Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

La contrefaçon traquée sans relâche : la police israélienne resserre l'étau

La contrefaçon traquée sans relâche : la police israélienne resserre l'étau

Des montres de luxe et des vêtements de grandes marques saisis lors d'un contrôle à Lod : la marchandise soupçonnée d'être contrefaite

Une opération de contrôle menée dans un commerce de la ville de Lod a mis au jour un stock impressionnant de montres de luxe et de centaines d'articles vestimentaires griffés, soupçonnés d'être des contrefaçons. Le préjudice est estimé à environ 900 000 shekels. Le propriétaire du commerce a été placé en garde à vue.

Une nouvelle affaire de contrefaçon secoue le secteur du commerce de luxe en Israël.
Dans le cadre d'une opération conjointe menée par l'unité de police municipale du commissariat de Lod et des représentants de la Fédération pour la propriété intellectuelle, une marchandise suspectée d'être contrefaite, dont la valeur est estimée à plus de 900 000 shekels, a été saisie dans un commerce de la ville.

Une perquisition qui révèle l'ampleur du trafic

Lors du contrôle, les enquêteurs ont mis la main sur des montres de luxe soupçonnées d'être des copies, ainsi que sur des centaines de pièces de vêtements arborant des marques reconnues, elles aussi suspectées de porter atteinte aux droits de propriété intellectuelle des maisons concernées. L'ensemble des produits a été saisi et placé sous scellés en vue de la poursuite des investigations.

Le propriétaire du commerce a été interpellé et conduit au commissariat de Lod pour y être interrogé. Du côté de la police, on confirme que l'enquête suit son cours, sans donner à ce stade davantage de précisions sur l'identité du commerçant ni sur l'origine exacte de la marchandise incriminée.

Un phénomène récurrent : le précédent de Jérusalem

Cette saisie n'est pas un cas isolé. Le mois dernier déjà, des enquêteurs du commissariat du centre de Jérusalem, épaulés par des combattants de la police des frontières et par des représentants de la même Fédération pour la propriété intellectuelle, avaient mis la main sur une marchandise suspectée d'être contrefaite dans une boutique du complexe commercial Cinema City, à Jérusalem. Le montant de cette saisie s'élevait alors à environ 250 000 shekels.

Cette opération avait, elle aussi, fait suite à des plaintes déposées concernant la vente de produits non authentiques. Les forces de l'ordre avaient investi la boutique et, au terme d'une fouille méthodique, avaient découvert une quantité considérable d'articles suspectés d'être contrefaits, aussitôt saisis pour les besoins de l'enquête.

Des poursuites civiles en perspective

Selon les estimations des experts de la Fédération pour la propriété intellectuelle, le propriétaire de la boutique de Jérusalem devrait faire face à des poursuites civiles engagées par les marques dont les droits auraient été bafoués. Le montant total de ces poursuites potentielles est évalué à environ 900 000 shekels, soit une somme qui donne la mesure du préjudice économique que ce type de trafic peut engendrer pour les maisons de luxe visées.

À l'issue de la perquisition, le propriétaire de la boutique de Jérusalem avait lui aussi été placé en garde à vue au commissariat du centre de la ville, et son dossier reste actif, l'enquête se poursuivant en coordination avec les différents organismes chargés de l'application de la loi.

Un marché parallèle qui prospère sur la demande de luxe accessible

Ces deux affaires, survenues à quelques semaines d'intervalle, illustrent un phénomène bien connu des autorités israéliennes : la contrefaçon de produits de luxe, des montres aux vêtements de marque, continue d'alimenter un marché parallèle particulièrement lucratif.
La demande pour des articles griffés à prix cassé, conjuguée à la sophistication croissante des copies, complique considérablement le travail des enquêteurs comme celui des ayants droit.

La collaboration entre les unités de police locales et la Fédération pour la propriété intellectuelle, qui dispose d'une expertise technique permettant d'authentifier rapidement les produits suspects, s'impose de plus en plus comme la méthode de référence pour démanteler ces réseaux. Les contrôles inopinés dans les commerces, souvent déclenchés par des plaintes de consommateurs ou des signalements de professionnels du secteur, permettent de mettre au jour des stocks entiers de marchandise contrefaite, parfois dissimulés derrière une devanture commerciale en apparence tout à fait légale.

Des conséquences lourdes pour les commerçants impliqués

Au-delà du volet pénal, qui expose les commerçants reconnus coupables à des sanctions pouvant aller jusqu'à des peines de prison, le volet civil constitue souvent la sanction la plus douloureuse sur le plan financier. Les marques lésées, dont l'image et le positionnement reposent en grande partie sur l'exclusivité et l'authenticité de leurs produits, n'hésitent plus à engager des procédures pour obtenir réparation, avec des montants de dommages et intérêts qui peuvent rapidement se chiffrer en centaines de milliers de shekels, comme l'illustre le cas de Jérusalem.

L'affaire de Lod, encore à ses débuts sur le plan judiciaire, devrait suivre un schéma similaire dans les prochaines semaines, à mesure que l'enquête policière avance et que les marques concernées évaluent l'ampleur du préjudice subi.

La police n'a pas exclu que d'autres commerces fassent l'objet de contrôles similaires dans les prochaines semaines, dans le cadre d'une intensification des opérations de lutte contre la contrefaçon sur l'ensemble du territoire.

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IA, shekel fort, licenciements : l'automne froid de la tech israélienne

IA, shekel fort, licenciements : l'automne froid de la tech israélienne

 

Ils avaient dix ans d'expérience, un poste solide, parfois un titre de manager. Aujourd'hui, ils pointent au chômage. La high-tech israélienne, longtemps citée en exemple, vit une mue brutale, et cette fois ce ne sont plus les juniors qui trinquent en premier.

Depuis deux mois, il ne se passe plus une semaine sans qu'une entreprise israélienne du numérique n'annonce une charrette de licenciements. Le phénomène n'est pas nouveau, mais il change de visage. Il y a la conjoncture, un shekel qui s'est raffermi face au dollar, rendant un développeur israélien plus cher de 8,2% qu'un homologue américain selon le Forum des entreprises de croissance. Et il y a surtout l'autre explication, celle que tout le monde évoque à mi-voix dans les open spaces de Tel-Aviv : l'intelligence artificielle est en train de réécrire les règles du jeu.

Un rapport publié ce mardi par le Service de l'emploi israélien met des chiffres sur cette intuition collective. Et le tableau qu'il dresse est saisissant.

Le tournant ChatGPT

Avant novembre 2022, date de lancement de ChatGPT, les personnes venues de la high-tech ne pesaient qu'environ 4% de l'ensemble des inscrits au chômage en Israël. Une goutte d'eau. Depuis, cette proportion a grimpé à 9%, puis frôle aujourd'hui les 11%. Au début de l'année 2026, le compteur a atteint un niveau jamais vu en dehors des grandes crises, avec environ 16 300 personnes issues du secteur inscrites comme demandeurs d'emploi.

Sur six ans, le nombre a tout simplement doublé, passant d'une moyenne de 7 700 personnes par mois en 2019 à 15 500 en 2025. Le Service de l'emploi le reconnaît volontiers, cette tendance avait démarré avant l'irruption de l'IA générative.
Mais depuis que ChatGPT et ses semblables se sont imposés dans le quotidien des entreprises, la courbe s'est nettement accélérée.
Dans les métiers du développement logiciel les plus exposés à l'automatisation par l'IA, le nombre de chômeurs a bondi de 18% depuis 2022. Dans les autres métiers de la high-tech, également concernés mais dans une moindre mesure, la hausse plafonne à 3%.

Ce ne sont plus les jeunes qui trinquent

C'est sans doute l'enseignement le plus inattendu de ce rapport. Pendant longtemps, la règle non écrite du marché de l'emploi tech voulait que ce soient les débutants, les moins de deux ans d'expérience, qui essuient les plâtres en premier lors d'un ralentissement. Cette règle est en train de s'inverser sous nos yeux.

Les demandeurs d'emploi ayant jusqu'à quatre ans d'expérience représentaient encore 74% des chômeurs de la high-tech il y a peu. Ils ne sont plus que 60% aujourd'hui, et la tendance continue de baisser. Chez les tout jeunes profils, ceux qui ont au maximum deux ans de métier, la chute est encore plus nette : de 49% en 2023 à seulement 31% aujourd'hui.

À l'inverse, les cadres et experts confirmés, ceux qu'on croyait à l'abri, voient leurs rangs grossir à vue d'œil. Depuis 2023, le nombre de chômeurs comptant entre cinq et huit ans d'expérience a bondi de 138%. Et chez les vétérans du secteur, plus de huit ans de métier, la hausse atteint 181%, contre à peine 43% chez les moins expérimentés sur la même période. Autrement dit, ce sont désormais les seniors, ceux dont l'expertise semblait la meilleure des assurances, qui remplissent les files d'attente du Service de l'emploi.

