Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Mondial 2026 : L'Iran conspuée, la Belgique fébrile, l'Uruguay rattrapé

Mondial 2026 : L'Iran conspuée, la Belgique fébrile, l'Uruguay rattrapé

Mondial 2026 : la nuit des occasions manquées — l'Iran conspuée, la Belgique fébrile, l'Uruguay rattrapé

Personne n'avait anticipé ce scénario. Après le nul stupéfiant de l'Espagne face au Cap-Vert (0-0) mardi soir déjà considéré comme la plus grande surprise du Mondial 2026 la nuit qui a suivi n'a fait qu'enfoncer le clou : quatre matchs, quatre nuls consécutifs, et autant de favoris sur le papier qui rentrent dans leur vestiaire avec un point au lieu de trois. La Belgique, l'Uruguay, l'Iran chacune à sa manière a laissé filer l'essentiel.

Groupe 7 : Iran – Nouvelle-Zélande 2-2 | Des drapeaux, des sifflets et un point arraché

Le voyage de l'Iran au Mondial avait commencé bien avant le coup d'envoi. Depuis des semaines, la question planait : la sélection de la République islamique, engluée dans un conflit armé avec Israël et les États-Unis, allait-elle seulement fouler la pelouse ?
La FIFA, par la voix de son président Gianni Infantino fidèle à sa doctrine du « football hors politique »  avait tranché : l'Iran jouerait aux États-Unis malgré les tensions.
Le 2-2 dramatique face à la Nouvelle-Zélande, à Monterrey, a clos le suspense sportif. Mais les tribunes ont dit autre chose.

Avant même le coup d'envoi, des supporters ont brandi dans les gradins le drapeau de l'ancien Shah  pourtant formellement interdit par la FIFA symbole ostentatoire des opposants au régime. Puis, au moment de l'hymne iranien, des milliers de voix se sont élevées non pas pour chanter, mais pour siffler. Un concert de huées, sourd et cinglant, comme un désaveu collectif adressé à la République islamique depuis les tribunes d'un stade américain.

L'accueil glacial : L'hymne iranien sifflé à Monterrey

Ce qui s'est passé dans les tribunes avant le coup d'envoi du match Iran Nouvelle-Zélande mérite qu'on s'y arrête. Des milliers de supporters iraniens en exil ont délibérément sifflé l'hymne de la République islamique, brandissant le drapeau de l'ère du Shahinterdit par la FIFA  en signe de protestation et de solidarité avec les opposants au régime à l'intérieur du pays. Certains médias avaient rapporté ces derniers mois des tentatives peu crédibles d'évincer l'Iran au profit de l'Italie, à l'initiative d'influents proches de Donald Trump. Infantino avait tenu bon. Les sifflets de Monterrey lui ont clairement signifié ce que les exilés iraniens pensent de cette décision.

Sur le terrain, la Nouvelle-Zélande a ouvert le score par deux fois grâce à Elijah Just (7e, 54e). À chaque fois, l'Iran a répondu : d'abord par Ramin Rezaeian (32e), puis par Mohammad Mohabi (64e), lequel a conclu d'une tête une action initiée par ce même Rezaeian. Un point pris sur le fil, mais deux points perdus dans la course à la qualification.

Groupe 7 : Belgique – Égypte 1-1 | Lukaku sauve les meubles, les Pharaons réclament un penalty

Une heure à peine après le fiasco espagnol, la Belgique est devenue la quatrième sélection européenne sur dix à ne pas s'imposer face à un adversaire théoriquement inférieur lors du premier tour. Le résultat 1-1 contre l'Égypte a le goût amer d'un rendez-vous raté.

L'Égypte a ouvert le score par l'intermédiaire du milieu d'Al-Ahly, Imam Ashour (19e), sur une passe décisive de Mohamed Salah qui fêtait ce soir-là ses 34 ans avec une élégance toute particulière.

La Belgique, en difficulté pendant une heure, a dû attendre l'entrée en jeu de Romelu Lukaku à la 66e minute pour voir le vent tourner. Moins d'une minute après sa montée au jeu, le géant interiste a provoqué un but contre son camp de Mohamed Hany en pressant le cœur de la défense des Pharaons. Score final : 1-1. Statistique qui dit tout sur l'équilibre du match : les deux équipes ont terminé avec exactement trois tirs cadrés et deux occasions franches chacune.

Les Égyptiens auraient pu, et peut-être dû, s'imposer : à la 92e minute, l'arbitre argentin Román Abatti a refusé un penalty qui a fait bondir le banc égyptien. « On sait que la Belgique est une bonne équipe, mais on ne sait pas encore si c'était notre match le plus difficile ou le plus facile dans ce groupe », a lancé l'attaquant Hamza Abd El Karim à l'issue de la rencontre. La pique était juste. Pour les Belges, c'est désormais trois matchs consécutifs sans victoire en phase de groupes de Coupe du monde les deux précédents leur avaient déjà coûté leur qualification au Qatar.

Groupe 8 : Arabie Saoudite – Uruguay 1-1 | L'exploit de 2022 ne se renouvelle pas

Tout le monde se souvient : en 2022, l'Arabie Saoudite avait signé l'une des plus grandes surprises de l'histoire de la Coupe du monde en battant l'Argentine 2-1, future championne du monde. C'est avec ce souvenir en bandoulière et le même gardien, Mohammed Al-Owais, entre les perches que l'équipe entraînée par Yorgos Donis, ex-entraîneur du Maccabi Tel-Aviv, a entamé son Mondial 2026. Résultat : 1-1 contre l'Uruguay, et une impression de déjà-vu pour les deux camps.

Les Saoudiens ont pris l'avantage à la 41e minute grâce à un but d'Abdulllah Al-Amri, qui a su exploiter une erreur défensive adverse. En première mi-temps, l'Uruguay dirigé par Marcelo Bielsa semblait en plein désarroi. Mais à la pause, visiblement, la douche froide a été administrée dans le vestiaire. Les Uruguayens sont revenus avec une toute autre intensité, bombardant le but saoudien : 22 tirs en seconde période, dont dix cadrés. Un record : la dernière équipe à avoir tenté autant de tirs en une mi-temps lors d'un Mondial, c'était l'Allemagne de l'Est en 1974, avec 24 tentatives en première période contre le Chili. Al-Owais a tenu. Jusqu'à la 80e minute, où Maximiliano Araújo a finalement trouvé la faille.

Le chiffre de la nuit : 60

Malgré la déception du nul, Mohamed Salah peut savourer son 34e anniversaire avec une distinction rare : il est le premier joueur africain depuis 1966 à être impliqué sur un but en Coupe du monde le jour de sa date d'anniversaire.

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300 milliards pour reconstruire l'Iran : la facture que Trump veut faire payer à l'Occident

300 milliards pour reconstruire l'Iran : la facture que Trump veut faire payer à l'Occident

ACCORD AVEC L'IRAN : CE QUE WASHINGTON CACHE À ISRAËL

L'Iran sort de la guerre vainqueur diplomatique, et c'est Trump qui paiera la facture

Pendant que Téhéran continue de qualifier sa défaite militaire de « grande victoire », un document mis en avant par l'agence de presse officielle iranienne Mehr révèle les véritables termes d'un mémorandum d'entente en cours de finalisation avec Washington. Et la lecture de ce texte, point par point, donne le vertige.

Un cessez-le-feu, oui. Mais à quel prix ?

Le texte évoqué par Mehr prévoit la cessation immédiate et permanente des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban un point que le conflit déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février, suivi d'une trêve entrée en vigueur le 8 avril, a profondément ébranlé la région et l'économie mondiale. Jusqu'ici, rien d'anormal pour un texte de fin de guerre.

Mais la suite est nettement plus problématique pour Israël. Washington s'engagerait à ne pas intervenir dans les affaires intérieures de la République islamique, à retirer ses forces des zones entourant l'Iran, et à garantir la réouverture du détroit d'Ormuz dans les trente jours une réouverture placée sous autorité iranienne selon plusieurs médias occidentaux qui confirment partiellement la version de Mehr.

Le point qui fait scandale : 300 milliards de dollars pour reconstruire l'Iran

C'est le point le plus explosif du document, et il n'est pas une invention iranienne : plusieurs sources occidentales le confirment. Le projet d'accord prévoirait un plan de reconstruction de plus de 300 milliards de dollars financé par les États-Unis et leurs alliés, en réponse aux dommages considérables subis par les infrastructures iraniennes, qui nécessiteraient selon l'accord des plans de reconstruction que les États-Unis et leurs alliés devront soumettre.

Autrement dit : ce sont les contribuables américains et européens pas les Iraniens, et certainement pas le régime des mollahs qui paieraient la note de la reconstruction du pays qui a tiré des missiles sur Israël pendant des semaines. Pendant ce temps, qui reconstruit les habitations israéliennes détruites par les tirs de missiles iraniens ? Qui indemnise les familles israéliennes endeuillées ? Aucun mécanisme de ce type n'apparaît dans le texte.

Trump lui-même, lors d'une précédente annonce de cessez-le-feu, avait pourtant tenu des propos qui semblent préfigurer cette logique : "Il y aura beaucoup d'action positive ! De l'argent sera gagné. L'Iran peut commencer le processus de reconstruction", avait-il déclaré, ajoutant que cela pourrait être "l'âge d'or du Moyen-Orient". Un âge d'or pour qui, exactement ? 

Les sanctions levées, l'argent iranien débloqué sans contrepartie immédiate

Le mémorandum prévoirait également la suspension des sanctions sur le pétrole et les produits pétrochimiques iraniens, ainsi que la libération de 24 milliards de dollars de fonds gelés la moitié versée avant même le début des négociations finales. Cette information est confirmée par le vice-président américain JD Vance lui-même, qui a tenu à nuancer : "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion"précision qui suggère que cette clause existe bel et bien, et qu'elle inquiète jusqu'à Washington.

Le nucléaire : des promesses, mais pas d'engagement contraignant immédiat

Sur le point le plus sensible pour Israël le programme nucléaire iranien le texte est volontairement flou. L'Iran s'engagerait à ne jamais chercher à acquérir l'arme nucléaire, mais les limites d'enrichissement et l'élimination des stocks seraient renvoyées à la période de négociation de 60 jours, dans une configuration qui rappelle douloureusement le JCPOA de 2015 que Trump avait lui-même dénoncé en 2018.

Le président américain a d'ailleurs reconnu lui-même les limites de son propre texte : l'accord qu'il défend ne traite la question du matériel nucléaire iranien que de manière "conceptuelle", le mémorandum se contentant de poser le cadre de négociations ultérieures sur ce sujet. Il inclura néanmoins un engagement de l'Iran à ne pas se doter de l'arme nucléaire un engagement que Téhéran répète depuis des décennies sans jamais convaincre personne.

Israël, simple spectateur d'un accord qui le concerne au premier chef

Le point le plus révélateur reste celui-ci : Netanyahu a lui-même indiqué qu'Israël n'était pas partie à cet accord émergent annoncé par Trump. Le cabinet du Premier ministre s'est contenté d'exprimer sa « gratitude » pour une promesse verbale de Trump, selon laquelle l'accord final inclura "l'élimination de l'uranium enrichi, le démantèlement des infrastructures d'enrichissement, des limites à la production de missiles, ainsi que la fin du soutien de l'Iran à ses supplétifs terroristes dans la région"

Une promesse. Pas une clause contractuelle. Pas une garantie inscrite dans le mémorandum lui-même, qui selon le document mis en avant par Mehr retire justement et explicitement la question des missiles et du soutien iranien aux groupes de la « résistance » de l'ordre du jour des négociations finales.

Une réaction israélienne déjà inquiète

Le malaise est tel que la presse israélienne elle-même s'interroge sur les conséquences de ce texte pour la sécurité du pays, un article d'opinion du Times of Israël posant directement la question de savoir si cet accord, qui mettrait fin à un cessez-le-feu coûteux pour Trump, ne poserait pas "un sérieux problème à Israël".

En clair

Téhéran sort du conflit avec : la levée des sanctions, le déblocage de milliards de dollars, un plan de reconstruction financé par l'Occident, le retrait des forces américaines de sa périphérie, et six mois de répit diplomatique sans contrainte nucléaire immédiate. Israël, de son côté, obtient... une promesse orale de Donald Trump.

Si le texte iranien diffusé par Mehr se confirme dans ses grandes lignes ce que plusieurs médias occidentaux corroborent déjà sur les points clés (300 milliards, levée des sanctions, retrait américain, réouverture d'Ormuz) alors la question posée par nos lecteurs n'est pas déplacée : qui, dans cette histoire, a réellement gagné la guerre ?

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Tribune de Ruhama Weiss : Dénoncer la mort de Sam. Un état génocidaire ne le ferait jamais.

Tribune de Ruhama Weiss : Dénoncer la mort de Sam. Un état génocidaire ne le ferait jamais.

Note de la rédactrice en chef d'Alliance, Claudine Douillet : Publier cette tribune ne signifie pas nous aligner sur la gauche israélienne. Au contraire. Dénoncer la mort atroce du petit Sam Abu Haikal, c'est précisément démontrer qu'Israël n'est pas un État génocidaire.
Un État génocidaire n'aurait laissé aucun Palestinien en vie face à l'une des armées les plus puissantes au monde  et surtout, il n'aurait ni la conscience ni la volonté de reconnaître ses erreurs.
Tsahal a ouvert une enquête. Des voix israéliennes, y compris au sein même de la presse israélienne ont crié leur honte.
C'est cela, la différence fondamentale : quand un soldat israélien commet l'irréparable, Israël se regarde en face et réclame des comptes.
Le Hamas, lui, se glorifie publiquement du massacre de familles juives, de l'égorgement de nourrissons, du viol de femmes et en fait des héros nationaux. Comparer les deux est une imposture morale.

Nous publions cette tribune parce que cette capacité à nommer nos propres fautes est précisément ce qui nous distingue de la barbarie qu'on prétend nous attribuer.

Tribune de la Prof. Ruhama Weiss 

Dans le Beit midrach des commentaires en ligne

La semaine dernière, je me demandais qui et quand avait créé le nom Elohima. Un email reçu vendredi m'a fourni la réponse, et elle était toute proche : c'est Naomi Gal, écrivaine et ancienne journaliste à Yedioth Aharonoth, qui l'a introduit dans le monde.
Elle m'a écrit : « J'ai inventé le mot Elohima dans les années 90. Il est apparu pour la première fois dans mon livre Lilith. Elohima et non Elohime, parce que la maternité est une composante essentielle de la divinité féminine. » Désormais, je veillerai à écrire Elohima.

L'album photos de Rabbi Elazar

Rares sont les personnages dont les récits talmudiques permettent de tisser une biographie cohérente. Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon Bar Yochaï, est de ceux-là.

Première image : le jeune Elazar, généreux et grand de cœur, est assis chez lui, peut-être dans la cour, près de sa mère et du four. La mère sort les pains et les apporte à Elazar, qui mange. Elle sort, il mange. Deux propriétaires d'ânes venus faire des affaires avec le père viennent troubler cette quiétude familiale et se moquent de l'enfant glouton j'imagine qu'ils lui en veulent. En réponse, Elazar fait monter leurs ânes sur le toit. Le père, charmant et protecteur comme la mère, couvre son fils.

Deuxième image : Shimon, le père d'Elazar, révèle sa nature fanatique. Il se querelle avec les Romains et doit se cacher. Pour une raison obscure, il emmène son fils avec lui une décision qui ruinera la vie de l'enfant. La mère continue à leur apporter de la nourriture, mais le père, dans un nouvel accès de fanatisme, cette fois dirigé contre les femmes, explique à son fils que « les femmes ont l'esprit léger » et que si on la torture, elle les trahira.
Qu'advient-il dans l'âme d'un enfant exposé à cette « vérité » sur sa mère nourricière ? Ils se réfugient dans une grotte. Cette intimité forcée avec le père dure treize ans, et Elazar en ressort plus fanatique encore que lui.

Vient toujours le moment de la rébellion

Troisième image : Elazar adulte, fanatique et vindicatif, se retourne contre son père et devient, en apparence, son antithèse un collaborateur des Romains. Talmud de Babylone, traité Bava Metzia, folio 83b, traduit de l'araméen :

Rabbi Elazar ben Rabbi Shimon croisa un contrôleur romain chargé d'appréhender les voleurs. Il lui dit : « Comment fais-tu pour les attraper ? Ils sont comparables aux bêtes sauvages... Tu risques d'arrêter des innocents et de relâcher des coupables. »
Le contrôleur répondit : « Que veux-tu que je fasse, c'est le service du roi. »

Rabbi Elazar lui dit : « Viens, je vais t'apprendre comment procéder : entre dans une taverne à la quatrième heure. Si tu vois un homme qui boit du vin, tenant sa coupe en main et s'assoupissant, renseigne-toi sur lui. S'il est érudit, c'est qu'il a étudié la Torah toute la nuit. S'il est ouvrier, c'est qu'il a débuté son travail tôt. S'il travaille de nuit, c'est qu'il polit des métaux. Sinon, c'est un voleur arrête-le. »

La chose parvint aux oreilles de la cour : « Que celui qui a donné le conseil soit celui qui l'exécute. » On amena Rabbi Elazar et il devint chasseur de voleurs.
Un jour, un artisan l'interpella et lui cria : « Vinaigre, fils de vin ! » Rabbi Elazar dit :
« Son insolence témoigne qu'il est un malfaiteur » et ordonna son arrestation. On le saisit. Quand Rabbi Elazar reprit ses esprits, il voulut le libérer en vain. L'artisan fut pendu. Rabbi Elazar se tint sous le gibet et pleura.

