Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

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Les articles de Claudine Douillet

 27 chambres d'hôtel pillées en une seule journée : le casse d'Eilat enfin résolu

 27 chambres d'hôtel pillées en une seule journée : le casse d'Eilat enfin résolu

 27 chambres pillées en une seule journée : le casse d'Eilat enfin résolu

L'affaire qui avait secoué le secteur hôtelier d'Eilat vient de trouver son épilogue judiciaire. Khalifa Malul, 39 ans, résident de Kiryat Malachi, est accusé d'avoir forcé l'accès à 27 chambres d'un même hôtel de la station balnéaire, le tout en une seule journée.

Selon l'acte d'accusation, l'homme disposait d'une carte maîtresse lui ouvrant toutes les portes de l'établissement. L'unité des poursuites de la police du district d'Eilat a déposé ces derniers jours un acte d'accusation devant le tribunal de première instance de la ville, visant Malul ainsi que Passil Assa, 30 ans, domicilié à Ashdod, qui avait travaillé une semaine comme agent de maintenance dans l'hôtel visé.

La terreur d'une cliente réveillée en pleine nuit

Le témoignage le plus glaçant de l'enquête provient d'une des clientes de l'hôtel. « J'ai soudain entendu la porte s'ouvrir. Mon mari et moi dormions. Je tremblais de peur. Je me suis caché le visage », a-t-elle raconté aux enquêteurs. Ce récit illustre le mode opératoire décrit dans l'acte d'accusation : Malul avait pour habitude de frapper aux portes des chambres pour vérifier si les occupants étaient présents. En l'absence de réponse, il utilisait la carte maîtresse pour pénétrer à l'intérieur, chambre après chambre, méthodiquement.

Un complice recruté au sein même de l'hôtel

L'enquête a mis en lumière le rôle central de Passil Assa. Selon les soupçons de la police, ce dernier avait reçu, dans le cadre de ses fonctions de maintenance, une carte maîtresse donnant accès à l'ensemble des chambres de l'établissement. Plutôt que de la restituer à la fin de sa mission, il l'aurait conservée puis transmise à Malul, ouvrant ainsi la voie à l'une des séries de cambriolages les plus spectaculaires jamais enregistrées dans un hôtel israélien.

Un butin concentré sur seulement trois chambres

Fait notable de cette affaire : sur les 27 chambres visitées par Malul, seules trois ont fait l'objet d'un vol significatif, selon l'acte d'accusation. Dans la première, il aurait dérobé 2 500 shekels en liquide, un petit sac bandoulière de la marque Michael Kors ainsi que des cartes de crédit. Dans la deuxième chambre, le butin comprenait 1 200 shekels, une carte Rav-Kav de transport, une carte de caisse de sécurité sociale (Koupat Holim) et une carte d'identité. Une troisième chambre a quant à elle été délestée de 700 shekels. Dans les 24 autres pièces visitées, l'accusé serait reparti les mains vides, sans qu'aucun objet de valeur n'ait apparemment retenu son attention ou ne se soit trouvé à portée.

Des cartes volées utilisées dans des kiosques du quartier

L'acte d'accusation précise également que Malul et Assa auraient utilisé les cartes de crédit dérobées aux clients de l'hôtel pour effectuer des achats dans des kiosques de proximité, les fameuses « pitzoutziot » israéliennes, pour un montant total avoisinant les 800 shekels. Par ailleurs, les enquêteurs ont découvert que Malul détenait, en lien avec un autre établissement hôtelier, des carnets de chèques ainsi qu'une bouteille de whisky, dont l'origine reste également sous le coup de l'enquête.

« C'est du jamais-vu », selon une source policière

L'ampleur de cette série de cambriolages a surpris jusqu'aux enquêteurs les plus expérimentés. « Il y a eu au fil des années, ici et là, des cas de cambriolages ou de vols dans des chambres d'hôtel, mais toujours à petite échelle. Certainement pas 27 chambres forcées, et en une seule journée qui plus est. C'est un record. C'est du jamais-vu », a confié une source au sein des forces de l'ordre. C'est en effet l'accumulation de plaintes qui a mis la police sur la piste des deux hommes : plusieurs clients de l'hôtel, ainsi que le responsable de la sécurité de l'établissement, ont signalé les faits aux policiers du district d'Eilat.

Des images de vidéosurveillance déterminantes

Pour élucider l'affaire, les enquêteurs ont épluché les enregistrements des caméras de sécurité, aussi bien celles de l'hôtel que celles des kiosques où les cartes de crédit volées avaient été utilisées. Ce travail de recoupement a permis d'identifier un élément clé : les vêtements et les chaussures portés par Malul sur les images de vidéosurveillance de l'hôtel correspondaient exactement à ceux visibles sur les enregistrements des commerces où les achats frauduleux avaient été effectués. Ce faisceau d'indices visuels a constitué l'un des piliers du dossier constitué contre le suspect.

Un suspect déjà connu de la justice

Khalifa Malul n'est pas un inconnu des services de police. Selon les éléments cités dans le dossier, il totaliserait à son actif douze condamnations antérieures, notamment pour des délits liés à des atteintes aux biens et à l'usage frauduleux de cartes de crédit appartenant à autrui. Face aux enquêteurs, l'homme a choisi de garder le silence, refusant de s'exprimer sur les faits qui lui sont reprochés.

Maintien en détention réclamé jusqu'à la fin de la procédure

La détention de Malul et d'Assa a été prolongée à plusieurs reprises depuis leur arrestation. Le parquet, qui considère la gravité et l'ampleur inédite des faits comme justifiant une mesure de précaution maximale, demande désormais le maintien des deux hommes en détention jusqu'à l'issue complète de la procédure judiciaire engagée à leur encontre. L'affaire, qui devrait faire l'objet d'un suivi attentif de la part de la presse locale, pourrait établir un précédent dans la manière dont la justice israélienne traite les fraudes internes commises par des employés d'établissements hôteliers disposant d'un accès privilégié aux chambres de leurs clients.

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Attentat à la bombe à Monaco : le fils de l'oligarque visé se cache en Israël

Attentat à la bombe à Monaco : le fils de l'oligarque visé se cache en Israël

Une Ukrainienne « armée et dangereuse » traquée par Interpol après l'attentat de Monaco

Un mandat d'arrêt international vient d'être délivré contre une ressortissante ukrainienne d'une trentaine d'années, résidant en Allemagne, soupçonnée d'avoir posé la bombe qui a dévasté l'entrée d'un immeuble de luxe à Monaco. L'oligarque ukrainien Vadim Yermolaev, sa maîtresse et leur fils de 13 ans ont été grièvement blessés dans l'explosion. Derrière cette affaire spectaculaire se dessine un réseau de fraudes massives, une longue liste d'ennemis, et un fil rouge inattendu menant jusqu'en Israël, où vivrait le fils aîné de l'oligarque, récemment condamné pour escroquerie.

Une notice rouge Interpol pour une suspecte insaisissable

L'information a été révélée jeudi soir par le Daily Mail. Le procureur général de la principauté, Stéphane Thibaut, a confirmé qu'un mandat d'arrêt visait une Ukrainienne d'une trentaine d'années établie en Allemagne, et qu'elle ferait l'objet dès le soir même d'une notice rouge d'Interpol. Selon une source proche de l'enquête, la suspecte aurait tenté de se faire passer pour un homme au moment des faits, avant d'être formellement identifiée grâce au témoignage d'un passant. Elle se serait ensuite enfuie en Italie avec des complices, et pourrait aujourd'hui se trouver quelque part dans les Balkans.

L'explosion du « Palais du Soleil »

La cible visée était Vadim Yermolaev, milliardaire ukrainien de 58 ans, sa compagne présumée Anna Nesovina, 46 ans, et leur jeune fils. La suspecte, dont l'identité n'a pas été rendue publique, a été photographiée devant le « Palais du Soleil », le luxueux immeuble d'appartements appartenant à l'oligarque. Peu avant 21 heures, un sac à dos piégé a explosé à l'entrée du bâtiment, déclenché à distance depuis un téléphone portable. Le bilan humain est terrible : Anna Nesovina a été amputée des deux jambes, tandis que son compagnon et elle ont été grièvement brûlés et touchés par des éclats.