Les développeurs, premières cibles

Ce basculement générationnel s'accompagne d'un basculement des métiers. Les développeurs logiciels, ceux-là même dont le travail se prête le mieux à une automatisation partielle par les outils d'IA, forment désormais près de la moitié des demandeurs d'emploi issus de la high-tech, soit environ 7 900 personnes sur les 16 300 recensées en mai 2026.
En 2019, ils représentaient déjà 47% de cet ensemble, une proportion qui s'était effondrée pendant la crise du Covid avant de repartir de plus belle. Le message est limpide, ce sont les métiers de codage pur qui absorbent aujourd'hui le plus gros de l'onde de choc.

Une croissance qui s'essouffle, sans s'effondrer

Faut-il pour autant parler d'effondrement de la high-tech israélienne ? Le rapport se garde bien de céder à la dramatisation. Le secteur employait en moyenne 404 000 personnes en 2025. Il avait quasiment doublé de taille en une décennie, passant de 213 000 employés en 2012 à 396 000 en 2023. Mais cette progression fulgurante a marqué un coup d'arrêt : le secteur est retombé à 391 000 employés en 2024.

Selon les calculs du Service de l'emploi, si la croissance d'avant 2023 s'était maintenue au même rythme, la high-tech israélienne devrait aujourd'hui compter 461 000 salariés. Il en manque donc environ 70 000 par rapport à la trajectoire initiale. Un ralentissement sévère, disent les auteurs du rapport, mais pas un naufrage.

Le mirage des crises passées

Curieusement, les grandes crises de ces dernières années ont eu l'effet inverse de ce qu'on pourrait imaginer sur les statistiques. Lors du Covid, en 2020, le nombre mensuel moyen de chômeurs de la high-tech avait grimpé à 28 000. Pourtant leur part dans l'ensemble des chômeurs israéliens avait reculé, de 5,78% en 2019 à 4,73% en 2020, parce que le chômage explosait partout ailleurs dans l'économie. Même schéma lors de l'opération Rugissement du Lion, où le nombre de chômeurs tech était retombé à 20 000, sans que leur poids relatif augmente. Une façon de rappeler que les gros chiffres bruts peuvent parfois masquer une réalité plus nuancée.

Et la suite ?

Le modèle de prévision du Service de l'emploi table sur une poursuite de la hausse jusqu'à la fin 2026, mais à un rythme plus modéré. Pour juin, l'estimation centrale est de 16 187 demandeurs d'emploi issus de la high-tech, avec des variations possibles entre 13 157 et 19 217 selon les aléas économiques. Pour décembre, la fourchette s'élargit considérablement, entre 7 968 et 25 532, preuve de l'incertitude qui plane sur l'ampleur réelle du phénomène. Un pic saisonnier est même attendu en août, où le nombre pourrait grimper jusqu'à 19 700, voire 25 300 dans le pire des scénarios.

"Une transformation profonde", reconnaît le Service de l'emploi

Interrogée sur ces chiffres, la directrice générale du Service de l'emploi, Inbal Meshesh, ne cherche pas à minimiser. Le marché du travail de la high-tech, dit-elle, traverse une mutation de fond, portée à la fois par l'intelligence artificielle et par des transformations structurelles plus larges du secteur. Elle souligne que ces bouleversements ne se limitent plus aux jeunes recrues mais touchent désormais frontalement les salariés expérimentés.

Face à cette réalité, son institution travaille déjà sur des dispositifs de reconversion, avec une idée centrale : réorienter ces experts tech vers des secteurs non technologiques de l'économie israélienne, où leurs compétences pointues feraient figure d'atout rare. Une aubaine, selon elle, autant pour ces travailleurs mis sur le carreau que pour l'économie dans son ensemble, à l'heure où, comme elle le résume, tout le monde doit apprendre à se réinventer face à l'intelligence artificielle.

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49 millions de shekels de dettes : le prix de la solidarité israélienne de Yuval Raphael après le 7 octobre

49 millions de shekels de dettes : le prix de la solidarité israélienne de Yuval Raphael après le 7 octobre

« Un ange, il ne mérite que du bien » : il avait hébergé des centaines d'évacués gratuitement, il s'effondre aujourd'hui financièrement

Au lendemain du 7 octobre, Yuval Raphael avait mis des dizaines de ses appartements à disposition de centaines de familles évacuées, sans jamais leur réclamer un centime. Trois ans plus tard, victime de l'effondrement du tourisme israélien, l'homme d'affaires de 42 ans dépose lui-même une demande de suspension des procédures judiciaires pour tenter de sauver ce qui peut encore l'être face à une dette personnelle de 49 millions de shekels.

Un geste de générosité devenu légende

Il s'appelle Yuval Raphael, il a 42 ans, et il n'a rien à voir avec la chanteuse rescapée du festival Nova qui porte le même nom. Cet homme-là est un entrepreneur, fondateur d'un empire familial de location de courte durée qui gérait, à son apogée, près de 200 appartements à travers Israël via des plateformes comme Airbnb.
Le 8 octobre 2023, au lendemain du massacre perpétré par le Hamas, alors que le pays entier était sous le choc, Raphael a pris une décision fulgurante : mettre l'intégralité de son parc immobilier à disposition des familles évacuées des kibboutzim de l'enveloppe de Gaza et du nord d'Israël, sans leur demander un shekel.

Dans les quinze premiers jours de la guerre, avant même qu'un cadre gouvernemental d'hébergement des déplacés ne soit mis en place, ce sont près de 1 000 Israéliens chassés de chez eux qui ont trouvé refuge dans ses biens. Une générosité chiffrée à plusieurs millions de shekels, entièrement financée sur ses fonds propres, sans la moindre promesse de compensation.

« Il m'a dit : tu ne dois rien payer »

Livnat Hadad Ohayon fait partie de ces évacués. Le 7 octobre, elle fuit avec sa famille l'enveloppe de Gaza. Elle ne connaît pas Yuval Raphael. Il l'accueille pourtant, elle, son mari, ses enfants et sa famille élargie, dans l'une de ses villas d'Eilat, pour une semaine entière. « Il m'a dit : tout va bien, tu n'as rien à payer », raconte-t-elle. « C'est un homme merveilleux. Il mérite qu'il ne lui arrive que du bien. Il ne nous devait absolument rien. Je suis prête à venir témoigner pour lui. Un ange. » Elle ajoute un détail révélateur : lorsqu'elle l'a supplié de lui donner son adresse pour pouvoir simplement le remercier en personne, il a catégoriquement refusé.

Le tourisme s'effondre, l'empire suit

Mais la guerre a fini par rattraper l'homme qui avait ouvert grand ses portes. Selon la demande déposée, le secteur du tourisme israélien a plongé dans la pire crise de son histoire depuis la création de l'État.
Dès les premiers jours du conflit, de nombreux pays ont émis des avertissements de voyage sévères concernant Israël. Conséquence directe : les compagnies aériennes internationales ont annulé l'ensemble de leurs vols vers le pays, effaçant d'un coup la clientèle principale du groupe, celle des touristes étrangers venus pour de courts séjours. Le tourisme intérieur a lui aussi été durement touché.

À cela s'ajoute un différend avec le ministère du Tourisme concernant la classification des appartements utilisés pour héberger les évacués, différend qui a considérablement réduit les compensations financières perçues par l'entreprise, bien en deçà des prévisions initiales. Résultat : une assise financière autrefois solide s'est peu à peu érodée, jusqu'à l'effondrement total de l'activité.

Une dette personnelle de 49 millions de shekels

Yuval Raphael a déposé lui-même, dimanche, une demande personnelle de suspension des procédures auprès du tribunal d'instance de Rishon LeTsion, dans l'objectif de négocier un accord avec ses créanciers. Cette démarche intervient une semaine après que le tribunal de district de Beer-Sheva a ordonné la liquidation de deux de ses sociétés, Yuval Raphael Holdings et Raphael Real Estate Conseil et Investissements, et leur a désigné un liquidateur judiciaire. Un séquestre a également été nommé à la demande de la banque Mizrahi Tefahot, pour une créance alléguée de 5 millions de shekels.

Selon la requête déposée par ses avocats, Maîtres Shelly Nahum et Itamar Cohen, le total des dettes personnelles de Raphael, découlant de garanties qu'il a lui-même accordées, s'élève à environ 49 millions de shekels. Ces dettes proviennent de l'activité commerciale courante, de prêts contractés pour l'acquisition de biens immobiliers et le financement de l'exploitation, ainsi que de cautions personnelles données pour garantir l'activité des sociétés du groupe.

