Vol FZ1073 : le pilote terroriste s'était posé en Israël une semaine avant

Actualités, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Vol FZ1073 : le pilote terroriste s'était posé en Israël une semaine avant

 

Par Claudine Douillet I Le 4 octobre 2026

Vol flydubai FZ1073 : le copilote omanais s'était posé à Ben Gourion une semaine avant l'attentat manqué

Le copilote omanais qui a tenté de précipiter au sol le vol flydubai FZ1073 et ses 174 passagers israéliens le 30 septembre avait déjà atterri à l'aéroport Ben Gourion une semaine plus tôt. Selon la chaîne israélienne N12, les autorités vérifient désormais si d'autres pilotes porteurs de passeports iraniens, syriens ou irakiens se sont posés en Israël ces dernières années, sans aucun contrôle de l'État hébreu.

Un pilote déjà venu en Israël

La révélation est tombée samedi soir dans le journal du week-end de N12. Hamam al-Hammami, le copilote de flydubai qui a tenté d'écraser un Boeing 737 MAX 8 rempli d'Israéliens, connaissait parfaitement la route. Il s'était déjà posé à Ben Gourion à plusieurs reprises, la dernière fois sept jours avant le vol. Personne en Israël ne s'en était inquiété.

Les journalistes Dean Fisher et Nir Dvori décrivent un véritable fiasco. Les services de sécurité israéliens examinent désormais une hypothèse vertigineuse : des pilotes détenteurs d'une double nationalité, dont celle d'un pays ennemi comme l'Iran, la Syrie ou l'Irak, ont pu se poser en Israël sans jamais être identifiés.

Deux minutes de chute au-dessus de l'Arabie saoudite

Le mercredi 30 septembre, le vol FZ1073 décolle de Dubaï à 7h05 pour Tel-Aviv. Un peu plus de deux heures plus tard, l'appareil plonge brutalement de plus de 5 000 mètres en deux minutes environ, remonte, puis replonge. Dans le cockpit, le copilote vient d'attaquer le commandant de bord indien Smit Machchhar à l'aide de la hache de secours, avant de tenter de s'emparer des commandes.

Grièvement blessé, à terre, le commandant trouve la force d'ouvrir la porte du poste de pilotage. Des passagers et des membres d'équipage s'y engouffrent et maîtrisent l'agresseur. L'Israélien Yaniv Hayoun, l'un d'eux, a raconté à N12 avoir été projeté au sol par la plongée, le corps comme aspiré vers le plancher, incapable de bouger. Deux pilotes de réserve présents à bord reprennent l'avion en main et le posent à Tabouk, dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite. Les 174 passagers ont ensuite été rapatriés à Ben Gourion.

Hamam al-Hammami, un profil déjà signalé à Oman

Le procureur général des Émirats arabes unis, Hamad Saif al-Shamsi, a qualifié samedi les faits d'acte terroriste. Benyamin Netanyahou a affirmé sur Fox News que le copilote avait subi un endoctrinement islamiste radical, tandis que le ministre de la Défense Israël Katz parle d'une tentative d'attentat djihadiste.

Le parcours du copilote interroge. Selon CNN, il est né aux Émirats d'une mère syrienne. Il a passé sept ans chez Oman Air jusqu'en février 2025, puis quelques mois chez Royal Air Maroc. D'après le Wall Street Journal et ABC News, les autorités omanaises l'avaient interdit de vol en raison de ses positions extrémistes. Selon CBS, flydubai l'a pourtant embauché sans consulter le gouvernement d'Oman. Aucune information n'a circulé jusqu'à Jérusalem.

Liste d'équipage : le ministère des Transports dément, le fisc confirme

C'est le cœur de la polémique. L'Autorité fiscale israélienne affirme avoir reçu des Émirats la liste de l'équipage avant le décollage, dans le cadre d'une procédure établie. Le quotidien Haaretz ajoute que le ministère des Transports et le Mossad étaient censés la vérifier.

La division sécurité du ministère des Transports dément catégoriquement avoir reçu des noms. Elle explique ne pas être un organisme de renseignement et s'en remettre aux compagnies aériennes, qui contrôlent elles-mêmes leurs pilotes. Ses responsables reconnaissent ne pas pouvoir dire avec certitude qui a atterri en Israël ces dernières années, et lâchent une phrase qui glace : rien ne garantit à 100 % que cela ne se reproduira pas, sauf à stopper l'aviation étrangère vers Israël.

Un angle mort dans la sécurité aérienne israélienne

N12 dresse la liste des défaillances. Personne en Israël ne savait qu'Oman avait cloué au sol ce pilote, ni qu'il s'était radicalisé. Aucun suivi continu des équipages étrangers n'était assuré, ni par le Mossad ni par le Shin Bet. L'État se contentait des déclarations des compagnies.

Le paradoxe est cruel. Il y a quelques mois, le chef du Shin Bet, David Zini, avait interdit aux compagnies israéliennes de desservir Dubaï en raison des failles du contrôle des bagages. Rien n'avait été prévu pour les pilotes des compagnies étrangères qui, eux, se posaient chaque jour à Ben Gourion. Le contexte rend la faille plus inquiétante encore : depuis la fin mars, les Émirats interdisent l'entrée et le transit aux détenteurs de passeports iraniens, signe que la menace était identifiée dans la région.

flydubai suspend ses vols, la traque des autres pilotes commence

Shmuel Zakai, directeur de l'Autorité de l'aviation civile, explique que les autorités émiraties ont ordonné à flydubai de suspendre ses liaisons avec Israël jusqu'à la fin de l'enquête, afin de s'assurer qu'aucune autre brèche n'existe et que le copilote a agi seul. L'enquête est désormais menée à Abou Dhabi, l'avion étant immatriculé aux Émirats.

L'appareil sécuritaire israélien n'exclut pas que d'autres pilotes de même profil travaillent dans des compagnies étrangères. Une course contre la montre est engagée, en coopération internationale, pour les identifier. Le 30 septembre, ce sont quelques passagers qui ont sauvé 174 vies. La question posée à l'État d'Israël est désormais simple : qui atterrit chaque jour à Ben Gourion ?

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi