès aujourd'hui pourrait à terme amener au moins 200 000 Juifs de France en Israël.

Le « 11e million », objectif national d'Israel Hayom

Cette tribune s'inscrit dans une initiative lancée il y a environ un an par le quotidien : faire venir un million de Juifs en Israël au cours de la prochaine décennie. Baptisé « le 11e million », le projet est présenté comme une réponse stratégique aux défis démographiques, économiques, sociaux et sécuritaires du pays. Une immigration de cette ampleur, écrit l'auteur, changerait le cours de l'histoire d'Israël.

Netanyahou accusé d'un échec stratégique persistant

La charge contre le gouvernement est sévère. Selon Zvi Hauser, l'exécutif ne mesure pas l'enjeu et préfère la passivité à l'initiative. L'alyah n'est pas traitée comme une priorité nationale absolue mais comme un dossier dispersé entre ministères et agences, chacun dans son périmètre et avec son budget. L'État s'occupe surtout d'intégrer ceux qui ont déjà décidé de venir, au lieu d'aller les chercher. Benyamin Netanyahou, écrit-il, ne s'est pas réveillé face au défi.

L'ancien secrétaire du gouvernement rappelle qu'Israël a su absorber près d'un million d'immigrants en moins de dix ans, à une époque où le pays était plus petit et plus pauvre. Ce qui manque aujourd'hui, selon lui, ce ne sont pas les moyens, mais la conscience de l'ampleur de l'opportunité. La France doit être le terrain où Israël rompt avec cette routine.

Six mois, des objectifs chiffrés et des échéances

Sa proposition est précise. Au lendemain des élections israéliennes, le nouveau gouvernement devrait annoncer une campagne nationale de six mois consacrée à l'alyah des Juifs de France. Fini les salons ponctuels et les actions de routine des organismes d'intégration : il réclame une mobilisation exceptionnelle et coordonnée, avec des cibles définies, des ressources dédiées et un calendrier clair. L'objectif affiché est de faire venir des dizaines de milliers de Juifs français dans les prochaines années, en ouvrant dès les premiers mois des parcours concrets pour plusieurs milliers de familles.

Les employeurs israéliens appelés à recruter en France

Le cœur du plan repose sur une inversion de logique. Israël manque cruellement de main-d'œuvre qualifiée. Les hôpitaux cherchent des médecins et des infirmières, les entreprises technologiques des ingénieurs, l'industrie des ouvriers qualifiés et les transporteurs des chauffeurs de bus. La pénurie touche presque tous les secteurs de la vie quotidienne et pèse sur la productivité comme sur la qualité des services publics.

Plutôt que d'attendre qu'un Juif de France décide de faire son alyah pour l'aider à trouver un emploi, Zvi Hauser propose de commencer par l'emploi. Banques, compagnies d'assurances, hôpitaux, industriels, entreprises technologiques, chaînes de distribution et sociétés de transport devraient se rendre en France pour recruter directement, avec contrats de travail, formation et reconversion professionnelle à la clé. L'alyah cesserait alors d'être un projet lointain pour devenir un plan de vie concret. « Ce n'est pas de la philanthropie », insiste l'auteur, qui y voit un intérêt économique évident doublé d'une portée nationale.

Diplômes, logement, école : lever les obstacles

À l'État de faire sa part. Zvi Hauser demande la suppression des blocages bureaucratiques, une reconnaissance accélérée des diplômes et des licences professionnelles, ainsi qu'une aide au logement et à la scolarisation des enfants. L'Agence juive et les institutions nationales doivent être des partenaires centraux. Il reconnaît que des salons de l'emploi réunissant des employeurs israéliens existent déjà en France, mais juge qu'il y a un abîme entre des initiatives isolées et une véritable campagne nationale.