Le Talmud se moque de tout le monde

Les personnages de ce récit  Rabbi Elazar, le contrôleur romain, les autorités et l'artisan deviennent des figures de caricature talmudique.
Le contrôleur est un homme épuisé qui veut juste rentrer chez lui en paix.
On lui a dit d'attraper des voleurs, alors il attrape ; la justice et le professionnalisme ne l'intéressent pas. Rabbi Elazar est au cœur de la parodie, précisément parce qu'il veut la justice et croit avoir percé le système.
Je l'imagine assis des jours et des nuits, interprétant des versets, construisant à partir d'eux une doctrine de combat ordonnée. Mais cette doctrine repose sur la spéculation et l'exégèse, sans aucune expérience, intelligence pratique ou intuition. Elle commence et se termine par l'observation de clients attablés dans le bar du coin, à la fin de la matinée. Un policier paresseux et sans motivation vaut mieux pour la société qu'un policier zélé comme Rabbi Elazar.

« Que celui qui lit la lettre soit celui qui la porte »

Karyaina de-igarta ihu lehevei parvanqa ,ce proverbe araméen mérite d'être connu et cité. Dans notre contexte : que vienne Rabbi Elazar, qui a eu des idées géniales, les mettre en œuvre. Les autorités romaines assoupies nomment le fils du rebelle collaborateur, chasseur de voleurs juifs.

Mais le pouvoir corrompt. Toujours, le pouvoir corrompt. Un artisan dans les légendes talmudiques, les artisans, les hommes du peuple,  jouent le rôle de messagers de l'opinion publique dit à Rabbi Elazar ce que la communauté juive pense de sa nouvelle fonction : « Vinaigre, fils de vin. » Son père le rebelle était le vin ; lui s'est aigri et a tout gâché.

Rabbi Elazar, qui avait élaboré une doctrine de combat impeccable, « perd les pédales » et fait exécuter l'artisan. L'inertie du pouvoir fait alors le reste : l'artisan est exécuté, et Rabbi Elazar se tient sous le gibet en larmes.

Le retour du père

À titre personnel, c'est l'histoire tragique d'un enfant qui était la prunelle des yeux de sa mère et la fierté de son père. La politique, brutalement introduite dans le foyer, a détruit l'enfant. Le père fanatique l'a isolé du monde et de sa mère.
La rage contre le père a poussé le fils devenu adulte à une collaboration vengeresse avec les ennemis de ce même père.
La vengeance est revenue comme un boomerang sur celui qui se vengeait, incapable de reconstruire sa vie. Au cœur de l'effort pour s'éloigner de son père, au moment où il croyait y être parvenu, le Shimon fanatique a resurgi et tout s'est effondré.

C'est l'histoire du peuple juif

Le Shabbat dernier, il n'y avait plus d'air. Une vidéo de Sam Abu Haikal,* un bébé adorable qui apprend à marcher  sans savoir qu'il n'aura jamais besoin de ce savoir-faire a brisé en mille morceaux un cœur déjà brisé. « Habibi », lui dit sa mère dans la vidéo, et dans ce seul mot s'était concentré tout son amour. « Habibi », elle lui dit, sans savoir que dans quelques instants une balle allait frapper ce petit corps, et qu'elle n'aurait plus de habibi.

Si cet enfant avait été juif et le tireur palestinien, les journaux auraient parlé d'un attentat meurtrier, de bêtes humaines qui tuent des nourrissons. Mais ce sont nos soldats, et le malheur du bébé est d'être palestinien. Alors les titres ont évoqué une mort et ont ajouté
« accidentelle ».

Il s'agit d'un groupe de soldats dont l'un a tiré sur le véhicule et dont aucun, selon les soupçons, n'a appelé les secours. Aujourd'hui, le corps de Sam repose, et nous, à ses côtés, pleurons de culpabilité et de douleur.

La parodie de Rabbi Elazar, c'est la nôtre

De beaux idéaux peuvent aussi engendrer une vie quotidienne violente. Ce qui est arrivé à notre armée est ce qui est arrivé à l'armée hasmonéenne, aux zélotes de la révolte de la destruction, aux insurgés de la diaspora et aux zélotes de la révolte de Bar Kokhba.

Nous voulions une armée morale, nous avons élaboré des plans d'action minutieusement calculés, nous nous sommes raconté des histoires d'« occupation éclairée »  mais la réalité est un monstre dévoreur, et le pouvoir qui a corrompu Rabbi Elazar nous corrompra tous.

Les ondes de choc de la violence

Je ne cherche pas à dégager de sa responsabilité le soldat qui a tiré, ni ses camarades qui ont apparemment cherché à se couvrir plutôt que d'appeler les secours. Si les accusations portées contre eux sont fondées, ils méritent une peine sévère.
Mais si nous laissons le problème au niveau des soldats sur le terrain, nous ne nous en sortirons pas. Une arme est toujours impure.

Ces tirs s'infiltrent dans nos cœurs et nous transforment de l'intérieur. Des zombies moraux remplissent nos rues, et chaque jour apporte une nouvelle violence banalisée. Nous sommes, comme Rabbi Elazar, debout sous le gibet de nos propres victimes, pleurant la violence que nous avons institutionnalisée. Nous devons mettre fin à l'occupation et à la violence.

Shabbat Shalom.

Ruhamaweiss1966@gmail.com

Ruhama Weiss

Les faits

Le 5 juin 2026, en fin d'après-midi, à Hébron, un véhicule familial circulait dans le quartier de Tel Rumeida. À bord se trouvaient Fahd Abu Haikal, 41 ans, son épouse, leur bébé Sam, âgé de sept mois, son frère aîné de onze ans et leur grand-mère.
Apercevant des soldats de Tsahal au loin, le père s'est arrêté. Selon son témoignage, les soldats ont ouvert le feu sans avertissement alors qu'il avait immobilisé le véhicule sur leur ordre. Un soldat a tiré des coups de feu isolés.
Sam a été mortellement touché. L'armée israélienne a exprimé ses « profonds regrets », reconnu que les blessés étaient des civils non impliqués, et ouvert une enquête.

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Netanyahu – Trump : les failles d'une alliance

Netanyahu – Trump : les failles d'une alliance

Netanyahu – Trump : les failles d'une alliance

Ce que le Premier ministre a vraiment dit à son Cabinet

C'était une semaine de vive tension entre Washington et Jérusalem. Dans les coulisses d'une crise militaire majeure, les échanges entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont révélé des divergences de fond que les communiqués officiels s'évertuent à masquer.
Des citations exclusives obtenues par Ynet et Yediot Aharonot, issues des délibérations du Cabinet israélien, lèvent le voile sur des conversations tendues celles qui ont suivi l'attaque israélienne sur Dahiyeh et précédé la journée de frappes contre l'Iran.

« Ils n'ont tué personne chez toi ne réponds pas »

Lors de la réunion du Cabinet du lundi soir, Netanyahu a relaté en détail aux ministres l'échange musclé qu'il avait eu la veille avec Trump. Le président américain tentait de freiner Israël après la contre-attaque iranienne consécutive à la frappe de Dahiyeh.

« Trump m'a demandé : "Est-ce qu'ils ont tué des gens chez vous ?" », a rapporté Netanyahu. « Je lui ai dit : "Non, ils n'en ont pas tué. Mais je refuse d'accepter l'équation selon laquelle on ne répond que si on a des morts. Quand on attaque le territoire d'Israël, je riposte et j'attaque." »

La position est claire, le ton sans concession. Netanyahu n'a pas cédé à la pression américaine  du moins selon sa propre version des faits présentée à ses ministres.

L'alliance, oui. La subordination, non.

Face aux critiques selon lesquelles Israël serait devenu un État sous tutelle américaine, Netanyahu a tenu à recadrer la relation : « Nous ne sommes pas subordonnés aux Américains, nous sommes leurs alliés. Alors quand vous avez un partenaire, vous vous comportez en partenaire. Nous ne travaillons pas contre eux, mais avec eux. »

La nuance est diplomatiquement significative. Netanyahu reconnaît la contrainte de la relation, mais refuse d'en être prisonnier. Sur la question de l'accord en négociation avec Téhéran, il s'est montré encore plus direct devant ses ministres : « Je lui ai dit que je comprends très bien son désir d'aboutir à un accord. Mais je pense qu'il n'y aura pas d'accord  et nous ne serons pas les victimes de cet accord. »

Un désaccord de fond, formulé avec la précision d'un homme qui sait que ses propos finiront par fuiter.

