Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
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En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

USA : Carte verte refusée pour un post pro-palestinien ou antisémite

USA : Carte verte refusée pour un post pro-palestinien ou antisémite

Carte verte refusée pour un post pro-palestinien : l'Amérique de Trump passe au crible les opinions de ses candidats immigrants

Une nouvelle politique de l'administration Trump, révélée par le New York Times après examen de documents internes au département de la Sécurité intérieure (DHS), bouleverse les règles du jeu pour quiconque sollicite une carte verte aux États-Unis.
Désormais, les opinions politiques et en particulier toute critique d'Israël exprimée sur les réseaux sociaux peuvent suffire à faire capoter une demande de résidence permanente. Une rupture radicale avec des décennies de pratique administrative.

Des « défenseurs de la patrie » comme juges de l'opinion

Le Times a consulté des supports de formation récemment distribués aux agents du U.S. Citizenship and Immigration Services (USCIS), l'agence fédérale chargée d'examiner les demandes de résidence légale.
Ces documents, qui n'avaient pas encore été rendus publics, précisent comment mettre en œuvre une directive datant d'août dernier : scruter les candidats à la carte verte pour détecter des opinions jugées « anti-américaines » ou « antisémites ». 

Le signal envoyé ne se limite pas aux procédures. L'agence a également commencé à qualifier certains de ses agents chargés des dossiers de « homeland defenders » défenseurs de la patrie  dans ses offres d'emploi
L'une d'elles invite explicitement les candidats à « protéger votre patrie et défendre votre culture ». Une rhétorique qui marque une transformation profonde d'une institution longtemps perçue comme le bras administratif de l'immigration légale.

Des posts Facebook comme motif de rejet

Le contenu des formations est sans ambiguïté. Les agents sont instruits de considérer comme des facteurs « profondément négatifs » tout historique de promotion ou de soutien à des vues anti-américaines, des idéologies antisémites ou des groupes terroristes. 

Parmi les exemples concrets fournis aux officiers d'immigration comme illustration de l'antisémitisme figurent des publications sur les réseaux sociaux : un post intitulé « Stop Israeli Terror in Palestine » avec le drapeau israélien barré, une carte où le nom d'Israël est remplacé par le mot « Palestine », ou encore un message appelant les Israéliens à « goûter ce que les habitants de Gaza vivent ».

Brûler le drapeau américain pourtant une forme d'expression politique protégée par le Premier amendement  figure également parmi les comportements répertoriés comme négatifs. De même, afficher des idéologies qualifiées de « subversives », par exemple en « tenant une pancarte appelant au renversement du gouvernement américain ».

Les campus universitaires dans le collimateur

L'administration ne cache pas sa cible prioritaire. Les officiers sont formellement invités à porter « une attention particulière aux étrangers ayant participé à des activités anti-américaines et antisémites sur les campus universitaires ».

Les mobilisations propalestiniennes qui avaient secoué Columbia, UCLA et des dizaines d'autres universités américaines au printemps 2024, dans le sillage des attaques du 7 octobre 2023, sont clairement visées.

Tout dossier impliquant une éventuelle « conduite ou idéologie anti-américaine et/ou antisémite » doit désormais être transmis aux responsables hiérarchiques ainsi qu'au bureau du conseil juridique de l'agence.
Une procédure d'escalade qui garantit que ces cas ne passent pas entre les mailles du filet.

La défense de l'administration : sécurité nationale

Face aux critiques, l'administration Trump campe sur ses positions. Le directeur de l'USCIS, Joseph Edlow, avait déclaré devant le Congrès en février qu'il n'y a « aucune place en Amérique » pour les ressortissants étrangers qui soutiennent des idéologies anti-américaines ou des organisations terroristes. Un porte-parole de l'agence a quant à lui tranché : les gens qui « haïssent l'Amérique » ne devraient pas s'attendre à y vivre.

La politique s'inscrit dans un cadre plus large. Elle est présentée comme conforme aux décrets exécutifs de Trump sur l'antisémitisme et le terrorisme étranger, et vise notamment ceux qui
« soutiennent le terrorisme antisémite, les idéologies antisémites violentes et les organisations terroristes antisémites telles que le Hamas, le Jihad islamique palestinien, le Hezbollah ou les Houthis ». 

Des critiques qui dénoncent une dérive politique

Du côté des défenseurs des libertés civiles, la grille de lecture est radicalement différente. Des anciens responsables de l'administration Biden cités par le Times soulignent que le contrôle aux fins de l'immigration s'était traditionnellement concentré sur des déclarations liées à la violence ou à des préoccupations de sécurité nationale, et non sur de larges expressions politiques.

Le glissement opéré par Trump brouille, selon eux, la frontière entre antisémitisme et opposition à la politique du gouvernement israélien une distinction pourtant fondamentale.

Les experts en droit constitutionnel s'inquiètent également de voir des formes d'expression protégées par le Premier amendement servir de critères d'exclusion pour des candidats à l'immigration, créant ainsi un régime à deux vitesses entre citoyens et non-citoyens.

Une chute brutale des naturalisations

Les effets de cette politique se font déjà sentir dans les chiffres. Selon les données de l'agence citées par le Times, les approbations de cartes vertes ont chuté de plus de moitié au cours des derniers mois.

Un effondrement qui coïncide avec le durcissement idéologique du contrôle des dossiers, et qui s'inscrit dans une vague plus large : l'administration a également révoqué les visas de certains militants étudiants propalestiniens et envisage d'étendre la surveillance des réseaux sociaux aux touristes souhaitant entrer sur le territoire américain.

Ce qui était autrefois réservé aux membres de partis communistes ou aux partisans du renversement du gouvernement s'applique désormais à quiconque aurait, un jour, partagé une carte de la région avec le nom d'Israël effacé. Le filtre idéologique est posé. Il reste à savoir jusqu'où il ira.

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LFI, cheval de Troie de l'islamisme : Les Complices du Mal le livre-bombe qu'ils ont tout fait pour étouffer

LFI, cheval de Troie de l'islamisme : Les Complices du Mal le livre-bombe

LFI, cheval de Troie de l'islamisme : le livre-bombe qu'ils ont tout fait pour étouffer

"Les Complices du Mal" d'Omar Youssef Souleimane : quand un Syrien réfugié en France infiltre le parti qui trahit la République

Il y a des livres qui dérangent. Et il y a des livres qui font trembler un parti politique tout entier. Les Complices du Mal, publié aux éditions Plon en octobre 2025, appartient à cette seconde catégorie. Son auteur, Omar Youssef Souleimane journaliste syrien, poète, réfugié qui a fui l'islamisme pour venir respirer l'air de la République française  a accompli ce que peu osaient faire : infiltrer de l'intérieur les manifestations organisées par La France Insoumise, observer, documenter, et tout consigner avec une rigueur implacable.

Le résultat est une bombe à fragmentation politique.

L'homme qui n'avait rien à prouver et qui a tout prouvé

Omar Youssef Souleimane n'est pas un militant de droite en mal de polémique.
C'est un homme qui a fui les Frères Musulmans, le régime Assad, et l'idéologie islamiste qui a ensanglanté sa Syrie natale.
Il est arrivé en France portant dans ses valises l'amour des Lumières, de Voltaire, de Jean Jaurès. Ce qu'il a découvert en s'immergeant dans les cortèges de LFI l'a profondément bouleversé : des slogans antisémites, des images radicales, des témoignages édifiants exactement ce qu'il avait fui de l'autre côté de la Méditerranée.

C'est une véritable symbiose qu'il décrit, dans laquelle chaque partenaire cherche son intérêt : LFI utilise les Frères Musulmans à des fins électorales et, réciproquement, ces derniers utilisent LFI comme un cheval de Troie pour arriver à l'Assemblée Nationale, leur but ultime étant l'instauration de la charia en France.

Lisez bien cette phrase. Relisez-la. Ce n'est pas un éditorialiste de droite qui l'écrit. C'est un Syrien musulman qui a vu l'islamisme dévorer son pays.

La censure comme aveu

Avant même sa sortie, LFI a tenté d'étouffer le livre. Le parti a menacé de poursuites l'éditeur Plon pour "propos infondés et attentatoires à l'honneur et à la réputation de LFI". En vain. Le livre est sorti. Et il s'est immédiatement classé parmi les meilleures ventes.

