Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Mont du Temple : 600 000 vestiges archéologiques, 2600 ans de présence juive

Mont du Temple : 600 000 vestiges archéologiques, 2600 ans de présence juive

De nouvelles reconstitutions numériques en 3D du Mont du Temple viennent d'être dévoilées par le Temple Mount Sifting Project, restituant pour la première fois l'ampleur et le faste des cours pavées où se pressaient les pèlerins du Second Temple il y a deux mille ans.

Comment voir ces reconstitutions

Les images et vidéos sont publiées sur le site officiel du Temple Mount Sifting Project, tmsifting.org, dans la rubrique consacrée aux actualités du projet, ainsi que sur ses pages Facebook et YouTube où l'équipe partage régulièrement ses avancées.
Le projet, dirigé par les archéologues Gabriel Barkay et Zachi Dvira sous l'égide de l'université Bar-Ilan, met aussi à disposition des articles scientifiques détaillant la méthode de reconstitution, pour les lecteurs souhaitant aller plus loin que les seules images.

Plus de six cent mille objets exhumés, sept motifs de sol royal reconstitués pièce par pièce, des scellés hébraïques vieux de deux mille six cents ans : le Mont du Temple ne cesse, fouille après fouille, d'apporter la preuve matérielle d'une présence juive que beaucoup  persistent à nier.

Un chantier né d'un sabotage archéologique

Tout commence par un scandale. En 1999, le Waqf islamique fait creuser sans autorisation ni supervision archéologique une immense fosse sous l'esplanade, pour y aménager une nouvelle entrée à la mosquée souterraine dite « écuries de Salomon ».

Neuf mille tonnes de terre, chargées de vestiges appartenant à toutes les périodes de l'histoire de Jérusalem, sont alors évacuées et déversées sans ménagement dans la vallée du Cédron.
C'est pour sauver ce qui pouvait encore l'être que les archéologues Gabriel Barkay et Zachi Dvira lancent en 2004 le Temple Mount Sifting Project.
Depuis, des dizaines de milliers de volontaires ont tamisé cette terre, millimètre par millimètre, et le projet revendique aujourd'hui plus de six cent mille objets répertoriés, parmi lesquels des milliers de pièces de monnaie antiques, des sceaux d'argile, des fragments de fresques et des centaines de plaques d'opus sectile.

Sept motifs qui restituent la splendeur du Second Temple

Parmi ces découvertes, les fragments d'opus sectile occupent une place à part. Cette technique de pavement en pierres polychromes taillées avec une précision millimétrique, réservée dans le monde romain aux résidences les plus prestigieuses, avait été repérée dès 2007 par l'archéologue Assaf Avraham, alors qu'il travaillait sur les déblais du Mont du Temple.

Son hypothèse a ensuite été confirmée et développée par la chercheuse Frankie Snyder, spécialiste des mathématiques et des études judaïques, qui a réussi à reconstituer sept motifs complets à partir de plus d'une centaine de plaques retrouvées.

Les dimensions de ces pierres, calquées sur le pied romain, et leur agencement en triangles et carrés contrastés correspondent aux techniques utilisées dans les palais d'Hérode à Jéricho, Massada, Hérodion ou Césarée. Les nouvelles reconstitutions numériques en 3D, qui intègrent une décennie de recherches supplémentaires depuis les premières restitutions de 2016, permettent pour la première fois de visualiser l'ensemble des cours pavées telles qu'elles se présentaient aux pèlerins juifs venus de tout l'Empire.

Une splendeur que seul le Temple pouvait financer

Flavius Josèphe, témoin direct de la Jérusalem hérodienne, décrivait déjà des cours du Temple entièrement recouvertes de pierres précieuses de toutes origines. Les archéologues estiment aujourd'hui que le Mont du Temple représentait la plus vaste surface pavée en opus sectile connue dans tout l'Empire romain, devant les palais impériaux eux-mêmes.
Une telle débauche de moyens ne s'explique que par un mécanisme économique propre au judaïsme du Second Temple : les dîmes, la demi-sicle annuelle et les offrandes des communautés juives de toute la diaspora convergeaient vers un unique sanctuaire à Jérusalem. Ce flux ininterrompu de ressources, canalisé vers un seul lieu de culte, a permis de financer un ensemble architectural que même les palais royaux voisins ne pouvaient égaler.

Des couches ininterrompues de présence juive

L'opus sectile n'est qu'une pièce d'un dossier archéologique bien plus vaste.
Le tamisage a également livré des scellés d'argile datant de la période du Premier Temple, dont l'un porte une inscription en hébreu paléo associée à un fonctionnaire de l'époque du roi Josias, présenté lors du cinquantième Congrès archéologique d'Israël en juin dernier.
Des tuiles estampillées de la dixième légion romaine, des tessons ornés d'une menorah gravée, et une monnaie de l'empereur Antonin le Pieux retrouvée en 2024 complètent une stratigraphie continue qui va de l'époque du Premier Temple jusqu'à la période byzantine. Cette continuité matérielle, retrouvée précisément à l'endroit où se dressait le sanctuaire selon la tradition juive et selon Josèphe, ne relève d'aucune interprétation religieuse mais d'un constat archéologique froid et vérifiable.

Le projet du tamisage du Mont du Temple cliquez-ici 

Une preuve que la pierre impose au discours

Face à ce faisceau de preuves, convergent trois types de sources indépendantes les unes des autres : les textes antiques de Flavius Josèphe, les vestiges matériels tamisés depuis vingt ans sur le site même, et les comparaisons architecturales avec les palais hérodiens dont la datation ne fait l'objet d'aucune contestation scientifique. Nier le lien entre le peuple juif et le Mont du Temple revient désormais à nier un dossier archéologique publié, documenté et soumis à la communauté scientifique internationale. Les sols d'opus sectile ne sont pas un symbole ni une revendication : ce sont des pierres retrouvées dans le sol, taillées selon des techniques et des dimensions datables, et dont la position géographique correspond exactement au récit historique le plus ancien qui existe sur ce lieu.

 

Gaza : sous la trêve, le Hamas reste tapi dans ses tunnels

Gaza : sous la trêve, le Hamas reste tapi dans ses tunnels

 

Gaza : sous la trêve, le Hamas reste tapi dans ses tunnels

Dix mois après le cessez-le-feu, le Hamas n'a rendu aucune arme. Il continue de se cacher, de stocker ses roquettes sous terre et de trembler devant les drones de Tsahal.

La peur au ventre malgré le répit affiché

Le quotidien saoudien A-Sharq Al-Awsat l'a révélé ce mercredi. Les organisations terroristes de Gaza ont diffusé à leurs combattants une consigne interne les sommant de rester sur leurs gardes, malgré les publications israéliennes évoquant un encadrement plus strict des frappes, désormais soumises à l'aval du chef d'état-major.
Le message est clair. Les chefs terroristes redoutent toujours les éliminations ciblées et ordonnent à leurs hommes de se faire discrets. Au-dessus de leurs têtes, Tsahal a intensifié ses vols de drones sur l'ensemble de l'enclave. Le vrombissement ne les quitte pas.