Les caméras de surveillance du quartier ont capté la fuite de la suspecte, coiffée d'un chapeau noir, filant à pied vers la France voisine, dépourvue de tout poste de contrôle à cet endroit. Elle aurait rejoint la commune française de Beausoleil avant de traverser vers l'Italie. « Elle est armée et dangereuse, et serait accompagnée de complices », a averti une source proche du dossier. « Il convient de l'approcher avec la plus grande prudence. »

Une traque judiciaire à trois inculpations

Les autorités françaises et monégasques ont ouvert une enquête conjointe pour tentative d'assassinat, dépôt d'engin explosif sur la voie publique avec intention criminelle, et association de malfaiteurs. Les enregistrements montrent que la suspecte avait été repérée une première fois dans le secteur dès le matin de l'attentat, avant de revenir plus tard déposer la charge. Au moment de la déflagration, elle ne se trouvait qu'à une douzaine de mètres de distance.

Le jeune garçon de 13 ans, rapidement rétabli, a pu témoigner devant la police et le parquet. « Il leur a décrit précisément ce qu'il a vu, même si ses souvenirs sont manifestement très flous », a expliqué une source de l'enquête, qui précise que c'est sa mère qui a absorbé l'essentiel de la déflagration, l'enfant n'ayant subi que des brûlures et des blessures par éclats relativement légères.

Un oligarque « obsédé par la sécurité »

Si certaines théories évoquent l'implication du Service de sécurité ukrainien (SBU) dans l'attaque, la piste privilégiée par les enquêteurs reste celle du règlement de comptes lié au blanchiment d'argent. Au fil des années, Vadim Yermolaev s'est bâti une réputation encombrante et une longue liste d'ennemis. C'est précisément pour fuir les menaces qu'il s'était installé à Monaco, réputé pour la sécurité qu'offre la principauté. Siar Korshutov, homme d'affaires ukrainien originaire de Crimée et proche de l'oligarque, a confié au quotidien français Le Monde que son ami était « obsédé par la sécurité », ajoutant : « Vadim vit sur le fil du rasoir. »

Une escroquerie à 100 millions d'euros au cœur de l'affaire

Selon la police ukrainienne, Yermolaev aurait été visé en raison de ses liens présumés avec un vaste réseau de fraude estimé à 100 millions d'euros, organisé autour de centres d'appels basés à Dnipro. Ces structures auraient servi de plateforme à des escroqueries financières à grande échelle, opérant à travers toute l'Europe. La famille Yermolaev aurait joué un rôle central dans ce système, plaçant l'oligarque au cœur d'une vaste enquête paneuropéenne visant ces réseaux clandestins.

Le fils condamné qui « vit désormais en Israël »

C'est là que l'affaire prend une dimension particulièrement frappante. Fin 2025, Arthur Yermolyev, le fils aîné de l'oligarque, âgé de 35 ans, a été arrêté à Chypre pour son rôle présumé dans cette escroquerie de grande ampleur. Extradé vers l'Estonie, où environ 500 victimes auraient perdu chacune près de 5 millions de livres sterling, il a été condamné à cinq ans de prison. Or, selon son propre associé, Siar Korshutov, Arthur Yermolyev « vit désormais en Israël » une information qui relie directement l'entourage familial de l'oligarque au territoire israélien, en plein cœur d'une affaire de fraude internationale et de tentative d'assassinat.

Ce détail n'est pas anodin : il place, aux côtés du récit monégasque de la bombe et de la traque d'Interpol, un second volet judiciaire où le fils d'un oligarque visé par une tentative d'assassinat purge une peine pour escroquerie tout en résidant, selon les informations disponibles, en Israël. Un fil qui relie ainsi trois pays et trois volets d'une même toile criminelle : Monaco, théâtre de l'attentat ; l'Estonie, siège de la condamnation ; et Israël, lieu de vie actuel du fils condamné.

Un homme d'affaires torturé et démembré à Bali

L'ampleur de la violence entourant ce dossier ne s'arrête pas à Monaco. Dans une affaire connexe, Igor Komarov, homme d'affaires de 28 ans impliqué dans la gestion de ces centres de services, a été enlevé, torturé, tué puis démembré lors de vacances à Bali en mars dernier. « Les assassins n'ont jamais été retrouvés », a indiqué une source sécuritaire. « Cela donne une idée du genre d'ennemis auxquels Yermolaev a affaire. »

Le quotidien ukrainien Ukrainska Pravda apporte un éclairage supplémentaire, évoquant un accord de partage de territoire qui aurait mal tourné, ainsi que des dettes impayées envers des chefs du crime organisé de Dnipro  autant d'éléments qui pourraient expliquer la violence extrême déployée contre l'oligarque et sa famille.

À ce stade, la suspecte reste activement recherchée à travers l'Europe, tandis que l'enquête tente de démêler les fils d'un système de fraude tentaculaire, de règlements de comptes sanglants, et d'une famille dont les membres se trouvent aujourd'hui dispersés entre prisons européennes et exil discret en Israël.

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Cachemire 1991 : comment six Israéliens ont terrassé leurs ravisseurs islamistes à mains nues

Cachemire 1991 : Comment 6 jeunes israéliens ont combattu à mains nues leurs ravisseurs armés

Le voyage de tous les dangers : quand des routards israéliens ont maté leurs ravisseurs à mains nues

Le 26 juin 1991, sur les eaux calmes du Cachemire, dans le nord de l'Inde, huit touristes profitent d'une soirée paisible à bord de péniches-hôtels amarrées sur un lac.
Parmi eux, sept jeunes Israéliens fraîchement libérés de l'armée et une jeune femme, en plein tour du monde d'après-service militaire, ce rite de passage classique pour tant d'anciens soldats. La région traverse des mois de tension extrême, les affrontements entre groupes islamistes locaux et l'armée indienne s'intensifient, mais les voyageurs étrangers se croient à l'abri de ce conflit qui ne les concerne pas. Cette certitude va voler en éclats en quelques minutes à peine.

Une soirée qui bascule dans l'horreur

Une dizaine d'hommes armés de kalachnikovs font irruption sur les embarcations flottantes. En quelques instants, ils rassemblent huit otages, sept Israéliens (six hommes et une femme) et une touriste néerlandaise, et les font descendre dans de petites barques qui attendent déjà sur la rive. Direction une ville voisine, bastion connu des rebelles les plus radicaux, une zone où l'armée indienne elle-même n'ose pas s'aventurer.

À l'arrivée, les ravisseurs relâchent les deux femmes du groupe. Alex Kotler, l'Israélienne, et la touriste hollandaise se retrouvent ainsi séparées des hommes, perdues au cœur d'une ville hostile, mais vivantes.
Pour les six autres, Yaïr Frisch, Eli Mamane, Erez Kahana, Hagaï Kaspi, Yaïr Yitzhaki et Kobi Shemesh, le sort promet d'être tout autre. Alignés face à leurs geôliers, ils doivent répondre à une question aussi simple que terrifiante : "Es-tu juif ?"

Une question de vie ou de mort

Les ravisseurs évoquent alors la possibilité d'épargner leurs prisonniers s'ils acceptent de se convertir à l'islam. Mais rien n'indique qu'ils aient un plan clair, ni qu'une demande de rançon ou une quelconque négociation soit à l'ordre du jour. En quelques minutes à peine, l'exécution semble inévitable.

Il faut le rappeler : ces six Israéliens, pieds nus, mains liées, terrifiés, sont en réalité d'anciens combattants. Deux parachutistes, un blindé, un Golani et deux anciens de l'armée de l'air. Erez Kahana, 22 ans, originaire de Ramat Efal, commence alors, dans des chuchotements à peine audibles, à échafauder un plan de révolte. Il remarque que certains d'entre eux sont parvenus à desserrer leurs liens aux poignets, tout en gardant les mains croisées dans le dos pour ne rien laisser paraître.

"Maintenant !" : l'assaut désespéré

Alors que les ravisseurs commencent à perdre patience devant ces prisonniers qui échangent des messes basses dans une langue étrangère, Erez Kahana lance le signal convenu à ses compagnons : "Maintenant !" Ensemble, les six hommes se jettent sur leurs geôliers armés. À coups de poing, à coups de pied, à mains nues, ils se ruent sur les combattants et transforment la pièce close en un chaos de cris et de violence. Très vite, une kalachnikov change de mains et tombe du côté israélien. Quand la fumée se dissipe, trois ravisseurs sont morts, les autres ont pris la fuite. Mais Erez Kahana, lui, a été tué pendant l'assaut.

