Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Israël : la justice bloque le projet de crocodiles-gardiens de prison de Silman et Ben Gvir

Israël : la justice bloque le projet de crocodiles-gardiens de prison de Silman et Ben Gvir

Israël : la justice bloque le projet de crocodiles-gardiens de prison de Silman et Ben Gvir

Un tribunal de Jérusalem suspend en urgence le transfert de crocodiles du Nil vers la prison de Ketziot, réclamé par la ministre de l'Environnement Idit Silman et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir.

Une ordonnance provisoire stoppe net le projet

Le tribunal de district de Jérusalem a rendu dimanche soir une ordonnance provisoire interdisant, à ce stade, toute avancée du plan controversé de transfert de crocodiles du Nil vers l'établissement pénitentiaire de Ketziot. Cette décision fait suite à une requête administrative urgente déposée par l'association « Let the Animals Live », qui juge la démarche illégale et dangereuse tant pour les animaux que pour le public.

Le juge Avraham Rubin a statué qu'aucune action ne pourra, pour l'instant, être entreprise sur la base de la déclaration de la ministre de l'Environnement Idit Silman classant les crocodiles du Nil comme « animal sauvage domestiqué ». L'ordonnance restera en vigueur jusqu'à ce qu'une décision soit rendue sur la demande d'injonction provisoire, une fois que l'État aura transmis sa réponse, attendue sous quinze jours. Les travaux de creusement des douves destinées à accueillir les reptiles autour de la prison de Ketziot pourront en revanche se poursuivre.

Une plainte contre la ministre, Ben Gvir et l'administration pénitentiaire

La requête vise conjointement la ministre de l'Environnement, le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et le Service pénitentiaire israélien. L'association réclame l'annulation de la décision prise par la ministre le 15 juillet, censée permettre l'usage de crocodiles à des fins de surveillance et de dissuasion dans les prisons, en les retirant du statut d'espèce sauvage protégée et en supprimant les mécanismes de licence et de contrôle qui s'y rattachent.

Selon la requête, le Service pénitentiaire aurait déjà engagé des opérations sur le terrain, notamment le creusement d'une tranchée autour de la prison de Ketziot et des rencontres avec des détenteurs de crocodiles. Le projet pilote mobiliserait 21 millions de shekels puisés dans le budget du ministère de la Sécurité nationale.

« Les crocodiles ne sont pas une arme »

Pour « Let the Animals Live », la décision a été prise sans autorité légale et en ignorant les objections des experts et des conseillers juridiques. Les avis joints à la requête alertaient sur les dangers pour les crocodiles eux-mêmes, pour le public et pour l'environnement.

Les avocates Hagit Gluska et Amnon Keren, représentant le département juridique de l'association, ont réagi après la décision : le tribunal a stoppé ce soir une démarche dangereuse et illégale, déjà engagée sur le terrain au mépris de l'avis des professionnels. Les crocodiles ne sont ni une arme, ni un outil punitif, ni un décor de campagne politique. L'ordonnance empêche, à ce stade, la réalisation de travaux irréversibles, une souffrance animale grave et le gaspillage de millions de shekels. L'association affirme poursuivre son combat jusqu'à l'annulation totale du projet.

De son côté, le ministre Ben Gvir a dénoncé la décision : selon lui, le système judiciaire se range une nouvelle fois du côté des terroristes en pleine guerre et fait échouer des mesures dissuasives importantes. Il affirme que les terroristes redoutaient l'arrivée des crocodiles, mais que la justice serait aujourd'hui venue à leur secours.

Une classification contestée par les experts

À la mi-juillet, la ministre Silman avait déjà provoqué une controverse en classant le crocodile du Nil comme « animal sauvage domestiqué », contre l'avis de la conseillère juridique de son propre ministère et de l'Autorité de la nature et des parcs. Cette décision visait à permettre au Service pénitentiaire de positionner des crocodiles autour des prisons. Les spécialistes avertissent qu'une telle mesure est sans précédent, dépourvue de fondement professionnel, et pourrait même contrevenir à la loi.

L'Autorité de la nature et des parcs a fait savoir que ce projet n'est tout simplement pas envisageable, la détention d'animaux sauvages de ce type n'étant autorisée qu'à des fins éducatives, scientifiques ou de sensibilisation. Ses représentants ont tenté d'expliquer au ministre Ben Gvir et à la ministre Silman qu'il revient aux autorités de protéger ces animaux, et non l'inverse, et que cette approche ne correspond pas à l'esprit de la loi.

Un statut recyclé, détourné de son usage initial

Pour contourner ces obstacles, la ministre a choisi de recourir au statut d'« animal sauvage domestiqué ». Ce statut avait autrefois été créé pour permettre l'élevage de crocodiles destinés à l'exploitation commerciale de leur peau. Mais cet élevage avait généré de nombreux problèmes, dont des évasions de crocodiles et des craintes d'invasion du milieu naturel, mettant en danger des vies humaines. L'ancien ministre de l'Environnement Gilad Erdan y avait mis fin, une euthanasie de plus de 200 crocodiles avait fait les gris titres il y a encore quelques mois et ce sur recommandation du comité consultatif de l'Autorité de la nature et des parcs.

En réalité, la ministre Silman a ressuscité une disposition tombée en désuétude de la loi sur la protection des animaux sauvages, tout en créant dans les faits une nouvelle catégorie : celle d'animal sauvage domestiqué à des fins sécuritaires, détenu par un organisme de sécurité sous réserve de validation du besoin sécuritaire par la ministre de l'Environnement elle-même. Une telle initiative dépasse le cadre d'un simple règlement administratif et devrait, selon les critiques, passer par une législation primaire.

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Polémique maigreur en Israël : le mannequin Eden Pines brise le silence

Polémique maigreur en Israël : le mannequin Eden Pines brise le silence

Le mannequin israélien Eden Pines, 29 ans, a répliqué avec force dimanche soir aux critiques visant sa silhouette, dénonçant un déferlement qui transforme les troubles alimentaires en simple ragot people.

Une polémique née de photos de vacances

Tout est parti de clichés publiés par Eden Pines depuis Paris, où le mannequin de 29 ans passait des vacances. Ces images, montrant une silhouette particulièrement mince, ont suscité une vague de commentaires sur les réseaux sociaux, relayés notamment par le photographe et militant social Adi Barkan puis par la star de téléréalité Liat Belo. Face à l'ampleur de la controverse, Eden Pines a choisi de répondre directement, dans une vidéo publiée sur son compte Instagram.

Le déclencheur : un post du photographe Adi Barkan

C'est Adi Barkan qui a lancé le débat en publiant un message où il évoquait le passé d'Eden Pines, rappelant qu'elle avait déjà parlé publiquement de troubles alimentaires traversés par le passé. Il écrivait espérer que son mariage récent aurait apaisé son stress et que le bonheur conjugal aurait, selon ses mots, « ouvert l'appétit ». Le message se terminait par un message de soutien adressé à ses abonnées.

Liat Belo entre dans le débat

La star de téléréalité Liat Belo, connue pour son passage dans l'émission « Hadognaniot » (Les Mannequins), a ensuite pris la parole pour dénoncer ce qu'elle appelle une culture qui sacralise la maigreur extrême. Elle-même confie avoir traversé des troubles alimentaires, avoir été hospitalisée et continuer à y faire face aujourd'hui. Selon elle, les adolescentes qui voient ce type d'images n'y perçoivent pas une simple question de génétique, mais un objectif à atteindre coûte que coûte. Elle a appelé à cesser de glorifier la minceur pour valoriser la santé, rappelant que les troubles alimentaires comptent parmi les maladies psychiques aux taux de mortalité les plus élevés.