Netanyahou tient bon face aux pressions

Le Hamas tente pourtant de retourner la situation à son avantage. Après la rencontre entre Benjamin Netanyahou et Donald Trump à Washington, le Board of Peace a rappelé sans détour que Tsahal ne quittera pas ses positions à Gaza tant que le désarmement du Hamas ne sera pas achevé.
Une position que Netanyahou martèle depuis des mois. L'armée israélienne ne se retirera pas de ses lignes actuelles avant que le Hamas ait rendu l'intégralité de son arsenal, un point sur lequel le Premier ministre ne cède rien, même face aux pressions de l'administration américaine. Les tentatives du Hamas de présenter les choses autrement au Caire n'y changent rien. La règle reste la même. Pas de désarmement, pas de retrait.

Des dizaines de roquettes découvertes sous terre

Sur le terrain, la preuve que le Hamas n'a rien désarmé est venue une nouvelle fois de Tsahal. Les forces de la brigade parachutiste, sous le commandement de la division Gaza, ont localisé et détruit un tunnel souterrain dans le sud de la bande, où étaient dissimulées des dizaines de roquettes appartenant aux organisations terroristes. L'opération, menée avec le génie de la division et l'unité spécialisée Yahalom, s'inscrit dans la campagne de nettoyage de la zone de la ligne jaune, où Tsahal continue de traquer les infrastructures terroristes, en surface comme en sous-sol.

Une trêve, pas une paix

Dix mois de cessez-le-feu n'auront pas suffi à désarmer le Hamas. L'organisation terroriste garde ses roquettes sous terre, ses combattants sur le qui-vive et son double discours dans les négociations. Face à cela, Israël maintient sa ligne, aucun retrait sans désarmement complet.

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Projet Nexus : Israël se dote d'un ordinateur quantique souverain face à la course mondiale à l'IA

Projet Nexus : Israël se dote d'un ordinateur quantique souverain face à la course mondiale à l'IA

Israël dévoile son plan technologique national : ordinateur quantique, IA physique et souveraineté numérique

Le gouvernement israélien a franchi une étape décisive dans sa course technologique mondiale. La Direction nationale de l'intelligence artificielle vient de lancer deux projets phares destinés à positionner Israël à l'avant-garde de l'informatique quantique et de l'intelligence artificielle physique, avec l'ambition affichée de bâtir une souveraineté technologique complète, du processeur jusqu'au modèle d'IA.

Le projet Nexus, fer de lance de l'ambition quantique israélienne

Le premier des deux projets, baptisé "Projet Nexus", consiste en un appel d'offres pour l'établissement d'une plateforme nationale de calcul quantique "bleu-blanc", c'est-à-dire fondée autant que possible sur des technologies et un savoir-faire développés en Israël. L'objectif est clair : garantir au pays un ordinateur quantique de conception locale, capable de répondre aux besoins de l'industrie comme de la recherche académique, tout en consolidant une infrastructure de calcul avancée qui soutiendra l'ensemble de l'écosystème technologique existant.

Contrairement à un ordinateur classique, qui traite l'information sous forme de bits valant 0 ou 1, l'ordinateur quantique repose sur des qubits capables de se trouver dans un état de 0, de 1, ou des deux simultanément.
Cette propriété, issue des principes de la mécanique quantique, permet théoriquement d'explorer des millions de possibilités en parallèle, ouvrant la voie à des capacités de calcul sans équivalent dans le monde classique.

Le marché mondial de l'informatique quantique de niveau industriel et gouvernemental reste toutefois un investissement colossal : la mise en place d'un seul ordinateur quantique coûte entre 20 et 100 millions de dollars, en raison des systèmes de refroidissement extrême proches du zéro absolu et de l'isolation totale requise contre les perturbations environnementales. Le processus d'acquisition israélien devrait ainsi s'étaler sur plusieurs phases, impliquant des entreprises internationales, et prendre un temps considérable avant d'aboutir.

Un champ d'expérimentation national pour l'IA physique

Le second projet vise à établir un terrain d'essai national dédié à la "Physical AI", cette discipline qui associe l'intelligence artificielle à des systèmes évoluant dans le monde physique : robots, capteurs, véhicules autonomes et dispositifs de calcul embarqué.
La Direction nationale a publié à ce stade une demande d'information préalable (RFI) pour évaluer la faisabilité de cette infrastructure, qui a vocation à devenir un centre international de simulations grandeur nature pour des scénarios critiques.

Concrètement, ce champ d'expérimentation permettra à des entreprises, chercheurs et développeurs de tester des systèmes d'IA dans des environnements simulant des conditions réelles : routes, complexes médicaux, sites de production avancée ou encore exploitations agricoles. L'ambition est de créer un espace unique où l'intelligence artificielle rencontre concrètement le terrain, avant tout déploiement à grande échelle.

Une décision gouvernementale aux ambitions élargies

Ces deux initiatives s'inscrivent dans une décision plus vaste adoptée par le gouvernement, qui prévoit également la création d'un institut national dédié à l'intelligence artificielle, l'installation de "fermes d'accélération" de calcul, ainsi qu'un effort de concentration nationale sur les domaines du Cyber AI et du Physical AI, en particulier pour contrer les menaces liées aux deepfakes. Le texte officiel du bureau du Premier ministre précise que l'État entend renforcer les avantages comparatifs d'Israël dans les secteurs de la cybersécurité, de la défense et de la technologie de pointe.

L'appel d'offres pour le projet Nexus ainsi que les appels à propositions pour l'IA physique ont été publiés par la division du contrôleur général des finances, et les candidatures devront être déposées selon le calendrier fixé dans les documents de procédure.

Une relance après des années de stagnation

Ce plan n'est pas entièrement inédit. Il relance en réalité un projet plus large initié sous le gouvernement de Naftali Bennett, qui n'avait pas connu de progression significative sous l'administration Netanyahou depuis. L'approbation actuelle marque donc un redémarrage stratégique, dans un contexte où Israël cherche à rattraper le rythme effréné de la compétition mondiale en matière d'IA et de calcul quantique.

Un professeur cité dans la presse spécialisée tempère néanmoins l'enthousiasme ambiant en soulignant que la contribution du calcul quantique à l'intelligence artificielle demeure un horizon lointain, contrairement à l'IA elle-même, dont les applications sont déjà pleinement opérationnelles. Selon lui, la force d'un plan national de cette nature réside avant tout dans sa capacité à cibler ses efforts : chercher l'indépendance totale sur tous les fronts, des modèles aux processeurs, risquerait d'épuiser l'énergie nationale sans résultat suffisant. Le choix stratégique doit donc consister à assumer les domaines où Israël ne sera pas autonome, pour mieux concentrer ses ressources là où il peut réellement mener la course.

Une infrastructure déjà en construction

Ce virage quantique et cette ambition en IA physique ne surgissent pas de nulle part.
Depuis un mois et demi environ, l'Autorité de l'innovation avait déjà annoncé un appel à propositions pour établir une infrastructure nationale de recherche et développement rendant accessibles aux industries et à l'académie des capacités de calcul quantique avancées, combinant au moins trois technologies de traitement quantique différentes.

Une infrastructure quantique de l'Autorité de l'innovation est d'ailleurs déjà opérationnelle à l'université de Tel-Aviv, en partenariat avec la société israélienne de quantique Quantum Machines.

Par ailleurs, le supercalculateur national est lui aussi entré en phase opérationnelle concrète, avec l'allocation par l'Autorité de l'innovation d'accélérateurs Nvidia à prix réduit pour les entreprises technologiques et les chercheurs académiques, après que la société Nebius, lauréate de l'appel d'offres correspondant, a achevé le déploiement de son infrastructure sur le sol israélien.

Les entreprises pourront demander un minimum de 16 accélérateurs Nvidia, tandis que les chercheurs académiques pourront en solliciter à partir de 8, pour des périodes allant d'un mois à six mois.

Un pari à plusieurs dizaines de milliards de dollars

L'ampleur financière de cette ambition nationale reste considérable, avec une facture potentielle chiffrée en dizaines de milliards de dollars sur le long terme. Le gouvernement mise sur cette stratégie combinée, associant informatique quantique souveraine, infrastructures d'IA physique et développement de modèles de fondation, pour hisser Israël au rang de puissance technologique mondiale et réduire sa dépendance aux technologies étrangères, tout en consolidant les fondations d'une industrie locale déjà reconnue dans le domaine du numérique et de la cybersécurité.

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Quand l'audace médicale israélienne sauve un fœtus chypriote de l'asphyxie

Quand l'audace médicale israélienne sauve un fœtus chypriote de l'asphyxie

Une masse presque totale dans la bouche d'un fœtus menaçait de l'étouffer dès sa première respiration. À l'hôpital Beilinson, une équipe israélienne a évité l'opération la plus risquée en agissant avant même la naissance.

Une découverte qui change tout en pleine échographie de routine

Tout commence par un examen anodin, à la vingtième semaine de grossesse.
L'échographie de contrôle révèle une masse d'une taille inhabituelle dans la bouche du fœtus, si volumineuse qu'elle obstrue presque entièrement sa cavité buccale. Tant que l'enfant reste dans l'utérus, aucun danger immédiat : il reçoit son oxygène directement de sa mère par le cordon ombilical. Mais l'équipe médicale sait déjà que la naissance posera un problème vital. Dès la première tentative de respiration autonome, la bouche obstruée empêcherait l'air de passer.

Un appel depuis Chypre, une orientation vers Israël

La nouvelle remonte jusqu'à Londres, où le professeur Kypros Nicolaides, l'une des figures les plus respectées de la médecine fœtale mondiale, prend connaissance du dossier depuis Chypre.
Sa réponse ne laisse place à aucune hésitation : direction Israël, et plus précisément l'hôpital Beilinson. Il oriente la famille vers le docteur Yuval Gielchinsky, responsable du Centre de médecine fœtale de l'établissement, reconnu pour ses interventions chirurgicales sur des fœtus encore in utero.

Un cas hors norme, même pour un spécialiste aguerri

Le docteur Gielchinsky ne cache pas sa surprise face à l'ampleur de la malformation. Au fil de sa carrière, il a rencontré son lot de cas rares, mais une masse de cette taille logée dans la bouche d'un fœtus reste, selon ses propres mots, sans précédent dans son expérience.
Les jeunes parents quittent Chypre dans un contexte régional tendu, marqué par des alertes sécuritaires, pour rejoindre Israël et se confier entièrement à l'équipe médicale de Beilinson, loin de tous leurs repères.

Un plan chirurgical pensé pour ne rien laisser au hasard

Face à la gravité de la situation, les médecins élaborent d'abord une stratégie complexe et rare : opérer l'enfant au moment de la naissance tout en le maintenant relié à sa mère par le placenta. Cette technique laisserait le temps nécessaire pour l'aider à respirer artificiellement avant toute séparation définitive du cordon. Un protocole lourd, réservé aux situations les plus délicates de la médecine fœtale.

Une décision audacieuse change la donne avant même l'accouchement

Mais juste avant l'intervention prévue, le docteur Gielchinsky prend une décision qui va tout changer : traiter le problème avant même que l'enfant ne vienne au monde. Sous contrôle échographique, il introduit une aiguille extrêmement fine à travers l'abdomen de la mère, jusqu'à la bouche du fœtus, et aspire le liquide responsable de la formation de la masse.

Une bouche libérée en quelques minutes

Le résultat est immédiat. En quelques minutes, la masse disparaît et la bouche du fœtus retrouve sa forme normale. Peu de temps après, l'enfant naît en bonne santé et prend seul sa première inspiration, sans la moindre difficulté. Le docteur Gielchinsky résume la portée du geste : ailleurs, ce nouveau-né aurait probablement risqué l'asphyxie dès les premiers instants de sa vie. À Beilinson, cette issue tragique a pu être écartée avant même que l'enfant ne pousse son premier cri.

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Judée-Samarie : le berceau juif que l'Europe veut interdire aux Juifs

Judée-Samarie : le berceau juif que l'Europe veut interdire aux Juifs

 

La Judée-Samarie n'est pas un territoire disputé né en 1967. C'est le cœur historique du peuple juif, nommé d'après ses tribus et ses royaumes bibliques, depuis plus de trois millénaires. Alors qu'Israël investit 113 millions de shekels pour restaurer 70 sites patrimoniaux, les Pays-Bas, l'Irlande et une partie de la classe politique française avancent vers l'interdiction pure et simple des produits, voire de la présence, des communautés juives qui y vivent.

D'où viennent les noms Judée et Samarie

Le nom Judée provient de Yehouda, l'un des douze fils de Jacob et l'une des douze tribus d'Israël. Après la mort du roi Salomon, vers 930 avant l'ère commune, le royaume unifié se scinde en deux : le royaume de Juda au sud, avec Jérusalem pour capitale, et le royaume d'Israël au nord. C'est de ce royaume de Juda que dérive le nom Judée.

Le nom Samarie vient quant à lui de Shomron, la capitale du royaume d'Israël, fondée vers 880 avant l'ère commune par le roi Omri. Le récit biblique, au Livre des Rois, précise qu'Omri acheta la colline à un homme nommé Shemer, d'où le nom de la ville puis de toute la région environnante.

Ensemble, Judée et Samarie désignent depuis l'Antiquité le cœur montagneux d'Israël, entre Jérusalem et la Galilée, terre des tribus de Juda, Benjamin, Éphraïm et Manassé. C'est là que se trouvent Hébron et le Tombeau des Patriarches, Silo où fut dressé le Tabernacle avant la construction du Temple, Beit El, et Sichem, aujourd'hui Naplouse, associée au tombeau de Joseph.

Une présence continue de trois mille ans

L'histoire juive en Judée-Samarie précède de loin l'État d'Israël moderne. Elle traverse les royaumes de Juda et d'Israël, l'exil babylonien puis le retour sous domination perse, la période hasmonéenne, l'occupation romaine et la révolte de Bar Kokhba, dont plusieurs foyers se trouvaient précisément dans cette région. Cette continuité se prolonge, à des degrés divers, sous les dominations byzantine, musulmane, croisée puis ottomane, jusqu'au mandat britannique, où le nom Judée-Samarie était encore d'usage officiel.

Le terme Cisjordanie, aujourd'hui largement répandu, ne date que de 1950. Il a été introduit par la Jordanie après son annexion du territoire à l'issue de la guerre de 1948, dans une tentative d'effacer le lien historique entre cette terre et le peuple juif.

Ce que l'occupation jordanienne a effacé

Entre 1948 et 1967, la Jordanie contrôle la Judée-Samarie et Jérusalem-Est. Durant ces dix-neuf années, les Juifs sont expulsés du quartier juif de la vieille ville de Jérusalem, des dizaines de synagogues sont détruites ou transformées, et le cimetière juif du Mont des Oliviers est profané, ses pierres tombales servant à paver des routes et à construire des latrines militaires.

