Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

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Les articles de Claudine Douillet

GPA, embryons posthumes, droit inédit : pourquoi Israël est le seul pays au monde à oser cela

GPA, embryons posthumes, droit inédit : pourquoi Israël est le seul pays au monde à oser cela

C'est le souvenir vivant qu'il m'a laissé" : le combat d'une veuve de guerre pour sauver les embryons de son mari tombé au combat

Il y a des histoires qui résument à elles seules la complexité d'une nation en guerre celle d'un peuple qui lutte pour vivre, pour transmettre, pour prolonger la vie là même où la mort a frappé. H. est l'une de ces femmes.
Veuve d'un soldat de Tsahal tombé dans la bande de Gaza pendant l'opération Épées de fer, elle vient d'accomplir ce qui s'apparente à un miracle logistique, juridique et humain : rapatrier en Israël les embryons congelés de son mari disparu.

Une vie suspendue entre deux combats

Avant même de perdre son mari, H. avait déjà traversé l'enfer.
Une maladie grave contractée dans sa jeunesse, et les traitements qui l'avaient sauvée, lui avaient ôté toute possibilité de concevoir naturellement.
Elle et son mari s'étaient alors tournés vers la gestation pour autrui en Géorgie, un chemin long et épuisant qui avait finalement abouti à la naissance de leur fils aîné.
« Je ne savais pas ce qu'était le bonheur avant son arrivée », confie-t-elle.
« Nous avions traversé un enfer en tant que couple, et quand l'enfant est né, nous avions le sentiment d'avoir atteint le paradis. »

Dans le cadre de ce processus, plusieurs embryons issus du sperme de son mari avaient été conservés dans un laboratoire géorgien une réserve précieuse pour l'enfant suivant qu'ils projetaient d'avoir.
Mais le 7 octobre 2023 a tout fracassé. Son mari est rappelé sous les drapeaux dès les premières heures. « Depuis le 7 octobre, je ne l'ai presque plus vu », raconte-t-elle avec douleur. « Il était en réserve, passant de Gaza au Liban, rentrant quelques heures avant de repartir. Quand il a été tué, nous étions sous le choc. »

La course contre la montre

Alors qu'elle tentait de se reconstruire pour son fils, un coup de téléphone venu de Géorgie l'a précipitée dans une nouvelle urgence : le laboratoire où dormaient les embryons annonçait sa fermeture imminente et menaçait de les détruire s'ils n'étaient pas récupérés rapidement.
« Il était hors de question que j'y renonce », dit-elle.
« C'est le deuxième souvenir vivant que mon mari m'a laissé. Il m'avait dit : "quand je rentre, on fait un autre enfant." Il avait déjà commencé à explorer un nouveau processus de GPA. Je savais à quel point c'était important pour lui. »

Il fallait désormais trouver un hôpital israélien acceptant de recevoir les embryons, obtenir des autorisations exceptionnelles du ministère de la Santé et coordonner un transfert international de matériel biologique  le tout dans un contexte de tensions sécuritaires exacerbées, notamment la menace iranienne, qui a fait planer un moment le doute sur l'issue de l'opération.

Perdue et dépassée, H. a été prise en charge par l'Organisation des veuves et orphelins de Tsahal, qui lui a désigné une coordinatrice de projet pour l'accompagner à chaque étape.

Israël, pionnier mondial de la procréation assistée

Ce que vit H. n'est pas seulement un drame personnel. C'est le reflet d'un cadre légal et médical que peu de pays au monde peuvent revendiquer.
En Israël, la gestation pour autrui est légalement encadrée et accessible là où des pays comme la France l'interdisent formellement.
La fécondation in vitro est remboursée par l'État sans limite d'âge réelle pour les femmes jusqu'à 45 ans, et les techniques de préservation de fertilité congélation d'ovocytes, d'embryons, de sperme sont intégrées dans une politique nationale assumée de soutien à la natalité. Israël présente le taux de cliniques de FIV par habitant le plus élevé au monde.

Plus rare encore, et c'est là que le cas de H. entre dans l'histoire juridique du pays : Israël autorise l'utilisation posthume du sperme ou des embryons d'un soldat mort au combat pour permettre à sa veuve de mener à bien un projet parental.
Ce droit, encadré par des commissions éthiques et médicales, reflète une philosophie nationale profonde celle d'un État qui considère la continuité de la vie comme une forme de résistance et de victoire face à la mort.

Les embryons atterrissent à Beilinson

La semaine dernière, l'opération a abouti. Les embryons ont été rapatriés en Israël et transférés au centre médical Rabin de l'hôpital Beilinson. « On m'a envoyé des vidéos du moment où ils ont pris le tube portant mon nom », raconte H. en larmes. « J'ai vu comment ils le déplaçaient avec précaution, puis on m'a appelée pour me dire que ça avait atterri en Israël. À ce moment-là, j'ai senti que j'avais gagné. »

Le professeur Yoel Shofaro, directeur de l'unité de fertilité de Beilinson rattachée au groupe Clalit, a déclaré : « Quand l'Organisation des veuves et orphelins de Tsahal nous a contactés, nous n'avons pas eu le moindre doute que nous ferions tout pour les aider. C'est un honneur d'être là pour eux. »

Zahava Gross Midan, présidente de l'organisation et avocate, a souligné que derrière la douleur sommeille un désir profond de prolonger le rêve familial. Et Shlomi Nahumson, directeur général de l'organisation, a insisté : cette affaire illustre la réalité de ces femmes dont le combat continue bien au-delà du jour de la chute de leur mari.