Quatre des cinq survivants sont également blessés, à des degrés divers, par des balles ou des éclats. Ensanglantés et bouleversés, ils se retrouvent livrés à eux-mêmes dans les rues d'une ville qui leur est totalement hostile. C'est seulement à ce moment qu'ils réalisent l'absence de Yaïr Yitzhaki, qui, après l'assaut, s'est enfui vers une destination inconnue.

Une cavale à travers une ville ennemie

Faisant preuve d'un sang-froid impressionnant, les quatre survivants trouvent refuge dans une maison locale. De là, ils parviennent à établir un contact avec les forces de sécurité indiennes, qui réussissent à les localiser et à les évacuer vers un hôpital militaire voisin. Peu après, on découvre que Yaïr Yitzhaki, durant sa fuite, est tombé entre les mains d'un autre groupe clandestin musulman de la région. Lui aussi a désormais besoin d'être secouru.

La diplomatie entre en scène

Les jours suivants sont marqués par une intense activité diplomatique. Les pressions israéliennes et américaines sur les autorités du sous-continent indien, combinées à la crainte des autorités locales de voir Israël tenter une opération de sauvetage risquée sur le sol indien, aboutissent finalement à la libération des cinq otages restants, détenus dans deux lieux distincts.

Le retour des héros

Les cinq Israéliens rentrent au pays en héros. Le ministre des Affaires étrangères de l'époque, David Levy, ainsi que son adjoint Benyamin Netanyahou, prononcent des discours empreints d'émotion. Dans le même temps, les cinq rescapés assistent aux funérailles de leur compagnon d'armes tombé au combat, Erez Kahana, dont le courage et le sang-froid ont permis à ses camarades de survivre à cette nuit d'horreur.

Trente-cinq ans après, un récit toujours vertigineux

Trois décennies et demie plus tard, cette histoire continue de fasciner. Le podcast "Itonut Hoferet" (littéralement "journalisme fouilleur"), animé par Oded Kramer et Itzik Shashu, revient sur cet épisode qui avait bouleversé Israël à l'été 1991. Un récit qui illustre, mieux que tout autre, comment des jeunes gens ordinaires, tout juste sortis de leur service militaire, peuvent, dans l'instant le plus critique, puiser dans leur formation et leur instinct de survie pour renverser un destin qui semblait déjà scellé.

Cette tragédie du Cachemire reste, à ce jour, l'un des épisodes les plus marquants de l'histoire des prises d'otages d'Israéliens à l'étranger, un mélange rare de drame absolu et d'héroïsme spontané, né du refus pur et simple de se laisser exécuter sans combattre.

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Le rêve fou d'un père et sa fille israéliens : 18 jours de vol au-dessus de l'Europe

Le rêve fou d'un père et sa fille israéliens : 18 jours de vol au-dessus de l'Europe

Dix-huit jours dans un cockpit avec son père : le road trip aérien qui réalisait un vieux rêve

À 11 000 pieds d'altitude, au-dessus de la Sicile, dans un minuscule avion ultra-léger à deux places, Nir Levi, 27 ans, instructrice de vol installée aux États-Unis, et son père Gil Levi, 62 ans, agriculteur de l'Arava en Israël fixaient prudemment la gueule d'un volcan actif. Un panache de cendres leur indiquait la direction à ne surtout pas approcher.

Ce moment résume à lui seul ce périple pas comme les autres : un road trip aérien père-fille de 18 jours et 55 heures de vol, mené avec six kilos de bagages personnels chacun, une avalanche d'autorisations et de calculs de carburant, des pistes en herbe et des aérodromes privés, de la cuisine italienne et des nuits écourtées pour préparer les vols du lendemain. Ni randonnée tranquille, ni vacances en famille classiques : une aventure tendue, intense, un rêve familial vécu aux commandes.

Un départ presque avorté

Quelques heures avant le décollage depuis le moshav Paran en Israël,le grand projet a failli capoter, non pas à cause de la météo, mais d'un simple problème logistique. « Notre première escale était prévue à Rhodes », raconte Nir à Ynet. « À deux heures du matin, on nous a annoncé qu'il n'y avait pas de place pour nous garer. Tu imagines la pression, ça changeait tout l'itinéraire. »

En voiture, on trouve simplement un autre parking. En ultra-léger, en pleine traversée intercontinentale, c'est une autre histoire. « Il n'y a pas beaucoup d'options d'atterrissage sur la route vers l'Europe », explique Nir. « Et il faut un aérodrome équipé du contrôle des passeports. » Après des dizaines de mails et d'appels, la Crète refuse, mais une compagnie de Rhodes finit par accepter de les recevoir, in extremis.

Six kilos pour dix-huit jours

La contrainte matérielle a marqué tout le voyage. « La soute de l'avion autorise 20 kilos », précise Gil. « On a emporté du matériel d'urgence, un canot pneumatique, des sacs étanches avec des radios, ça faisait huit kilos. Il nous restait six kilos chacun pour dix-huit jours. » Il en rit encore.

Le trajet : décollage de Paran, passage par Haïfa pour le tampon des passeports, puis ravitaillement à Paphos et en Grèce avant l'Italie. Deux nuits en Grèce, toute l'Italie traversée du sud au nord, puis retour par la Slovénie, la Croatie et le Monténégro.

De la monotonie à l'émerveillement

Paradoxalement, les deux premiers jours, au-dessus de la Méditerranée, la partie qui semblait la plus spectaculaire sur le papier, furent les plus ennuyeux. « On volait en ligne droite pendant des heures sans rien voir en dessous, à part de l'eau », se souvient Nir.

Puis l'Europe s'est ouverte sous leurs ailes. « Les paysages sont devenus dingues », dit-elle. « La Grèce est superbe, l'Italie aussi. Il y a tellement d'endroits uniques qu'on a parfois refait le même trajet deux fois, juste par enthousiasme. La côte amalfitaine, on l'a survolée trois fois : aller, retour, aller. »

Amalfi est devenue leur point d'orgue. « Un an plus tôt, j'étais là, au sol, à regarder les avions passer en me disant : j'aimerais tellement être là-haut maintenant », raconte Nir. « C'est magnifique vu du sol aussi, mais il y a une liberté à la voir depuis le ciel, une sensation incroyable. »

Une communauté de passionnés

Loin des terminaux et des portes d'embarquement, le voyage s'est joué sur des pistes en herbe dans des jardins privés. « Les gens là-bas sont d'une gentillesse folle », dit Nir. « Ils s'occupaient de nous, nous trouvaient un hôtel ou un moyen de transport. » Une véritable communauté de pilotes amateurs et de propriétaires d'aérodromes s'est révélée à eux tout au long du trajet.

Invités à un festival d'avions ultra-légers par des gens rencontrés en chemin, ils s'attendaient à une vingtaine d'appareils. Il y en avait environ 200. « Même des gens qui ne nous connaissaient pas avaient déjà entendu parler de nous et nous demandaient : c'est vous, le père et la fille venus d'Israël en petit ultra-léger ? »

Une halte marquante, au sud de Bologne : un petit aérodrome avec hôtel, restaurant et piscine attenants, si proche qu'on voyait l'avion garé depuis le bassin.

San Marin, la piste la plus spectaculaire du voyage

Si Amalfi fut le sommet visuel du périple, San Marin, minuscule État niché au cœur de la Botte italienne, en fut le sommet émotionnel. Gil décrit cette piste minuscule comme l'une des plus belles au monde : « D'un côté de l'aérodrome, une montagne, de l'autre, un précipice. On voit Rimini, on voit la mer. »

L'accueil des pilotes locaux fut à la hauteur du lieu. « Ils m'ont dit que j'étais peut-être la première femme à atterrir dans ce pays », rapporte Nir. « C'est un aérodrome minuscule, un ou deux ou trois avions par jour, très peu de visiteurs en général. Alors un avion venu d'Israël, on est peut-être le premier avion israélien à s'être posé à San Marin. »

Hébergés par la famille d'une amie israélienne dont le père est italien, Nir a ensuite emmené le cousin et l'oncle de son amie pour un court vol au-dessus de la maison.