Une loi jordanienne interdit par ailleurs à tout Juif d'acheter un terrain dans la région, une législation restée en vigueur dans le droit israélien jusqu'à son abrogation, votée en première lecture à la Knesset fin 2025.

Ce précédent rappelle qu'un patrimoine non protégé peut disparaître en une génération. C'est dans cette logique qu'Israël engage aujourd'hui 113 millions de shekels pour restaurer plus de 70 sites archéologiques en Judée-Samarie, témoins directs de cette présence millénaire.

L'actualité : interdire aux Juifs de vivre chez eux

Pendant qu'Israël restaure ce patrimoine, une partie de l'Europe avance dans la direction inverse. Les Pays-Bas ont annoncé une interdiction, effective au 22 septembre, des produits fabriqués dans les localités juives de Judée-Samarie, après l'Irlande.

L'Union européenne a par ailleurs confirmé des sanctions visant directement des résidents juifs de la région, gel d'avoirs et interdiction d'entrée sur le territoire européen à l'appui.
En France, une proposition de loi socialiste vise à interdire l'importation de produits issus de ces localités, tandis que le Quai d'Orsay a condamné en février les décisions israéliennes de réforme de l'enregistrement foncier, une réforme qui met précisément fin à des restrictions héritées de la loi jordanienne discriminatoire envers les Juifs.

L'histoire retient rarement les paradoxes en temps réel.
Un continent qui érige des mémoriaux à la mémoire des Juifs assassinés au vingtième siècle légifère aujourd'hui contre les Juifs qui vivent, travaillent et cultivent la terre sur le sol même où leurs ancêtres ont bâti Silo, Hébron et Sichem.

La Judée-Samarie n'a pas besoin qu'on lui invente une légitimité. Elle porte le nom de ses tribus depuis trois mille ans. Ce que les 113 millions de shekels investis cette année cherchent à protéger, ce n'est pas une revendication politique récente, c'est une mémoire que d'autres, hier comme aujourd'hui, ont tenté d'effacer.

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De Massada à Lady Gaga : le musée d'Israël raconte l'humanité par ses chaussures -vidéo-

De Massada à Lady Gaga : le musée d'Israël raconte l'humanité par ses chaussures -vidéo-

Un sandale clouté vieux de plusieurs millénaires, des bottes à talon portées par des cavaliers de Boukhara, et une paire de chaussures israéliennes portée dans un clip de Lady Gaga : le musée d'Israël à Jérusalem ouvre une exposition qui traverse l'histoire de l'humanité pas à pas.

Elles nous accompagnent à chaque pas et protègent nos pieds, mais elles sont devenues bien plus qu'un simple objet utilitaire. Les chaussures que nous choisissons de porter racontent notre histoire, à la fois collective, culturelle et intime. Une nouvelle exposition au musée d'Israël, intitulée « Histoires de chaussures », présente une collection unique qui traverse le temps, de l'Antiquité la plus lointaine jusqu'à nos jours.

 

 

Six mille ans d'histoire humaine

« L'exposition rassemble des pièces réalisées dans des matériaux et des formes très variés. Les plus anciennes remontent à six mille ans, les plus récentes datent d'hier matin », explique Galit Bennett Dahan, conservatrice en chef du département jeunesse et éducation artistique du musée.
Le parcours ouvre une fenêtre fascinante sur l'évolution de la chaussure à travers l'histoire, révélant au passage des ressemblances troublantes entre le monde antique et les tendances contemporaines de la mode.

« Que portait-on dans le monde antique ? Cela ressemble étonnamment aux chaussures "barefoot" d'aujourd'hui. Et voici un sandale dont l'état de conservation est proprement stupéfiant, retrouvé dans la grotte des Lettres, dans le désert de Judée », détaille Orna Granot, commissaire de l'exposition et directrice de la bibliothèque d'illustration du musée.

Les chaussures d'enfants de l'époque de la pénurie

L'exposition présente également des pièces bouleversantes issues de l'histoire récente de l'État d'Israël. Parmi elles, des chaussures d'enfants datant de la période de rationnement, porteuses d'une histoire humaine profondément émouvante. « Ce sont des chaussures que beaucoup d'enfants portaient dans les premières années de l'État », raconte Orna Granot.

« Quand les enfants grandissaient, leurs orteils dépassaient de la chaussure, alors on découpait l'avant, faute d'argent pour en acheter une nouvelle paire. Le plus surprenant, c'est que ces chaussures peuvent sembler misérables ou tristes à nos yeux, alors que ces enfants étaient tout simplement heureux de grandir. »

La véritable origine des talons hauts

L'une des découvertes les plus intrigantes de l'exposition bouscule une idée reçue sur les talons hauts. Aujourd'hui associés avant tout à la mode féminine, ils auraient en réalité une origine bien différente. « La grande surprise, pour moi comme pour les visiteurs, a été de découvrir que les premiers talons hauts étaient portés par des hommes », confie Galit Bennett Dahan. « Nous exposons une paire de bottes à talon venue de Boukhara, portées par des cavaliers. Le talon servait à stabiliser le pied dans l'étrier et empêchait qu'il ne glisse. »

Quand le design israélien rencontre Lady Gaga

Aux côtés des collections historiques, l'exposition offre une place centrale au design israélien contemporain et présente la chaussure comme un véritable objet artistique. Parmi les créateurs mis en avant figure Kobi Levi, créateur et designer de chaussures dont les modèles avant-gardistes ont conquis une audience internationale.

« Les chaussures, c'est une passion que je ne peux tout simplement pas m'ôter de la tête, une sorte d'obsession permanente. Je vois tout à travers le prisme de la chaussure. Pendant des années, je n'en ai créé que pour moi-même, personne ne les voyait, elles finissaient dans des boîtes. Puis un jour, je les ai mises en ligne, et j'ai reçu un e-mail d'une inconnue qui me demandait des chaussures pour un clip de Lady Gaga. Une exposition folle, et quelle joie de voir mon travail arriver jusque-là », raconte le designer.

Cendrillon, Dorothy et les dieux grecs

La chaussure occupe également une place de choix dans l'imaginaire collectif, le folklore et la littérature. L'exposition tisse des liens avec des récits classiques que nous connaissons tous : des pantoufles de verre ou vair de Cendrillon aux escarpins rubis de Dorothy, jusqu'aux sandales ailées du dieu grec Hermès.

Une exposition pensée pour toute la famille

La conception de l'exposition a fait l'objet d'une attention particulière afin de la rendre accessible et attrayante pour l'ensemble du public. Elle est proposée en trois langues, hébreu, arabe et anglais, et adaptée aux personnes en situation de handicap. « Cette exposition s'adresse à toute la famille, jusqu'à 120 ans », souligne Galit Bennett Dahan.

Orna Granot conclut avec un clin d'œil personnel : « Personnellement, je préfère les chaussures confortables, celles qui vous accueillent comme une maison, telles que vous êtes. Il y a ici beaucoup de belles chaussures fascinantes à découvrir, mais aussi énormément à faire, à jouer et à vivre ensemble, pour les enfants comme pour les adultes. »

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Israël :Rescapé de trois ans de guerre, ce combattant du Golani affronte désormais le cancer des os

Rescapé de trois ans de guerre, ce combattant du Golani affronte désormais le cancer des os

"Omer, tu es déjà un grand garçon" : le uppercut de la vie qui l'attendait au Vietnam

Omer Alon, 21 ans, combattant du Golani rescapé de trois années de guerre à Gaza et au Liban, ressentait une légère douleur à la jambe pendant un voyage à moto au Vietnam. De la clinique rurale où il communiquait avec le médecin via Google Traduction jusqu'à l'hôpital Beilinson en Israël, où tombe le diagnostic final  un ostéosarcome, cancer osseux agressif  le jeune homme raconte : "Je suis entré en état de choc. Qu'est-ce que j'ai à voir avec une tumeur cancéreuse ?"

Il y a des instants où la vie bascule sans prévenir, où tout ce qui semblait acquis s'effondre en une fraction de seconde. Omer Alon, originaire de Bat Hefer, en a fait l'expérience deux fois en trois ans, alors qu'il n'a que 21 ans. "Et qui d'autre que moi traverse en trois ans deux bouleversements qui changent une vie, tout en restant un enfant de 21 ans ?", s'interroge-t-il à voix haute.

Un sportif né pour le combat

Omer grandit à Bat Hefer dans une famille où le sport est une religion. Son père, triathlète, lui transmet très tôt, ainsi qu'à son petit frère, l'amour de l'effort physique. "Nous n'étions pas difficiles. Nous aimions tout", confie-t-il. Grand 1,95 mètre, doté d'une capacité de concentration et de persévérance hors norme, il devient un basketteur accompli avant même d'enfiler l'uniforme.

Des classes militaires directement à la guerre

"Quand j'ai reçu mon ordre d'incorporation, j'ai hésité entre poursuivre une carrière sportive de haut niveau et reporter mon service, ou m'engager immédiatement. Mais mes amis déjà enrôlés m'ont motivé", raconte-t-il. En mars 2023, Omer rejoint la brigade Golani.
"Les classes durent huit mois, et alors qu'il ne restait que deux semaines avant la marche du béret, le désastre du 7 octobre a tout changé. Adieu la marche, adieu les chaussures."

Ses camarades et lui sont immédiatement envoyés vers le sud pour rejoindre leur bataillon, le 51e, positionné sur la ligne de Gaza. "Nous nous sommes équipés, et dès le lendemain, le 8 octobre, nous étions déjà jetés sur le terrain. De zéro à un million. D'enfants en classes à combattants.
À l'intérieur de nous, la bulle des classes militaires a explosé, remplacée par la réalité brute : une guerre pour la vie de tous et pour notre pays."
Trois années durant, Omer combat sur deux fronts aux règles radicalement différentes  la plaine de Gaza, puis les montagnes du Liban, où il devient officier. "Où était-ce le plus dur ? Sans hésiter, au Liban, car le terrain était extrêmement complexe. Là où les véhicules ne pouvaient pas passer, nous avancions à pied, avec un sac de 16 kilos sur le dos, en escaladant un terrain accidenté, escarpé et rocailleux."

Tout a commencé par une douleur gênante à la jambe

Pendant les accalmies, Omer et ses compagnons rêvaient dans les moindres détails du grand voyage qui suivrait leur service. En novembre 2025, ils sont libérés, et dès décembre, dix amis soudés par les classes militaires s'envolent pour la Thaïlande.
Après avoir épuisé les expériences du pays, les neuf autres rentrent en Israël tandis qu'Omer poursuit vers le Laos et le Cambodge avec d'autres amis. "Nous n'en croyions pas nos yeux, tant les expériences vécues dans ces deux pays étaient magiques." Il continue ensuite vers le Vietnam où sa vie bascule pour la seconde fois.

En mars 2026, lors d'une randonnée organisée de trois jours à moto, chaque fois qu'il remonte sur l'engin, une petite douleur le tenaille à la jambe gauche. "J'étais combattant. Je connais l'endurance de mon corps, donc je n'y ai pas accordé d'importance. Je me disais que j'étais en voyage, et à chaque fois que ça devenait bizarre, on s'arrêtait, je secouais la jambe et on repartait. Avec le recul, je peux dire que je ne pensais pas qu'il s'agissait d'une douleur nécessitant un traitement, mais plutôt d'un désagrément qui m'accompagnait sans m'arrêter."

À la fin du voyage à moto, la douleur persiste à la station debout. Trois semaines plus tard, après une partie de basket avec des habitants, la jambe le fait réellement souffrir la nuit. Soupçonnant une infection, il consulte un médecin le matin même, avant un trek prévu au Népal.

"Je n'ai pas saisi la situation"

Le médecin l'oriente vers une radiographie. "Je suis revenu chez le médecin avec les résultats du cliché, et il avait l'air de quelqu'un qui reçoit une mauvaise nouvelle. Lui et l'infirmière parlaient entre eux en vietnamien, et je me suis retrouvé dans la scène la plus surréaliste.

J'étais dans un pays du tiers-monde, face à un médecin qui ne connaissait pas un mot d'anglais et communiquait avec moi via Google Traduction. À un moment, ils sont sortis de la pièce, et je suis resté seul dans un lieu étranger, sans comprendre ce qui se passait autour de moi."

Convoqué chez un médecin plus expérimenté, ce dernier lui lance dans un anglais limité : "MRI now une IRM, immédiatement. "Je n'ai pas saisi la situation, en vérité. Exactement comme lors des classes militaires qui ont fait de moi un combattant, cette fois encore, j'étais simplement venu chercher une ordonnance, et soudain toute cette agitation ? De quoi avaient-ils si peur ? Au langage corporel, j'ai compris qu'ils étaient sous tension."

Après l'examen, le médecin lui annonce, via Google Traduction, qu'il pourrait s'agir d'une tumeur cancéreuse, et que l'opération est prévue pour le lendemain. "Je suis entré en état de choc. Qu'est-ce que j'ai à voir avec une tumeur cancéreuse ?"

Omer parvient à se ressaisir, envoie un message à ses amis qui accourent, transmet ses résultats à sa compagnie d'assurance en Israël et prévient ses parents. "Je ne me souviens plus qui m'a informé de ce jeune du Golani en voyage post-armée au Vietnam, mais d'après les images qu'on m'a envoyées, j'ai soupçonné davantage encore que la lésion découverte à sa jambe était cancéreuse. Je n'ai donc pas recommandé, mais dit clairement qu'il devait rentrer en Israël", raconte le Dr Israel Weiss, directeur de l'unité d'orthopédie oncologique à Beilinson et Schneider.

Un vol de rapatriement en pleine guerre contre l'Iran

Mais ces jours-là coïncident avec la guerre entre Israël et l'Iran. L'aéroport est fermé, à l'exception d'un vol de rapatriement quotidien depuis la Thaïlande.
"La compagnie d'assurance m'a recommandé de me rendre à Bangkok et d'attendre le vol. J'ai atterri un vendredi, à deux heures du matin, seul, dans un état d'angoisse noire. La jambe me faisait très mal, et dans l'incertitude totale concernant le diagnostic et la date du vol, j'ai vécu deux jours et demi de cauchemar."

À son atterrissage en Israël fin mars 2026, ses parents l'attendent et le conduisent directement à Beilinson. Le médecin des urgences examine les clichés apportés et en redemande certains. Le verdict tombe, le visage grave, et Omer est orienté vers le Dr Weiss.
"Je suis arrivé chez lui avec mes parents, en pensant qu'on exagérait, que je n'avais pas le cancer, puis nous sommes entrés dans son bureau, nous nous sommes assis face à lui, et j'ai reçu le uppercut de la vie. Il m'a dit : 'Omer, tu es déjà un grand garçon, et tant que nous n'aurons pas fait de biopsie, nous ne serons pas certains, mais avec certitude, et vu l'apparence de la tumeur, je suspecte fortement qu'il s'agit d'un cancer des os.'"

"J'ai soudain compris dans quel tourbillon insensé je me trouvais, et à quel point j'avais été bousculé en un temps record. J'ai atterri en Israël alors que je devais être en trek, je suis arrivé à l'hôpital, et de nulle part, on s'apprêtait à me définir : malade du cancer ?", confie Omer Alon.

Des chances de guérison élevées

Le lendemain, en salle d'opération, le Dr Weiss prélève une biopsie et promet une réponse sous deux semaines. Omer traverse cette attente éprouvante en se remémorant, lentement cette fois, tout ce qu'il vient de vivre.

Les résultats confirment le diagnostic du Dr Weiss : un ostéosarcome, cancer osseux sévère et agressif, forme la plus répandue des tumeurs osseuses.
"Après l'avoir informé, il a suivi une procédure de préservation de la fertilité, et un protocole thérapeutique dédié et exigeant a été rédigé pour lui. Mais il est fort physiquement et mentalement, et il n'y a aucun doute qu'il le surmontera", affirme le Dr Weiss.
"Le protocole thérapeutique qui lui a été adapté vise à éliminer les métastases éventuelles, encore indétectables par les appareils actuels. Heureusement pour lui, son cancer est localisé, ce qui rend ses chances de guérison élevées."

Omer est orienté vers l'oncologue Dr Yonatan Daliyot, du centre Davidoff, qui le prépare à une chimiothérapie impitoyable. "Assis face à lui, en ce qui concerne ma compréhension, il parlait chinois. En fond sonore, je l'ai entendu dire que puisque le cancer était agressif, le traitement le serait aussi, et qu'on m'hospitaliserait une semaine de traitement continu, puis repos à la maison, puis encore deux semaines d'hospitalisation continue, et ainsi de suite plusieurs fois."

Dès le premier traitement, ses cheveux commencent à tomber, et il choisit de se raser lui-même la tête. "À part le crâne rasé, rien ne trahit le combat difficile que je mène contre le cancer qui m'a frappé. Je réagis bien au traitement, je n'ai presque pas d'effets secondaires, et je vis presque normalement, ma plus grande frustration étant que lorsque je sors avec des amis dans des bars, des cafés ou ailleurs, je suis systématiquement le chauffeur désigné, puisqu'il m'est interdit de boire."

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Exode silencieux : près de 268 000 Israéliens ont quitté le pays en trois ans

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Une étude inédite de l'Université de Tel-Aviv révèle l'ampleur d'une vague migratoire qui n'en finit plus de croître. Entre 2023 et 2025, environ 268 000 Israéliens ont quitté le pays pour une durée d'au moins trois mois, un niveau inédit depuis des décennies. Les chercheurs évoquent un phénomène de sortie de l'équilibre démographique et alertent sur ses conséquences potentielles pour l'économie et la sécurité du pays.

Un phénomène qui s'installe dans la durée

Une étude conduite par une équipe de chercheurs de l'Université de Tel-Aviv dresse un constat préoccupant sur la tendance à l'émigration observée en Israël depuis 2023. Selon leurs travaux, 90 922 Israéliens ont quitté le pays en 2025 pour une période continue d'au moins trois mois, un chiffre légèrement inférieur à celui de 2024 (91 499 départs), mais supérieur à celui de 2023 (86 509 départs). Sur l'ensemble de ces trois années, le total avoisine les 268 000 personnes ayant quitté le territoire israélien.

Ces niveaux sont qualifiés de records par les chercheurs lorsqu'ils sont comparés aux décennies précédentes. À titre de comparaison, sur la période équivalente de la décennie antérieure, soit entre 2013 et 2015, seuls 183 219 citoyens israéliens avaient quitté le pays.

Une méthodologie adaptée pour anticiper les tendances

L'étude s'appuie sur le traitement de données du Bureau central des statistiques (Lamas) et a été menée par le professeur Itay Ater, de la faculté de gestion Coller et responsable du Forum des économistes pour la démocratie, le professeur Netta'i Bergman, directeur de l'école d'économie, ainsi que Doron Zamir, doctorant à la faculté de gestion Coller.

L'équipe de recherche précise avoir habituellement recours, dans ses publications antérieures sur le sujet, à un indicateur mesurant les départs sur une période de douze mois ou plus. Cet indicateur n'étant pas encore disponible pour l'année 2025 et ne devant l'être qu'au début de 2027, les chercheurs ont choisi de s'appuyer sur un indicateur alternatif, fondé sur une durée de sortie du territoire d'au moins trois mois, afin d'identifier les tendances migratoires sans attendre deux années supplémentaires. Selon cette méthode, la vague d'émigration amorcée en 2023 s'est poursuivie en 2025 et a atteint des niveaux record.

Des profils hautement qualifiés surreprésentés

Le professeur Ater souligne que les chiffres de 2025 demeurent très préoccupants et viennent s'ajouter à la vague migratoire enregistrée en 2023 et 2024. Il précise que ces données, prises isolément, ne constituent pas encore une menace pour la résilience d'Israël. Il met néanmoins en garde : si aucun changement de trajectoire n'intervient, le risque grandit de voir cette émigration s'intensifier au point de mettre en péril la sécurité et l'économie du pays.

Le chercheur ajoute que les résultats témoignent d'une hausse significative du nombre d'Israéliens ayant quitté le pays. Après de longues années de relative stabilité dans le solde migratoire, les données actuelles marquent, selon lui, une véritable sortie de l'équilibre. Entre 2023 et 2025, près de 270 000 Israéliens ont quitté le territoire, à raison d'environ 90 000 par an, contre environ 60 000 par an durant la décennie 2010-2019. Un document antérieur publié par la même équipe avait déjà identifié une augmentation significative et inquiétante du nombre de médecins, de titulaires de doctorat, d'ingénieurs, d'universitaires et de personnes à hauts revenus parmi les partants.

Un défi migratoire qui touche d'autres nations, mais aux conséquences propres à Israël

Les chercheurs rappellent que la question de l'émigration ne concerne pas exclusivement Israël : d'autres pays, comme la Grèce, la Hongrie, le Venezuela, l'Argentine, l'Afrique du Sud ou encore le Liban, ont connu des vagues d'émigration significatives touchant des catégories de population qualifiées.
Ils soulignent toutefois que le cas israélien présente des risques particulièrement sévères. L'économie du pays ne dispose pas de ressources naturelles abondantes et repose dans une large mesure sur un capital humain de haute qualité, concentré dans l'industrie de la haute technologie et d'autres secteurs à forte intensité de savoir.

Dans des secteurs stratégiques comme la haute technologie, moteur essentiel de la croissance, les services médicaux avancés ou le monde académique porteur de développement, l'activité repose sur un nombre relativement restreint de travailleurs hautement qualifiés dont le rôle est déterminant. Le départ de ces profils représenterait, selon les chercheurs, un coup dur pour ces secteurs et un risque pour l'ensemble de l'économie et de la société israéliennes.

Le vrai danger réside dans l'emballement potentiel

Les chercheurs tiennent à nuancer leur constat : si la hausse de l'émigration israélienne est significative et préoccupante, le nombre actuel de départs ne constitue pas en soi une menace pour l'économie du pays. Le véritable danger, selon eux, réside dans la sortie de l'équilibre migratoire et dans le risque que ces chiffres continuent d'augmenter au lieu de se stabiliser.

Ils avertissent qu'un nouveau choc négatif, qu'il soit politique, économique ou sécuritaire, pourrait déclencher un mécanisme d'auto-entretien où chaque nouveau départ renforcerait l'incitation d'autres citoyens à quitter le pays à leur tour. Une fois ce seuil dépassé, inverser la tendance deviendrait extrêmement difficile, voire impossible, avec des conséquences macroéconomiques potentiellement lourdes pour Israël.

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Un jugement met au jour une faille dans le contrôle des compétences médicales en Israël

Un jugement met au jour une faille dans le contrôle des compétences médicales en Israël

Un tribunal vient de révéler une faille silencieuse dans le système de reconnaissance des diplômes de médecine en Israël.
Deux étudiants, formés côte à côte dans la même université géorgienne, avec les mêmes stages dans les mêmes hôpitaux, ont reçu deux réponses opposées du ministère de la Santé : l'un a été autorisé à passer l'examen de licence, l'autre s'est vu fermer la porte pendant six ans considérant sa formation insuffisante.

Le jugement met ainsi au jour l'existence de deux filières d'évaluation distinctes au sein du ministère, une filière statutaire, plus souple, pour les ayants droit à la loi du Retour, et une filière d'accréditation stricte pour les autres candidats.

Que la même formation médicale puisse être jugée suffisante pour l'un et insuffisante pour l'autre, selon la voie administrative empruntée et non selon un contrôle uniforme des compétences, soulève une question de fond que la justice elle-même qualifie de lourde de conséquences, bien au-delà du seul cas individuel tranché à Jérusalem.

Un parcours identique, deux issues opposées

Le dossier concerne un citoyen israélien qui, après avoir accompli un service militaire complet, a choisi d'étudier la médecine à l'université d'État de Tbilissi, en Géorgie, en s'appuyant sur les informations publiées par le ministère de la Santé lui-même.
Six ans plus tard, diplômé, il s'est vu refuser l'accès à l'examen national de licence médicale. Motif invoqué : son université et les centres hospitaliers où il avait effectué ses stages cliniques ne répondaient pas aux critères fixés par une circulaire ministérielle de 2019, laquelle exige une affiliation à un pays de l'OCDE ou une accréditation internationale spécifique.

Le jeune homme a refusé de se résigner. Représenté par les avocats Nidal Siaga et Rouba Abou Roumhein-Safia, du cabinet Siaga & Cie, il a déposé un recours contre le ministère.

L'argument qui a fait basculer l'affaire

Ce qui a convaincu le juge Ilan Sela ne relève pas d'un débat théorique sur la qualité des formations à l'étranger, mais d'un fait très concret : un autre étudiant, assis dans la même classe, ayant suivi exactement le même cursus et les mêmes stages dans les mêmes hôpitaux, avait lui obtenu l'autorisation de passer l'examen.

Le ministère a tenté de justifier cette différence en expliquant que le second étudiant était un « oleh chozer », un ressortissant revenu s'installer en Israël, bénéficiant à ce titre d'assouplissements administratifs prévus par des décisions gouvernementales visant à réduire les obstacles bureaucratiques pour les nouveaux immigrants.

Le juge a rejeté cet argument avec fermeté, rappelant que ces décisions gouvernementales ne permettent en aucun cas de transiger sur les exigences professionnelles de fond, destinées à protéger la santé publique.
Dès lors que le ministère a validé la formation médicale suivie dans cet établissement pour un candidat, cette même formation ne peut être jugée insuffisante pour un autre ayant suivi exactement le même enseignement.

Les propos du juge

Le juge Ilan Sela a estimé que le principe d'égalité impose à l'administration un traitement cohérent et uniforme envers des personnes placées dans une situation factuelle et juridique identique. Il a qualifié de manifestement déraisonnable le fait que deux personnes ayant suivi exactement les mêmes études, aux mêmes dates, dans les mêmes établissements, se voient reconnaître un droit différent à se présenter aux examens de médecine et à exercer en Israël.

Le statut d'immigrant ne suffit pas à expliquer l'écart

Lors de l'audience, il est apparu que le second étudiant avait en réalité quitté Israël avec ses parents alors qu'il était mineur, avant d'y revenir des années plus tard sous statut de « oleh chozer ». Le ministère a soutenu que ce cas relevait d'un traitement adapté, dans le cadre de politiques encourageant le retour des ayants droit à la loi du Retour, et que sa situation ne pouvait donc pas être comparée à celle du requérant, resté en Israël avant de choisir d'aller étudier en Géorgie.

Le juge a de nouveau écarté cette distinction, jugeant que rien ne justifiait, dans les faits, un traitement différencié entre deux candidats aux données professionnelles identiques.

Des conséquences qui dépassent le cas individuel

Le magistrat a choisi de citer, dans son jugement, les propos tenus par le père du requérant durant l'audience. Ce dernier, lui-même arrivé de Géorgie en Israël des années auparavant, a raconté avoir fondé une famille et élevé ses enfants dans la volonté de servir la collectivité.

Son fils a effectué un service militaire complet, et la famille a investi des ressources financières et personnelles considérables pour lui permettre d'acquérir une formation médicale, avec l'espoir qu'il puisse exercer en Israël et, à terme, subvenir aux besoins du foyer.

Sans possibilité d'exercer la médecine dans le pays, la famille pourrait ne pas avoir d'autre choix que de quitter Israël pour un pays où le fils pourrait mettre en pratique sa formation.

Le juge a précisé que ces éléments ne modifiaient pas les critères juridiques et professionnels applicables à l'affaire, mais qu'ils illustraient bien comment une décision administrative contraire au principe d'égalité peut produire des conséquences allant bien au-delà de la sphère individuelle, jusque dans la sphère publique.

La décision du tribunal

Le juge a ordonné l'annulation de la décision prise par le ministère de la Santé en mars 2026, qui refusait de reconnaître les études médicales du requérant au motif que les hôpitaux où il avait effectué ses stages cliniques ne répondaient pas aux critères requis.

Le ministère devra réexaminer sans délai le dossier du candidat, et si sa formation répond bien aux critères, elle devra être reconnue comme ouvrant droit à la poursuite de la procédure de licence, avec accès à l'examen national. Le ministère a en outre été condamné à verser 7 500 shekels de frais au requérant.

La réaction des avocats

Les avocats Nidal Siaga et Rouba Abou Roumhein-Safia ont estimé que ce jugement porte des implications économiques et réglementaires considérables pour la politique de licence du ministère de la Santé.

Selon eux, l'application de la réforme destinée aux immigrants de retour ne peut se faire de façon arbitraire, au point de créer une discrimination entre étudiants uniquement fondée sur leur statut civil. Dès lors que le ministère examine individuellement la qualité d'une formation et d'un établissement, cette appréciation doit valoir de façon égale pour tous.

La position du ministère de la Santé

Le ministère a rappelé avoir lancé en 2019 la réforme Yatsiv, destinée à garantir un niveau élevé de formation pour les médecins exerçant en Israël, en fixant des standards académiques comme condition préalable à l'accès à l'examen de licence. Cette réforme prévoyait une période transitoire permettant aux étudiants ayant déjà entamé leurs études de les achever et de se présenter à l'examen, tandis que les futurs étudiants d'établissements non reconnus par la division des licences professionnelles se voyaient fermer cet accès.