Alors que La France Insoumise a tenté d'obtenir  en vain une copie en avance pour "préparer d'éventuelles actions en justice", le livre se classait déjà parmi les meilleures ventes des sites en ligne.

Voilà qui en dit long. Si ce livre était mensonger, si ses affirmations étaient inventées, LFI aurait pu assigner en justice l'auteur et l'éditeur. Ce n'est pas ce qui s'est passé. Rien n'est attaquable dans ces pages parce que tout y est vrai. Rien n'est inventé, rien n'est exagéré. Tout est sourcé, et le nombre de notes et références en fin d'ouvrage est impressionnant.

La censure comme aveu. Le silence judiciaire comme confirmation.

Le pacte inavouable : votes contre charia

Ce que Souleimane documente avec une précision chirurgicale, c'est un marché politique obscène : LFI livre à l'islam politique un accès aux institutions républicaines, en échange d'un réservoir de voix communautarisées.

LFI ne traite pas les musulmans comme des citoyens, mais comme une communauté et comme des électeurs potentiels. Ce parti politique pratique un clientélisme électoral abject. 

Après des mois de travail et de nombreux entretiens avec les cadres du parti, l'auteur révèle les liens entre certains candidats LFI et des projets islamistes tentant d'imposer de nouvelles normes sociales compatibles avec la charia.

Les Frères Musulmans ne sont pas une association de bienfaisance. Ils sont une organisation transnationale dont l'agenda déclaré est l'instauration d'un État islamique. En mettant en place un discours séparatiste, jouant sur la mémoire coloniale pour mobiliser une partie de la jeunesse française, ces acteurs créent les conditions d'un affrontement social.

Ce n'est pas une théorie du complot. C'est une stratégie documentée, observée sur le terrain, retranscrite avec des noms, des dates, des faits.

L'antisémitisme banalisé au cœur des cortèges

L'une des révélations les plus accablantes du livre concerne ce qui se dit et se scande dans les manifestations LFI. Souleimane y était. Il a tout vu, tout entendu. Il raconte dans cet ouvrage ce qu'il a vu et entendu : une complicité toxique de LFI avec l'islam radical.

"Revoir ça en 2024, place de la République, c'était affreux", confie-t-il sur Europe 1. Un homme qui a connu la répression syrienne, les geôles d'Assad, les milices islamistes et qui est choqué par ce qu'il voit en France, en 2024, dans les rues de Paris.

L'antisémitisme de LFI n'est pas un accident, ni un dérapage. C'est un outil politique délibéré, manié avec cynisme pour souder un électorat, en désignant un bouc émissaire millénaire.

"LFI instrumentalise les islamistes pour des votes. Mais les islamistes utilisent LFI comme un cheval de Troie pour arriver à l'Assemblée Nationale" résume l'auteur avec une clarté redoutable.

Ce que ce livre n'est PAS  et pourquoi c'est sa force

Souleimane prend soin, tout au long de son enquête, de ne jamais amalgamer. Il dénonce l'antisémitisme instrumentalisé, tout en distinguant avec rigueur Israël, les juifs et la politique d'un gouvernement particulier, ce qui rend l'argumentation difficilement attaquable.

Il ne fait pas de l'islamophobie. Il fait de la lucidité républicaine. Il rappelle que la lutte contre l'islamisme constitue aussi une protection pour les Musulmans de France, pris en otage par ceux qui prétendent parler en leur nom.

Ce livre est aussi une déclaration d'amour à la France  celle de la laïcité, de l'universalisme, des droits de l'homme. "Ce n'est pas la France de Jean Jaurès, de Paul Éluard" , dit-il de LFI. Et il a raison. La gauche historique serait aujourd'hui horrifiée par ce que ce parti est devenu.

Un lanceur d'alerte sous menaces

Omar Youssef Souleimane est un lanceur d'alerte. Courageux, parce que ses écrits et ses propos lui valent des menaces et l'exposent à des dangers que chacun peut imaginer.

Un homme qui a fui la mort en Syrie et qui brave aujourd'hui les intimidations en France pour défendre les valeurs que la République porte dans ses textes fondateurs mais que LFI piétine dans ses actes. Il mérite notre soutien. Son livre mérite d'être lu, débattu, et diffusé massivement.

Les visages du scandale : des noms, des faits, des preuves

Car ce qui distingue Les Complices du Mal de simples pamphlets politiques, c'est que Souleimane nomme. Il ne parle pas de forces obscures anonymes  il désigne des personnalités publiques, des élus, des mandataires de la République, avec les faits qui les accablent.

La couverture du livre annonce la couleur : une photo de l'eurodéputée pro-palestinienne Rima Hassan dans une manifestation, formant de ses mains un V de la victoire. Comme Jean-Luc Mélenchon ou Sébastien Delogu, la députée européenne est mise en cause directement par Omar Youssef Souleimane. 

Rima Hassan d'abord. Souleimane l'accuse de nourrir un ressentiment anti-français : "Quand Rima Hassan, sur des chaînes arabes islamistes, qualifie la France de 'pays colonialiste' et de 'pays du Mal', elle incarne une haine de la France."
Il va plus loin encore : le garde du corps de Rima Hassan serait "l'un des membres très actifs" de l'association Urgence Palestine , une organisation que l'auteur situe au cœur de la nébuleuse islamiste qui instrumentalise LFI.

Jean-Luc Mélenchon ensuite, accusé d'opportunisme celui d'un stratège froid qui a calculé que l'électorat musulman communautarisé valait bien quelques compromissions avec l'islam politique. Un deal faustien qui trahit à la fois la République et les musulmans de France eux-mêmes.

Sébastien Delogu, député des Bouches-du-Rhône, est lui aussi mis en cause dans l'enquête. L'auteur dresse la liste des accointances entre ces personnalités, très influentes au sein de La France Insoumise, et des organismes qui seraient "en lien direct avec des organisations terroristes ou fanatiques".

Souleimane évoque ce qu'il appelle "la gauche halal", désignant une frange de la gauche qu'il juge complaisante envers l'islamisme.  Une gauche qui a renoncé à Jaurès pour embrasser les Frères Musulmans. Une gauche qui agite le drapeau palestinien tout en ignorant superbement le sort des femmes, des homosexuels, des minorités religieuses broyées par l'idéologie qu'elle couvre de sa bienveillance.

Souleimane affirme que certains de ces acteurs sont "en lien direct avec des fanatiques, voire des terroristes". Ces mots sont graves. Ils sont sourcés. Et personne, à ce jour, n'a intenté de procès pour les contester.

Ce silence judiciaire vaut tous les aveux.

Lire ce livre est un acte civique

Les Complices du Mal n'est pas un pamphlet de droite. C'est le témoignage d'un homme libre, qui connaît le visage de l'islamisme mieux que quiconque parce qu'il l'a subi dans sa chair, et qui alerte la France avant qu'il ne soit trop tard.

Ce livre met en garde contre l'alliance entre l'extrême gauche et l'islam politique, véritable projet de déstabilisation menaçant directement la laïcité, l'universalisme républicain et la cohésion nationale.

La question n'est plus de savoir si LFI dérive. La question est de savoir si la France se réveillera à temps pour défendre ses valeurs fondatrices.

Omar Youssef Souleimane a fait sa part. Il a infiltré, documenté, écrit, publié  malgré les menaces, malgré les tentatives de censure. Le reste nous appartient.

Lisez ce livre. Parlez-en. C'est aussi ça, résister.

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Le virus antisémite qui sévit dans le monde contamine le Vietnam -vidéo-

Le virus antisémite qui sévit dans le monde contamine le Vietnam -vidéo-

Des touristes filment leur harcèlement d'Israéliens au Vietnam en les traitant de « rats »

Un pays réputé pour son accueil chaleureux, des scènes de haine filmées et diffusées en direct sur les réseaux sociaux, et une indignation mondiale immédiate. Trois vidéos tournées au Vietnam en avril 2026 ont mis en lumière ce que l'antisémitisme contemporain a de plus glaçant : sa banalité revendiquée, sa mise en scène volontaire et sa diffusion triomphante.