« Un patriote israélien élevé dans les valeurs du don »

Dans l'affidavit joint à sa demande, Raphael, marié et père de trois enfants, explique avoir géré son activité via trois sociétés spécialisées dans la location de courte durée. Il y décrit sa chute en des termes personnels : « Mon effondrement résulte principalement de circonstances extérieures qui ont frappé l'économie israélienne, des circonstances à cause desquelles je ne peux aujourd'hui pas rembourser mes dettes à échéance et mes affaires se sont effondrées. J'ai servi comme combattant dans une unité d'élite, je suis un patriote israélien, élevé dans les valeurs du don et du sacrifice pour l'État d'Israël. »

Il précise également que dès l'éclatement de la guerre, le 8 octobre 2023, il s'est immédiatement mobilisé pour venir en aide aux habitants de l'enveloppe de Gaza et du nord, alors en première ligne. « J'ai mis l'ensemble des biens du groupe, environ 200 logements, à disposition gratuite d'environ 1 000 Israéliens évacués de chez eux à cause de la guerre. J'ai assumé des coûts d'exploitation et de location colossaux, sans la moindre contrepartie ni perspective de compensation. »

Sept biens immobiliers voués à la vente

Son avocate, Maître Shelly Nahum, insiste sur l'ampleur du sacrifice : « Yuval Raphael a dirigé une entreprise florissante pendant des années et gérait, à la veille de la guerre, environ 200 biens d'hébergement. Dès le déclenchement du conflit, il a mis tous ses biens, sans aucune contrepartie, à disposition d'environ 1 000 évacués venus de l'enveloppe de Gaza et du nord. La valeur de ce don, plusieurs millions de shekels, a été financée par lui-même. Malheureusement, la guerre prolongée a entraîné l'annulation des vols internationaux et un arrêt total, imprévisible, de la demande de locations de vacances, provoquant l'effondrement de ses affaires. C'est une histoire triste, une success story brisée qui a entraîné Yuval et toute sa famille dans le gouffre. »

Dans le cadre de la procédure de liquidation, sept biens immobiliers enregistrés au nom de la société Romi Raphael, ainsi qu'un huitième détenu par Raphael Real Estate Conseil et Investissements, seront mis en vente. Le produit de ces cessions sera reversé aux créanciers garantis dont Yuval Raphael s'est personnellement porté caution.

Précision importante : cette affaire n'a aucun lien avec le « Groupe Raphael Immobilier » de Ramat Gan, propriété de David Raphael, homonyme sans rapport avec les sociétés concernées.

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L'avocate, Lori Cohen plaide sans voix : le pari fou de l'intelligence artificielle

L'avocate, Lori Cohen plaide sans voix : le pari fou de l'intelligence artificielle

Un matin de mars 2022, Lori Cohen se réveille et ne parvient plus à prononcer un mot. Vice-présidente du cabinet Greenberg Traurig et coresponsable mondiale du contentieux, cette avocate chevronnée pensait alors traverser un simple accident de parcours.
Quatre ans plus tard, elle plaide toujours devant les juges, mais avec une voix qui n'est plus tout à fait la sienne : un clone vocal généré par intelligence artificielle, reconstitué à partir de ses propres archives sonores.
Avant sa venue en Israël pour un colloque consacré à l'IA dans le droit, elle raconte  comment la technologie l'a ramenée au prétoire, sans jamais, dit-elle, s'y substituer.

Un réveil sans voix, une vie bouleversée

Lori Cohen se souvient de ce matin comme d'un choc. « Je me suis réveillée un matin sans pouvoir parler, de façon assez brutale », raconte-t-elle. « A
u début, je ne savais vraiment pas ce qui se passait, alors mon mari et moi avons immédiatement cherché une prise en charge médicale d'urgence.
Bien sûr, je ne m'attendais absolument pas à ce que cela dure. »
Le couple parcourt alors le monde à la recherche de réponses, consultant les meilleurs centres de recherche et les spécialistes les plus reconnus.
Sans succès définitif. « Malheureusement, nous n'avons toujours pas de réponse certaine sur ce qui m'a fait perdre l'usage de la parole », confie-t-elle.
Elle poursuit aujourd'hui les consultations médicales et participe à des essais cliniques, sans perdre espoir : « Je reste optimiste. Je crois que plus le monde de la science et de la technologie continue de s'étendre, plus mes chances de trouver une solution augmentent. »

D'une enfance sans avocats à la tête du contentieux mondial

Rien ne prédestinait Lori Cohen, 61 ans, à une carrière juridique. Née à Boston, dans une famille d'ouvriers sans aucun lien avec le monde du droit, elle étudie à l'université Duke en Caroline du Nord, puis décroche son diplôme de droit à l'université Emory d'Atlanta.
Elle débute sa carrière en 1990 chez Alston & Bird, avant de rejoindre Greenberg Traurig en 2005. Spécialiste du contentieux et de la gestion de procès, elle s'est notamment illustrée dans les dossiers de responsabilité médicale et de produits défectueux, dispositifs médicaux, médicaments et actions collectives liées à des substances toxiques.
À son arrivée chez GT, elle fonde le département contentieux pharmaceutique, dispositifs médicaux et santé, puis développe le pôle de gestion des procès au sein d'une division de contentieux mondial qui compte aujourd'hui plus de 900 avocats.

« Lola », la voix née du clonage vocal

C'est au début de l'année 2023 que Lori Cohen met au point, avec son responsable des technologies juridiques Gerard Buitrago, la voix synthétique qu'elle surnomme affectueusement « Lola ».
Le duo s'appuie sur la technologie de clonage vocal d'Eleven Labs et sur d'authentiques enregistrements de Cohen, captés lors de procès et de conférences passées.
Cette voix reconstituée est intégrée à des applications de synthèse vocale, utilisées sur deux iPad et deux iPhone, qui lui permettent de mener des conversations, des visioconférences et des réunions professionnelles.

« Je suis allée voir Gerard et je lui ai dit : pourquoi ne pas utiliser l'intelligence artificielle pour ma voix », raconte-t-elle. Pour les conférences ou les audiences, le texte peut être préparé à l'avance, et la voix intégrée directement dans des présentations PowerPoint.
Pour les échanges en temps réel, elle tape ses réponses sur iPad ou iPhone, la voix les restituant aussitôt à l'assistance.
« C'est devenu assez simple maintenant que nos systèmes sont bien rodés, mais taper chaque mot, chaque pause, chaque signe de ponctuation pour marquer une intonation prend énormément de temps », précise-t-elle. Elle reconnaît aussi un temps de latence inévitable : son auditoire doit patienter le temps qu'elle formule sa pensée par écrit.

Des juges conquis, des jurys en ligne de mire

Dans les prétoires, l'accueil a été, selon elle, unanimement positif. « Les juges se sont montrés très bienveillants, ouverts et patients », affirme Cohen. « Ils ont adoré, et ont clairement fait savoir qu'ils feraient tout leur possible pour s'adapter à moi et à ma voix IA. »
Même son de cloche du côté des avocats de la partie adverse et de ses propres clients, qui l'ont encouragée à revenir plaider. Prochaine étape pour Lori Cohen : s'adresser directement à un jury populaire grâce à sa voix artificielle, d'abord lors de simulations, puis, à terme, dans de véritables procès.

Une avocate en résidence permanente à la croisée de l'humain et de la machine

C'est précisément ce carrefour entre technologie et pratique du droit que Lori Cohen vient explorer à Tel-Aviv, où elle participera au panel « Why AI Will Not Replace Me » lors du congrès de l'ACC Israël. Greenberg Traurig dispose d'un bureau dans la ville, et l'avocate entretient des liens étroits avec l'équipe locale ainsi qu'avec plusieurs clients israéliens.
« Je vis chaque jour à l'intersection même de ce thème », dit-elle à propos du panel. « Depuis que j'ai perdu ma voix physiologique, je dépends véritablement d'une voix générée par intelligence artificielle pour communiquer, plaider, et vous parler en ce moment même. »

L'IA ne remplace pas l'avocat, elle le libère

Au-delà de son parcours personnel, Lori Cohen défend une vision claire de la place de l'intelligence artificielle dans la profession juridique. Chez Greenberg Traurig, explique-t-elle, des équipes dédiées à l'IA, des formations obligatoires et une politique interne régulièrement actualisée existent déjà depuis plusieurs années, et les avocats, qu'ils soient juniors ou associés seniors, doivent intégrer ces outils dans leur pratique quotidienne. Elle assure d'ailleurs n'avoir constaté aucune baisse des besoins en assistants juridiques au sein du cabinet.