La réponse d'Eden Pines : « Mon corps n'est pas un sujet »

Dans sa vidéo de réponse, Eden Pines n'a pas mâché ses mots. Elle a d'abord ironisé sur le fait que ce soit justement quelqu'un qui parle d'idéal de beauté qui s'estime en droit d'analyser le corps d'une femme qui ne lui a rien demandé. Selon elle, « celui qui ressent le besoin de juger le corps d'une autre personne en dit bien plus sur lui-même que sur la personne en face de lui ».

Elle poursuit en s'étonnant de la facilité avec laquelle certains se permettent de diagnostiquer un état médical ou psychologique à partir d'une seule photo ou d'une vidéo de quelques secondes. Pour elle, les troubles alimentaires sont un sujet réel, complexe et douloureux, et les utiliser comme hypothèse ou comme ragot sur une autre personne ne relève ni de la sensibilisation ni de l'aide. Elle y voit au contraire une banalisation d'un sujet qui mériterait un traitement professionnel et sensible, et non un titre accrocheur balancé au passage.

« La body shaming ne se mesure pas au sens de l'aiguille sur la balance »

Eden Pines a livré l'une des formules les plus marquantes de sa réponse : le body shaming ne se mesure pas à la direction que prend l'aiguille de la balance, mais commence au moment où une personne estime avoir un droit de regard sur le corps d'une autre. Elle rappelle qu'elle est, elle aussi, un être humain, avec une âme et des émotions, avant d'ajouter, non sans ironie, que celles qui souffrent de troubles alimentaires ne sont pas nécessairement des femmes minces.

Un appel à ne plus commenter le corps des femmes

Le mannequin demande que l'on cesse purement et simplement de commenter le corps d'une femme, qu'elle soit mince ou plus enveloppée. Selon elle, chaque femme a le droit fondamental d'exister en paix dans son propre corps, et si elle n'y est pas encore parvenue, d'être au moins en chemin vers cette paix, sans qu'une seule personne ne puisse ébranler toute sa confiance en une seconde. Elle affirme aller bien elle-même, ayant développé au fil des années une peau d'éléphant et donc savoir résister aux attaques.
Mais elle s'inquiète pour une autre fillette, assise devant son écran, qui suivrait aujourd'hui ce déferlement de publications, et se demande comment elle terminerait sa journée si ces attaques la visaient elle.

« Je m'aime plus que jamais »

Eden Pines confie traverser une période où elle s'aime plus que jamais, se sentant enfin en paix avec elle-même et ayant appris, pour la première fois depuis longtemps, à se sentir chez elle dans son propre corps, un cheminement qu'elle décrit comme loin d'avoir été simple. Elle conclut en estimant que ce sont précisément ces réactions et ce type de débat public qui réveillent des démons et rouvrent des fissures qu'elle avait pourtant recouvertes de ciment depuis longtemps, rappelant que même lorsqu'on croit avoir appris à s'aimer, des mots peuvent suffire à nous ramener à des moments que l'on pensait révolus.

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Krach du diamant en Israël : des marchands millionnaires devenus chauffeurs de taxi

Krach du diamant en Israël : des marchands millionnaires devenus chauffeurs de taxi

 

La Bourse des diamants de Ramat Gan se vide. Des négociants qui brassaient des millions de dollars ferment boutique les uns après les autres, victimes conjuguées de l'effondrement du marché chinois, de l'essor mal maîtrisé des diamants de laboratoire et de l'absence de soutien gouvernemental face aux droits de douane américains.

Un métier qui s'effondre en silence

"À 55 ans, je dois tout réinventer. Je suis contraint de quitter un métier que j'aime et que je maîtrise, et ça me déchire." Ce négociant chevronné de la Bourse des diamants, dont le nom reste protégé, décrit ainsi la chute libre de l'un des secteurs les plus prestigieux d'Israël.
Entré dans le métier en 1994 juste après son service militaire, il a bâti sa propre société de négoce de diamants de luxe pour le marché asiatique, avec une antenne à Hong Kong et des chiffres d'affaires en millions de dollars. Aujourd'hui, il vit de ses économies passées et attend d'écouler son dernier stock pour fermer définitivement.

"J'estime qu'environ la moitié des négociants de la Bourse l'ont déjà quittée pour chercher un revenu ailleurs, raconte-t-il. Quand on arrive à la Bourse aujourd'hui, c'est la déprime : des dizaines de bureaux fermés. Je connais un diamantaire qui me vendait autrefois de la marchandise par millions et qui aujourd'hui change des devises dans les couloirs.
D'autres sont devenus chauffeurs de taxi, voire marchands de légumes.
À l'époque faste, un jeune de trente ans, seul, sans équipe, pouvait faire tourner dix millions de dollars. Aujourd'hui, la demande en Asie est tombée quasiment à zéro, et le secteur a purement et simplement disparu."

Chine, Inde et l'erreur fatale des diamants de laboratoire

Selon lui, l'effondrement résulte d'un enchaînement de crises mondiales. En Chine, frappée par une crise économique, posséder un diamant symbolisait autrefois le statut social et la sécurité financière. La confiance s'est effondrée avec la chute des prix. Parallèlement, l'arrivée massive des acteurs indiens et des années de surstock ont fait plonger les cours.

Mais la véritable tragédie, selon lui, tient à l'adoption précipitée des diamants de laboratoire synthétiques par l'industrie elle-même.

"Il y a une quinzaine d'années, on a trouvé le moyen de faire pousser des diamants en laboratoire. Si on avait honnêtement dit dès le départ qu'on avait développé un substitut au diamant, tout serait resté normal. Le fait même d'appeler ce produit industriel diamant a été une erreur colossale."
Le discours commercial jouait sur l'émotion, allant jusqu'à suggérer une demande en mariage avec une bague en diamant de laboratoire à trois fois moins cher qu'une pierre naturelle. "Tout ce qu'on produit sans limite voit son prix s'effondrer, et c'est exactement ce qui est arrivé aux diamants de laboratoire."

Il pointe également la responsabilité du gouvernement israélien. Alors que la Belgique a obtenu 0 % de droits de douane pour ses exportations vers les États-Unis grâce à un gouvernement actif sur ce dossier, Israël aurait abandonné le secteur à son sort. Environ 60 % des diamants israéliens partent vers les États-Unis, désormais soumis à des taxes américaines qui empêchent toute compétitivité. "Personne ne s'occupe des diamantaires. Le monde extérieur appartient à la high-tech et aux diplômés, que je n'ai malheureusement pas eu le temps d'acquérir."

La confusion volontaire entre pierre naturelle et copie industrielle

Ophir Naïm-Doron, négociant actif et arbitre au sein de l'organe d'arbitrage du secteur, situe la racine de la catastrophe dans le brouillage délibéré des frontières entre l'authentique et l'imitation technologique.

"Pour comprendre l'ampleur du drame, il faut comprendre ceci : quand on tient un diamant naturel entre les mains, on ne tient pas un simple fragment de carbone brillant. On tient une pierre formée sous la surface terrestre, sous des températures de plusieurs milliers de degrés et des pressions colossales, il y a entre un et trois milliards et demi d'années, bien avant les dinosaures. Chaque pierre naturelle est une empreinte unique de la nature, il n'existe pas deux diamants naturels identiques au monde."