Trois confrontations en série, une préméditation évidente

Tout commence par une scène filmée dans un restaurant de Hội An. Deux femmes à l'accent britannique s'approchent d'une table où sont assis des Israéliens et se mettent à scander
« Boom boom, Tel Aviv » en les traitant de « rats ».
Ignorées par leurs cibles, l'une des deux lance alors : « C'est parce que nous sommes des goyim, rien que des animaux. » Elle crie ensuite « Viva Iran », avant d'enchaîner les insultes lorsque l'un des Israéliens qualifie son comportement de « ridicule » : « Tuer des enfants, c'est ridicule », rétorque-t-elle. Puis : « Partout où vous allez, vous serez haïs ; personne ne vous aime » et « Cent dix pays vous ont chassés de chez eux. » Les deux Israéliens finissent par quitter la salle, tandis que les femmes les traitent de « monstres » et d'« assassins ».

Dans une deuxième vidéo, l'une des deux femmes sillonne un restaurant bondé en demandant aux convives leur nationalité, affirmant tourner « un documentaire ». Dès qu'elle entend qu'un groupe vient d'Israël, elle lance : « Free Palestine » avant d'asséner : « Vous êtes des sionistes et vous n'avez rien à faire au Vietnam. » Une troisième vidéo les montre suivant des piétons dans la rue, répétant le même type d'insultes à leur encontre.

Les trois vidéos ont été mises en ligne à partir du 15 avril 2026 et ont rapidement suscité une indignation planétaire.

Des tropes antisémites assumés, une mise en scène calculée

Ce qui a particulièrement frappé les observateurs dans ces incidents, c'est moins leur violence verbale brute hélas désormais banalisée à l'encontre d'Israéliens voyageant à l'étranger depuis le 7 octobre 2023 que leur caractère délibérément orchestré.

Les femmes se sont filmées elles-mêmes, ont documenté leurs provocations et les ont diffusées, transformant leur harcèlement en production militante. Le recours aux tropes antisémites les plus anciens  la comparaison aux rats, l'invocation des « cent dix pays » qui auraient chassé les Juifs de leur sol ne relève pas de l'improvisation : c'est un répertoire de haine que l'on convoque consciemment.

Sur le réseau social X, plusieurs utilisateurs ont cru identifier les deux femmes comme étant une mère et sa fille originaires de Leeds, en Angleterre, portant des noms de famille d'origine pakistanaise. JNS a tenté de joindre la personne identifiée comme la mère via l'un de ses comptes sur les réseaux sociaux pour vérifier cette information. Aucune réponse n'est parvenue à la rédaction avant la publication de l'article.

Au Vietnam, un phénomène « pratiquement inédit »

Ce qui rend ces scènes d'autant plus saisissantes, c'est le cadre dans lequel elles se déroulent. Le Vietnam n'est pas un pays où l'agitation anti-israélienne est courante.
Le rabbin Levi Laine, né à New York et codirecteur du Chabad House à Hanoï, où il réside depuis douze ans avec son épouse Mushky, l'affirme sans ambages à JNS :
« Cet incident est inhabituel et ne représente pas l'expérience vécue par la quasi-totalité des Israéliens et des Juifs au Vietnam. Ce type de comportement est pratiquement inédit dans ce pays. »

Il insiste sur un point essentiel : « Les personnes qui ont adopté ce comportement n'étaient pas vietnamiennes. Ce sont des touristes en visite. Ce n'est pas ainsi que les Vietnamiens traitent leurs visiteurs. » Le rabbin Laine souligne que le Vietnam n'a pas connu les manifestations d'hostilité envers Israël observées dans de nombreuses autres nations depuis le début du conflit à Gaza.

Un précédent, certes isolé, avait toutefois eu lieu en 2024 : un employé ou propriétaire d'un restaurant à Hanoï avait été filmé en train de refuser de servir une famille juive américaine, lui lançant « Free Palestine ».

Quand l'antisémitisme voyage en touriste

Ces trois vidéos posent une question qui dépasse largement le cadre du Vietnam. Elles illustrent un phénomène que l'on observe depuis le 7 octobre dans de nombreux pays : des individus qui exportent leur haine avec eux, qui traquent les Israéliens dans les restaurants, les hôtels et les rues, et qui tirent une satisfaction visible à documenter et diffuser leurs provocations.
La haine n'a pas de frontières géographiques, et encore moins de frontières morales.

Le fait que ces scènes se soient déroulées dans un pays connu pour sa douceur de vivre et son sens de l'hospitalité rend leur brutalité encore plus frappante. Le Vietnam n'a rien demandé de tout cela. Les auteurs de ces vidéos ont simplement choisi un décor exotique pour leur spectacle de haine convaincus, visiblement, que le monde entier leur servait de scène.

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AP: "Israël a fabriqué des "rongeurs spéciaux" pour attaquer les enfants de Gaza"

AP: "Israël a fabriqué des "rongeurs spéciaux" pour attaquer les enfants de Gaza"

L'Autorité palestinienne accuse Israël d'avoir fabriqué des « rongeurs spéciaux » pour attaquer les enfants de Gaza

Il y a des accusations de propagande de guerre, et il y a celles qui défient toute rationalité. L'Autorité palestinienne (AP) vient de franchir un nouveau seuil dans la fabrique du mensonge anti-israélien : selon ses propres responsables officiels, Israël aurait génétiquement conçu des rongeurs mutants chargés de s'en prendre spécifiquement aux enfants et aux malades de Gaza. Une allégation digne des théories du complot médiévales, diffusée sans vergogne sur une chaîne de télévision officielle.

Une accusation surréaliste relayée par un responsable officiel

C'est Rafat Al-Qudra, directeur de la Palestine Broadcasting Corporation (PBC), qui a lancé cette affirmation stupéfiante le 15 avril sur la chaîne Awdah TV, affiliée au Fatah.

Selon lui, Israël aurait développé et expérimenté une race de rongeurs à des fins militaires ciblées. "Tous les indicateurs montrent qu'il existe un type de rongeur  des rats et des souris, pour être précis [...] Ces rongeurs sont d'une espèce spéciale, ils sont de grande taille, et ils s'attaquent particulièrement aux enfants et aux malades [...] On pense que ces rongeurs ont été développés et expérimentés spécifiquement par l'occupation israélienne", a-t-il déclaré lors de cet entretien.

Ce n'est pas tout. Trois jours plus tard, le 18 avril, l'Autorité palestinienne récidivait. Jamal Obeid, membre du bureau de direction suprême du Fatah à Gaza, enfonçait le clou sur la même chaîne : "Il y a des rongeurs dans certaines zones de la bande de Gaza [...] qui n'étaient pas connus ici dans la bande. Il semble que l'occupation israélienne ait délibérément agi pour introduire ces rongeurs dans la bande de Gaza ; c'est un fait, et pas seulement de la propagande médiatique. Il y a un fait visible." Ces affirmations ont été révélées par Palestinian Media Watch (PMW), organisation de surveillance basée à Jérusalem.

Un mensonge calculé pour détourner les responsabilités

Derrière l'absurdité de surface se cache une stratégie bien rodée. PMW est formel : l'Autorité palestinienne et le Fatah diffusent ce type de calomnie pour détourner l'attention des ravages causés par le Hamas au système de santé et aux infrastructures de Gaza des ravages qui sont la conséquence directe de l'invasion menée par le mouvement terroriste le 7 octobre 2023 contre le sud d'Israël. En inventant un ennemi extérieur fantastique, on exonère de facto le véritable responsable.

Itamar Marcus, fondateur et directeur de PMW, a expliqué à JNS la mécanique profonde de cette stratégie : "L'Autorité palestinienne utilise systématiquement des calomnies qui présentent les Juifs et les Israéliens comme une menace mortelle pour les Palestiniens, afin de justifier et d'encourager la terreur et le meurtre d'Israéliens au nom de la légitime défense."

Un catalogue de calomnies officielles

Le mensonge des rongeurs génétiquement modifiés ne serait qu'un exemple parmi un vaste catalogue de diffamations émanant de sources officielles palestiniennes. Marcus en dresse lui-même une liste glaçante par sa démesure. L'une prétend que les Israéliens considèrent les Palestiniens comme les descendants des Amalécites, que la Bible leur ordonnerait d'exterminer. Une autre affirme que les manuels scolaires israéliens enseigneraient que les non-Juifs sont des porcs que "Dieu a créés sous forme humaine pour servir les Juifs". Autre accusation rapportée : "Les forces d'occupation [c'est-à-dire Israël] ont ouvert des tombes et coupé les doigts des propriétaires terriens, afin de signer par empreinte digitale alors qu'ils sont morts  la vente de terres."