Face à face avec un volcan actif

Au large de la Sicile, en direction de l'Etna, le duo est monté à environ 3 500 mètres pour contourner le cratère. « Ce n'est pas dangereux », rassure Gil. « Ce n'est pas de la fumée qui sort du volcan, mais des cendres volcaniques. On voit où elles se dirigent et on approche par le sens opposé. »

Nir précise l'aspect technique : « On ne survole jamais exactement le cratère, c'est une zone interdite, donc on a contourné. C'était une expérience de faire monter notre avion à cette altitude, quelque chose qu'on n'avait jamais fait. » Le même vol les a menés plus au nord, vers l'archipel de Stroboli, un chapelet d'îles volcaniques toutes actives.

Un cockpit, deux générations

Dans cet habitacle minuscule, la répartition des tâches était claire. « Sur la plupart des vols, 95 % du temps, c'est moi qui pilotais », dit fièrement le père. « Elle s'occupait du reste : communications avec le contrôle aérien, planification de vol. J'étais son pilote automatique. »

L'aviation coule dans les veines de la famille Levi. « Je ne suis pas le seul pilote de la famille », explique Gil. « Mon père était pilote, mes deux frères le sont aussi. C'est un plaisir de voler avec ma fille et de la voir gérer les choses mieux que moi. »

Le renversement des rôles fut l'un des plus beaux fils rouges du voyage. Autrefois, le père enseignait à sa fille. Aujourd'hui, c'est elle qui le guide, checklist, procédures et remarques en cockpit compris. « Ces échanges de rôles surviennent d'un coup, quand il fait quelque chose de travers et qu'il faut le lui dire », raconte Nir. « Je ne pense pas que tout père accepterait une remarque comme ça. Parfois, je devais même hausser un peu le ton : mais qu'est-ce que tu fais, papa ? Au final, c'est instructeur et élève, et tout père n'accepterait pas ça venant de son enfant. » Gil ne conteste jamais. Pour lui, dans les airs, l'ego n'a pas sa place : « Il n'y a qu'un seul commandant de bord. Jamais deux. »

Les imprévus qui deviennent des cadeaux

Comme tout road trip digne de ce nom, l'itinéraire n'a pas toujours suivi le plan. À Corfou, leur journée d'atterrissage n'a pas été approuvée. Ce contretemps les a menés vers les lacs du nord de l'Italie, Garde et Côme, où des amis cyclistes de Bergame les attendaient pour déjeuner avant de reprendre l'air vers les rives spectaculaires.

Mais Gil rappelle vite la réalité derrière la carte postale : 55 heures de vol en 18 jours, avec des arrêts toutes les trois heures pour ravitailler et faire une pause. L'avion pouvait tenir environ quatre heures et demie à cinq heures sans escale, mais ils préféraient ne pas pousser la limite.

Le dernier coup de chance

Sur le trajet du retour, entre Corfou et Rhodes, le carburant venait à manquer, en urgence. La solution : le terrain privé d'un habitant local, contacté la veille au soir via Google Traduction en grec. Une piste de 600 mètres, un hangar rempli d'avions, une maison privée, très peu d'anglais et énormément de bonne volonté. « Il nous a cueilli des abricots de son arbre », se souvient Nir, le sourire aux lèvres.

Un pays taillé pour l'aviation légère

Au fil du voyage, une évidence s'est imposée : ce type de périple ne repose pas seulement sur un avion et une licence de pilote, mais sur tout un réseau d'aérodromes, de propriétaires, de pilotes et d'habitants prêts à rendre service. « L'Italie est vraiment équipée pour les voyages en ultra-léger », confirme Gil. Nir ajoute que plusieurs constructeurs d'avions ultra-légers y sont implantés, ce qui explique sans doute cette culture aéronautique si vivante.

Au terme de ces dix-huit jours, ce ne sont pas seulement les paysages, les volcans ou les petites pistes qui resteront gravés. C'est le souvenir d'un père et d'une fille partageant un même cockpit, unis dans la réalisation d'un rêve ancien. Nir et Gil, eux, pensent déjà au prochain voyage ensemble.

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Mille jours après le massacre du 07/10 : Israël s'arrête, se souvient et exige des comptes

Mille jours après le massacre du 07/10 : Israël s'arrête, se souvient et exige des comptes

Mille jours après le massacre : Israël s'arrête, se souvient et exige des comptes

Ce jeudi marque le millième jour depuis le 7 octobre 2023. Dès 6h29, heure exacte du début de l'attaque du Hamas, des cérémonies et des rassemblements ont démarré dans tout le pays.
La mobilisation a gagné la Knesset, où des affrontements ont éclaté entre manifestants et policiers, tandis qu'à Tel-Aviv une exposition réunissant des dizaines d'objets personnels de victimes a ouvert ses portes.
Le rassemblement central est prévu ce soir à 20h00 place des Otages, qui sera rebaptisée pour l'occasion place du Souvenir.

Le témoignage de Rotem, sauvé par le sacrifice de ses parents

Shir Matias, fille de Shlomi et Shahar Matias, assassinés dans leur maison du kibboutz Holit le 7 octobre, a partagé pour la première fois sur X un enregistrement de son frère Rotem, rescapé du massacre. Leurs parents lui ont sauvé la vie en le protégeant de leur corps.
Dans cet enregistrement, on entend le garçon annoncer la terrible nouvelle à sa sœur : "Maman et papa ne sont plus la"

Recueillement à la stèle des observatrices de Nahal Oz

Les familles des jeunes observatrices tombées à Nahal Oz se sont rendues à la stèle érigée à leur mémoire, à la frontière avec Gaza, entourées de coquelicots et de drapeaux israéliens. Accompagnées d'autres familles endeuillées et de citoyens venus honorer les disparus, elles ont observé une minute de silence et organisé une cérémonie sur place.

"1 000 souvenirs" : une exposition bouleversante à Tel-Aviv

À la bibliothèque Beit Ariela, près de la place des Otages, l'exposition "1 000 souvenirs" a ouvert à midi.
Elle présente pour la première fois les cartes de prisonnier des rescapés de la captivité Arbel Yehoud, Ariel Cunio et Rom Braslavski, aux côtés d'objets destinés à célébrer la vie des victimes : le vélo d'Ariel Bibas, l'uniforme de la paramédicale Amit Mann, ou encore les bérets des observatrices Noa Price et Roni Eshel.
Sur la place elle-même, les familles et les rescapés ont installé des œuvres et des installations, dont le conteneur jaune du festival Nova et une reconstitution du tunnel où étaient détenus des otages. Des cercles de parole rassemblent familles endeuillées, rescapés du massacre et anciens otages.

Les voix des survivants, minute par minute

À 10h00, une minute de silence a réuni la foule place des Otages. Un film de huit minutes, produit avec l'organisation "710", a ensuite diffusé les témoignages de rescapés des kibboutzim de la région et du festival Nova, racontant minute par minute l'horreur de ce samedi noir. Karin Kleinberg, de Sdérot, se souvient : "À 6h30, tout a commencé, une alerte roquette démentielle sur la ville." Miriam Yehoshua, de Nir Itzhak, raconte être sortie du lit pour rejoindre la pièce sécurisée. Sharon Weissberg, présent à la Nova, se rappelle que la musique s'est arrêtée et que le DJ a crié de se coucher au sol. D'autres évoquent des dizaines de terroristes franchissant les clôtures, des tirs en rafale, des appels au secours restés sans réponse.

La colère d'Eyal Eshel contre Tsahal

Eyal Eshel, père de la observatrice Roni Eshel tombée le 7 octobre et figure du "Conseil d'octobre", a dénoncé sur le plateau de ynet le refus de dernière minute de Tsahal de transférer un poste d'observation des guetteuses jusqu'à la place des Otages, alors même que l'accord avait été donné. Selon lui, cette position, aujourd'hui hors d'usage dans une zone abandonnée, devait rejoindre les autres installations symboliques de la journée : le tunnel, le conteneur de la Nova, le poste des ballons. "Hier, on nous a infligé une gifle supplémentaire, par une décision arbitraire du porte-parole de Tsahal", a-t-il déclaré, les larmes aux yeux. L'armée a refusé de réagir.

La douleur intacte des familles

Dani Algrat, frère d'Itzik Algrat, tué en captivité et dont le corps a été restitué, a pris la parole devant la base de la Kirya à Tel-Aviv : "Mille jours durant lesquels on nous répète que les otages sont rentrés, mais tous ne sont pas rentrés. Celui qui est revenu vivant est revenu. Celui qui a été enlevé vivant, abandonné en captivité, assassiné et rendu dans un cercueil, n'est pas revenu." Il a évoqué "mille jours de douleur, de colère et de manque", reprochant à l'État de ne pas avoir protégé ses citoyens ce matin-là.