Quant à l'avenir de la profession, Lori Cohen la voit évoluer vers un modèle plus hybride, où les avocats devront maîtriser le pilotage des outils technologiques avec la même aisance qu'ils maîtrisent la jurisprudence.
Selon elle, l'intelligence artificielle permet de gagner un temps précieux sur l'examen de documents et les tâches analytiques ou administratives, libérant ainsi les avocats pour se concentrer sur la stratégie, les interrogatoires, la gestion des témoins experts et la conduite des procès.
« Ce n'est pas un remplacement de l'avocat, c'est une libération de l'avocat », résume-t-elle. « L'intelligence artificielle peut imiter le timbre de ma voix, traiter de l'information et produire des mots, mais elle ne peut pas reproduire mon discernement, mon empathie, ma résilience, ni le regard unique que j'apporte à la stratégie juridique. »

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Reza Pahlavi, une popularité fabriquée par l'IA ? Alexandre Moussier répond sans détour

Reza Pahlavi face aux bots : Alexandre Moussier met les mots sur le doute

Le fils du Shah et ses millions de fans fantômes : plongée dans la campagne numérique la plus contestée de l'opposition iranienne

En quelques semaines, Reza Pahlavi est devenu, sur les réseaux sociaux, l'incarnation d'un espoir populaire massif pour l'Iran post-mollahs. Des foules en liesse scandant son nom, des millions de nouveaux abonnés, une couverture par les plus grands médias occidentaux, de Tagesschau à la BBC.
Le problème, c'est que derrière cette image d'homme providentiel plébiscité, une partie de cette ferveur numérique n'existerait tout simplement pas. C'est la thèse défendue par Alexandre Moussier, consultant en stratégie de visibilité sur les réseaux sociaux depuis quinze ans, dans une enquête publiée sur NetSkipper qui a rapidement circulé bien au-delà de son lectorat habituel. Nous l'avons interrogé, question par question, pour comprendre jusqu'où va vraiment sa démonstration, et surtout où elle s'arrête.

Une ascension chiffrée qui ne colle pas

Le point de départ de l'enquête tient à un chiffre difficile à ignorer. En douze jours, le compte Instagram de Reza Pahlavi aurait gagné 3,1 millions de followers, alors que son compte Facebook, dans le même temps, en comptait moins de 10 000. Une disproportion que Moussier qualifie d'illogique au regard de tout ce qu'il a observé en quinze ans de gestion de communautés en ligne pour des marques. À cela s'ajoute un examen des profils suiveurs eux-mêmes, des comptes très récents, sans amis, sans photo, avec des pseudonymes construits sur un même schéma répétitif, alternant séparateurs et chiffres aléatoires. Un pattern, selon lui, qui ne trompe pas.

Mais un chiffre suspect ne suffit pas à prouver une manipulation organisée. Alors comment vérifie-t-on ce genre de choses, concrètement, sans être soi-même un service de renseignement ?

Alliance - Quels outils utilisez-vous pour dater la création des comptes à la seconde près ?

Alexandre Moussier - Je n'ai pas d'outil pour dater la création des comptes. Ça dépend des réseaux sociaux mais certains l'affichent publiquement, comme X.

Alliance - Un journaliste lambda peut-il reproduire cela, ou faut-il une API payante ?

AM - C'est là tout l'enjeu actuel. Sans creuser, un journaliste ou n'importe quel citoyen peut tomber dans le panneau. Des outils payants comme Socialblade permettent de voir l'évolution du nombre d'abonnés sur les réseaux sociaux, et Uncov.ai permet de voir si une image est fausse.

Une réponse qui a le mérite de la franchise, et qui dessine en creux un problème bien plus large que le seul cas Pahlavi. Nous lui avons donc demandé comment un journaliste, aujourd'hui, peut espérer détecter une manipulation de masse noyée dans le flux continu de l'information.

« Uncov.ai est un très bon outil, explique-t-il. Et regarder minutieusement, sans le son, la vidéo, observer les formes, mettre en pause. Cela va devenir de plus en plus compliqué. Si même la chaîne allemande Tagesschau n'a pas détecté l'IA, c'est que la technologie s'améliore constamment. Ça va être de pire en pire. »

Des fantômes numériques, mais pas d'erreur de casting selon lui

Toute méthode de détection comporte un risque, celui de confondre un vrai utilisateur simplement inactif avec un faux compte fabriqué pour gonfler artificiellement des statistiques. Un point de vigilance essentiel quand on avance des accusations aussi lourdes.

Alliance - Quel taux de faux positifs avez-vous eu, des comptes taxés de bots qui étaient en réalité de vrais utilisateurs dormants ou peu actifs ?

A M - Pour ceux que j'ai cités dans mon article, c'est cent pour cent faux. Le compte Twitter en question a même été fermé depuis. Et pour Instagram, ce sont des comptes inactifs utilisés pour gonfler des statistiques. Je reste sur ce que j'ai dit dans l'article.

Une certitude affichée sans nuance. Reste la question la plus délicate de toute enquête de ce type, celle qu'aucun graphique de croissance ne peut trancher à lui seul : qui, précisément, tire les ficelles ?

Le mystère du commanditaire

Alliance - Qui a intérêt à fabriquer ce soutien ?

AM - Là, cela va au-delà de mon domaine de compétence. Je n'ai aucune légitimité pour répondre à cette question.

Une réponse frappante par son honnêteté, mais qui laisse un vide béant au cœur même de l'histoire. Car identifier des bots est une chose, désigner qui les active en est une autre, radicalement plus lourde de conséquences géopolitiques.

Alliance - Avez-vous des éléments techniques, adresses IP, patterns de langue, horaires d'activité, menant à un acteur précis, ou en restez-vous au constat sans pouvoir désigner un commanditaire ?

AM - Je pourrais être missionné pour identifier le ou les commanditaires précis. Mais là, je n'ai pas assez d'éléments.

Sur ce point précis, une enquête totalement indépendante de celle de Moussier vient éclairer une partie de la question sans pour autant la refermer complètement.
En octobre 2025, les quotidiens israéliens Haaretz et TheMarker ont publié une investigation conjointe révélant qu'une campagne d'influence en langue persane avait bien été menée depuis Israël, financée par une entité privée elle-même soutenue par des fonds publics israéliens.
Selon cette enquête, des locuteurs natifs du persan auraient été recrutés pour animer un réseau de faux comptes sur X et Instagram, se faisant passer pour de simples citoyens iraniens, dans le but de promouvoir Reza Pahlavi comme successeur crédible de la République islamique.

Le laboratoire de recherche Citizen Lab, rattaché à l'université de Toronto et reconnu comme une référence mondiale en matière de surveillance numérique, a publié en parallèle un rapport identifiant plus de cinquante comptes inauthentiques créés dès 2023, restés dormants jusqu'en janvier 2025, que ses chercheurs jugent très probablement opérés par le gouvernement israélien ou par un prestataire agissant pour son compte.

Cette enquête porte sur une période antérieure à celle observée par Moussier, et rien ne permet d'affirmer qu'elle explique à elle seule le pic de croissance de 3,1 millions d'abonnés relevé sur la période janvier-avril 2026. Mais elle établit un précédent documenté et vérifié : ce type d'opération existe, elle a déjà été menée depuis Israël par le passé, et elle a été confirmée par des sources qui n'ont aucun lien avec l'enquête NetSkipper. Ce que Moussier ne pouvait pas affirmer avec certitude, d'autres l'ont donc établi, à un autre moment, par une méthode différente.

Alliance - Comment distinguer techniquement une opération pilotée par un État d'une opération montée par des sympathisants isolés mais organisés ?

AM - Je n'ai pas travaillé cet angle.

Trois questions, trois aveux de limite. Loin d'affaiblir l'entretien, cette succession de « je ne sais pas » dessine au contraire les contours exacts de ce que l'enquête NetSkipper peut affirmer, et de ce qu'elle ne peut pas. Le constat technique tient. L'attribution politique, elle, reste un champ ouvert.

La question de la légitimité

Se pose alors une interrogation presque inévitable pour quiconque s'attaque à un sujet aussi sensible géopolitiquement sans être ni chercheur académique ni journaliste d'investigation attitré.

Alliance - Vous êtes consultant en webmarketing, pas chercheur en sécurité. Que répondez-vous à ceux qui contestent la légitimité de votre enquête sur un sujet aussi sensible ?

AM - Je construis des stratégies de visibilité pour des marques sur les réseaux sociaux depuis quinze ans. Je ne peux pas faire plus que toute mon argumentation dans l'article. Cet article n'engage que moi.