Le précédent Shamir et l'alyah soviétique

Pour convaincre, l'auteur invoque l'histoire. Il y a trente-cinq ans, Yitzhak Shamir avait compris que la vague d'immigration venue d'Union soviétique n'était pas seulement un défi d'intégration, mais une chance de transformer le pays. Un Israël de cinq millions d'habitants s'était mobilisé pour une mission jugée presque impossible, posant les bases de ce qui deviendrait la « Start-up Nation ». Plus riche et plus puissant qu'en 1990, l'Israël d'aujourd'hui n'a, selon lui, aucune excuse.

La France ne serait qu'un premier test. En cas de succès, le modèle pourrait être étendu au Royaume-Uni, au Canada, à l'Australie, à l'Argentine, à l'Allemagne et à la Russie. Le principe resterait le même : passer d'une politique qui attend les immigrants à une politique qui va les chercher.

Une tribune, pas encore une politique

Il s'agit à ce stade d'une prise de position éditoriale, et non d'une décision gouvernementale. Mais elle pose une question qui concerne directement les Juifs de France : Israël est-il prêt à leur offrir autre chose que des promesses, à savoir un emploi, un logement et des diplômes reconnus dès l'arrivée ? La réponse dépendra du gouvernement qui sortira des urnes.

Source : Israel Hayom, « France's crisis is a historic opportunity, but Israel is missing it », Zvi 

Dans Israel Hayom, Zvi Hauser réclame une campagne nationale de six mois pour l'alyah des Juifs de France et vise 200 000 immigrants face à la crise française.

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Gadi Eisenkot accuse Netanyahu de délégitimer les élections : « Ils le font parce qu'ils ont perdu »

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Gadi Eisenkot refuse de laisser contester le verdict des urnes. Après avoir été informé par le chef du Shin Bet et le président de la Commission électorale centrale des soupçons d'ingérence du Qatar, le chef du parti Yashar accuse Benjamin Netanyahu de mener une campagne organisée contre le résultat des élections du 27 octobre et dévoile ses premières lois.

Par Claudine Douillet

Le contexte : un scrutin sans majorité

Pour comprendre la déclaration de Gadi Eisenkot, il faut partir des chiffres. Selon les résultats officiels, le bloc de Netanyahu obtient 53 sièges contre 48 pour l'opposition, soit huit de moins que la majorité de 61 sièges nécessaire pour gouverner. Les partis arabes totalisent ensemble 19 sièges. Le Likoud reste le premier parti avec 27 sièges, devant Yashar, le parti d'Eisenkot, avec 21.

Dès le lendemain, le Likoud a accusé les partis arabes d'avoir « volé les élections », affirmant transmettre à la police, au Shin Bet et à la Commission électorale des centaines de témoignages de fraude dans des bureaux de vote arabes. La police indique pour sa part n'avoir trouvé aucune preuve d'une fraude massive.

Jeudi, un second dossier a surgi. Dans une lettre inhabituelle, le juge Noam Sohlberg, vice-président de la Cour suprême et président de la Commission électorale centrale, a demandé au directeur du Shin Bet, David Zini, de vérifier si des acteurs étrangers avaient tenté d'influencer le vote par des financements illicites ou de la corruption. Les soupçons portent sur des fonds qui auraient pu venir du Qatar et de Turquie pour stimuler la participation dans les localités arabes. C'est à la suite de ces révélations qu'Eisenkot a pris la parole.

« Il est trop tôt pour comprendre ce qui s'est passé »

« J'ai rencontré il y a peu le chef du Shin Bet et le président de la Commission électorale centrale. Ils m'ont mis à jour sur l'état de la situation. Il est trop tôt pour comprendre ce qui s'est passé et si quelque chose s'est réellement passé. Il faut permettre aux organismes compétents d'achever les vérifications, sans interférences politiques. »

Eisenkot n'a pas été le seul informé. Le Shin Bet a confirmé que David Zini avait briefé Netanyahu, Eisenkot et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, avec l'accord du juge Sohlberg. L'agence a aussi tenu à préciser que ses renseignements avaient été recueillis de manière indépendante, sans venir d'aucun parti, et que seul le juge Sohlberg y avait accès avant la fermeture des bureaux de vote. Un élément conforte la prudence d'Eisenkot : selon la radiotélévision publique Kan, un haut responsable de la Commission électorale estime que même avérés, ces faits n'auraient pas été assez importants pour changer le résultat.