Yoram Yehoudaï, père de Ron Yehoudaï tué à la Nova, a confié depuis le parking même du festival : "Mille jours que le cœur saigne. On ne trouve pas le temps de guérir, car il faut se battre pour une commission d'enquête d'État, pour la vérité, pour la justice." Il est notamment revenu, indigné, sur une récente sortie suite à la question posée au Premier ministre "qu'est ce qui a changé pour vous depuis le 7 octobre et à invoqué "sa perte de poids depuis le 7 octobre ": "C'est humiliant, c'est de l'insolence. Je n'ai pas ri une seule fois en mille jours."

Place des Otages toujours, Einav Zangauker, mère de l'ancien otage Matan Zangauker, a manifesté avec une pancarte proclamant : "Le gouvernement du massacre et de l'abandon, dehors."

Bougies à la Nova, sable face à l'ambassade américaine

Sur le site même du festival Nova, des parents endeuillés se sont rassemblés pour allumer des bougies de mémoire, dénonçant un sentiment d'abandon : "On nous ignore, nous sommes totalement invisibles." À Nahal Oz, à 6h29 précises, Liad Bar'am a allumé une bougie à la mémoire de son fils Néta, tombé au combat lors de la défense du poste. Sur la plage de Tel-Aviv, face à l'ambassade des États-Unis, le Conseil d'octobre a réalisé une installation de sable portant l'inscription "Leur sang crie depuis la terre. 1 000 jours d'échec, d'abandon et de deuil."

Manifestations et tensions dans tout le pays

La journée s'est ouverte par des rassemblements devant la Knesset, à Karkour et place de Paris à Jérusalem, où des manifestants ont porté un cercueil symbolique et brandi des pancartes dénonçant "1 000 jours d'abandon et d'échec".

Devant la Knesset, la police a entrepris de disperser les manifestants, provoquant des accrochages ; une immense installation bloquant la route a été laissée sur place.
D'autres manifestants se sont rendus devant le domicile du président de la Knesset, Amir Ohana, le qualifiant de dirigeant sans autorité ni responsabilité.

Des rassemblements se sont également tenus aux carrefours d'Amiad et de Kabri, ainsi que devant le domicile du ministre de l'Éducation Yoav Kisch.
Au carrefour d'Amiad, Dani Miran, père de l'ancien otage Omri Miran, a dénoncé "une guerre du sang" plutôt qu'une guerre de renaissance.
Selon les organisateurs, les manifestants prévoyaient de bloquer plusieurs axes routiers majeurs au cours de la journée.

Par ailleurs, plus de 700 000 shekels ont été collectés en vingt-quatre heures pour financer la cérémonie nationale du souvenir des familles du 7 octobre, prévue dans le parc HaYarkon, un rythme de dons jugé sans précédent par les organisateurs.

Un bilan qui continue de s'alourdir

Le Conseil d'octobre, qui fédère plus de 1 500 familles endeuillées, anciens otages et rescapés du massacre, a organisé cette journée de commémoration et de protestation pour marquer très précisément mille jours depuis l'attaque du Hamas et le début de la guerre "Épées de fer". À ce jour, 2 105 personnes sont mortes depuis le début du conflit, du massacre du 7 octobre aux combats à Gaza et face au Hezbollah au Liban, en passant par les attentats, les tirs houthis depuis le Yémen, les milices en Irak et les échanges de missiles avec l'Iran. Un site dédié permet à quiconque de leur adresser un mot d'adieu.

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Révolution du jean : le géant mondial du denim mise sur la technologie israélienne de Sonovia

Révolution du jean : le géant mondial du denim mise sur la technologie israélienne de Sonovia

Chaque année, des milliards de jeans sont fabriqués dans le monde au prix d’une consommation massive d’eau et de produits chimiques. Aujourd’hui, un géant brésilien qui fournit notamment Zara, Diesel et Calvin Klein mise sur une start-up israélienne remplace la teinture traditionnelle du denim par des ultrasons. Si la promesse est tenue, c’est toute une industrie pesant plusieurs dizaines de milliards de dollars qui pourrait être contrainte de se réinventer.

Sonovia n’est pas une inconnue du paysage technologique israélien.
La société s’est fait connaître pendant la pandémie de Covid-19 en développant des masques textiles dotés d’une technologie antimicrobienne intégrée au tissu, conçue pour neutraliser une partie des particules et agents pathogènes.
Portée alors par l’urgence sanitaire mondiale, l’entreprise avait bénéficié d’un fort intérêt médiatique et boursier avant de voir son activité se replier avec la fin de la crise.

Cette expérience, à la croisée de la recherche appliquée et de la production industrielle, a servi de tremplin à son repositionnement actuel dans le textile durable, et notamment dans l’innovation appliquée au denim.

Une ouverture plus forte

Peut-on fabriquer un jean sans les procédés chimiques qui polluent depuis des décennies l’industrie textile mondiale ?

C’est le pari que vient de faire le groupe brésilien Vicunha, l’un des géants mondiaux du denim. L’entreprise a signé un protocole d’accord pour entrer à hauteur de 20 % dans le capital de la société israélienne Sonovia, en investissant 2,4 millions de shekels.

À première vue, la somme paraît modeste. Pourtant, l’annonce a provoqué un véritable électrochoc à la Bourse de Tel-Aviv, où l’action Sonovia s’est envolée de 15 %.
Car derrière ce montant relativement limité se cache un signal beaucoup plus important : l’un des poids lourds mondiaux du jean estime que la technologie développée en Israël pourrait transformer en profondeur l’un des procédés industriels les plus critiqués de la planète.

Renforcer la partie environnementale

Aujourd’hui, l’industrie du denim figure parmi les secteurs les plus contestés du textile. La production d’un simple jean nécessite d’importantes quantités d’eau tout au long de sa fabrication, tandis que la teinture à l’indigo repose sur des procédés chimiques complexes générant des effluents industriels particulièrement problématiques.

Face à une pression croissante des consommateurs, des investisseurs et des autorités de régulation, les grands groupes cherchent désormais des alternatives capables de réduire leur empreinte environnementale sans sacrifier les volumes de production. C’est précisément sur ce terrain que Sonovia espère faire la différence.

Renforcer l’effet « David contre Goliath »

L’histoire présente aussi un contraste saisissant. D’un côté, Sonovia, une société israélienne dont la valorisation était tombée à seulement 11 millions de shekels après plusieurs années difficiles. De l’autre, Vicunha, acteur incontournable du marché mondial du denim, qui produit chaque année des dizaines de millions de jeans destinés à certaines des plus grandes marques de la planète.

Pour Sonovia, l’accord représente bien davantage qu’un apport financier : il s’agit d’une validation industrielle. Pour Vicunha, c’est une tentative de prendre une longueur d’avance dans une course mondiale vers un denim plus propre.

Conclusion plus forte

Si les essais industriels confirment les promesses de la technologie israélienne, l’investissement annoncé cette semaine pourrait être regardé rétrospectivement comme le point de départ d’une mutation profonde de l’industrie du jean.

Car derrière les 2,4 millions de shekels investis aujourd’hui se cache peut-être une question bien plus vaste : et si le futur du denim ne dépendait plus de la chimie, mais du son ?

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La menace des drones déjà en Israël : six minutes pour atteindre Tel Aviv

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« Si un drone franchit la frontière, il atteint Tel Aviv en six minutes » : la menace qui plane sur les localités de la ligne de couture.

Dans le Conseil régional de Sharon-Sud, l'inquiétude n'a plus rien de théorique. Des dizaines de drones piégés ont été localisés ces derniers mois en Judée-Samarie et saisis par Tsahal, preuve qu'Iran tente d'y importer la tactique déjà utilisée contre les forces israéliennes au Liban.

Six minutes : c'est le temps qu'il faudrait à un drone pour atteindre Tel Aviv s'il franchissait la ligne de démarcation. Face à ce danger, les trente et une localités du conseil réclament radars, systèmes d'interception et cinquante millions de shekels, une somme aujourd'hui bloquée devant la Cour suprême. « Nous sommes le ventre mou de l'État », résume la présidente du conseil Osnat Gani-Gonen, qui exige de l'armée qu'elle protège enfin cette frontière exposée.