Alliance - Avez-vous contacté l'équipe de Reza Pahlavi pour recueillir sa version avant publication ?

AM - Non.

L'absence de contradictoire est, en matière journalistique, un manque réel. Elle n'invalide pas les constats chiffrés apportés par l'enquête, mais elle en limite la portée : ce texte est une alerte technique, pas une investigation menée dans les règles du contradictoire journalistique classique.

Le poids politique d'une accusation

Reste la dimension la plus délicate de toutes. Dans un contexte où l'opposition iranienne est déjà fracturée entre monarchistes, partisans de l'OMPI et autres courants, une enquête qui délégitime la popularité affichée de Reza Pahlavi ne peut pas être neutre dans ses effets, quelles que soient les intentions de son auteur.

Alliance - Si vos conclusions étaient fausses ou exagérées, ne fourniriez-vous pas au régime des mollahs un argument clé en main pour délégitimer toute opposition ?

AM - Je reste sur mes conclusions, que je n'estime ni fausses ni exagérées. Il y a une volonté avérée de manipuler l'opinion publique avec des contenus IA. Mon objectif premier dans cette prise de parole est d'exposer la réalité. Et non, cela ne délégitime pas toute opposition. Il n'y a pas que les mollahs et les monarchistes en Iran.

Alliance - Votre enquête sert objectivement des rivaux politiques de Pahlavi. Qu'est-ce qui vous garantit que vous n'avez pas cherché, même inconsciemment, à confirmer une thèse écrite d'avance ?

AM - J'essaie de m'appuyer le plus possible sur des arguments et des faits réels. La société indépendante Socialblade atteste une augmentation illogique de followers Instagram. Les doigts, les écritures, un logiciel externe comme Uncov.ai, les variantes de l'image principale retrouvées sur des comptes spam depuis fermés, tout cela atteste que la première image a été générée par IA. Grâce à mon expérience de deux ans dans la génération d'images sur Midjourney, je suis quasiment sûr qu'il s'agit de ce logiciel. J'ajoute à cela des articles externes, ceux de franceinfo et du Figaro, qui vont dans le même sens. Après, concernant le régime des mollahs et les personnes derrière cette stratégie d'influence, je ne peux pas me positionner avec certitude. Ce que je peux dire avec certitude, c'est qu'il y a clairement eu une volonté de manipuler l'opinion publique occidentale et de pousser le personnage politique de Reza Pahlavi.

Une promotion qui ne se limite pas aux réseaux sociaux

Le mécanisme documenté par Alexandre Moussier sur Instagram n'est pas isolé. Reza Pahlavi a également bénéficié, ces derniers mois, d'une couverture très favorable dans plusieurs titres de la presse française, avec des entretiens flatteurs publiés dans Le Figaro Magazine, Paris Match ou Atlantico, parfois rédigés sur un ton proche de la déférence. Cela ne relève ni de bots ni d'intelligence artificielle, mais cela confirme un constat plus large : la construction d'une image de figure providentielle plébiscitée mobilise plusieurs leviers en parallèle, le numérique n'étant que le plus visible et le plus documenté d'entre eux.

La fabrication d'une image politique favorable ne se joue pas uniquement sur Instagram ou X, elle passe aussi par des choix éditoriaux, des réseaux d'influence et des affinités idéologiques bien réels, à visage découvert, dans la presse la plus institutionnelle.

Un débat qui dépasse largement Reza Pahlavi

Au terme de cet échange, une chose apparaît clairement : Alexandre Moussier ne prétend pas avoir résolu l'énigme de la campagne Pahlavi, il en a documenté un symptôme. Les comptes fantômes existent, les incohérences visuelles aussi, franceinfo et Le Figaro l'ont chacun constaté de leur côté sur d'autres images de ce même conflit informationnel. Mais l'identité du ou des commanditaires, la part de manipulation organisée face à un engouement spontané amplifié artificiellement, et la responsabilité des grands médias qui ont repris ces images sans vérification suffisante, restent des questions ouvertes.

Le vrai sujet, peut-être, n'est plus Reza Pahlavi lui-même, mais la question que pose son cas à tout le monde : dans un monde où même les rédactions les plus expérimentées peuvent se faire abuser par une image générée en quelques secondes, qui reste encore capable de distinguer un mouvement populaire réel d'une illusion fabriquée pour ressembler à s'y méprendre à l'un ?

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Chaque famille israélienne paie 8000 shekels par an à la mafia, sans le savoir

Chaque famille israélienne paie 8000 shekels par an à la mafia, sans le savoir

Chaque famille israélienne paie 8000 shekels par an à la mafia, sans le savoir

Un loyer qui grimpe, une prime d'assurance qui s'envole, un logement neuf dont le prix intègre déjà sa part d'extorsion : la vie chère en Israël a aussi un visage que l'on préfère ne pas nommer, celui du crime organisé. Une étude vient de le démontrer noir sur blanc, 23 milliards de shekels détournés chaque année, 8000 shekels prélevés sur chaque foyer sans qu'aucune facture ne l'indique.

Et pendant que cette ponction pèse sur le quotidien de millions de citoyens, les médias continuent d'offrir aux mafieux une tribune, des chroniques, une aura de célébrité.

Il est temps de nommer ce que le pays refuse de regarder en face, une partie d'Israël est gangrenée, et ce silence a un coût que chacun paie sans le savoir.

Une étude choc vient de lever le voile sur l'un des sujets les plus tabous de la société israélienne : le poids réel du crime organisé sur le portefeuille de chaque citoyen.
Publiée conjointement par l'organisation Hashomer Hachadash et l'institut Riffman pour le développement du Néguev, cette enquête établit pour la première fois un lien chiffré entre le chantage mafieux et la hausse générale du coût de la vie en Israël.
Le constat est vertigineux : le racket, l'intimidation des agriculteurs, les vols organisés et l'économie souterraine ponctionnent chaque année environ 23 milliards de shekels à l'économie nationale, soit près de 8000 shekels par foyer et par an, prélevés sans que la majorité des citoyens en aient conscience.

Une ponction invisible sur toute la population

 L'étude, fondée sur des données du ministère des Finances, de l'administration fiscale, des rapports du contrôleur de l'État ainsi que sur une vaste enquête nationale, démontre que le coût du racket ne reste pas cantonné aux commerçants et agriculteurs directement rackettés.

Il se diffuse dans l'ensemble de l'économie, via la hausse des prix de l'immobilier, de l'alimentation, des assurances automobiles et, indirectement, de la fiscalité locale.

Dans le secteur du bâtiment, le racket représenterait jusqu'à 5 % du budget total d'un projet immobilier, un facteur identifié comme directement responsable d'une hausse de plusieurs dizaines de milliers de shekels sur le prix de vente des logements neufs.

Les chiffres régionaux donnent la mesure du phénomène. Selon l'enquête nationale intégrée au rapport, 73 % des personnes interrogées déclarent avoir été confrontées à une tentative d'extorsion de fonds de protection.
Ce taux atteint 93 % en Galilée orientale et sur le plateau du Golan, 90 % dans la région du mont Néguev, 72 % dans le Goush Dan et 63 % à Jérusalem.

Les primes d'assurance automobile ont pour leur part bondi de 56 % en deux ans, une flambée directement attribuée à la multiplication des vols de véhicules et des actes de vandalisme liés aux réseaux criminels. Dans le Néguev, l'absence de régulation étatique effective représenterait à elle seule un coût économique annuel compris entre 800 millions et 1,5 milliard de shekels, auxquels s'ajoutent environ 200 millions de shekels de pertes fiscales locales liées à l'économie souterraine et 250 à 350 millions de shekels dépensés par l'État pour renforcer la sécurité dans la région.

Une mosaïque criminelle enracinée dans l'histoire d'Israël

Le phénomène décrit par cette étude ne sort pas de nulle part. Il prend racine dans une histoire longue, celle du crime organisé israélien, qui s'est structuré dès les premières décennies de l'État et s'est considérablement renforcé à partir des années 1970.

Les grandes familles criminelles juives, les Abergil, les Abutbul, les Alperon, les Domrani ou encore les Shirazi, sont pour la plupart issues de l'immigration mizrahie, ces Juifs originaires du Maghreb, d'Égypte ou d'Iran installés dans les quartiers les plus pauvres du pays.

À ces réseaux se sont ajoutés des clans arabes israéliens, comme la famille Jarushi de Ramla ou la famille Abdel-Kader de Tayibe, ainsi que des tribus bédouines du Néguev qui contrôlent aujourd'hui une large part de la contrebande régionale, créant des zones que les autorités elles-mêmes qualifient de zones de non-droit.

