Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

La planète ARKA : Avant la NASA, le Zohar connaissait déjà les sept mondes habités de l’univers

La planète ARKA : Avant la NASA, le Zohar connaissait déjà les sept mondes habités de l’univers

ARKA — אַרְקָא

I -La planète oubliée de la Torah : ce que le judaïsme sait des autres mondes habités

Par une synthèse des sources bibliques, du Zohar et de la tradition kabbalistique

Il existe dans la Torah un verset que presque personne ne remarque. Un verset isolé, seul de son espèce, rédigé dans une langue différente du reste du livre.
Un verset qui parle d'un monde que nous n'habitons pas. Ce verset est la porte d'entrée vers l'un des secrets les mieux gardés du judaïsme : l'existence d'une autre Terre, habitée, gouvernée, distincte de la nôtre  que la tradition appelle Arka.

 Le verset énigmatique de Jérémie :  Jérémie 10:11

Le prophète Jérémie écrit son livre en hébreu. Mais soudain, au chapitre 10, verset 11, la langue change sans explication. Ce verset unique est rédigé en araméen  la langue du Zohar, la langue des mystères.

Les traductions courantes donnent ceci :
"Vous leur direz : Les dieux qui n'ont fait ni les cieux ni la terre disparaîtront de la terre et de sous les cieux."

Mais la traduction littérale mot à mot de l'araméen révèle quelque chose de radicalement différent. Le texte ne dit pas simplement "la terre"  il emploie deux mots distincts : Arqa (אַרְקָא) et Area (אַרְעָא). Or en araméen, le mot normal pour désigner notre terre est Area.
Alors pourquoi Arqa ?

La traduction exacte devient : "Ces dieux qui n'ont créé ni les cieux ni Arka disparaîtront de Area"  c'est-à-dire : ils seront bannis de notre monde, notre Terre.
Arka et notre Terre sont donc deux choses distinctes.

Pourquoi Jérémie a-t-il écrit ce verset en araméen ? Le Zohar l'explique : afin que les anges ne le comprennent pas. Car si les anges avaient entendu ce verset en hébreu, ils auraient cru que "ces dieux" les désignaient eux, et ils auraient attaqué les hommes par jalousie. L'araméen est ici une langue de protection, un voile jeté sur un secret cosmique.

II. La cosmologie des sept Terres Zohar, Béréchit 40a

Pour comprendre Arka, il faut d'abord comprendre que le judaïsme du moins dans sa dimension ésotérique ne conçoit pas la réalité comme un monde unique et plat.
Le Zohar enseigne qu'il existe sept Terres, emboîtées comme les couches d'un oignon, chacune avec ses habitants, ses lois, sa lumière propre.

Ces sept niveaux ont des noms :

Eretz — Le niveau le plus bas, le plus dépouillé, plongé dans les ténèbres permanentes.
C'est là qu'Adam fut relégué après l'expulsion du Jardin d'Éden. Ne vous méprenez pas sur ce nom : Eretz utilisé ici comme nom propre dans ce système n'est pas notre "Eretz Israël" du langage courant c'est le nom technique du niveau le plus bas dans la hiérarchie ésotérique.

Adamah — La "terre rouge", monde intermédiaire sombre. Dam veut dire sang en hébreu

Gay — La vallée, le creux.

Neschia — La terre de l'oubli.

Tzia — La terre aride, desséchée.

ArkaLa sixième Terre. Le monde de Caïn et de ses descendants.

Tevel — La septième et plus haute Terre. Notre monde. Celui où nous vivons.

Voilà pourquoi le Zohar dit que nous vivons en Tevel, et non en Eretz au sens ésotérique : dans cette classification, Eretz désigne le niveau le plus bas, et Tevel le plus élevé. Quand vous dites Eretz Israël dans la vie courante, vous utilisez le mot hébreu ordinaire.
Quand le Zohar dit Eretz, il parle d'un plan d'existence inférieur au nôtre. Ce sont deux registres de langage qui ne se contredisent pas ils ne parlent simplement pas de la même chose.

Chacun de ces sept mondes est habité.
Le Zohar précise : "En chacun de ces endroits, il y a des créatures qui connaissent l'existence de D.ieu, sans pour autant être capables d'atteindre notre niveau de connaissance. Les créatures qui y vivent sont différentes les unes des autres.
Certaines sont revêtues de vêtements, d'autres d'écorces. Certaines écorces sont rouges, d'autres noires, blanches, ou bariolées."

III. Arka — Description physique d'un autre monde

Ce que le Zohar dit d'Arka est d'une précision saisissante pour un texte ésotérique.

La géographie de la lumière. Arka est divisée en deux parties permanentes : l'une constamment inondée de lumière, l'autre perpétuellement plongée dans les ténèbres.
Pas de jours, pas de nuits au sens où nous les connaissons une dualité figée, absolue.
Cela ressemble étrangement à ce que la science moderne appelle une planète en rotation synchrone  une planète dont une face est toujours tournée vers son soleil, l'autre toujours dans l'ombre. Comme la Lune face à la Terre.

Les constellations. "Vue d'Arka, la disposition des constellations est différente de celle que nous apercevons de notre Terre." Voilà un détail remarquable.
Les constellations changent de forme et de position selon l'endroit d'où on les observe dans l'univers. Ce fait astronomique, énoncé dans un texte ancien, implique qu'Arka se situe à une position différente de la nôtre dans l'espace.

Les saisons. "Les saisons et les semailles y sont différentes des nôtres ; elles ne s'y renouvellent qu'au bout d'un nombre considérable d'années et de siècles."
Une année sur Arka correspondrait à des dizaines, voire des centaines d'années terrestres.
Cela suggère une orbite immensément plus longue autour de son étoile une planète lointaine, froide pour sa face sombre, brûlante pour sa face illuminée.

Les deux chefs. Avant l'arrivée de Caïn, deux êtres gouvernaient Arka l'un régnant sur la partie lumineuse, l'autre sur la partie sombre et ils étaient en guerre permanente l'un contre l'autre. Arka était un monde en conflit intérieur perpétuel, miroir cosmique de la dualité.

IV. Caïn sur Arka Pourquoi ? Comment ?

La Genèse dit que Caïn, après avoir tué Abel, fut exilé "au pays de Nod" (Genèse 4:16). Le Zohar dit quelque chose de bien plus vertigineux : "Caïn se trouva soudainement sur Arka, sans savoir par qui il avait été transporté."

Ce n'est pas un voyage. Ce n'est pas une marche vers l'est. C'est une translation soudaine et involontaire vers un autre plan d'existence.

Pourquoi Arka ? Dans la pensée kabbalistique, l'âme habite le monde qui correspond à sa densité spirituelle. Caïn a commis le premier meurtre de l'histoire il a éteint le "souffle" (Hevel, son frère dont le nom même signifie vapeur éphémère).
Par cet acte, son âme a subi une chute vers un niveau inférieur au nôtre. Non pas l'enfer Arka n'est pas la Géhenne. Mais un monde de dualité, de conflits, de conscience limitée. Un monde à son image spirituelle du moment.

Il y a aussi une logique profonde : Caïn était lui-même un être de dualité. Il avait offert à D.ieu, puis il avait tué. Il était capable de lumière et de ténèbres. Arka, monde coupé en deux  une moitié de lumière perpétuelle, une moitié d'ombre éternelle est le monde qui lui correspond.

Il y arrive et, fait extraordinaire, unifie les deux chefs en guerre.
Lui, l'homme de la dualité, réconcilie les deux forces antagonistes d'Arka.
Les deux chefs réalisent alors qu'ils lui doivent leur existence qu'ils sont en quelque sorte ses "enfants spirituels." Ils fusionnent en un seul être à deux têtes, alternant entre lumière et ombre selon les cycles d'Arka.

Caïn engendre sur Arka une descendance. Mais il a également laissé une descendance sur Tevel notre monde. Genèse 4:17 mentionne qu'il "connut sa femme" et eut un fils nommé Hénoch. Ces deux lignées celle d'Arka et celle de Tevel coexistent. Ce sont deux humanités parallèles issues du même ancêtre.

V. Qui habite Arka aujourd'hui ?

Les habitants actuels d'Arka sont, selon le Zohar, les descendants de Caïn engendrés sur ce monde êtres humanoïdes, conscients de D.ieu mais d'une spiritualité limitée. Ils vivent sous l'influence des deux chefs fusionnés, oscillant entre lumière et ombre à chaque cycle.

Le Zohar ajoute un détail troublant : les deux chefs remontent régulièrement vers notre monde. "Ils traversent le grand océan, s'élèvent dans les airs et vont visiter pendant la nuit Naamah, la mère des démons. Puis ils retournent à Arka où ils excitent les petits-fils de Caïn, en leur suggérant des pensées de luxure." Il y a donc une circulation entre les mondes  Arka n'est pas hermétiquement close. Ses gouvernants viennent sur Tevel. Ils en repartent.

Naamah est ici une figure cruciale. Sur Tevel, dans la lignée terrestre de Caïn, il y a une femme nommée Naamah, sœur de Tubal-Caïn  le premier forgeron des armes de fer et d'airain. Le Zohar fait d'elle la mère des démons, l'être qui séduit et corrompt les hommes depuis le déluge jusqu'à nos jours. La lignée caïnite terrestre, avec ses géants de la technologie (Tubal-Caïn invente les armes) et ses séductrices (Naamah), et la lignée d'Arka, peuplée de descendants aux écorces bariolées, sont les deux bras d'un même héritage spirituel lourd.

VI. La rencontre — Zohar, Béréchit 157a

Il y a dans le Zohar un passage que l'on peut qualifier de premier récit de contact de la littérature sacrée.

Deux sages de l'ère de la Michna Rabbi Hiya et Rabbi Yossé voyagent. Ils s'arrêtent pour se reposer sur un rocher fendu. Soudain, un homme surgit de la fissure du rocher. Il leur raconte qu'il vient d'Arka. Il pose aux sages des questions sur notre monde.

Rabbi Yossé lui répond : "Le nom de notre Terre est Erets, car c'est ici que réside la vie, c'est d'ici que naît le pain."

Aussitôt qu'il eut cessé de parler, l'habitant d'Arka disparut dans la fissure du rocher.

Ce texte est d'une sobriété stupéfiante. Pas d'élaboration dramatique, pas de miracle une rencontre brève, factuelle, entre deux sages et un être d'un autre monde.
La fissure du rocher est le passage ce que nous appellerions aujourd'hui un point de contact entre dimensions. La communication est possible mais fugace, non maîtrisable, non reproductible à volonté.

Le Zohar ne donne aucune méthode pour provoquer ce contact. Il ne s'agit pas d'une technique  ni de méditation, ni de prière spéciale, ni de cérémonie. Le contact survient. C'est tout. Ce qui suggère qu'il relève d'une disposition providencielle, pas d'un accès humain ordinaire.

VII. Extra-terrestres ou Sous-terrestres ?

La question que tout le monde pose aujourd'hui est : les habitants d'Arka sont-ils des extraterrestres ?