« Un pays qui s'est infiltré dans le bureau du Premier ministre »

« Les ingérences étrangères dans l'État d'Israël sont quelque chose d'inacceptable et de grave, a fortiori quand il s'agit d'un pays qui finance le terrorisme et soutient l'organisation terroriste Hamas, et qui ces dernières années a réussi à s'infiltrer dans le bureau du Premier ministre. Il est important d'enquêter pour comprendre s'ils ont tenté d'exercer une influence et par qui ils ont cherché à le faire. »

Eisenkot ne nomme pas le pays, mais tout le monde a compris : il s'agit du Qatar. L'allusion au bureau du Premier ministre renvoie au scandale du Qatargate, qui a conduit à l'arrestation d'au moins deux proches conseillers de Netanyahu pour des liens illégaux avec le Qatar. Doha, de son côté, dément catégoriquement toute ingérence ou tout financement destiné à peser sur le scrutin. Le chef du parti arabe Ra'am, Mansour Abbas, nie aussi toute implication et salue l'ouverture de l'enquête.

« Ils le font parce qu'ils ont perdu »

« Ce qui est déjà clair, c'est que le Likoud et Netanyahu ont lancé une campagne orchestrée et organisée pour délégitimer les résultats des élections. Leurs communiqués et leurs briefings étaient déjà prêts. Ils le font parce qu'ils ont perdu. Ils n'ont pas de majorité. Dans l'État d'Israël, l'État de droit prévaut. Nous ne permettrons pas de dévier ne serait-ce que d'un centimètre du programme prévu pour l'installation de la Knesset. »

C'est le cœur de la déclaration. Eisenkot distingue clairement les deux affaires : l'enquête sur une éventuelle ingérence étrangère, qu'il soutient, et les accusations de fraude du Likoud, qu'il présente comme une manœuvre politique préparée à l'avance. En promettant que le calendrier d'installation de la Knesset ne bougera pas, il répond à la crainte d'un report de la prestation de serment des nouveaux députés. L'enjeu est concret : son bloc envisagerait de s'appuyer sur les partis arabes pour remplacer le président de la Knesset, Amir Ohana, membre du Likoud.

Trois lois prêtes pour l'ouverture de la session

« Je veux m'adresser d'ici à cette partie de la population qui travaille et sert. À ceux qui sont déterminés à vivre dans un État d'Israël juif et démocratique, libéral, fort, égalitaire et sûr. Dans les bureaux juste à côté de moi, certains groupes de travail sont déjà engagés à finaliser les préparatifs pour présenter une loi sur le recrutement et le service pour tous les citoyens israéliens, pour instituer une commission d'enquête étatique sur le massacre du 7 octobre, pour une loi qui modifie le mécanisme de distribution des fonds publics et donne la priorité aux citoyens qui servent, et bien plus encore. Les plans sont prêts et ont été coordonnés avec mes partenaires. Nous travaillerons à les soumettre au vote à l'ouverture de la session de la Knesset. J'entends agir pour consolider et défendre les intérêts de ceux qui travaillent, de ceux qui s'enrôlent et de ceux qui se reconnaissent dans les valeurs de la Déclaration d'indépendance. Je suis là pour me battre pour vous et je suis déterminé à défendre vos intérêts, citoyens d'Israël. »

Ces trois textes résument la campagne de l'ancien chef d'état-major. La loi sur le service pour tous vise l'exemption militaire des étudiants des yeshivot ultra-orthodoxes, alliés de Netanyahu. La commission d'enquête d'État sur le 7 octobre, dotée de pouvoirs judiciaires, est réclamée depuis trois ans par les familles de victimes et refusée par le gouvernement sortant. Eisenkot avait affirmé pendant la campagne que l'enquête du Shin Bet sur les mois précédant le massacre provoquerait un séisme public, raison pour laquelle, selon lui, Netanyahu redoute cette commission. Quant à la réforme des fonds publics, elle donnerait la priorité aux citoyens qui servent dans l'armée.

