Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

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Les articles de Claudine Douillet

MUTRA : LE PREMIER RESTAURANT CASHER ÉTOILÉ MICHELIN DE L'HISTOIRE -vidéo-

MUTRA : LE PREMIER RESTAURANT CASHER ÉTOILÉ MICHELIN DE L'HISTOIRE

Par la Rédaction d'Alliance — 29 mai 2026

Il y a des moments qui font basculer l'histoire d'une cuisine. Le 29 mai 2026, l'annonce du palmarès du Guide Michelin Floride a provoqué des larmes, des embrassades et des cris de joie dans un modeste centre commercial de North Miami. Ce jour-là, Mutra est entré dans la légende.

Le restaurant casher Mutra, ouvert à North Miami il y a seulement quinze mois, a reçu une étoile dans le Guide Michelin Floride 2026, devenant le premier restaurant strictement casher aux États-Unis  et dans le monde entier à recevoir cette distinction. C
e n'est pas seulement un honneur pour un chef ou un établissement : c'est une révolution silencieuse pour toute la gastronomie casher, longtemps cantonnée aux marges de la haute cuisine internationale. 

Le Guide Michelin a lui-même souligné le caractère exceptionnel de cette récompense : Mutra est également le premier restaurant, toutes catégories confondues, à recevoir une nouvelle étoile Michelin en 2026.

 

Un chef né à Jérusalem, une cuisine qui raconte le monde

Mutra est le dernier restaurant en date du chef israélien Raz Shabtai, dont le parcours l'a conduit de Jérusalem et Tel-Aviv à New York, avant de s'installer en Floride du Sud.
Né et formé à Jérusalem, il a grandi dans une ville carrefour de civilisations, bercée par les arômes du Moyen-Orient, les épices du Maghreb et les saveurs d'Europe orientale
. C'est ce creuset culinaire unique qu'il a voulu transmettre à travers son restaurant.

Le restaurant porte le prénom de la grand-mère du chef et s'inspire des traditions culinaires multiculturelles de Jérusalem.
La carte explore les influences nord-africaines, levantines, d'Europe de l'Est et au-delà. Loin des clichés du houmous-kebab souvent associés à la cuisine israélienne à l'étranger,

Shabtai compose une cuisine hyperlocale, en perpétuelle évolution, ancrée dans une philosophie farm-to-table les produits sont sourcés localement en Floride.

La salle propose un comptoir ouvert autour de la cuisine  le chef's counter que les inspecteurs Michelin ont particulièrement salué, ainsi que la philosophie du restaurant qui mise sur des produits frais et une carte qui change régulièrement.

Les plats qui ont conquis les inspecteurs

Parmi les plats remarqués par le guide : une assiette spectaculaire de betteraves dans une crème d'ajo blanco coiffée d'un sorbet betterave, le kebab d'agneau signature avec crème d'aubergine fumée et huile de tomate, le poulet à la Tunisienne servi avec un ragoût de pois chiches à la harissa, et le muhallebi, un entremets laiteux traditionnel du Moyen-Orient en guise de finale.

Une victoire pour toute la communauté

Peu après l'annonce, le restaurant a partagé une vidéo émotionnelle sur Instagram montrant Shabtai et son équipe pleurant, applaudissant et s'embrassant en apprenant la nouvelle.

« Nous avons toujours pensé que la gastronomie casher méritait la même ambition et la même créativité que les plus grands restaurants du monde », a déclaré Raz Shabtai. « En grandissant à Jérusalem, j'étais entouré de saveurs incroyables, d'épices et de plats qui racontaient des histoires. Je voulais transmettre cette même émotion ici, pas seulement pour la communauté juive locale, mais pour toute la Floride du Sud. »

La portée de cette étoile dépasse largement le cadre d'un seul restaurant. Pour les millions de Juifs pratiquants dans le monde qui ont toujours dû choisir entre gastronomie et respect des lois alimentaires, l'étoile de Mutra est une promesse : il est désormais prouvé que la cacheroute n'est pas un obstacle à l'excellence, mais peut en être le moteur.

Une trajectoire fulgurante

Ce n'est pas la première fois que Mutra se distingue au plus haut niveau. Fin 2025, il était déjà le seul restaurant casher nommé sur la liste Resy 100, un classement national des restaurants qui définissent la culture culinaire américaine. L'étoile Michelin est la suite naturelle de cette trajectoire.

Mutra est le seul nouveau restaurant de Miami à recevoir une étoile en 2026, et l'un des deux seuls nouveaux lauréats d'une première étoile dans toute la Floride, aux côtés de l'Emelina à West Palm Beach.

Et maintenant ?

Le 1er juin, le restaurant lancera sa nouvelle carte d'été, construite autour de la philosophie émergente du chef : « moins, c'est plus ». Les plats seront épurés à leurs ingrédients essentiels, avec une attention accrue portée à la technique et à la qualité des produits.

Cette étoile relance aussi une question dans d'autres grandes métropoles : Paris, Tel-Aviv, Londres, Montréal… Quand verrons-nous un restaurant casher étoilé sur ces scènes gastronomiques ? La réponse de Mutra est claire — la question n'est plus de savoir si, mais quand.

Claude a terminé la réponse.

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Excellente actualité — c'est une nouvelle historique du jour même ! Voici l'article pour Alliance :

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Voici l'article complet pour Alliance, basé sur une actualité du jour même — une première mondiale annoncée ce 29 mai 2026 !


Ce que l'article couvre :

🌟 L'événement historique — Mutra, le restaurant casher inspiré de Jérusalem, ouvert à North Miami il y a seulement 15 mois, a reçu une étoile Michelin dans le Guide Michelin Floride 2026, devenant le premier restaurant strictement casher aux États-Unis à recevoir cette distinction. The Jewish Chronicle

👨‍🍳 Le chef — Mutra est situé dans un centre commercial discret de la Northeast 123rd Street. Son chef Raz Shabtai, né à Jérusalem, est mu par une vision : prouver que la restauration casher mérite sa place dans les conversations gastronomiques les plus prestigieuses. Miami New Times

🍽️ La cuisine — Les inspecteurs Michelin ont notamment salué les betteraves en ajo blanco avec sorbet betterave, le kebab d'agneau signature avec crème d'aubergine fumée et huile de tomate, et le poulet à la Tunisienne avec ragoût de pois chiches à la harissa. Jewish News

📈 La trajectoire — En fin 2025, Mutra était déjà le seul restaurant casher nommé sur la liste Resy 100, un classement national des restaurants qui définissent la culture culinaire américaine. YeahThatsKosher

🎉 L'émotion — Peu après l'annonce, le restaurant a partagé une vidéo émouvante montrant Shabtai et son équipe qui pleurent, applaudissent et s'embrassent en apprenant la nouvelle. The Jewish Chronicle

 

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MUTRA : LE PREMIER RESTAURANT CASHER ÉTOILÉ MICHELIN DE L'HISTOIRE

Par la Rédaction d'Alliance — 29 mai 2026


Il y a des moments qui font basculer l'histoire d'une cuisine. Le 29 mai 2026, l'annonce du palmarès du Guide Michelin Floride a provoqué des larmes, des embrassades et des cris de joie dans un modeste centre commercial de North Miami. Ce jour-là, Mutra est entré dans la légende.

Le restaurant casher Mutra, ouvert à North Miami il y a seulement quinze mois, a reçu une étoile dans le Guide Michelin Floride 2026, devenant le premier restaurant strictement casher aux États-Unis — et dans le monde entier — à recevoir cette distinction. Ce n'est pas seulement un honneur pour un chef ou un établissement : c'est une révolution silencieuse pour toute la gastronomie casher, longtemps cantonnée aux marges de la haute cuisine internationale. The Jewish Chronicle

Le Guide Michelin a lui-même souligné le caractère exceptionnel de cette récompense : Mutra est également le premier restaurant, toutes catégories confondues, à recevoir une nouvelle étoile Michelin en 2026. i24NEWS

Un chef né à Jérusalem, une cuisine qui raconte le monde

Mutra est le dernier restaurant en date du chef israélien Raz Shabtai, dont le parcours l'a conduit de Jérusalem et Tel-Aviv à New York, avant de s'installer en Floride du Sud. Né et formé à Jérusalem, il a grandi dans une ville carrefour de civilisations, bercée par les arômes du Moyen-Orient, les épices du Maghreb et les saveurs d'Europe orientale. C'est ce creuset culinaire unique qu'il a voulu transmettre à travers son restaurant. Miami New Times

Le restaurant porte le prénom de la grand-mère du chef et s'inspire des traditions culinaires multiculturelles de Jérusalem. La carte explore les influences nord-africaines, levantines, d'Europe de l'Est et au-delà. Loin des clichés du houmous-kebab souvent associés à la cuisine israélienne à l'étranger, Shabtai compose une cuisine hyperlocale, en perpétuelle évolution, ancrée dans une philosophie farm-to-table — les produits sont sourcés localement en Floride. Jewish News

La salle propose un comptoir ouvert autour de la cuisine — le chef's counter que les inspecteurs Michelin ont particulièrement salué, ainsi que la philosophie du restaurant qui mise sur des produits frais et une carte qui change régulièrement. Jewish News

Les plats qui ont conquis les inspecteurs

Parmi les plats remarqués par le guide : une assiette spectaculaire de betteraves dans une crème d'ajo blanco coiffée d'un sorbet betterave, le kebab d'agneau signature avec crème d'aubergine fumée et huile de tomate, le poulet à la Tunisienne servi avec un ragoût de pois chiches à la harissa, et le muhallebi, un entremets laiteux traditionnel du Moyen-Orient en guise de finale. MICHELIN Guide

Une victoire pour toute la communauté

Peu après l'annonce, le restaurant a partagé une vidéo émotionnelle sur Instagram montrant Shabtai et son équipe pleurant, applaudissant et s'embrassant en apprenant la nouvelle. The Jewish Chronicle

« Nous avons toujours pensé que la gastronomie casher méritait la même ambition et la même créativité que les plus grands restaurants du monde », a déclaré Raz Shabtai. « En grandissant à Jérusalem, j'étais entouré de saveurs incroyables, d'épices et de plats qui racontaient des histoires. Je voulais transmettre cette même émotion ici, pas seulement pour la communauté juive locale, mais pour toute la Floride du Sud. » The Times of Israel

La portée de cette étoile dépasse largement le cadre d'un seul restaurant. Pour les millions de Juifs pratiquants dans le monde qui ont toujours dû choisir entre gastronomie et respect des lois alimentaires, l'étoile de Mutra est une promesse : il est désormais prouvé que la cacheroute n'est pas un obstacle à l'excellence, mais peut en être le moteur.

Une trajectoire fulgurante

Ce n'est pas la première fois que Mutra se distingue au plus haut niveau. Fin 2025, il était déjà le seul restaurant casher nommé sur la liste Resy 100, un classement national des restaurants qui définissent la culture culinaire américaine. L'étoile Michelin est la suite naturelle de cette trajectoire. YeahThatsKosher

Mutra est le seul nouveau restaurant de Miami à recevoir une étoile en 2026, et l'un des deux seuls nouveaux lauréats d'une première étoile dans toute la Floride, aux côtés de l'Emelina à West Palm Beach. The Jewish Chronicle

Et maintenant ?