Un précédent historique

H. devrait devenir la première femme en Israël à demander officiellement le recours à la GPA avec les embryons de son mari décédé au combat.
Une démarche inédite qui ouvre une page nouvelle dans le droit israélien de la bioéthique et qui pose avec une acuité rare la question de ce que signifie donner la vie quand la mort a déjà tout pris.
« Il y a en moi à la fois de la douleur et de la joie », confie-t-elle. « Mon mari est parti se battre pour ce pays, et des gens ici se sont battus pour moi en retour. Ils m'ont rendu l'air. »

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Pas de réincarnation pour les femmes ? Serait ce le signe de leur supériorité spirituelle ? sources Zohar et l'Arizal

Pas de réincarnation pour les femmes ? Serait ce le signe de leur supériorité spirituelle ? sources Zohar et l'Arizal

L'âme féminine dans la Kabbale : ce que la tradition juive dit vraiment sur les femmes

Par la rédaction D'après les textes du Zohar, du Sha'ar HaGilgulim de l'Arizal, et des sources talmudiques

Il existe dans le judaïsme une idée reçue tenace, souvent répétée dans des conversations de salon ou dans des cours de Kabbale approximatifs : les femmes ne se réincarnent pas. Sous-entendu, elles seraient exclues d'un cycle que la tradition réserve aux hommes.

Ce malentendu, répandu sans nuance ni contexte, finit par suggérer que la femme occupe dans l'économie spirituelle une place secondaire, voire déficiente. C'est exactement l'inverse de ce qu'enseignent les textes.

La réalité que l'on découvre en ouvrant le Sha'ar HaGilgulim  la "Porte des Réincarnations", œuvre maîtresse de Rabbi Yitzhak Louria, le grand Arizal de Safed, compilée au XVIe siècle par son disciple Rabbi Haïm Vital est bien plus surprenante, et bien plus haute.
Si la femme juive n'a généralement pas besoin de se réincarner, c'est non pas parce qu'elle est en marge du système, mais parce qu'elle en est, selon ces textes, la partie la plus accomplie.

Ce que la réincarnation révèle vraiment sur l'âme

Pour comprendre ce que les kabbalistes disent de la femme, il faut d'abord comprendre à quoi sert la réincarnation, ce que les textes hébraïques appellent le guilgoul.

Dans la pensée lurianique, l'âme humaine ne descend pas dans ce monde pour y prendre du bon temps. Elle vient accomplir une mission précise : réparer ce que le péché originel d'Adam a brisé. Cette réparation s'appelle le Tikkoun.
Elle passe par l'accomplissement des 613 commandements de la Torah, par la rectification des fautes commises dans des vies antérieures, et par l'élévation des étincelles divines dispersées dans la matière depuis la Création.

Or une seule vie ne suffit presque jamais à tout accomplir. C'est pourquoi les âmes reviennent, encore et encore, jusqu'à ce que leur travail soit achevé.
Le guilgoul est ainsi moins une récompense qu'une nécessité une seconde, une troisième, parfois une millième chance de finir ce qui n'a pas été terminé.
L'Arizal précise dans son œuvre qu'une âme peut se réincarner des milliers de fois, à condition de progresser ne serait-ce qu'un peu à chaque passage. Si elle n'avance pas, elle n'a droit qu'à trois tentatives. Après quoi, elle est envoyée au Guéhinnom pour y être purifiée autrement.

C'est dans ce cadre qu'il faut lire ce que la tradition dit de la femme.

La femme n'a pas besoin de revenir : un privilège, pas une exclusion

Le Sha'ar HaGilgulim est explicite. "Principalement, le concept du guilgoul s'applique aux hommes et non aux femmes." Rabbi Haïm Vital, transcrivant fidèlement son maître l'Arizal, explique pourquoi : les femmes peuvent entrer dans le Guéhinnom le processus de purification de l'âme dans l'au-delà  plus rapidement et plus directement que les hommes. Leur âme n'a pas besoin du long détour que constitue le retour dans un corps physique.

Ce point mérite qu'on s'y arrête. Dans la pensée kabbalistique, le guilgoul n'est pas un honneur. C'est une épreuve. Revenir dans ce monde signifie recommencer à se battre contre le mauvais penchant, risquer de commettre de nouvelles fautes, s'exposer à la souffrance, à l'oubli de sa mission, à toutes les vicissitudes de la vie humaine. L'Arizal lui-même met en garde ses élèves : il ne faut pas compter sur le guilgoul pour réparer ses actes. Le processus est douloureux et incertain.