Le Rav Zamir Cohen, autorité rabbinique contemporaine, aborde directement cette question. Il cite le Zohar et conclut avec humour : "On se demande s'il y a des extraterrestres. Le Zohar répond qu'il y a des sous-terrestres." Arka n'est pas au-dessus de nous dans l'espace elle est en dessous de nous dans l'échelle spirituelle de l'existence.

Mais plusieurs penseurs modernes posent une question légitime : ces "niveaux" spirituels ne pourraient-ils pas aussi correspondre à des localisations physiques dans l'univers ?
Le Zohar décrit Arka avec des caractéristiques astronomiques très précises constellations différentes, années d'une durée considérable, planète en rotation synchrone. Ce ne sont pas des métaphores. Ce sont des données.

En 2017, la NASA a découvert le système TRAPPIST-1, à 39 années-lumière, composé de sept planètes rocheuses. Plusieurs sont en rotation synchrone avec leur étoile une face toujours éclairée, une face toujours sombre. Les saisons y durent des durées sans commune mesure avec les nôtres. La ressemblance avec la description du Zohar a été relevée par plusieurs commentateurs contemporains.

La Torah, rappellent les sages, n'a pas pour vocation de faire de la science. Mais la science, parfois, rejoint la Torah.

 

VIII -Le paradoxe de Tevel : pourquoi le monde le plus élevé abrite-t-il les pires individus ?

On pourrait légitimement s'interroger : si Tevel est le monde le plus élevé des sept terres, pourquoi y côtoie-t-on les individus les plus malfaisants, les plus profondément corrompus ?
La réponse est précisément dans cette élévation. Tevel est le seul monde où existe le libre arbitre authentique le bechira.
Sur les six autres terres, les créatures sont ce qu'elles sont, fixées dans leur nature, sans possibilité réelle de choix.
Sur Arka, les descendants de Caïn vivent sous l'emprise de leurs deux chefs, conscients de D.ieu mais incapables de s'en rapprocher davantage  ils ne peuvent ni s'élever ni chuter vraiment.

Tevel seul autorise ce mélange vertigineux du pire et du meilleur, parce que c'est ici, et nulle part ailleurs, qu'un être peut traverser ses propres ténèbres pour choisir la lumière.
Le malfaisant qui prospère sur Tevel n'y est pas par erreur divine il y est parce que tant qu'il vit, la porte de la Téchouva, du retour et de la réparation, lui reste ouverte.

L'expédier sur un monde inférieur serait lui retirer cette chance. C'est donc paradoxalement parce que Tevel est le plus haut qu'il contient les plus grands saints et les pires criminels : l'amplitude des extrêmes est le prix de la liberté, et la liberté est la condition de tout sens.

IX. Ce que le judaïsme retient  et ce qu'il écarte

Face à ces textes, la tradition rabbinique maintient une position nuancée.

D'un côté, elle ne nie pas. Elle ne peut pas nier  les textes sont là, dans le Zohar, dans les Préliminaires du folio 9a, commentés par des autorités de premier rang. L
e Rav Pinchas Eliyahou de Vilna, auteur du Sefer HaBrit au XVIIIe siècle, est l'un des premiers à en tirer explicitement la conclusion qu'il pourrait exister des formes de vie ailleurs.

De l'autre, la tradition met en garde contre une fascination qui détournerait de l'essentiel. Le seul monde dont nous sommes responsables est Tevel notre monde. Arka nous concerne dans la mesure où elle éclaire notre propre nature, notre propre dualité, notre propre héritage caïnite.

Car au fond, le grand message d'Arka n'est pas cosmologique il est moral. Chaque être humain porte en lui la même dualité qu'Arka : une face de lumière, une face d'ombre. Caïn n'est pas seulement un ancêtre lointain  il est une possibilité inscrite dans chaque âme. La question posée par ces textes n'est pas "existe-t-il d'autres mondes ?" mais "dans quel monde intérieur habitons-nous ?"

Sources primaires

Jérémie 10:11 — Verset araméen, seul dans le livre, mentionnant Arqa distincte de Area.

Zohar, Béréchit, folio 9a-9b — Description des sept terres, exil de Caïn sur Arka, les deux chefs, la géographie duale, les constellations différentes.

Zohar, Béréchit, folio 40a — Liste des sept terres : Eretz, Adamah, Gay, Neschia, Tzia, Arka, Tevel.

Zohar, Béréchit, folio 157a — La rencontre de Rabbi Hiya et Rabbi Yossé avec un habitant d'Arka.

Sefer HaBrit, Rabbi Pinchas Eliyahou de Vilna, ch. 3 §3 — Commentaire sur Juges 5:23, la malédiction de Méroz et ses habitants, et la possibilité d'une vie sur d'autres astres.

Tikounei Zohar, Pata'h Eliyahou — Cité par le Rav Charabi pour affirmer que la vie telle que nous la connaissons n'existe que sur Tevel.

Cet article ne prétend pas résoudre ce que deux millénaires de commentateurs ont laissé ouvert. Il prétend seulement restituer fidèlement ce que les textes disent et laisser au lecteur le soin de mesurer la profondeur du silence qui suit.

 

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

Bougez ou vos enfants couleront” : l’appel brutal d’une journaliste israélienne aux parents

Bougez ou vos enfants couleront” : l’appel brutal d’une journaliste israélienne aux parents

Elle retire son fils de l'école : le coup de gueule fracassant de Linoy Bar Geffen contre l'Éducation nationale israélienne

La journaliste et animatrice Linoy Bar Geffen a lâché une bombe sur les réseaux sociaux.
Dans un post Facebook cinglant publié ce mardi, elle annonce qu'à la rentrée prochaine, son fils Ranen, 11 ans, ne remettra plus les pieds dans un établissement scolaire.
Sa décision : le scolariser à la maison, avec un programme qu'elle construira elle-même grâce à l'intelligence artificielle.
Un acte radical, posé dans un contexte de crise profonde du système éducatif israélien, après la publication de résultats scolaires catastrophiques qui ont valu au ministre de l'Éducation Yoav Kish une avalanche de critiques.

«L'école n'est qu'une façade»

Bar Geffen ne prend pas cette décision du jour au lendemain.
Elle explique que la rupture avec l'école publique s'est amorcée bien plus tôt, presque dans la discrétion. «En réalité, nous entamons ce processus de séparation depuis le cours élémentaire, quand j'ai compris que l'école n'était qu'une coquille vide, un Versailles de carton-pâte», écrit-elle. Dès le CP, elle avait commencé à retirer son fils de l'école deux jours par semaine, puis trois L'annonce récente de sa maîtresse qu'elle prenait sa retraite a été le dernier facteur qui a rendu toute hésitation inutile.

Un enfant qui apprend sans l'école

Ce qui rend son témoignage particulièrement percutant, c'est ce qu'elle décrit de la formation que son fils a reçue en dehors des salles de classe.
Pendant les nombreuses heures passées loin des bancs de l'école, Ranen a étudié les mathématiques et les sciences à un niveau de troisième.
Son anglais dépasse celui d'un collégien passionné de jeux vidéo et ce sont précisément ces jeux que Bar Geffen réhabilite avec force : «Les écrans et le gaming qu'on vous a présentés comme des dangers ? C'est un outil formidable pour apprendre à lire et écrire en anglais.

Les enfants communiquent avec leurs pairs du monde entier.» Son fils maîtrise la théorie de l'évolution, l'histoire de l'esclavage et la guerre de Sécession américaine, l'Égypte ancienne et ses liens avec le peuple juif, l'histoire des guerres d'Israël, et se plonge aujourd'hui dans la mythologie grecque. Le tout, précise-t-elle, choisi en concertation avec lui.

L'intelligence artificielle comme nouvelle institutrice

Bar Geffen ne s'arrête pas là. Elle s'attaque directement à l'argument de l'indispensabilité du système : «Je n'ai plus besoin du ministère de l'Éducation. Élaborer un programme scolaire annuel ne prend qu'une semaine de travail, sans même forcer, grâce à l'intelligence artificielle.»

Une affirmation provocatrice, mais assumée.
Elle anticipe l'objection habituelle «mais que font les parents qui ne peuvent pas enseigner ?» — et la balaie : «La majorité le peut. Ceux qui choisissent d'en faire une priorité y arrivent. Les autres, non.»
Elle ne craint pas non plus la visite de l'inspection scolaire. Son fils passe déjà de longues portions de ses journées de cours en dehors de l'école depuis des années, et personne n'a jamais frappé à sa porte au contraire, dit-elle avec une ironie mordante, elle a eu droit à des félicitations pour avoir réduit les effectifs.

Un appel aux parents, une sentence pour le système

Le post se conclut sur une charge frontale contre les institutions. Bar Geffen dit vouloir continuer à militer pour la fermeture du ministère de l'Éducation, sa refonte totale, et sa réouverture au bénéfice de tous. Mais en attendant, son message aux parents est sans ambiguïté et sans ménagement : «Vous seuls, les parents, pouvaient sauver vos enfants de ce naufrage. Bougez ou ils couleront.»

Une voix parmi d'autres, mais plus radicale

Bar Geffen n'est pas seule à élever la voix en ce moment.
La veille, Rotem Sela avait elle aussi pris position sur les réseaux sociaux, partageant son indignation devant ses 1,2 million d'abonnés :
«L'une des conséquences les plus graves et les plus tristes de ce gouvernement», avait-elle écrit. Mais là où Sela exprime une colère collective, Bar Geffen, elle, passe à l'acte. Et c'est précisément cette différence entre la protestation et la rupture qui rend son geste aussi retentissant.

Un système à bout de souffle

Bar Geffen et Sela ne sont pas des voix isolées dans le vide.
Elles sont l'expression publique d'une frustration qui couvait bien avant leur prise de parole.
À la rentrée 2025-2026, le ministère de l'Éducation faisait face à une pénurie massive de personnel : 488 postes d'enseignants restaient vacants, dont 216 dans les matières fondamentales, forçant des établissements à réduire leurs heures de cours ou à confier deux classes à un seul enseignant.
La situation avait même atteint l'absurde : quatre cadres dirigeants avaient annoncé leur démission à la veille de la rentrée, parmi lesquels deux inspecteurs nationaux d'anglais nommés moins d'un an auparavant,laissant le ministère sans supervision pour l'enseignement de cette matière stratégique.

Des enseignants qui fuient

La crise des salaires a tout accéléré. En mai 2025, une grève nationale avait éclaté après que le ministère des Finances avait décidé de réduire les salaires du gouvernement de 3,3 % dans le contexte de la guerre à Gaza, poussant des centaines d'établissements à fermer leurs portes.
Le salaire de départ d'un enseignant en Israël ? 9 000 shekels par mois un chiffre que les enseignants expérimentés peuvent presque doubler, mais seulement après trente ans de carrière. Dans ce contexte, la fuite des vocations n'a rien d'étonnant.