La figure la plus emblématique de ce crime organisé reste Yitzhak Abergil, condamné à trois peines de prison à perpétuité et trente années supplémentaires au terme de l'affaire 512, l'une des enquêtes les plus vastes jamais menées contre la pègre israélienne, avec près de quarante dossiers et soixante suspects sur douze années d'activité criminelle.

Né à Lod dans une famille d'immigrants marocains, Abergil avait bâti un empire fondé sur le trafic d'ecstasy vers les États-Unis via les Pays-Bas et la Belgique, le blanchiment d'argent dans l'immobilier et une série d'assassinats visant ses rivaux, dont Zeev Rosenstein, figure concurrente du crime tel-avivien.
L'attentat à la voiture piégée qui visait ce dernier en 2003 rue Yehuda HaLevi à Tel-Aviv avait coûté la vie à trois passants innocents. Yaakov Alperon, chef d'un clan rival d'origine égyptienne, a lui-même été tué par une bombe placée dans sa voiture en 2008, tandis que Felix Abutbul, patriarche d'une autre famille influente, a été assassiné devant un casino qu'il possédait à Prague.

Le racket, une industrie parallèle toujours active

Derrière ces figures historiques, le système continue de fonctionner selon des méthodes bien rodées. Le principe du racket de protection reste le même depuis des décennies : des gangs armés imposent aux commerçants, agriculteurs et entrepreneurs du bâtiment un choix simple, payer une redevance régulière ou voir leur commerce, leur champ ou leur matériel partir en fumée. Dans certains quartiers, cette économie parallèle s'accompagne d'un système d'arbitrage informel appelé borerut, où des figures du crime organisé tranchent les litiges commerciaux plus vite et plus efficacement que les tribunaux, s'imposant ainsi comme une justice de substitution dans les zones où l'État peine à faire respecter la loi.

Le tissu criminel actuel a également gagné en visibilité culturelle. Les nouvelles générations de trafiquants, parfois regroupées sous des appellations comme La Familia, ou portées par des figures comme Shlomi Domrani et Eli Naim, bénéficient d'une exposition médiatique inédite, entre clips musicaux, réseaux sociaux et fascination populaire, notamment dans le média israelien Mako ce qui complique d'autant la tâche des autorités chargées de démanteler ces réseaux.

Un appel à l'action des pouvoirs publics

Face à ces chiffres, Hashomer Hachadash a exhorté le gouvernement israélien à élaborer un plan national de lutte contre les organisations criminelles responsables de ce racket, à renforcer la protection des exploitations agricoles et des chantiers de construction, et à intensifier les mesures d'application de la loi sur le plan économique.

L'organisation insiste sur l'urgence d'agir non seulement pour des raisons de sécurité publique, mais aussi parce que ce chantage mafieux, resté largement invisible dans le débat public, pèse directement sur le pouvoir d'achat de chaque famille israélienne, à un moment où le coût de la vie figure déjà parmi les préoccupations centrales des citoyens.

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Le franc suisse a mis 200 ans à devenir invincible, le shekel pourrait y arriver en 20 ans

Le franc suisse a mis 200 ans à devenir invincible, le shekel pourrait y arriver en 20 ans

Le shekel marche sur les traces du franc suisse : et si la monnaie forte devenait la nouvelle arme secrète d'Israël ? Deux pays que tout oppose, une même trajectoire fulgurante.

Alors que la Suisse a mis deux siècles à transformer son franc en valeur refuge mondiale, Israël pourrait bien réussir la même percée en quelques années à peine, portée par la tech, l'IA et une économie qui attire l'argent du monde entier.

Un économiste zurichois l'affirme sans détour : ce que traverse le shekel n'est pas un problème, c'est la preuve éclatante d'une réussite.

Le shekel fort : la Suisse a un siècle d'avance sur Israël, et voici ce qu'elle a compris

Difficile d'imaginer deux pays plus différents que la Suisse et Israël.
Même s'ils comptent aujourd'hui une population comparable et partagent un système éducatif d'excellence tourné vers la recherche, tout les sépare.
La dernière guerre suisse remonte à près de deux siècles. La Confédération repose sur un pouvoir décentralisé, une neutralité internationale affichée depuis le XIXe siècle, un ordre institutionnel presque obsessionnel, une topographie montagneuse et des exportations restées fidèles aux montres et au chocolat.

Et pourtant, selon Costa Vayanos, Israël s'apprête à vivre exactement ce que la Suisse a déjà traversé.

Un franc qui n'a jamais cessé de grimper

Vayanos, 62 ans, dirige les investissements chez Genesis, un family office zurichois qui gère l'argent d'investisseurs suisses et d'une partie des nouveaux riches de la tech israélienne. Ancien cadre de la banque UBS et enseignant à l'université de Zurich, il a publié l'an dernier un ouvrage retraçant l'histoire du franc suisse entre 1798 et 2055, fruit de recherches dans les archives de Paris et de Hambourg et d'une reconstitution statistique des taux de change des monnaies cantonales antérieures à l'unification monétaire suisse.

Sa conclusion : le franc suisse est sans doute la monnaie la plus performante au monde depuis la fin du XVIIIe siècle. Non pas la plus stable, précise-t-il, mais celle qui a le mieux préservé son pouvoir d'achat sur la durée, mieux même que l'or sur la majeure partie de la période étudiée.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 1801, un dollar valait 5,17 francs, un taux resté quasiment inchangé pendant plus d'un siècle. La Grande Dépression a fait grimper le franc de 40 %, à 3,08 pour un dollar. La fin des accords de Bretton Woods, en 1971, a déclenché une nouvelle vague d'appréciation. Aujourd'hui, un dollar ne vaut plus que 0,8 franc, soit un effondrement de 76 % du billet vert depuis 1798.

Cette trajectoire n'est pas un hasard. Elle raconte, selon Vayanos, l'histoire d'un pays qui a appris très tôt à vivre avec une monnaie forte, et à en tirer profit plutôt qu'à la subir.

Le secret d'une monnaie increvable

Vayanos fait remonter les origines de la puissance helvétique jusqu'au XVIe siècle. À l'époque, la Suisse louait ses jeunes hommes comme mercenaires aux puissances voisines, un commerce qui a fait entrer des quantités massives d'or étranger et posé les bases d'une richesse durable.

Des facteurs plus prosaïques ont aussi joué un rôle. Le franc a longtemps été une pièce métallique, et non un billet de papier, à une époque où la France, l'Autriche ou l'Allemagne imprimaient de la monnaie fiduciaire pour financer leurs guerres, avec les hyperinflations que l'on sait. La Suisse, épargnée par les conflits, n'a jamais eu ce besoin.

L'autre pilier, selon Vayanos, tient à la gouvernance. La Suisse n'a jamais eu de roi ni de véritable chef d'État unique : le pouvoir est réparti au sein d'un conseil fédéral collégial. Résultat, une banque centrale technocratique, protégée de toute pression politique, qui peut se concentrer exclusivement sur sa mission de lutte contre l'inflation.

Quand la situation l'exige, cette même institution sait pourtant frapper fort. Pendant la Première Guerre mondiale, la dette publique suisse est passée de 5 % à 40 % du PIB pour financer la défense des frontières. Dans les années 1970, face à un afflux massif de capitaux, la banque centrale a imposé des taux d'intérêt négatifs allant jusqu'à 40 % par an pour dissuader les investisseurs étrangers. Un plan tenu secret prévoyait même, si cela ne suffisait pas, de scinder le franc en deux taux de change distincts, l'un pour le commerce, l'autre pour les marchés financiers. Le plan n'a jamais été activé, mais il montre jusqu'où l'institution était prête à aller.

Une nouvelle bataille contre l'appréciation

Aujourd'hui encore, la Suisse doit défendre son franc contre une envolée jugée excessive. Sur fond de chute du dollar, de perte de confiance dans les marchés financiers et d'endettement croissant des grandes puissances, le franc s'est apprécié de 10 % en un an face à un panier de devises internationales. La banque centrale a ramené ses taux à 0 %, une première parmi les banques centrales occidentales dans ce cycle.

Berne dispose de réserves de change colossales, de l'ordre de mille milliards de dollars, mais s'abstient pour l'instant d'intervenir directement sur les marchés. La raison est diplomatique : Washington, qui vient tout juste de signer un accord de libre-échange avec la Suisse après de longues négociations, a prévenu qu'elle considérerait toute intervention comme une manipulation monétaire destinée à favoriser artificiellement les exportateurs suisses.

