Israël recrute des enseignants sans expérience à 20 000 shekels, le pari désespéré du ministère de l'Éducation

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Israël recrute des enseignants sans expérience à 20 000 shekels, le pari désespéré du ministère de l'Éducation

Le ministère de l'Éducation israélien jette du lest financier pour sauver la rentrée scolaire. Face à une pénurie qui dépasse les cinq mille postes, l'État ouvre un nouveau canal de recrutement offrant jusqu'à 20 000 shekels bruts par mois à des candidats sans aucune expérience d'enseignement. Une mesure d'urgence qui rappelle un précédent cuisant échec.

Une pénurie qui frôle les cinq mille postes

À l'approche de la rentrée, l'ampleur du manque de personnel enseignant en Israël dépasse les cinq mille postes dans le seul système public, selon les estimations les plus récentes citées par les médias israéliens. Les directeurs d'établissement doivent recevoir cette semaine une notification officielle les autorisant à élargir considérablement le recours aux enseignants en contrats individuels. Le gouvernement, par la voix du ministère des Finances, a validé une série de mesures d'urgence à peine deux semaines avant la reprise des cours, un calendrier qui trahit l'ampleur de la panique administrative.

Jusqu'à 20 000 shekels sans diplôme d'enseignement

Le nouveau dispositif permet de recruter environ huit mille enseignants sous un statut spécifique, hors du cadre syndical de la Histadrout des enseignants. Fait notable, ce canal s'ouvre à des professionnels sans aucune expérience pédagogique, à condition qu'ils justifient d'un parcours dans un autre domaine.
Le barème grimpe selon le diplôme et l'ancienneté professionnelle : un titulaire d'une licence avec cinq ans d'expérience dans son secteur peut prétendre à 17 500 shekels par mois à temps plein, un titulaire d'un master à 18 500 shekels, et les profils les plus qualifiés en mathématiques, anglais ou sciences peuvent atteindre 19 500 shekels.
Le contrat est signé pour une première année scolaire de dix mois, renouvelable. Une journée de travail type comptera huit heures d'enseignement, concentrées en priorité sur les collèges. Une prime mensuelle fixe de 1 000 shekels s'ajoute pour les enseignants portant des projets pédagogiques dans leur établissement.

Le fiasco du précédent pilote

Cette relance n'a rien d'une première tentative. L'an dernier déjà, l'État avait ouvert la voie aux contrats individuels avec un objectif de sept mille recrutements. Le résultat fut sans appel : à peine trente enseignants avaient finalement signé. Un échec largement documenté par la presse économique israélienne, qui souligne que le nouveau programme part donc d'un lourd passif de crédibilité. Une chercheuse de l'université Ben Gourion, spécialiste des politiques éducatives, avait alors pointé du doigt un diagnostic erroné : le problème n'est pas le recrutement de nouveaux enseignants, mais la rétention de ceux déjà formés. Selon elle, Israël dispose de suffisamment de diplômés issus des filières de formation pédagogique, mais peine à les retenir dans les salles de classe.

La colère du syndicat des enseignants

L'organisation syndicale des enseignants n'a pas mâché ses mots face à la multiplication des contrats individuels, y voyant une tentative de l'État d'affaiblir le travail organisé.
Le bras de fer entre le ministère des Finances et les représentants syndicaux dure depuis plusieurs années, chaque tentative de généraliser ces contrats se heurtant à la crainte de voir naître des inégalités criantes entre collègues d'une même salle des professeurs, certains enseignants chevronnés touchant un salaire bien inférieur à celui de nouveaux venus sans qualification pédagogique. Un accord signé en 2024 avait pourtant plafonné le recours à ces contrats à six pour cent du corps enseignant, preuve que le sujet reste hautement sensible.

Un pari à haut risque avant la rentrée

À quinze jours de la reprise des cours, la question centrale demeure entière : l'argent suffira-t-il là où il a échoué l'an dernier ? Des sources proches du dossier, citées par la presse économique, doutent que cette initiative résolve dans l'immédiat le manque criant d'enseignants qualifiés.
Le pari du ministère de l'Éducation consiste à parier que des salaires proches de 20 000 shekels, un niveau qui dépasse largement celui d'un enseignant chevronné dans le cadre classique, suffiront à attirer des professionnels d'autres secteurs vers les salles de classe israéliennes. Reste à savoir si l'histoire ne bégaiera pas une seconde fois.

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