Israël en passe de devenir une puissance spatiale : Tsahal crée sa brigade de l'espace

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Israël en passe de devenir une puissance spatiale : Tsahal crée sa brigade de l'espace

 

Par Claudine Douillet I Le 28 Septembre 2026

Tsahal crée une brigade spatiale : Israël vise des dizaines de satellites d'ici quatre ans

Le chef d'état-major Eyal Zamir a tranché. Tsahal aura sa propre brigade spatiale, rattachée directement à son adjoint, avec une ambition assumée : faire d'Israël une puissance de l'espace, capable d'aligner de nombreuses dizaines de satellites militaires en orbite d'ici trois à quatre ans, puis des centaines.
Eyal Zamir crée une brigade spatiale au sein de Tsahal. Objectif : des dizaines de satellites israéliens en orbite d'ici quatre ans, des centaines à terme.

Une exclusivité d'Israël Hayom confirmée par l'armée

L'information a été révélée dimanche 27 septembre par Lilach Shoval, correspondante militaire du quotidien Israël Hayom. Le lieutenant-général Eyal Zamir a décidé de créer au sein de l'état-major général une brigade entièrement dédiée à l'espace, placée sous l'autorité du chef d'état-major adjoint. Le porte-parole de Tsahal n'a pas démenti. Il a indiqué que le travail d'état-major sur ce dossier arrivait à son terme et que la nature de la nouvelle structure serait dévoilée très prochainement. Une source militaire présente cette réorganisation comme l'une des plus importantes du mandat de Zamir, avec une annonce détaillée attendue dans la semaine.

Un commandement unique pour un domaine éclaté

L'espace militaire israélien est aujourd'hui partagé entre trois acteurs : l'armée de l'air, la Direction du renseignement militaire (Aman) et la Direction des télécommunications et de la cyberdéfense. La nouvelle brigade, commandée par un général de brigade, aura pour mission de fédérer l'ensemble du domaine et de piloter le développement des capacités futures.

Le changement sera progressif. Dans un premier temps, aucune de ces entités ne renoncera à ses moyens. L'unité 9900 d'Aman, qui exploite les satellites construits par Israel Aerospace Industries, reste rattachée au renseignement. Mais l'état-major n'exclut pas que la brigade devienne à terme une véritable branche, commandée par un général de division, au même rang que l'armée de terre, l'aviation ou la marine. Selon une source proche du dossier, l'objectif est de disposer d'un organe qui se lève le matin et se couche le soir en ne pensant qu'à l'espace.

L'armée de l'air perd sa mention spatiale

Il y a une vingtaine d'années, l'armée de l'air avait été officiellement rebaptisée « Force aérienne et spatiale ». Le changement de nom n'avait guère modifié la réalité. En dehors des interceptions du système Arrow, réalisées hors de l'atmosphère, son activité spatiale restait limitée. Avec la naissance de la brigade, le qualificatif spatial devrait disparaître, un nom que l'aviation elle-même n'utilisait presque plus.

La guerre contre l'Iran, accélérateur décisif

La décision tire les leçons des derniers conflits. La guerre, en particulier face à l'Iran, a mobilisé massivement les capacités spatiales : renseignement par satellite, communications depuis l'espace qui ont notamment rendu possibles les frappes israéliennes en Iran, et nombreux tirs et interceptions de missiles au-delà de l'atmosphère.

Téhéran cherche de son côté à développer ses propres capacités spatiales. L'establishment de défense israélien se prépare donc à des affrontements où la neutralisation de satellites ennemis pourrait devenir un objectif militaire.

Des essaims de satellites au-dessus du Moyen-Orient

Israël exploite aujourd'hui principalement les satellites d'observation Ofek, dont le premier a été lancé en 1988. Le changement d'échelle annoncé est considérable. Un haut responsable affirme que le pays disposera de nombreuses dizaines de satellites dans trois ou quatre ans, et que l'on parle déjà de centaines pour la suite.

La méthode repose sur des constellations de satellites plus simples et moins chers, produits en grande série et positionnés au-dessus des zones d'intérêt pour assurer une surveillance continue de tout le Moyen-Orient. Les données recueillies seront fusionnées grâce à l'intelligence artificielle. Selon des publications étrangères, le ministère de la Défense disposerait déjà de quelques satellites de ce type.

L'ambition est clairement formulée : devenir une puissance spatiale. Il faut pour cela de l'argent, des hommes et du développement, résume ce responsable, selon qui chaque mission menée depuis le sol est désormais examinée pour savoir si elle peut être accomplie depuis l'espace. L'interception de missiles depuis l'orbite et les capacités offensives spatiales restent en développement et demanderont encore du temps.

Une pièce du plan Hoshen

La brigade s'inscrit dans le plan pluriannuel Hoshen, que l'armée peine à financer face au ministère des Finances. Dès janvier, Zamir avait inscrit l'espace comme futur champ de bataille dans sa feuille de route. Elle accompagne la création d'une structure dédiée à la robotique, aux drones et à l'intelligence artificielle, tirée des leçons du 7 octobre, que le chef d'état-major veut inaugurer d'ici Hanoukka.

En juin déjà, le général de brigade Yael Grosman, à la tête de la Direction technologique de Tsahal, résumait l'état d'esprit : le chef d'état-major refuse d'ignorer l'espace, et les ressources suivent. La brigade spatiale en est la traduction concrète.

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