Il y a un peu plus d'une décennie, la technologie moderne a permis de produire, en deux ou trois semaines seulement dans un four industriel, une pierre chimiquement identique.
"Le produit est composé des mêmes atomes de carbone, mais sur le plan historique, émotionnel, économique et narratif, il est l'exact opposé de l'original."

Naïm-Doron qualifie ce qui s'est produit de véritable usurpation d'identité et pointe la responsabilité de ses propres confrères et des instituts de gemmologie.
"Si l'on avait dit dès le premier jour, en toute honnêteté, que l'on avait développé un produit industriel bon marché et accessible, tout serait resté sain. Mais notre industrie, par appât du gain rapide, a donné à cet objet synthétique le nom de diamant et lui a appliqué la même terminologie." La faute la plus grave, selon lui, a été d'attribuer aux produits synthétiques les mêmes classements de qualité 4C, taille, pureté, couleur et poids, historiquement conçus pour mesurer la rareté naturelle.

"Cette échelle est née pour mesurer la rareté de la nature. Mais appliquée à un produit de fabrication industrielle, elle donne une fausse image de la réalité. En usine, le fabricant contrôle les paramètres et peut produire mille autres pierres parfaites en augmentant simplement la température. Cet amalgame a créé une confusion mortelle, et le public a perdu confiance dans le produit tout entier."

Une chute des prix de 80 à 95 % en cinq ans

La production illimitée a rapidement produit son effet inévitable. Une ressource que l'on peut fabriquer en quantités infinies en usine voit sa valeur économique s'effondrer vers zéro. En cinq ans seulement, les prix des diamants de laboratoire ont chuté de 80 à 95 %.
Une personne ayant acheté un diamant de laboratoire cinq mille dollars il y a quatre ans découvre aujourd'hui que la même pierre se revend à cinquante dollars, prix négociant, sans aucune valeur de revente.

Ce choc a affecté l'ensemble du marché, y compris la valeur des pierres naturelles.
La crise et la prise de conscience tardive du secteur entraînent désormais une vague législative mondiale sans précédent, destinée à protéger les consommateurs contre la tromperie.

En France, la loi interdit désormais totalement les termes édulcorés comme diamant de laboratoire ou diamant cultivé, imposant exclusivement le terme diamant synthétique.

La Confédération internationale de la bijouterie, joaillerie, orfèvrerie (CIBJO) a statué que seul le terme synthétique est autorisé, réclamant l'interdiction des classements 4C pour les produits de laboratoire. L'Inde et la Russie ont instauré des mécanismes de sanctions pénales, l'interdiction de mentionner un poids en carats pour les pierres synthétiques et de lourdes amendes pour l'usage de termes trompeurs comme écologique ou véritable.

"Le monde commence à comprendre ce qui s'est passé, conclut Naïm-Doron. L'industrie du diamant est le microcosme de ce qui se joue aujourd'hui à l'ère de l'intelligence artificielle. Quand on produit des textes, des images et des voix en un clic, il faut les signaler par la loi pour empêcher l'usurpation d'identité ultime. Les gens ne cherchent pas de raccourcis industriels bon marché pour marquer un moment unique de leur vie. Ils cherchent l'effort, la profondeur et la rareté. Si nous savons appeler les choses par leur nom et préserver la confiance, la vérité l'emportera."

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Écrans, montres et caméras IA : les appareils connectés qui débarquent en Israël cette semaine

Écrans, montres et caméras IA : les appareils qui débarquent en Israël cette semaine

Sans câbles, sans écran et beaucoup d'intelligence artificielle : les gadgets qui arrivent en Israël

Un moniteur professionnel qui se connecte en un seul câble, une webcam boostée à l'IA, un bracelet de fitness sans écran, des montres transparentes et des téléviseurs OLED de nouvelle génération. Voici les nouveaux gadgets qui débarquent sur le marché israélien.

Un seul câble pour plusieurs écrans

La marque AOC a lancé en Israël sa série de moniteurs professionnels E4, dotée d'une station d'accueil intégrée et permettant de chaîner plusieurs écrans sans câble supplémentaire ni station externe. Une seule connexion USB-C suffit à la fois pour la charge et le transfert de données. Chaque moniteur est livré avec un pied ergonomique réglable et une couche de protection oculaire. La série E4 est disponible chez les revendeurs officiels, à des prix allant de 660 à 1 200 shekels selon le modèle.

Des montres transparentes pour l'été

Casio dévoile sa nouvelle collection estivale dans un design transparent et coloré, associant large écran LCD et lunette métallique. Ces montres intègrent une nouvelle technologie de résistance aux chocs, affichent l'heure mondiale dans 48 villes, disposent de cinq alarmes, sont étanches jusqu'à 200 mètres et offrent une autonomie de batterie pouvant atteindre dix ans. La collection est disponible chez les horlogers et sur le site de l'importateur T&I, au prix de 770 shekels.

L'intelligence artificielle s'invite dans les visioconférences

Dell lance des webcams avancées propulsées par l'IA, capables d'améliorer l'image et les conditions d'éclairage en temps réel. Le modèle Pro 7 propose une qualité 4K et un microphone intelligent, tandis que le Pro 5 offre une résolution 2K et une sécurité renforcée. Les deux modèles peuvent être pilotés uniquement par gestes de la main. Elles seront disponibles dès ce mois-ci dans les magasins d'informatique, entre 390 et 600 shekels selon le modèle.

Le sport sans écran

Garmin présente CIRQA, un bracelet de sport sans écran pesant seulement 20 grammes. Il suit des indicateurs de santé et de forme physique tels que le pouls, la fréquence cardiaque, la saturation en oxygène dans le sang, ainsi que le cycle menstruel et l'ovulation. La batterie tient dix jours et les données sont consultables via l'application Garmin. Le bracelet est disponible dans les boutiques Garmin et les magasins de gadgets, au prix de 900 shekels.

Une télévision vraiment intelligente

LG Israël dévoile sa nouvelle ligne de téléviseurs pour 2026-2027, comprenant les séries LG OLED G6 evo et LG OLED C6 evo, l'écran LG OLED W6 evo au design Wallpaper, les modèles LG QNED evo Mini LED ainsi que le nouvel écran LG Micro RGB evo.
Cette nouvelle gamme mise sur un bond qualitatif de l'image, avec une luminosité accrue, une réduction des reflets, une précision des couleurs améliorée et de nouveaux processeurs basés sur l'intelligence artificielle. LG met également en avant une expérience sport et gaming plus poussée ainsi qu'une interface personnalisée pour chaque utilisateur. Cette ligne est disponible chez les revendeurs agréés et dans les chaînes d'électroménager, à des prix allant de 2 000 à 10 000 shekels selon le modèle, le prix final variant selon l'enseigne.

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Assaf Granit surprend encore : le chef israélien lance une glacerie à Paris

Assaf Granit surprend encore : le chef israélien lance une glacerie à Paris

Assaf Granit, chef israélien à la tête du groupe Machneyuda et cumulant environ six étoiles Michelin en France, délaisse pour la première fois la restauration classique au profit d'une glacerie baptisée Licouk, qui ouvrira ses portes à Paris.

Un virage inattendu pour le chef aux six étoiles

Après un food truck casher, une cafétéria universitaire et la reprise de la restauration du campus Microsoft à Herzliya Pituah, sans oublier un projet de sandwicherie chawarma, Assaf Granit continue d'étendre son empire culinaire avec son associé Uri Navon et le groupe Machneyuda. Cette fois, le chef change complètement de registre : il ne s'agit ni d'un restaurant ni d'un food truck, mais d'une glacerie. Le lieu s'appellera Licouk, un jeu de mots assumé qui reprend l'esprit humoristique déjà présent dans les noms de ses adresses parisiennes, comme Balagan ou Chabor.