Le chef d'état-major : « Nous aurions pu frapper plus fort »

Le chef d'état-major Eyal Zamir a pris la parole à son tour lors du même débat, abordant la possibilité qu'Israël soit contraint d'agir seul contre l'Iran. Son évaluation a le mérite de la franchise : « Nous aurions pu frapper l'Iran bien plus fort. Nous sommes préparés à une vague d'attaques significative et intense. Nous avons l'endurance nécessaire pour une campagne intensive face à l'Iran, seuls si nécessaire. Mais évidemment, nous préférons le faire avec notre partenaire. »

Zamir a explicitement désigné la préservation du partenariat américain comme un objectif militaire en tant que tel : « Nous avons des cibles en Iran, nous avons des cibles au Liban, nous travaillons sur toutes ces cibles. Mais il faut se rappeler que l'un de nos objectifs est de préserver l'alliance avec notre partenaire. Une autre campagne conjointe contre l'Iran est tout à fait envisageable. Les relations qui se sont nouées entre nous et l'armée américaine sont sans précédent il faut les préserver. »

Le Hezbollah, de prédateur à fugitif

Le chef du renseignement militaire, le général Shlomi Binder, a dressé un tableau saisissant de l'état actuel du Hezbollah : « Un renversement s'est produit. Le Hezbollah avait été construit pour nous attaquer si nous frappions l'Iran. Aujourd'hui, c'est l'Iran qui attaque pour défendre le Hezbollah. Cela révèle leur faiblesse. Le Hezbollah est davantage en fuite que dans n'importe quelle autre situation. »

Le chef de la division Recherche du renseignement militaire a complété ce tableau : « La riposte iranienne contre nous était délibérément limitée du point de vue de Téhéran. »

Ce que ces fuites révèlent

Ces citations exclusives ne sont pas neutres. Leur diffusion à la presse par des sources proches du Cabinet intervient dans un contexte précis : celui d'une controverse interne sur le degré d'autonomie stratégique qu'Israël maintient face à Washington. Netanyahu y apparaît comme un homme qui résiste qui dit non à Trump sur la question des représailles, qui rejette l'accord avec l'Iran, qui défend la souveraineté de décision d'Israël.

Reste la question centrale que ces révélations posent sans y répondre : jusqu'où l'administration Trump est-elle prête à tolérer qu'Israël agisse selon sa propre logique, au risque de compromettre la diplomatie américaine avec Téhéran ? La semaine à venir apportera peut-être des éléments de réponse.

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La Russie, gardienne malgré elle du trésor hébraïque : Un manuscrit du Rachbam, refait surface

La Russie, gardienne malgré elle du trésor hébraïque : Un manuscrit du Rachbam, refait surface

Un manuscrit perdu du Rachbam resurgi des archives de Moscou

Il dormait là depuis des décennies, mal étiqueté, oublié dans les rayonnages d'une bibliothèque d'État russe. Le manuscrit original du commentaire de la Torah par le Rachbam l'un des plus grands exégètes juifs du Moyen Âge vient d'être retrouvé à Moscou. Une découverte que les chercheurs qualifient sans détour de «trouvaille d'importance historique».

Qui était le Rachbam ?

Rabbi Shmouel ben Méïr, dit le Rachbam, vécut en France aux XIe et XIIe siècles. Il était le petit-fils et le disciple de Rachi  le commentateur biblique par excellence mais s'en distinguait par une approche radicalement personnelle. Là où Rachi brodait midrash et tradition orale, le Rachbam tranchait dans le vif : il s'attachait au sens littéral du texte, le péchat, armé des règles de la grammaire et de la syntaxe hébraïques. Il lui arrivait même de contredire son propre grand-père. Une audace rare, pour l'époque.

Un manuscrit que l'on croyait à jamais perdu

Le document en question est connu des spécialistes sous la référence «manuscrit n°103» du Séminaire judéo-théologique de Breslau aujourd'hui Wrocław, en Pologne.
C'est ce manuscrit précis qui avait servi de base à la préparation de la première édition imprimée du commentaire du Rachbam sur la Torah, publiée en 1881. Après cette publication, ses traces s'effacèrent. Pendant des décennies, les chercheurs le classèrent parmi les documents définitivement disparus.

Comment a-t-il pu rester invisible aussi longtemps ?
La réponse tient à une erreur de catalogage : le manuscrit avait été répertorié comme un commentaire de Rachi  et non du Rachbam.
La confusion s'explique aisément : le document est dépourvu de page de titre, et le texte commence au milieu du livre de la Genèse. Sans point d'entrée clair, sans mention explicite de l'auteur, il s'est fondu dans la masse des archives.

De Breslau à Moscou : le destin d'un parchemin

Il a fallu la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que le manuscrit prenne le chemin de l'Union soviétique, absorbé dans les transferts massifs d'archives et de collections qui ont suivi le conflit. Il intègre alors les fonds de la Bibliothèque nationale d'État de Russie, au sein de ce que l'on appelle la «collection Guenzburg», un ensemble remarquable de manuscrits et d'imprimés hébraïques constitué au XIXe siècle par la famille Guenzburg, grande famille de mécènes juifs russes.

C'est dans ce fonds que le chercheur Israël Dobitski l'a exhumé, au fil de son travail de catalogage et d'exploration systématique de la collection. Un travail de fourmi. Une découverte de géant.

«Chaque lettre de nos maîtres qui voit le jour est une raison de s'émouvoir»

La nouvelle a immédiatement résonné dans les milieux académiques et religieux. Le grand rabbin de Russie, Berl Lazar, a réagi avec enthousiasme : «C'est précisément à notre génération qu'il est donné d'assister à des révélations qui approfondissent la compréhension de la Torah et renforcent notre lien à elle.»

Baroukh Gorin, président du Musée juif de Moscou et directeur des éditions Lekhaïm, abonde dans le même sens, avec une prudence de rigueur : «Chaque lettre de la parole de nos Maîtres qui voit le jour est une raison de s'émouvoir. Nous attendons de mesurer la pleine portée de cette découverte et sa signification.»

Quelle est la valeur réelle de ce manuscrit ?

La question mérite d'être posée sans fard. Pourquoi un manuscrit médiéval qui a déjà servi à établir une édition imprimée garde-t-il une telle importance, plus d'un siècle après cette publication ?

La réponse est simple : un manuscrit original permet de corriger les erreurs et les approximations introduites lors de la première édition.
En 1881, les éditeurs travaillaient avec les outils et les méthodes de leur époque. Confronter leur travail à la source  à l'encre originale, à la graphie du copiste médiéval, aux corrections et aux marginalia  permet de réviser le texte, d'en combler les lacunes, d'en restituer les nuances perdues. Pour les chercheurs spécialisés dans l'exégèse biblique médiévale, c'est une mine.

Moscou, gardienne inattendue du patrimoine hébraïque

Cette découverte rappelle une réalité que l'on oublie trop souvent : une part considérable du patrimoine manuscrit juif se trouve aujourd'hui dans des bibliothèques russes, héritières des confiscations et des transferts de guerre. La collection Guenzburg, à elle seule, recèle des milliers de pièces. Combien d'autres trésors attendent encore d'être identifiés, mal catalogués, rangés sous le mauvais nom ?

Le Rachbam, lui, a retrouvé son nom. Après des décennies d'anonymat forcé sous l'étiquette de son grand-père, son œuvre reparaît dans sa propre lumière. Il y a quelque chose d'assez juste, pour un homme qui avait justement fait de l'indépendance intellectuelle sa marque de fabrique.

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Trump annule les frappes sur l'Iran… juste à temps pour le coup d'envoi du Mondial

Trump annule les frappes sur l'Iran… juste à temps pour le coup d'envoi du Mondial

Coïncidence ou calcul ? Quand Trump annonce l'accord avec l'Iran au coup d'envoi du Mondial

Dans la nuit du 11 au 12 juin 2026, à moins de deux heures du coup d'envoi du Mondial 2026 à l'Azteca de Mexico City, Donald Trump a lâché une bombe diplomatique :
un « grand accord » avec l'Iran est sur le point d'être signé.
Dans la foulée, il annule des frappes militaires américaines planifiées contre Téhéran et promet la réouverture prochaine du détroit d'Ormuz. Le timing, pour le moins spectaculaire, ne pouvait manquer d'interroger.