Marcus n'oublie pas de citer celle qu'il qualifie, non sans ironie, de l'une de ses préférées : "La femme en enfer, Golda Meir, l'une de ses neuf phrases célèbres : 'J'espère qu'un jour je me réveillerai et qu'il ne restera plus un seul enfant palestinien en vie.'" Une citation entièrement fabriquée, attribuée à une femme d'État décédée, incapable de se défendre.

La finalité de ce tissu de mensonges est explicitement formulée par Marcus : "Toutes ces calomnies et ces mensonges convainquent les Palestiniens que leur violence est une légitime défense glorieuse. Les calomnies de l'AP et leur entreprise de diabolisation sont la raison pour laquelle 82 % des Palestiniens de Judée-Samarie ont estimé que l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 'était la bonne décision'."

Un précédent historique : la calomnie des rats de Jérusalem

Ce n'est pas la première fois que l'Autorité palestinienne recourt au motif du rongeur. Dès 2008, selon PMW, elle avait déjà accusé Israël d'avoir mis au point un rat résistant à tout poison, d'une agressivité inhabituelle, de grande taille et sans crainte des chats. Sa mission supposée ? Chasser les Arabes de Jérusalem.
Le quotidien officiel de l'AP, Al-Hayat Al-Jadida, rapportait le 18 juillet 2008 : "
On sait que la femelle de ce rat met bas sept fois par an, donnant naissance à 20 petits à chaque fois, ce qui contraint les habitants de Jérusalem à faire face aujourd'hui aux dangers de la colonisation et à l'invasion des rats." Comble de la narration : les Juifs de Jérusalem, eux, n'auraient pas été affectés par ces rongeurs.

Même scénario, même ressort conspirationniste, dix-huit ans plus tard  mais désormais avec une variante génétique et des victimes désignées encore plus vulnérables : des enfants et des malades. La mécanique de la calomnie, elle, ne s'use pas.

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Israël : il tue son fils de 6 ans avant de se suicider "Il n'en pouvait plus

Israël : il tue son fils de 6 ans avant de se suicider "Il n'en pouvait plus

Un père et son fils de 6 ans retrouvés morts dans un moshav près de Benyamina

La découverte macabre

C'est au petit matin de ce dimanche qu'une tragédie sans nom a été mise au jour dans le moshav Aviel, au sein du conseil régional Alona, à proximité de Benyamina.
Un homme de 43 ans et son fils de 6 ans ont été retrouvés sans vie à leur domicile, tous deux atteints par balles. La police israélienne a immédiatement ouvert une enquête sur les circonstances du drame, et la première hypothèse retenue est celle d'un meurtre suivi d'un suicide : le père aurait tué son enfant avant de retourner l'arme contre lui-même.

L'alerte et l'intervention des secours

L'appel au secours a été reçu tôt le matin par le centre de coordination 101 du Magen David Adom, dans la région du Sharon. Des secouristes et des paramédicaux se sont rendus sur place pour découvrir les deux victimes inconscientes. Shoulomit Arinos, paramédic du Magen David Adom, a décrit la scène à laquelle elle s'est trouvée confrontée :
«Quand nous sommes arrivés sur les lieux, on nous a guidés à l'intérieur de l'appartement. Nous avons vu un homme et un enfant, inconscients, sans pouls et sans respiration. Nous avons procédé aux examens médicaux et, malheureusement, nous avons dû constater leur décès sur place.»

Le dernier message d'un père désespéré

Les premières investigations ont permis de reconstituer les instants qui ont précédé le drame. Selon les éléments recueillis, le père aurait envoyé un message à sa sœur, qui réside aux États-Unis, dans lequel il aurait confié qu'il «ne pouvait plus continuer».
Peu après l'envoi de ce message, il se serait emparé d'un pistolet appartenant à un proche de la famille, conservé dans un coffre-fort, et aurait commis l'irréparable. C'est ce même proche qui est le grand-père maternel de l'enfant, qui a découvert les deux corps et donné l'alerte.

Un village parmi les plus petits d'Israël

Le moshav Aviel appartient au conseil régional Alona, qui regroupe trois villages situés à l'est de Benyamina. Cette structure administrative est la plus petite d'Israël, tant par le nombre de localités qu'elle englobe que par celui de ses habitants, ce qui rend d'autant plus saisissante l'onde de choc provoquée par ce double drame au sein d'une communauté de proximité où chacun se connaît.

Aharon Azulai, président du Conseil régional d'Alona, ​​a donné des précisions sur l'incident et a souligné : « Cette famille n'était pas connue du grand public. C'est une famille ordinaire, sans histoire particulière. » Il a également indiqué que le couple séparé n'avait pas d'autre enfant que celui de six ans.

Le président du conseil d'Alona, ​​Aryeh Sharon, a commenté cet événement difficile : « Nous sommes arrivés vers 7 h du matin après avoir été informés de ce qui s'était passé. Nous n'avions connaissance d'aucun cas similaire dans notre service d'aide sociale ; c'est une affaire tragique. Les enfants étaient scolarisés à domicile. C'est une situation très triste, nous n'étions pas au courant. Je suis un ami du grand-père, il est effondré. C'est une affaire tragique et bouleversante ; l'enquête est en cours. »

 

Appel à la vigilance et aux ressources d'aide

Cette tragédie rappelle douloureusement l'importance de ne pas rester sourd aux signaux de détresse

Si une personne de votre entourage semble traverser une crise et pourrait avoir des pensées suicidaires, n'hésitez pas à lui parler, à l'encourager à consulter un professionnel et à souligner l'importance de cette démarche. Des lignes d'aide sont disponibles : ERAN au 1201 ou par WhatsApp au 052-845-1201, le site de SAHAR à l'adresse sahar.org.il, ou encore headspace.org.il.

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WASHINGTON HILTON, 25 AVRIL 2026 — La nuit où l'Amérique a tremblé

WASHINGTON HILTON, 25 AVRIL 2026 — La nuit où l'Amérique a tremblé

WASHINGTON HILTON, 25 AVRIL 2026 — La nuit où l'Amérique a tremblé

Un homme armé ouvre le feu au dîner des correspondants de la Maison-Blanche. Trump et Melania évacués. Une troisième tentative d'assassinat frôlée.

Ce devait être une soirée historique. Pour la première fois depuis son retour au pouvoir, Donald Trump acceptait de s'asseoir à la table des journalistes qu'il combat depuis dix ans.

Le dîner annuel de l'Association des correspondants de la Maison-Blanche rassemblait quelque 2 600 invités, parmi lesquels le vice-président JD Vance, le directeur du FBI Kash Patel, Marco Rubio, RFK Jr., et Pete Hegseth.  La crème du pouvoir américain, réunie dans un seul hôtel. Une cible rêvée.

À 20h40, tout bascule.

Le chaos en salle de bal

Des détonations retentissent. Des agents en tenue tactique armés de fusils bondissent par-dessus les tables. Trump et Melania sont arrachés de leur siège à la table d'honneur et évacués en urgence.Wolf Blitzer, journaliste star de CNN présent sur place, affirme se trouver à quelques mètres seulement du tireur au moment des coups de feu. Sous les tables, les invités en smoking et robes de soirée se terrent. La panique est totale.

Un agent des services secrets est touché par balle, mais son gilet pare-balles absorbe le projectile. "Le gilet a fait le travail", dira Trump plus tard lors de sa conférence de presse à la Maison-Blanche.

Cole Tomas Allen : qui est le tireur ?

Le suspect est rapidement identifié : Cole Tomas Allen, 31 ans, originaire de Torrance, une banlieue de Los Angeles.Pas le profil d'un criminel ordinaire.

Allen est diplômé de Caltech et a obtenu l'an dernier un master en informatique de la California State University. Il travaillait comme enseignant particulier et avait même été nommé "Professeur du mois" en décembre 2024 dans un centre d'aide scolaire.