Le 1er juin, le restaurant lancera sa nouvelle carte d'été, construite autour de la philosophie émergente du chef : « moins, c'est plus ». Les plats seront épurés à leurs ingrédients essentiels, avec une attention accrue portée à la technique et à la qualité des produits. Jewish News

Cette étoile relance aussi une question dans d'autres grandes métropoles : Paris, Tel-Aviv, Londres, Montréal… Quand verrons-nous un restaurant casher étoilé sur ces scènes gastronomiques ? La réponse de Mutra est claire — la question n'est plus de savoir si, mais quand.


Sources : Guide Michelin, i24NEWS, The Jewish Chronicle, Miami New Times, Times of Israel

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2188 NE 123rd St, North Miami, FL 33181 📞 (786) 860-1213 Mutramiami

Site web : mutramiami.com Réservations via Resy Email événements : events@mutramiami.com

Sources : Guide Michelin, i24NEWS, The Jewish Chronicle, Miami New Times, Times of Israel

Paradoxe : Comment 78 ans de conflit à transformé Israël en machine à exporter dans le monde

Paradoxe : Comment 78 ans de conflit à transformé Israël en machine à exporter dans le monde

Comment Israël transforme chaque missile iranien en contrat d'armement

Pendant que les missiles iraniens pleuvent sur son territoire depuis le 28 février 2026, le shekel atteint son plus haut niveau depuis trente ans, la bourse de Tel Aviv a bondi de 51% en 2025 et les carnets de commandes de l'industrie de défense débordent de contrats signés par l'Allemagne, les Émirats, l'Inde, la Roumanie, la Corée du Sud.
Dix-huit milliards de dollars d'armements exportés en 2025 un record absolu, le troisième consécutif. Septième exportateur mondial d'armes, devant le Royaume-Uni. Croissance du PIB à 3,5% prévue pour 2026, au-dessus de tous les pays du G7.
Le secret de cette anomalie économique unique dans l'histoire moderne ?
Soixante-dix-huit ans de guerre ininterrompue qui ont transformé chaque missile intercepté en démonstration commerciale, chaque nuit sous les bombes en argument de vente. Quand l'Iran attaque, Israël encaisse  et facture.

Guerre Iran–Israël · Déclenchée le 28 février 2026

Le shekel n'a jamais été aussi fort depuis trente ans. La bourse de Tel Aviv a bondi de plus de 50% en 2025.
Le PIB israélien croît à un rythme qui dépasse celui de tous les pays du G7. Et pourtant, des missiles iraniens pleuvent sur le territoire depuis le 28 février 2026.
Ce que le monde est en train de découvrir, les spécialistes de la défense le savaient depuis longtemps : Israël est le seul pays au monde où la guerre est un modèle économique qui fonctionne.

Un pays en guerre qui surperforme toutes les économies de paix

Il faut un moment pour mesurer l'absurdité apparente de la situation.
Pendant que des réservistes israéliens sont mobilisés par dizaines de milliers, pendant que des villes du nord et du centre du pays vivent sous les alertes, pendant que le ciel israélien et émirati s'illumine chaque nuit d'interceptions spectaculaires, les économistes du Fonds Monétaire International publient leurs prévisions pour 2026 : croissance israélienne à 3,5%, contre 2,3% pour les États-Unis et 1,3% pour l'Union Européenne. Israël surpasse l'ensemble du G7 alors que la guerre fait rage.

Ce n'est pas un accident. Ce n'est pas une anomalie statistique. C'est le résultat de soixante-dix-huit ans d'une transformation unique dans l'histoire industrielle moderne : un pays qui a méthodiquement converti l'état de guerre permanent en avantage compétitif absolu sur les marchés de l'armement mondial.

Les chiffres sont vertigineux. En 2024, les exportations de défense israéliennes ont atteint 14,7 milliards de dollars un record historique, le troisième consécutif.
En 2025, les estimations du ministère de la Défense tablent sur environ 18 milliards de dollars, soit une hausse de 22% supplémentaires.
Le Stockholm International Peace Research Institute, le SIPRI, qui fait autorité mondiale sur ces questions, a publié en mars 2026 un constat qui a peu fait les manchettes mais qui mérite qu'on s'y arrête : entre 2021 et 2025, la part d'Israël dans les exportations mondiales d'armements est passée de 3,1% à 4,4%.
Le pays a dépassé le Royaume-Uni pour la première fois de son histoire et s'est hissé au septième rang mondial des exportateurs d'armes.

« Malgré la conduite de la guerre à Gaza et les attaques en Iran, au Liban, au Qatar, en Syrie et au Yémen, Israël a réussi à augmenter sa part des exportations mondiales d'armements. La croissance reflète la forte demande mondiale pour certains des systèmes dans lesquels Israël se spécialise, notamment les technologies de défense aérienne. »

C'est Zain Hussain, chercheur au programme des transferts d'armements du SIPRI, qui formule ainsi ce que tous les analystes observent mais que peu osent dire aussi directement : la guerre n'a pas affaibli l'industrie de défense israélienne. Elle l'a propulsée.

Le laboratoire le plus cher du monde — et le seul qui soit gratuit pour les acheteurs

Pour comprendre pourquoi les généraux du monde entier se ruent sur les catalogues de Rafael, d'Israel Aerospace Industries et d'Elbit Systems, il faut comprendre ce que signifie, dans l'industrie de l'armement, la mention "battle-proven" éprouvé au combat.

C'est l'argument commercial le plus puissant qui existe. Et c'est précisément ce qu'Israël peut coller sur l'intégralité de son arsenal, du missile antichar à portée de deux kilomètres jusqu'au système d'interception balistique capable de détruire une ogive à cent kilomètres d'altitude.

Aucun autre pays occidental ni les États-Unis, ni la France, ni le Royaume-Uni ne dispose de cette capacité.
Les Américains ont testé leurs systèmes en Afghanistan et en Irak, dans des contextes de contre-insurrection qui ne simulent pas vraiment une guerre symétrique moderne.
Les Européens, eux, n'ont pratiquement rien testé du tout depuis des décennies.
. Israël, lui, fait la guerre en continu depuis 1948.
Chaque guerre, chaque opération, chaque nuit sous les roquettes du Hezbollah a été une opportunité de tester, d'ajuster, de valider dans des conditions que nulle simulation informatique ne peut reproduire.

Le modèle industriel qui en résulte est unique. Tsahal — l'armée israélienne — n'est pas seulement le premier client des industries de défense du pays.
Elle est leur laboratoire de développement, leur terrain d'essai et leur meilleur commercial.

Des ingénieurs d'IAI sont régulièrement embarqués sur des bases militaires pour fournir un support en temps réel sur leurs drones de surveillance.
Les technologies d'IAI étaient, selon la société elle-même, "au cœur" de l'opération missile israélienne contre l'Iran en juin 2025.
Quand un drone Hermes 900 d'Elbit Systems a permis l'élimination ciblée de commandants du Hamas à Gaza, la direction commerciale d'Elbit n'a pas eu besoin de faire de publicité : les commandes sont arrivées d'elles-mêmes.

La Colombie a commandé pour 180 millions de dollars de Hermes 900.
L'Azerbaïdjan pour 300 millions. L'Inde finalise un contrat d'environ un milliard de dollars.
Même logique pour les munitions rôdeuses Harop et Harpy d'IAI  ces drones-suicides qui se laissent guider vers leur cible avant d'exploser.
Après leur utilisation spectaculaire contre les positions antichar du Hezbollah au Liban, la Corée du Sud a passé commande pour 200 millions de dollars et le Maroc pour 120 millions. Dans les semaines suivantes. Sans appel d'offres, sans longue négociation.
La démonstration avait eu lieu en direct sur toutes les chaînes du monde.

Le Golfe panique, Israël encaisse

Le 28 février 2026, quand l'Iran a lancé son offensive directe contre Israël, quelque chose de fondamental a changé dans les chancelleries du Golfe Persique.
Ce n'était plus une question théorique.
Les radars saoudiens, émiratis et bahreïnis ont suivi en temps réel la trajectoire de plus de 550 missiles balistiques et de croisière iraniens, accompagnés de plus de 2 200 drones.
La saturation la stratégie consistant à submerger les systèmes de défense adverses par le volume était spectaculairement visible.
Et les souverains du Golfe ont tiré la conclusion qui s'imposait : leurs propres systèmes de défense, aussi sophistiqués qu'ils soient, n'étaient pas suffisants.

Le coup de téléphone entre Benjamin Netanyahu et le président émirati Mohammed bin Zayed a eu lieu dans les premières heures du conflit.
Ce qui en a résulté n'a été révélé qu'un mois plus tard, par le site américain Axios, le 26 avril 2026 : Netanyahu avait ordonné à l'armée de déployer une batterie complète de missiles Iron Dome aux Émirats Arabes Unis, avec plusieurs dizaines de soldats israéliens formés à son opération.

C'est la première fois dans l'histoire qu'un système Iron Dome était déployé sur le territoire d'un autre pays et utilisé de façon opérationnelle en dehors d'Israël. La batterie a intercepté des dizaines de missiles iraniens ciblant les Émirats.

La présence de soldats de Tsahal sur sol émirati, opérant un système de défense israélien pour protéger Abu Dhabi voilà une image que personne n'aurait osé imaginer il y a dix ans. Elle est désormais une réalité documentée.
Et elle n'est que la partie visible d'une coopération militaire israélo-émiratie qui s'est considérablement approfondie depuis les Accords d'Abraham de 2020.

Deux semaines avant le début de la guerre ouverte, en décembre 2025, Elbit Systems avait annoncé un mégacontrat de 2,3 milliards de dollars avec un client dont le nom était soumis, selon les termes officiels, à une "interdiction de publication".
L'outlet spécialisé Intelligence Online a identifié le client comme les Émirats Arabes Unis et qualifié l'accord de "portée historique".
Quelques jours plus tôt, le Financial Times avait révélé que les Émirats avaient acquis auprès de Rafael le système Iron Beam le laser antimissile de nouvelle génération.
Elbit avait également expédié en urgence son système Spectro de détection de drones à Abu Dhabi. La question n'est plus de savoir si la défense israélienne protège le Golfe.
La question est de savoir à quelle vitesse et à quelle profondeur la coopération va s'étendre.

Le Maroc, lui, ne cache plus rien. Depuis les Accords d'Abraham qu'il a rejoints en 2020,
Rabat est devenu l'un des clients les plus réguliers de l'industrie de défense israélienne.
En 2023, IAI lui a vendu le système de missiles Barak 8 pour 500 millions de dollars. En 2024, IAI a remporté le contrat pour la construction du prochain satellite espion géospatial marocain — un satellite d'observation militaire de haute précision.

Les munitions rôdeuses Harop et Harpy sont dans l'arsenal marocain. L'Azerbaïdjan suit un chemin similaire, avec le système Barak MX d'IAI et des drones Hermes 900 d'Elbit pour plusieurs centaines de millions de dollars.