« La majorité des Israéliens a voté contre le gouvernement du 7 octobre »

« Une chose est certaine : les jours où Netanyahu utilisait les institutions de l'État contre les intérêts d'Israël et pour ses propres objectifs personnels sont révolus. Aucune opération de manipulation médiatique et aucune opération d'influence sur l'opinion publique ne pourra effacer ce fait : la majorité des Israéliens a voté contre le gouvernement du 7 octobre et de l'exemption du service militaire. Israël se trouve dans une situation politique complexe. J'entends agir comme je l'ai toujours fait, avec sang-froid et détermination. J'invite tous à faire preuve du même sang-froid et de la même modération. Il faut faire preuve de patience. Il y a de l'espoir, et nous le réaliserons. Je le promets. »

Eisenkot reconnaît lui-même une « situation politique complexe ». Son bloc n'a pas non plus de majorité seule, et les divisions internes à son propre camp compliquent la formation d'une coalition. La bataille pour le prochain gouvernement israélien ne fait que commencer.

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Les Houthis séquestrent depuis dix ans Levi Marhabi, le Juif qui a sauvé une Torah de 800 ans

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Levi Salem Musa Marhabi est le dernier otage juif détenu par les Houthis au Yémen. Arrêté en mars 2016 pour avoir aidé une famille juive à fuir le pays avec un rouleau de Torah vieux de huit siècles, ce Juif yéménite croupit depuis dix ans dans une prison de Sanaa, torturé et partiellement paralysé, alors même qu'un tribunal houthi a ordonné sa libération en 2019.

Par Claudine Douillet

Ces trois dernières années, des centaines d'otages juifs ont retrouvé la liberté au Moyen-Orient. Les otages israéliens de Gaza sont rentrés chez eux. La chercheuse israélo-russe Elizabeth Tsurkov a été libérée après plus de deux ans de captivité en Irak. Un homme, pourtant, reste oublié derrière les murs d'une prison de Sanaa : Levi Salem Musa Marhabi, Juif yéménite détenu par la milice houthie soutenue par l'Iran. Le Jerusalem Post a rappelé jeudi son sort, devenu le symbole d'une injustice que personne ne parvient à briser.

Arrêté pour avoir sauvé une Torah de huit siècles

Tout commence en mars 2016. Levi Marhabi aide une famille juive à quitter le Yémen, emportant avec elle un rouleau de Torah vieux d'environ 800 ans, trésor d'une communauté millénaire. Pour les Houthis, qui contrôlent la capitale depuis 2014, ce geste devient un crime. Marhabi est arrêté et accusé d'avoir participé à la sortie illégale de ce manuscrit sacré.

Le procès se tient en mars 2018. Il est condamné à trois ans et demi de prison. En 2019, une cour d'appel houthie annule la condamnation et ordonne sa remise en liberté. La décision n'a jamais été appliquée. Sa peine initiale aurait de toute façon pris fin depuis longtemps. Dix ans après son arrestation, Levi Marhabi n'est plus un prisonnier : il est un otage.

Battu, électrocuté, affamé

Les témoignages recueillis par la Commission américaine pour la liberté religieuse internationale (USCIRF) décrivent un calvaire. Ses geôliers l'ont roué de coups, soumis à des décharges électriques et privé de nourriture. Ils l'ont aussi coupé de tout contact avec sa famille.

Les séquelles sont lourdes. Le détenu a perdu ses dents, ses problèmes rénaux et pulmonaires se sont aggravés et il ne reçoit aucun soin adapté. Selon la Fédération séfarade américaine, ces années de mauvais traitements l'ont laissé partiellement paralysé.

Livré aux extrémistes après le 7 octobre

Le massacre du 7 octobre 2023 a encore durci sa détention. D'après l'USCIRF, les Houthis l'ont alors transféré dans un quartier de la prison peuplé de détenus extrémistes, qui l'ont menacé. Il a fallu une grève de dix jours pour que ses gardiens finissent par le placer à l'isolement.

Ce traitement n'a rien d'un hasard. Depuis le début de la guerre, la milice yéménite s'est imposée comme l'un des bras armés de l'Iran contre Israël, tirant missiles et drones vers l'État hébreu et attaquant la navigation en mer Rouge. Son slogan officiel, qui appelle à maudire les Juifs, résume l'idéologie qui gouverne le sort de Levi Marhabi.

Le marché de dupes de 2021

En 2021, le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat révélait un accord passé avec les Houthis. Les trois dernières familles juives encore présentes au Yémen devaient quitter le pays. En échange, Marhabi serait libéré. Les familles ont accepté, contraintes et brisées. L'un des exilés racontait alors au journal qu'on leur avait laissé un choix impossible : rester sous le harcèlement en laissant Salem en prison, ou partir pour obtenir sa libération.

Ces Juifs, qui avaient refusé pendant des années toutes les pressions pour rester sur la terre de leurs ancêtres, sont partis. Levi Marhabi, lui, est resté derrière les barreaux. Les Houthis ont obtenu ce qu'ils voulaient : un Yémen vidé de ses Juifs, sans tenir leur part du marché.

La fin d'une communauté de deux mille ans

Le sort de Marhabi s'inscrit dans l'effacement d'une des plus anciennes communautés juives du monde. Présents au Yémen depuis l'Antiquité, les Juifs yéménites étaient des dizaines de milliers au milieu du XXe siècle. L'opération Tapis volant, en 1949 et 1950, en a conduit près de 50 000 vers le jeune État d'Israël. Les derniers restés sur place ont vécu sous la menace croissante des Houthis, jusqu'aux départs forcés de 2021.

Aujourd'hui, la communauté juive du Yémen a pratiquement disparu. Levi Marhabi en est devenu, malgré lui, le dernier visage.

Un silence international assourdissant

Les organisations de défense de la liberté religieuse multiplient les appels, sans résultat. Pendant que la diplomatie internationale négocie avec les Houthis sur la mer Rouge, les échanges de prisonniers ou les trêves au Yémen, le nom de Levi Marhabi reste absent des grands accords.

Son histoire pose une question simple aux chancelleries occidentales : comment un homme acquitté par ses propres juges peut-il rester dix ans en prison sans que personne n'exige sa libération ? Tant que Levi Marhabi restera enfermé à Sanaa, aucun accord avec les Houthis ne pourra être considéré comme une preuve de bonne foi.

Source : The Jerusalem Post, 29 octobre 2026, https://www.jpost.com/middle-east/article-913283

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« Bienvenue en Palestine » : Bell Canada envoie ce SMS à un client en pleine visite de Yad Vashem

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Yad Vashem : un Canadien reçoit « Bienvenue en Palestine » de son opérateur Bell

Un client de Bell Canada a reçu un SMS lui souhaitant la bienvenue « en Palestine » alors qu'il se recueillait au mémorial de la Shoah de Yad Vashem, à Jérusalem. L'opérateur invoque un envoi automatique et un prestataire extérieur. Le voyageur y voit une prise de position politique et l'effacement d'Israël.

Par Claudine Douillet

Un SMS reçu au cœur du mémorial de la Shoah

Il venait d'arriver en Israël la semaine dernière. Charles, habitant d'Ottawa, visitait Yad Vashem, le mémorial national de la Shoah sur le Mont du Souvenir à Jérusalem, quand son téléphone a vibré. Sur l'écran, un message de son opérateur, Bell Canada : « Bienvenue en Palestine », suivi des détails de son forfait d'itinérance.

L'affaire a été révélée dans la nuit de jeudi à vendredi par le quotidien canadien National Post, puis reprise ce vendredi 30 octobre par Israel Hayom, sous la plume de son correspondant aux États-Unis, Or Shaked.

Le voyageur n'a accepté de donner que son prénom. Il dit craindre pour sa sécurité, dans un Canada où les actes antisémites se multiplient depuis le 7 octobre 2023.

« Une déclaration politique » pour ce client de longue date

Charles décrit un sentiment de nausée. Il se tenait dans le lieu qui expose ce qu'a produit la tentative nazie d'exterminer le peuple juif, et c'est précisément là qu'une entreprise de son propre pays lui annonçait qu'il se trouvait en Palestine. Pour lui, le message revenait à rayer Israël de la carte.

Il dit percevoir dans le monde un effort concerté pour effacer l'État juif, et juge d'autant plus choquant que ce message vienne d'une société canadienne. Souhaiter la bienvenue en Palestine à un citoyen canadien, client fidèle de surcroît, constitue à ses yeux une déclaration politique qui n'a pas lieu d'être.

La défense de Bell Canada : la faute aux antennes

Interrogé par le National Post, Bell Canada assure que ces messages de bienvenue partent automatiquement dès qu'un téléphone se connecte à une antenne dans une nouvelle zone. Selon l'opérateur, la proximité des antennes dans la région fait que certains clients arrivant en Israël ou voyageant à proximité reçoivent parfois des notifications d'itinérance pour les territoires palestiniens.

L'entreprise ajoute que, comme d'autres opérateurs dans le monde, son système de messages d'itinérance fonctionne via la plateforme d'un prestataire externe. Les noms de lieux proviendraient directement d'une base de données internationale indépendante utilisée par toute l'industrie. Bell affirme ne pas choisir elle-même la formulation des messages.

Une explication qui laisse des questions ouvertes

Techniquement, le phénomène existe : un téléphone étranger s'accroche à l'antenne qui capte le mieux, et à Jérusalem, les réseaux des opérateurs de l'Autorité palestinienne peuvent déborder de quelques kilomètres. Mais Yad Vashem se trouve à l'ouest de la ville, en territoire israélien depuis 1949, loin de toute zone contestée.

Surtout, l'argument de la base de données ne répond pas à la question de fond. Un opérateur décide des messages que reçoivent ses clients. Il peut vérifier les intitulés qu'il valide et corriger ceux qui posent problème. Renvoyer la responsabilité vers un prestataire anonyme permet d'éviter de dire si, pour Bell Canada, un client présent à Jérusalem se trouve en Israël ou ailleurs.

Un contexte canadien explosif

L'incident tombe mal. En septembre 2025, le gouvernement de Mark Carney a reconnu un État de Palestine, une décision vivement contestée par les organisations juives canadiennes. Depuis le 7 octobre, celles-ci enregistrent des niveaux record d'incidents antisémites, des écoles juives visées par des tirs aux synagogues vandalisées.

Dans ce climat, chaque mot compte. Ce qu'une entreprise présente comme une simple erreur de nomenclature est vécu par une partie de ses clients comme la reprise d'un vocabulaire politique qui conteste jusqu'à l'existence d'Israël. Que ce message soit tombé au moment précis où un visiteur se recueillait devant la mémoire de six millions de Juifs assassinés donne à l'affaire une portée symbolique que Bell Canada aura du mal à balayer.

Des mots jamais neutres

Bell Canada n'a pas annoncé de correction de ses messages d'itinérance. Pour Charles, le mal est fait : il était venu se souvenir de ceux que l'on avait voulu faire disparaître et repart avec le sentiment que son propre opérateur effaçait, d'un simple SMS, le pays qui l'accueillait.

Source : Israel Hayom, d'après le National Post
https://www.israelhayom.co.il/news/local/article/21740211

Un client de Bell Canada reçoit un SMS « Bienvenue en Palestine » en pleine visite de Yad Vashem à Jérusalem. L'opérateur invoque un envoi automatique.

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Israël : un bus de jeunes filles percute un tracteur près de Netivot, le chauffeur tué

Israël : un bus de jeunes filles percute un tracteur près de Netivot, le chauffeur tué

Accident de bus dans le Néguev : le chauffeur tué et 24 blessés dans une collision avec un tracteur sur la route 25

Par Claudine Douillet

Le chauffeur d'un bus qui transportait un groupe de jeunes filles en excursion a été tué ce vendredi matin dans une violente collision avec un tracteur sur la route 25, près du moshav Shibolim, aux abords de Netivot. Vingt-quatre passagers sont blessés, dont une femme de 61 ans dans un état grave.