Des dizaines de drones ont été récemment repérés en Judée-Samarie et saisis par Tsahal, alors que l'Iran cherche à transposer sur ce front la méthode déjà éprouvée au Liban. Les localités frontalières réclament radars et moyens d'interception : « Nous sommes le ventre mou de l'État, cette menace est immédiate. »

Un vrombissement qui réveille les peurs

Le calme du kibboutz Eyal, dans le Conseil régional de Sharon-Sud, a volé en éclats un matin de cette semaine. Un avion ravitailleur américain survolait la zone. Les habitants, pourtant familiers du bruit des appareils en approche de l'aéroport Ben Gourion, ont cette fois sursauté. Ils redoutaient un tout autre danger, celui qui obsède désormais la région : les drones piégés.

Youval, résident du kibboutz, ne cache pas son inquiétude. L'armée a confirmé avoir découvert des drones en Judée-Samarie, et l'exemple libanais nourrit toutes les craintes. Quand on observe ce qui s'y déroule, la vigilance devient réflexe.

Une méthode importée du front libanais

Cette angoisse ne sort pas de nulle part. La semaine dernière, Ynet révélait que l'armée identifiait des efforts iraniens pour embraser le terrain, notamment en tentant de reproduire en Judée-Samarie l'usage des drones explosifs qui ont causé de lourds dégâts aux forces israéliennes au Liban.

Des sources sécuritaires précisent qu'aucun drone piégé actif n'a, à ce stade, été confirmé dans le secteur. Mais par mesure de précaution, Tsahal confisque systématiquement tout appareil repéré. Selon des responsables sécuritaires des localités concernées, des dizaines de drones explosifs ont été localisés ces derniers temps en Judée-Samarie et saisis par l'armée.

« Ce n'est plus une menace future »

La présidente du conseil, Osnat Gani-Gonen, à la tête d'un territoire regroupant trente et une localités, ne mâche pas ses mots. Pour elle, il ne s'agit plus d'un scénario hypothétique mais d'un danger bien réel, actif ici et maintenant.

Elle explique qu'aucune longue évolution technique ne sera nécessaire avant que la menace ne se concrétise. Une partie des drones est fabriquée sur place, une autre provient directement d'Iran. Elle souligne aussi que le danger dépasse largement les localités frontalières : si un drone franchit la ligne de démarcation, six minutes suffisent pour qu'il atteigne Tel Aviv.

Un dialogue permanent avec l'état-major

Gani-Gonen affirme être en contact constant avec le général Avi Bluth, chef du commandement central, avec qui la question des drones piégés a été directement abordée. Elle résume la situation en une formule frappante : son conseil représente le ventre mou de l'État, et elle exige que l'armée protège ses administrés en leur fournissant tous les outils nécessaires à leur propre défense. Elle réclame des moyens de détection et de surveillance, à commencer par l'installation de radars sur place, ainsi que des équipements électroniques de neutralisation des drones. Faute de solutions civiles existantes, c'est à l'armée, insiste-t-elle, de les fournir.

Le sujet a également été évoqué lors d'échanges récents entre le général de brigade Kobi Heller, commandant de la division Judée-Samarie, et les responsables du conseil.

Une bataille juridique en toile de fond

La présidente du conseil va plus loin. Les habitants, dit-elle, ne retrouveront pas de sérénité tant que l'ensemble des moyens de protection ne sera pas déployé. Elle révèle qu'une requête est actuellement pendante devant la Cour suprême siégeant en Haute Cour de justice, exigeant de l'État le versement de cinquante millions de shekels destinés à la défense du territoire, afin de permettre l'activation d'une salle de commandement sectorielle et l'acquisition d'équipements de protection.

Le terrain confirme l'urgence

Les responsables sécuritaires locaux partagent cette inquiétude. Yoav Saban, officier de sécurité du conseil, raconte qu'un récent rassemblement des officiers de sécurité des localités de la ligne de couture a justement porté sur ce sujet. La menace fait désormais partie du quotidien, ce qui a conduit les participants à réfléchir collectivement à la manière dont les instances civiles peuvent y répondre.

Selon lui, le danger touche l'ensemble du secteur. Chaque semaine, Tsahal communique le nombre de drones confisqués, preuve d'une menace réelle qui ne doit surprendre personne. Il anticipe qu'un incident impliquant un drone finira par se produire. L'appareil ne sera peut-être pas relié par câble à fibre optique comme au Liban, mais un drone classique reste capable de larguer une grenade à fragmentation, y compris au-dessus d'un jardin d'enfants.

Une course contre la montre

Saban insiste sur l'urgence du calendrier. La rapidité avec laquelle l'ennemi apprend et s'adapte est considérable, et la préparation doit être immédiate. Il réclame des budgets pour équiper l'ensemble de la ligne de systèmes de surveillance continue, ainsi que des dispositifs capables d'abattre les drones. Ces équipements, martèle-t-il, doivent être positionnés precisément sur la ligne de couture, puisque ces localités constituent le flanc exposé de l'État.

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Point de non-retour : comment les ultra-orthodoxes prennent l'État d'Israël en otage

Point de non-retour : comment les ultra-orthodoxes prennent l'État d'Israël en otage

Entre émeutes anti-enrôlement, insultes contre un général de brigade et rabbins qui appellent à effacer le nom du chef d'état-major, la société ultra-orthodoxe montre un visage de plus en plus radical, encouragé en sous-main par ses propres représentants à la Knesset. C
e texte d'opinion dénonce sans détour la responsabilité conjointe de deux pouvoirs, rabbinique et politique, dans cette dérive, et pointe l'hypocrisie d'une coalition qui instrumentalise la Torah pour justifier l'injustifiable.
Un cri d'alarme qui réclame, plutôt que la résignation, une refonte profonde de l'intégration ultra-orthodoxe dans la société israélienne.
Nous avons atteint le point de non-retour

Il faut leur reconnaître ce mérite : quand les manifestants ultra-orthodoxes veulent se battre pour une cause, ce sont d'excellents soldats.
Aucun général, aussi humain soit-il, ne parvient à les arrêter, pas même le chef d'état-major Eyal Zamir. Aucune mission n'est trop grande pour eux.
S'il le faut, ils débarquent chez le commandant de la police militaire et terrorisent sa femme et ses enfants, contraints à l'évacuation par des dizaines de véhicules de police.
Si le rabbin donne seulement un signe, ils se ruent en masse chez un juge de la Cour suprême et se déchaînent comme des cosaques spoliés en plein pogrom.
Si l'ordre tombe, ils courent secouer la voiture de la médecin-chef de la police israélienne, une femme endeuillée, en pleine manifestation contre la loi sur l'enrôlement. Et si le rabbin Aryeh Yazdi ordonne d'effacer le nom et la mémoire du chef d'état-major, ils s'exécutent sans hésiter, sans confondre une seconde le sens propre et le sens figuré.

Une jeunesse dressée à obéir

Obéissants sans limite et fiers de l'être, ces jeunes émeutiers accomplissent leur tâche avec un zèle que nous, de l'extérieur, sommes incapables d'apprécier à sa juste mesure.
À cet âge, on suit le chef sans poser de questions, on se sacrifie pour exister, on est avide d'un mot d'encouragement, et l'on se sent grandi spirituellement après une nuit de plus dans une cellule infestée de cafards.
Ils ne descendent pas dans la rue pour se briser, mais pour se renforcer. Quand ils hurlent "nous mourrons plutôt que de nous enrôler", ils le pensent vraiment. C'est nous, et nous seuls, qui refusons de les croire.

Là où nous voyons des déserteurs interpellés, ils voient des otages tombés en captivité.
Là où nous parlons de blocages routiers et d'atteinte grave à l'ordre public, ils y voient une sanctification du Nom divin et une restauration de la couronne d'antan.
Là où nous voyons des insoumis, ils voient des justes cachés.
La foule ultra-orthodoxe, chauffée à blanc à Ashkelon, à Bné Brak, à Jérusalem et partout où se trouve une yeshiva, ne fait que parler la langue apprise de ses dirigeants.
Le rabbin Yazdi se nourrit abondamment des déclarations de ses proches alliés à la Knesset.
S'il entend le matin le chef du Shass Aryeh Deri fustiger la procureure générale Gali Baharav-Miara, la traitant d'"anarchiste" qui "brise la confiance du public" et de "véritable cheffe de l'opposition", simplement parce qu'elle a refusé d'effacer le chef d'accusation de corruption dans le procès Netanyahou, alors il est fort probable que ce même rabbin appelle le soir même à verser le sang symbolique d'un autre représentant de l'autorité.

Le feu vert de la Knesset

Et si, le lendemain de son discours incendiaire lors d'un rassemblement, il entend des députés du Shass tourner en ridicule le général de brigade Shay Tayeb, représentant de Tsahal invité à la commission des Affaires étrangères et de la Défense, il comprend qu'il s'agit là d'un feu vert pour poursuivre l'incitation, méthodiquement.

Le rabbin Yazdi n'est qu'un voyant lumineux sur le tableau de bord d'une machine politique qui ne s'arrête jamais, jour et nuit. Quand ce voyant clignote, c'est signe que des élections approchent. Ses oreilles sont ouvertes aux commandements divins, pas aux explications patientes sur l'illégalité de la loi gelant les arrestations des insoumis ultra-orthodoxes, ces explications venues pourtant d'un haut gradé de Tsahal lui-même :
"Il n'est pas possible qu'il n'y ait aucune application de la loi envers un seul groupe soumis à la loi sur le service de sécurité."

Deux juntas se partagent aujourd'hui l'emprise sur la société ultra-orthodoxe, l'une rabbinique, l'autre politique, et toutes deux resserrent leur étau sur la gorge de la société israélienne tout entière, sans la moindre intention de lâcher prise.
Elles connaissent parfaitement leur pouvoir sur les leviers de l'État, exploitent la fragilité politique de Netanyahou et épuisent jusqu'à la dernière goutte toutes les possibilités de marchandage coalitionnaire.

Là où Amir Ohana humilie le président de la Cour suprême, elles puisent l'inspiration pour s'en prendre à un autre juge. Là où l'on méprise les avis des conseillers juridiques, elles se portent volontaires pour les violer. Et chaque fois que deux mondes se heurtent, elles choisissent invariablement le rabbin Yazdi plutôt que le général Zamir.

Le "pour toi" ne ment jamais

Ce n'est pas un hasard si des figures du Likoud, comme la ministre des Transports Miri Regev, pourtant habituée des restaurants spécialisés dans des crustacés interdits par la loi juive, se montrent soudain en photo en compagnie de livres saints.
L'algorithme personnalisé ne ment jamais : quand les jeunes internautes qui la suivent tombent sur l'image d'une cour paisible où une pieuse femme voilée d'un fichu se penche sur le Houmach, on l'interroge sur la prière et elle répond en citant le livre du Deutéronome. Sans doute s'entraîne-t-elle déjà pour la course finale à s'accrocher aux cornes de l'autel.

Les membres de cette coalition, considérés par les ultra-orthodoxes eux-mêmes comme des profanateurs du chabbat en public, méprisent en réalité la Torah sacrée. Autrement, ils ne l'auraient pas traînée dans la prostitution, roulée dans le goudron de la violence et parée des plumes de la haine. En son nom, ils exigent qu'on efface le nom du chef d'état-major. En son nom, ils appellent à frapper et à blesser des Juifs. En son nom, ils réclament et obtiennent des budgets colossaux sans jamais offrir de contrepartie civique. En son nom, ils invoquent la solidarité mutuelle tout en envoyant les autres mourir à leur place. Et en son nom, ils légifèrent des lois qui n'ont plus rien de juif.

Un point de non-retour

L'étude quotidienne de la Torah est un idéal, une vision utopique rare et précieuse, mais elle ne correspond pas à la personne moyenne et raisonnable, qui a besoin d'un salaire et d'une activité pour subsister, physiquement comme psychiquement.

Sous la protection de responsables politiques dépourvus de vision au fil des années, et plus encore sous le gouvernement actuel, la société israélienne a atteint un point de non-retour dans sa relation avec le public ultra-orthodoxe. Un point à partir duquel il n'existe plus qu'une seule direction possible : remonter la pente.

Il faut ouvrir des écoles publiques dispensant un tronc commun d'enseignement, déconstruire de l'intérieur les croyances dominantes, encourager par des aides financières les familles ultra-orthodoxes dont un membre sert dans l'armée, financer des bourses d'études supérieures, créer des structures nationales pour intégrer hommes et femmes ultra-orthodoxes sur le marché du travail, et utiliser le levier budgétaire pour influencer leur motivation à servir.

Comme au cours des quatre dernières années, on découvre une fois de plus que l'État abandonne le meilleur de ses enfants entre les mains de commandants étrangers, au service d'une armée hostile à la sienne. La seule différence, cette fois, c'est que c'est nous qui la finançons.

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Netanya : le rabbin Amos Guetta poignardé à mort par un disciple dans sa propre yeshiva

Netanya : le rabbin Amos Guetta poignardé à mort par un disciple dans sa propre yeshiva

Le rabbin Amos Guetta poignardé à mort dans sa propre yeshiva à Netanya, deux autres meurtres endeuillent le pays le même matin

Israël a vécu ce dimanche matin l'une des séquences les plus violentes de ces derniers mois. Trois hommes ont perdu la vie en l'espace d'à peine une heure, dans trois villes différentes.
Le fait le plus marquant reste l'assassinat du rabbin kabbaliste Amos Gouetta, poignardé à mort au sein même de la yeshiva qu'il dirigeait à Netanya. Ce meurtre s'est produit presque simultanément à deux autres homicides, à Shfaram et près de Yagour, tous deux liés à des règlements de comptes criminels.

L'assassinat du rabbin Amos Guetta

Le rabbin Amos Gouetta, 75 ans, chef d'une yeshiva talmudique à Netanya, a été poignardé à mort à l'intérieur de son propre établissement. Selon les premiers éléments recueillis par l'enquête, le suspect faisait partie du cercle rapproché du rabbin, l'un des disciples que celui-ci avait réunis autour de lui au fil des années. L'homme, apparemment perturbé sur le plan psychologique, se serait rendu à la yeshiva pour venir prier auprès du rabbin. Une dispute aurait alors éclaté entre les deux hommes, avant que l'agresseur ne poignarde Amos Gouetta à quatre reprises.

Toujours selon l'enquête, l'assaillant aurait ensuite tenté de s'en prendre également au bedeau de la yeshiva, assistant proche du rabbin, avant de prendre la fuite. Les forces de police ont immédiatement lancé une traque dans le secteur. Le suspect a finalement été interpellé environ deux heures plus tard, au centre-ville de Netanya, non loin du lieu du drame.

La mort du rabbin Gouetta a provoqué une onde de choc parmi ses disciples et dans le monde religieux de Netanya, un homme respecté tué de la main de l'un des siens, en plein cœur du lieu même où il enseignait et priait chaque jour.

Un chauffeur de bus abattu à Shfaram, trente-sixième victime d'une vendetta familiale

Le même dimanche matin, un peu plus tôt, un chauffeur de bus de 24 ans, Ali Souaed, a été abattu par balles dans un parking à Shfaram. Sa mort s'inscrit dans un conflit sanglant qui oppose deux clans depuis plusieurs années et qui compte désormais trente-six victimes. Ali Souaed était le cousin de Hadi Soueid, un jeune homme de 28 ans porteur de besoins particuliers, lui-même abattu un mois plus tôt dans la même ville. Le frère de Hadi, Raslan, avait quant à lui été assassiné en 2023, devenant la toute première victime de cette vendetta qui continue de décimer les deux familles.

Sur place, la paramédicale du Magen David Adom Tal Shagai et l'infirmier confirmé Mohammed Souaed ont livré un témoignage glaçant. « Nous avons trouvé le blessé allongé, inconscient, souffrant de graves blessures pénétrantes sur tout le corps. Nous avons pratiqué les examens médicaux nécessaires, mais malheureusement ses blessures étaient d'une gravité telle qu'il ne nous restait plus qu'à constater son décès », ont-ils raconté.

Un jeune homme de 21 ans tué dans sa voiture près de Yagour

À peine une heure plus tard, un deuxième meurtre à caractère criminel a frappé non loin de là. Un jeune homme de 21 ans, originaire de Basmat Tab'oun, a été abattu à l'intérieur de sa voiture, garée dans le parking d'un centre commercial de la région de Yagour. D'importantes forces de police du secteur du Carmel se sont déployées sur les lieux et une enquête a été ouverte, l'arrière plan de ce meurtre étant lui aussi de nature criminelle.

