Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Nili, l'unité secrète qui traque les bourreaux du 7-Octobre jusqu'en enfer

Nili, l'unité secrète qui traque les bourreaux du 7-Octobre jusqu'en enfer

Traque du 7-Octobre : comment l'unité « Nili » a déjà éliminé plus de 2 700 terroristes du Hamas

Trois ans après le massacre du 7-Octobre, Israël n'a rien lâché. Une unité conjointe du Shin Bet et de Tsahal, baptisée « Nili » en hommage au réseau d'espionnage juif de la Première Guerre mondiale, traque méthodiquement chacun des auteurs du pogrom. Plus de la moitié des 5 000 terroristes identifiés ont déjà été éliminés. Le reste sait qu'il n'a nulle part où se cacher.

Un Shabbat noir qui n'a jamais cessé de hanter Israël

Le 7 octobre 2023, des milliers de Gazaouis ont franchi la frontière israélienne, envahissant kibboutzim, festival de musique et bases militaires pour y massacrer plus de 1 200 personnes et enlever 251 otages vers la bande de Gaza.
Cette attaque demeure la plus meurtrière commise contre des Juifs depuis la Shoah. Israël a depuis établi une liste exhaustive de tous les participants identifiés, en s'appuyant sur les milliers de vidéos et de photographies que les terroristes eux-mêmes avaient diffusées en ligne pendant et après le carnage, croisées avec des logiciels de reconnaissance faciale.

Le nom Nili, un clin d'œil à l'histoire juive clandestine

Le choix du nom n'a rien d'anodin. Nili est un acronyme hébraïque tiré du Livre de Samuel, signifiant « l'Éternel d'Israël ne mentira pas ». Il rend hommage au réseau d'espionnage juif fondé en Palestine ottomane pendant la Première Guerre mondiale par Aaron Aaronsohn, sa sœur Sarah Aaronsohn et Avshalom Feinberg, qui renseignaient les Britanniques contre l'Empire ottoman au péril de leur vie. Un siècle plus tard, c'est ce même esprit de résistance clandestine que les services israéliens revendiquent en donnant son nom à l'unité chargée de traquer les bourreaux du 7-Octobre.

Une unité conjointe, discrète et redoutablement méthodique

Créée dans les jours qui ont suivi l'attaque, l'unité Nili rassemble des agents de terrain et des analystes du renseignement issus du Shin Bet et de Tsahal, certains évoquant également une implication du Mossad.
Elle fonctionne indépendamment des autres unités de commandement et de contrôle qui se concentrent sur la neutralisation des cellules de frappe et des terroristes de haut rang dans la bande de Gaza. Sa cible prioritaire reste la Nukhba, l'unité commando d'élite du Hamas qui a mené l'infiltration du 7-Octobre. Sa méthode : reconstituer patiemment le parcours de chaque terroriste identifié, localiser sa position et organiser sa neutralisation dès que les conditions opérationnelles le permettent.

Un bilan qui s'alourdit semaine après semaine

Les chiffres varient légèrement selon les sources israéliennes, mais la tendance est constante et sans appel. Sur les quelque 5 000 terroristes estimés avoir participé à l'attaque ou à la détention d'otages, plus de 2 700 auraient déjà été éliminés selon le Times of Israel, un bilan que d'autres médias israéliens situent autour de 2 561 victimes, dont environ un millier tuées lors des combats des 7 et 8 octobre eux-mêmes.

Chaque semaine apporte son lot de noms rayés de la liste. Récemment encore, quatre terroristes supplémentaires ont été neutralisés, parmi lesquels un chef de cellule ayant participé à l'assaut du camp de Réïm. Le Shin Bet estime toutefois que plusieurs centaines d'auteurs du massacre demeurent encore introuvables. Trois cents autres suspects ont été capturés vivants et attendent d'être jugés par des tribunaux militaires spéciaux, qui doivent encore être créés. Une condamnation pour génocide y sera passible de la peine de mort.

Le précédent de Munich, revendiqué comme une doctrine

Les responsables israéliens assument ouvertement la filiation avec l'opération Colère de Dieu, lancée après le massacre des onze athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972, lorsque le Mossad avait traqué pendant des années, avec un succès inégal, les responsables de l'attentat.
En 2024, lors des funérailles de Zvi Zamir, l'ancien chef du Mossad qui dirigeait les services secrets pendant et après Munich, David Barnea, alors à la tête de l'agence, avait averti que « si son fils a participé au massacre du 7 octobre, il a signé son arrêt de mort ». Une phrase qui résume, mieux qu'aucun communiqué officiel, la doctrine assumée par l'État hébreu : la mémoire ne s'efface pas, et la justice, même lente, finit toujours par rattraper les bourreaux.

Ce que cette traque dit d'Israël

Au-delà du décompte macabre, l'opération Nili raconte une conviction profondément ancrée dans la conscience israélienne : aucun massacre de Juifs ne peut rester impuni, où que se cachent ses auteurs. Ce message, adressé autant à Gaza qu'au monde entier, explique pourquoi ce simple nom, emprunté à des espions juifs d'un autre siècle, suffit aujourd'hui à faire trembler des milliers d'hommes qui pensaient avoir échappé à la justice.

D'après article de Israëlvalley

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Gadi Eisenkot, l'homme qui veut sauver Israël de lui-même

Gadi Eisenkot, l'homme qui veut sauver Israël de lui-même

Gadi Eisenkot, l'homme qui veut sauver Israël de lui-même

Ancien chef d'état-major devenu chef de parti, Gadi Eisenkot s'impose comme le principal rival de Benjamin Netanyahou à quatre mois des élections. Portrait d'un général endeuillé qui promet à Israël un nouveau chapitre, loin des extrêmes et des slogans.

Un général forgé par le deuil

Gadi Eisenkot n'a jamais cherché la lumière. Né en 1960 à Tibériade, fils d'immigrants juifs marocains, élevé à Eilat dans une famille modeste, il a gravi tous les échelons de Tsahal avant d'en devenir le chef d'état-major, de 2015 à 2019.
Commandant de la brigade Golani, puis de la région Nord, il est l'un des artisans de la doctrine Dahiyeh*, formulée après la guerre du Liban de 2006, qui a durablement marqué la stratégie militaire israélienne face au Hezbollah.

Mais c'est un drame personnel qui a transformé sa stature publique. Son fils Gal, 25 ans, est mort au combat à Gaza. Deux de ses neveux sont également tombés. Ce deuil, loin de le retirer de la vie publique, lui a conféré une légitimité morale que peu de responsables politiques israéliens peuvent revendiquer. Les Israéliens lui prêtent une qualité rare en temps de guerre, celle de ne pas sacrifier des soldats pour des raisons qui ne seraient pas strictement nécessaires.

La rupture avec Netanyahou

Contrairement à ce que son image de général pourrait laisser penser, Eisenkot n'est pas un homme du sérail politique.
Il entre en politique en 2022, aux côtés de Benny Gantz, avant de rejoindre le cabinet de guerre de Netanyahou en octobre 2023, au lendemain du massacre du 7 Octobre. Sa présence dans ce cabinet dure huit mois. En juin 2024, il démissionne avec fracas, accusant le Premier ministre de conduire la guerre sans stratégie claire.

Sa lettre adressée aux membres du cabinet, restée célèbre, dénonçait une confusion entre gains tactiques ponctuels et véritable neutralisation du Hamas.
Depuis cette rupture, les deux hommes s'affrontent sans détour. Netanyahou reproche à Eisenkot d'avoir freiné certaines opérations à Gaza, affirmant que le Hamas contrôlerait encore tout le territoire s'il l'avait écouté. Eisenkot, lui, appelle les Israéliens à mettre fin en octobre au règne de ce qu'il appelle le gouvernement du 7 Octobre.

Yashar, un parti pour tourner la page

Le 30 juin 2026, Eisenkot a officiellement lancé la campagne de son parti, Yashar, qui signifie droit ou intègre en hébreu. Le nom n'est pas un hasard. Il veut incarner l'inverse de ce qu'il présente comme la culture politique dominante, faite de calculs de coalition et de division entretenue.

Son programme place en tête la création d'une commission d'enquête d'État sur le 7 Octobre et sur la décennie qui l'a précédé, assortie d'un vaste plan de réhabilitation pour les victimes, leurs familles et les communautés du Néguev occidental et du Nord.
Sur le plan sécuritaire, il rejette la politique du pansement pratiquée selon lui par la coalition actuelle, au profit d'un concept de sécurité national et systématique, incluant le renforcement de Tsahal et la fortification des frontières.

Sur le dossier palestinien, Eisenkot refuse à la fois la création immédiate d'un État palestinien, qu'il juge risquée dans le contexte actuel, et l'annexion complète de la Judée-Samarie. Il se dit favorable aux implantations juives conformes aux intérêts d'Israël, une formule qui laisse volontairement la porte ouverte sur les détails.

L'un des piliers de son programme concerne le service militaire des Haredim, sujet parmi les plus clivants de la société israélienne. Yashar propose une loi de service national pour tous, intégrant orthodoxes et Arabes israéliens à l'armée ou au service civil, avec un plafond de 3% d'exemptions par classe d'âge pour les études en yeshiva. Le parti promet également de plafonner le service de réserve à 50 jours par an, une mesure destinée à soulager des réservistes épuisés par des centaines de jours de mobilisation.

Une réforme des institutions

Face à une coalition accusée d'avoir voulu affaiblir la Cour suprême et concentrer le pouvoir, Eisenkot propose l'inverse. Il défend un renforcement de l'indépendance de la Knesset, l'adoption d'une Loi fondamentale sur la législation destinée à clarifier les rapports entre les pouvoirs, et une loi limitant à deux mandats la durée d'exercice du poste de Premier ministre. Une manière directe de viser Netanyahou, au pouvoir depuis des années et actuellement en procès pour corruption.

Le programme aborde aussi la réduction des inégalités entre centre et périphérie, un objectif d'un million de nouveaux immigrants juifs par décennie, la revalorisation des enseignants, la lutte contre le crime organisé et le démantèlement des monopoles économiques.

Pourquoi il incarne une alternative crédible

Selon Gideon Rahat, chercheur à l'Israel Democracy Institute, Eisenkot apparaît comme favori précisément parce qu'il représente tout ce que Netanyahou n'est pas. Il n'est pas polarisant, il n'est pas populiste, et il cherche à unifier plutôt qu'à diviser. Son débit de parole lent, son air posé et rassurant tranchent avec les figures flamboyantes de la scène politique israélienne, lui conférant une aura de sagesse aux yeux d'une partie de l'électorat épuisé par des années de tensions.

Cette crédibilité s'appuie aussi sur un contraste personnel frappant. Là où Netanyahou est perçu comme un homme du sérail, formé aux États-Unis et empêtré dans des procédures judiciaires, Eisenkot vient d'une famille modeste, n'a jamais fait campagne sur ses liens avec Washington, et a payé le prix personnel le plus lourd dans cette guerre. Les Israéliens, selon Rahat, lui font confiance pour prendre soin du pays et non de lui-même.

Le contexte joue également en sa faveur. Les accords d'Islamabad entre Washington et Téhéran, perçus en Israël comme un revers diplomatique pour Netanyahou, ont fragilisé l'image du Premier ministre au moment même où Eisenkot lance sa campagne.

Une alternative encore incomplète

Reste que le chemin est loin d'être tracé. Novice en politique malgré son passé militaire, Eisenkot doit encore prouver sa capacité à diriger une campagne nationale et à construire une coalition. Il refuse pour l'instant de préciser avec quels partenaires il pourrait gouverner, se contentant d'affirmer qu'il fera tout pour que Yashar devienne la première force politique du pays. Sur les dossiers les plus explosifs, Gaza, les otages encore détenus, le Liban, l'Iran, les colonies, la réforme judiciaire et les ultraorthodoxes, ses positions restent parfois volontairement floues.

À quatre mois d'un scrutin qualifié par lui-même de décisif pour la sécurité, l'unité et l'âme d'Israël, Gadi Eisenkot avance sous le slogan Israël doit gagner. Reste à savoir s'il saura transformer sa crédibilité militaire et son capital de sympathie en victoire politique.

Doctrine Dahiyeh : stratégie militaire israélienne théorisée par Gadi Eisenkot après la guerre du Liban de 2006, et nommée d'après le quartier de Dahiyeh, situé dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah largement détruit par Tsahal durant ce conflit.

Le principe repose sur une riposte disproportionnée face à une menace ou une attaque venant d'une organisation utilisant des zones civiles comme base opérationnelle : plutôt qu'une réponse ciblée et proportionnée, Israël frappe massivement les infrastructures, y compris civiles, considérées comme liées au groupe armé, afin de dissuader durablement toute nouvelle agression.
Cette doctrine a depuis influencé la conduite de plusieurs opérations israéliennes, notamment à Gaza, et reste régulièrement invoquée, et critiquée, dans les débats sur la proportionnalité de la riposte militaire israélienne face au Hezbollah et au Hamas.

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À 30 ans, il quittait le monde ultra-orthodoxe. Aujourd'hui, il forme 250 000 Israéliens à l'IA

À 30 ans, il quittait le monde ultra-orthodoxe. Aujourd'hui, il forme 250 000 Israéliens à l'IA

Portrait de Bar Shealtiel

À 30 ans, il a quitté le monde ultra-orthodoxe. Aujourd'hui, 250 000 personnes suivent ses contenus sur l'intelligence artificielle

Il y a quatre ans, Bar Shealtiel essayait encore de comprendre comment fonctionne le monde laïc. Aujourd'hui, il dirige une communauté IA suivie par 250 000 personnes sur les réseaux sociaux. Entre-temps, il y a eu une maladie qui l'a immobilisé, la catastrophe de Meron, une sortie du monde religieux à 30 ans, et des débuts où il était pourtant persuadé que la technologie n'était pas pour lui. Il lance désormais des formations gratuites à l'IA pour les réservistes, leurs conjoints et les blessés de Tsahal. Rencontre avec un homme qui a choisi de miser sur les outils qui comptent vraiment.

Une renaissance à 30 ans

Certaines personnes changent de vie. Bar Shealtiel, lui, en a changé trois fois en quatre ans. Il s'est remis d'une maladie intestinale qui l'a mis hors service pendant six mois, puis il a quitté, après de longues années dans le monde ultra-orthodoxe, la communauté dans laquelle il avait grandi. « J'avais 30 ans, je me remettais d'une maladie et je commençais mon chemin dans le monde laïc, qui m'était totalement étranger, raconte-t-il . De 14 à 30 ans, j'ai vécu dans un monde ultra-orthodoxe très fermé, et soudain je me suis retrouvé seul. Sans amis, sans clients, sans même savoir comment m'habiller. »

Comme si cela ne suffisait pas, Shealtiel a aussi vécu la catastrophe de Meron de l'intérieur, où il a été blessé. « Je pense que cet événement, dont je porte encore le traumatisme, m'a donné le courage de poser des questions que je n'osais pas poser auparavant. J'y ai perdu un ami très proche et j'ai connu six autres personnes qui y sont mortes. Cette mort absurde et soudaine m'a poussé à me poser des questions très difficiles. Aujourd'hui, avec le recul, je peux dire qu'elles ont enclenché mon processus de sortie du monde religieux. »

Quand l'IA s'est invitée dans son fil

« Peu après ma sortie, tout le battage autour de l'IA a commencé, avec l'arrivée de ChatGPT. Il faut comprendre qu'à 30 ans seulement, je découvrais les réseaux sociaux, et soudain des vidéos sur le sujet ont commencé à apparaître. Au début, je les faisais défiler sans m'arrêter. Je me disais que je n'étais pas technophile et que ça ne me concernait pas. »

Après le 7 octobre, les choses ont commencé à changer. En couple avec Tamar, sa compagne, Shealtiel a voulu l'aider dans ses études universitaires. « Je voulais lui faire gagner du temps, qu'elle n'ait pas à passer des heures sur de longs articles en anglais ou à résumer des masses de documents. Tout est parti de là, et ça a très bien fonctionné. »

Les choses se sont enchaînées rapidement. Il a commencé à donner des cours particuliers à des étudiants, a testé les outils d'IA sans relâche, puis a ouvert, quelques mois plus tard, un premier groupe WhatsApp. Aujourd'hui, deux ans plus tard, il compte 250 000 abonnés cumulés sur les réseaux et anime un véritable club de formation à l'IA. Pas mal pour quelqu'un qui se croyait, au départ, totalement réfractaire à la technologie.

Le moment où tout a basculé

« La première fois que je me suis assis avec Tamar et que j'ai vu ses yeux s'écarquiller de stupeur, j'ai compris qu'il se passait quelque chose de grand, que je ne pouvais pas laisser passer. Je pense aussi à la première conférence du secteur à laquelle j'ai assisté, où des dizaines de personnes sont venues me raconter comment leur vie avait changé grâce à mon contenu. Des gens qui ont ouvert une entreprise, progressé dans leur carrière, ou simplement économisé des dizaines d'heures par mois. Cela m'a fait comprendre le sens de ce que je fais. »

Sans bagage tech, mais avec une méthode

« Je pense que c'est justement pour cette raison que ça fonctionne. À 30 ans, j'ai dû tout réapprendre de zéro, sans aucun bagage, sans connaissances, sans environnement pour m'aider. Et c'est ce que j'apporte. Beaucoup de gens qui réussissent pensent qu'ils ne sont "pas technologiques", mais au fond, ils meurent de peur de rester à la traîne et de perdre en pertinence. Mon objectif, c'est toujours de rester à hauteur d'yeux et de leur donner la confiance que c'est possible pour eux aussi. Parce que si j'y suis arrivé, ils le peuvent aussi. »

Des formations gratuites pour les réservistes

En juillet, Bar Shealtiel lance des formations gratuites à l'IA destinées aux réservistes, à leurs conjoints et aux blessés de Tsahal. « Cette idée m'a beaucoup travaillé, car j'ai reçu énormément de messages privés racontant des histoires très dures de réservistes. Ils sacrifient tellement pour nous, et pendant ces trois dernières années, ils ont justement manqué le tout début de la révolution de l'IA. J'ai senti que, par simple reconnaissance envers leur sacrifice, c'était le minimum que je pouvais faire.

« La décision est tombée le 28 février, quand un nouveau front s'est ouvert face à l'Iran et que la moitié de mon équipe est partie en réserve du jour au lendemain. En tant que petit entrepreneur, personne ne m'aide, alors qu'on me prend une partie essentielle de mon équipe, sans que personne ne se soucie de mes engagements envers mes clients ou mes fournisseurs.

« J'ai soudain ressenti dans ma chair ce que traversent les réservistes. Des chefs d'entreprise dont l'activité s'est effondrée, des gens qui ont vu leur poste occupé par quelqu'un d'autre, d'autres qui ont dû interrompre leurs études. Sans même parler de l'état psychologique et du traumatisme qu'ils portent. Une fois le round face à l'Iran terminé, j'ai annoncé que dès que mon équipe finirait ses réserves, on lancerait le cours. Et c'est exactement ce qui s'est passé. »

Un cursus autour de quatre outils clés

Le programme se concentre sur ChatGPT, Claude, NotebookLM et Lovable. « Je voulais leur faire découvrir sérieusement les outils centraux qu'offre le monde de l'intelligence artificielle, des outils adaptés au plus grand nombre de tâches et de métiers possible. Et bien sûr, leur montrer de façon très concrète comment en tirer des résultats, dans leur vie personnelle comme professionnelle. »

L'histoire qui reste gravée

« L'histoire la plus émouvante est celle d'un combattant de réserve rentré après des centaines de jours de service. Son entreprise s'était effondrée et il croulait sous les dettes. Il a commencé à apprendre l'intelligence artificielle pendant mes lives, a monté une nouvelle activité avec très peu de frais, et a très bien réussi. Il a réussi à rembourser ses dettes et fait aujourd'hui vivre sa famille dignement, malgré la crise qu'il a traversée. »

Trois outils dont il ne se sépare jamais

« Claude Code, NotebookLM et Perplexity. Claude Code, parce qu'il me permet de tout construire moi-même. NotebookLM est l'outil de recherche et d'apprentissage le plus précis, il ne répond qu'à partir des données que je lui fournis, et Perplexity est un outil de recherche en ligne qui cite toujours ses sources et sait désormais aussi créer du contenu. »

L'outil qui a tout changé

« Claude Code. On peut littéralement tout faire avec : sites web, applications, analyse de données, tableaux de bord, montage vidéo, présentations, pages d'atterrissage, à un niveau très élevé et avec une précision remarquable. »

L'erreur que presque tout le monde commet

« Malheureusement, c'est vrai pour presque tous les outils. L'exemple le plus fréquent reste celui de l'assistant conversationnel le plus connu, avec lequel la plupart des gens échangent de façon très superficielle. Ils passent à côté de fonctions essentielles comme la gestion de l'agenda, les résumés de mails, l'aide au choix de vacances, ou même la création et l'édition de fichiers PDF. Il existe tellement d'autres possibilités, et la plupart des utilisateurs se limitent à des requêtes très basiques. »

Rester à jour sans s'épuiser

« J'apprends tous les jours. Je teste tout, j'observe ce qui fonctionne vraiment et ce qui n'est que du battage inutile. Au final, l'objectif est de comprendre ce qui nous convient, ce qui nous fait gagner du temps et de l'argent, et ce qui apporte de bons résultats sans gaspiller d'énergie. Dès qu'on a une direction précise, on comprend quels outils nous sont vraiment nécessaires. Je n'ai aucune raison de courir après un outil qui ne me sert pas personnellement. »

Il puise ses sources directement chez les entreprises qui développent ces technologies, ainsi qu'auprès de sa communauté, qui l'interpelle régulièrement avec des demandes précises.

Sa vision pour l'année à venir

« Mon objectif est de construire un pont entre la plus grande révolution qu'ait connue l'humanité et le public israélien. De façon simple, claire et concrète, pour leur apporter des résultats réels avec le minimum d'effort et d'argent. »

Pour débuter, et pour investir

Pour les novices, il recommande de commencer par NotebookLM, le plus intuitif et le plus généreux en version gratuite, avant de s'attaquer à Claude Code, qui demande un vrai apprentissage mais démultiplie ensuite les capacités. Et si un seul outil mérite un investissement financier, c'est Claude Code, sans hésitation.

Son conseil pour ceux qui remettent à demain

« Pensez à une tâche précise, pas à quelque chose de trop vaste. Une seule chose que vous faites manuellement, qui vous prend du temps et de l'énergie, et trouvez l'outil qui, au minimum, vous fera gagner du temps et donnera un meilleur résultat. »

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Une panne informatique, Israël privé de cottage : le fiasco Tnuva qui affole le pays

Une panne informatique, Israël privé de cottage : le fiasco Tnuva qui affole le pays

La révolte du cottage : les grandes chaînes accusent Tnuva de les mettre dans une situation intenable

Une panne qui s'éternise, des rayons de plus en plus clairsemés et des distributeurs à bout de patience. En Israël, les grandes chaînes de supermarchés ont cessé de faire preuve de compréhension face à la crise d'approvisionnement qui frappe Tnuva, le géant israélien de l'agroalimentaire. Certaines d'entre elles sont même passées à l'offensive, en suspendant leurs commandes d'autres produits du groupe pour faire pression sur l'entreprise.

Selon des informations obtenues par Calcalist, plusieurs grandes enseignes de distribution ont commencé à sanctionner Tnuva en gelant leurs commandes de produits non essentiels, ceux pour lesquels des alternatives existent chez la concurrence. L'objectif est clair : envoyer un signal fort à l'industriel, dont la situation n'est plus tolérée par ses partenaires commerciaux.

Une pénurie qui exaspère les distributeurs

"Tnuva nous place dans une situation intenable vis-à-vis de nos clients. Des pannes, cela arrive, mais il est inconcevable qu'un problème ne soit pas résolu depuis plus de deux mois. Ils devront nous dédommager pour les pertes de ventes considérables que nous subissons à cause de cette panne", confie l'un des distributeurs concernés.

D'autres enseignes ont choisi une autre stratégie : documenter méthodiquement l'ampleur des ruptures et des livraisons incomplètes, en vue de réclamer des compensations financières aux laiteries. "Je ne peux pas me battre simultanément contre toutes les laiteries, donc pour l'instant je n'agis pas contre elles. Mais que les choses soient claires : leur comportement aura un prix, même s'il arrive en retard", avertit un responsable haut placé du secteur.
Concernant la pénurie de cottage en particulier, il se montre cinglant : "Il n'est pas acceptable qu'une entreprise classée comme économie essentielle en temps de crise soit incapable, pendant des semaines entières, de fournir un produit de base, et livre partiellement d'autres produits fondamentaux. D'autant plus lorsqu'il s'agit d'une entreprise qui domine le secteur, de sorte que personne d'autre ne peut combler le manque."

Une panne technique bloquée par le contexte sécuritaire

À l'origine de cette crise, une panne persistante à l'usine laitière d'Alon Tabor, dont la cause avait été révélée la semaine dernière par Calcalist. Le problème touche le système de contrôle technologique de l'entrepôt automatisé de l'usine, véritable "cerveau" qui pilote le stockage et la sortie des palettes.

Chez Tnuva, on explique que la défaillance affecte le système informatique du géant de la logistique Dematic, et que sa résolution nécessite l'intervention de techniciens venus de l'étranger. Or, ces derniers évitent de se rendre en Israël en raison du contexte sécuritaire. Une explication que Calcalist a toutefois nuancée : d'autres entreprises agroalimentaires équipées du même système Dematic reçoivent bel et bien la visite régulière des techniciens de la firme allemande pour leurs opérations de maintenance courante.

Cette panne logistique provoque un engorgement des palettes qui devraient sortir de l'usine pour être chargées, obligeant les équipes à un traitement manuel incapable de compenser pleinement le retard, d'où les rayons dégarnis. Des équipes internes de l'usine travaillent activement à résoudre le problème. Mais la tension croissante entre l'Iran et les États-Unis fait planer le risque que les techniciens étrangers continuent, dans les prochaines semaines, à éviter le territoire israélien.

Le cottage, symbole d'une crise plus large

Si la panne logistique touche l'ensemble des produits fabriqués à l'usine d'Alon Tabor, c'est sur le marché du cottage que la pénurie se fait le plus sentir, tant la préférence des consommateurs israéliens pour la marque Tnuva reste forte.
En 2025, les ventes de cottage ont progressé de 7,3 % pour atteindre 666 millions de shekels, un marché où Tnuva détient une part de 75,1 %, contre 16,9 % pour Strauss et 8 % pour Tara.

Face à la domination de Tnuva sur le marché du lait et des produits laitiers frais, ni Strauss ni Tara ne parviennent à combler l'écart entre l'offre et la demande. Résultat : des rayons de produits laitiers de plus en plus vides dans l'ensemble des chaînes. La pénurie de cottage, combinée aux livraisons partielles d'autres produits laitiers, provoque un report massif de la demande vers des produits de substitution, comme le fromage ski sous contrôle des prix, qui disparaît à son tour des étals, sans que les distributeurs obtiennent, selon eux, de réponse satisfaisante.

Des consommateurs contraints de payer plus cher

Cette situation exceptionnelle, sans précédent sur des produits de première nécessité, pousse régulièrement les consommateurs à se rabattre sur d'autres références, parfois plus onéreuses. C'est le cas des barquettes de fromage ski de Strauss de 125 grammes, non soumises au contrôle des prix, qui deviennent une alternative au format 250 grammes réglementé.

Ce phénomène s'aggrave à mesure que des rayons partiellement vides suscitent chez le consommateur une inquiétude et une tendance à acheter en quantités supérieures à l'habitude, ce qui accentue encore la pénurie. Certains magasins ont d'ailleurs affiché des limitations d'achat, restreignant les quantités par client.

Le risque d'une flambée des prix cet été

Autre crainte exprimée par les distributeurs : dans un contexte où la demande dépasse l'offre, laiteries et chaînes de supermarchés pourraient être tentées de réduire les promotions habituellement pratiquées. "Quelle raison une entreprise aurait-elle de baisser ses prix, quand de toute façon le consommateur achète ce qui est disponible, à n'importe quel prix ?", s'interroge un distributeur à propos des laiteries.

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Le calendrier secret des manuscrits de la mer Morte enfin déchiffré

Le calendrier secret des manuscrits de la mer Morte enfin déchiffré

 

Isolée dans le désert de Judée aux abords de la mer Morte, la secte de Qumrân, souvent identifiée aux Esséniens, vivait en marge du judaïsme officiel du Second Temple, rejetant l'autorité du grand-prêtre de Jérusalem au profit d'une discipline religieuse rigoureuse et d'une attente messianique intense.
C'est cette communauté qui a rédigé et conservé les manuscrits de la mer Morte, plus de neuf cents rouleaux retrouvés dès 1947 dans les grottes environnantes, aujourd'hui considérés comme l'une des découvertes archéologiques majeures du XXe siècle pour l'histoire du judaïsme et des origines du christianisme.
Parmi ces textes, un nombre impressionnant de manuscrits consacrés au calendrier et à l'astronomie révèle à quel point la mesure du temps sacré était, pour cette secte dissidente, bien plus qu'une question technique : un véritable enjeu identitaire et politique.

L'énigme du calendrier de Qumrân enfin résolue ? Une étude relance le débat

Après des décennies de controverse scientifique, une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université de Tel-Aviv apporte un éclairage inédit sur l'un des grands mystères entourant la secte de Qumrân : son fameux calendrier de 364 jours, longtemps considéré comme unique à ce groupe, était-il réellement utilisé au quotidien par ses membres, ou ne demeurait-il qu'une construction théorique jamais appliquée dans les faits ?

La recherche, conduite par la professeure Eshbal Ratzon, rattachée au département de philosophie juive ainsi qu'au département d'histoire et de philosophie des sciences et des idées de l'Université de Tel-Aviv, et publiée dans la revue académique Tarbiz, propose une réponse nuancée.
Selon elle, ce calendrier a bel et bien été appliqué concrètement aux premiers temps de la secte, jouant même un rôle central dans la rupture qui a mené à sa formation en tant que groupe séparé. Mais il aurait ensuite été abandonné, victime d'un défaut structurel qui le rendait, à terme, inapplicable, et d'un rapprochement politique avec le pouvoir hasmonéen d'Alexandre Jannée.

Un système parfait sur le papier

Le calendrier de Qumrân se distinguait radicalement du calendrier luni-solaire qui régissait la vie juive à l'époque du Second Temple. Il comptait exactement 364 jours, un chiffre divisible à la perfection par sept. Concrètement, cela signifiait que chaque année comprenait 52 semaines complètes, et que chaque fête tombait donc invariablement le même jour de la semaine. Pessah, par exemple, revenait chaque année à la date identique du calendrier hebdomadaire, tout comme l'ensemble des autres fêtes.

Pour les membres de la secte, cette régularité n'avait rien d'anodin : elle traduisait un ordre divin parfait, fixé dès la Création.
Le choix de ce calendrier portait aussi une dimension éminemment politique. En l'adoptant, la communauté rejetait l'autorité du pouvoir religieux et politique du Temple de Jérusalem dans la fixation du temps sacré. Ses membres considéraient que Dieu avait déterminé le calendrier une fois pour toutes lors de la Création, et qu'il n'appartenait à aucun homme d'y toucher.

Le défaut qui a tout fait basculer

Mais cette perfection mathématique cachait un vice de fabrication redoutable. L'année astronomique réelle dure environ un quart de jour de plus que l'année de 364 jours. L'écart paraît infime, mais il s'accumule rapidement. Pour mesurer l'ampleur du problème : en vingt ans d'utilisation continue, les fêtes se seraient décalées de près de quatre semaines par rapport aux saisons réelles.
Au bout de quelques décennies, la fête du printemps aurait fini par tomber en plein hiver, puis en automne. Pour une communauté qui associait ses fêtes à des événements agricoles concrets, moissons, prémices, cycles saisonniers, ce décalage constituait un problème de fond, impossible à ignorer.

L'équipe de l'Université de Tel-Aviv compare ce phénomène à une horloge qui retarderait d'une minute chaque jour. Au début, personne ne remarque rien. Mais après des mois, puis des années, l'heure affichée finit par ne plus avoir aucun rapport avec la réalité. C'est exactement ce qui serait arrivé au calendrier de Qumrân : idéal sur le plan conceptuel et mathématique, il se serait progressivement éloigné des cycles naturels qu'il prétendait maîtriser.

Deux théories jusqu'ici dominantes, et rejetées

Face à cette contradiction, les chercheurs avaient jusqu'à présent avancé deux hypothèses principales. Certains estimaient que les membres de la secte ajoutaient périodiquement des jours ou des semaines pour corriger le décalage. D'autres pensaient au contraire que ce calendrier n'avait jamais été mis en pratique, qu'il n'existait que comme cadre théorique.

La professeure Ratzon écarte ces deux explications, qu'elle juge non étayées par les manuscrits eux-mêmes. Selon elle, les textes montrent au contraire que ce calendrier constituait un pilier de l'identité religieuse de la communauté, et l'un des points de friction majeurs avec l'establishment religieux de Jérusalem.

L'étude souligne un indice frappant : près de vingt manuscrits retrouvés à Qumrân traitent spécifiquement de calendriers et d'astronomie, un nombre exceptionnellement élevé qui témoigne de l'importance capitale accordée à ce sujet par la communauté. Le Livre des Jubilés, l'un des textes centraux de la bibliothèque de Qumrân, attaque d'ailleurs vivement le calendrier lunaire traditionnel et présente le calendrier de 364 jours comme le calendrier originel, celui-là même transmis à Moïse sur le mont Sinaï.

Une reconstitution historique inédite

Sur la base de l'ensemble de ces éléments, la professeure Ratzon propose une nouvelle chronologie. Le calendrier aurait été concrètement appliqué dès les débuts de la formation de la secte, au deuxième siècle avant l'ère commune, contribuant à envenimer le conflit avec l'autorité religieuse de Jérusalem. Mais au fil des décennies, l'écart cumulé avec les saisons serait devenu un problème trop important pour être ignoré.

Parallèlement, l'arrivée au pouvoir d'Alexandre Jannée aurait changé la donne politique.
Ce souverain hasmonéen, dont les positions halakhiques se rapprochaient de celles de la secte et qui s'opposait ouvertement aux pharisiens, aurait rendu son autorité plus acceptable aux yeux des membres de Qumrân. Ce rapprochement politique et religieux leur aurait alors offert, selon l'expression employée par la chercheuse, une porte de sortie honorable : abandonner l'usage pratique de leur calendrier pour adopter celui en vigueur au Temple, tout en conservant le premier comme idéal théorique, fidèle à la Création et destiné, peut-être, à ressurgir à la fin des temps.

Le mot de la chercheuse

Pour la professeure Ratzon, ce calendrier a longtemps été perçu à la fois comme l'une des marques distinctives de la secte de Qumrân et comme l'une des plus grandes énigmes de l'étude des manuscrits de la mer Morte. Son étude propose de dépasser l'opposition binaire entre calendrier pratique et calendrier théorique : il aurait bel et bien fonctionné dans la réalité pendant une période donnée, avant de perdre sa fonction concrète sous l'effet des bouleversements politiques, pour devenir un idéal religieux et un symbole identitaire.
Cette lecture permettrait de comprendre à la fois la place centrale qu'occupe ce calendrier dans les manuscrits et sa disparition progressive de la pratique historique.

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Israël : Séparation des sexes à la fac de médecine - la science sacrifiée sur l'autel du dogme

Les doyens de médecine sonnent l'alarme contre la loi de séparation des genres : "un dommage irréversible"

Les doyens de médecine sonnent l'alarme contre la loi de séparation des genres : "un dommage irréversible"

À la veille du vote à la Knesset, les doyens des neuf facultés de médecine israéliennes ont envoyé une lettre virulente aux députés. Ils avertissent qu'étendre la séparation des sexes aux études de médecine menacerait la qualité de la formation médicale et la santé publique. Le professeur Arnon Afek, doyen de la faculté de médecine de l'université Reichman, va jusqu'à évoquer un risque pour la reconnaissance internationale de la médecine israélienne.

Un vote décisif cette semaine

À l'approche du vote en deuxième et troisième lecture du projet de loi sur la "séparation des genres" dans l'enseignement supérieur, les doyens des facultés de médecine israéliennes ont adressé ce lundi matin une lettre sans détour aux membres de la Knesset.
Le message est limpide : appliquer cette loi aux études de médecine et aux professions de santé porterait gravement atteinte à la qualité des soins en Israël et mettrait en péril la santé de la population.
"En tant que doyens des neuf facultés de médecine d'Israël, nous tenons à vous alerter : cette loi risque de causer un préjudice grave à la santé des habitants d'Israël, de compromettre la reconnaissance internationale de la médecine israélienne, et même de menacer la santé publique", écrivent-ils.

L'amendement à la loi sur les droits des étudiants permettrait la mise en place de filières séparées selon le genre pour les diplômes avancés, master et doctorat.
Le texte précise que cette séparation ne concernerait que les salles de cours, et non les espaces communs des établissements. Il prévoit aussi que l'ouverture de ces filières ne serait pas automatique : la participation resterait volontaire, aucun étudiant ne serait contraint d'y adhérer, et chaque établissement devrait obtenir une autorisation spécifique du Conseil de l'enseignement supérieur. Malgré ces garde-fous, le monde académique redoute l'exclusion, une atteinte à l'égalité des femmes, et une dégradation de la qualité de l'enseignement et de la recherche.

Le genre plutôt que la compétence

Les doyens des facultés de médecine préviennent que l'adoption de cette loi ferait du genre le critère déterminant dans la formation des futurs soignants, au détriment de l'expertise des enseignants. "Au lieu que ce soit l'enseignant, l'expert ou l'experte le plus compétent, qui forme les étudiants, c'est le genre qui deviendra le facteur décisif. Posez-vous la question suivante : si, à Dieu ne plaise, un de vos proches devait subir une opération, préféreriez-vous être opéré par le meilleur professionnel disponible, homme ou femme, ou par un chirurgien du 'bon' genre ?"

Aujourd'hui, la séparation des sexes dans l'enseignement reste limitée pour l'essentiel à la licence. Le projet de loi permettrait d'étendre ce dispositif à tous les niveaux, y compris aux diplômes avancés.

Les doyens soulignent également que l'apprentissage mixte, entre étudiantes et étudiants, ultra-orthodoxes, arabes et laïcs, constitue le socle d'un enseignement de qualité, adapté aux besoins réels de la population. "Chaque étudiant du groupe peut éclairer ses camarades sur les spécificités et les besoins propres à sa communauté."

"Un dommage irréversible"

Selon eux, porter atteinte à cet enseignement commun, pilier essentiel de l'adaptation des soins médicaux à l'ensemble de la population, entraînerait une perte de reconnaissance et de considération internationale envers les établissements d'enseignement supérieur israéliens. "En conséquence, les médecins israéliens ne pourront plus effectuer de fellowships dans les grands hôpitaux étrangers, ce qui portera un coup sévère à la disponibilité et à la qualité des médecins spécialistes dans le pays."

Parmi les signataires de la lettre figurent la professeure Relly Hershkovitz, présidente du forum, de l'université Ben Gourion du Néguev, la professeure Orly Avni de l'université Bar-Ilan, la professeure Keren Avraham de l'université de Tel-Aviv, et le professeur Arnon Afek de l'université Reichman.
Ont également signé le professeur Ami Aharoneheim du Technion, la professeure Ayelet Erez de l'institut Weizmann, le professeur Haim Bitterman de l'université de Haïfa, la professeure Iris Barshack de l'université d'Ariel en Samarie, et le professeur Eli Pikarsky de l'université hébraïque de Jérusalem.

Les doyens insistent sur un point : dans sa forme actuelle, le texte "permet seulement" l'enseignement séparé. Mais demain, avertissent-ils, "il pourrait s'accompagner d'une allocation de ressources dédiée, et le système de l'enseignement supérieur et de la santé, en manque chronique de moyens, se verrait contraint de céder à ce diktat impossible".

"Ce n'est pas un sujet politique"

"Ce n'est pas un sujet politique, c'est une question académique et professionnelle", affirme le professeur Arnon Afek, doyen de l'école de médecine Dina Recanati de l'université Reichman, directeur de l'institut Gertner au centre médical Sheba, et ancien directeur général du ministère de la Santé, dans un entretien accordé à Ynet. "L'avenir de l'enseignement supérieur en Israël en général, et de la médecine en particulier, sera irrémédiablement affecté par ce processus de séparation des genres."

"Il existe des diplômes professionnels, comme la médecine ou la psychologie, où l'enseignement mixte, hommes et femmes réunis, est déterminant pour une formation correcte. Car aujourd'hui, nous enseignons en groupe, dans un échange nourri mutuellement. Quand hommes et femmes sont assis côte à côte, on apprend les différents aspects médicaux propres à chacun.
Les hommes et les femmes sont totalement différents dans le domaine médical. Peut-on imaginer qu'un chercheur ou un médecin ignore les spécificités de l'autre sexe, n'en soit pas conscient ? Tout ce que nous voulons, c'est renforcer la conscience sociale, adapter la médecine aux deux sexes, à tous les secteurs de la population."

Le professeur Afek rappelle que l'enseignement mixte demeure la norme internationale. "Si nous en arrivons à des établissements qui enseignent de manière séparée, nous deviendrons un pays qui enseigne à contre-courant de ce qui est reconnu dans le monde. Cette situation risque de porter atteinte à la reconnaissance internationale des études de médecine en Israël, et c'est extrêmement grave. Cela signifie que nos médecins ne pourront plus, à l'avenir, se perfectionner à l'étranger. C'est là le danger qui en découle."

Il indique par ailleurs que la faculté de médecine de l'université Reichman ouvre actuellement sa troisième promotion, avec environ 15 % d'étudiants issus du secteur ultra-orthodoxe sur les 200 inscrits. "Je crois profondément à leur intégration dans le système. Je demande aux membres de la Knesset, avant de voter, de se poser une seule question : si, à Dieu ne plaise, l'un de vos proches avait besoin d'une opération, souhaiteriez-vous que ce soit le meilleur médecin, homme ou femme, qui l'opère, ou celui dont le genre correspond au sien ?"

 

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Le Shin Bet surveille tous les Israéliens depuis 2003 : ce que révèle l'affaire des fuites

Le Shin Bet surveille tous les Israéliens depuis 2003 : ce que révèle l'affaire des fuites

Une fuite savamment orchestrée peut sauver la vie d'un dirigeant, une autre peut faire tomber un journaliste.
Entre l'annonce lâchée depuis la voiture officielle après la réunion secrète sur l'élimination de Nasrallah et la pression exercée jusqu'à faire plier le Shin Bet contre Channel 12, un même mécanisme se répète : les fuites qui servent Netanyahu sont légitimées après coup, celles qui le dérangent deviennent une cible d'enquête.

Au cœur du dispositif, un outil vertigineux, l'OUTIL  : les métadonnées de communication* de l'ensemble des citoyens israéliens, collectées et conservées par le Shin Bet depuis 2003. Qui a appelé qui, quand, depuis où. Un fichage total de la population, justifié par la lutte antiterroriste, mais dont le potentiel de détournement politique inquiète jusque dans les rangs du renseignement. Le danger ne menace donc pas seulement la presse critique, il touche à l'équilibre même d'un service de sécurité sommé de choisir entre l'État et le chef du gouvernement.

La nuit où tout s'est joué

Fin septembre 2024, un convoi blindé entre dans une base du renseignement militaire près de Jérusalem. Netanyahu en descend. À ses côtés, Eli Feldstein, son porte-parole sécuritaire, un homme que le Shin Bet jugeait pourtant inapte à toucher du classifié. À l'ordre du jour : l'élimination de Hassan Nasrallah. La tension est extrême, certains officiers redoutent une fuite qui ferait fuir la cible.

Feldstein n'assiste pas à la réunion. Il n'en a pas besoin. À peine sortis, il écrit aux journalistes depuis la voiture : Netanyahu a dit « tout le monde est dans le viseur », en précisant qu'il s'agit de Nasrallah. Quelques minutes plus tard, Channel 14 publie le titre. Un officier confiera : « On aurait voulu s'arracher les cheveux. »

Aucune enquête n'a jamais été ouverte sur cet épisode. Ni sur beaucoup d'autres fuites, souvent plus graves. La règle est simple : qui détient le secret détient l'histoire, qui détient l'histoire détient le pouvoir.

Une méthode, pas un accident

Feldstein l'a confirmé lors de ses auditions : la fuite est une pratique courante au bureau de Netanyahu. Parfois le Premier ministre transmet lui-même des documents à la presse, parfois c'est Feldstein qui relaie des informations de réunions auxquelles il n'a pourtant pas assisté. Des plaintes ont été déposées, la censure militaire s'est agacée, rien n'a jamais bougé.

Bardugo et la chute du Shin Bet

Vendredi, une victoire inédite a été célébrée : après avocats, journalistes et manifestants, la machine de pression a réussi à faire plier le Shin Bet lui-même. David Zini a cédé, quelles qu'en soient les raisons. Résultat : Yaakov Bardugo a obtenu ce qu'il promettait depuis mars, une enquête contre Channel 12, pour un reportage jamais publié et un préjudice inexistant.

Pendant des mois, Zini avait jugé le dossier trop faible pour justifier une enquête. Puis le Shin Bet a affirmé que la décision datait d'avant sa rencontre avec Bardugo. Bardugo, lui, raconte être venu en personne plaider sa cause, en lobbyiste, non en journaliste. Un proche parent d'un journaliste de Channel 14 travaillant au Shin Bet aurait même assisté à l'entretien. Interrogé, le service n'a pas répondu.

Le communiqué officiel évoque une simple rencontre de routine. Mais le calendrier ne colle pas : la décision aurait précédé la réunion, alors que Zini s'y opposait encore publiquement après. La conseillère juridique du gouvernement, elle, n'apparaît nulle part dans le communiqué. A-t-elle validé l'enquête ? Personne ne le confirme.

Des critères oubliés

Netanyahu n'a pas le pouvoir d'ordonner une enquête. Les critères existent : sensibilité de l'information, préjudice réel, taille du cercle des initiés, chances d'élucidation. Une source proche du dossier l'affirme : « Ses plaintes ne correspondaient pas aux critères. Souvent il n'y avait même pas de fuite. » Mais depuis l'arrivée de Zini, en coordination avec le Malmab dirigé par le ministre de la Défense Israël Katz, fidèle de Netanyahu, les enquêtes pour fuite se multiplient. Toutes visent des journalistes critiques.

2013, quand il y avait encore des garde-fous

Retour en 2013. Netanyahu demande au chef du Shin Bet Yoram Cohen de surveiller sept à huit cents personnes pour protéger une opération sensible. Cohen refuse, le conseiller juridique Yehuda Weinstein le soutient. Netanyahu réclame aussi des tests polygraphiques pour des ministres soupçonnés de fuites. Refusé à nouveau. À l'époque, le non du conseiller juridique tenait bon face aux exigences du Premier ministre. Déjà, une logique s'imposait : la gravité d'une fuite se mesurait autant au préjudice politique pour Netanyahu qu'au danger réel pour l'État.

L'Outil qui sait tout

Le Shin Bet dispose d'une base de données colossale, surnommée en interne « l'Outil » : qui a appelé qui, quand, d'où. Ces métadonnées, collectées sur toute la population depuis 2003, sont précieuses contre le terrorisme, mais leur usage politique serait dévastateur. La loi impose une autorisation stricte du chef du service et interdit tout usage partisan. Rien n'autorise le Premier ministre à désigner une cible. Après un usage controversé pendant le Covid, les propositions d'encadrement ont toutes été enterrées.

Qui décide de ce qui est secret

Netanyahu l'a dit aux enquêteurs : « C'est moi qui décide ce qui sort. » Sous couvert de déclassification, il a révélé des extraits de réunions avec les chefs du Shin Bet et du Mossad, des procès-verbaux du cabinet, des contenus du briefing du matin du 7 octobre. Il a dévoilé des détails sur la tentative d'élimination de Mohammed Deif, sur son différend avec Joe Biden, sur les soupçons visant les bipeurs du Hezbollah. Jamais il n'a demandé d'enquête sur ces fuites-là.

Ce n'est qu'après l'arrestation de Feldstein que les plaintes contre les journalistes critiques ont commencé à pleuvoir, toutes classées faute de fuite réelle. Ronen Bar, alors chef du Shin Bet, avait freiné ces dérives, n'ouvrant une enquête que si les critères légaux étaient réunis. Depuis octobre, tout a changé : sous prétexte de protéger l'opération en Iran, des centaines de responsables sont désormais surveillés.

La chasse aux sources

Depuis mars, les ministres pressent Zini en Conseil : pourquoi Channel 12 échappe-t-il à tout ? Katz finit par ordonner l'enquête. Aussitôt, les noms de quatre journalistes visés fuitent d'une réunion confidentielle. « Le moyen le plus simple, c'est de vérifier qui a appelé le journaliste », confie un responsable du renseignement. On croise les métadonnées des initiés avec celles des journalistes. Le résultat est le même, seulement présenté autrement.

La question qui reste posée

Un chef du Shin Bet peut-il mobiliser cet arsenal sous la pression du Premier ministre et de ses alliés médiatiques ? Une démocratie ne peut accepter qu'un même homme contrôle à la fois le robinet des fuites et la machine chargée d'enquêter sur elles.

Une main fuite. L'autre enquête. Les deux appartiennent au même corps.

*Ce que sont réellement ces « métadonnées »

Contrairement à une écoute téléphonique, le Shin Bet ne capte pas le contenu des conversations.
L'outil dont dispose le service, opérationnel depuis 2003, collecte des métadonnées de télécommunication : qui a appelé qui, à quelle heure, depuis quel lieu, et quels autres appareils se trouvaient à proximité au même moment.
Ces informations sont transmises par les opérateurs télécoms en vertu de directives classifiées, et couvrent l'ensemble de la population, sans lien avec une quelconque suspicion préalable. Leur usage est en théorie strictement encadré par la loi : autorisation du chef du service, justification liée à une mission précise, rapport périodique au Premier ministre et à la conseillère juridique du gouvernement. C'est précisément le croisement de ces données, entre les numéros appelés par des détenteurs de secrets d'État et ceux de journalistes, qui permettrait de remonter jusqu'aux sources d'une fuite, sans jamais viser « officiellement » la presse elle-même.

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"Le Nomade" : l'agent bédouin infiltré qui a piégé le crime organisé du Néguev à Jérusalem-Est

"Le Nomade" : l'agent infiltré qui a piégé le crime organisé du Néguev à Jérusalem-Est

Un agent bédouin infiltré fait tomber des dizaines de trafiquants d'armes et de drogue en Israël

Une opération d'ampleur menée du Néguev jusqu'à Jérusalem-Est a permis l'arrestation de dizaines de suspects grâce à un agent infiltré surnommé "le Nomade", premier agent bédouin jamais recruté par l'unité Lahav 433.

Une opération sans précédent aux quatre coins du pays

Des centaines de policiers, de combattants des gardes-frontières et d'unités spéciales ont mené ce lundi matin des raids simultanés sur des dizaines de cibles à travers Israël.
Le bilan est lourd pour le crime organisé : des dizaines de suspects interpellés pour trafic d'armes illégales et de stupéfiants dangereux, parmi lesquels vingt figures qualifiées de "cibles majeures" par la police.

Cette vague d'arrestations est l'aboutissement d'une opération d'infiltration inédite. Pour la toute première fois, l'unité Lahav 433, chargée de la lutte contre le crime organisé, a activé un agent issu de la communauté bédouine. Surnommé "le Nomade", cet agent a opéré pendant une longue période au cœur même des réseaux criminels, gagnant la confiance de dizaines de suspects avant de les faire tomber, y compris des cibles considérées comme prioritaires.

Des dizaines de transactions d'armes et de drogue documentées

Durant sa mission, l'agent infiltré a mené des dizaines de transactions portant sur des armes de guerre et des stupéfiants. Il est parvenu à acquérir des armes à feu illégales, dont quatre fusils d'assaut M16 et des dizaines de pistolets, ainsi que près d'un demi-kilo de cocaïne. Chaque opération a été méthodiquement documentée, fournissant à la police des preuves suffisantes pour passer à la phase d'arrestations.

Selon la police, il s'agit de l'une des opérations d'infiltration les plus complexes menées ces dernières années, combinant activité clandestine prolongée, ruse opérationnelle et prises de risques considérables, le tout couplé à un travail méticuleux de collecte de preuves et de documentation des transactions d'armement et de drogue.

Des raids simultanés du Néguev à Jérusalem-Est

Au moment du passage à la phase visible de l'enquête, les forces de sécurité ont frappé simultanément ce lundi matin dans plusieurs localités du Néguev, à Rahat, Tel Sheva, Bir Hadaj, Arad, Dimona, mais aussi à Eilat et à Jérusalem-Est. Des dizaines de suspects ont été interpellés, dont vingt considérés comme des cibles criminelles de premier plan.

L'ampleur du dispositif engagé témoigne de l'importance accordée à cette opération. La gestion de l'agent infiltré a été assurée par l'unité Etgar de Lahav 433, en coordination avec la division des agents infiltrés du service de renseignement criminel de l'unité.
Sur le terrain, plusieurs forces d'élite ont été mobilisées : les combattants de l'unité Gidonim 33, ceux du Yamam, des gardes-frontières, dont les unités Mistaarvim de Jérusalem, du Sud et de la brigade tactique, les brigades de la garde nationale des gardes-frontières, la brigade de sécurité des frontières, les combattants de l'unité Matpa, ainsi que des policiers des districts de Jérusalem et du Sud.

"Aucun endroit où se sentir à l'abri", affirme le commissaire général

Le commissaire général de la police israélienne, Dani Levy, a salué les résultats de l'opération en des termes sans équivoque. "L'affaire du Nomade démontre une fois de plus qu'il n'existe aucun endroit où des criminels peuvent se sentir à l'abri du bras long de la police israélienne", a-t-il déclaré. Il a souligné que l'activation de l'agent, combinée au travail professionnel des enquêteurs et combattants de Lahav 433 et des unités partenaires, a permis de démasquer des dizaines de suspects et de déjouer des transactions d'armes et de drogue qui auraient pu coûter des vies humaines. "Nous continuerons à agir avec force, au grand jour comme dans l'ombre, contre les fauteurs de crime et de violence, où qu'ils se trouvent", a-t-il ajouté.

Lahav 433 promet de poursuivre la traque

De son côté, le chef de Lahav 433, le commissaire divisionnaire Mani Benjamin, a insisté sur la dimension stratégique de cette réussite. "La révélation de l'affaire du Nomade est le résultat d'une activité de renseignement, d'enquête et opérationnelle complexe, menée dans la durée par l'unité Etgar et la division des agents infiltrés du service de renseignement criminel de Lahav 433", a-t-il expliqué.
Selon lui, le fait d'avoir positionné l'agent au cœur même des réseaux criminels a permis de rassembler des preuves déterminantes, de mettre au jour une infrastructure criminelle de grande ampleur et d'infliger un coup dur aux trafiquants d'armes et de drogue actifs à travers le pays. "Lahav 433 continuera d'agir avec détermination, créativité et tous les moyens à sa disposition contre les acteurs du crime qui mettent en danger la sécurité du public", a-t-il conclu.

Une infiltration qui marque un tournant

Au-delà du bilan chiffré de cette matinée d'arrestations, cette opération marque une étape symbolique pour la police israélienne. Le recrutement et l'activation réussie d'un premier agent bédouin par Lahav 433 illustrent une évolution dans les méthodes de pénétration des réseaux criminels, en particulier ceux ancrés dans les communautés du Néguev. Cette approche, fondée sur une immersion longue et risquée au sein même des cercles délictueux, a démontré son efficacité en permettant de remonter simultanément des filières d'armement et de narcotrafic qui s'étendaient bien au-delà de la région du Sud, jusqu'à Jérusalem-Est.

Les autorités israéliennes indiquent que les investigations se poursuivent et que d'autres arrestations pourraient encore intervenir dans le cadre de cette même affaire, alors que la police entend maintenir la pression sur les réseaux de criminalité organisée à travers tout le territoire.

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Du palais de Beit Jala à la Cour suprême : le magnat palestinien qui défie Israël

Du palais de Beit Jala à la Cour suprême : le magnat palestinien qui défie Israël

Du palais de Beit Jala à la Cour suprême : le magnat palestinien qui défie Israël

Nasser Nasser, l'un des hommes d'affaires les plus puissants de l'Autorité palestinienne, a bâti un empire de la pierre exporté vers les États-Unis, l'Europe et le Golfe. Alors que le marché de Gaza s'est « quasiment effondré », il attaque Israël devant la Cour suprême pour les restrictions au pont Allenby et ce qu'il appelle « le monopole israélien » sur l'entrée des marchandises dans la bande. « La pauvreté et l'instabilité toucheront autant les Palestiniens que les Israéliens. »

Sur la terrasse de son palais de Beit Jala, entre terrasses de pierre et silence absolu, Nasser Nasser semble à mille lieues de la crise qui étrangle l'économie palestinienne. C'est pourtant de là que cet homme d'affaires, l'un des plus influents de l'Autorité palestinienne, a choisi d'ouvrir un front judiciaire frontal contre Israël : deux requêtes déposées devant la Cour suprême, l'une contre les restrictions au pont Allenby, l'autre contre l'exclusion des producteurs palestiniens du marché des marchandises destinées à Gaza.

L'ouvrier devenu roi de « l'or blanc »

Rien, dans le décor luxueux du palais, ne trahit le parcours de Nasser. Né dans une famille modeste de Yatta, au sud d'Hébron, il a commencé comme simple ouvrier dans une carrière poussiéreuse, puis chauffeur de camion sur la route Bethléem-Gaza. « Je n'ai hérité ni de millions ni de relations », dit-il. « Je me suis construit pierre après pierre. »

Il a ensuite acheté sa première carrière, investi dans la technologie, décroché des certifications internationales. Aujourd'hui, son groupe Nasser Investments exporte ce que le secteur appelle « l'or blanc » : une pierre palestinienne présente dans des tours américaines, des palais du Golfe et des bâtiments publics allemands. Sans étiquette politique marquée, il préside le Conseil de coordination du secteur privé et l'Union des hommes d'affaires palestiniens.

Gaza, un marché à l'arrêt

Pour Nasser, la rupture entre Gaza et la Cisjordanie est le coup le plus dur porté à l'économie palestinienne. « Nous avons perdu un marché qui représentait 35 à 40 % de notre économie. Aujourd'hui, ce taux est quasiment nul », affirme-t-il. Avant la guerre, 38 % des produits cisjordaniens rejoignaient Gaza, directement ou non.

Il accuse Israël d'avoir confié à quatre entreprises israéliennes le contrôle exclusif de l'approvisionnement de la bande, excluant tout commerce palestinien direct. « Nous considérons la Cisjordanie et Gaza comme un seul marché, un seul peuple, un seul pays. Imposer un intermédiaire tiers nuit directement à notre économie. »

Le secteur privé palestinien se dit prêt à participer à la reconstruction, « dès que seront levées les restrictions ». Une reconstruction qui pourrait, selon lui, s'étaler sur dix à quinze ans et devenir un moteur de croissance, à condition d'y être associé.

Allenby, le goulot d'étranglement

Seul point de sortie pour 3,5 millions de Palestiniens, le pont Allenby cristallise l'autre requête. Nasser dénonce des horaires réduits, six heures par jour contre un fonctionnement continu attendu d'un poste international. Résultat : entre 3 000 et 5 000 voyageurs quotidiens s'entassent dans un créneau trop étroit, aux côtés des camions de marchandises. Sur ce dernier point, le déséquilibre est frappant : 170 à 200 camions entrent chaque jour de Jordanie, contre 15 seulement dans l'autre sens.