La Maison-Blanche dément mais les coïncidences s'accumulent

Officiellement, il n'y a rien à voir. Andrew Giuliani, coordinateur de la Maison-Blanche pour l'organisation du Mondial, a démenti catégoriquement que les enjeux du tournoi aient pesé dans les décisions diplomatiques vis-à-vis de l'Iran.
Aucune source américaine officielle n'établit de lien entre les deux événements. Pourtant, à examiner le tableau d'ensemble, la tentation d'y voir une cohérence est difficile à résister.

Les États-Unis au centre du plus grand événement sportif de la planète

Les États-Unis ne sont pas un simple pays hôte parmi d'autres. Ils sont le pays hôte central de ce Mondial, co-organisé avec le Mexique et le Canada.
La majorité des rencontres  y compris les phases décisives et la finale se jouent sur le sol américain. La réussite de l'événement dépend directement d'un contexte mondial stable, d'une perception sécuritaire rassurante. Une escalade militaire avec l'Iran dans la même semaine aurait constitué un contre-signal désastreux.

Un matin de menaces, un après-midi de volte-face

Ce qui s'est passé dans les seules heures du 11 juin mérite d'être raconté dans le détail, car l'enchaînement est saisissant.
Dans la matinée, Trump publie sur Truth Social qu'il frapperait l'Iran «très fort ce soir»  en majuscules  et menace dans la foulée de s'emparer de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier du pays, ainsi que de «l'ensemble des marchés de l'énergie iraniens».

La veille au soir, des frappes américaines avaient déjà ciblé des systèmes de surveillance militaire, des défenses aériennes et, selon une analyse du New York Times basée sur des images satellites, des installations d'eau potable dans le sud de l'Iran.

Puis, en début d'après-midi, le même Trump annonce sur Truth Social l'annulation des frappes prévues, expliquant que les discussions avec Téhéran «ont été portées au plus haut niveau du leadership iranien et approuvées».
Mais un haut responsable iranien impliqué dans les négociations a déclaré peu après à la chaîne MS NOW qu'«aucun mémorandum d'entente ni aucun cadre d'accord» n'avait encore été signé contredisant frontalement la version américaine.

Wall Street, elle, n'a pas attendu les clarifications : les marchés ont clôturé en forte hausse dès l'annonce de Trump.
Côté terrain, NBC News révèle que la base d'entraînement de l'équipe iranienne avait été déplacée in extremis de Tucson, en Arizona, à Tijuana, au Mexique les membres du staff n'ayant pas obtenu leurs visas américains à temps.
Les joueurs, eux, avaient dû déposer leurs demandes à l'ambassade américaine d'Ankara, en Turquie, où l'équipe s'était préparée avant de rejoindre le Mexique.

Résumé d'une journée : le même président qui menaçait de bombarder l'Iran le matin était celui qui, quelques heures plus tard, se présentait en artisan de la paix  exactement au moment où le monde entier allumait sa télévision pour le coup d'envoi du Mondial.

La sélection iranienne a été au cœur de controverses incessantes depuis le tirage au sort. Pendant des mois, les questions se sont multipliées : délivrance des visas pour joueurs et staff, organisation des camps d'entraînement au Mexique plutôt qu'aux États-Unis, pressions pour que les matchs iraniens se tiennent hors du territoire américain. La guerre larvée entre Washington et Téhéran avait même fait planer, à un moment, le doute sur la présence même de l'Iran dans le tournoi. Le dossier diplomatique et le dossier sportif étaient donc déjà intimement imbriqués bien avant cette nuit du 11 juin.

Infantino, Trump et une amitié qui ne date pas d'hier

Troisième élément qui alimente la réflexion : la relation entre Gianni Infantino, président de la FIFA, et Donald Trump est notoirement étroite. Infantino a fait du gouvernement américain un partenaire central de son projet pour ce Mondial. Il est allé jusqu'à décerner à Trump le tout premier « Prix de la Paix » de la FIFA. Un cadeau qui, rétrospectivement, prend une coloration particulière.

La scène mondiale comme caisse de résonance

L'ouverture d'une Coupe du monde est l'un des événements les plus regardés sur la planète des milliards de téléspectateurs potentiels, une attention médiatique sans équivalent.
Choisir précisément ce soir-là pour annoncer une « percée » diplomatique offre à Washington une vitrine inespérée : projeter une image de stabilité, de leadership, de désescalade régionale au moment exact où le monde entier est réuni autour d'un événement fédérateur et positif. C'est une analyse possible, pas une certitude établie mais la logique de communication est imparable.

L'enjeu économique, argument supplémentaire

La réouverture du détroit d'Ormuz et la réduction du risque d'embrasement régional ont des conséquences directes sur les prix de l'énergie et les marchés mondiaux. Pour une nation qui accueille un méga-événement sportif international, la stabilité économique et sécuritaire n'est pas un détail de fond c'est un intérêt stratégique immédiat.

Pas de preuve, mais un récit qui tient

À l'heure actuelle, aucun élément public ne prouve que l'annonce de Trump ait été délibérément calée sur la cérémonie d'ouverture du Mondial, ni que le tournoi ait constitué un facteur décisif dans les négociations avec Téhéran. Ce qui est établi, en revanche, c'est que Mondial, Iran et Trump étaient déjà liés depuis des mois par une série de frictions diplomatiques et sportives.
Et que le timing presque chirurgical entre la déclaration politique et le coup d'envoi du tournoi laisse à l'imagination du public et des observateurs un matériau particulièrement fertile.

En définitive, coïncidence ou mise en scène calculée, une chose est certaine : la nuit où s'est ouvert le plus grand Mondial de l'histoire a aussi été celle où Washington a tenté de convaincre le monde que la crise iranienne touchait à sa fin. Le ballon venait à peine d'être mis en jeu.

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À pied d'œuvre : le film que vous ne verrez peut-être pas, et que vous devriez -vidéo-

À pied d'œuvre : le film que vous ne verrez peut-être pas, et que vous devriez

À pied d'œuvre : le film que vous ne verrez peut-être pas, et que vous devriez

Il y a des films qui font du bruit avant même d'exister. Celui-là n'a presque rien fait de tel. Et pourtant, lorsque À pied d'œuvre de Valérie Donzelli a été projeté en avant-première mondiale à la Mostra de Venise en août 2025, de longues ovations ont salué la projection avant que le film ne reçoive le Prix du meilleur scénario. Depuis sa sortie française en février 2026, il glisse dans les salles avec la discrétion de son héros. C'est précisément pour cela qu'il faut en parler.

Un homme qui choisit de tomber

Bastien Bouillon incarne Paul Marquet, un photographe qui abandonne une carrière florissante pour se consacrer à l'écriture, et découvre la pauvreté. Ce n'est pas une fiction arrangée : le film est l'adaptation du roman autobiographique de Franck Courtès, ex-photographe de Libération, qui a vécu exactement ce qu'il raconte.
Paul quitte son appartement, es contrats, son statut. Sa femme le quitte aussi, part au Canada avec leurs enfants. Il s'installe dans un appartement prêté. Et pour manger, il s'inscrit sur une plateforme de petits boulots où les missions se remportent à celui qui propose le tarif le plus bas. 

Ce que le film restitue avec une précision implacable, c'est la mécanique de l'humiliation ordinaire non pas celle des grandes tragédies, mais celle du quotidien algorithmique. Un client qui attribue une mauvaise note parce que Paul "ne parle pas beaucoup".
Une note qui plombe un profil. Un profil qui détermine si l'on mange le lendemain. Donzelli ne commente pas, n'accuse pas. Elle montre. Et c'est bien plus dévastateur.

Écrire quand même

Ce qui distingue Paul d'un simple portrait social, c'est cette obstination silencieuse.
Chaque matin, il écrit. Ses manuscrits sont refusés. Son père, excédé par ce qu'il perçoit comme un naufrage volontaire, fracasse son ordinateur.
Paul prend des cahiers,des cahiers d'écolier ? et continue à la main. Il remet sa copie à une éditrice qui reconnaît quelque chose d'exceptionnel dans le texte, mais refuse l'avance sur ventes : les refus précédents pèsent contre lui. Le système, là encore, broie. Mais Paul est content "du moment que je suis publié" . C'est sa victoire intérieure.

Non pas dans un final triomphal, mais avec cette sobriété qui caractérise tout le film : comme une chose normale qui arrive à quelqu'un qui a cessé d'en faire une affaire de vie ou de mort.

La lucidité comme seule arme

Ce qui rend le film proprement remarquable, c'est le ton de son héros. Paul n'est pas un révolté. Il n'est pas non plus résigné. Il observe, il note, il comprend.
La précarité qu'il traverse, il sait qu'elle est le lot de millions de gens qui n'ont pas, eux, la ressource intérieure d'un projet littéraire pour tenir debout. Cette conscience-là lui confère une forme de protection fragile, mais réelle.