Licouk, Balagan, Chabor : des noms qui jouent tous sur un double sens hébreu

Comme pour ses autres adresses, le nom choisi pour la glacerie n'a rien d'anodin. Licouk reprend le mot hébreu likouk, qui signifie littéralement « léchage », en référence directe au geste de lécher une glace ou un cornet : un clin d'œil gourmand parfaitement adapté à une gelateria.
Ce principe du jeu de mots à double sens est la signature de toutes les adresses parisiennes du chef. Balagan, son tout premier restaurant parisien, reprend un mot d'argot hébreu qui signifie « bazar » ou « joyeux chaos », à l'image de l'ambiance volontairement bruyante et festive du lieu.
Chabor, quant à lui, signifie « cassé » ou « brisé » en hébreu, un nom qui répondait au parti pris décomplexé et brut du restaurant étoilé. Avec Licouk, Granit poursuit donc cette tradition maison consistant à donner à ses établissements des noms hébreux à double sens, à la fois évocateurs de l'ambiance du lieu et immédiatement compréhensibles pour un public francophone.

Une véritable gelateria à l'italienne

Selon les publications relayées sur les réseaux sociaux du chef, Licouk proposera de véritables glaces et sorbets italiens de type gelato, conservés dans des cuves pozzetti traditionnelles qui préservent leur texture aérienne et leur fraîcheur. Les parfums de base déjà confirmés sont la vanille, le chocolat et la pistache. Il est probable que des saveurs plus audacieuses, inspirées de la cuisine hiérosolymitaine qui fait la signature de Granit et de son groupe, viendront enrichir la carte une fois le lieu ouvert.

Qui est Assaf Granit ?

Assaf Granit s'est imposé comme l'un des chefs israéliens les plus en vue à l'étranger. Cofondateur du groupe Machneyuda avec Uri Navon, il a construit à Paris un véritable réseau d'adresses portant la marque de fabrique de la cuisine jérusalmite, parmi lesquelles Chabor, Balagan, Tekés et Baba.

En janvier 2021, Chabor est entré dans l'histoire en devenant le premier restaurant appartenant à des Israéliens à décrocher une étoile Michelin en France.
Six ans plus tard, l'ensemble de ses établissements cumule environ six étoiles Michelin. Granit a par ailleurs répété à plusieurs reprises son peu de goût pour les desserts et le sucré en général, ce qui rend l'ouverture de cette glacerie d'autant plus surprenante dans sa trajectoire.

Licouk, à deux pas du restaurant amiral

La nouvelle glacerie viendra rejoindre le réseau d'adresses fondées par Granit et Navon dans la capitale française, non loin du restaurant amiral du groupe. Loin de l'univers gastronomique et étoilé de ses restaurants, Licouk marque un positionnement volontairement accessible et léger, ouvert à un public beaucoup plus large.

Une expansion qui se poursuit malgré les polémiques

L'annonce de l'ouverture de Licouk intervient dans une période relativement agitée pour Assaf Granit, récemment associé à plusieurs polémiques, notamment des accusations de débauchage de personnel et des propos ayant suscité des critiques autour de la nouvelle saison de son émission Culinary Wars. Ces controverses ne semblent toutefois pas freiner son rythme d'expansion, le chef poursuivant la diversification de son empire culinaire à Paris.

Un climat d'antisémitisme qui touche directement ses établissements

Au-delà de ces polémiques professionnelles, Assaf Granit a également témoigné, dans une interview accordée au quotidien israélien Israel Hayom, des manifestations d'antisémitisme auxquelles ses restaurants sont confrontés en Europe depuis le 7 octobre.
Le chef y raconte que la tension est devenue presque une routine pour ses équipes. Il évoque notamment un client attablé dans l'un de ses restaurants parisiens qui s'est levé et a quitté les lieux en apprenant que le chef à l'origine de l'établissement était israélien, ainsi qu'une inscription « Free Palestine » retrouvée sur le miroir de son restaurant berlinois.
Malgré ces incidents, Granit a tenu à maintenir ses établissements ouverts, affirmant que la vie et l'activité de ses restaurants, en Israël comme à l'étranger, devaient se poursuivre.

La presse juive internationale a également documenté ce climat pesant sur ses adresses parisiennes, évoquant la difficulté pour Granit et ses associés de maintenir leur activité en France dans un contexte de montée de l'antisémitisme et de pressions économiques liées au boycott de restaurants israéliens ou perçus comme tels. Plusieurs projets portés par des chefs israéliens en Europe ont d'ailleurs été annulés ou fragilisés depuis 2023 en raison de ce climat, un phénomène auquel Granit dit avoir dû faire face tout en poursuivant, avec constance, le développement de son groupe.

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La justice australienne rétablit la vidéo accablante contre les infirmiers antisémites

La justice australienne rétablit la vidéo accablante contre les infirmiers antisémites

La Cour suprême autorise la preuve vidéo qui pourrait faire condamner Sarah Abou Lahad et Ahmed Rashad Nadir.

La Cour suprême de Nouvelle-Galles du Sud vient de rétablir la preuve vidéo qui accable les deux infirmiers accusés d'antisémitisme envers des patients israéliens. Leur procès s'ouvre le 31 août.

Nouveau rebondissement dans l'affaire des infirmiers antisémites d'Australie. La Cour suprême de Nouvelle-Galles du Sud a annulé vendredi la décision qui écartait la vidéo virale du créateur de contenu Max Wiffer, dans laquelle Sarah Abou Lahad, 27 ans, et Ahmed Rashad Nadir, 28 ans, menaçaient explicitement des patients juifs se présentant à l'hôpital où ils travaillaient. Cette preuve, désormais recevable, pourrait bien sceller le sort des deux accusés.

Un juge avait d'abord écarté la preuve

En juin, un juge de la Cour de district de Downing Centre à Sydney avait jugé irrecevable l'enregistrement, estimant qu'il avait été filmé sans le consentement des deux mis en cause.
Le magistrat Michael McHugh avait alors affirmé être parvenu à la conclusion que cette preuve vidéo devait être exclue du procès, tout en reconnaissant que les propos tenus par les deux soignants étaient de nature à choquer profondément toute personne raisonnable.

En Nouvelle-Galles du Sud, enregistrer une conversation privée sans l'accord des parties concernées constitue une infraction, passible d'une peine maximale de cinq ans de prison. Cette même loi aurait pu se retourner contre Max Wiffer, auteur de la captation.

Le parquet fédéral a fait appel avec succès

Face à une décision jugée trop favorable aux accusés, la vidéo constituant la seule preuve du dossier avec le témoignage de Wiffer, le parquet fédéral a porté l'affaire devant la Cour suprême. Vendredi, celle-ci a tranché : le document brut, non monté, est recevable et pourra être utilisé au procès. Les motifs complets de la décision n'ont pas encore été rendus publics. Le procès s'ouvrira le 31 août.

Des menaces explicites contre des patients israéliens

Sarah Abou Lahad et Ahmed Rashad Nadir ont plaidé non coupables des faits de comportement menaçant et outrageant qui leur sont reprochés.
Selon l'acte d'accusation, ils auraient affirmé vouloir refuser de soigner des patients israéliens, les auraient menacés de violence et se seraient vantés de leur nuire.

L'un des deux aurait notamment déclaré ignorer combien d'Israéliens étaient passés par cet hôpital, ajoutant les avoir envoyés en enfer. Suspendus par le ministère de la Santé de Nouvelle-Galles du Sud, ils sont également interdits pour deux ans d'exercer auprès des bénéficiaires du régime national d'assurance handicap.

Max Wiffer redoutait une remise en liberté sans conséquence

Interrogé  après la décision initiale du tribunal, aujourd'hui annulée, Max Wiffer avait exprimé sa crainte de voir les deux mis en cause s'en tirer sans aucune sanction. Il avait dénoncé le manque de dissuasion face à l'antisémitisme en Australie, rappelant qu'il s'agissait de professionnels de santé censés soigner tout le monde, alors qu'en Israël, avait-il souligné, même des terroristes sont soignés.

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Ceuta : 60 000 migrants et les théories antisémites démontées point par point

Ceuta : 60 000 migrants et les théories antisémites démontées point par point

Environ 60 000 migrants ont franchi en quelques heures la frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta dans la nuit du 29 au 30 juillet, un afflux sans précédent dans l'histoire du territoire qui a fait au moins 57 morts et provoqué une crise diplomatique majeure entre Madrid et Rabat.

Un afflux sans précédent

Selon le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Jesús Vivas, environ 60 000 personnes sont entrées dans la ville en l'espace de quelques heures, soit près de 70 % de la population totale de l'enclave, qui compte 85 000 habitants. La plupart des migrants, en grande majorité de jeunes Marocains, ont tenté la traversée à la nage depuis la ville marocaine de Fnideq, tandis que d'autres ont franchi les clôtures frontalières. Les autorités espagnoles font état d'au moins 57 morts, en majorité par noyade, ainsi que de plusieurs blessés dans des mouvements de foule.

Un scénario qui rappelle 2021

Cette crise ravive le souvenir de mai 2021, lorsque environ 8 000 à 10 000 personnes avaient franchi la même frontière après un assouplissement des contrôles marocains, en pleine brouille diplomatique liée à l'accueil en Espagne du chef du Front Polisario Brahim Ghali. Le Parlement européen avait alors condamné l'usage par Rabat du contrôle migratoire comme moyen de pression politique sur Madrid. Cette fois encore, la presse espagnole s'interroge sur le rôle des autorités marocaines. Le média local El Faro de Ceuta affirme que ses journalistes ont vu des soldats marocains inciter des jeunes à traverser, et plusieurs observateurs notent que les cordons de sécurité marocains ont manifestement laissé passer la foule.

Retour massif au Maroc et chaos frontalier

Dès le lendemain, le chaos a cédé la place à un reflux tout aussi spectaculaire. Selon le chef de la diplomatie espagnole José Manuel Albares, la quasi-totalité des personnes entrées à Ceuta seraient déjà reparties au Maroc, certains migrants évoquant une ville totalement saturée. Plusieurs pistes sont avancées pour expliquer le déclenchement soudain de ce mouvement, entre rumeurs relayées sur les réseaux sociaux annonçant l'ouverture d'un poste-frontière, tensions socio-économiques dans le nord du Maroc, et une possible passivité volontaire des forces marocaines. Aucune de ces hypothèses n'est à ce stade confirmée par une source officielle.

Une onde de choc européenne

L'épisode a immédiatement suscité une réaction en chaîne à droite et à l'extrême droite européennes. L'Italie a annoncé la suspension de l'accord de libre circulation Schengen avec l'Espagne, une décision soutenue par la Finlande et le Danemark. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a qualifié l'événement d'"attaque contre l'intégrité territoriale" de l'Espagne, tandis que Rabat maintient sa revendication de souveraineté sur Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord dont le statut reste une source de tension permanente entre les deux pays.

Comment expliquer le reflux

Moins de 48 heures après le pic de la crise, environ 48 000 des 60 000 migrants entrés à Ceuta avaient déjà repris le chemin du Maroc, selon le ministère espagnol de l'Intérieur.
Ce retour massif s'explique d'abord par la réalité du terrain. Ceuta, ville de 83 000 habitants, s'est retrouvée submergée par une population équivalente à 70 % de ses résidents, sans hébergement, sans nourriture et sans perspective d'accès légal au territoire espagnol. Plusieurs migrants interrogés par l'AFP ont eux-mêmes expliqué être repartis faute de place, d'eau ou de nourriture. Le ministre espagnol de l'Intérieur a par ailleurs souligné que la coopération avec Rabat avait permis de "renverser la situation en 24 heures", l'ambassadrice marocaine en Espagne ayant elle-même appelé les personnes entrées à Ceuta à rentrer au Maroc.

Sur les causes du déclenchement, la chercheuse Myriam Cherti, de l'université d'Oxford, pointe la diffusion massive sur les réseaux sociaux, notamment sur Discord, de rumeurs annonçant l'ouverture de la frontière, qui ont provoqué un mouvement de foule spontané.
D'autres facteurs sont avancés par les autorités et des élus européens, dont le plan espagnol de régularisation de 500 000 immigrés sans papiers adopté fin janvier, cité par plusieurs responsables comme un facteur d'appel d'air, ainsi que le climat de tension chronique entre Rabat et Madrid, déjà observé en 2021.

Le complotisme antisémite mis à nu

Depuis vendredi, des sites classés antisémites, dont Réseau International et l'Unz Review, affirment sans la moindre preuve que cet afflux migratoire aurait été téléguidé par le Mossad, les services américains et britanniques, avec la complicité du Maroc, pour déstabiliser Pedro Sánchez en raison de ses positions critiques envers Israël. Cette thèse ne résiste à aucun examen factuel et relève de la fabrication pure.

Aucune agence de presse, aucun service de renseignement occidental et aucun journaliste d'investigation n'a produit le moindre élément matériel appuyant l'hypothèse d'une opération israélienne. Les témoignages recueillis sur place, tant par l'AFP que par le New York Times, décrivent au contraire un mouvement de foule spontané, déclenché par des rumeurs virales et porté par de jeunes Marocains et des migrants subsahariens fuyant la pauvreté, un profil sociodémographique documenté depuis des années et sans lien avec la diplomatie israélienne.

Ces mêmes cercles conspirationnistes se contredisent d'ailleurs entre eux, ce qui achève de disqualifier leur récit. Une partie accuse Israël d'avoir organisé la vague migratoire, une autre lui prête l'intention inverse de vouloir en accuser le Maroc. Cette instabilité de l'accusation, qui change de cible selon l'auteur du texte, trahit une logique où le seul point fixe reste la désignation d'un bouc émissaire juif, indépendamment des faits. Ce n'est pas une enquête, c'est un réflexe.

Le précédent de 2021 achève de vider la thèse de tout contenu. Un simple assouplissement des contrôles frontaliers marocains, sans qu'aucune "main cachée" extérieure ne soit nécessaire, avait suffi à mobiliser 8 000 à 10 000 candidats au départ en quarante-huit heures. Un mouvement dix fois plus large, dans un contexte de rumeurs virales sur les réseaux sociaux et de tensions diplomatiques déjà connues, ne nécessite aucune explication ésotérique. Le Mossad n'a pas besoin d'exister pour que des jeunes désespérés se jettent à l'eau après avoir lu un message sur Discord.