Un choc d'une rare violence à l'entrée de Shibolim

L'accident s'est produit tôt ce vendredi 30 octobre sur la route 25, à hauteur de l'entrée du moshav Shibolim, dans le secteur du carrefour Gadi, au nord-ouest du Néguev. Le bus emmenait un groupe de jeunes filles en sortie lorsqu'il est entré en collision avec un tracteur.

Les secouristes de l'unité motocycliste du Magen David Adom, parmi les premiers sur place, décrivent une scène saisissante. Le bus était encastré dans l'arrière du tracteur, sa partie avant entièrement enfoncée par la violence de l'impact. Plusieurs alertes avaient été reçues en quelques minutes, et le MDA a immédiatement engagé ambulances, unités de soins intensifs mobiles et motos d'intervention rapide.

Le chauffeur n'a pas pu être sauvé

Prisonnier de son poste de conduite, le chauffeur, un homme d'une cinquantaine d'années, était inconscient, sans pouls ni respiration à l'arrivée des équipes médicales. Ses blessures étaient trop graves. Après examen, les paramédicaux n'ont pu que constater son décès sur place.

Trois passagères désincarcérées par les pompiers de Netivot

Les pompiers de la caserne de Netivot ont travaillé dans les débris pour libérer les passagères coincées dans la carcasse. Trois femmes ont été extraites conscientes avant d'être confiées aux secours. Parmi elles, une passagère de 61 ans souffrant de polytraumatismes, que les équipes du MDA ont soignée pendant même la désincarcération, en stoppant ses hémorragies avant son évacuation.

Une deuxième victime, âgée de 35 ans, est dans un état moyen avec des blessures aux membres. Vingt-deux autres passagers souffrent de blessures légères.

Soroka et Barzilaï mobilisés

De nombreuses équipes du MDA et de volontaires d'Ihoud Hatzala ont afflué sur les lieux pour prodiguer les premiers soins, tandis qu'un hélicoptère de sauvetage du MDA était dépêché sur la zone. Les blessés ont été répartis entre le centre médical Soroka de Beer-Sheva et l'hôpital Barzilaï d'Ashkelon, les deux grands établissements du sud du pays.

L'identité du groupe de jeunes filles et la provenance de l'excursion n'ont pas été communiquées à ce stade.

La route 25 fermée, la police routière enquête

Les policiers du district Sud ont bouclé la zone. La route 25 a été fermée à la circulation en direction de l'ouest le temps des secours et des constatations. Les enquêteurs de la police routière ont ouvert une enquête pour établir les circonstances exactes de la collision, qui restent inconnues pour l'instant.

Axe majeur du Néguev occidental, la route 25 relie Beer-Sheva à Netivot et dessert une région agricole où les tracteurs partagent chaque jour la chaussée avec les bus et les poids lourds.

Une semaine meurtrière sur les routes d'Israël

Ce drame survient cinq jours seulement après une soirée noire sur les routes du pays. Trois personnes avaient alors trouvé la mort dans deux accidents survenus à moins d'une heure d'intervalle. Dans la vallée de Beit Shean, un homme et une femme avaient été tués dans une voiture retournée sur le toit, trois autres occupants ayant été transportés à l'hôpital HaEmek d'Afula. Peu après, sur la route 465 près d'Aboud, un homme d'environ 35 ans avait perdu la vie dans une collision entre un camion et une voiture.

Sources : Walla News https://www.walla.co.il/news/israel/383959435 et Israel Hayom https://www.israelhayom.co.il/news/local/article/21740507

Collision entre un bus de jeunes filles et un tracteur sur la route 25 près de Netivot : le chauffeur tué, 24 blessés évacués vers Soroka et Barzilaï.