Il y a dans le film une phrase qui pourrait en être la devise : achever un texte ne veut pas dire être publié, être publié ne veut pas dire être lu, être lu ne veut pas dire être aimé, être aimé ne veut pas dire avoir du succès, avoir du succès n'augure aucune fortune. C'est une litanie de désillusions enchaînées et c'est aussi, étrangement, une déclaration de liberté.

Donzelli au meilleur d'elle-même

Valérie Donzelli déploie ici le réalisme, l'empathie et la vérité qui font la signature de son cinéma, et élargit son adaptation en évoquant la précarité dans l'emploi de manière générale, bien au-delà du seul destin d'un artiste. Le film excelle dans l'art de dépeindre cette petite odyssée personnelle avec sensibilité et nuance, sans jamais tomber dans le sentimentalisme ni le mélodrame, respectant les choix du protagoniste avec une dignité tranquille.

À pied d'œuvre ne séduira pas le spectateur en quête de spectacle. Il s'adresse à ceux qui savent que toute réussite a ses fondations dans l'échec, et que l'humilité non pas la résignation, mais l'humilité véritable est peut-être le seul lien qui reste avec ce que la littérature appelle, depuis toujours, l'humanité.

Et surtout notez bien les phrases cultes ça frôle le sublime

" Ce n'est pas la misère mais on commence à en avoir une vue bien dégagée"
" Vous voulez un travail qui vous laisse du temps ?"
" Tu sais à notre époque il y a des esclaves très bien payés"  liste non exhaustive !

Claudine Douillet

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Israël : Une capsule temporelle vieille de 300 000 ans mise au jour près de Zikhron Yaakov -vidéo-

Israël : Une capsule temporelle vieille de 300 000 ans mise au jour près de Zikhron Yaakov -vidéo-

Une capsule temporelle vieille de 300 000 ans mise au jour près de Zikhron Yaakov

À quelques kilomètres de Zikhron Yaakov, dans le périmètre du conseil local de Fureidis, une grotte préhistorique extraordinaire vient d'être exhumée. Scellée depuis des centaines de milliers d'années, datée entre 400 000 et 250 000 ans avant notre ère, elle appartient à la culture dite « acheuléo-yabroudienne » une période charnière de l'évolution humaine que les spécialistes peinent encore à saisir faute de sites accessibles. Celui-ci pourrait tout changer.

Un site d'importance mondiale

Les chercheurs de l'Autorité des Antiquités israéliennes et de l'Université de Haïfa, qui mènent conjointement la fouille, n'ont pas de mots assez forts pour en mesurer la portée.
Le professeur Ron Shimelmitz, de l'Institut d'archéologie Zinman et de l'École d'archéologie et des cultures maritimes de l'Université de Haïfa, l'un des responsables de la fouille, résume la situation ainsi : « Nous avons eu le privilège de fouiller un site unique d'importance mondiale, préservé de l'outrage du temps grâce à des conditions exceptionnelles. »

Le terme de « capsule temporelle » qu'il emploie n'est pas rhétorique. La grotte est restée hermétiquement close depuis son abandon, conservant intacts ses vestiges archéologiques dans un état de préservation rarissime.

 

 

À la lisière entre deux humanités

Pourquoi cette période est-elle si décisive ? Le professeur Shimelmitz l'explique avec précision : « Cette capsule temporelle appartient à un moment unique à la fin du Paléolithique inférieur, juste avant que l'Homme de Néandertal et l'Homme moderne ne deviennent dominants et ne se répandent dans de nombreuses régions. Seuls quelques sites de cette étape cruciale ont été mis au jour en Israël et dans le Levant en général, et la plupart d'entre eux ne sont pas accessibles à la recherche. »

C'est précisément cette rareté qui confère au site de Fureidis son caractère exceptionnel. La culture acheuléo-yabroudienne se situe à une bifurcation de l'histoire humaine, à l'instant exact où quelque chose bascule, sans que l'on sache encore très bien quoi ni pourquoi.

Les prémices de notre complexité

Le chercheur pousse l'analyse plus loin : « Les changements graduels qui sont apparus à cette époque  dans le corps humain, dans la technologie et dans la société ont annoncé les traits et les comportements complexes qui caractérisent l'Homme de Néandertal et l'Homme moderne. On peut dans une certaine mesure y voir les germes qui ont conduit au développement de notre culture complexe. » Il souligne notamment « le passage à la vie en groupes plus importants et à une présence prolongée sur les mêmes sites » comme l'un des processus centraux de cette transition.

Ce n'est pas une hypothèse abstraite : les fouilles en apportent la preuve matérielle. La grotte livre des traces d'utilisation intensive du feu et une activité humaine prolongée témoignages concrets d'une vie de camp riche et structurée. Pour beaucoup de chercheurs, ces indices sont directement liés au développement de la coopération sociale et à la transmission du savoir, deux piliers de l'évolution humaine.

Ce que la terre a gardé

Le Dr Kobi Vardi, responsable de la section Préhistoire à l'Autorité des Antiquités et co-directeur de la fouille, ne cache pas son enthousiasme : « Il est extrêmement rare de trouver un site dans un tel état de conservation. Il n'y a pas un préhistorien qui vient ici et qui ne s'emballe pas. »

Le parallèle qu'il établit est éloquent : « Ce site, qui n'est pas moins important que le célèbre site de Nahal Me'arot et qui est daté de la même période  va nous permettre d'étudier avec une haute résolution comment vivaient les êtres humains à cette époque. »

La culture étudiée ici se distingue par une diversité de méthodes avancées de fabrication d'outils en silex : de petits bifaces tranchants, des racloirs et des lames.
Mais le sol de la grotte a livré bien plus. Des ossements d'animaux daims, gazelles, équidés  attestent des pratiques de chasse, tandis que des indices de présence d'eau laissent penser que le lieu constituait un point d'attraction naturel pour des groupes de chasseurs-cueilleurs.
« Ces éléments ont peut-être fait de l'endroit un pôle d'attraction pour des groupes de chasseurs-cueilleurs primitifs », précise le Dr Vardi.

Un héritage à rouvrir au public

La fouille est également conduite par Amit Gabai, de l'Autorité des Antiquités. Elle a été rendue possible grâce à la collaboration de la société Netivei Ayalon, qui a accepté d'ouvrir le terrain aux chercheurs. La suite est déjà envisagée au-delà du strict cadre scientifique : l'Autorité des Antiquités et l'Université de Haïfa développent un vaste programme de recherche pour reconstituer comment les hommes préhistoriques vivaient, s'adaptaient à leur environnement et développaient de nouveaux modes de vie et de nouvelles technologies au fil des processus évolutifs.

« L'aspiration est qu'après la recherche, il y ait ici un site ouvert et accessible à tous aux habitants de Fureidis, aux élèves de l'école voisine, et à quiconque s'intéresse à la préhistoire de la Terre d'Israël », ont déclaré les chercheurs.

Une grotte qui s'était fermée sur un monde disparu depuis 300 000 ans. Elle se rouvre, aujourd'hui, sur le nôtre.

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UN GRAND PAYS, MAIS LEQUEL ? Organiser la fuite des Juifs de France… loin d'Israël

UN GRAND PAYS, MAIS LEQUEL ? Organiser la fuite des Juifs de France… loin d'Israël

 

UN GRAND PAYS. MAIS LEQUEL ? Quand certains organisent la fuite des Juifs de France… loin d'Israël

Il y a des informations qui tombent le matin sortie de nulle part et en rupture totale de l'engagement juif en générale. Une information qui vous fait comprendre deux choses :
La première coûte que coûte les Juifs doivent quitter la France, la seconde est que tous les Juifs ne feront pas leur Alyah .

Dov Maïmon interrogé sur cette rumeur nous donne également une réponse cinglante, un couperet: : "Ceux qui ne sont pas suffisamment juifs iront ailleurs."

Ainsi, un post circule depuis quelques heures sur les réseaux et révèle l'existence d'une nouvelle association dont l'objet est d'organiser le départ des Juifs de France.
En grande pompe.

Avec logistique, ambition, et sans doute bonne conscience. Jusqu'ici, rien d'extraordinaire :
depuis le 7 octobre 2023, les alarmes se multiplient, les livres-enquêtes s'empilent, les appels à agir se succèdent. Mais le détail qui change tout, l'information qui retourne l'estomac, c'est celle-ci : la destination n'est pas Israël.

Le nom du pays est encore tenu secret. On parle d'un "grand pays".
Lequel ? On ne sait pas. On ne veut pas encore le dire. Pourquoi cette discrétion ? Là aussi, mystère. Ce qui est certain, c'est que l'initiative existe, qu'elle est organisée, qu'elle se dote d'un cadre associatif, et qu'elle oriente délibérément les Juifs de France vers… ailleurs.