Un budget détourné de l'essentiel

Sur le plan politique, le ministre Kisch n'a pas choisi la voie de l'apaisement pédagogique. Il a lancé une réforme baptisée « Racines. Le programme national pour les identités juives et sionistes », rendant obligatoire une heure hebdomadaire d'étude biblique pour tous les lycéens, et faisant passer la part du budget consacrée aux études juives de 1 % à 4 % des fonds pris ailleurs, dans des matières déjà exsangues.

L'Organisation nationale des parents d'élèves a dénoncé un préjudice supplémentaire qui ne ferait qu'accentuer des lacunes déjà existantes, alors même que les enfants sont confrontés à des manques dans tous les domaines.

Des parents qui craquent, en public

La guerre a amplifié chaque fissure. L'actrice Meshi Kleinstein avait déjà interpellé l'opinion depuis Instagram lorsque le gouvernement avait autorisé la réouverture des lieux de travail tout en maintenant les écoles fermées :

« Quel pays délirant. Qui s'occupe des enfants lorsque les parents retournent au travail ? »
Des parents dans les rues, des célébrités en colère sur les réseaux, une Organisation nationale des parents qui crie dans le vide et des enseignants qui démissionnent en silence ce n'est pas un simple mécontentement conjoncturel. C'est un système qui a perdu la confiance de ceux qu'il est censé servir en premier lieu.
Et quand des parents comme Linoy Bar Geffen décident de le contourner plutôt que de l'attendre, c'est peut-être le signal le plus honnête que cette confiance est brisée pour de bon.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

Bruno Verjus : L'ovni de la gastronomie mondiale, prend la défense d'Israël

Bruno Verjus : L'ovni de la gastronomie mondiale, prend la défense d'Israël

Quand les grands chefs du monde se taisent ou s'alignent, lui parle. Bruno Verjus, favori pour le titre de meilleur restaurant au monde, ose ce que peu osent : prendre publiquement la défense d'Israël. Portrait d'un ovni culinaire qui n'a jamais fait comme tout le monde
L'ovni de la gastronomie mondiale qui ose défendre Israël

Dans un monde culinaire où les grands chefs soignent leur image internationale avec une prudence millimétrée, Bruno Verjus fait exactement l'inverse. Celui qui s'apprête peut-être à décrocher le titre de meilleur restaurant au monde n'a pas attendu d'être au sommet pour dire ce qu'il pense sur Israël, sur la guerre, sur l'hypocrisie ambiante des capitales européennes. Et il le dit sans filtre, sans calcul, au risque de tout perdre.

"Vous êtes la victime" quand un chef dit ce que les autres taisent

À l'heure où les personnalités publiques et a fortiori les chefs internationaux en lice pour les plus hautes distinctions mondiales  s'alignent prudemment sur le courant anti-israélien dominant ou se murent dans un silence confortable, Verjus choisit la ligne de front.

Il ne s'excuse pas, ne nuance pas à l'infini, ne sort pas la langue de bois diplomatique habituelle. « C'est terrible que les gens aient ces critiques contre Israël. Si pareille situation se produisait en France, que des centaines ou des milliers de personnes soient assassinées et enlevées, on dirait juste "d'accord, merci et pardon" ? Non.Ce qui s'est passé avec le Hamas n'était pas votre choix. Vous êtes la victime. »

Ces mots, prononcés publiquement par un homme dont le restaurant figure au 8e rang mondial et qui est le grand favori pour la première place cette année, ont un poids particulier. Parce qu'il sait très bien ce qu'ils lui coûtent.

Verjus a visité Israël à plusieurs reprises et en parle avec une chaleur non feinte.
« Vous êtes des gens formidables parce que vous avez quelque chose que nous devons tous apprendre : que la vie peut être très courte, alors il faut en profiter à chaque instant. Et quand vous êtes à Tel Aviv, c'est exactement ce que vous ressentez. »
Dans la bouche d'un homme qui a construit toute sa philosophie culinaire autour du goût de vivre et du partage, ce n'est pas un slogan c'est une conviction profonde.

Un parcours qui défie toutes les règles

Ce qui rend la prise de position de Verjus encore plus singulière, c'est le personnage lui-même  un homme qui n'a jamais rien fait comme tout le monde.
La haute gastronomie parisienne obéit à un itinéraire balisé et impitoyable : commencer à éplucher des pommes de terre à seize ans, passer par le Cordon Bleu, travailler sous des chefs étoilés, ouvrir son propre établissement à la trentaine. Bruno Verjus est l'anomalie la plus éclatante de cette règle.

L'essentiel de sa vie professionnelle n'a rien à voir avec une cuisine. Homme d'affaires accompli dans le secteur pharmaceutique, entrepreneur habitué aux conseils d'administration et aux voyages en Asie, il a vécu sa passion pour la table comme un hobby un blog sur les produits bruts et l'agriculture, une fréquentation obsessionnelle des bonnes tables, des années de terrain chez des pêcheurs, des éleveurs, des maraîchers.

Ce n'est qu'à 54 ans qu'il a tout quitté pour ouvrir Table, dans le 12e arrondissement de Paris.
« Je suis le plus jeune des vieux chefs », dit-il avec un sourire. « Une crise de la cinquantaine ? Peut-être. »

La philosophie du produit roi

Sans diplôme de cuisine, mais avec une connaissance intime des matières premières que peu de chefs formés peuvent lui envier, Verjus a construit un restaurant autour d'une idée simple et radicale : le produit d'abord, toujours, sans artifice.
La salle est conçue comme un long comptoir ouvert où les convives s'assoient face aux cuisiniers, assistant à la préparation comme à un théâtre vivant.
Pas de techniques moléculaires alambiquées, pas de dressages excessifs. « Ma philosophie, c'est que chaque assiette doit exister parce que vous avez envie de manger ça et de le partager avec les gens que vous aimez. »

Ce pari tardif lui a rapporté gros. L'industrie de la restauration mondiale, généralement impitoyable envers les outsiders, a dû s'incliner : Table détient aujourd'hui deux étoiles Michelin et l'Étoile Verte pour son engagement en faveur de la durabilité et du travail direct avec de petits producteurs.

Le dessert le plus photographié de Paris

L'expérience se vit naturellement au prix de son rang — autour de 500 euros par convive pour le menu dégustation baptisé « Couleurs du Jour », renouvelé chaque jour au gré des arrivages. Ce droit d'entrée ouvre les portes d'un univers où homard bleu, truffes rares et viandes soigneusement maturées sont servis dans toute leur splendeur naturelle, accompagnés d'une des cartes des vins les plus complètes de Paris.

Le plat signature de Table, la tartelette chocolat-caviar, est sans doute le dessert le plus commenté et le plus photographié de la capitale.
Une pâte sablée d'une finesse absolue, une crème de chocolat noir intense à base de fèves de cacao rares du Pérou, le twist brillant de câpres salées, et une généreuse cuillère de caviar de luxe posée sur le tout. « Si vous ne savez pas quoi faire d'une assiette, vous terminez et vous mettez du caviar, et ça devient wow », s'amuse Verjus.

Favori pour le titre suprême

Lors du dernier classement des World's 50 Best Restaurants, Table a intégré la 8e place mondiale. Cette année, la bourse des paris du monde culinaire désigne Verjus comme le grand favori pour ravir la première position. Lui ne s'en émeut pas :
« Je ne suis pas stressé, ça m'est égal, je vais être numéro 1, j'en suis certain. » Roei Yerushalmi, rédacteur en chef du site gastronomique Rex, résume bien l'ampleur du personnage :

"L'histoire d'un entrepreneur pharmaceutique reconverti en chef étoilé est une source d'inspiration immense. Et le fait qu'il soit la voix la plus marquante du monde culinaire en faveur d'Israël, avec le prix que cela lui coûte, mérite toute l'admiration du monde."

Un ovni, décidément, dans tous les sens du terme.

D'aprés l'article original sur Mako.co.il de Liran Shabtai

 

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

Noam Bettan : l'enfant de Grenoble qui a renversé l'Europe et cette "Michelle" qui intrigue encore

Noam Bettan : l'enfant de Grenoble qui a renversé l'Europe et cette "Michelle" qui intrigue encore

Qui est vraiment Noam Ben, l'enfant de Grenoble qui chante pour Israël ?

Derrière le prénom et la scène de l'Eurovision se cache un parcours singulier, celui d'un enfant de deux mondes. Noam Bettan est né le 5 mars 1998 à Ra'anana, au sein d'une famille juive française.
Ses parents, originaires de Grenoble, ont quitté la France pour s'installer en Israël dans les années 1990, emmenant avec eux ses deux grands frères.

De cette double appartenance, il a fait un atout artistique et identitaire total. Il se décrit lui-même comme un artiste partagé entre deux cultures :
"Je suis Français : la moitié de mon cœur est française et l'autre moitié israélienne." Trilingue — hébreu, français, anglais  sa carrière musicale débute vraiment après son service militaire.

En 2018, il participe au talent show Aviv ou Eyal où il finit troisième, puis en 2021, il sort son premier single Ba'ir Sheli (Dans ma ville), qui rencontre un vrai succès sur les plateformes de streaming. En 2023, son premier album Me'al HaMayim (Au-dessus de l'eau) atteint la 21e place du classement Spotify Israël. C'est ensuite en remportant le télécrochet HaKokhav HaBa  l'équivalent israélien de Rising Star qu'il décroche son billet pour Vienne. Une ascension méthodique, portée par un artiste qui sait exactement qui il est, et d'où il vient.

"Michelle" : une chanson d'amour, ou une déclaration à la France ?

Le choix du titre n'a pas manqué d'alimenter les spéculations. Michelle prénom français, résonnances universelles  a immédiatement fait naître une théorie persistante : et si Michelle, c'était la France elle-même ?

La rumeur a circulé, nourrie par les évidences biographiques de Noam Bettan et son attachement affiché à la culture française.

La réalité est à la fois plus simple et plus subtile. Michelle est une ballade classique sur un amour toxique entre le chanteur et la femme du même prénom.
Mais le choix de ce prénom résolument français, dans une chanson qui comporte des passages en français, en hébreu et en anglais, et se présente comme une ode à l'amour cosmopolite, ne doit évidemment rien au hasard.

La France tient une place centrale dans l'univers musical de Noam Bettan : c'est grâce à son interprétation de Formidable de Stromae qu'il s'est révélé lors de ses premières participations télévisées, avant de reprendre Dernière Danse d'Indila en finale de HaKokhav HaBa  la chanson qui lui a ouvert les portes de l'Eurovision.

Quant à ses ambitions hexagonales, Noam Bettan ne les dissimule pas : "Un de mes rêves, c'est de venir en France et d'y faire de la musique, en français." Alors, Michelle est-elle la France ? Officiellement non. Mais symboliquement, difficile de faire la part des choses chez un artiste dont la moitié du cœur, comme il le dit lui-même, bat en français.

Noam Ben : le lendemain d'une deuxième place qui a ébranlé l'Europe

Il y a des retours au pays qui ressemblent à des atterrissages en douceur. Celui de Noam Ben n'est pas de ceux-là. Quand le jeune chanteur israélien a posé pied sur le sol de son pays natal, au lendemain de l'Eurovision 2026, c'était avec dans les bagages quelque chose que peu d'artistes israéliens ont ramené de ce concours : une deuxième place. Pas une consolation. Un véritable choc collectif, une performance qui a sidéré autant le public israélien que le reste de l'Europe.