Comment un tel profil bascule-t-il dans la violence ? Selon les registres de la Commission électorale fédérale, Allen avait fait un don de 25 dollars à la campagne de Kamala Harris en octobre 2024.Armé d'un fusil à pompe, d'un pistolet et de plusieurs couteaux, il a chargé un poste de contrôle des services secrets.

Les enquêteurs pensent qu'il était enregistré comme client de l'hôtel, ce qui expliquerait comment il a pu pénétrer dans le bâtiment.

Le chef de police par intérim de Washington, Jeffery Carroll, a déclaré ne pas pouvoir encore confirmer la cible visée. L'attorney américaine Jeanine Pirro a annoncé deux chefs

Trump, lui, tranche sans ambiguïté : "C'est un loup solitaire, un détraqué."

La faille de sécurité : un scandale

La vraie question qui enflamme Washington cette nuit : comment cela a-t-il été possible ? Plusieurs témoins décrivent une sécurité qualifiée de "grotesquement insuffisante" il suffisait de montrer une simple photo d'invitation sur son téléphone pour entrer, sans vérification d'identité, sans fouille systématique.

Trump lui-même a attaqué la sécurité de l'hôtel lors de sa conférence de presse nocturne, précisant toutefois que l'assaillant se trouvait loin de la salle de bal quand il a été intercepté. Ironie cruelle : le Washington Hilton est l'endroit même où Ronald Reagan avait été abattu en 1981

Dehors, la rue en ébullition

Pendant que les smokings défilaient sur le tapis rouge, des centaines de manifestants scrutaient la scène depuis le trottoir, brandissant des pancartes "No war for Israel", "Media lies, Gaza dies", ou encore des masques de Netanyahu et Hegseth en tenue de prisonnier.

Le groupe Code Pink avait orchestré un "War Crimes Correspondents' Dinner" en miroir de la soirée officielle. Deux militants ont même réussi à s'introduire sur le tapis rouge avant d'être expulsés par la sécurité, en scandant que Hegseth devait être arrêté pour crimes de guerre.

Trump, inébranlable

Après l'évacuation, Trump est retourné à la Maison-Blanche et a tenu une conférence de presse dans la salle Brady  calme, presque détaché. "Je mène une vie assez normale, compte tenu des circonstances. C'est une vie dangereuse. Je ne suis pas un panier percé."Il a aussi annoncé que le dîner serait reprogrammé dans les 30 jours, "en plus grand et en mieux".

Troisième tentative.  Une Amérique qui ne sait plus où commence la politique et où finit la violence.

Sources : CNN, Washington Post, Associated Press, ABC News, Fox News, FBI, Metropolitan Police Department — 26 avril 2026, 2h EST

Los Angeles : La synagogue HamaKom expulse une famille pour ses opinions pro-israéliennes

Los Angeles : La synagogue HamaKom expulse une famille pro-israélienne

Une synagogue de Los Angeles de nouveau sous les feux de la justice

Elle avait déjà fait scandale en dissimulant des photos d'otages israéliens pour ménager des invités musulmans.
La synagogue HaMakom, conservatrice, implantée dans la banlieue aisée de Woodland Hills dans la vallée de San Fernando à Los Angeles, se retrouve aujourd'hui au cœur d'une nouvelle tempête judiciaire.
Une famille israélo-américaine vient de la poursuivre en justice, l'accusant de l'avoir humiliée puis expulsée en raison de ses convictions pro-israéliennes.

Un dossier explosif, qui dit beaucoup sur les fractures qui traversent aujourd'hui la communauté juive américaine.

Une synagogue née de la fusion, déjà fragilisée

HaMakom  dont le nom signifie simplement « Le Lieu » en hébreu  est une congrégation conservatrice née en 2023 de la fusion de deux synagogues établies de longue date dans le West Valley, Shomrei Torah Synagogue et Temple Aliyah. Jewish Foundation of Los Angeles

Son siège est établi sur Valley Circle Boulevard à Woodland Hills. Thousand Oaks Acorn -
La synagogue gère également un centre communautaire, une école et une maternelle, et compte environ 900 familles membres. Ynetnews

Cette institution, encore jeune, avait à peine eu le temps d'asseoir son identité qu'elle était déjà rattrapée par les turbulences du contexte géopolitique.
En mars 2024, sa direction avait loué ses locaux à l'Islamic Society of West Valley pour accueillir les fidèles musulmans en débordement lors du Ramadan et avait, en amont de cet événement, recouvert les affiches des otages israéliens détenus par le Hamas dans le hall d'entrée, comme une courtoisie envers leurs hôtes.

Les photos avaient circulé, l'indignation avait été immédiate et massive.
Des centaines de fidèles avaient alors menacé de quitter la congrégation, et la direction de la synagogue avait résilié son contrat avec le groupe musulman avant de convoquer une assemblée générale en urgence, à l'issue de laquelle ses deux co-présidentes avaient présenté leur démission.

Un an après ce premier scandale, HaMakom refait parler d'elle. Mais cette fois, c'est à titre de défendeur dans une procédure judiciaire déposée à Los Angeles.

Tout commence par un message WhatsApp

La plainte relate une séquence d'événements qui, à première vue, pourrait sembler anodine avant de virer au cauchemar pour la famille concernée.
Une femme prénommée Tali, dont le nom de famille n'est pas précisé dans les documents disponibles, envoie un message dans un groupe WhatsApp de parents de l'école de la synagogue pour signaler une défaillance dans l'application de sécurité utilisée par l'établissement. Le ton est vif, la frustration palpable.

Ce simple geste va déclencher une mécanique d'exclusion que la plainte décrit comme méthodique et humiliante.
Quelques jours plus tard, le mari de Tali se présente à l'entrée de la synagogue : il est arrêté net par les agents de sécurité, empêché d'entrer, et sa voiture est fouillée sous la pluie battante, devant d'autres parents qui assistent à la scène.
Leur jeune fils, à l'arrière du véhicule, pleure. L'humiliation est publique, délibérée selon la plainte, et sans précédent pour une famille qui se considérait membre à part entière de la communauté.

Tali, elle, encaisse le choc différemment : quelques jours après l'incident, elle fait une crise de panique sévère et est transportée d'urgence à l'hôpital. La mécanique d'exclusion, pourtant, ne s'arrête pas là.

« Ce n'est plus votre place ici »

Le dénouement est brutal. La direction de la synagogue signifie au couple, selon la plainte, que leur présence n'est plus la bienvenue : « Ce n'est plus votre place ici. »
Leur fils, élève en maternelle, est renvoyé de l'école sans ménagement, sans même avoir eu le droit de faire ses adieux à ses camarades de classe. Une rupture soudaine, sans procédure, sans préavis, qui constitue selon les plaignants une violation manifeste du contrat qui les liait à l'établissement.

Le couple a décidé de porter l'affaire devant les tribunaux. La plainte vise la synagogue HaMakom, son directeur exécutif Michael Cantor un professionnel du monde communautaire juif fort de plus de vingt ans d'expérience, passé notamment par Temple Isaiah à West Los Angeles, Temple Emanuel à Newton dans le Massachusetts et la synagogue Nessah à Beverly Hills Hamakomla  ainsi que la société de sécurité impliquée dans la fouille du véhicule. Les chefs d'accusation retenus sont le préjudice moral, la négligence et la rupture de contrat.
La famille réclame des dommages et intérêts dont le montant n'a pas été rendu public.

Une fracture au sein même du judaïsme américain

Ce qui rend cette affaire particulièrement singulière, c'est son contexte : la famille poursuit non pas un adversaire extérieur à la communauté juive, mais la synagogue elle-même, le lieu censé être le leur.

La plainte touche à une réalité douloureuse que le 7 octobre 2023 a profondément exacerbée : la division au sein des communautés juives américaines sur la manière de se positionner vis-à-vis d'Israël, des otages, du conflit à Gaza, et des relations interconfessionnelles.

HaMakom n'est pas une institution marginale. C'est une grande synagogue conservatrice, représentative d'un courant central du judaïsme américain  ni orthodoxe, ni réformé  qui a toujours cultivé une identité ouverte et pluraliste. Que ce type d'établissement se retrouve accusé d'avoir expulsé une famille en raison de ses positions pro-israéliennes constitue, pour de nombreux observateurs, un signal d'alarme inquiétant.