Voilà qui mérite qu'on s'arrête. Longuement.

Nous avons posé la question directement à Dov Maïmon.

Sa réponse, reçue en exclusivité par Alliance, est à la fois une confirmation et une démolition.
Il existe bien, dit-il, un projet de ce type porté par le Congrès juif mondial sous le nom de "New Haven", les nouveaux paradis dont l'objet est d'orienter des Juifs vers de nouvelles "galoutes." exils.
Les destinations évoquées : l'Argentine, la Nouvelle-Calédonie, d'autres encore.
Son verdict est sans appel : "Ces initiatives sont du bruit.
Le Canada va devenir la France. Les États-Unis vont devenir la France. Il n'y a pas de pays qui seront protégés." Et il conclut avec une phrase qui résume tout : "Ceux qui ne sont pas suffisamment juifs iront ailleurs."

Pendant ce temps, Long et Maïmon sonnaient l'alarme

Depuis des mois, deux hommes font un travail remarquable de lucidité.
Dov Maïmon, directeur de recherche au Jewish People Policy Institute de Jérusalem, conseiller du gouvernement israélien sur les relations avec le monde musulman, et Didier Meïr Long, ancien moine bénédictin converti au judaïsme, essayiste, fin connaisseur des communautés juives de France ont publié ensemble La fin des Juifs de France ? (Cherche-Midi, 2025).

Leur enquête d'un an, nourrie de 200 interviews, de données des services de renseignement français et israéliens, de rencontres avec des juges antiterroristes, des sociologues, des maires de banlieue, est un diagnostic clinique et implacable.

Leur conclusion est nette : l'État d'Israël ne pourra pas facilement intégrer tous les Juifs français. La moyenne d'âge est trop élevée, le capital financier de départ trop insuffisant pour vivre en Israël, et les priorités budgétaires israéliennes vont aux soldats, pas aux logements sociaux. En clair : les riches iront où ils veulent. Les pauvres resteront coincés dans des banlieues ou des villes dangereuses.

Ce n'est pas un appel à l'aliyah. C'est une analyse du réel, froide et documentée.
Le 9 juin dernier, Didier Long publiait un texte au titre glaçant : "Il faudra évacuer les Juifs de certains endroits dans moins d'un an." Ce n'est pas un avertissement nouveau  c'est l'aboutissement d'années d'analyse. Et c'est dans ce paysage long, balisé depuis 2024, que l'existence de cette association prend tout son sens.
Il y décrit une pression démographique qui portera la proportion de musulmans en France à 30% de la population dans trente ans, et conclut : "On ne connaît pas de pays où vivent 30% de musulmans et où il y a des Juifs."

Le tableau est sombre. Le diagnostic est sérieux. Les hommes qui le posent ne sont pas des hystériques ni des prophètes de malheur ce sont des chercheurs, des experts, des témoins qui ont fait le tour du terrain.

Et c'est dans ce contexte précis, celui de cette alerte maximale, que surgit l'information d'une association qui organise des départs vers un pays dont on refuse encore de prononcer le nom.

+45% d'aliyah. Et un solde migratoire israélien négatif.

Les chiffres de 2025 sont là, officiels, publiés par le ministère israélien de l'Immigration. 3 300 Juifs français sont partis en Israël l'année dernière, contre 2 228 en 2024  soit une hausse de 45%. Sur les 21 900 nouveaux immigrants arrivés en Israël depuis 105 pays, la France se classe troisième, derrière la Russie et les États-Unis. Le mouvement s'accélère. Il est réel. Il est mesuré.

Mais l'image est à double fond. En 2025, plus de 79 000 Israéliens ont quitté le pays. Le solde migratoire d'Israël reste négatif. Israël est en guerre. Israël enterre ses soldats. Israël mobilise, reconstruit, résiste.

Maïmon lui-même, dans un texte de décembre 2025, enfonce le clou avec une honnêteté rare : entre 80 000 et 100 000 Juifs ont déjà quitté la France depuis l'an 2000 certains vers Israël, d'autres vers le Canada, les États-Unis ou la Grande-Bretagne.
Et il formule ce qui est peut-être la phrase la plus honnête jamais écrite par un chercheur israélien sur le sujet : "Israël aime l'aliyah mais n'aime pas les immigrants." C'est dit. Et c'est précisément ce vide-là qu'une nouvelle association a décidé de combler — mais pas en direction d'Israël.

Ce que cette information dit de nous

De nous, Israéliens. De nous, qui avons choisi ce pays, qui le vivons, qui l'aimons, qui l'enterrons parfois. De nous, qui regardons depuis Bat Yam, Tel Aviv, Jérusalem ou Beer-Sheva, la communauté juive de France traverser ce que Maïmon et Long appellent une crise existentielle et qui attendons, qui espérons, qui tendons la main.

Quand on apprend qu'une nouvelle structure s'organise pour diriger les Juifs de France non pas vers leur foyer national mais vers un pays inconnu, deux questions se posent immédiatement.

La première est pratique : qui finance ? Qui organise ? Qui a intérêt à ce que les Juifs de France atterrissent ailleurs qu'en Israël ?
La seconde est morale : quel message envoie-t-on aux soldats israéliens qui meurent, aux familles qui portent le deuil, aux réservistes qui abandonnent leur vie civile depuis octobre 2023 pour défendre un État qu'on invite, en somme, à contourner ?

La réponse implicite de cette initiative est cruelle dans ce qu'elle révèle : Israël est utile comme bouclier. Comme force de frappe. Comme pays-tampon qui absorbe les coups pendant que d'autres construisent leur avenir ailleurs, au calme, dans un "grand pays" dont le seul mérite connu est de ne pas être en guerre.

L'aliyah, dit-on, c'est pour plus tard. Quand on sera vieux. Quand on aura besoin d'être soigné allusion transparente aux avantages de la médecine israélienne et des droits des olim. En attendant, on ira se poser ailleurs. Quelque part de confortable. De sûr. D'anonyme.

Le canari dans la mine ne choisit pas sa mine

Maïmon et Long ont une formule que j'aime et qui agace en même temps : "Les Juifs de France sont les canaris de la mine républicaine." Quand les Juifs vont mal, c'est la République qui est en danger. C'est vrai. C'est même profond. Mais le canari, lui, n'a pas le choix de sa mine. Il est là, point.

Ce que cette nouvelle association propose, si l'information se confirme, c'est une troisième voie entre rester en France et faire l'aliyah. Une voie de sortie latérale, qui évite le face-à-face avec la question fondamentale : qu'est-ce qu'être Juif aujourd'hui, et quelle est notre responsabilité collective envers l'État d'Israël ?

On peut comprendre que des familles cherchent à fuir. On peut comprendre la peur, l'épuisement, le désir d'une vie normale dans un pays qui ne brûle pas. On peut comprendre tout cela sans le valider comme projet communautaire organisé, financé, habillé en association loi 1901 avec logo et conseil d'administration.

Parce que ce projet-là dit quelque chose de précis : Israël est un recours d'urgence, pas une patrie. Un SAMU national pour Juifs âgés et malades. Un État qu'on soutient de loin, qu'on défend sur Facebook, auquel on envoie des dons lors des guerres, mais dont on ne voudrait pas partager le quotidien.

Le nom du pays

On ne le connaît pas encore. Peut-être le Canada, que les Juifs français commencent à fuir aussi  les médecins juifs quittent le NHS britannique, les rabbins quittent les campus nord-américains, le monde occidental dans son ensemble vacille.

Peut-être le Portugal, destination prisée des Juifs séfarades qui retrouvent par là leur histoire marrane.
Peut-être la Hongrie mais la encore le coche est loupé ! Orbán favorable à Israël a quitté le pouvoir et son successeur , Péter Magyar, est radicalement contre politique d'Israël, entendre contre les juifs dans leur ensemble.

Peu importe, dans un sens. Ce qui importe, c'est le principe. Ce qui importe, c'est ce que dit ce secret lui-même : si le nom du pays doit rester caché, c'est qu'on sait très bien que le révéler susciterait exactement ce que vous êtes en train de ressentir en lisant ces lignes.
L'indignation et l'insécurité pour ceux qui envisagent d'y partir.

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Recouvrement international de pension alimentaire : ce que les pères fugitifs ignorent sur la justice israélienne

Recouvrement international de pension alimentaire : ce que les pères fugitifs ignorent sur la justice israélienne

Ces chasseurs de pensions qui traquent les pères fugitifs jusqu'aux États-Unis

Ils ont traversé un océan pour échapper à leurs obligations. Mais une unité discrète du ministère de la Justice israélien les suit à la trace, franchit les frontières, contourne les obstacles diplomatiques et récupère l'argent. Enquête sur une machine juridique méconnue qui a recouvré 2,7 millions de dollars en deux ans.