Une semaine à couper le souffle

Pour comprendre l'état dans lequel se trouve Noam Ben à son retour, il faut se rappeler ce qu'il vient de traverser. Une semaine d'Eurovision, c'est une machine à adrénaline permanente.
Les répétitions, les interviews, les pressions diplomatiques qui entourent toujours la participation israélienne à ce concours, la scène, les caméras, et enfin la grande finale.

Avec Michelle, sa chanson pour l'édition viennoise, Noam Ben a non seulement survécu à cette épreuve, il l'a dominée. La deuxième place obtenue à Vienne a propulsé Israël au sommet du classement européen, dans un concours où chaque point est arraché à la force de la conviction.

Lui-même l'admet volontiers dans la vidéo publiée à son retour : il lui faut encore du temps pour digérer ce qui s'est passé. "Je commence à assimiler l'expérience que nous avons vécue à l'Eurovision", confie-t-il à ses fans, l'air encore habité par la fièvre de ces jours à part.

Sur la route vers le président

À peine rentré en Israël, pas de répit. La première étape officielle de l'après-Eurovision de Noam Ben, c'est une rencontre avec le président Isaac Herzog. Un honneur qu'il ne minimise pas. "Je suis en route pour rencontrer le président, ce qui est un grand honneur", dit-il simplement, avec cette franchise qui est sa marque de fabrique.
Recevoir un artiste qui vient d'hisser son pays à la deuxième place du concours le plus suivi au monde, c'est en effet une démarche naturelle de la part du chef de l'État. Noam Ben n'en fait pas un événement, il le vit comme une suite logique, presque sereine, de cette semaine hors norme.

La reconnaissance d'un public qui ne lâche rien

Ce qui frappe dans les premières paroles de Noam Ben après son retour, c'est l'attention qu'il porte à ses fans. Avant de parler de lui, avant d'évoquer ses projets, il remercie. Longuement, sincèrement. "Je veux profiter de l'occasion pour vous dire encore merci pour tout l'amour infini que vous m'avez donné et pour cette étreinte que je reçois de vous. C'est fou, c'est inimaginable, il me faudra un moment pour assimiler tout ça."
Le ton n'est pas celui du communiqué de presse. C'est un jeune homme qui parle à ceux qui l'ont porté, et qui mesure, peut-être pour la première fois pleinement, l'ampleur de ce qui vient de se produire.

Le public israélien, en effet, ne s'est pas contenté de regarder. Il a vibré, voté, espéré, et finalement célébré comme rarement depuis des années. La deuxième place de Noam Ben à l'Eurovision 2026 est aussi la leur.

Une pause bien méritée avant la suite

Mais après les honneurs, vient l'humain. Et l'humain, là, a besoin de souffler. "Dans quelques jours, je pars en petites vacances, parce que j'en ai besoin Dieu seul sait à quel point", confie Noam Ben avec un sourire qu'on imagine épuisé. Il ne cherche pas à paraître infatigable.

Il est honnête, et c'est précisément ce qui lui a valu l'affection que lui témoignent ses fans depuis des mois. Oui, il part se reposer. Oui, il en a besoin. Une semaine d'Eurovision ne s'absorbe pas en quelques heures.

Ce moment de retrait est aussi une forme de sagesse. Les artistes qui savent s'arrêter sont souvent ceux qui durent. Et Noam Ben, à en juger par ce qu'il vient d'accomplir, semble avoir les épaules pour une longue carrière.

Un avenir chargé de musique et de scènes

Le repos ne sera que temporaire. Noam Ben en est conscient, et ses fans aussi. Avant de raccrocher, il esquisse avec enthousiasme ce qui l'attend à son retour. "Devant nous, il y a un chemin passionnant avec beaucoup de nouvelle musique, énormément de concerts et de rencontres, et je suis très excité." Pas de détails, pas d'annonces fracassantes juste la promesse d'une suite à la hauteur de ce début d'année tonitruant.

La deuxième place à l'Eurovision n'est pas une fin. C'est, pour Noam Ben, le point de départ d'une trajectoire qui s'annonce longue et ambitieuse. Après Vienne, après le président, après les vacances méritées, c'est une nouvelle page qui s'ouvre. Et à en juger par ce que ce jeune chanteur a déjà accompli, elle s'annonce captivante.

Un moment dans l'histoire musicale d'Israël

On aura beau minimiser les enjeux symboliques du concours Eurovision, il reste l'une des plus grandes vitrines musicales que l'Europe offre à ses artistes. Finir deuxième, dans ce contexte, avec tout ce que la participation israélienne suppose de pressions et d'attentes, est une performance remarquable. Noam Ben, lui, semble l'avoir accomplie avec une légèreté et une sincérité qui forcent l'admiration. Il n'a pas gagné. Mais il a conquis. Et souvent, dans une carrière, c'est bien plus précieux.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

L'axe Jérusalem-Abou Dhabi : le grand succès stratégique d'Israël

L'axe Jérusalem-Abou Dhabi : le grand succès stratégique d'Israël

Il est des tournants que l'on ne voit pas venir. L'opération « Rugissement du Lion » n'a pas seulement été une réussite militaire elle a constitué un point de bascule stratégique là où personne ne l'attendait vraiment : dans la relation entre Israël et les Émirats arabes unis.

Sous la pression d'une attaque iranienne sans précédent au printemps 2026, ce qui n'était encore qu'un partenariat discret s'est mué en alliance opérationnelle assumée, visible, testée sous le feu. L'axe existe. La vraie question est désormais de savoir si Israël saura en faire un élément structurant du nouvel ordre régional en gestation.

Une relation bâtie dans l'ombre, révélée par la guerre

L'axe israélo-émirati ne s'est pas forgé en une nuit. Depuis les Accords d'Abraham en 2020, la relation s'est étoffée à un rythme soutenu : ouverture des ambassades, accords bilatéraux économiques et sécuritaires, approfondissement des liens civils.
Mais l'essentiel s'est joué sous la surface partage de renseignements, convergences doctrinales, élaboration progressive d'une perception commune des menaces.

La menace iranienne en constitue le ciment principal.
Pour Israël, c'est une menace stratégique directe et permanente. Pour les Émirats, c'est un défi régional complexe mêlant dimensions militaires, idéologiques et infra-étatiques.
Les attaques houthies de janvier 2022 avaient déjà marqué une inflexion.
Les événements de 2026 ont transformé cette convergence en réalité opérationnelle partagée.

Un bouclier aérien construit ensemble

Entre le 28 février et le 8 avril 2026, les Émirats arabes unis ont subi l'assaut le plus intense jamais enregistré dans le Golfe, constituant la cible principale des frappes iraniennes.

La capacité à absorber des tirs de grande ampleur reposait sur une architecture de défense multi-couches exceptionnelle, fruit d'une politique d'achat diversifiée et d'une résilience systémique patiemment construite.

Dans ce dispositif, les systèmes israéliens Barak 8 et SPYDER occupent une place de choix. Développés en Israël et déployés aux Émirats dès 2022 dans la couche intermédiaire de défense aérienne, ils ont fonctionné aux côtés de systèmes américains et sud-coréens un choix qui n'est pas qu'une solution technique, mais l'expression d'une vision stratégique plus large d'intégration multi-sources.

L'intérêt croissant des Émirats pour des solutions de protection civile développées en Israël traduit un glissement vers une conception élargie de la sécurité, articulant défense aérienne et protection décentralisée des arrières.
S'appuyer sur des systèmes israéliens en temps de guerre tout en voulant construire un dispositif de défense populaire calqué sur le modèle israélien : voilà ce qui marque une montée en gamme décisive dans la relation entre les deux pays.

Le moment inédit : Kippat Barzel déployé sur sol émirati

Le moment le plus dramatique est survenu en plein combat. Israël n'a pas simplement transmis un savoir-faire ou livré des équipements il a déployé sur le sol émirati une batterie du Dôme de Fer et y a envoyé du personnel pour l'opérer.
Un acte sans précédent dans les relations de défense entre Israël et un État du Golfe.
Ce geste marque le passage explicite d'une coopération technologique à un partenariat opérationnel en temps réel.
Et ses implications dépassent largement le champ militaire.
Peu après les combats, les Émirats ont annoncé leur retrait de l'OPEP.
Décision économique ?
Certes. Mais également acte hautement stratégique, intervenant dans le contexte d'une exposition sécuritaire inédite. Elle reflète une volonté affirmée de redéfinir la marge de manœuvre d'Abou Dhabi et de bâtir une politique étrangère véritablement autonome une politique fondée sur des partenariats nouveaux, flexibles, à forte coloration sécuritaire.
La cristallisation de l'axe israélo-émirati est là pour le confirmer.

Le Golfe de Somaliland à la mer Rouge, des intérêts qui se superposent

L'Iran n'est pas le seul point de convergence. Les intérêts stratégiques israéliens et émiratis se rejoignent sur une géographie bien plus large, qui s'étend de la mer Rouge au théâtre yéménite.

Sur le dossier du Somaliland, Israël a provoqué un séisme diplomatique mondial fin 2025 en reconnaissant officiellement son indépendance une décision motivée par l'intérêt d'Israël à disposer d'un acteur politique ancré sur les rives de la mer Rouge pour surveiller et contenir les menaces dans cette zone cruciale.

Les Émirats, sans reconnaître formellement le Somaliland, le soutiennent concrètement depuis des années, investissant des milliards de dollars dans ses infrastructures et finançant ses forces militaires, rompant ainsi avec le consensus arabe de négation de cette entité.

Les deux pays se retrouvent ainsi, une fois de plus, du même côté, formant un contre-poids au poids grandissant des Houthis sur l'autre rive de la mer Rouge.
Au Yémen, les Émirats ont par ailleurs intensifié leur influence directe sur le gouvernement yéménite légitime, s'écartant de la ligne saoudienne dominante pour défendre ses propres intérêts dans le Golfe et garantir la liberté de navigation et de commerce en mer Rouge.

Ce positionnement émirati autonome envoie à Israël un signal clair : Abou Dhabi est prête à aller à contre-courant du consensus du Golfe pour défendre des intérêts convergents.

Quand les Émiratis révèlent eux-mêmes l'alliance

À l'heure où ces lignes sont écrites, le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran demeure précaire, après le tir iranien de missiles balistiques en direction des Émirats.
La tension dans le Golfe illustre avec une précision saisissante la collision des intérêts entre Abou Dhabi et Téhéran. Selon des sources étrangères, des systèmes de défense israéliens ont intercepté ces missiles, évitant des dommages bien plus lourds aux infrastructures nationales émiraties.
Plus révélateur encore : un haut responsable émirati a confié à des médias étrangers qu'à la suite de cette attaque contre son pays, les Émirats s'attendaient à une frappe israélo-américaine contre Téhéran dans les vingt-quatre heures.
En disant cela publiquement, les responsables d'Abou Dhabi ont eux-mêmes levé le voile sur l'étroitesse de la coopération sécuritaire avec Israël.