Un établissement qui accumule les crises

Pour HaMakom, cette nouvelle procédure judiciaire s'inscrit dans une trajectoire déjà très marquée. Après l'affaire des affiches recouvertes en mars 2024, le rabbin Stewart Vogel avait déclaré au Jewish Journal of Greater Los Angeles :
« Le fait de recouvrir ces affiches ne reflète ni les valeurs de Richard ni les miennes, ni celles de notre synagogue. Nous regrettons la douleur que nous avons causée à la communauté juive, et en particulier à la communauté israélienne. »

Ces regrets publics n'avaient pas suffi à éteindre l'incendie. Selon les informations rendues publiques à l'époque, la synagogue avait également dû faire face à la révélation que l'un des intervenants invités par le groupe musulman, Hussam Ayloush, directeur général du chapitre californien du Conseil des Relations Américano-Islamiques (CAIR-CA), avait tenu des propos hostiles à Israël lors de la soirée.

La résiliation du contrat de location et les démissions en cascade avaient suivi dans les heures qui suivaient

Aujourd'hui, la synagogue est confrontée à une plainte qui la place dans une position encore plus délicate : celle d'une institution accusée non plus d'imprudence dans ses choix de partenariats, mais de discrimination active envers ses propres membres. L'issue de cette procédure pourrait avoir des répercussions bien au-delà de Woodland Hills, dans un moment où la question de la place du soutien à Israël au sein des synagogues libérales américaines est plus tendue que jamais.

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Le juge, la nudité et le scandale : le procès le plus absurde du théâtre israélien

Le juge, la nudité et le scandale : le procès le plus absurde du théâtre israélien

Le juge, la nudité et le meilleur spectacle de la ville

Israël, 1973. Un juge reçoit une demande sans précédent : assister à la performance nue de deux actrices et décider laquelle est la plus belle. Derrière cette situation grotesque, une affaire judiciaire aussi absurde que révélatrice de son époque.

Une comédie qui sent le soufre

En 1973, le théâtre Lilach crée « Les Fils du Docteur », une nouvelle pièce signée Eli Sagi. Le dramaturge jouit alors d'une réputation solide : quelques années plus tôt, il avait écrit « La Mère du Général », l'un des plus grands succès du théâtre israélien, joué plus de mille fois et adapté au cinéma. La nouvelle pièce n'est pas une suite à proprement parler, mais partage le même ADN : comédie débridée, personnages hauts en couleur, provocation calculée.

L'intrigue est simple. Un mécanicien a envoyé son fils étudier à l'étranger, rêvant de voir un « docteur » rentrer au pays pour l'aider à gérer le garage. Le fils revient, mais sans diplôme. À la place, il ramène un mode de vie hippie — vêtements miteux, drogues douces, slogans sur l'amour libre — et, pour couronner le tout, une compagne étrangère tout aussi affranchie des conventions, qui n'hésite pas à se promener nue. Menachem Eini joue le fils,
Gabi Amrani incarne le père, et la mise en scène promet au public exactement ce qu'elle annonce : du spectacle, de l'audace, et de la nudité.

Le corps comme argument marketing

Au théâtre, la nudité fonctionne généralement comme une suggestion : on insinue, on crée du mystère, on laisse l'imagination faire le travail. On ne crie pas la chose sur les toits. Ce n'était pas du tout l'approche retenue ici.

Pour incarner la compagne du fils hippie, le théâtre choisit Lily Avidan personnalité mondaine et bohème bien connue de Tel-Aviv, partenaire et épouse du poète David Avidan.
Elle avait joué quelques petits rôles au cinéma, n'avait aucune expérience théâtrale, mais son charisme, sa liberté, sa beauté et son élégance correspondaient parfaitement à l'esprit de la pièce. Et surtout, elle n'avait aucun problème à se dévêtir.

La campagne promotionnelle fut dépourvue de toute subtilité. Les photos de Lily Avidan nue envahirent la presse, culminant avec une photo en quatrième de couverture du magazine « This World ». Pas d'allusions, pas de clins d'œil complices : une promesse explicite, totale, presque crue. Le public savait exactement ce qu'il venait voir.

Le lendemain de la première

La première eut lieu à Eilat en août 1973. La critique ne fut guère enthousiaste, ce qui était prévisible. Le public, lui, applaudit ce qui l'était tout autant. Ce qui ne l'était pas, en revanche, c'est ce qui se produisit le lendemain : le théâtre renvoya Lily Avidan et la remplaça par une actrice nommée Jane Paynal. Du théâtre, l'affaire passa aussitôt au tribunal.

Avidan porta plainte et réclama des dommages et intérêts. Elle avait posé nue pour alimenter la campagne de relations publiques du spectacle, ses photos avaient été publiées partout, et puis  « par une manœuvre frauduleuse », dit-elle elle avait été écartée au profit d'une autre. L'avocat du théâtre, lui, demanda le rejet de la plainte : Avidan avait été licenciée en raison de « problèmes disciplinaires répétés », point final.

Une théorie juridique originale

Mais Lily Avidan ne cherchait pas seulement à obtenir réparation pour une rupture de contrat. Elle avançait un argument autrement plus singulier : sa remplaçante la diffamait. Ou, plus précisément, diffamait son corps.

Le raisonnement était le suivant : les publicités pour le spectacle promettaient au public de venir voir Lily Avidan nue sur scène. À sa place, il découvrait « une actrice débutante avec un physique moins avantageux ».
Or, selon Avidan, le spectateur ne concluait pas qu'une actrice avait été remplacée. Il concluait que Lily Avidan elle-même n'était tout simplement pas aussi belle qu'il l'avait imaginé.
La substitution silencieuse devenait ainsi une atteinte à sa réputation physique une forme inédite de préjudice moral.

L'avocat du théâtre ne l'entendait pas de cette oreille. Il soutint que l'actrice remplaçante était tout aussi talentueuse qu'Avidan, et peut-être même davantage. Pour le prouver, il formula une demande qui allait marquer les esprits.

Une requête sans précédent

La proposition soumise au tribunal était simple dans sa formulation, vertigineuse dans ses implications : le juge serait invité à visionner des performances de nu des deux actrices et pourrait ainsi constater par lui-même que la remplaçante n'était en rien inférieure à Avidan.

Le juge n'était pas enthousiaste. C'est le moins qu'on puisse dire. Selon Yehezkel Adiram, journaliste au « Yedioth Ahronoth » qui couvrait le procès, le magistrat « rejeta fermement la demande de faire office d'expert » et refusa catégoriquement de se prononcer sur la question ni en général, ni à titre personnel. Il précisa que si une telle expertise avait été jugée nécessaire, il aurait été bien plus judicieux de faire appel à un « témoin expert ».
Et il cita en exemple le critique de théâtre Haim Gamzo, réputé pour son œil acéré et son esprit incisif le verbe « lagmuz », qui porte son nom, signifie littéralement « critiquer sans ménagement ».

L'image est savoureuse : un juge israélien qui, confronté à la demande de trancher entre deux nudités, suggère d'envoyer le critique de théâtre le plus redouté du pays s'acquitter de la tâche.

La sentence

L'audience s'acheva par le rejet de la plainte. Le juge estima qu'Avidan avait bel et bien commis des fautes disciplinaires justifiant son remplacement, et n'identifia aucune raison d'examiner ses autres griefs. La théorie de la diffamation corporelle ne trouva pas preneur.

« Les Fils du Docteur » continua sans elle et connut un immense succès commercial, avec plus de trois cents représentations. Fort de ce triomphe, un film fut produit en 1981, écrit et réalisé par Eli Sagi lui-même, sous le titre « La Folie du Père », avec Gabi Amrani dans le rôle du père, Shashi Keshet dans celui du fils et Caroline Langford dans le rôle de la compagne étrangère.

Quant à Lily Avidan, elle resta dans les mémoires  non pas pour son jeu d'actrice, ni pour son procès insolite, mais pour ces quelques semaines où son visage et son corps avaient orné les kiosques de tout Israël, promettant à un public curieux un spectacle que la justice, elle, refusa soigneusement de juger.