La thèse de la "vengeance populaire" anti-normalisation ne résiste pas non plus à l'examen

Une autre version, plus récente, avance que la normalisation avec Israël décidée par la monarchie marocaine en décembre 2020 serait restée impopulaire dans une partie de la population, et que la ruée vers Ceuta traduirait une forme de représailles populaires six ans plus tard.
Cette lecture bute sur plusieurs incohérences.
La cible ne correspond pas au grief supposé, puisque des migrants cherchant à punir un accord israélo-marocain se seraient tournés vers l'Espagne, pays tiers étranger à cet accord.

Aucun événement lié à la normalisation n'est survenu dans les jours précédant le 29 juillet pour expliquer un passage à l'acte à ce moment précis.
Et le profil des candidats au départ, de jeunes hommes marocains et des migrants subsahariens en situation de précarité, correspond à celui déjà documenté lors de la crise de 2021, relevant de la migration économique et non d'une mobilisation politique. Aucune manifestation ni agitation anti-normalisation n'a par ailleurs été rapportée au Maroc à cette période. L'explication la mieux établie reste celle des rumeurs virales sur les réseaux sociaux et de la détresse économique dans le nord du pays.

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Le Chemin de l'Olivier : la série Netflix qui révèle comment nos ancêtres dictent encore nos vies-extrait-

Le Chemin de l'Olivier : la série Netflix qui révèle comment nos ancêtres dictent encore nos vies-extrait-

Trois amies, une amitié née sur les bancs de la fac, et un secret qui remonte à plusieurs générations. Depuis sa sortie sur Netflix en 2022, Le Chemin de l'Olivier (Zeytin Ağacı) a imposé un thème rarement traité à l'écran, celui des constellations familiales, cette méthode thérapeutique fondée par l'Allemand Bert Hellinger. Derrière la fiction, une question vertigineuse s'impose : et si nos peurs les plus tenaces n'étaient pas les nôtres, mais celles de nos aïeux ?

Une amitié mise à l'épreuve par la maladie Créée par la scénariste turque Nuran Evren Şit, la série suit Ada, chirurgienne accomplie, Sevgi, avocate ambitieuse, et Leyla, mère au foyer épanouie en apparence.
Amies depuis leurs années de colocation étudiante, elles voient leur équilibre voler en éclats lorsque Sevgi apprend qu'elle est atteinte d'un cancer.
Plutôt que de se limiter aux traitements conventionnels, elle se tourne vers Zaman, un praticien qui anime des séances de constellation familiale.
Ce choix entraîne malgré elles Ada et Leyla dans un voyage intérieur qui va faire ressurgir des blessures bien antérieures à leur propre existence. T
ournée à Ayvalık, sur la côte égéenne, la série a connu un tel succès qu'elle s'est prolongée sur trois saisons
, la dernière étant arrivée sur la plateforme en juin 2026 avec Tuba Büyüküstün, Seda Bakan et Boncuk Yılmaz toujours au générique.

Ce que révèle vraiment une constellation familiale .
La méthode mise en scène dans la fiction existe bel et bien. Elle a été formalisée dans les années 1980 par Bert Hellinger, ancien missionnaire catholique devenu psychothérapeute après seize années passées en Afrique du Sud, où il s'était profondément imprégné des coutumes du peuple zoulou et de son rapport au culte des ancêtres.

De retour en Europe, il se forme à la psychanalyse, à la thérapie primale d'Arthur Janov et à l'analyse transactionnelle, avant de développer sa propre approche à partir des sculptures familiales conçues par la thérapeute américaine Virginia Satir.

Hellinger, décédé en 2019, affirmait n'avoir rien inventé mais simplement mis en lumière des liens invisibles qui relient les membres d'un même système, qu'il s'agisse d'une famille, d'un clan ou même d'une entreprise.

Sa théorie repose sur trois lois fondamentales, l'appartenance qui interdit d'exclure un membre du clan, même un enfant mort ou un ancêtre banni, la préséance qui impose de respecter l'ordre des générations, et l'équilibre entre le don et la réception.

Dès que l'une de ces lois est rompue, un descendant peut inconsciemment porter, par loyauté invisible, le poids d'une souffrance qui n'est pas la sienne.

L'hypothèse d'une mémoire qui traverse les générations C'est précisément ce postulat qui donne au Chemin de l'Olivier sa force dramatique. Ada, Sevgi et Leyla découvrent que leurs schémas répétitifs, un choix amoureux destructeur, une peur irrationnelle, une maladie, trouvent un écho troublant dans l'histoire de leurs grands-parents ou arrière-grands-parents.

Cette idée d'une transmission de traumatismes au-delà du vécu individuel n'est pas propre à Hellinger. Elle recoupe des travaux de psychogénéalogie, notamment ceux d'Anne Ancelin Schützenberger sur le syndrome d'anniversaire, et elle a trouvé un écho dans certaines recherches scientifiques sur l'épigénétique, ce champ qui étudie comment l'environnement peut modifier l'expression des gènes sans toucher à la séquence d'ADN elle-même.

Des chercheuses comme Rachel Yehuda* aux États-Unis, ont étudié des marqueurs biologiques associés au stress chez des descendants de survivants de l'Holocauste, ouvrant la piste d'une possible transmission biologique de certains effets du traumatisme.

Ces travaux restent toutefois débattus dans la communauté scientifique, qui appelle à la prudence quant à l'ampleur réelle de cette transmission chez l'humain.

La constellation familiale, de son côté, demeure classée par une partie du monde académique parmi les pratiques non validées scientifiquement, ce qui n'empêche pas des milliers de praticiens à travers le monde de continuer à l'utiliser en complément d'un accompagnement thérapeutique classique.

Pourquoi cette série résonne autant Le succès du Chemin de l'Olivier tient à sa capacité à rendre accessible un sujet longtemps resté confidentiel.

En incarnant ces mécanismes à travers trois femmes auxquelles le public peut s'identifier, la série ouvre une porte que ni les livres ni les stages spécialisés n'avaient réussi à ouvrir aussi largement.

Elle pose une question universelle, sommes-nous uniquement le fruit de notre propre histoire, ou portons-nous en nous des héritages qui nous dépassent.

Sans prétendre se substituer à une véritable séance de constellation, ni valider scientifiquement chaque ressort de son scénario, la fiction offre une porte d'entrée sensible vers une réflexion sur le poids du passé familial, les loyautés invisibles et la possibilité, suggérée par Hellinger, de trouver sa juste place dans son propre système pour s'en libérer.

Un miroir tendu à chaque spectateur En choisissant de clore l'histoire d'Ada, Sevgi et Leyla après huit épisodes supplémentaires plutôt que d'étirer indéfiniment le succès, les scénaristes ont fait le pari d'une œuvre resserrée sur l'essentiel, la réconciliation avec soi-même, avec les autres et avec une histoire familiale que l'on ne choisit pas mais que l'on peut apprendre à regarder autrement. Que l'on adhère ou non aux fondements théoriques des constellations familiales, Le Chemin de l'Olivier a le mérite de remettre au centre du débat une intuition ancienne, celle que nos peurs et nos schémas de vie ne naissent peut-être jamais totalement de rien.

Ce que dit la tradition juive sur l'héritage des générations

Une idée ancienne, bien avant Hellinger La Torah elle-même pose la question de la transmission entre générations, bien avant que Bert Hellinger n'en fasse une méthode thérapeutique.
L'Exode l'énonce en des termes frappants, Dieu y est décrit comme visitant la faute des pères sur les enfants jusqu'à la troisième ou quatrième génération, tout en réservant sa bienveillance sur mille générations à ceux qui l'aiment (Exode 20:5-6 et 34:7).