La question n'est plus l'existence de l'axe, mais son avenir

L'opération « Rugissement du Lion » n'a pas créé l'axe israélo-émirati. Elle l'a soumis à l'épreuve du feu et cet axe en est sorti renforcé, visible, opérationnel.
La relation entre Israël et les Émirats arabes unis n'est plus un processus en devenir : c'est une infrastructure stratégique à part entière. Désormais, la vraie question n'est pas de savoir si cet axe existe. Elle est de savoir si Israël sera capable de l'ériger en composante structurante du nouvel ordre régional qui se dessine.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

Elon Musk promet : la Tesla autonome sur les routes d'Israël avant fin 2026, Miri Regev confirme

Musk promet : la Tesla autonome sur les routes d'Israël avant fin 2026

Musk promet : « J'espère que la Tesla autonome circulera en Israël d'ici la fin de l'année »

Ce lundi matin, plusieurs centaines de dirigeants du secteur des transports et des grandes figures de la mobilité intelligente se sont réunis pour la 9e édition du Samson International Smart Mobility Summit 2026, conférence internationale organisée sous l'égide du ministère israélien des Transports et de la Sécurité routière, en partenariat avec la Fondation Keren Hayesod. Parmi les intervenants, un nom a éclipsé tous les autres : Elon Musk, fondateur et PDG de Tesla, qui s'est exprimé en visioconférence en direct.

Musk en direct depuis les États-Unis, avec une promesse claire

Face à Daniela Gera Margalit, vice-présidente Innovation et Mobilité intelligente au ministère des Transports, Musk a abordé sans détour le sujet de la conduite autonome.
« Nous avons déjà des robotaxis qui circulent avec des passagers, sans chauffeur, au Texas »,
a-t-il déclaré, « et j'espère que cela s'étendra à tous les pays au cours de l'année à venir  y compris Israël. Je ne suis pas certain de l'état de la législation là-bas, mais je pense que l'on peut faire avancer les choses. »
Puis, en guise de conclusion, il a levé le voile sur son ambition : « Nous avons devant nous de grandes collaborations. J'espère qu'avant la fin de l'année, la Tesla autonome le FSD roulera aussi en Israël. »

Le FSD, une technologie déjà à l'œuvre dans le monde entier

Le Full Self-Driving, ou FSD, n'est pas un concept de laboratoire. Le système de Tesla est aujourd'hui considéré comme l'une des technologies de conduite autonome les plus avancées au monde.
Il gère de manière indépendante la navigation urbaine dans toute sa complexité : reconnaissance des panneaux, arrêt aux feux rouges, changements de voie et stationnement. Actuellement opérationnel aux États-Unis, au Canada, au Mexique et en Australie, il vient de franchir une étape décisive en Europe : les Pays-Bas sont devenus, le mois dernier, le premier pays européen à autoriser le système, ouvrant ainsi la voie au reste des membres de l'Union européenne.

En Israël : un feu vert partiel, mais des freins réglementaires persistants

La route vers Israël est tracée, mais les obstacles ne manquent pas.
En février dernier, le ministère des Transports avait bien accordé à Tesla l'autorisation de lancer des essais du FSD sous supervision de conducteur.
Une avancée obtenue à la suite d'une pétition signée par des propriétaires de véhicules Tesla. Mais depuis, aucune mesure réglementaire concrète n'a été engagée pour concrétiser le déploiement à grande échelle.

Car au-delà des essais, intégrer le FSD sur les routes israéliennes implique de surmonter des défis bien précis : révisions des règles d'assurance, ajustements fiscaux, et surtout, un coût du système estimé à 37 000 shekels par propriétaire de Tesla une somme qui ne manquera pas de faire débat.

Miri Regev tranche : « Le FSD sera en Israël. Point. »

Dans la foulée des déclarations de Musk, la ministre des Transports Miri Regev a choisi de hausser le ton et d'aller encore plus loin. « Le FSD sera en Israël. Point. Nous sommes dans la dernière ligne droite des autorisations nécessaires, et lorsque nous lancerons le service, nous ferons venir Musk en Israël. » Une promesse politique forte, à laquelle il faudra désormais des actes réglementaires pour donner corps.

Israël, « numéro 1 mondial » de l'entrepreneuriat selon Musk

Avant de raccrocher, le patron de Tesla a tenu à glisser un éloge appuyé à destination des entrepreneurs israéliens. « Israël obtient des résultats stupéfiants en matière d'entrepreneuriat rapportés à sa taille de population probablement numéro 1 dans le monde », a-t-il affirmé.

Des mots qui sonnent comme un signal d'intérêt commercial autant que comme une politesse diplomatique, dans un contexte où Tesla a tout à gagner à accélérer son expansion sur ce marché technologiquement mature et particulièrement réceptif aux innovations de mobilité.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Mordu par un serpent sans antidote : comment les médecins israéliens ont sauvé Moshe de justesse

Mordu par un serpent sans antidote : comment les médecins israéliens ont sauvé Moshe de justesse

Mordu par un serpent sans antidote : comment les médecins israéliens ont sauvé Moshe de justesse

Un samedi soir comme les autres, une sortie de voiture dans l'obscurité, des sandales ouvertes aux pieds  et en quelques secondes, une vie bascule. Moshe Koblenz, 38 ans, habitant du village de Tekoa dans le désert de Judée, vient d'être mordu par l'un des serpents les plus dangereux d'Israël. Un reptile pour lequel il n'existe aucun antidote, ni dans le pays, ni ailleurs dans le monde.

Un venin sans remède connu

Ce soir-là, Moshe rentrait d'une longue randonnée dans le désert de Judée, où il travaille dans la logistique et l'organisation d'événements. En descendant de sa voiture dans l'obscurité, il marcha vraisemblablement sur le serpent. La morsure fut immédiate. « Dans la panique, j'ai projeté mes sandales très loin devant moi », se souvient-il.
Durant les premières minutes, il ne ressentit rien. Puis son corps lâcha brusquement. Il s'effondra chez sa voisine, chez qui il s'était traîné pour appeler les secours.
« Je sentais le venin se répandre dans mes veines. Je me suis littéralement écroulé au moment où j'ai réussi à demander de l'aide. J'avais du mal à respirer, je tremblais de tout mon corps dans l'ambulance, et je ne savais pas ce qui allait m'arriver. »

Ce n'est qu'à l'hôpital Hadassah Ein Kerem, où il fut transporté en urgence, que le tableau clinique révéla toute sa gravité. Le serpent en cause n'était pas une espèce ordinaire : il s'agissait du Saraf Ein Gedi  le serpent des cendres d'Ein Gedi , considéré comme le plus mortel des serpents venimeux d'Israël. Et pour son venin, il n'existe à ce jour aucun sérum spécifique, nulle part dans le monde.

Le cœur en péril

Le Dr Roï Kaufman, interniste et cardiologue en formation à Hadassah Ein Kerem, fut l'un des premiers à prendre Moshe en charge.
Dès l'évaluation initiale, le tableau clinique orienta immédiatement vers ce serpent rare.
« L'atteinte cardiaque était le composant principal de son état grave, ce qui nous a conduits d'emblée à suspecter ce type de serpent. C'est le seul dont la morsure provoque un choc d'origine cardiaque. La localisation géographique correspondait également à l'habitat naturel de l'animal », explique-t-il.

Une échocardiographie réalisée en urgence confirma une chute sévère de la contractilité du cœur. Moshe fut transféré en unité de soins intensifs cardiologiques. Son état continuait de se dégrader. Les équipes se préparèrent à l'éventualité d'un effondrement total des fonctions vitales, envisageant même le recours à l'ECMO une machine de circulation extracorporelle qui remplace temporairement le cœur et les poumons.

L'impuissance face à l'absence d'antidote

Le Dr Kaufman consulta le Centre national antipoison ainsi que le Pr Kobi Asaf, spécialiste de médecine d'urgence à Hadassah, expert reconnu des envenimations animales.
La conclusion fut sans appel : « Il était clair qu'il n'existait nulle part en Israël, ni dans le monde, de sérum adapté à ce serpent. Hadassah dispose de sérums contre plusieurs serpents venimeux, mais aucun ne couvre la toxine du Saraf Ein Gedi.
Nous avons alors engagé un traitement intensif associant de l'oxygène à haute dose et des médicaments renforçant l'activité cardiaque et dilatant les vaisseaux sanguins. Nous étions face à une situation mettant réellement la vie en danger. »

Le Pr Asaf, lui, ne cachait pas la rareté exceptionnelle de la situation :
« C'est le deuxième cas de ce type dont j'ai connaissance au cours de toute ma carrière.
On ne rencontre pas souvent des morsures de Saraf Ein Gedi aux urgences, et certainement pas avec une atteinte cardiaque aussi sévère. »

L'épouse face à l'inimaginable

Hadar, la femme de Moshe, n'a pris conscience de l'extrême gravité de la situation qu'en arrivant à l'hôpital. « Sur le moment, nous ne savions pas encore que sa vie était véritablement en danger, confie-t-elle. Selon l'équipe médicale, le comportement de Moshe dans les premières minutes avait été absolument déterminant. Sans cela, nous aurions été dans une tout autre situation. »

Un rescapé, et déjà un second cas

Aujourd'hui, le cœur de Moshe reprend progressivement ses fonctions normales. Il demeure hospitalisé en soins intensifs cardiologiques, mais son état s'améliore.
« Il ne fait aucun doute que son arrivée immédiate dans notre service de cardiologie et la mise en place rapide d'un traitement intensif lui ont sauvé la vie », conclut le Dr Kaufman.

L'histoire aurait pu s'arrêter là si, le lendemain même, un autre drame ne venait rappeler que les serpents ne frappent pas qu'une fois. Un jeune homme de 22 ans a été mordu par une vipère dans une ferme du village de Nahaliel. Après une prise en charge initiale sur place, il a été évacué dans un état grave et instable vers l'hôpital Sheba Tel HaShomer, où les médecins ont réussi à le stabiliser. Plongé dans un coma artificiel et sous ventilation mécanique, son état demeure sérieux mais stable.

Deux hommes. Deux serpents. Un seul message, cinglant : dans le désert de Judée, même la nuit la plus ordinaire peut basculer en quelques secondes et parfois, il n'existe aucun antidote pour vous sauver, si ce n'est la rapidité des soins humains.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

Et si ce monde tragique était le meilleur des mondes possibles ? Un génie l'a démontré il y a 300 ans

Et si ce monde tragique était le meilleur des mondes possibles ? Un génie l'a démontré il y a 300 ans

Il a inventé le calcul infinitésimal, préfiguré l'ordinateur trois siècles avant son existence, et tenté de démontrer l'existence de Dieu par la seule force de la logique.

Gottfried Wilhelm Leibniz, génie universel du XVIIe siècle, n'était pas homme à se fixer des limites  pas même celles du divin.

Sa Théodicée, publiée en 1710 et traduite en hébreu pour la première fois en 2024, reste l'un des paris intellectuels les plus audacieux de l'histoire de la pensée : prouver que notre monde, avec toutes ses horreurs, est le meilleur des mondes possibles.

Une idée que Voltaire a tournée en ridicule, et qui n'a jamais cessé de nous hanter.
Il y a des hommes dont la vie entière ressemble à une démonstration mathématique : chaque étape s'enchaîne avec une rigueur implacable, chaque découverte ouvre sur une autre, et l'on finit par se demander si le résultat final n'était pas inscrit dans les prémisses depuis le départ.

Gottfried Wilhelm Leibniz est de ceux-là. Né à Leipzig en 1646, mort à Hanovre en 1716, il a traversé son siècle comme une comète philosophe, mathématicien, diplomate, bibliothécaire, théologien à ses heures laissant derrière lui un sillage d'idées si fulgurantes que certaines ont mis trois siècles à trouver leur plein usage.

L'homme qui inventait tout

Mathématicien de génie, Leibniz invente indépendamment de Newton le calcul infinitésimal et révolutionne la logique en concevant une « caractéristique universelle ».
Ce projet pharaonique rien de moins qu'un langage formel universel permettant de calculer la vérité comme on calcule une somm préfigure avec une précision troublante ce que nous appelons aujourd'hui l'informatique.

Il parvient à anticiper les outils informatiques à plus de trois siècles de distance avec le calculus ratiocinator, qui permet d'opérer des calculs complexes. Le code binaire que manipule chaque ordinateur du monde porte, quelque part dans son ADN invisible, l'empreinte de cet homme qui n'avait pas encore de machine pour le faire tourner.

Mais Leibniz ne s'arrête pas aux mathématiques. Son appétit intellectuel est d'une nature proprement monstrueuse : il veut tout comprendre, tout relier, tout ordonner.
La physique, la métaphysique, le droit, la diplomatie, la théologie rien ne lui échappe. Dans l'histoire allemande de la pensée et des idées, il est considéré comme l'un des derniers génies universels.
Un titre qui, à mesure que la connaissance humaine s'est fragmentée en spécialités étanches, est devenu presque inimaginable. On ne fait plus de Leibniz aujourd'hui. On n'en a peut-être plus les moyens.

Le problème qui empoisonnait les nuits des théologiens

Au tournant du XVIIIe siècle, Leibniz se penche sur une question qui agite les esprits depuis des siècles et qui n'a rien perdu de son venin : si Dieu est bon, tout-puissant et omniscient, pourquoi le mal existe-t-il ? Pourquoi les innocents souffrent-ils ? Pourquoi l'injustice prospère-t-elle sous le regard d'un créateur supposément bienveillant ?
C'est le scandale théologique que les philosophes grecs avaient déjà pressenti, que les croyants de toutes traditions ressassent en silence, et que les athées brandissent comme leur argument le plus dévastateur.

Leibniz forge à cette occasion le terme même de « théodicée » la justification de la bonté de Dieu malgré le mal inhérent au monde. L'ambition est démesurée, la méthode caractéristique : il va s'attaquer à Dieu comme à un problème mathématique, avec la même rigueur froide qu'il applique aux équations différentielles.

Le meilleur des mondes possibles

La Théodicée de 1710, seul ouvrage philosophique publié de son vivant, développe sa solution au problème du mal et sa justification de la bonté divine.
La thèse centrale, à la fois audacieuse et contre-intuitive, est que notre monde avec ses guerres, ses épidémies, ses deuils et ses catastrophes est littéralement le meilleur des mondes possibles.
Non pas parce qu'il serait parfait, mais parce que Dieu, en créateur rationnel, a nécessairement choisi parmi tous les univers concevables celui qui maximise le bien global.
Pour Leibniz, même les maux apparents ont leur place dans un ordre divin plus vaste qui vise à réaliser un bien supérieur.

Pour illustrer cette conviction, il recourt à une parabole. Un personnage nommé Théodore s'interroge sur pourquoi Jupiter, roi des dieux, permet aux hommes d'être mauvais s'il est tout-puissant. Jupiter l'envoie auprès de sa fille pour qu'elle lui montre tous les mondes possibles  et qu'il constate par lui-même que le nôtre, en dépit de ses noirceurs, demeure le meilleur de tous. Leibniz croit que chaque chose, bonne ou mauvaise, sert en définitive une finalité parfois cachée à nos yeux limités. Tous les événements convergent, au bout du compte, vers le bien ultime.

La solution proposée par Leibniz est subtile : elle consiste à saisir l'écart qui existe entre un monde absolument parfait et ce monde le meilleur créé par Dieu le meilleur possible, mais pas sans péché ni sans mal, pas sans tache ni dissonance. Nuance capitale que ses détracteurs s'empresseront d'ignorer.

Voltaire et la riposte cruelle

La réponse ne se fit pas attendre. Quelques décennies après la mort de Leibniz, Voltaire publie Candide et y caricature impitoyablement la philosophie leibnizienne à travers le personnage du Docteur Pangloss, qui répète « tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles » au milieu des massacres, des tremblements de terre et des génocides.
La satire est féroce, le succès immédiat, et la réputation de Leibniz en France s'en trouve durablement entachée. Le concept de meilleur des mondes possibles sera ainsi raillé par Voltaire dans le conte philosophique Candide.

Ce jugement expéditif est pourtant injuste. La caricature est sévère et illégitime, car Leibniz n'est pas sans connaître la difficile relation entre l'idée d'un monde le meilleur possible et l'existence incontestée du malheur, voire du mal. Il ne prêche pas la naïveté béate, il propose une architecture métaphysique rigoureuse ce qui est tout différent. Vouloir l'ignorer, c'est préférer la facilité de la moquerie à l'effort de la compréhension.

Dieu, cet architecte mathématicien

Ce qui rend Leibniz véritablement fascinant, c'est la cohérence profonde entre sa philosophie de Dieu et sa philosophie des mathématiques.
Pour lui, les lois qui régissent le cosmos peuvent être exprimées en termes mathématiques, ce qui témoigne de l'ordre et de la structure inhérents à la création divine.
Cette approche mathématique reflète une réalité ontologique : l'univers est construit sur des principes rationnels. Dieu n'est pas un poète romantique qui improvise la création dans un élan d'enthousiasme c'est un architecte rigoureux, un mathématicien suprême qui a optimisé son œuvre selon des critères de perfection absolue. Sa démonstration que notre monde constitue « le meilleur des mondes possibles » s'appuie sur l'analyse des mondes possibles et la perfection du choix divin, révélant la sophistication de sa théologie rationnelle.

Cette intuition traversera les siècles. En 1963, le physicien Paul Dirac, dans ses carnets scientifiques, évoquera à son tour « un Dieu mathématicien de très haut niveau » pour décrire la stupéfiante adéquation entre les structures mathématiques abstraites et les lois fondamentales de la physique. Il n'est pas théologien il constate. La même perplexité admirative que Leibniz avait mise en mots trois siècles plus tôt.

L'héritage d'un incompris

L'une des choses les plus remarquables chez Leibniz est peut-être la patience que ses idées ont exercée à son égard. Le calcul binaire qu'il développe en curiosité philosophique attendra trois cents ans pour devenir le fondement de la révolution digitale.

Ses intuitions sur la logique formelle germeront lentement avant d'éclore en mathématiques modernes au XIXe siècle. Même sa théodicée, si souvent maltraitée, continue d'alimenter des débats philosophiques et théologiques d'une vivacité intacte.

Il y a quelque chose d'étrangement leibnizien dans ce destin posthume. Lui qui croyait que rien n'est perdu, que chaque chose sert une fin qui nous dépasse, lui qui voyait dans le temps une variable et non un obstacle peut-être aurait-il souri, sans surprise, à l'idée que ses meilleures semences avaient besoin de quelques siècles pour donner leur fruit.

Son optimisme n'était pas la résignation des impuissants ni l'aveuglement des satisfaits. C'était quelque chose de plus rare et de plus difficile : une confiance raisonnée dans l'ordre caché des choses, portée par un homme qui avait consacré sa vie entière à en déchiffrer les équations.

 

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

 

 

Qatar : le gaz comme destin, Ormuz comme sentence

Qatar : le gaz comme destin, Ormuz comme sentence

Le Qatar face à une menace sans précédent

La guerre contre l'Iran et la fermeture persistante du détroit d'Ormuz sont en train de porter un coup dévastateur au Qatar, l'un des plus grands exportateurs de gaz naturel au monde.

En l'espace de quelques semaines, c'est l'édifice entier sur lequel cet émirat a bâti sa fortune depuis des décennies qui se fissure. L'une des nations les plus puissantes du Moyen-Orient se retrouve aujourd'hui face à une menace d'une nature et d'une ampleur qu'elle n'avait jamais connues.

Quand le gaz ne coule plus

Depuis la fermeture du détroit d'Ormuz en février, le Qatar n'a pratiquement plus exporté de gaz naturel liquéfié depuis ses côtes. Pour un pays dont plus de 60 % des revenus reposent sur le gaz et les produits énergétiques, il ne s'agit pas d'une turbulence passagère mais d'un choc systémique qui menace la prospérité spectaculaire que l'émirat a connue ces dernières années. L'or bleu qui a transformé ce petit État du Golfe en puissance financière mondiale est désormais bloqué, sans accès à la mer.

L'Iran a aggravé la situation en frappant au cœur de l'appareil productif qatari. Des missiles et des drones ont visé les installations gazières stratégiques de Ras Laffan, endommageant des équipements vitaux et réduisant de 17 % la capacité de production du pays pour les années à venir.
C'est l'épicentre de l'industrie pétrolière et gazière qatarie qui a été touché : la plus grande infrastructure d'exportation de gaz naturel liquéfié au monde, désormais mise à l'arrêt.

Des milliards engloutis chaque jour

Selon des estimations publiées par le New York Times, même si le détroit d'Ormuz venait à rouvrir prochainement, il faudrait des années au Qatar pour retrouver ses niveaux de production d'avant-guerre.

Les analystes estiment que Qatar Energy, la compagnie nationale, a déjà perdu plusieurs milliards de dollars. Et chaque jour supplémentaire de fermeture du détroit coûte au pays des centaines de millions de dollars supplémentaires en manque à gagner sur les ventes et les droits de transit. Ce n'est plus une hémorragie, c'est une exsangue à ciel ouvert.

Sur le terrain, l'image est saisissante. Le centre industriel de Ras Laffan a fermé ses portes, les routes sont bloquées, les grues du port de Hamad se dressent immobiles dans un silence inhabituel. À Doha, la capitale, hôtels de luxe, boutiques haut de gamme et sites touristiques enregistrent une fréquentation anormalement faible.

Le nombre de visiteurs étrangers a chuté brutalement, sous l'effet des avertissements aux voyageurs et de la crainte d'une nouvelle escalade régionale une crainte d'autant plus vive que les spéculations sur une possible reprise des hostilités avec l'Iran se multiplient.