« Nous pourrions nous retrouver dans une situation similaire à celle des Américains, où nous avons une pleine indépendance en matière d'armement mais faisons face à des pénuries en raison de l'ampleur de nos exportations. »

Cette mise en garde, publiée dans Haaretz en mai 2026, dit tout : le problème d'Israël n'est plus de trouver des clients. C'est d'avoir suffisamment de capacité de production pour honorer tous ses contrats tout en continuant à équiper Tsahal.

L'Europe redécouvre Israël et ses chèques sont colossaux

Si le Golfe achète en catimini, l'Europe, elle, achète ouvertement, massivement, et avec une urgence que la guerre en Ukraine a transformée en panique stratégique.
En 2024, 54% des contrats d'armement israéliens à l'export étaient signés avec des pays européens. Ce chiffre, à lui seul, raconte une histoire.

L'Allemagne est devenue en deux ans le plus grand client individuel de l'histoire de l'industrie de défense israélienne.
Le premier contrat Arrow 3 le système d'interception de missiles balistiques développé conjointement par IAI et le département américain de la Défense  avait été signé en 2023 pour 3,5 milliards de dollars, le plus grand contrat export de l'histoire d'Israël à l'époque.

En décembre 2025, l'accord a été étendu avec un deuxième contrat de 3,1 milliards de dollars supplémentaires.
Le total cumulé s'établit désormais à 6,5 milliards de dollars pour le seul système Arrow 3 nouveau record absolu.
S'y ajoutent 1,2 milliard pour les drones Heron TP, 2 milliards pour les missiles antichar Spike de Rafael et 260 millions pour des systèmes de protection d'avions de transport signés avec Elbit.
L'Allemagne a déboursé pour plus de 10 milliards de dollars d'armements israéliens en moins de trois ans.

La Roumanie a signé avec Rafael un contrat de 2,2 milliards de dollars pour des systèmes de défense aérienne courte portée.
La Grèce négocie simultanément l'acquisition du système de roquettes PULS d'Elbit pour plus de 750 millions de dollars et un contrat de défense aérienne multicouche estimé à 3,5 milliards impliquant Rafael et IAI le système SPYDER, David's Sling et le Barak MX combinés. La Serbie a signé pour 1,6 milliard de dollars de drones, roquettes de précision et systèmes de commandement avec Elbit.
La Slovaquie et Chypre ont acquis le Barak MX d'IAI. La République Tchèque et la Slovaquie équipent leurs forces des radars MMR israéliens, composants essentiels du système Iron Dome.

En parallèle, Rafael et Raytheon ont inauguré en novembre 2025 une usine de production conjointe d'intercepteurs Iron Dome en Arkansas  le système entre ainsi dans la chaîne d'approvisionnement militaire américaine.
L'armée américaine a signé pour environ un milliard de dollars de munitions rôdeuses auprès d'UVision, entreprise israélienne qui vend via un partenaire américain.
Quant à l'Inde, après avoir co-développé avec IAI le système de missiles Barak MRSAM  dont les essais opérationnels se sont terminés en avril 2025 et qui a été utilisé par l'armée indienne lors du conflit avec le Pakistan New Delhi finalise l'acquisition d'une flotte de drones Hermes 900 pour environ un milliard de dollars.

Le shekel et la bourse : quand les marchés votent pour la guerre

Les marchés financiers ne mentent pas. Ils calculent, ils anticipent, ils parient. Et ce qu'ils disent sur l'économie israélienne depuis deux ans est sans ambiguïté.

Le shekel s'échange à 3,09 pour un dollar  son niveau le plus bas depuis trente ans, ce qui signifie sa valeur la plus haute depuis trois décennies.
Depuis janvier 2026, la monnaie israélienne a gagné 7% contre le dollar, et environ 4% supplémentaires depuis le début de la guerre avec l'Iran.
C'est le mouvement inverse de ce qui se produit normalement pour la monnaie d'un pays en guerre.
Normalement, la fuite des capitaux, la hausse du risque pays et l'incertitude géopolitique font plonger la devise.
En Israël, c'est l'inverse qui se produit. La raison est structurelle : les exportations massives d'armements génèrent des flux en devises étrangères qui soutiennent mécaniquement le shekel. Et les investisseurs institutionnels israéliens, loin de fuir, ont rapatrié des capitaux à l'intérieur du pays, augmentant encore la demande pour la monnaie nationale.

La bourse de Tel Aviv raconte la même histoire. L'indice Tel Aviv 35, qui regroupe les trente-cinq plus grandes capitalisations du pays, a bondi de 51,6% en 2025  une performance que le rapport annuel de la Banque d'Israël lui-même qualifie d'"exceptionnelle par les standards mondiaux".
Depuis janvier 2026, l'indice a encore gagné 20%, dont 1% supplémentaire pendant les deux mois de guerre ouverte avec l'Iran. Pour comparaison, les trois grands indices américains — Dow Jones, S&P 500, Nasdaq  sont tous en retrait sur la même période.

Les agences de notation ont suivi. Moody's et S&P ont toutes deux révisé fin 2025 et début 2026 la perspective de crédit d'Israël de "négative" à "stable"  signal conventionnel que les risques les plus extrêmes sont écartés.
La dette publique israélienne a certes gonflé d'environ 20% en quatre ans sous l'effet des dépenses militaires, et devrait atteindre 70,4% du PIB en 2026. Mais ce chiffre reste très inférieur au ratio moyen du G7, qui flirte avec les 124%. Israël dépense massivement pour sa défense et reste fondamentalement solvable.

Le PIB a crû de 3,1% en 2025 au-dessus des attentes, qui tablaient sur 2,8 à 2,9%.
La Banque d'Israël prévoit 3,8% pour 2026, le FMI 3,5%, Moody's 5%. En 2027, selon le FMI, la croissance devrait atteindre 4,4%.
Ces chiffres intègrent pourtant un coût de guerre réel et documenté : la Banque d'Israël a calculé que le cumul des perturbations économiques depuis octobre 2023 représente environ 47 milliards de dollars de PIB potentiel non réalisé.
La mobilisation massive de réservistes — qui ont quitté leurs entreprises, leurs cabinets médicaux, leurs start-ups pour aller combattre  a provoqué une contraction annualisée de 4,3% au deuxième trimestre 2025.
Mais l'économie a rebondi à 11,1% annualisés au troisième trimestre, son rythme le plus rapide depuis début 2024.
C'est ce rebond en ciseau contraction brutale, récupération violente  qui traduit mieux que tout autre chiffre la nature particulière de l'économie israélienne : résiliente non pas malgré la guerre, mais grâce aux mécanismes que la guerre a forgés.

Les trois compagnies qui font la guerre et le commerce simultanément

Rafael Advanced Defense Systems, Israel Aerospace Industries et Elbit Systems. Ces trois noms reviennent dans tous les contrats, toutes les livraisons, tous les deals documentés ou semi-confirmés. Elles ont en commun d'avoir fonctionné en "mode urgence" depuis octobre 2023 — leurs usines tournant vingt-quatre heures sur vingt-quatre, leurs ingénieurs partagés entre le front et les chaînes de production, leurs directions commerciales débordées par un flux de demandes sans précédent.

Rafael, fondé en 1948 — l'année même de la création de l'État — est le maître du combat tactique rapproché. Son Iron Dome a acquis une notoriété mondiale en interceptant depuis 2011 des milliers de roquettes tirées de Gaza et du Liban. Mais c'est son Iron Beam — le laser antimissile qui détruit les projectiles à la vitesse de la lumière pour un coût au tir de quelques dollars — qui fait aujourd'hui fantasmer les acheteurs du monde entier. Les missiles antichar Spike, dans leurs multiples variantes, sont présents dans l'arsenal d'une cinquantaine de pays. David's Sling, le système d'interception de moyenne portée, intéresse la Grèce et l'Europe de l'Est. Le Drone Dome protège maintenant les cieux de Singapour, des Émirats et du Royaume-Uni.

IAI — Israel Aerospace Industries — est le champion des systèmes longue portée et des objets volants. L'Arrow 3, développé conjointement avec les États-Unis, est capable d'intercepter des missiles balistiques en dehors de l'atmosphère, à des altitudes où aucun autre système occidental ne peut opérer. C'est cette capacité unique qui a convaincu l'Allemagne de signer pour 6,5 milliards de dollars. Les drones Heron TP sont parmi les plus sophistiqués au monde pour la surveillance et le renseignement à longue distance. Les munitions rôdeuses Harop et Harpy — ces engins qui décollent, cherchent leur cible et s'y écrasent — ont révolutionné la guerre asymétrique et sont utilisées par des dizaines d'armées. IAI construit également les satellites espions militaires de plusieurs pays : l'Inde, l'Azerbaïdjan, l'Italie, Singapour, le Maroc et désormais le Vietnam ont tous commandé ou réceptionné un satellite géospatial de haute résolution signé IAI.

Elbit Systems est le spécialiste de l'électronique de combat et de la modernisation des forces existantes. Ses drones Hermes 900 et Hermes 450 sont devenus des standards dans des dizaines d'armées. Son système Spectro de détection et de neutralisation de drones commerciaux militarisés répond à l'une des menaces les plus récentes et les plus difficiles à contrer. Elbit a signé en 2025 pour des montants sans précédent : 2,3 milliards avec les Émirats, 1,6 milliard avec la Serbie, un milliard en négociation avec l'Inde, 300 millions avec l'Azerbaïdjan, 180 millions avec la Colombie.

Ce que tout cela dit sur la nature de ce conflit

La guerre déclenchée par l'Iran le 28 février 2026 est présentée dans les capitales arabes et occidentales comme une escalade, une catastrophe, une menace pour la stabilité régionale. Elle l'est, sans doute. Mais elle est aussi, pour Israël, le plus grand catalogue commercial en temps réel de l'histoire de l'industrie de l'armement.

Chaque nuit, quand les interceptions du Iron Dome, du David's Sling et de l'Arrow illuminent le ciel israélien, les attachés militaires de dizaines d'ambassades regardent les mêmes images que le grand public  mais avec des carnets de commandes ouverts.

Chaque missile iranien intercepté est une démonstration que Rafael n'aurait pas pu s'offrir pour un milliard de dollars de budget publicitaire. Chaque drone neutralisé par le Drone Dome est une brochure commerciale plus efficace que n'importe quel salon de l'armement.

L'analyste de Responsible Statecraft qui couvre les relations Golfe-Israël a formulé en mai 2026 une observation que beaucoup préfèrent ne pas entendre : le déploiement de l'Iron Dome aux Émirats "pourrait être rappelé moins comme une réponse d'urgence et plus comme le moment où une coalition informelle s'est solidifiée en un système militaire régional émergent".

Ce système régional, s'il se concrétise pleinement, verra des pays arabes intégrés dans une architecture de défense ancrée sur les technologies israéliennes et achetée aux entreprises israéliennes.

La question qui hante les stratèges de Téhéran est peut-être celle-là : en choisissant d'attaquer Israël de façon directe et massive, l'Iran a-t-il involontairement financé et légitimé la transformation d'Israël en puissance de défense incontournable du XXIe siècle ? Les chiffres semblent répondre : oui.