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Israël : dans une villa secrète, des hommes les plus violents apprennent à ne plus tuer

Israël : dans une villa secrète, des hommes les plus violents apprennent à ne plus tuer

Dans une villa discrète du centre d'Israël, les hommes les plus violents apprennent à se regarder en face

Dans un quartier résidentiel ordinaire du centre d'Israël, une villa comme les autres dissimule une réalité hors du commun. Derrière sa façade paisible, l'hostel « Maftekhot » (« Les Clés ») accueille des hommes condamnés pour des violences conjugales graves coups, tentatives de meurtre, meurtres.
Un lieu unique en son genre, géré par l'Autorité de réhabilitation des détenus, organisme indépendant rattaché au ministère du Bien-être social. Un endroit où l'on tente, avec une modestie assumée, de défaire ce que des années de violence ont construit.

Sami, ou la vie recommencée

Sami  prénom d'emprunt quitte la structure dans un mois. Il rangera ses quelques affaires, libérera son lit pour le prochain libéré. Les séparations lui coûtent : enfance ballottée entre familles d'accueil, violence, addiction, prison. Mais celle-là, il espère la traverser autrement.
Pas de porte claquée. « Je sais que j'ai ici une maison avec des gens qui m'aiment et que j'aime », dit-il. Il y a quelques années, il ne croyait plus qu'une autre trajectoire était possible. « Je croyais que c'était ma vie, voilà tout. Je n'avais ni rêves ni ambitions. »

Sami a rejoint « Maftekhot » après une longue peine pour violences particulièrement graves sur sa compagne. Elle a survécu. Il s'est retrouvé seul. La condition de sa libération anticipée ? Passer par la structure. « Je voulais sortir de prison, alors j'ai accepté », reconnaît-il. La première année, il avoue ne pas s'être vraiment investi. « Je viens d'un monde de combines, de dissimulations, de manigances. Tu essaies tout le temps de fuir la vérité, tu penses encore comme un criminel. C'est dur de commencer à parler vraiment des choses et de les laisser sortir. »

Un miroir en plein visage

Dans le salon de la villa, un tableau attire le regard : « Comment te sens-tu aujourd'hui ? » Il propose des dizaines de réponses  pas seulement « joie » et « tristesse », mais aussi honte, solitude, amertume, déception, embarras. La capacité à nommer ses émotions est au cœur du travail mené ici. Car ces hommes juifs et arabes, médecins et ouvriers, certains sans le baccalauréat ont tous en commun d'avoir été incarcérés pour des violences conjugales graves. Et d'avoir, pour beaucoup, passé des années à nier.

Le processus est exigeant. Chaque geste, chaque comportement est décortiqué.
« La violence, c'est comme une montagne », explique Hila Lévy, directrice du centre. « Ils ont atteint le sommet c'est l'infraction qui les a conduits en prison. L'objectif ici est d'apprendre à repérer la violence avant même de commencer l'escalade. »

Concrètement, cela signifie examiner au microscope les comportements les plus anodins en apparence : un regard, une communication téléphonique brutalement interrompue, une menace à peine voilée. Chaque geste est nommé, analysé, discuté.

La journée commence à 6 heures du matin et se prolonge jusqu'à minuit. Entre les séances, les résidents travaillent à l'extérieur partie intégrante de la réhabilitation. Ils cuisinent, font la vaisselle, gèrent un budget. Des tâches que d'autres compagnes, mères, sœurs  accomplissaient à leur place. « Nous avons des patients qui gardent des milliers de shekels en poche juste pour se sentir virils », explique Lévy. « Cet argent brûle vite. Et quand l'enfant a besoin d'argent pour une sortie scolaire, il n'y en a plus. »

Hila Lévy ne cache pas la complexité de sa position : « Nous nous mettons en colère contre les patients. Nous leur montrons que ce qu'ils ont fait est profondément problématique. » Ce travail de confrontation est vécu par les résidents comme plus éprouvant que la prison elle-même. « J'ai toujours pensé que si l'on savait ce qui se passait dans ma tête, je resterais enfermé toute ma vie », confie Sami. « Ici, ils m'ont laissé parler et m'ont donné le sentiment d'être compris. Je n'avais jamais connu ça. On vous met un miroir en face et soudain, vous devez comprendre qui vous êtes, quels sont vos schémas. C'est dur. »

Briser le silence sur le pire

L'une des étapes les plus redoutables du processus est la confrontation au passé dans ses moindres détails. Après parfois des années de déni, les résidents sont amenés à raconter précisément ce qu'ils ont fait. Lévy cite le cas d'un résident qui avait assassiné sa première femme : « Au début, sa nouvelle compagne ignorait tout, car il avait nié pendant des années, prétendant qu'on lui avait monté un dossier. Après le travail ici, il a décidé de lui dire la vérité. Les processus qui se jouent ici sont très profonds. »

Car la réhabilitation de ces hommes n'est pas une fin en soi. « Personne ne pourrit vraiment en prison tout le monde finit par sortir », rappelle Uri Shekter, directeur des structures à l'Autorité de réhabilitation. « La question, c'est dans quel état ils sortent. » Ces hommes forment souvent de nouveaux couples. Sans traitement, le cycle de violence recommence. « Il y a une transmission intergénérationnelle », souligne Lévy. « Ils ont appris la violence à la maison. La réparation bénéficie d'abord à leur femme, à leurs enfants. »

Un budget en berne face à une violence qui progresse

Les chiffres sont alarmants. Selon le Forum Michal Sala, 31 femmes et trois enfants ont été tués en 2025. Depuis le début de 2026, six femmes et un homme ont déjà été tués. Sur la dernière décennie, le Centre de recherche de la Knesset recense environ 300 femmes assassinées, dont la moitié par leur partenaire. Quelque 36 % d'entre elles avaient déposé une plainte pour violence domestique avant d'être tuées.

Face à cette réalité, les moyens alloués à la réhabilitation restent désespérément insuffisants. Chaque année, environ 6 000 détenus sont libérés en Israël. Un tiers renonce à comparaître devant une commission de libération conditionnelle et préfère purger sa peine jusqu'au bout. Des deux tiers restants, 45 % sont jugés aptes à un programme de réhabilitation. Mais les places manquent. Certains détenus, pourtant déclarés éligibles à une libération anticipée, restent derrière les barreaux faute de place dans une structure adaptée.

L'Autorité, dont le budget global avoisine 80 millions de shekels, n'a obtenu quasi aucun financement supplémentaire dans le cadre du dernier budget de l'État. « Le coût de la détention d'un prisonnier est de presque un quart de million de shekels par an », souligne Moshe Shukron, directeur général de l'Autorité. « Chez nous, le coût du traitement est moins du quart de ce montant. » Il ajoute, lucide : « Nous naviguons tous dans le traumatisme persistant de la guerre et du 7 octobre. J'espère que la situation s'améliorera dans les prochaines années. »

La société paie le prix de cette carence. Ce que « Maftekhot » tente, modestement mais obstinément, c'est de produire des hommes capables de vivre sans violence. De transformer le sommet de la montagne en un avertissement, plutôt qu'en une destination.

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La fuite des quinquas : Israël perd ceux qui ont tout construit

La fuite des quinquas : Israël perd ceux qui ont tout construit

"La reconstruction ici prendra des décennies. Je n'ai plus ce temps-là"

À 50, 60 ans et au-delà, après des années à construire une vie, élever des enfants et s'engager dans des combats civiques, ils ont craqué. Six Israéliens racontent ce qui les a poussés à quitter leur pays à un âge avancé, comment on repart de zéro à la veille de la retraite et ce que l'on ressent face à la nostalgie et au sentiment d'étrangeté.

"Mon cœur battait à tout rompre. Quand nous sommes partis, les problèmes ont disparu"

Hela Levinson a 51 ans. Masseuse, mariée, deux enfants. Elle a émigré il y a quatre mois dans une petite ville du nord du Portugal avec son compagnon Lior et leurs deux chiens. Elle n'a pas coupé les ponts avec sa terre : avant de partir, elle s'est fait tatouer dans le dos la colline qu'elle aimait au lever du soleil, et sur la jambe, un bulbe sauvage fleur emblématique d'Israël, absente du Portugal. "Je suis vraiment très attachée à Israël et à la langue hébraïque", dit-elle.