Pendant deux ans, G. a cru les promesses. Son ex-mari reviendrait des États-Unis.
Il régulariserait les papiers. Il enverrait de l'argent. Tout s'arrangerait.
Pendant ce temps, dans le nord d'Israël, elle se levait à six heures du matin, rentrait à vingt et une heures, confiait les enfants les plus grands à la surveillance des plus petits, et recommençait le lendemain. Six enfants. Seule. « Il a réussi à me rouler », dit-elle aujourd'hui avec une lucidité froide. « Quand tu as six enfants et que tu es seule, tu cherches le moindre signe d'espoir. »

Ce signe d'espoir, elle a fini par le trouver non pas dans les promesses de son ex-mari, mais dans les bureaux discrets d'une unité spécialisée du ministère israélien de la Justice. Une unité dont peu de femmes soupçonnent l'existence, et qui fait pourtant un travail remarquable : traquer les débiteurs alimentaires qui ont fui à l'étranger et les contraindre à payer ce que les tribunaux ont ordonné.

L'art de la fuite organisée

Le schéma est bien rodé. Un divorce difficile, une ordonnance de pension alimentaire, et un mari qui prend un billet aller simple pour New York, Los Angeles ou Melbourne. Une fois de l'autre côté de l'Atlantique ou du Pacifique, il refait sa vie, ouvre un compte bancaire étranger, change parfois d'adresse régulièrement et cesse de payer. La mère, elle, reste avec les enfants, les factures, les loyers et l'angoisse.

Pendant des années, ces femmes croyaient que la distance constituait un mur infranchissable. Que la justice israélienne s'arrêtait aux portes de l'aéroport de Ben Gourion. Qu'une fois à l'étranger, le père était intouchable.

Elles avaient tort.

2,7 millions de dollars récupérés en deux ans

Loin des projecteurs, l'unité de recouvrement international de pensions alimentaires du Service d'Aide Juridique israélien opère avec une efficacité que ses propres bénéficiaires peinent parfois à croire. Entre 2023 et 2024, elle a réussi à recouvrer environ 2,7 millions de dollars auprès de débiteurs résidant à l'étranger des États-Unis à l'Australie, en passant par la Finlande, l'Ukraine et le Canada.

Derrière ce chiffre se cachent des dossiers qui tiennent parfois du roman. Un tribunal ukrainien ayant appliqué, en pleine guerre, un jugement de pension alimentaire israélien.

Une modification de politique en Australie permettant de transférer directement des fonds vers Israël. Et, cas particulièrement savoureux, un père américain contraint de régler intégralement sa dette alimentaire dans les minutes précédant l'embarquement de son vol après que les autorités israéliennes aient eu connaissance de son entrée sur le territoire et obtenu un gel de sa sortie.

Ariana, du New Jersey : de 6 000 à 76 000 dollars

À des milliers de kilomètres de la femme du nord d'Israël, Ariana Bloom, mère d'un fils de 23 ans et résidente du New Jersey, raconte une histoire en miroir. Elle n'était pas une épouse abandonnée en Israël, mais une mère américaine dont l'ex-mari avait fui vers Israël et refusait lui aussi de s'acquitter de ses obligations.

Pendant des années, Ariana avait cherché des solutions, essuyant refus et impasses. C'est par hasard, lors d'une recherche en ligne, qu'elle découvrit l'existence du mécanisme d'application internationale des pensions. « J'ai envoyé un e-mail, et en quelques heures ils m'ont répondu », raconte-t-elle, encore surprise par la célérité de la réaction. « C'était vraiment une bouffée d'air frais. »

La première intervention porta sur une dette de 6 000 dollars. Simple prise de contact, quelques mots échangés avec le débiteur et le paiement tomba. « Je n'y croyais vraiment pas », dit-elle.

Mais le second round fut autrement plus compliqué. La dette s'élevait cette fois à 76 000 dollars environ 60 % du total dû. Le débiteur avait dissimulé son adresse, multiplié les manœuvres dilatoires, rendu la procédure tortueuse.
C'est là qu'entre en scène Me Ruth Mislef-Tibi, avocate au Service d'Aide Juridique qui représenta Ariana dans cette bataille. « Elle est allée le chercher par quatre angles différents », résume la mère américaine. Jusqu'à obtenir par injonction judiciaire la localisation de l'adresse cachée. La dette fut finalement recouvrée.

Aujourd'hui, Ariana Bloom ne parle pas seulement d'argent récupéré. Elle parle de paix. « Il faut tout faire pour obtenir un règlement en une seule fois », dit-elle. « Ça te retire ce poids de dessus. C'est terminé. »

La mécanique d'une traque internationale

Me Daniel Raz, responsable national du domaine du statut personnel et du recouvrement de pensions auprès de débiteurs étrangers, décrit un travail qui dépasse de loin la simple procédure juridique. « Derrière chaque dossier, il y a parfois des années de combat, la confrontation avec des systèmes judiciaires étrangers, une bureaucratie internationale complexe, et parfois même des réalités sécuritaires difficiles. »

L'ingéniosité de l'unité réside notamment dans sa capacité à exploiter des traités bilatéraux que personne d'autre n'aurait songé à combiner.
Dans un cas récent, un débiteur qui avait d'abord été rattrapé en Finlande dont les tribunaux avaient appliqué un jugement israélien avait pris soin de se réinstaller au Canada, pays avec lequel Israël ne dispose d'aucun traité de réciprocité alimentaire.

Impasse ? Pas pour longtemps. Les avocats du district de Tel-Aviv ont eu l'idée d'exploiter le traité existant entre la Finlande et le Canada, en s'appuyant sur le jugement finlandais pour approcher les autorités canadiennes. Le dossier est en cours de traitement.

Dans un autre affaire traitée devant le tribunal aux affaires familiales de Tel-Aviv, un père dont le jugement de pension avait été prononcé à New York a été contraint, des années plus tard, de s'en acquitter devant un tribunal israélienavec en sus 15 000 shekels de frais de justice.

Plus spectaculaire encore : un dossier vieux de près de vingt ans, au terme duquel une dette alimentaire accumulée atteignait 1,2 million de shekels. Lorsque le débiteur est rentré en Israël, les avocats ont immédiatement obtenu le blocage de sa sortie du territoire via une procédure d'exécution forcée. Après des négociations judiciaires à plusieurs échelons, un accord a été signé : 560 000 shekels versés au titre de la pension de l'enfant  désormais majeur.

Le mur du silence que les femmes s'imposent

Me Ruth Mislef-Tibi, qui représente des femmes dans ces procédures depuis plusieurs années, souligne une réalité que les chiffres ne racontent pas : le nombre de femmes qui ne franchissent jamais la porte du cabinet.
« Dans plusieurs dossiers, mes clientes m'ont confié qu'elles avaient élevé leurs enfants seules pendant toutes ces années, confrontées à des difficultés économiques et psychologiques considérables, sans savoir qu'il existait une possibilité d'agir contre le père parti à l'étranger. »

G., elle, le dit avec la clarté de celle qui a attendu trop longtemps. « Je m'étais tellement habituée à cette situation que je ne m'imaginais plus autrement. » Quand son ex-mari a tenté de la dissuader de poursuivre la procédure, elle n'a pas cédé. « Je lui ai dit : tout ce qui se dit, se dit devant un avocat. Je ne discute de rien. Aucun accord, aucune décision. »

L'affaire s'est conclue par un accord : G. a obtenu la moitié du bien immobilier que son ex-mari détenait en Israël. « Je suis heureuse de l'avoir fait », dit-elle. « Je conseille à toutes d'y aller sans attendre. Ne faites pas comme moi, ne vous laissez pas berner pendant des années. Si j'avais su que cette aide existait à l'époque, j'y serais allée immédiatement. »

Quand la justice sait traverser les océans

Ce que révèle ce reportage de Ynet dépasse la question technique des conventions bilatérales et des procédures d'exécution internationale. Il met en lumière une réalité méconnue : l'État d'Israël s'est doté, discrètement, d'un outil juridique efficace pour défendre des femmes que la géographie semblait avoir condamnées à l'impuissance.

La distance n'est plus une protection. Un passeport étranger n'est plus un bouclier. Et un père qui pense avoir mis un océan entre lui et ses obligations pourrait bien, un jour, se retrouver bloqué à l'embarquement contraint de régler sa dette avant de prendre son vol.

Ariana Bloom formule la conclusion avec une économie de mots qui vaut tous les plaidoyers :
« J'étais en prison à perpétuité. » Elle ne l'est plus.

Pour contacter le Service d'Aide Juridique du ministère israélien de la Justice concernant le recouvrement international de pensions alimentaires : www.gov.il/fr

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