Un talon d'Achille géographique

Le Fonds monétaire international prévoit désormais une contraction de 8,6 % de l'économie qatarie cette année. En parallèle, des entreprises internationales continuent de rapatrier leurs employés, inquiètes de l'instabilité persistante.
La crise a mis en lumière une vulnérabilité structurelle que le Qatar n'a jamais réussi à surmonter : sa dépendance quasi totale au détroit d'Ormuz.
Contrairement à l'Arabie Saoudite ou aux Émirats arabes unis, qui disposent de routes d'exportation alternatives contournant ce point de passage stratégique, le Qatar n'a aucun itinéraire de substitution. Ormuz est son unique porte de sortie vers le monde.

Cette dépendance ne se limite pas au gaz. Le Qatar importe environ 90 % de sa nourriture, et la fermeture maritime l'a contraint à acheminer ses approvisionnements par voie aérienne à un coût prohibitif ou à les faire transiter par l'Arabie Saoudite. L'émirat qui affichait l'un des revenus par habitant les plus élevés de la planète se retrouve aujourd'hui à gérer, dans l'urgence, sa sécurité alimentaire.

La façade de la stabilité

Face au désastre, les autorités qataries s'emploient à projeter une image de calme et de maîtrise. L'État continue de subventionner les produits importés pour éviter une flambée brutale du coût de la vie susceptible d'alimenter la tension sociale.
Du côté des agences de notation, S&P a maintenu la note de crédit du Qatar inchangée, soulignant les réserves financières colossales accumulées au fil des années grâce aux revenus gaziers.
C'est là la seule vraie bouée de sauvetage du pays : une épargne souveraine suffisamment massive pour absorber, pendant un certain temps encore, l'absence totale de revenus gaziers.

Les économistes estiment en effet que même si les recettes gazières venaient à disparaître pendant plusieurs années, ces réserves permettraient au Qatar de continuer à payer les salaires de ses fonctionnaires et à maintenir les services essentiels.

Mais cette assurance ne suffit pas à dissiper toutes les craintes.
Les autorités exercent une pression croissante sur les multinationales pour qu'elles maintiennent une activité pleine et entière, afin d'éviter une fuite des capitaux et des compétences étrangères. Car c'est là que réside le vrai danger : si les entreprises s'effondrent ou quittent le territoire, c'est toute la main-d'œuvre expatriée sur laquelle repose l'économie qatarie qui risque de disparaître à son tour, et rapidement.

L'ébranlement d'un mythe

En moins de trois mois, la guerre a fait voler en éclats l'image d'une puissance intouchable. Le Qatar avait su, pendant deux décennies, naviguer avec une habileté remarquable entre les grandes puissances régionales et mondiales, finançant à la fois Al Jazeera et des fonds d'investissement à Paris, Londres ou New York, accueillant des bases militaires américaines tout en entretenant des relations avec Téhéran tout en finançant aussi le Hamas organisation terroriste.

Cette diplomatie de l'équilibre, cette neutralité calculée, lui avait valu une forme d'immunité que beaucoup lui enviaient.

Aujourd'hui, le détroit d'Ormuz a révélé ce que tout le monde refusait de voir : derrière les gratte-ciel de Doha et les fonds souverains vertigineux, le Qatar reste une petite péninsule enclavée, dont le destin économique est suspendu à un seul point de passage maritime.

La guerre n'a pas seulement endommagé des infrastructures elle a mis à nu la fragilité fondamentale d'un modèle de puissance entier.

Et aucune réserve financière, aussi colossale soit-elle, ne peut remplacer indéfiniment le gaz qui ne coule plus.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

« Le rituel est terminé » Violences sexuelles rituelles en Israël, 4 thérapeutes brisent le silence

De droite à gauche : Dre Dafna Armon, l’assistante sociale Tanya Oren-Chipman, Dre Sharon Levy et Dre Inbal Brenner. « Il est aussi humainement difficile de croire qu’un tel mal existe. »

« Le rituel est terminé » Violences sexuelles rituelles en Israël : quand des soignantes brisent le silence

Sources : Ynet / Yedioth Aharonot (Haim Rivlin, Shomrim — 14 mai 2026), Israel Hayom, N12/Mako, archives de la Knesset d'Israël, ritualabuse-israel.org

« Le rituel est terminé » Violences sexuelles rituelles en Israël

« Le rituel est terminé » Violences sexuelles rituelles en Israël

 

Le moment où elles ont décidé de parler

Les histoires ont commencé à leur parvenir l'une après l'autre.
Des patientes et des patients entraient dans leur cabinet et commençaient à décrire des abîmes d'une cruauté difficile à contenir.
Et elles, qui pensaient avoir tout entendu, qui avaient travaillé sur tous les types de traumatismes les plus bouleversants, ont fini, au fil des années, par comprendre qu'il se passait ici quelque chose d'autre.
Que le phénomène connu sous le nom de « violences rituelles » se produit aussi en Israël, dans le plus grand secret et que presque personne n'en parle.

Aujourd'hui, après avoir entendu ensemble plus de cinquante témoignages différents, elles ont décidé de fissurer le mur du silence. Trois psychiatres le Dr Inbal Brener, le Dr Sharon Levy et le Dr Dafna Armon  et une assistante sociale, qui entendent régulièrement leurs patients évoquer le phénomène et voient sur leurs corps les preuves physiques de ce qu'ils décrivent, ont déclaré publiquement et avec courage : oui, des violences rituelles existent en Israël, et en nombre non négligeable.

Oui, il y a des femmes et des hommes, majoritairement des enfants, qui subissent des rituels sadiques et violents comportant le plus souvent des agressions sexuelles, des composantes cultuelles et de lourdes manipulations psychologiques.
Et oui, parmi les agresseurs, il y a des rabbins, des médecins, et même des allégations concernant un juge. Il faut d'abord croire les victimes et partir en guerre contre ce phénomène.

Une déclaration institutionnelle sans précédent

La Société israélienne pour la promotion du diagnostic, du traitement et de la prévention des agressions sexuelles  la HIPM  rattachée à la Confédération médicale israélienne, a publié un appel exceptionnel.

Dans ce texte, qui regroupe l'avis de psychiatres, de pédiatres, de médecins de famille et de gynécologues, de psychologues et de travailleurs sociaux, il est écrit :
« Les violences rituelles et les réseaux organisés d'agression sexuelle sont un phénomène réel et reconnu à travers le monde, et aussi en Israël, qui exige une réponse institutionnelle, thérapeutique et juridique urgente et approfondie. »

Les membres de cette société soulignent que les connaissances professionnelles accumulées
« témoignent de l'utilisation de pratiques de violence sophistiquées, destinées à obtenir un contrôle total de la conscience et du comportement des victimes ».
Ces violences comprennent « l'utilisation délibérée de mécanismes d'intimidation et de menaces extrêmes, combinés à des techniques visant à créer une dissociation et une rupture psychique », dans le but de « créer des schémas comportementaux contraints et un oubli programmé ».

La société appelle également à la création d'une unité d'enquête spécialisée, indépendante et autonome, en raison de « la possible implication de personnages de pouvoir et d'influence dans ces réseaux ».

Cette déclaration a été publiée dans le sillage du débat public relancé par la mort tragique de Shoshana Strook, fille de la ministre Orit Strook, dont les témoignages publics accusant sa propre famille de violences rituelles depuis son enfance avaient provoqué une onde de choc en Israël avant son décès en mars 2026.
La HIPM a précisé que sa déclaration ne fait pas référence à un cas particulier, mais répond au déferlement de déni qui a suivi : des rabbins, des politiciens et même des journalistes ont tenté de nier l'existence même du phénomène en Israël.

Le Dr Inbal Brener : quinze ans de témoignages

Le Dr Inbal Brener, psychiatre, est l'une des fondatrices et la présidente de la HIPM depuis sa création en 2019. Elle dirige également la clinique de traumatologie sexuelle au centre de santé mentale Lev HaSharon. Elle a rencontré au fil des années des dizaines de patientes ayant subi ce type de violences.

Elle explique à Shomrim ce qui a motivé cette prise de position publique : le discours extrême qui s'est développé sur les réseaux sociaux, devenu à la fois politique et niant toute réalité, avec des formulations du type « ça n'existe pas », « c'est de l'hystérie », « c'est une invention », « comment peut-on croire des femmes folles » ce discours ne fait qu'amplifier le traumatisme.
« Nous avons compris que nous devions faire entendre notre voix et nous tenir aux côtés de nos patientes. C'est un phénomène réel. »

Elle précise qu'il n'existe pas un seul réseau en Israël derrière tous les cas :
« J'ai rencontré de nombreux cas en Israël. Certains semblaient liés entre eux et il était possible d'identifier un lien par des noms ou des lieux similaires. Les pratiques se ressemblent, et elles ressemblent aussi à ce que l'on observe ailleurs dans le monde, sans que les réseaux se connaissent. »
Elle ajoute que ces réseaux existent dans tous les secteurs de la société israélienne religieux et laïc confondus.

Après quinze ans de travail clinique auprès de milliers de victimes et de supervision professionnelle, le Dr Brener décrit ce qui distingue ces violences des agressions ordinaires : elles surviennent à un très jeune âge, elles sont systématiques et organisées, elles impliquent de nombreux participants, parfois des personnes puissantes et influentes, et parfois des intérêts économiques liés au trafic et à la pornographie enfantine. « Il s'agit d'un système d'intérêts étendu », dit-elle.

Le Dr Sharon Levy : l'organisation du groupe

Le Dr Sharon Levy, psychiatre, décrit la dimension collective et méthodique de ces violences. Les abus sont commis par un groupe dans lequel chaque participant remplit une fonction précise : l'un dirige la cérémonie, un autre photographie ou filme les actes. Ce caractère organisé distingue radicalement ces violences des agressions individuelles et confirme l'existence de réseaux structurés.

Le Dr Dafna Armon : là où règnent le pouvoir et l'influence

Le Dr Dafna Armon, directrice du département de traitement des personnes souffrant de stress post-traumatique, a rapporté avoir entendu des témoignages mettant en cause des médecins agissant délibérément au détriment de leurs propres patients dans le cadre de ces systèmes. Elle a également recueilli des récits faisant état d'accouchements conduits dans l'obscurité totale. Elle souligne la constante qui unit tous ces faits : on retrouve ces pratiques partout où règnent le pouvoir et l'influence.

Les mécanismes de contrôle et d'intimidation

Le Dr Brener décrit avec précision les mécanismes sophistiqués et cruels que les agresseurs utilisent pour rendre la révélation presque impossible.
Lorsque des enfants sont contraints de porter atteinte à d'autres enfants, il se crée en eux un sentiment de culpabilité, comme s'ils étaient eux-mêmes les agresseurs. Ces violences s'accompagnent souvent de menaces graves : « Si tu parles, nous te tuerons », « nous éliminerons ta famille »  parfois prononcées par des membres de la famille eux-mêmes impliqués ou encore « personne ne te croira, tu es folle. »

Elle identifie plusieurs facteurs qui expliquent la difficulté à évaluer l'ampleur du phénomène : la dissociation est particulièrement marquée chez les victimes, les méthodes de contrôle utilisées par les agresseurs empêchent les victimes d'agir librement, et la honte présente dans toutes les agressions sexuellesest ici démultipliée par la nature collective et rituelle des actes. « Tout ce qui est connu des agressions sexuelles ordinaires dans l'enfance existe ici, mais à une échelle différente », précise-t-elle.