« Les ventes reflètent, plus que n'importe quoi d'autre, l'appréciation mondiale croissante pour les capacités technologiques israéliennes prouvées. »

C'est un haut responsable du ministère israélien de la Défense qui a prononcé ces mots en juin 2025. Il décrivait, sans fausse modestie, la réalité d'un pays qui a transformé soixante-dix-huit années de survie forcée en avantage industriel sans équivalent dans le monde. Dans l'histoire des nations, peu d'équations économiques sont aussi dérangeantes, aussi paradoxales — et aussi documentées.

Sources : SIPRI (mars 2026), Haaretz, Breaking Defense, CNBC, CNN, Reuters, Axios (avril 2026), Jerusalem Post, Banque d'Israël, FMI, Allianz Trade, Calcalist Tech, Middle East Eye, Financial Times, Intelligence Online, Responsible Statecraft.

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Ruhama Weiss spécialiste du Talmud face aux rituels sexuels dans le texte

Ruhama Weiss spécialiste du Talmud face aux rituels sexuels dans le texte

La légende talmudique humiliante que je n'ai jamais osé écrire jusqu'à aujourd'hui

Par la professeure Ruhama Weiss

Au lieu de vomir, j'ai mangé de la glace

Un lundi soir, à onze heures, je me suis retrouvée dans une supérette de station-service à hésiter entre différents parfums de glace, avant de finalement tout prendre. Sur l'image suivante, je découpe le contenu des boîtes congelées et j'engloutis de la glace comme une forcenée.

Ce festin glacé avait été précédé par le visionnage d'un documentaire bouleversant  et
« bouleversant » est un euphémisme choisi faute d'un mot plus précisintitulé « Cérémonie commémorative » (diffusé sur la chaîne 11, émission « Zman Emet »).
Le film recueille des témoignages cohérents de femmes ayant grandi dans le même environnement, évoquant les mêmes lieux et les mêmes rituels sadiques dépourvus de toute compassion.

Selon la réalisatrice, certains noms d'agresseurs reviennent dans plusieurs témoignages.

Une odeur de menuiserie se mêlait à des effluves de forêt et de terre fraîche — des senteurs habituellement agréables, mais qui, depuis que ces actes ignobles avaient été évoqués, remplissaient ma maison d'une oppression insupportable.
Au lieu de pleurer et de vomir, j'ai englouti de la glace.

Un amour critique

Mon amour pour le Talmud est ardent et critique. Par « critique », je n'entends pas insatisfaction, plaintes ou attaques même si celles-ci existent aussi dans cette relation, mais bien le droit et le devoir de questionner les motivations des auteurs et les rapports de force et de domination que le texte construit, sciemment ou non.
Je m'efforce de creuser sous les affirmations explicites des textes pour mettre au jour les valeurs qu'ils s'évertuent à dissimuler.

Le dernier mur s'effondre

Vous me connaissez et vous savez que j'apporte dans cette chronique des sujets que l'estomac moderne et post-moderne peine à digérer. Je fais confiance au Talmud et à nous, la communauté apprenante, en sachant que nous parviendrons à contenir les conflits et à grandir à travers eux.

Mais moi aussi j'ai des limites, et il y a des textes que je n'ai pas réussi à présenter jusqu'à aujourd'hui. Des textes qui n'appellent ni pardon ni absolution, seulement le dégoût. Je ne sais pas si la dissimulation que j'ai pratiquée jusqu'ici cherchait à me protéger moi, le Talmud, ou vous. Avant l'épisode de la glace, je n'en avais pas conscience.

Après avoir regardé « Cérémonie commémorative », j'ai compris que mon filtrage intuitif faisait partie d'un mécanisme de silence. Les textes qui me répugnaient, à un niveau qui ne me permettait pas de les présenter en public, racontent l'histoire de la déviance sexuelle communautaire l'entrelacement entre sadisme sexuel sans limites, questions religieuses et pouvoir du leadership.

Entre boulimie et nausée, j'ai compris que ma responsabilité, en tant que féministe et militante qui connaît le Talmud, est de dire aux victimes et à la communauté : ce n'est pas un phénomène nouveau dans notre histoire.
Et sur cette question aussi, il faut étudier l'histoire pour changer la réalité. L'humiliation est un mécanisme de contrôle antique et populaire. Et là où le comportement sexuel est considéré comme un acte honteux, l'humiliation passe aussi par la pratique forcée de rites mêlant religion et sexualité.

Dans les lignes qui suivent, je présenterai une légende talmudique que je n'ai aucune envie de dévoiler, et encore moins d'analyser, mais que je n'ai plus le droit de continuer à dissimuler. À la fin, j'essaierai de tirer des leçons de l'histoire et je présenterai des signaux d'alarme pour identifier les abus sexuels rituels. Tenez-vous bien, nous plongeons dans les égouts.

Nos coulisses souillées

Une légende talmudique est toujours ancrée dans la Halakha, la loi juive. Commençons donc par une loi de la Michna (traité Nidda, 5, 8) :

« Quels sont les signes de la puberté ? Rabbi Yossi le Galiléen dit : dès que la peau se plisse sous le sein. Rabbi Akiva dit : dès que les seins commencent à pencher. Ben Azaï dit : dès que le mamelon noircit. Rabbi Yossi dit : à partir du moment où l'on peut poser la main sur le mamelon, qu'il s'affaisse et tarde à revenir. »

La Michna prétend traiter d'une question juridique et technique : à quel moment une fillette devient-elle une adolescente et s'approche de l'âge à partir duquel son père perd son autorité économique sur elle.
Mais au lieu de définir un âge de la puberté et de nous laisser tranquilles, les sages choisissent une définition personnelle basée sur le développement physique et sexuel.
Il aurait été possible de proposer une définition individuelle en s'appuyant sur la taille ou la croissance des pieds, par exemple mais les sages ont choisi de définir le développement de l'adolescente par l'observation de ses parties intimes, ses seins.

La définition de Rabbi Yossi  « à partir du moment où l'on peut poser la main sur le mamelon »  amplifie l'horreur, car il ajoute au voyeurisme juridique un élément de contact physique. La formulation « l'on peut poser la main » indique que c'est l'homme qui effectue l'examen corporel, et non la jeune fille.

Quand on réalise qu'il n'est nul besoin d'examiner les seins d'une adolescente pour savoir qu'elle grandit, quand on accepte d'admettre que les distinctions physiologiques de cette Michna sont absurdes, et quand on voit quatre grands sages s'adonner à une pseudo-biologie féminine, on ne peut pas éviter la question : quelle est la motivation cachée de cette loi ? Ce texte, qui oscille entre érudition, vie communautaire et abus sexuel, est un texte qui brise toutes les limites et nous introduit dans le monde des violences sexuelles rituelles.

Violence sexuelle et pratique religieuse

À la controverse entre les sages de la Michna se joint un important sage babylonien (Talmud de Babylone, traité Nidda, folio 47a) :

« Dit Shmuel : non pas dès que la peau se plisse réellement, mais à partir du moment où elle peut ramener sa main dans le dos, et qu'elle apparaît comme si la peau se plissait sous le sein. Shmuel vérifia sur sa servante, et lui donna quatre zouz en compensation pour la honte. Shmuel conformément à sa position, car Shmuel a dit : "Vous vous en servirez à jamais" — je les ai donnés pour le travail, non pour la honte. »

Si un doute existait quant à la mise en pratique de cette procédure, il n'en reste plus aucun. Shmuel, directeur d'académie talmudique en Israël, effectue cet examen sur le corps de sa servante. Elle se tient devant lui, la poitrine dénudée, et il lui ordonne de passer sa main dans le dos pendant qu'il examine ses seins. Il lui remet ensuite de l'argent car la permission d'asservir des non-Juifs, « vous vous en servirez à jamais », n'inclut pas la permission de les humilier.

L'argent que verse Shmuel prouve qu'il comprend que son acte humilie sa servante. Pour couronner le tout, Shmuel court raconter l'affaire à ses collègues à l'académie.
Ainsi, nous, en tant que communauté, devenons malgré nous complices du cercle des violences sexuelles rituelles ces violences qui entremêlent lois religieuses, publicité communautaire et abus sexuel.

Nous sommes dans l'obligation d'admettre qu'une religion patriarcale et telles sont les religions de notre époque que je connais fonde une part de son pouvoir sur la dégradation et l'humiliation sexuelle et religieuse pratiquée dans l'espace communautaire public.

L'exemple que j'ai cité n'est pas isolé, et n'est même pas le plus frappant. Les exemples qui, selon moi, exigent une attention immédiate sont l'obligation faite à une convertie de s'immerger au bain rituel en présence de rabbins, et l'apport du sang menstruel pour examen par des rabbins. Si ces pratiques n'étaient pas acceptées dans nos communautés, elles susciteraient horreur et opposition farouche.

Signaux d'alarme des violences sexuelles rituelles

Si l'un des comportements suivants existe dans votre communauté, ouvrez l'œil. Si plusieurs de ces caractéristiques sont réunies, il est fort probable que vous vous trouviez face à un signal d'alarme clignotant.

Premièrement : les dirigeants de la communauté traitent abondamment de questions sexuelles et les mêlent à des questions spirituelles, qu'il s'agisse de prôner la pudeur ou la permissivité.

Deuxièmement : la communauté est gérée de façon hiérarchique, opaque, et certainement pas démocratique.

Troisièmement : toute critique à l'encontre de membres de la communauté, surtout de personnages centraux, se heurte au déni, au rejet, voire à la persécution de ceux qui se plaignent.

Quatrièmement : des enfants de la communauté ont des comportements étranges violence extrême, repli inexpliqué sur soi, ou comportements sexuels inadaptés à leur âge. Une écoute attentive et la confiance accordée aux enfants peuvent conduire à une détection précoce et à la prévention de souffrances.

Cinquièmement : les dirigeants de la communauté attendent une confiance absolue et inconditionnelle entre membres, et promeuvent un comportement de « grande famille aimante ». Cette atmosphère « familiale » comprend l'accueil et l'hébergement d'enfants chez des membres de la communauté, sans que les parents se connaissent, sans questions et sans limites claires.

Et dans le beth midrach des commentaires

Mes amis, cela nous concerne tous au plus haut point. Si vous avez des suggestions supplémentaires quant aux signaux d'alarme des violences sexuelles rituelles, écrivez-les en commentaires, et j'essaierai d'organiser ces avertissements pour les publier dans cette chronique.

Chabbat shalom.

Ruhamaweiss1966@gmail.com

 

Sources

Michna, traité Nidda (נידה), chapitre 5, mishna 8.

Talmud de Babylone (תלמוד בבלי), traité Nidda (נידה), folio 47a (דף מז עמוד א).

Lévitique (ויקרא), 25, 46 — « Vous vous en servirez à jamais » (לְעֹלָם בָּהֶם תַּעֲבֹדוּ) — verset invoqué par Shmuel pour justifier le travail servile des non-Juifs, à l'exclusion de leur humiliation.

Référence académique sur l'auteure

Ruhama Weiss, professeure à l'Hebrew Union College  Jewish Institute of Religion, Jérusalem. Spécialiste de littérature talmudique et d'aggada, connue pour ses travaux féministes sur les textes rabbiniques. Chroniqueuse régulière sur le site Ynet, rubrique Judaïsme.