Ce qu'Israël devrait en tirer

Pour Vayanos, ces mécanismes deviennent aujourd'hui pertinents pour Israël, confronté à une appréciation continue du shekel face au dollar et aux autres devises. Il y a deux mois, le dollar était tombé sous la barre des trois shekels, ravivant le débat sur les taux d'intérêt, la politique gouvernementale et l'avenir du secteur privé. Même si le billet vert s'est depuis un peu redressé, la tendance de fond, selon lui, va se poursuivre.

« Ce qui arrive au shekel est d'abord un signe de réussite, insiste-t-il. Cela signifie que l'argent afflue dans le pays. Grâce à la tech et à la croissance des services, Israël s'impose comme une économie exportatrice. Il faut comprendre qu'il s'agit d'un changement structurel. Nous sommes entrés dans un monde numérique et dominé par l'intelligence artificielle, et comme après l'invention de l'électricité, personne ne reviendra travailler à la bougie. »

Interrogé sur les différences fondamentales entre les deux économies, il balaie l'objection : « Peu importe ce qui alimente la dynamique. Tant que les gens veulent convertir leur argent dans la monnaie locale pour l'acheter, ils poussent sa valeur vers le haut, quel que soit ce que le pays exporte. Le vrai sujet, c'est le changement mental à opérer. »

Selon lui, Israël doit désormais se poser les bonnes questions : que produire efficacement sur place, que sous-traiter, avec qui collaborer, que faire différemment. Une monnaie forte s'accompagne mécaniquement de taux d'intérêt bas, rappelle-t-il : le rendement des obligations d'État suisses à 30 ans plafonne à 0,6 %, ce qui permet à la Confédération d'emprunter presque gratuitement. Des taux bas allègent le service de la dette, réduisent le besoin de fiscalité lourde et profitent in fine aux entreprises.

Changer aussi le modèle économique

Vayanos plaide pour la création d'une véritable table ronde israélienne réunissant entrepreneurs, banque centrale et gouvernement, afin de bâtir une stratégie de long terme plutôt que de se contenter d'exiger des interventions ponctuelles de la banque centrale, sans effet durable. « Si Israël n'est plus une économie de main-d'œuvre bon marché, il faut aussi adapter son modèle économique en conséquence. En Suisse, plus personne n'espère un franc faible. »

Face à l'argument d'une guerre multi-fronts qui limiterait la marge de manœuvre du pays, Vayanos reconnaît la contrainte, tout en insistant sur la nécessité d'une action à deux vitesses : des mesures de stabilisation à court terme, mais aussi une vision de long terme montrant au secteur privé comment tirer parti de la situation pour générer de la croissance. Selon lui, faire baisser artificiellement le shekel satisfait certains exportateurs mais pénalise les importateurs, transformant rapidement le débat monétaire en querelle politique stérile, vouée à l'échec.

Son dernier argument s'appuie sur les chiffres du commerce extérieur : tant que l'argent continue d'entrer dans le pays, l'économie avance dans la bonne direction. La Suisse affichait déjà un excédent de sa balance courante au XVIIIe siècle, socle de sa richesse actuelle. Israël, aujourd'hui, enregistre un excédent courant considérable. L'argent afflue, et c'est précisément cette pression qui pèse sur le shekel.

Article initialement publié dans Globes.

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Herzliya largue les amarres : The Yacht, l'hôtel de luxe qui transforme la marina en paradis maritime

Herzliya largue les amarres : The Yacht, l'hôtel de luxe qui transforme la marina en paradis maritime

Un milliard de shekels, une île artificielle et l'ambition assumée de faire chavirer Herzliya dans le grand bain du tourisme de luxe : voici The Yacht, l'hôtel-navire signé Ilan Pivko qui transforme la marina en port d'attache pour une clientèle en quête de sensations maritimes. Entre façade blanche façon coque de yacht, œuvres monumentales d'artistes israéliens et suite « Capitaine » à couper le souffle, l'établissement ne cache pas son ambition : réveiller le glamour perdu d'une ville qui fut, avant Tel-Aviv, la capitale hôtelière du pays.

Une architecture inspirée d'un navire

Face à une parcelle triangulaire, Pivko a imaginé un bâtiment en forme de proue, prolongé par des toitures-terrasses évoquant un pont de navire et des habillages techniques en guise de cheminées. De l'intérieur comme des chambres, l'eau est visible de tous côtés. « Le dialogue entre le bâtiment et le navire nous transporte vers la mer », résume l'architecte.

Des matières qui évoquent la croisière sans la mimer

La palette joue le blanc, le sable, le bleu, la pierre, le bois et le métal. La façade blanche est en Corian espagnol. Le lobby associe fauteuils bleus, pierre brésilienne et plafonds en bronze. Le bar dessine une coque, le sol en travertin beige rejoint les tapis artisanaux importés, et une salle de réception au tapis « sable » et aux rideaux dégradés turquoise donne l'impression de plonger dans l'eau. Cette gamme se prolonge dans les chambres, le spa et les restaurants.

Cinq artistes israéliens pour des pièces monumentales

Gal Gaon a conçu un bar de 18 mètres et une table de 3 mètres de diamètre dans le lobby. Gur Inbar signe une fresque de 32 mètres dans le restaurant. Miriam Cabessa expose au lobby, Tzach Cohen a créé une installation lumineuse, et Pivko lui-même a dessiné le comptoir en pierre Absoluto. « Nous avons visé le mobilier sur mesure vendu à New York pour des villas de luxe. Ce n'est pas simple à faire accepter, mais le promoteur Yitzhaki Group, porté par Michal Rubin, nous a suivis », explique l'architecte.

Une figure reconnue sur son propre chantier

Sur le chantier, chef, voisins et fournisseurs interpellent Pivko à chaque pas signe de la notoriété d'un architecte dont la signature fait grimper la valeur d'un bâtiment.

Retrouver l'âge d'or touristique de Herzliya

Pivko rappelle que la ville portait autrefois la culture hôtelière israélienne, avec le Sharon, le Daniel ou l'Accadia, avant que Tel-Aviv ne prenne le relais. Selon lui, l'hôtel doit redonner ce buzz : rooftop confié à un chef réputé, bar pensé pour attirer aussi une clientèle extérieure. « C'est un lieu doté d'un vrai sex-appeal, dont chacun veut faire partie », dit-il, présentant ce « sex-appeal » comme la signature de tous ses projets et l'argument qui pousse les clients à payer plus cher.

Trois ans de travaux, guerre comprise

Conçu pendant le Covid et construit en trois ans malgré les interruptions liées à la guerre, l'hôtel appartient à la collection Fattal Limited Edition, en partenariat avec le groupe Yitzhaki, aux côtés du Jaffa Hotel, du Canaan à Safed et du Botanica à Haïfa. Budget total : environ un milliard de shekels.

325 chambres et une suite « Capitaine »

L'établissement compte 325 chambres dont 85 suites, majoritairement tournées vers la mer, plus une suite présidentielle de 92 m². On y trouve le restaurant MARÉE, le SKIPPER'S BAR, le restaurant Club Marine du chef Avi Bitton, deux rooftops avec piscines et vue sur mer, un spa de sept cabines, un jacuzzi extérieur, une salle de sport, un club enfants et une piscine de 50 mètres avec bar central.

Construire sur une île artificielle : le défi technique

L'absence de sol naturel a imposé un parking souterrain avec étanchéité complexe. Face aux vents marins violents sur les façades ouest, l'équipe a adapté profilés, vitrages et matériaux résistants à la corrosion. « La technologie actuelle permet de choisir des matériaux et même une végétation qui résistent aux embruns et au vent », précise Pivko.

Le mot de la fin

Interrogé sur sa plus grande fierté, l'architecte cite le comptoir et la table ronde signés Gal Gaon. Compte-t-il y séjourner ? « Oui, mais le problème, c'est que je trouve toujours quelque chose à redire. »

Une nuit avec petit-déjeuner pour deux, en semaine en juillet, démarre à 2 125 shekels.

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Sionisme 2.0 : le kibboutz high-tech qui veut changer la carte d'Israël

Sionisme 2.0 : le kibboutz high-tech qui veut changer la carte d'Israël

Kibboutz High-Tech : l'idée qui veut vider Tel-Aviv pour repeupler le Neguev

Depuis des décennies, Israël tente en vain de disperser son industrie technologique hors du Goush Dan. Avantages fiscaux, incubateurs, zones industrielles : rien n'y a fait.
Même le télétravail n'a pas changé la carte du high-tech israélien.
Près de trois ans après le 7 octobre, alors que l'enveloppe de Gaza et le nord du pays peinent à se relever, un projet veut inverser complètement la logique.