Ce que les données internationales révèlent

La HIPM a récemment publié une revue de la littérature internationale sur le sujet. Dans une enquête menée auprès de 2 709 psychologues aux États-Unis, 13 % ont déclaré avoir travaillé au cours de la dernière décennie avec au moins une personne survivante de violences sexuelles rituelles. Au Royaume-Uni, 38 % des 222 psychologues cliniciens interrogés ont répondu de manière similaire. Dans une autre étude britannique, 211 cas de violences sexuelles organisées ont été signalés sur une période de quatre ans.

En Israël, aucune donnée chiffrée sur l'ampleur du phénomène n'a encore été collectée à ce jour. C'est l'un des vides que les professionnels de santé cherchent à combler, car sans données, aucune mobilisation institutionnelle n'est possible.

La parole des survivantes

N., survivante de violences rituelles, résume avec une précision déchirante ce que ces traumatismes ont fait à son rapport à elle-même.
Dans la maison où elle a grandi, son corps ne lui appartenait pas. C'était le corps d'une inconnue sur lequel n'importe qui pouvait faire n'importe quoi.
Elle décrit avoir appris à dissocier, à laisser son corps derrière elle, à obéir à une logique ou à quelque chose de prévisible, à continuer de respirer alors que ceux qui étaient censés la protéger étaient précisément ceux qui la détruisaient.

L'avocate Tanya Oren-Chifman, qui a recueilli plusieurs témoignages dans le cadre de son travail, a expliqué qu'une de ses clientes lui avait décrit très clairement comment elle s'était retrouvée dans une situation de vulnérabilité extrême. L'avocate a appris plus tard, par diverses sources et d'autres personnes, qu'un membre de la famille avait littéralement « sacrifié » cette femme comme s'il s'agissait d'une victime désignée.

Yael Ariel, elle-même victime de violences rituelles sur une longue période allant de ses 5 ans à ses 20 ans, a témoigné à la Knesset.
Elle a déclaré avoir été forcée à commettre des actes contre d'autres enfants, avoir reçu des menaces après avoir rendu son histoire publique, et avoir déposé une plainte à la police qui a été classée après quelques mois.
Elle a dit avoir recueilli les témoignages de dizaines de femmes qui lui ont fait part d'une implication de médecins, de rabbins haut placés, de membres des forces de l'ordre, d'enseignants, et de membres de la Knesset passés et en exercice.
« Je peux donner des noms. Le fait que nous fassions entendre notre voix à la Knesset aujourd'hui est un moment historique. »

Yael Shtrit, victime de violences rituelles de ses 3 à 6 ans puis de ses 12 à 22 ans, a décrit devant la commission parlementaire le processus de « programmation » auquel des enfants en bas âge sont soumis par le biais du viol et du sadisme, de manière à ce qu'ils obéissent sans que personne autour d'eux ne le sache.
Elle a décrit des hommes nus formant un cercle, les enfants transférés de rituel en rituel à travers tout le pays.
Sa thérapeute et le mari et le fils de cette dernière faisaient partie des agresseurs.
« Le cerveau humain ne peut pas absorber cela. Vous ne pouvez pas imaginer ce que signifie programmer une fillette de trois ans par le viol et le sadisme pour qu'ils puissent faire ce qu'ils veulent sans que personne ne le sache. »

Un phénomène qui remonte à la surface depuis 2019

La question des violences rituelles a fait irruption dans l'espace public israélien une première fois en 2019, avec la diffusion d'une enquête télévisée intitulée « HaMakor » (La Source) qui avait révélé une affaire d'abus sexuels organisés présumés impliquant plus de cent enfants dans différents quartiers de Jérusalem.

En avril 2025, le journal Israel Hayom a publié un grand reportage intitulé « Le fond du noir », dans lequel de nouvelles survivantes de tout le pays ont témoigné, décrivant un mode opératoire organisé et similaire.

Quelques semaines plus tard, deux victimes ont témoigné à visage découvert sur la chaîne N12. C'est dans ce contexte, amplifié par la mort de Shoshana Strook en mars 2026 et par le déferlement de déni qui a suivi, que la HIPM a décidé de prendre position publiquement  et que l'article de Haim Rivlin pour Shomrim, repris par Ynet/Yedioth Aharonot sous le titre « Le rituel est terminé », a été publié le 14 mai 2026.

Un débat à la Knesset : des élus, une police, et un mur du silence

En juin 2025, à la suite de l'enquête d'Israel Hayom, une audition d'urgence a été convoquée à la Knesset par la commission pour la promotion du statut de la femme et la commission spéciale pour la jeunesse.
La députée Naama Lazimi a ouvert les débats : « Des décennies de silence, de complicité passive, de dossiers classés le moment est venu de dire la vérité. Ces crimes se produisent en ce moment même, et l'État d'Israël ne peut continuer à ignorer. »

Un second débat s'est tenu le 2 décembre 2025, conjointement par les deux commissions.
La représentante de la police a indiqué que des investigations étaient menées « aux échelons les plus élevés ». Mais les victimes dénoncent une réalité différente : plus de 80 % des plaintes pour infractions sexuelles sont classées sans suite. Plusieurs dossiers concernant des personnalités haut placées auraient été fermés peu après leur ouverture.

Une victime, désignée sous l'initiale R., a témoigné que ses propres enfants avaient rapporté des violences rituelles à la police, laquelle avait reçu des informations impliquant des personnalités très importantes des deux bords de l'échiquier politique. Cette femme n'avait pas revu ses enfants depuis plus de deux ans au moment de son témoignage.

La peur des thérapeutes eux-mêmes

Le Dr Brener exprime également ce que vivent les soignants confrontés à ce phénomène. « Quand on commence à s'attaquer à des forces importantes et je ne suis pas quelqu'un qui voit des complots partout cela fait peur. »
Elle rapporte que des patientes lui ont confié avoir hésité à se confier à des thérapeutes, par crainte que ces derniers ne soient eux-mêmes compromis. Les soignants et leurs équipes se retrouvent souvent dans un état d'impuissance et d'appréhension à l'idée de se trouver impliqués.

Elle décrit ce que vivent ses propres patients en ce moment : ils entrent sur les réseaux sociaux, où le sujet est partout, et ce qu'ils reçoivent en retour c'est « vous êtes folles », « vous inventez », « on ne peut pas croire des femmes dérangées », « vous calomniez des gens. » Ce sont des voix qu'ils ont entendues de leur entourage pendant des années.

Des rabbins, des médecins, un juge : des agresseurs protégés par leur statut

Les témoignages convergent autour d'un profil commun des agresseurs : des personnes qui exercent une autorité, qu'elle soit religieuse, médicale, judiciaire ou politique.
Des rabbins sont nommément mis en cause dans plusieurs affaires. Des médecins sont cités comme participants actifs. Des allégations concernent un juge. La communauté ultra-orthodoxe est mentionnée dans plusieurs témoignages, mais le secteur laïc l'est tout autant.

Le Rav Tsvi Tau, président de la yeshiva Har HaMor et figure de proue du sionisme religieux (parti Noam), a fait l'objet d'une enquête policière ouverte en novembre 2022 après les plaintes de Néhama Tana, qui l'accusait de l'avoir agressée sexuellement lorsqu'elle était mineure.

Une seconde plaignante a suivi, alléguant un viol commis quarante ans plus tôt.
La police de Lahav 433 l'a convoqué à une audition sous avertissement en mars 2023.
Le dossier, transmis au parquet de Jérusalem, a été renvoyé à la police pour complément d'enquête après de nouveaux éléments de renseignement.
Selon Haaretz (août 2025), la clôture du dossier était envisagée faute de preuves suffisantes, les enquêteurs ayant buté sur un « mur du silence » dans l'entourage du rav et de sa yeshiva.

Le Rav Shmouel Elyahu, qui préside un tribunal rabbinique traitant des agressions sexuelles, a pris position en sens contraire : il a affirmé qu'il n'aurait jamais existé une seule preuve ou un seul témoignage sérieux de violences rituelles commises par des rabbins ou des personnalités publiques. Cette position de déni est contestée par les professionnelles de santé qui ont observé et documenté les conséquences physiques et psychologiques de ces violences sur leurs patients.

L'absence de définition légale : un vide qui protège les agresseurs

L'un des obstacles les plus graves à la lutte contre ce phénomène est l'absence, en droit israélien, de toute définition légale spécifique des violences sexuelles rituelles.
Cette lacune juridique complique les poursuites, désarme les enquêteurs et prive les victimes d'un cadre adapté à la nature particulière des traumatismes qu'elles ont subis.
La Knesset a reçu un rapport de recherche détaillé sur ce vide législatif. Plusieurs institutions ont reconnu ne pas disposer de données suffisantes pour estimer l'ampleur réelle du phénomène — ce qui constitue en soi un problème grave, car sans chiffres, aucune mobilisation de ressources institutionnelles n'est possible.

Croire les victimes : un impératif moral et politique

L'absurde logique de l'incrédulité est résumée dans une formule rapportée par des survivantes : « Plus la violence subie est grave et cruelle, moins on a de chances d'être cru. C'est précisément ce qui permet aux violences rituelles de continuer à exister. »

La militante et survivante Hagar Feldman, qui a témoigné à la Knesset en décembre 2025 et s'est vu opposer un arrêt de sa prise de parole par des conseillers juridiques, a formulé l'enjeu en termes simples : « Traiter une plaignante de folle, ce n'est pas écouter. C'est un moyen de faire taire. Et chaque fois qu'on fait taire quelqu'un qui parle de ce qu'on lui a fait, on retient des milliers d'autres personnes de parler et des enfants qui, en ce moment même, subissent ce que ces femmes ont subi. »

Les quatre soignantes qui ont pris la parole dans l'article de Ynet terminent sur la même exigence : il faut d'abord croire les victimes puis agir. Les centres d'aide aux victimes d'agression sexuelle ont déjà reçu plus de quarante témoignages de violences sexuelles rituelles. Les professionnelles estiment que ces témoignages ne représentent que la partie visible d'un phénomène qui pourrait concerner des milliers de victimes à travers tout le pays. Le rituel, lui, n'est pas encore terminé.

Cet article s'appuie sur le reportage de Haim Rivlin publié sur Shomrim le 19 mars 2026 et repris par Ynet/Yedioth Aharonot sous le titre « תם הטקס » le 14 mai 2026, ainsi que sur des informations publiées par Israel Hayom, N12/Mako, les archives de la Knesset et le site ritualabuse-israel.org. Les noms des victimes ont été volontairement protégés conformément aux usages journalistiques en matière de violences sexuelles.