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Le Mamad : Annabel Maruani enferme la guerre d'Israël dans un abri de théâtre

Le Mamad : Annabel Maruani enferme la guerre d'Israël dans un abri de théâtre

 

Une professeure de dermatologie a écrit quatre pièces en Israël en pleine guerre de 2024. Réunies sous le titre Le Mamad, du nom de la pièce sécurisée des appartements israéliens, elles enferment voisins, amants et inconnus dans un abri pendant les alertes. Un texte qui réclame une scène.

Par Claudine Douillet

Une médecin française à Ichilov pendant la guerre

Annabel Maruani n'est pas dramaturge de métier. Médecin et professeure de dermatologie, elle séjournait en Israël en 2024 dans le cadre d'une collaboration avec le service de dermatologie pédiatrique de l'hôpital Ichilov, à Tel-Aviv. C'est là, entre les consultations et les alertes, qu'elle a commencé à écrire. Le théâtre est devenu pour elle une autre façon de dire ce qu'elle vivait, ce que vivaient les Israéliens autour d'elle, et les émotions qu'aucun compte rendu médical ne pouvait contenir.

Le mamad, pièce centrale de la vie israélienne

Le titre ne doit rien au hasard. Le mamad, acronyme hébreu de « espace protégé d'appartement », est cette pièce aux murs de béton armé et à la porte blindée, obligatoire dans les constructions israéliennes depuis le début des années 1990. Depuis le 7 octobre 2023, des millions d'Israéliens y ont passé des heures, parfois des nuits entières, au rythme des sirènes. Chambre d'enfant le jour, abri la nuit, le mamad est devenu le décor intime de la guerre. Un huis clos parfait pour le théâtre.

Enfermés ensemble le temps d'une alerte

Les sirènes retentissent sur Tel-Aviv et la mécanique se met en place. Dans ces abris de béton se retrouvent des gens que rien ne destinait à partager quelques mètres carrés : des familles et des voisins, des amants, des médecins et leurs patients, des touristes égarés, un chauffeur de taxi. Le temps d'une alerte, chacun est coincé avec les autres et avec lui-même. On s'y dispute, on s'y épuise nerveusement, on s'y découvre des élans de tendresse inattendus, on y tient des conversations surréalistes. Et surtout, on y continue de vivre, malgré une menace qui ne s'arrête jamais.

Humour, absurde et amour sous les roquettes

C'est la force du recueil : refuser le registre du drame pur. L'autrice fait cohabiter le rire, l'absurde, le sentiment amoureux et un réalisme sans fard. La guerre n'y est pas seulement tragique, elle devient le cadre de situations cocasses et de dialogues décalés. L'intime et le collectif s'y croisent en permanence, dans un équilibre fragile entre la peur, la dérision et l'humanité. Tous ceux qui ont vécu ces mois en Israël reconnaîtront ce mélange étrange d'angoisse et d'humour qui permet de tenir.

Un texte écrit pour être joué

Soyons honnêtes : Le Mamad se lit, mais il ne se livre pas entièrement à la lecture. Le théâtre est fait pour être vu, et ces pièces le rappellent à chaque page. Les répliques appellent des voix, les silences appellent des corps, les situations absurdes appellent un public qui rit. Sur le papier, il faut un effort pour reconstituer le rythme et la tension que la scène donnerait d'emblée. Un abri, quelques comédiens, une sirène : le dispositif est simple, presque fait pour les petites salles. On referme le livre avec une seule envie, voir ces textes joués.

Un appel aux metteurs en scène

Faute de contacts dans l'édition, Annabel Maruani a choisi l'autoédition sur Amazon, où le recueil est disponible en version papier et numérique. Le texte mérite mieux qu'une diffusion confidentielle. Les compagnies de théâtre, en France comme en Israël, les festivals et les centres communautaires qui cherchent à raconter l'après 7 octobre autrement que par le documentaire trouveront ici une matière vivante. Alliance lance l'invitation : que quelqu'un monte Le Mamad, et nous serons dans la salle.

 

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