Concernant ce dossier précis, le ministère a maintenu que les études du requérant n'avaient pas été reconnues en raison d'un niveau de formation jugé insuffisant dans l'établissement choisi, et que la situation de ses camarades de classe dont les études avaient été validées différait, selon lui, sur le fond. Le ministère a indiqué étudier le jugement et évaluer les options qui s'offrent à lui.

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Israël : Cas rarissime d'une grossesse hépatique chez une patiente israélienne

Israël : Cas rarissime d'une grossesse hépatique chez une patiente israélienne
 

Israël : sa grossesse s'était nichée dans son foie, un cas parmi 47 recensés en 60 ans

Une femme de 40 ans admise en urgence au centre médical Wolfson de Holon portait un embryon implanté dans le foie, une forme de grossesse extra-utérine si rare que la littérature médicale mondiale n'en dénombre que 47 cas depuis plus de soixante ans.

Le service de gynécologie avancée du centre médical Wolfson a réalisé la semaine dernière un diagnostic et une intervention chirurgicale hors du commun. Michal (prénom fictif), mère de deux enfants originaire de Holon, ne se savait pas enceinte lorsqu'elle a ressenti de violentes douleurs abdominales au volant, alors qu'elle conduisait avec sa fille de 8 ans.

Une grossesse extra-utérine s'était développée non pas dans une trompe, comme dans l'immense majorité des cas, mais directement dans son foie, un organe richement vascularisé où toute hémorragie peut devenir mortelle en quelques minutes.

Des douleurs foudroyantes au volant

Selon le récit de la patiente, tout a commencé un vendredi. "J'ai ressenti des élancements très violents dans le ventre, qui m'ont littéralement paralysée, et juste avant de sentir que j'allais perdre connaissance, j'ai compris que quelque chose n'allait pas", raconte-t-elle. Elle avait eu ses règles normalement deux semaines plus tôt et n'avait donc aucune raison de suspecter une grossesse.

Arrivée aux urgences avec des douleurs abdominales et un essoufflement, Michal a été soumise à une série d'examens, dont un test de grossesse. Les résultats ont révélé un taux élevé d'hormone de grossesse, mais aucune trace de l'embryon dans l'utérus. Ce n'est qu'après des échographies approfondies que la vérité est apparue : un sac gestationnel contenant un embryon avec battement cardiaque, à sept semaines de grossesse, était logé dans le foie.

"Au moment où on m'a annoncé qu'on avait trouvé une grossesse dans mon foie, j'ai eu l'impression de vivre un film d'horreur", confie-t-elle. "Je me suis demandé si j'allais mourir. J'ai ressenti une peur abyssale. J'ai deux jeunes enfants à la maison que je dois élever."

Un cas parmi 47 dans le monde en soixante ans

Le professeur Ron Sagiv, chef du service de gynécologie avancée du centre médical Wolfson, qualifie cette situation d'exceptionnelle. "Je pratique la gynécologie depuis plus de 30 ans, et c'est la première fois que je rencontre un cas pareil", explique-t-il. "La grossesse extra-utérine survient dans environ 1 à 2% de l'ensemble des grossesses, mais dans plus de 95% des cas, elle se situe dans l'une des trompes de Fallope. Une grossesse développée dans le foie relève d'une rareté extrême."

D'après la revue de littérature réalisée par l'équipe médicale, ce cas figure parmi les 47 seulement recensés dans le monde depuis plus de soixante ans.

Comment un embryon migre-t-il jusqu'au foie

Le mécanisme exact reste mal élucidé. L'hypothèse retenue par l'équipe médicale est qu'un ovule fécondé dans la trompe, au lieu de progresser normalement vers l'utérus, serait ressorti par l'autre extrémité de la trompe pour gagner la cavité abdominale, avant de s'implanter dans le foie, un organe particulièrement riche en vaisseaux sanguins. C'est précisément cette forte vascularisation qui rend la situation aussi dangereuse, avec un risque d'hémorragie interne massive et potentiellement fatale.

Personne ne sait avec certitude pourquoi, dans de si rares cas, l'ovule fécondé parvient à s'implanter sur des organes comme le foie, la rate ou la paroi de la cavité abdominale.

Le diagnostic dans le cas de Michal s'est révélé particulièrement complexe. La patiente s'est présentée avec de fortes douleurs abdominales, un essoufflement et un saignement dans la cavité abdominale. Une grossesse extra-utérine "classique" a d'abord été suspectée, mais l'équipe médicale a poussé les investigations plus loin.

"Chez toute femme en âge de procréer qui se présente avec des douleurs abdominales, nous réalisons systématiquement un test de grossesse", explique le professeur Sagiv. "L'utérus était vide, la trompe paraissait anormale, mais nous avons continué à chercher pendant l'examen. Nous avons suivi la trace des caillots sanguins dans la cavité abdominale, et lors d'une échographie de l'abdomen supérieur, le docteur Eldar Wolfert, responsable de l'unité d'échographie gynécologique, a identifié le sac gestationnel dans le foie. Ce diagnostic a exigé une vigilance extrême de toute l'équipe."

Une opération menée par laparoscopie plutôt qu'à ciel ouvert

Une grossesse extra-utérine constitue une urgence médicale, car sa poursuite peut provoquer la rupture de vaisseaux sanguins et une hémorragie interne mettant la vie en danger. Dans le cas d'une grossesse hépatique, ce risque est encore accru en raison de l'irrigation sanguine particulièrement riche de cet organe.

L'intervention complexe a été menée conjointement par le professeur Ron Sagiv et le professeur Moti Shimonov, chef du département de chirurgie du centre médical Wolfson. Contrairement à la majorité des cas similaires décrits dans la littérature médicale, où une chirurgie ouverte est pratiquée, l'équipe a choisi d'opérer par laparoscopie, une technique mini-invasive.

Une caméra et des instruments chirurgicaux ont été introduits par plusieurs petites incisions dans l'abdomen de la patiente, permettant de retirer le sac gestationnel ainsi qu'une petite portion du tissu hépatique auquel il était rattaché, tout en stoppant le saignement et en préservant le reste du foie.

"C'est l'une des particularités de notre cas", précise le professeur Sagiv. "Plutôt que d'ouvrir l'abdomen, nous avons opéré par laparoscopie. Cela signifie moins de douleurs, une récupération plus rapide et une hospitalisation plus courte." Selon lui, la patiente ne présentait aucun facteur de risque connu de grossesse extra-utérine, ni stérilet ni traitement de fertilité, si bien que rien ne laissait présager une situation aussi exceptionnelle.

"Écoutez votre corps"

Aujourd'hui rétablie de son opération, Michal tient à remercier l'équipe soignante. "Je remercie les équipes du centre médical Wolfson, les médecins, les chirurgiens et les infirmières qui ne m'ont pas quittée un instant, qui se sont battus pour ma vie et m'ont entourée d'une humanité infinie au moment où j'étais la plus fragile", déclare-t-elle, adressant une reconnaissance particulière au professeur Sagiv, au professeur Shimonov, au docteur Wolfert et à toute l'équipe soignante.

Elle conclut par un message destiné à toutes les femmes : "N'essayez pas de faire les héroïnes et ne pensez pas tout savoir. Peu importe le rythme de la maison ou la pression du quotidien, écoutez votre corps. Si vous ressentez une douleur inhabituelle ou l'impression que quelque chose ne va pas, allez vous faire examiner. Cela peut sauver des vies."