Il cite en comparaison les passages de Wadi Araba et Cheikh Hussein, ouverts douze heures par jour, y compris le samedi, avec un franchissement de quelques minutes. Entre 2017 et 2019, un élargissement estival des horaires d'Allenby avait fait grimper la fréquentation de 20 %, jusqu'à 18 000 passages quotidiens. Un succès depuis abandonné. « Si le but est de faire pression sur les habitants de Cisjordanie, ces restrictions atteignent leur objectif. Faire fonctionner Allenby en continu n'est pas seulement une exigence politique, c'est une nécessité humanitaire. »

Milliards, shekels et fonds gelés

Nasser rappelle que la relation économique profite aussi à Israël : les importations palestiniennes depuis Israël pèsent entre 4,5 et 5,5 milliards de dollars par an, sur un total de 8,5 milliards.

Deux dossiers l'inquiètent particulièrement. D'abord les fonds de compensation, ces recettes fiscales collectées par Israël pour le compte de l'Autorité palestinienne et régulièrement gelées. « Une grande partie provient de la TVA payée par notre secteur privé à l'importation. La loi prévoit un remboursement sous 40 jours. Quand Israël bloque ces fonds, c'est notre liquidité qui s'effondre. »

Ensuite, l'excès de shekels en circulation sur le marché palestinien, faute de pouvoir les reverser aux banques israéliennes. Il propose de confier à un organisme international indépendant l'évaluation du volume réel en circulation, estimé à 35 milliards de shekels contre un plafond fixé à 18 milliards en 2019. « Le shekel est une monnaie israélienne. La responsabilité de sa réabsorption revient à Israël. »

« La pauvreté vous touchera aussi »

Pragmatique revendiqué, Nasser prévient que la situation se détériore des deux côtés de la frontière. Des dizaines de milliers de Palestiniens ayant perdu leur emploi en Israël, le marché du travail recule et l'activité économique se contracte.

Son avertissement vise autant Ramallah que Jérusalem. « La pauvreté et le manque d'opportunités sont un terreau fertile pour la violence et l'instabilité. Cela touche les Palestiniens comme les Israéliens. La politique actuelle ne sert les intérêts d'aucun des deux camps. »

Il conclut, terrasses de pierre en toile de fond : « Israël subit un préjudice réel en interdisant aux travailleurs palestiniens de venir travailler chez elle. Ce gouvernement idéologique ne sert ni l'agriculture ni le bâtiment, dans aucun des deux camps. »

Reste à savoir si la justice israélienne entendra l'un des hommes d'affaires les plus pragmatiques du camp palestinien, ou si la fissure économique continuera de s'élargir jusqu'à ébranler la stabilité régionale tout entière.

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Le Cœur de Brahma : voyage à travers la violence et la quête spirituelle -vidéo-

Le Cœur de Brahma : voyage à travers la violence et la quête spirituelle -vidéo-

Le Cœur de Brahma : quand un pogrom oublié devient un thriller mystique

Le Cœur de Brahma : voyage à travers la violence et la quête spirituelle Entretien avec le docteur Yves-Victor Kamami, mené par Léa Moscona

Léa Moscona reçoit cette semaine le docteur Yves-Victor Kamami, médecin, chercheur, essayiste et romancier, pour son dernier roman
Le Cœur de Brahma, paru aux éditions David Reynard.
Après L'Onzième Templier, Shamballapur - La Cité de l'Immortalité, paru en 2024 aux éditions Le Lys Bleu., l'auteur signe cette fois un thriller mystique qui traverse l'Inde,
la Birmanie, la Chine et la Corée du Sud, porté par une histoire d'amour et une réflexion spirituelle, mais construit tout entier sur un socle de violence.

 

 

Un pogrom oublié à l'origine du roman

Le point de départ du livre est un fait réel largement ignoré.
Le 2 mai 2023, un pogrom a frappé les Bnei Menashe, l'une des dix tribus perdues d'Israël, installée au nord-est de l'Inde.
Le bilan fait état de 250 morts et de 60 000 déplacés, dans un conflit opposant les Koukis, qui se revendiquent descendants de la tribu de Manassé, à leurs voisins Meiteis.
Ces Bnei Menashe font aujourd'hui leur alya vers Israël, avec un objectif annoncé de 10 000 arrivées d'ici 2030, une situation qui a suscité une vive tension en Inde.

Le docteur Kamami suivait déjà la question des tribus perdues, notamment les Falashas et les Lemba d'Afrique du Sud, avant même le 7 octobre. Il souligne que ce pogrom a eu lieu six mois avant les massacres du 7 octobre, et que l'écriture du roman, commencée un an et demi plus tard, porte la marque des deux événements. Le 7 octobre, dit-il, traverse chaque page du livre.

Un père et sa fille, seuls survivants

Dans le roman, un père et sa fille sont les seuls survivants de leur famille, décimée dans l'incendie de leur maison. Leur fuite les mène en Birmanie, où ils espèrent retrouver de la famille dans les collines du nord. Ce trajet les plonge dans la guerre civile birmane, entre le gouvernement, les rebelles et de multiples réseaux de trafiquants : drogue, méthamphétamine et opium, jade et rubis, êtres humains, animaux sauvages.

Le docteur Kamami a construit cette matière à partir d'un voyage effectué avec son épouse et des amis en 2016, à une époque où la Birmanie restait accessible, notamment autour de Mandalay.
Il rappelle que le pays est aujourd'hui fermé aux voyageurs, le Tatmadaw ne contrôlant que les grandes villes et les axes routiers, tandis que les campagnes restent aux mains des rebelles.
Il évoque aussi le sort de touristes chinois enrôlés de force dans les usines d'arnaque en ligne du triangle Chine-Birmanie-Thaïlande, où des mafias exploitent notamment des Rohingyas.

La violence comme matière et comme mémoire

L'auteur ne cache pas la dureté de certains passages, en particulier ceux situés dans les tunnels de Mogok, la vallée aux plus beaux rubis du monde, où il transpose une violence qui évoque directement le sort des otages du Hamas. Il affirme pourtant avoir édulcoré la réalité plutôt que de la noircir, et insiste sur la dimension de résilience qui traverse ses personnages, leur volonté de survivre et d'espérer malgré tout.

Interrogé sur son choix du roman plutôt que de l'essai, alors qu'il a lui-même parcouru ces régions, le docteur Kamami explique qu'un essai reste froid, incapable de transmettre les sentiments qu'un roman peut porter. Il précise qu'il s'agit de son quatrième roman, après des récits situés à l'époque des Croisades, chez les pirates juifs des Caraïbes, puis à Salonique au Moyen Âge, cette fois ancré dans l'actualité.

Judaïsme, bouddhisme et quête de sens

Le roman fait dialoguer les traditions. Le père et sa fille puisent dans la Kabbalah et la tradition juive la force de continuer, croisant sur leur route des monastères bouddhistes en Thaïlande et des missions protestantes en Birmanie, autant de havres de paix qui leur permettent de se reconstruire. Le docteur Kamami y voit une convergence des spiritualités autour de l'idée d'un "être" unique guidant le monde, chaque tradition offrant un répit complémentaire à la foi d'origine des personnages.

Le sens du titre

Le Cœur de Brahma désigne, dès les premières pages, une forme de sort jeté sur la fille du héros, liée intimement au plus beau rubis du monde. Ce joyau convoité depuis des siècles devient le fil conducteur du roman, les personnages cherchant à percer son secret, allant jusqu'à la violence pour faire parler celle qui le porte en elle.

Le médecin derrière l'écrivain

Comme dans Shamballapur le héros du Cœur de Brahma est médecin, et porte le prénom Avidane, transposition du prénom de l'auteur. Le docteur Kamami explique que cette identification lui permet d'exprimer ses propres sentiments à travers son personnage. Il rappelle que lors du pogrom initial, le héros soigne à l'hôpital des malades de toutes confessions, pas seulement des Koukis juifs, incarnant ainsi le regard particulier que porte un médecin sur la souffrance, celui de quelqu'un dont la vocation est justement de la combattre.

Le tikkun olam en toile de fond

Interrogé sur ce qu'il souhaite que le lecteur retienne, le docteur Kamami évoque une réflexion sur les périodes difficiles de l'existence et la capacité à s'en relever par la spiritualité. Il cite le concept de tikkun olam, la réparation du monde, ainsi que la figure des nistarim, les justes cachés, tzaddikim nistarim, qui selon la tradition soutiennent le monde et contribuent à en préserver la paix, notamment pour la communauté juive.

De l'Inde à la Corée du Sud

Le parcours du roman s'achève en Corée du Sud, un choix que l'auteur explique par ses propres voyages, incluant la visite de monastères bouddhistes coréens et la découverte de centres d'études talmudiques sud-coréens, portés notamment par des Coréens chrétiens, catholiques ou protestants. Après la violence traversée en Inde, en Birmanie et en Chine, la Corée du Sud, pays du matin calme, offre aux personnages un havre de paix et de réflexion, où se referme leur lien avec le judaïsme.

Le Cœur de Brahma, du docteur Yves-Victor Kamami, est paru aux éditions David Reynard.

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