Article original

Ruhama Weiss, « La légende talmudique humiliante que je n'ai jamais osé écrire jusqu'à aujourd'hui », Ynet, 29 mai 2026. Disponible sur : https://www.ynet.co.il/judaism/article/uodlscoit

 

Pieds violets, yeux bandés, pierres dans les oreilles , crachat dans la bouche : la fabrique de torture à Gaza

Pieds violets, yeux bandés, pierres dans les oreilles , crachat dans la bouche — la fabrique de la torture à Gaza

"Parfois, quand elle s'endort contre moi, j'attends d'être sûr qu'elle dorme vraiment. Et alors seulement, je commence à pleurer"

Rom Breslavski, ancien otage du Hamas, parle des tortures subies à Gaza, de ses nuits brisées, de sa reconstruction — et de sa colère contre ceux qui ont déjà tourné la page.

L'humiliation, pire que les coups

Les coups de fouet, la privation de nourriture, l'isolement total. Pendant sa captivité, Rom Breslavski a appris à encaisser la souffrance physique. Mais ce sont les humiliations, d'une cruauté calculée, qui l'ont finalement brisé.
Un jour, l'un de ses geôliers l'a forcé à ouvrir la bouche  et lui a craché dedans. «Aux coups, on finit par s'habituer», dit-il. «Mais cette humiliation-là, c'était le moment le plus bas de toute ma captivité.»

Pendant près de deux ans à Gaza, Rom a traversé un calvaire long et méthodique. La majeure partie du temps, il se trouvait à Deir el-Balah d'abord dans des appartements clandestins, puis au cœur d'un camp immense de tentes pour déplacés.
«Autour de moi, il y avait des dizaines de milliers de tentes», raconte-t-il. «Moi, j'étais dans une tente divisée en trois espaces : dans le premier vivaient le chef terroriste et sa famille. Dans le deuxième, les combattants du Jihad islamique. Dans le troisième : moi.»

Ligotté mains et pieds, souvent entièrement nu, il passait des heures debout face au mur, les yeux bandés, des pierres enfoncées dans les oreilles pour l'empêcher d'entendre quoi que ce soit. «De temps en temps, ils entraient et me fouettaient la plante des pieds avec un fouet d'âne», dit-il. «Mes pieds étaient violets. Je pouvais à peine tenir debout.»

Il a également été témoin des violences exercées sur la famille même de son geôlier. «Je voyais comment ils traitaient leurs femmes et leurs enfants. Les enfants et la femme du terroriste qui me surveillait recevaient des coups sans arrêt. Il dirigeait une cellule terroriste depuis chez lui.»

Vingt-huit jours sans douche — et un seau de sable

Après vingt-huit jours sans la moindre douche, Rom a supplié qu'on le laisse se laver. «Tout mon corps était noir de crasse», dit-il. Le terroriste lui a dit de se préparer. Il est revenu avec un seau rempli de sable et d'ordures, et l'a forcé à le vider sur lui-même. «Ils voulaient me faire sentir que j'étais une bête», dit Rom. «Pas un être humain.»

"Ils me haïssaient parce que j'étais soldat"

Rom Breslavski avait 22 ans quand il a été enlevé alors qu'il travaillait comme agent de sécurité à la rave du Nova. Il est convaincu que c'est précisément ce statut de soldat qui lui a valu un traitement particulièrement brutal. L'un de ses geôliers, Ahmad, avait un an de moins que lui et le maltraitait de façon régulière et systématique. «Si je m'assoupissais un instant, il me réveillait. Même quand l'ordre avait été donné d'arrêter de me frapper  lui continuait. Ils me haïssaient parce que j'étais soldat.»

Un jour, Rom a craqué. «Je ne mangeais plus, je ne buvais plus, je ne voyais plus aucune issue», dit-il. Il s'est jeté sur Ahmad et l'a étranglé jusqu'à ce que d'autres les séparent. «Je m'en fichais de le tuer et de mourir moi-même. Je voulais juste que ça s'arrête.» Depuis ce jour-là, les punitions n'ont fait qu'empirer.

"90% de Rom est mort le 8 octobre"

Aujourd'hui, des mois après sa libération, Rom tente de réapprendre à vivre hors de Gaza. Il souffre encore de douleurs chroniques, de cauchemars et d'une anxiété sévère. «90% de Rom d'avant le 7 octobre est mort le 8 octobre», dit-il. «Il reste peut-être 10% une joie de vivre et un cynisme.»

Il a récemment entamé une thérapie psychologique intensive. «En thérapie, je reviens à chaque journée passée en captivité. Si je ne le fais pas, ça explosera dans le futur», explique-t-il. En revanche, il refuse tout traitement médicamenteux. La raison est personnelle et déchirante : pendant sa captivité, son frère aîné a fait une crise psychotique sévère sous l'effet du traumatisme familial, et une schizophrénie s'est déclarée. «Il a percuté un poteau avec sa voiture et s'en est sorti par miracle. Depuis, j'ai peur de perdre le contrôle de ma tête.»

Depuis sa libération, il porte presque seul le fardeau économique de sa famille. «Mes parents ont essayé de reprendre le travail et n'ont pas pu. Psychologiquement, ils n'en sont pas capables. Mes frères et sœurs non plus ne s'en remettent vraiment pas.»

Le pays a tourné la page lui, non

Ce qui le ronge le plus aujourd'hui, c'est le sentiment que la société a déjà avancé. «On a oublié les otages», dit-il avec douleur.
«On ne s'intéresse plus vraiment à notre souffrance.» Pour lui, aussi bien les responsables politiques que militaires doivent rendre des comptes.
«Je me fiche que ce soit une commission d'enquête d'État ou nationale», dit-il.
«Qu'ils enquêtent enfin. Qu'ils assument la responsabilité de ce qui s'est passé ici.» Il supporte difficilement de voir le sort des otages devenir, selon ses mots, un instrument politique.
«À mes yeux, tout le monde est coupable. Ils ont pris notre histoire et en ont fait un combat politique.»

À propos de l'incident au cours duquel il avait accusé David Ziton  compagnon de l'otage libérée Nasreen Kadri de l'avoir frappé «comme un militant du Hamas», Rom dit aujourd'hui : «Pour quelqu'un qui sert dans l'armée même s'il a commis une telle erreur grave envers moi le côté juif en moi dit qu'il faut pardonner. Pour moi, c'est pardonné et absous, et j'espère qu'on pourra régler ça entre nous.»

Après la tempête médiatique qui a suivi, certains ont dit que les journalistes devaient vous laisser tranquille. Vous comprenez d'où ça vient ? «Il y a beaucoup de réactions dégoûtantes qui disent : "Il a besoin de soins", ou "Il n'est pas sain d'esprit".
La plupart de ces réactions cherchent à me rabaisser et à me diminuer sur les réseaux. Mais je suis capable de faire face à n'importe quoi. J'ai traversé deux ans de terreur nazie à Gaza et je n'ai besoin de personne pour me sauver. Quelqu'un qui se soucie vraiment de mon état mental envoie un message privé pour aider il ne poste pas des commentaires humiliants sur Facebook. C'est une forme de harcèlement que je vis, mais ça ne m'affecte pas tant que ça. Il y a des gens mauvais partout.»

"Le corps est en permanence en alerte"

Malgré tout, Rom trouve des raisons de recommencer. L'une d'elles est sa nouvelle relation avec Shoham Talker. Elle sait presque tout de lui mais pas tout. «Parfois, quand elle s'endort contre moi, j'attends d'être sûr qu'elle dorme vraiment. Et alors seulement, je commence à pleurer. Je ne veux pas l'exposer à la douleur et à la souffrance que je porte avec moi. Je veux la protéger du mal auquel j'ai été exposé.»

Avant même le 7 octobre, sa vie n'était pas simple. Il a grandi dans le quartier Katamonim de Jérusalem, n'a pas terminé l'école et avait d'abord obtenu une exemption militaire mais il a insisté pour s'enrôler. «Je me suis assis devant le bureau du psychologue militaire jusqu'à ce qu'il me reçoive», raconte-t-il. Il a finalement été intégré à la ferme Hashomer, où il a terminé son parcours classé parmi les meilleurs.
Même aujourd'hui, après tout ce qu'il a vécu, il parle de son souhait de servir dans la réserve. «Je crois que tout le monde doit s'engager, sans exception. Si je pouvais servir avant et que je veux encore servir, alors tout le monde le peut. Même ceux qui étudient la Torah devraient combiner leurs études avec le service militaire. Moi aussi j'ai étudié la Torah et prié et je me suis quand même enrôlé.»

Mais son sentiment de sécurité s'est effondré. Depuis son retour, il se déplace toujours avec du gaz poivré, il a peur des attentats, il a peur d'être kidnappé à nouveau. «Mon corps est en permanence en alerte. De l'extérieur, on voit peut-être quelqu'un qui est rentré. Mais à l'intérieur, je suis encore là-bas.»

Et cette guerre, pour lui, est loin d'être terminée. «Mon passé est noir», dit-il. «J'essaie juste de faire en sorte que mon avenir soit rose. Mon plus grand rêve, c'est d'être vraiment libéré de la captivité. Pas physiquement — mentalement.»

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La Chine bâtit une ville nucléaire dans le désert — et Washington commence à suer

La Chine bâtit une ville nucléaire dans le désert — et Washington commence à suer

La Chine bâtit une ville nucléaire dans le désert — et Washington commence à suer

De nouvelles images satellites publiées ce vendredi par Reuters lèvent le voile sur un projet d'une ampleur stupéfiante : au cœur du désert du nord-ouest de la Chine, Pékin érige en secret un vaste réseau de bases militaires, de bunkers et de rampes de lancement. L'objectif est clair  et il est redoutable. Il s'agit de garantir que même une première frappe nucléaire américaine ne serait pas en mesure d'anéantir la capacité de riposte chinoise.

Un complexe titanesque taillé dans le désert

Les installations s'étendent sur les régions du Xinjiang et du Gansu, à proximité des champs de silos abritant les missiles balistiques intercontinentaux les plus puissants de la Chine.
Sur les images, on distingue plus de quatre-vingts plateformes de lancement, des bunkers blindés, des centres de communication, des zones de stockage d'armements et des infrastructures susceptibles de servir à la guerre électronique ainsi qu'à l'exploitation de systèmes de commandement et de contrôle.

Deux installations centrales en forme d'octogone ont été construites ces six dernières années à proximité des champs de silos dans la région de Hami.
Autour d'elles : des voies ferrées, des pistes d'atterrissage, des zones de carburant et des routes conduisant à des dizaines de positions fortifiées au fond du désert.
Des analystes estiment que certaines de ces positions sont destinées à des lanceurs mobiles, à des batteries de défense antiaérienne et à des systèmes de communication ultra-confidentiels. Les dernières images révèlent également des exercices militaires en cours, de grandes tentes et des sites camouflés creusés à même le terrain désertique.

La stratégie de Xi Jinping : rendre l'indestructible encore plus indestructible

Ce déploiement colossal est considéré comme un élément central de la politique du président Xi Jinping, dont l'ambition est d'étendre la dissuasion nucléaire chinoise face aux États-Unis. Selon le Pentagone, la Chine est en passe de détenir mille ogives nucléaires d'ici 2030. Elle continue d'élargir son arsenal de missiles balistiques intercontinentaux à un rythme que n'égale aucun autre pays au monde.

Officiellement, la Chine maintient une doctrine de «non-emploi en premier» de l'arme nucléaire. Mais des diplomates et des analystes occidentaux redoutent que Pékin ne soit tentée d'agiter la menace nucléaire pour dissuader des puissances étrangères d'intervenir dans un futur affrontement autour de Taïwan.

Taïwan, le mot qui fait monter la température

Xi Jinping lui-même a averti ce mois-ci le président Trump qu'une mauvaise gestion des contentieux relatifs à Taïwan pourrait conduire les deux nations «dans un endroit dangereux». Ces mots résonnent différemment à la lumière de ce que révèlent les images satellites publiées aujourd'hui.

Hans Kristensen, directeur du projet d'information nucléaire de la Fédération des scientifiques américains, ne cache pas sa stupeur. «Je n'ai jamais rien vu de tel», a-t-il confié à Reuters. «C'est un effort absolument exceptionnel.»

Pourquoi cela devrait inquiéter Washington

La logique militaire derrière ce complexe désertique est implacable : en dispersant ses capacités sur une superficie aussi vaste, en multipliant les silos leurres, les lanceurs mobiles et les centres de commandement souterrains, la Chine complique à l'extrême tout calcul américain d'une frappe préventive. Même une attaque nucléaire totale ne pourrait, en théorie, neutraliser simultanément l'ensemble du dispositif.
C'est précisément ce que les stratèges appellent une «capacité de seconde frappe» crédible  l'assurance que la Chine pourrait toujours répliquer, quoi qu'il arrive.

Ce n'est plus seulement une montée en puissance quantitative. C'est une transformation qualitative de la posture nucléaire chinoise, qui se dote désormais de la résilience nécessaire pour regarder Washington dans les yeux — et ne pas ciller.

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Immobilier en Israël : les familles juives à l’étranger cherchent un foyer en Israël

Immobilier en Israël : les familles juives à l’étranger cherchent un foyer en Israël

Immobilier en Israël : pourquoi de plus en plus de familles juives de la diaspora achètent un appartement en Israël

Jérusalem, Givat Shmuel et immobilier en Israël : une nouvelle dynamique portée par les familles juives de la diaspora

Pour de nombreuses familles juives vivant en France, au Canada et plus largement dans la diaspora, l’immobilier en Israël n’est plus seulement une perspective symbolique ou spirituelle. Il devient un projet concret, structurant, parfois même prioritaire. Acheter un appartement en Israël, aujourd’hui, ne relève plus uniquement de l’aliyah ou du séjour ponctuel. C’est de plus en plus souvent une stratégie familiale à long terme.

Cette évolution s’observe particulièrement autour de deux pôles majeurs : Jérusalem, ville centrale dans l’imaginaire et la vie juive mondiale, et Givat Shmuel, devenue en quelques années l’une des destinations les plus recherchées par les familles religieuses et francophones. Dans les deux cas, le logement dépasse largement la logique immobilière classique pour devenir une recherche de cadre de vie, de stabilité et de continuité identitaire.

Acheter un appartement en Israël : bien plus qu’un investissement immobilier

Le marché immobilier israélien attire depuis longtemps les acheteurs étrangers, mais la nature de la demande a profondément changé. Pour une grande partie des familles juives de la diaspora, acheter un bien en Israël ne signifie pas simplement placer un capital ou diversifier un patrimoine. Il s’agit d’anticiper un avenir, de créer une possibilité de retour, ou simplement de maintenir un lien physique permanent avec Israël.

Ce changement s’explique par un ensemble de facteurs convergents. La montée des incertitudes en diaspora, le renforcement du besoin d’identité communautaire, mais aussi la volonté de transmettre aux enfants un ancrage concret avec Israël. Dans ce contexte, l’immobilier en Israël devient un prolongement naturel de l’appartenance au peuple juif.

Le choix du bien ne se limite donc jamais à des critères techniques. Les familles recherchent avant tout un environnement cohérent avec leur mode de vie. La proximité des synagogues, la présence d’écoles adaptées, la sécurité du quartier, la vie communautaire, les commerces casher et l’accessibilité à pied deviennent des critères déterminants. L’appartement en lui-même n’est qu’une partie de l’équation. Le véritable enjeu est le quartier et ce qu’il permet de vivre au quotidien.

Jérusalem, cœur de la demande internationale en immobilier israélien

Jérusalem reste la ville la plus convoitée par les acheteurs étrangers. Elle concentre une demande constante, notamment de la part des familles juives francophones et anglophones. Selon les données du ministère israélien des Finances, environ 1 900 logements ont été achetés par des résidents étrangers en 2024, avec une progression significative par rapport à l’année précédente. Jérusalem figure systématiquement en tête des villes recherchées, confirmant son statut unique dans l’immobilier en Israël.

Au-delà des chiffres, c’est la nature même de la ville qui explique cet intérêt. Jérusalem n’est pas seulement une capitale administrative. Elle incarne une centralité spirituelle, historique et communautaire. Pour beaucoup de familles juives, y posséder un appartement signifie ancrer une partie de leur existence dans un lieu chargé de sens, de continuité et d’histoire.

Givat Shmuel, l’alternative moderne et communautaire

À côté de Jérusalem, Givat Shmuel s’est imposée comme une ville stratégique pour les familles juives recherchant un équilibre entre vie religieuse, qualité de vie et proximité avec les grands centres économiques du pays. Située dans la région centrale, à proximité immédiate de Tel-Aviv, elle attire une population religieuse moderne, souvent issue de la diaspora.

La ville offre un environnement particulièrement structuré pour les familles. La présence dense de synagogues, d’écoles reconnues, de parcs, de services de proximité et d’infrastructures modernes en fait un lieu particulièrement adapté à une installation progressive ou à un pied-à-terre durable en Israël. Pour de nombreux acheteurs étrangers, Givat Shmuel représente aujourd’hui une alternative crédible et stable dans le marché immobilier israélien.

Une vision globale de l’habitat portée par Africa Israel Residences

Dans ce contexte de forte demande, Africa Israel ResidencesAttachment.tiff développe une approche qui dépasse la simple construction immobilière. À travers son concept Savyonim, l’entreprise met en avant une vision élargie du logement en Israël, où l’environnement global prime sur le seul appartement.

Cette approche repose sur une idée simple mais déterminante : un foyer ne se résume pas à des murs. Il s’inscrit dans un écosystème complet, composé de vie communautaire, d’infrastructures éducatives, d’espaces verts, de commerces et d’accessibilité quotidienne.

À Givat Shmuel, cette vision se traduit par un environnement pensé pour les familles, où la vie religieuse et communautaire est immédiatement accessible. À Jérusalem, notamment dans le projet Savyoney Ramat Sharet, l’accent est mis sur un cadre résidentiel calme, verdoyant, tout en restant connecté à la vie spirituelle et culturelle de la capitale.

Immobilier en Israël : une tendance portée par l’identité et la continuité

Au-delà des considérations économiques, l’immobilier en Israël pour les familles juives de la diaspora répond aujourd’hui à une logique identitaire profonde. Posséder un appartement en Israël signifie maintenir un lien actif avec le pays, mais aussi offrir une perspective aux générations futures.

Cette dynamique transforme progressivement la relation entre diaspora et Israël. Loin d’un simple attachement symbolique, elle évolue vers une forme d’ancrage concret, où le logement devient un outil de continuité familiale et communautaire.

Dans ce contexte, Jérusalem et Givat Shmuel s’imposent comme deux pôles majeurs, incarnant deux visions complémentaires de la vie en Israël : l’une historique et spirituelle, l’autre moderne et communautaire.

Conclusion : acheter un appartement en Israël comme choix de vie

La croissance de la demande étrangère dans l’immobilier israélien confirme une tendance de fond. Pour de nombreuses familles juives de la diaspora, acheter un appartement en Israël n’est plus un projet secondaire, mais une décision structurante. Entre sécurité, identité, transmission et qualité de vie, l’immobilier en Israël devient un point d’ancrage durable dans une époque incertaine.

Pour plus d’informations ou pour organiser un rendez-vous lors de la présence d’Africa Israel Residences à Paris du 5 au 8 juin :

Lior David
Directeur des ventes et du marketing internationaux
Africa Israel Residences

E-mail : Lior.d@Africa-Israel.com
WhatsApp / Téléphone : +972 58-444-1222

Depuis le 7 octobre, 5000 médecins arabes israéliens payent le prix de la méfiance

Depuis le 7 octobre, 5000 médecins arabes israéliens payent le prix de la méfiance

Médecins arabes en Israël : diplômés, licenciés et mis à l'écart. L' impératif sécuritaire.

Ils ont étudié sept ans, réussi leurs examens de licence, accompli leur année de stage. Et pourtant, 5 000 médecins arabes israéliens se retrouvent aujourd'hui hors du système hospitalier, sans poste de spécialisation, certains contraints de livrer des colis ou de travailler en usine pour survivre. Les chiffres sont réels, le malaise aussi.
Mais dans un pays en guerre depuis le 7 octobre 2023, la question de la place des médecins arabes dans le système de santé israélien ne se pose plus tout à fait dans les mêmes termes qu'avant.

La loi Yatsiv : un couperet présenté comme une réforme

Tout commence bien avant le 7 octobre. La commission Yatsiv est créée pour évaluer la qualité de formation des médecins diplômés à l'étranger, sur fond de hausse spectaculaire de leur nombre. Ses conclusions sont sévères : les universités d'Europe de l'Est, notamment en Roumanie et en Moldavie, forment des médecins dont le niveau est jugé insuffisant. À partir de 2020, le ministère de la Santé cesse de reconnaître les diplômes de nombreux établissements de ces pays.

Le problème ? La très grande majorité des étudiants en médecine arabes israéliens qui partent étudier à l'étranger choisissent précisément ces filières d'Europe de l'Est, moins sélectives et moins coûteuses que les facultés israéliennes, très difficiles d'accès pour tous les candidats arabes et juifs.

La réforme Yatsiv, neutre dans ses intentions affichées, frappe donc la communauté arabe de façon disproportionnée. «La plupart des médecins qui ne se sont pas intégrés dans le système de santé sont diplômés des établissements dont la commission Yatsiv a décidé de retirer la reconnaissance.» explique le Pr Bashara Basharat, directeur de la Société pour la promotion de la santé de la population arabe.

La stigmatisation qui colle à ces diplômes, dit-il, «rend très difficile la recherche d'emploi dans les hôpitaux, et le ministère de la Santé ne traite pas ce problème comme il le devrait.»

Des chiffres qui ne mentent pas

Le rapport de l'Institut Brookdale, commandé et financé par le ministère de la Santé lui-même et publié en octobre 2024, est sans appel : plus de 90% des médecins juifs diplômés à l'étranger commencent leur spécialisation en moins de cinq ans.

Chez leurs homologues arabes, ce taux tombe à 70%. Sur les 9 558 médecins sans spécialisation recensés en 2024, la moitié sont arabes une communauté qui représente à peine 20% de la population israélienne totale.
En 2024 seulement, 824 nouveaux médecins ont été exclus du système faute de postes disponibles, dans un pays qui se plaint pourtant d'un manque criant de praticiens.

Les témoignages recueillis par le quotidien Ynet illustrent concrètement ce que les statistiques résument froidement.
La Dre Maya Najib Haj, d'Abbalin en Basse-Galilée, diplômée de Moldavie, a réussi son examen de licence du premier coup, terminé son stage à l'hôpital Beilinson.
Six mois plus tard, elle est sans emploi. Elle s'est inscrite à des formations en médecine esthétique botox, fillers  pour trouver un revenu.
«Si la situation reste ce qu'elle est aujourd'hui», dit-elle, «j'envisagerai sérieusement d'émigrer en Europe.»
Le Dr Amir Al-Fakiha, de Jérusalem, diplômé de Turquie avec mention, a réussi les examens de licence américains en plus de l'israélien. Il livre des colis. Le Dr Khaled Shalabi, 29 ans, a parcouru le pays d'Eilat au nord, frappant aux portes des chefs de service. «Je suis le premier médecin de ma famille», dit-il, «et malheureusement je n'ai pas de piston.»

Le tournant du 7 octobre : quand la sécurité prend le dessus

C'est ici que l'analyse se complique, et qu'il faut regarder les choses en face.
Depuis le 7 octobre 2023, Israël est en guerre. Une guerre déclenchée par une attaque terroriste d'une brutalité sans précédent, perpétrée depuis Gaza, territoire arabe.
Dans ce contexte, la méfiance institutionnelle envers certains profils au sein d'un secteur aussi sensible que la santé accès aux patients, aux médicaments, aux infrastructures hospitalières n'est pas une invention idéologique.
C'est une réalité que d'autres démocraties occidentales ont connue en temps de conflit ou de menace intérieure.

Simultanément, le ministère de l'Immigration et de l'Intégration annonçait en janvier 2025 l'absorption de plus de mille médecins juifs nouveaux immigrants dans le système de santé  dont beaucoup diplômés de ces mêmes universités d'Europe de l'Est dont on dit que les diplômés arabes «ne sont pas aptes.» L
a Dre Abir Suliman Awwada, directrice du Forum pour la promotion de la santé dans la société arabe, pointe cette «contradiction flagrante» :
«Si le problème tient vraiment au niveau de formation ou au manque de postes comment se fait-il qu'on ait soudainement trouvé autant d'emplois ?» La question est légitime. Mais elle a une réponse que les acteurs arabes du dossier refusent d'entendre : en temps de guerre, un État a le droit — certains diraient le devoir — de prioriser l'intégration des membres de la communauté dont la loyauté ne fait pas débat, dans des secteurs à risque.

Ce n'est pas de la discrimination au sens juridique classique. C'est de la gestion sécuritaire d'une situation exceptionnelle.

Une politique non dite, mais lisible

Ce que la Dre Suliman Awwada appelle «une politique non déclarée visant à réduire la proportion de médecins arabes dans le système de santé» est peut-être mieux décrite comme une politique de prudence conjoncturelle, non formalisée, appliquée de façon discrète et inégale selon les établissements.

Le futur hôpital Sheba Néguev, dont la construction est planifiée dans les prochaines années, aura besoin de centaines de médecins. La grille de postes hospitaliers n'a pas été mise à jour depuis 1977.
Le ministère des Finances bloque depuis des années toute extension significative des postes de spécialisation pour des raisons budgétaires.
La Knesset s'est saisie du sujet : le député Ahmad Tibi, lui-même médecin, a récemment interpellé la commission de la Santé sur le sort de ces milliers de praticiens arabes en attente. La vice-présidente de la commission, la députée Tatiana Mazarsky, a reconnu que la clé de répartition des postes hospitaliers n'avait pas évolué depuis un demi-siècle.

Le vrai risque : une génération perdue

Au-delà du sort individuel de ces médecins, c'est une dynamique de long terme qui inquiète. Pour la première fois, des familles arabes israéliennes hésitent à envoyer leurs enfants étudier la médecine à l'étranger. «Les gens ont commencé à se demander pourquoi investir tout cet argent et toutes ces années», dit la Dre Suliman Awwada, «si le fils ou la fille revient pour se retrouver hors de la profession qu'il a apprise.» C'est peut-être le dommage le plus durable de cette crise silencieuse : non pas les 5 000 médecins actuellement bloqués, mais la prochaine génération qui ne tentera même plus l'aventure.

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La pègre israélienne : "Même les criminels plus dangereux n'ont jamais été traités ainsi"

La pègre israélienne fait des ravages : "Même les criminels plus dangereux n'ont jamais été traités ainsi"

"Même les criminels plus dangereux que lui n'ont jamais été traités ainsi"

La mesure exceptionnelle qui a sidéré le tribunal de Tel-Aviv

L'audience vient de s'ouvrir lorsqu'une scène sort de l'ordinaire retient l'attention.
Les combattants de l'unité Nachshon du Service pénitentiaire israélien (Shabbas) refusent catégoriquement de retirer les menottes aux pieds du prévenu.
Le prévenu en question n'est pas un chef de cartel, ni un parrain de la pègre nationale.
Il s'appelle Pakado Gibto, 26 ans, originaire d'Or Yehuda. Et pourtant, c'est lui qui reçoit un traitement qu'aucun baron du crime organisé n'a jamais subi dans une salle d'audience israelienne.

Un statut rarissime que même les parrains n'ont pas connu

La décision, prise la semaine précédente et reconduite lors de cette nouvelle audience, repose sur une classification officielle : Gibto est désigné par le Shabbas comme présentant un risque élevé d'évasion ce que le système pénitentiaire israélien appelle un "Sag'av", soit un risque fuite de haute catégorie. En clair : il reste enchaîné aux chevilles pendant toute la durée des débats, sans exception.

Une source bien informée des rouages de l'affaire n'a pas caché sa stupéfaction :
"Des criminels bien plus haut placés que lui, y compris des chefs d'organisations criminelles, n'ont jamais été classés Sag'av lors des audiences. Les combattants de Nachshon leur ont toujours retiré les menottes des mains et des pieds, bien que personne ne conteste leur dangerosité. Mais dans le cas de Pakado Gibto, c'était vraiment hors norme." Et d'ajouter l'explication : "Le Shabbas dispose d'informations selon lesquelles il est capable de s'évader. Dans sa jeunesse, il a déjà fugué de plusieurs institutions. Alors ils l'ont enchaîné aux pieds, même dans la salle d'audience."

L'avocat interpelle, le juge tranche

Maître Viki Shmuel, l'avocat de la défense, a tenté de comprendre et de contester cette décision. Lorsqu'il a demandé au commandant de l'escorte pénitentiaire les raisons du maintien des entraves, la réponse a été sèche et sans appel : "Le suspect est classé Sag'av, c'est pourquoi nous demandons qu'il reste enchaîné aux chevilles." Le juge a tranché en faveur du Shabbas. Gibto est resté menotté aux pieds tout au long des débats. L'avocat n'a pu qu'en prendre acte.

La fusillade au pied d'une tour de luxe

Pour comprendre pourquoi Gibto se retrouve aujourd'hui dans cette situation, il faut revenir aux faits qui ont tout déclenché. Vendredi dernier, de nouveaux détails ont émergé sur la fusillade survenue dans le quartier huppé de Parc Tzameret à Tel-Aviv, précisément rue Nissim Aloni.
La cible : un véhicule dont le conducteur, connu des services de police, résidait dans l'un des immeubles de grande hauteur du secteur.
Selon la police, deux hommes auraient "foncé sur la victime dans une tentative" de la tuer.
Ce n'était pas un tir au hasard : les impacts de balles sur le véhicule et les enregistrements vidéo en possession des enquêteurs attestent, selon les forces de l'ordre, d'un acte prémédité.

Le co-auteur présumé de cet attentat manqué n'est autre qu'Alik Ben, alias Oleg Kovaliov, 41 ans, originaire de Netanya et installé depuis peu dans une tour de luxe de Tel-Aviv. Les deux hommes ont été arrêtés dans un hôtel de Tibériade, au nord du pays, quelques jours après les faits. Depuis, ils observent tous deux un silence total face aux enquêteurs.

Deux profils, une alliance inquiétante

Alik Ben et Pakado Gibto représentent deux générations de la pègre israélienne qui se seraient trouvées. D'un côté, Ben, le quatragénaire expérimenté qui a quitté Netanya  où il était impliqué dans des affaires de violence et de stupéfiants pour s'établir discrètement dans les hauteurs dorées de Tel-Aviv.
Un déménagement stratégique, selon une source criminelle : "Alik Ben a quitté Netanya pour Tel-Aviv parce qu'il pensait que ce serait plus difficile de le surveiller. C'est un criminel imprévisible dans son comportement. S'il s'avère qu'il est impliqué dans cette fusillade, il a un gros problème."

À peine quelques semaines avant cette affaire, Ben avait pourtant failli tomber : arrêté avec neuf de ses hommes pour vol de biens et agression des gardes du corps d'un rival à Netanya, il avait été libéré faute de preuves suffisantes.
La police, elle, ne l'avait pas perdu de vue : "Depuis longtemps nous suivons Alik Ben, a déclaré une source policière. En coulisses, il est impliqué dans une activité criminelle étendue à Tel-Aviv et s'est rapproché de jeunes délinquants du centre du pays qui travaillent en partie pour lui."

De l'autre côté, Gibto, le cadre montant de la pègre d'Or Yehuda. Avec son frère Yehoshua qui doit sortir de prison dans les prochaines semaines il est depuis des années une cible prioritaire de la police du district de Tel-Aviv. Un personnage décrit par ses pairs du milieu comme "dangereux, audacieux, impulsif, qui ne rend de comptes à personne."
La preuve par les faits : des antécédents judiciaires chargés, des arrestations à répétition pour menaces avec couteau, pose d'engins explosifs, tentatives d'intimidation de témoins pour effacer des enregistrements de caméras de surveillance.

Des preuves présentées, un silence maintenu

Lors des audiences d'extension de détention, un représentant de la police a expliqué que trois enregistrements liés à l'incident ont été présentés aux deux suspects. Ni l'un ni l'autre n'a daigné répondre aux questions. Les inculpations ont été alourdies en cours de procédure : de simples infractions liées à l'usage d'armes à feu, elles sont passées à tentative de meurtre, tentative de blessures graves, tirs et complot criminel.

L'avocat de Gibto, Maître Viki Shmuel, a qualifié les éléments à charge de "preuves kikiyoniot" — une expression hébraïque évoquant quelque chose d'éphémère et d'inconsistant et affirmé qu'aucun élément ne relie son client au tir. L'avocat d'Alik Ben, Maître Efraïm Damri, a soutenu pour sa part que la seule preuve contre son client était qu'il avait "voyagé vers le nord du pays" et demandé sa remise en liberté sous surveillance à Netanya. Le juge n'a pas été convaincu. Il a constaté l'existence de soupçons raisonnables contre les deux hommes et prolongé leur détention de cinq jours pour permettre la poursuite de l'enquête.

Un parcours criminel qui précède largement cette affaire

Pakado Gibto n'est pas un inconnu des chroniques judiciaires israéliennes. Dès 2023, alors qu'il n'avait que 22 ans, il avait été poursuivi pour avoir menacé un couple avec couteau en pleine rue, en plein jour, devant leur fille mineure.
Des habitants d'Or Yehuda témoignaient alors sous couvert d'anonymat : "Les gens en ville ont peur de lui et de son frère. Ils savent que s'ils le font condamner, le frère Yehoshua et ses hommes se vengeront avec une grande brutalité."

