Peine de mort pour les terroristes en Israël : la potence israélienne sort de terre

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Peine de mort pour les terroristes en Israël : la potence israélienne sort de terre

Israël construit son premier quartier des condamnés à mort : la potence de Ben Gvir prend forme

Le chantier a commencé. En Israël, un quartier entier destiné aux condamnés à mort, doté d'une potence et de cellules de visionnage pour les familles de victimes, est en cours de construction au centre du pays. Le ministre Itamar Ben Gvir, à l'origine de la loi sur la peine de mort pour terroristes, revendique une étape historique.

Un chantier déjà engagé au centre du pays

Après l'adoption de la loi instaurant la peine de mort pour les terroristes, portée par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et son parti Otzma Yehoudit, les travaux sont désormais visibles sur le terrain. Depuis plusieurs semaines, un aile dédiée aux condamnés à mort se construit au centre d'Israël. Cette aile doit accueillir les détenus dont la peine capitale aura été confirmée en vertu de la nouvelle loi, votée par la Knesset fin mars 2026 après un parcours législatif tendu qui a vu Benjamin Netanyahou lui-même se rallier au texte sous la pression de Ben Gvir.

Le ministre a présenté personnellement l'avancement du projet, expliquant qu'une première réunion avec la direction du Service pénitentiaire israélien (Shabas) s'est déjà tenue pour lancer l'application concrète de la loi. Il a évoqué l'ouverture prochaine de l'aile et la mise en place d'une unité dédiée, tout en reconnaissant que le processus prendra encore du temps.

Une potence au cœur du dispositif

Le projet comprend plusieurs volets. Une aile spécifique accueillera les détenus condamnés à mort selon la loi. En son centre, une installation de pendaison est prévue pour l'exécution des peines. Le dispositif prévoit également des cellules de visionnage permettant aux victimes d'actes terroristes et à leurs proches d'assister au processus, sur le modèle en vigueur dans plusieurs pays appliquant la peine capitale. Des autorisations seront enfin délivrées à des visiteurs officiels issus de familles endeuillées, qui pourront se rendre dans l'aile et superviser la procédure.

Selon des informations rapportées par Walla et relayées par plusieurs médias, la direction du Shabas, avec à sa tête le commissaire Kobi Yaakobi et le commissaire adjoint Hatem Azzam, chargé de la mise en œuvre des exécutions, prépare également l'habillement des condamnés en combinaisons rouges et la constitution d'une unité de surveillants spécialement affectée à cette tâche. L'identité de ces surveillants restera confidentielle et ils bénéficieront d'une immunité pénale totale, un dispositif psychologique d'accompagnement étant prévu pour l'équipe chargée d'actionner le mécanisme.

Les mots de Ben Gvir

Le ministre a présenté l'avancée comme l'aboutissement direct de sa politique au ministère de la Sécurité nationale. Il a rappelé avoir promis de durcir les conditions de détention des terroristes et de faire adopter la loi sur la peine de mort, deux engagements tenus selon lui. Il a ajouté que l'aile des condamnés à mort et le dispositif de pendaison commencent désormais à prendre forme concrètement, revendiquant un moment historique et affirmant qu'un seul sort est mérité par les terroristes, la mort par pendaison.

Ce que prévoit précisément la loi

Le texte final, dévoilé en janvier 2026, prévoit que l'exécution se fasse par pendaison, réalisée par un gardien désigné par le commissaire du Shabas dont l'identité restera secrète et qui bénéficiera d'une immunité pénale complète. Les condamnés seront détenus dans un quartier séparé, sans possibilité de visite hormis pour des instances habilitées, les rencontres avec un avocat se faisant uniquement par visioconférence.

La loi fixe un délai de quatre-vingt-dix jours entre la confirmation définitive de la peine et son exécution. Devront être présents au moment de l'exécution le directeur de la prison, un représentant du pouvoir judiciaire, un observateur officiel et un représentant de la famille du condamné. Le texte interdit par ailleurs formellement la libération d'un condamné à mort dans le cadre d'un accord de libération d'otages, un point présenté par ses défenseurs comme une réponse directe aux échanges de prisonniers passés.