L'infirmier confirmé du Magen David Adom, Eli Sahouri, a témoigné : « Nous avons trouvé un jeune homme inconscient dans son véhicule, souffrant de graves blessures pénétrantes sur le corps. Nous avons procédé aux examens médicaux, mais les blessures étaient trop importantes et nous avons dû constater son décès. »

Une habitante du quartier, Dalit, présente au moment des faits, a confié à Ynet : « Nous n'arrivons pas à comprendre ce qui s'est passé ici ce matin. Un meurtre, le premier dimanche des grandes vacances ? Je suis arrivée et, juste ici sur le parking, un homme a été abattu dans sa voiture. Heureusement que je n'avais pas mes enfants avec moi, ils dorment encore, en vacances. Il n'y a plus aucune sécurité pour les citoyens ici. »

Une semaine déjà marquée par les explosions de véhicules

Ces trois meurtres surviennent après une semaine particulièrement lourde sur le plan sécuritaire. Trois véhicules ont explosé à travers le pays ces derniers jours, dans le cadre de tentatives de règlements de comptes liées au crime organisé, et huit personnes ont été tuées dans des explosions de voitures rien qu'au mois de juin. La veille encore, une explosion avait coûté la vie au criminel Rabia Abou Heikal, identifié comme proche de l'organisation Hariri, en pleine rue et en pleine heure du déjeuner.

Une matinée qui cristallise l'angoisse sécuritaire du pays

En quelques heures à peine, trois familles se sont retrouvées endeuillées, dans trois villes différentes, pour des motifs distincts mais tous liés à des violences criminelles ou communautaires non résolues.
L'assassinat du rabbin Amos Gouetta, tué par l'un de ses propres disciples au sein de sa yeshiva, s'ajoute à une liste déjà longue de règlements de comptes et d'explosions de véhicules qui frappent le pays depuis plusieurs semaines. Cette accumulation, survenue le premier dimanche des grandes vacances scolaires, ravive avec une acuité nouvelle les questions sur la capacité des forces de l'ordre à endiguer cette spirale de violence.

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Wiz vendu 32 milliards à Google : les frères Costica "Israël a des cartes que le monde sous-estime" vidéo

"Israël a des cartes que le monde sous-estime"

Wiz vendu 32 milliards à Google : les frères Costica face à face. L'exit du siècle 

Deux frères, une trajectoire familiale hors norme. Yinon Costica est cofondateur et vice-président produit de Wiz, la start-up de cybersécurité vendue cette année à Google pour 32 milliards de dollars.
Son frère Yotav a quitté la direction des fonds communs de placement de la société Mor pour créer AFO, le family office chargé de gérer les fruits de cet exit historique. Les deux hommes se sont retrouvés face à face lors de la conférence de la croissance organisée par le quotidien économique Calcalist et la banque Mizrahi Tefahot.

La modératrice ouvre d'emblée sur l'énigme familiale : comment élève-t-on des enfants pareils ?

Yinon : «Nous étions des précurseurs. Nous préparions nos propres repas au micro-ondes, mais nous avons grandi dans une famille qui valorisait le travail acharné, l'éducation et l'excellence. Notre mère a immigré de France à l'âge de 21 ans ; ingénieure de profession, son attachement à la technologie et sa fierté d'être en Israël nous ont inculqué le désir de construire quelque chose ici.»

Yotav : «Grandir aux côtés de Yinon n'était pas facile. Chez nous, les notes devaient être quasi parfaites. La discipline et le sens des responsabilités étaient omniprésents, mais on ne nous a jamais appris à courir après l'argent ou une carrière. On nous a appris à faire ce que nous aimons, à nous épanouir et à nous soutenir mutuellement.»

"Comme un enfant dans un magasin de bonbons"

Depuis que Wiz a intégré l'écosystème Google, Yinon Costica ne cache pas son enthousiasme. «La connexion avec Google est stupéfiante. C'est la sensation d'un enfant dans un magasin de bonbons.» Wiz, qui s'est d'abord imposée dans la sécurisation des environnements cloud, a amorcé son virage lors de la révolution de l'intelligence artificielle. «Nous avons compris que l'étape suivante était d'aider les entreprises à sécuriser ce qu'elles développent avec l'IA, mais aussi à les protéger contre des attaquants qui utilisent eux-mêmes l'IA

L'intégration à Google n'a pas signifié la dissolution : Wiz conserve son autonomie opérationnelle et continue de protéger l'ensemble des clouds et des modèles, toutes plateformes confondues. Mais l'accès aux équipes qui développent les modèles eux-mêmes change la donne. «Nous avons désormais accès à la recherche, aux ressources d'ingénierie, et la capacité d'influencer l'avenir des modèles que nous utilisons tous. C'est une période extrêmement excitante.»

L'IA, moteur de croissance ou machine à licenciements ?

La conférence n'a pas esquivé la question qui agite tout le secteur technologique israélien : l'IA va-t-elle détruire des emplois ? La gouverneure de la Banque d'Israël avait estimé plus tôt dans la journée que 30 % des salariés de la high-tech pourraient être mis sur le carreau.
Yinon Costica prend de la hauteur. «Quand on parle de licenciements, il faut se souvenir qu'il s'agit de personnes. Chaque personne licenciée a l'impression que son monde s'effondre. Mais parallèlement aux entreprises qui réduisent leurs effectifs, il y a une quantité massive de start-ups en pleine croissance. Des entreprises qui comptent dix personnes aujourd'hui en auront cent ou mille dans un an.»

Sa conviction va plus loin : chaque entreprise, des banques aux hôpitaux en passant par les caisses maladie, peut se reconstruire autour de l'IA.
«Une entreprise qui investira correctement dans une stratégie IA peut devenir un leader technologique en l'espace d'un an. Cela efface aussi les écarts. Si une entreprise n'y pense pas encore, elle est déjà en retard.»

Sur la question du recrutement, son parti pris est tranché : «Dans mon équipe, il y a surtout des juniors. Je crois vraiment dans les jeunes talents. L'unité 8200 repose sur des jeunes qui génèrent des révolutions technologiques à chaque promotion, tous les trois ans. Je recommande à tout le monde de faire pareil.»

Yotav : "Les opportunités sont folles"

Son frère, depuis le poste d'observation du family office, lit différemment les mêmes signaux. Les marchés boursiers traversent une zone de turbulences, les valeurs logicielles chutent, mais Yotav Costica refuse le catastrophisme. «En bourse, il faut être optimiste. Les titres parlent d'effondrement des entreprises technologiques, mais dans chaque crise il y a des opportunités. Pendant le Covid, ceux qui se sont focalisés uniquement sur ce qui fermait ont raté la révolution du travail à distance.»

Sa thèse de fond : les géants de la tech s'apprêtent à investir mille milliards de dollars dans des data centers. Cet argent va irriguer les semi-conducteurs, l'énergie et de nombreux secteurs connexes. «L'IA est le moteur de croissance le plus puissant depuis l'invention d'Internet. Il y a ici des opportunités folles.»

Interrogé sur la correction boursière des dernières semaines, Yotav relativise : «Quand un peu d'air sort du marché, c'est un processus sain. On ne peut pas regarder une seule semaine, il faut regarder les tendances de long terme. La Bourse israélienne elle-même s'est transformée : d'une place dominée par la pharma et les produits chimiques, elle est devenue bien plus pertinente dans l'univers de l'IA, avec de plus en plus de sociétés de semi-conducteurs intégrées à l'écosystème mondial

Un family office, un nouveau défi

Quitter un poste de direction dans la gestion d'actifs pour gérer les fortunes issues de l'exit Wiz n'était pas une évidence. «Ne me jalousez pas. C'est aussi une start-up. On commence de zéro et on construit une infrastructure.»
L'ambition d'AFO dépasse la simple conservation du capital : ouvrir des portes aux jeunes start-ups israéliennes, s'exposer à de nouveaux secteurs, des industries de défense à l'énergie. «Israël est un endroit très intéressant pour investir. C'est un défi immense et une responsabilité énorme.»

Yinon, lui, préfère rester concentré sur le produit et laisse volontiers son frère gérer l'argent. «J'étais content qu'il s'en occupe et pas moi. Il nous a été difficile de le convaincre de quitter son poste précédent.» Mais sur le fond, les deux frères convergent : Israël a des cartes à jouer que beaucoup sous-estiment encore, et le moment d'y croire, c'est maintenant.

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