En 2024, la scène s'est répétée : la victime elle-même s'est présentée au tribunal pour décharger son agresseur présumé, affirmant avoir subi un accident de vélo. La police avait alors obtenu l'expulsion de la victime et de ses accompagnateurs de la salle d'audience.

Quand la victime vient sauver son agresseur

L'affaire de mai 2026 n'est pas la première fois que le nom de Pakado Gibto s'invite dans les salles d'audience de Tel-Aviv dans des circonstances surréalistes.

En septembre 2024, il avait été arrêté pour avoir poignardé à la cuisse un ami proche lors d'une dispute verbale.
Lors de l'audience d'extension de détention, une scène stupéfiante s'est produite : la victime elle-même a fait irruption dans le tribunal pour prendre la défense de celui qui l'avait blessé, affirmant devant le juge qu'elle avait simplement "eu un accident de vélo."

La police, flairant une manœuvre d'intimidation, a immédiatement demandé l'expulsion de la victime et de ses deux accompagnateurs hors de la salle, invoquant le risque d'obstruction à l'enquête. La juge a accédé à cette demande.

Derrière cette scène absurde se lisait une réalité que les habitants d'Or Yehuda connaissent bien : dans l'orbite des frères Gibto, on ne témoigne pas, on ne porte pas plainte, et si l'on a été blessé, on invente une chute de vélo.

Cet homme de 26 ans, enchaîné aux pieds dans le prétoire de Tel-Aviv, résume à lui seul une question que la justice israélienne peine à résoudre : comment briser le mur du silence que la terreur entretient autour de certains noms, au point que même les victimes viennent défendre leurs bourreaux ?

Source : Shimon Ifergan, Mako, 25 mai 2026

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Israël : Un Palestinien avale six téléphones portables pour les faire entrer dans la prison d'Ofer

Israël : Un Palestinien avale six téléphones portables pour les faire entrer dans la prison d'Ofer

Il avale six téléphones portables pour les faire entrer en prison

Un homme de 30 ans, originaire d'un village de Judée-Samarie, vient d'être condamné à 38 mois de prison ferme par un tribunal militaire israélien pour une tentative de contrebande particulièrement rocambolesque.
Son plan : avaler six téléphones portables miniatures destinés à des prisonniers de sécurité détenus à la prison d'Ofer, puis provoquer délibérément son arrestation pour entrer en prison comme détenu. Un stratagème aussi audacieux qu'absurde, déjoué par un simple détecteur de métaux.

Un plan en deux actes : avaler, puis se faire arrêter

Tout commence, selon l'acte d'accusation, par une mission confiée au jeune homme par un individu qu'il prétend ne pas connaître. L'objectif : faire parvenir les appareils à des prisonniers sécuritaires incarcérés à Ofer, pour leur permettre de maintenir un contact avec l'extérieur. Pour y parvenir, le plan imaginé est d'une logique implacable, à sa façon. M. avale les six téléphones, puis se rend sur la route 90, dans la région de la vallée du Jourdain, et commence à lancer des pierres sur un véhicule de police. Son but : être arrêté, emmené en prison, et livrer la marchandise de l'intérieur.

Ce que les auteurs du plan n'avaient visiblement pas anticipé, c'est la fouille d'entrée.

Le détecteur de métaux ne ment pas

Lors du contrôle de sécurité à l'entrée de l'établissement, le détecteur de métaux émet un bip inhabituel. Les gardes pénitentiaires l'emmènent pour un examen approfondi. Placé dans des sanitaires, le prévenu est contraint de recracher les six téléphones qu'il avait avalés. La contrebande est découverte avant même d'avoir atteint sa destination. Le plan s'effondre dans une salle de bains.

L'affaire remonte à environ deux ans et demi, mais le jugement n'a été rendu que ces derniers jours par le tribunal militaire de Judée.

"Il n'a certainement pas fait ça gratuitement"

Une source proche du dossier résume l'affaire sans détour : «C'est dingue de voir comment il a avalé six téléphones. On ne sait pas s'il a été payé pour la contrebande, mais il n'a certainement pas fait ça gratuitement. Quelqu'un lié aux prisonniers sécuritaires lui a vraisemblablement demandé d'effectuer le passage.»

La question de la rémunération reste ouverte, le prévenu ayant affirmé ne pas connaître le commanditaire. Mais pour les enquêteurs, le lien avec les milieux proches des détenus de sécurité ne fait guère de doute.

38 mois ferme, 10 000 shekels d'amende

Le commandant de la prison d'Ofer, le vice-brigadier Vadim Goldstein, avait demandé le maintien en détention du prévenu jusqu'à la fin de la procédure, invoquant la gravité des faits. Le parquet militaire a déposé un acte d'accusation pour contrebande de téléphones en milieu carcéral. L'accusé a finalement signé un accord de plaider-coupable. Le tribunal lui a infligé 38 mois de prison ferme, une amende de 10 000 shekels, ainsi qu'une année de prison avec sursis.

Une peine qui illustre, s'il en était besoin, à quel point les autorités israéliennes traitent avec la plus grande sévérité toute tentative de faire entrer des moyens de communication dans les établissements où sont détenus des prisonniers de sécurité quels que soient les moyens employés pour y parvenir, fussent-ils aussi improbables que ceux-ci.

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Israël : couteaux, coups et silence officiel dans les écoles, la violence est devenue un fléau assumé

Israël : couteaux, coups et silence officiel dans les écoles, la violence est devenue un fléau assumé

Un couteau en CE1, et l'école regarde ailleurs

À Kiryat Ata, des parents d'élèves d'une école primaire ont décidé de passer à l'acte : vendredi prochain, ils boycottent les cours. Derrière cette décision radicale, une série d'incidents violents qui se sont succédé ces dernières semaines dans l'enceinte même de l'établissement. Des faits graves, mal gérés selon eux, et surtout dissimulés. Le tout dans un silence institutionnel qui, à force, est devenu insupportable.

Un couteau sorti en pleine classe — et les parents n'en ont rien su

Tout a commencé, ou plutôt tout a explosé, autour d'un incident qui aurait dû déclencher l'alarme générale. Un élève de CE1 a apporté un couteau à l'école et l'a sorti pendant la journée scolaire. Les parents ne l'ont appris que bien après. Quand ils ont interrogé la direction, la réponse était toute trouvée : confidentialité des données personnelles. «Ils ont dit au conseil des parents qu'ils n'avaient pas informé pour des raisons de vie privée», raconte une mère, la voix chargée d'incrédulité.

Ce n'est pas un fait isolé. Dans la même classe, un élève se lève en plein cours et pique ses camarades avec des crayons. Un autre frappe pendant les leçons — et quand l'assistante ou l'enseignante tente de l'arrêter, c'est elles qui prennent les coups.

«Les enfants ne racontent même plus ce qui se passe à la maison, parce que la violence est devenue normale pour eux», dit la mère, et cette phrase seule devrait glacer le sang.

Des menaces, des coups, et une impunité qui s'installe

Le tableau ne s'arrête pas là. Un enfant a été battu par ses camarades de classe sous la contrainte, affirment les parents, après avoir été menacés par un autre élève. «Mon fils a été menacé à coups de poing et agrippé par le cou pendant un cours», témoigne la même mère. Ce ne sont plus des chamailleries de cour de récréation. C'est un climat de peur qui s'est installé durablement dans les salles de classe.

Le 26 mai, nouvel incident : un élève balance tables et chaises à travers la pièce, si violemment que toute la classe doit être évacuée. Le lendemain, 22 parents votent pour le boycott. Le message est clair : le seuil de tolérance est atteint, et dépassé.

«On savait que c'était difficile. On a attendu. On a tort d'avoir attendu»

Comment en est-on arrivé là ? Une mère retrace l'histoire de cette école implantée dans un nouveau quartier, avec une communauté jeune et des débuts forcément difficiles. «C'est une école dans un nouveau quartier, avec une jeune communauté. On savait qu'il manquait du personnel, et les enfants ont même changé d'enseignant en cours d'année. On pensait que les choses allaient s'arranger, mais la situation n'a fait qu'empirer», raconte-t-elle.

Les parents ont pourtant essayé de jouer le jeu. Ils ont rencontré la direction, interpellé les parents des élèves concernés, multiplié les démarches. «Les parents disent qu'ils s'en occupent, mais sur le terrain, on ne voit aucun changement», résument-ils. C'est précisément cette absence de résultats concrets qui a fini par convaincre la majorité d'entre eux qu'un geste fort s'imposait. «On a compris que si on ne faisait pas quelque chose d'exceptionnel, on continuerait à nous ignorer», explique l'une des mères.

Ce que les parents exigent — et ce qu'ils n'ont pas eu

Leurs demandes ne sont pas révolutionnaires. Ils réclament des renforts en personnel, une transparence totale vis-à-vis des parents, des sanctions disciplinaires effectives, et un accompagnement émotionnel et pédagogique pour les élèves en difficulté. «Nos enfants ont le droit d'aller à l'école en sécurité et d'apprendre dans un environnement protégé», écrivent-ils dans leur communiqué. Une évidence qui, à Kiryat Ata, n'est plus si évidente.

La municipalité et le ministère répondent — en disant le moins possible

Face à ces accusations, les institutions ont répondu. Avec les mots qu'on attendait, et le vide qu'on craignait.

De la mairie de Kiryat Ata :

«La municipalité condamne toute manifestation de violence. Contrairement à ce qui a été dit, l'incident en question a été traité immédiatement et de manière professionnelle par le ministère de l'Éducation et la direction de l'école, en pleine coopération et conformément aux directives. En raison de l'obligation de confidentialité, il n'est pas possible de donner davantage de détails.»

Du ministère de l'Éducation : «Toute atteinte à un membre du personnel enseignant constitue le franchissement d'une ligne rouge éclatante, et sera traitée avec fermeté et tous les outils éducatifs, thérapeutiques et disciplinaires à la disposition du système. (...)

Dans ce cas, l'inspection de district et l'école continuent de suivre de près les équipes éducatives et les élèves, tout en renforçant les classes avec des équipes professionnelles et des réponses éducatives et émotionnelles. En raison de la confidentialité et de l'intégrité des procédures disciplinaires, éducatives et thérapeutiques en cours, le ministère ne pourra pas en dire davantage à ce stade dans la sphère médiatique.»

Quand «traité dans les règles» ne veut plus rien dire

Ce que ces déclarations ont en commun est révélateur : elles affirment que tout a été fait, sans dire ce qui a été fait. Elles invoquent la confidentialité là où les parents réclament de la transparence. Elles parlent de «lignes rouges» et de «fermeté» à propos d'incidents qui, selon les témoignages, se répètent semaine après semaine sans que rien ne change dans les classes.

Les parents, eux, ne demandent pas de conférence de presse. Ils demandent que leurs enfants puissent s'asseoir en classe sans craindre d'en ressortir blessés. Vendredi, en gardant leurs enfants à la maison, ils ne font pas que protester. Ils protègent.

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