L'idée : déplacer les gens, pas les entreprises

Dov Moran, inventeur de la clé USB et figure majeure du high-tech israélien, ne cherche pas à attirer des sociétés vers la périphérie. Il veut y installer directement les salariés, qui continueront à travailler à distance pour leurs employeurs du centre.

« J'ai vu des salariés officiellement domiciliés dans le sud alors qu'ils vivaient à Tel-Aviv, et qui redescendaient juste avant le passage d'un contrôleur », raconte-t-il à mako. « Ce n'est pas ça, développer la périphérie. Les gens ne déménagent pas pour un emploi ou une réduction d'impôt. Ils déménagent pour d'autres gens. »

Un déménagement collectif, pas individuel

Le projet, baptisé « Kibboutz High-Tech », n'est pas un kibboutz classique mais une communauté de professionnels de la tech et de leurs familles, qui s'installent ensemble tout en gardant leur emploi actuel. Il démarre à Ein HaShlosha, dans l'enveloppe de Gaza, avant de s'étendre à Maayan Baruch, en Haute-Galilée. Plusieurs centaines de familles seraient déjà inscrites.

« Les gens du high-tech aiment être ensemble, ça fait partie du métier », explique Moran. « Si on les fait venir un par un, personne ne vient. Il faut créer un mouvement de groupe. »

Tom Lavi, directeur général du projet, précise que rien n'est figé dès le départ : « On entre dans un processus d'intégration d'un an ou deux, pour vérifier que l'endroit nous convient. Ensuite seulement vient l'adhésion définitive. »

Le travail hybride rend tout ça possible

Le projet s'appuie sur des entreprises qui autorisent déjà le télétravail, pour que personne n'ait à démissionner. Il est porté par l'Agence juive, l'administration Tkuma, des collectivités locales, et des partenaires privés comme Grove Ventures (le fonds de Moran), Cisco ou Nvidia.

Le risque de l'enclave

Faire débarquer en masse des salariés du high-tech dans une localité existante, n'est-ce pas créer une bulle coupée des habitants ? Moran l'assume : le groupe doit venir soudé, mais rester ouvert. C'est pourquoi chaque nouvel arrivant s'engage à donner deux heures par semaine à l'école régionale, en physique, maths, informatique ou IA, et une conférence par an ouverte aux habitants.

« L'objectif, c'est de mélanger ces gens avec ceux qui les entourent », insiste-t-il. « Je ne veux pas d'une périphérie qui reste périphérie et d'un high-tech qui reste high-tech. »

Jusqu'à 50 000 shekels d'économies par an

L'argument financier pèse lourd. Grâce aux avantages fiscaux du Neguev et de la Galilée, un salarié touchant 30 000 shekels par mois pourrait économiser 20 000 à 25 000 shekels par an. Pour un couple où les deux conjoints travaillent, l'économie grimpe à 40 000, voire 50 000 shekels, sans compter un logement moins cher.

« La différence est très significative, on la ressent vraiment », confirme Lavi.

Le sionisme, moteur inattendu

Au-delà de l'argent, une motivation revient sans cesse chez les candidats : le sionisme. « Nous avons interrogé 150 à 200 familles. Beaucoup parlent de mission, de responsabilité », raconte Lavi, qui revient lui-même de plus de 400 jours de réserve. Depuis le 7 octobre, nombreux sont ceux qui veulent participer à la reconstruction du Neguev et de la Galilée.

Un retour aux sources

Beaucoup de candidats ne sont pas des citadins purs, mais des gens qui ont grandi dans un kibboutz ou un mochav avant de partir faire carrière à Tel-Aviv. Aujourd'hui, ils veulent revenir, sans sacrifier leur métier. « Ils craignent moins la situation sécuritaire que l'absence de communauté », résument Moran et Lavi. « Ils veulent savoir que d'autres viendront avec eux. »

Objectif : des dizaines de milliers de personnes

Moran voit grand : « À terme, il faut atteindre des milliers de professionnels du high-tech, et j'espère bien au-delà. La meilleure image de ce pays, c'est un État juif, libéral, porté par le high-tech. Il ne doit pas rester concentré dans un seul coin du territoire. »

Le projet mobilise aussi Asher Levy, Hana Radu, Yaron Neudorfer, la Dre Rinat Greenberg et Shu Eliavzon. Tous insistent : aucun intérêt financier personnel là-dedans.
« Nous n'avons pas investi un centime et nous n'en attendons pas un seul », affirme Moran. « Je travaille bénévolement depuis presque deux ans. C'est ça, le sionisme : nous aimons ce pays et nous voulons qu'il réussisse. »

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Combien faut-il vraiment épargner pour vieillir dignement en Israël ?

Combien faut-il vraiment épargner pour vieillir dignement en Israël ?

 

Combien faut-il vraiment épargner pour vieillir dignement en Israël ?

« Je travaille parce que je suis contraint de travailler. Si j'avais le choix, je profiterais de ces années. » Yaïr Kaplan, 70 ans, veuf et conseiller fiscal à Herzliya, résume le sort de centaines de milliers de retraités israéliens obligés de continuer à travailler faute de revenus suffisants.

Une réforme arrivée trop tard

Le décret sur la retraite obligatoire n'est entré en vigueur qu'en janvier 2008, concernant alors un million de salariés jusque-là privés de toute pension. Les personnes aujourd'hui âgées de 67 ans et plus ont donc accumulé des décennies de travail sans cotisation retraite. Le système reposant sur l'épargne cumulée, ceux qui ont connu de faibles revenus, du chômage, ou n'ont pas cotisé avant 2008 arrivent à la retraite avec une épargne maigre, voire inexistante.

S'y ajoute l'allocation vieillesse de l'Assurance nationale, versée dès l'âge légal selon les revenus, ou sans condition dès 70 ans. En 2026, son montant minimal est de 1 838 shekels à partir de 70 ans, et grimpe à 1 941 shekels à partir de 80 ans.

« Je ne veux pas que mes enfants soient obligé de m'aider »

Rona Hadida, 74 ans, vit à Hadera avec son mari de 76 ans, invalide à 100 %.
Bibliothécaire à l'institut Ruppin jusqu'à ses 67 ans, elle perçoit aujourd'hui environ 5 000 shekels de pension, 4 000 shekels de l'Assurance nationale, et son mari 3 500 shekels. Un total qui reste insuffisant : « Rien que les médicaments et les dépenses courantes se chiffrent en milliers de shekels. »
Elle a donc repris un mi-temps en bibliothèque pour 3 500 shekels supplémentaires. « Nous n'avons aucune épargne. J'ai peur du jour où je ne pourrai plus travailler. Je ne veux pas que mes enfants doivent m'aider, c'est censé être l'inverse. »
Le couple, refusé par les banques pour un crédit immobilier à cause du handicap du mari, n'a jamais pu acheter son logement et verse encore 5 000 shekels de loyer chaque mois.

Combien faut-il vraiment épargner ?

« Il n'existe pas de chiffre unique », explique Avi Gassner, spécialiste en planification de la retraite. La règle empirique du secteur financier fixe le besoin à 60-70 % du dernier salaire pour maintenir son niveau de vie. « Certaines dépenses diminuent à la retraite, d'autres augmentent avec l'âge, comme la santé. L'Assurance nationale seule ne suffit pas à garantir une vie correcte. » Il recommande de mettre de côté 20 % du salaire net dès le début de la carrière, sans y toucher, en plus des cotisations obligatoires, ainsi qu'une assurance santé privée couvrant les médicaments. « Il faut profiter de la vieillesse au lieu de se réveiller chaque matin rongé par les soucis financiers. »

« Je ramasse des bouteilles pour elle »

Goldie Roth Saban, 69 ans, divorcée et locataire à Ramat Gan, n'a jamais eu d'emploi stable. Elle perçoit 2 500 shekels de l'Assurance nationale et loue un appartement à Beer-Sheva 2 500 shekels par mois, mais dépense la même somme pour se loger près de ses enfants. Un poste de responsable de bureau lui rapporte 5 000 shekels supplémentaires. « Je m'en sors avec 10 000 shekels mensuels, mais l'avenir m'inquiète. Il m'arrive de fondre en larmes en apercevant une femme âgée qui ramasse des bouteilles pour quelques shekels. Je le fais pour elle, et je me demande si je finirai comme ça. »

Une réforme réclamée

Pour Yekutiel Machshi, de l'association 121, l'État doit instaurer une allocation vieillesse différenciée, relevée pour ceux dont la pension est inférieure à 5 700 shekels, et l'indexer sur le salaire moyen. « Près de la moitié des retraités israéliens n'ont aucune pension ou une pension extrêmement faible. L'objectif est de transformer la décision de continuer à travailler en un vrai choix, et non plus en une contrainte. »

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