Deux lois distinctes, un même gibet

Un point mérite d'être souligné avec précision, car deux textes coexistent et sont souvent confondus. La loi portée par Ben Gvir, votée le 30 mars 2026, ne s'applique qu'aux Palestiniens de Judée-Samarie jugés par les tribunaux militaires, et elle n'est pas rétroactive.

Elle ne peut donc pas, en tant que telle, s'appliquer aux terroristes du Nukhba déjà arrêtés depuis le massacre du 7 octobre 2023. Ce constat a été confirmé sans ambiguïté par l'Association pour les droits civils en Israël, qui souligne que la loi ne vise pas les auteurs du 7 octobre malgré la communication qui tend à les associer.

C'est une seconde loi, distincte et votée le 11 mai 2026, qui a été conçue spécifiquement pour juger les auteurs du massacre. du 7 octobre 2023.
Ce texte crée par un tribunal militaire spécial chargé de poursuivre les terroristes du Nukhba pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre, avec possibilité de peine de mort au titre de la loi israélienne de 1950 sur la prévention du génocide.

Plusieurs analystes israéliens relèvent d'ailleurs que ce second texte, préparé par des juristes de haut rang, permettrait réellement de faire condamner à mort les auteurs du 7 octobre, contrairement à la loi de Ben Gvir dont la portée réelle sur ce point est jugée limitée.

L'exécution d'une peine de mort, quelle que soit la loi d'origine, reste dans tous les cas confiée au Service pénitentiaire israélien et se fait par pendaison.
L'aile et la potence aujourd'hui en construction ont donc vocation à devenir, à terme, le lieu où pourrait être exécutée une éventuelle sentence prononcée contre des auteurs du 7 octobre.
Mais à ce stade, aucun acte d'accusation n'a encore été déposé contre eux dans le cadre du tribunal spécial, et aucun jugement n'a été rendu. La pendaison des terroristes du 7 octobre n'est donc pas encore concrète au sens judiciaire : c'est l'infrastructure d'exécution qui l'est, la procédure judiciaire les concernant reste, elle, à son tout début.

Où en est la procédure contre les auteurs du 7 octobre

Plus de deux cent cinquante terroristes du Nukhba sont aujourd'hui détenus en Israël au titre de la loi sur l'internement des combattants illégaux, sans avoir encore été formellement jugés.
Le tribunal militaire spécial créé pour eux prévoit des chambres de trois juges, dont au moins un président de tribunal militaire ou un juge de district à la retraite, et autorise un assouplissement des règles de preuve compte tenu de l'ampleur des crimes.

Les familles des victimes pourront suivre les audiences depuis une salle séparée ou par retransmission, tandis que les accusés eux-mêmes n'assisteront la plupart du temps pas physiquement aux débats. Le parquet doit prochainement commencer à déposer les actes d'accusation, sur la base d'un volumineux dossier de preuves comprenant éléments forensiques, aveux recueillis en interrogatoire et vidéos des exactions commises entre le 7 et le 10 octobre 2023.

Recours juridiques et contestations

Des recours ont déjà été déposés devant la Cour suprême, et plusieurs observateurs anticipent que le texte pourrait être invalidé par les juges, voire contesté devant des instances internationales.
Au sein même de l'appareil sécuritaire, des réserves ont été exprimées, le Shin Bet et le Mossad ayant soutenu le principe de la loi tout en demandant que la décision finale reste entre les mains des tribunaux. Le chef de Kakhol Lavan, Benny Gantz, a vivement critiqué la méthode à la tribune de la Knesset, dénonçant une initiative politique plutôt que sécuritaire selon lui.

Sur le plan diplomatique, huit pays arabes et musulmans, l'Arabie saoudite, la Turquie, l'Égypte, la Jordanie, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Pakistan et l'Indonésie, ont publié une condamnation commune du texte, évoquant une escalade dangereuse susceptible d'accroître les tensions régionales.

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