Ce verset a nourri des siècles de commentaires rabbiniques. Le livre d'Ézéchiel vient toutefois en nuancer la portée, affirmant que chaque âme répond de sa propre faute et non de celle de ses pères (Ézéchiel 18), un principe repris par une grande partie des Sages pour insister sur la responsabilité individuelle plutôt que sur une fatalité héréditaire.

Le mérite des ancêtres, un capital invisible À l'inverse de la faute, la tradition juive développe aussi la notion de zekhout avot, le mérite des ancêtres.

Selon cette idée, les actes vertueux d'Abraham, d'Isaac et de Jacob constituent une réserve qui continue de bénéficier à leurs descendants, en particulier lors de Roch Hachana, jour du jugement.
Les Pirké Avot, ce traité de la Michna consacré à l'éthique, résument ce principe par une formule limpide, les actions des pères sont un signe pour les enfants. On y retrouve, sous une forme théologique bien antérieure aux constellations familiales, l'intuition que rien ne s'efface jamais complètement d'une lignée, ni le meilleur ni le pire.

La Shoah, un cas d'école scientifique Le monde juif offre aussi le terrain d'étude le plus documenté sur la transmission réelle, et non plus seulement symbolique, du traumatisme.

La psychanalyste israélienne Dina Wardi a forgé l'expression de bougies de mémoire pour décrire ces enfants de survivants de la Shoah chargés, souvent sans le savoir, de porter le deuil que leurs parents n'avaient pas pu faire.

En France, la psychologue Nathalie Zajde a documenté comment ce traumatisme se rejouait dans le quotidien des enfants de rescapés, entre angoisses irrationnelles et sentiment de devoir réussir pour deux.

Ces résultats restent débattus quant à leur ampleur exacte chez l'humain, mais ils confirment au moins ceci, la mémoire d'une catastrophe collective peut se loger durablement dans une famille, bien au-delà du seul récit qui s'en transmet.

Cohésion de destin plus que fatalité
Peut-on pour autant parler d'une cohésion du peuple juif forgée par cette histoire commune de ruptures, d'exils et de persécutions répétées ?
La tradition elle-même semble pencher vers cette lecture, non pas celle d'une malédiction qui se transmettrait mécaniquement, mais celle d'un peuple qui a fait de sa mémoire collective un outil de survie et de lien.

Là où Hellinger parle de loyautés inconscientes au sein d'un système familial, le judaïsme parle depuis des millénaires de responsabilité de génération en génération,

Dor le Dor, une chaîne où chaque maillon porte à la fois le poids et la force de ceux qui l'ont précédé. La différence de taille avec la méthode mise en scène dans Le Chemin de l'Olivier tient à ceci, le judaïsme n'a jamais séparé cette mémoire d'un cadre moral et communautaire explicite, quand les constellations familiales cherchent à la faire émerger dans l'intimité d'une séance individuelle.

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Fuite des cerveaux inversée : comment Pékin récupère les talents formés par l'Amérique

Fuite des cerveaux inversée : comment Pékin récupère les talents formés par l'Amérique

Un docteur de Carnegie Mellon courtisé par Apple, Google et Meta a préféré rentrer en Chine pour fonder sa propre entreprise d'intelligence artificielle. Trois ans plus tard, son modèle rivalise avec les meilleurs d'OpenAI et d'Anthropic. Cette histoire, loin d'être isolée, inquiète désormais toute la Silicon Valley.

Formé à Tsinghua puis diplômé de Carnegie Mellon aux États-Unis, courtisé par Apple, Google et Meta, Yang Zhilin a tourné le dos à la Silicon Valley pour rentrer en Chine et fonder Moonshot. Trois ans plus tard, son modèle Kimi K3 rivalise avec les meilleurs d'OpenAI et d'Anthropic, symbole d'un basculement qui inquiète désormais l'Amérique.

Un prodige qui refuse l'Amérique

Yang Zhilin a trente-quatre ans, une passion pour le rock et un parcours qui fait pâlir d'envie n'importe quel laboratoire américain. Diplômé de l'université Tsinghua en Chine, il boucle son doctorat à Carnegie Mellon en seulement quatre ans, en 2019, et cosigne au passage des travaux sur l'architecture "transformer", la technologie qui a rendu possibles les chatbots conversationnels modernes. Apple le courtise, Google et Meta déroulent le tapis rouge, Stanford et le MIT lui réservent une place en post-doctorat. Yang refuse tout. Il retourne en Chine et fonde Moonshot, une entreprise dont le nom rend hommage à l'album "Dark Side of the Moon" de Pink Floyd, son groupe favori.

De la survie difficile au triomphe technologique

Le pari n'avait pourtant rien d'évident. En 2024, la jeune pousse ne générait que 2,4 millions de dollars de revenus, tandis que les coûts d'entraînement des modèles et de recrutement des chercheurs explosaient.
Beaucoup, dans l'écosystème chinois de l'IA, pariaient sur son échec face à la course coûteuse et impitoyable des grands modèles de langage. Yang tranche pourtant à contre-courant : il abandonne le développement d'un simple chatbot et choisit de rendre son modèle open source. Le pari paie.

La semaine dernière, Moonshot a lancé Kimi K3, un modèle immédiatement classé par les experts au niveau des systèmes les plus avancés d'OpenAI et d'Anthropic. Elon Musk lui-même a salué "un travail impressionnant". L'entreprise, forte de trois cents employés, affiche aujourd'hui des revenus annuels avoisinant les trois cents millions de dollars, dans une ambiance de studio de rock où les salles de réunion portent des noms de groupes musicaux et où trône un piano blanc.

Une tendance de fond, pas un cas isolé

Yang Zhilin n'est que l'exemple le plus spectaculaire d'un mouvement bien plus large. Harry Shum, ancien vice-président senior de Microsoft pour l'intelligence artificielle, est rentré en Chine pour prendre la présidence d'un institut de sciences des données à Shenzhen.
Qi Lu, ex-vice-président senior chez Yahoo puis Microsoft, dirige aujourd'hui l'exploitation du géant chinois Baidu. Zhu Songchun, l'une des références mondiales en vision par ordinateur, est retourné à Pékin en 2020 pour prendre la tête d'un institut de recherche sur l'intelligence artificielle générale. La liste ne cesse de s'allonger.

Pourquoi les chercheurs chinois rentrent au pays

Une enquête menée par Stanford en 2024 auprès de 1304 scientifiques américains d'origine chinoise révèle que 73 % d'entre eux se disent "en insécurité" dans leur carrière académique, et 65 % évoquent des craintes liées à la haine et à la violence anti-asiatiques. Selon le Financial Times, de nombreux fondateurs chinois estiment qu'il leur est désormais plus simple de créer une entreprise en Chine, portés par un réseau relationnel dense, une culture familière et, pour certains, un cadre réglementaire jugé plus clair. S'y ajoute un ressort patriotique assumé : beaucoup affirment vouloir contribuer à faire de leur pays le leader de la révolution technologique mondiale.

La Chine, nouvelle terre d'accueil des talents

Le phénomène dépasse le seul cas de Moonshot. L'institut Hoover de Stanford a étudié 356 chercheurs à l'origine des modèles de DeepSeek et découvert que 53,5 % d'entre eux n'avaient jamais étudié ni travaillé hors de Chine. Parmi ceux qui avaient une expérience américaine, 70 % ont fini par rentrer au pays. La Chine n'est donc plus seulement importatrice de talents formés par l'Amérique. Elle est désormais capable d'en produire elle-même, en nombre croissant.

Washington face à l'urgence

Le départ de Yang a ravivé, jusque dans la Silicon Valley, un débat plus large sur la capacité américaine à retenir ses talents en intelligence artificielle. Une proposition a même été évoquée cette semaine pour offrir automatiquement une carte verte à tout titulaire étranger d'un doctorat en IA, dans l'espoir de le convaincre de rester.

Le vrai enjeu : la puissance de demain

Pendant des décennies, la domination technologique américaine reposait sur une formule simple, attirer les meilleurs cerveaux du monde entier et les faire grandir sur son sol. L'histoire de Yang Zhilin suggère que cette formule vacille, non pas seulement parce que l'Amérique serait devenue moins accueillante, mais parce que la Chine serait devenue plus attractive.

Washington conserve des atouts considérables, des marchés de capitaux profonds, des universités parmi les meilleures au monde, une tradition d'accueil de l'immigration scientifique qui a fait sa force depuis des générations. Pékin, de son côté, mise sur l'ampleur de son marché intérieur, un soutien étatique massif et un vivier de talents désormais formés localement. La question n'est plus de savoir si Yang a fait le bon choix. Elle est de savoir ce que devient une superpuissance quand sa force d'attraction commence à s'inverser, et si l'Occident saura répondre à ce défi autrement qu'en distribuant des cartes vertes dans l'urgence.

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Une boîte de lait pour bébé sous antivol : le symbole choc de la vie trop chère en Israël

Une boîte de lait pour bébé sous antivol : le symbole choc de la vie trop chère en Israël

Une boîte de lait pour bébé sous antivol : le cri d'une mère qui résume la crise du coût de la vie en Israël

Une image suffit parfois à raconter tout un pays. Des boîtes de lait infantile, cadenassées par des colliers de sécurité en plastique sur les rayons d'un supermarché israélien, comme s'il s'agissait de parfums de luxe ou de spiritueux hors de prix. Le prix affiché : 110 shekels la boîte soit plus de 31 euros ! La photo, publiée sur les réseaux sociaux, a suffi à faire exploser la colère de milliers de parents.

Le cri d'une mère devenu viral

"Dans quel pays est-ce que je vis pour que la nourriture d'un bébé coûte 110 shekels la boîte, et qu'on doive verrouiller la boîte avec des colliers de sécurité pour empêcher qu'on la vole ?
Il s'agit de la nourriture d'un bébé !!!!!!! J'ai envie de pleurer." Ces mots, postés par une mère bouleversée après une visite anodine au supermarché, ont déclenché une vague de partages et de commentaires en quelques heures.

En quelques phrases, elle a mis des mots sur un malaise que beaucoup de familles israéliennes ressentent en silence depuis des mois, celui d'un panier de courses devenu un champ de bataille budgétaire, jusqu'à ce qu'un produit aussi élémentaire que le lait pour nourrisson se retrouve traité comme un bien de luxe à protéger du vol.

Un prix qui n'a rien d'exceptionnel, et c'est bien le problème

Ce qui rend cette histoire particulièrement choquante, ce n'est pas qu'il s'agisse d'un cas isolé ou d'une anomalie tarifaire. Les tarifs des tremplins de lait infantile en Israël oscillent habituellement entre 55 et 85 shekels pour un format standard de 700 grammes, un montant déjà lourd pour un budget familial.
Certaines formules dites spéciales, notamment hypoallergéniques ou destinées à des besoins médicaux spécifiques, peuvent facilement dépasser la centaine de shekels. Autrement dit, la boîte à 110 shekels visée par la publication virale n'est pas un accident de prix, mais le reflet d'un marché où le lait pour bébé est structurellement cher, sans alternative simple pour les parents qui n'ont pas le choix d'attendre une promotion ou de changer de marque, puisque le nourrisson, lui, ne s'adapte pas aux fluctuations du marché.

Le vol de lait infantile, un phénomène ancien devenu symptôme d'une crise nouvelle

Ce recours aux dispositifs antivol sur les produits de puériculture n'est pas une nouveauté en soi. Dès 2005, certaines grandes chaînes israéliennes avaient déjà installé des étiquettes de sécurité sur les couvercles des boîtes de lait infantile, précisément parce que ce produit figurait parmi les articles les plus dérobés en magasin. Mais ce qui interpelle aujourd'hui, c'est le contexte dans lequel ce vieux problème refait surface. Il ne s'agit plus d'un fait divers isolé propre à une enseigne, mais d'un symptôme visible d'une pression économique généralisée, où des parents qui travaillent, qui ont un salaire, en arrivent à un point de désespoir tel que le vol de nourriture pour nourrisson devient une réalité suffisamment répandue pour justifier des mesures de sécurité dignes d'une bijouterie.

Une fracture dans les commentaires, miroir d'une société sous tension

La publication a rapidement rassemblé des milliers de réactions, révélant une ligne de fracture nette parmi les parents israéliens. D'un côté, une colère dirigée contre les grandes chaînes de distribution et contre l'État, accusés d'avoir laissé un produit de première nécessité glisser vers le statut de bien de luxe nécessitant une surveillance renforcée. De l'autre, des internautes qui, avec une certaine résignation, rappellent que la vague de vols dans les supermarchés contraint les enseignes à prendre des mesures radicales pour limiter leurs pertes. Les deux positions ne s'excluent pas, elles décrivent en réalité les deux faces d'un même problème : un coût de la vie devenu si écrasant que même l'alimentation d'un nourrisson se transforme en enjeu de sécurité et de survie économique pour certains foyers.

Un marché concentré, des initiatives pour tenter de faire baisser les prix

Face à cette pression, plusieurs signaux montrent que le sujet dépasse largement le cadre d'une polémique passagère sur les réseaux sociaux. Le ministère de l'Économie et de l'Industrie a récemment annoncé la mise en vente, via l'administration des situations d'urgence, de stocks gouvernementaux de substituts de lait infantile, à des prix nettement inférieurs à ceux pratiqués habituellement en magasin, une opération présentée explicitement comme un moyen de faire pression sur les prix du marché.

Des chaînes ont également tenté de lancer leurs propres marques de tremplin lacté à prix réduit, en misant sur des marges plus faibles pour se démarquer face à la fidélité des parents envers les marques historiques, une fidélité souvent héritée du choix fait par la maternité dès les premiers jours de vie du bébé. Plus largement, de nouvelles initiatives de supermarchés discount et de coopératives d'achat émergent régulièrement en Israël, portées par des entrepreneurs qui promettent de faire baisser le coût du panier alimentaire, signe que le problème du coût de la vie dépasse très largement le seul rayon des produits pour bébés.

Quand la survie économique passe par le caddie

Derrière la polémique née d'une simple photo de colliers de sécurité, c'est toute la question du pouvoir d'achat des jeunes familles israéliennes qui refait surface.
Un nourrisson consomme en moyenne plusieurs boîtes de lait infantile par mois durant ses premiers mois de vie, un poste de dépense incompressible qui pèse lourdement sur des budgets déjà tendus par le loyer, les charges et l'inflation générale. Que ce produit devienne, aux yeux des distributeurs eux-mêmes, suffisamment convoité pour justifier un traitement digne d'un article de luxe en dit long sur l'ampleur du fossé entre les salaires et le coût réel de la vie familiale.
La publication virale n'a rien inventé, elle a simplement rendu visible, en une photo et quelques mots bouleversés, ce que de nombreux parents vivent silencieusement chaque mois devant les rayons.

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