Alors pourquoi partir ? "La situation dans le pays m'avait provoqué des palpitations cardiaques tellement violentes que j'avais entamé un bilan cardiologique. J'avais même dit à ma mère que si je restais, je pensais ne pas tenir dix ans. Quand nous avons déménagé, j'ai refait les examens les problèmes avaient disparu comme s'ils n'avaient jamais existé."

Ce n'est pas une décision prise à la légère. Pendant des années, Hela avait résisté aux demandes de son compagnon, titulaire d'une double nationalité suédoise.
"Je lui faisais des discours enflammés sur le fait que j'étais Israélienne, que j'étais née Israélienne et que je mourrais Israélienne. Je lui avais même dit : mieux vaut mourir en Israël que vivre ailleurs."
La réforme judiciaire, puis les frappes de missiles houthis sur Ben Gourion, ont fissuré ses certitudes. La phrase qui a tout scellé lui vient d'un présentateur télévisé après la fin de la guerre contre l'Iran : "Le premier round face à l'Iran s'est bien terminé." "Je me suis figée. J'ai dit : le premier round ? Je ne suis pas là pour le deuxième."

"J'ai fait assez. La rectification ici prendra des décennies"

Karen a 60 ans. Créatrice de contenu numérique à Guivataïm. En juillet prochain, elle partira s'installer à Thessalonique, en Grèce. "Israël est mon grand chagrin. On m'a volé ma maison, et je n'en ai pas d'autre. Je n'ai pas de passeport étranger, je n'ai rien."
Active dans les mouvements de protestation depuis 2015, elle a longtemps espéré que la jeune génération prendrait le relais. "J'avoue que j'ai perdu espoir. Il n'y a rien de plus déprimant que de marcher dans une manifestation et de voir des jeunes de 20 et 30 ans attablés dans des bars et des cafés. Qu'ils daignent sortir se battre pour leur avenir."

La guerre contre l'Iran a été le déclencheur décisif. Karen vit dans un vieil immeuble sans abri, au dernier étage. "J'ai compris que si un missile tombait sur mon appartement, je me retrouvais sans rien, et sans indemnisation rapide de l'État." Elle a vendu son appartement et acquis deux petits biens immobiliers en Grèce, ce qui lui a ouvert droit au "Golden Visa".

La question politique l'obsède. "Même si Netanyahou s'en va, Bennet est-il la réponse ? Ce sera exactement pareil. On ne sortira pas de ces cycles." À ceux qui lui reprochent d'abandonner le combat, elle répond avec une clarté désarmante :
"J'ai fait assez. La rectification ici prendra des décennies. Je n'ai pas ce temps-là, si tant est que cela arrive un jour. C'est le tour de ceux dont l'avenir et les enfants sont ici. Il me reste vingt bonnes années que je vais consacrer à l'aventure. Et si je me trompe, je le reconnaîtrai et je reviendrai avec amour. C'est quand même chez moi."

"Les enfants ont quitté le nid. Si ce n'est pas maintenant, c'est quand ?"

Tal Cohen a 58 ans. Coach wellness à Tamra. Elle prévoit de quitter le pays dans les prochains mois, sans destination encore fixée. "Je sais que si je ne le fais pas maintenant, je le regretterai. J'ai plein de doutes et de peurs. Comment je vais m'en sortir ? Je suis seule, après tout. Mais j'essaie de me concentrer sur ce que cela a d'excitant."

Revenue en Israël en 2019 après vingt-deux ans aux États-Unis, elle a rapidement déchanté. "L'Israël bienveillant et convivial que j'avais en tête était devenu beaucoup plus dense, beaucoup plus américain. Et la politique, qui m'avait toujours rendu malade, m'écœurait désormais à haute dose." L'élément déclencheur : un jour où les journaux titraient simultanément sur la mort de quatre soldats au Liban et sur un détournement de milliards de shekels vers les ultra-orthodoxes. "Ce dissonance était si extrême que j'ai senti que mes impôts allaient à un endroit auquel je ne croyais plus."

Elle a bâti son activité en ligne pour pouvoir travailler en nomade. Concernant la santé son grand point d'inquiétude à cet âge  elle ne coupera pas sa résidence israélienne et continuera à payer l'assurance nationale, gardant ainsi un filet de sécurité médical.

"Ma fille entrait au lycée. Soit on partait maintenant, soit on restait coincés dix ans de plus"

Le docteur Eldar Carmel a 50 ans. ORL senior dans le système public, marié, deux enfants. Il a quitté Kiriat Ono pour Thessalonique il y a neuf mois, et continue d'exercer partiellement en Israël dix jours par mois. "J'ai trainé cette décision pendant des années parce que, chez moi, je vivais le rêve. J'aime ma maison, ma famille, mes amis, mon travail."
L'élément décisif : sa fille aînée lui a annoncé que si elle commençait le lycée en Israël, elle n'en partirait pas. "Soit je partais maintenant, soit j'avais un 'bail' de dix ans avec ce propriétaire le gouvernement israélien actuel et je ne voulais pas le renouveler."

Le moteur de fond, c'est l'inégalité dans le fardeau militaire. "Ce déséquilibre représente le symptôme le plus frappant de ce qui se passe ici. Des pans entiers de la population, non productifs, s'appuient sur d'autres. À terme, l'État ne pourra plus se maintenir. Nous approchons à grands pas du point de non-retour." Sa vie actuelle est une double existence : en Israël, il dort chez sa sœur et vit comme un célibataire ; en Grèce, il est père à plein temps "ce que je n'avais jamais été de toute ma vie."

"Le choix était entre mon confort et l'avenir de mes enfants"

Rafi Kent a 50 ans. Chef cuisinier, ancien chercheur en écologie, il a quitté le kibboutz Bahan en janvier 2025 pour Dunedin, en Nouvelle-Zélande, avec sa femme médecin et leurs trois enfants. Depuis, son frère l'a rejoint, et ensemble ils tiennent un food truck de falafels et shawarmas.

C'est le résultat des dernières élections qui l'a définitivement convaincu. La veille du 7 octobre, toute la famille rentrait d'un périple de trois mois en Amérique du Sud. "Quand ma femme s'est réveillée ce matin-là, quelque chose s'est brisé en elle définitivement." Avec leur fils aîné sur le point d'entrer dans le processus de recrutement militaire, le dilemme s'est posé avec acuité. "Comment l'envoyer à l'armée dans une situation où je ne crois plus à ce que ce gouvernement fait ?"

Un anecdote dit tout : un jour devant leur food truck, ils ont servi simultanément un Syrien, une Iranienne et un Koweïtien. "Le Koweïtien nous a dit que sa fille étudiait ici et qu'il était bloqué à cause de la guerre. L'Iranienne a demandé si nos familles allaient bien. Et le Syrien nous a dit qu'il venait d'une des plus vieilles familles de Damas, avec des membres des trois religions. Nous sommes dans un endroit où ces interactions peuvent avoir lieu. En Israël, c'est impossible."

"À mon âge, je peux vivre de mes économies. Et je suis heureuse"

Michal Mor Melamad a 64 ans. Fromagère primée du village de Kfar Kish, mariée, deux filles. Elle a quitté il y a environ un an le Carinthie, une région du sud de l'Autriche.
"J'ai vécu un vrai processus de deuil et de séparation. J'ai laissé une maison magnifique, que j'avais conçue moi-même."
Les élections de 2022 ont tout basculé. "La nuit d'après, je n'ai pas fermé l'œil. C'était comme si un rocher m'était tombé dessus."

Issue d'un milieu nationaliste, ancienne officière, militante anti-gouvernementale depuis 2018, elle s'est retrouvée à conduire en pleurant chaque matin entre son domicile et sa fromagerie. La décision familiale a été collective. La cerise sur le gâteau, absurde et symbolique : son mari s'est avéré être autrichien de naissance sans le savoir. Son père avait fui les Jeunesses hitlériennes en tant que Juif persécuté. "Et nous voilà revenus dans ce même pays. Mais si vous lui posez la question aujourd'hui, il est vraiment heureux d'avoir fait ce pas. Moi aussi."

Financièrement, la vente de la maison suffit. "C'est l'avantage de cet âge par rapport à des parents de jeunes enfants qui doivent payer une scolarité internationale coûteuse. Je suis à la retraite, et j'en suis heureuse. Je fais plein de choses que je n'avais jamais eu le temps de faire."

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