La femme, elle, bénéficie d'une voie plus directe. Son âme peut accéder à la purification sans avoir à affronter à nouveau les risques d'une incarnation terrestre. Ce n'est pas une mise à l'écart : c'est une protection. Une reconnaissance implicite que son âme, dans sa constitution même, est plus proche de son achèvement.

La racine de l'âme féminine : Ève, mère de toutes les âmes

Pour comprendre d'où vient cette différence, les kabbalistes remontent à l'origine même des âmes. Selon le Zohar, toutes les âmes humaines proviennent d'un seul et même être : l'Adam Primordial, appelé Adam Kadmon, dont la chute a provoqué la dispersion de millions d'étincelles spirituelles dans l'univers matériel. Ces étincelles sont les âmes.

Mais l'Adam Primordial n'était pas seulement masculin. Il était androgyne à la fois mâle et femelle avant que Dieu ne "sépare" les deux aspects en Adam et en Ève.
Le Zohar enseigne que chaque âme, avant de descendre dans ce monde, est constituée d'une part masculine et d'une part féminine unies en un seul être. C'est au moment de l'incarnation que les deux aspects se séparent pour entrer dans des corps distincts.

Ève, selon cette lecture, n'est pas simplement la première femme. Elle est, du point de vue kabbalistique, une super-âme dont proviennent toutes les âmes féminines qui ont jamais existé ou existeront. Elle est l'archétype, la source, la racine commune de toute la dimension féminine de l'humanité. Le nom hébreu de Ève, Chava, signifie "vie" et le Zohar y voit l'allusion à sa fonction de source de toute vie spirituelle.

Cette origine confère à l'âme féminine une dignité particulière. Elle ne vient pas d'une branche secondaire ou d'un appendice de la structure spirituelle : elle vient du cœur même de la création, du côté féminin de l'Adam originel, qui est, dans la structure des Séfirot, associé à la Malkhout  le "royaume", la dixième et dernière Séfira, point de contact entre le divin et le monde, réceptacle ultime de toute lumière.

La Malkhout : le féminin comme accompli

Cette association entre l'âme féminine et la Séfira de Malkhout est fondamentale dans la pensée de l'Arizal, et c'est précisément elle qui explique pourquoi les femmes ne se réincarnent pas.

L'Arizal déploie une explication d'une grande profondeur. Le guilgoul, dit-il, est associé à la lettre hébraïque Vav  sixième lettre de l'alphabet, symbole numérique du chiffre 6, représentant les six Séfirot masculines de Zeïr Anpin : Hessed, Gevourah, Tiferet, Netzah, Hod et Yessod.

Ce sont les six dimensions de l'effort, du travail spirituel, de l'accomplissement dans le temps. Le guilgoul, comme ces six Séfirot, est un processus de progression, d'élaboration, de construction pas à pas.

La septième Séfira, Malkhout, correspond au féminin. Et Malkhout, par nature, ne "tourne" pas dans le guilgoul. Elle est déjà au bout du chemin. L'Arizal fait même le lien avec la loi de l'esclave hébreu qui est libéré la septième année : la septième année est féminine, dit-il, et ne se réincarne donc pas. Ce n'est pas une limitation c'est l'expression d'un accomplissement intrinsèque.

En termes plus accessibles : là où l'âme masculine doit travailler, construire, accumuler des Tikounims au fil de nombreuses vies pour atteindre son achèvement, l'âme féminine est, par sa constitution, déjà dans une position plus proche de cet achèvement. Elle n'a pas à parcourir le même chemin en sens identique. Sa voie de purification est plus courte parce que sa distance à parcourir est, structurellement, moins grande.

Le Guéhinnom : ni enfer, ni punition une purification d'élite

Ici encore, un malentendu doit être dissipé. Entendre que les femmes passent par le Guéhinnom après la mort pourrait sembler une condamnation. Il n'en est rien.

Le Guéhinnom, dans la tradition juive et kabbalistique, n'est pas l'enfer au sens de la théologie chrétienne un lieu de damnation éternelle.
C'est un processus de purification spirituelle intensive, limité dans le temps.
Le Talmud (Shabbat 33b) et le Zohar (I, 107a) s'accordent : la durée maximale de purification au Guéhinnom est de douze mois. C'est précisément pourquoi les enfants récitent le Kaddish pour leurs parents défunts pendant onze mois seulement : on ne voudrait pas laisser entendre que l'être aimé méritait la durée maximale.

Le Guéhinnom est divisé en sept niveaux, chacun correspondant à des types de fautes différents. Son "feu" n'est pas matériel : c'est un feu spirituel qui brûle les impuretés de l'âme comme on raffine l'or. Rabbi Eliyahu de Vidas, dans son œuvre majeure le Reshit Chochma, cite son maître Rabbi Moïse Cordovero pour expliquer la différence fondamentale entre le Guéhinnom et le guilgoul : le Guéhinnom purifie ce qui est souillé, mais ne peut pas donner ce qui manque. Le guilgoul, lui, permet d'acquérir ce qu'on n'a pas encore accompli.

C'est exactement pourquoi les femmes n'ont généralement pas besoin du guilgoul : elles n'ont pas les mêmes obligations d'accomplissement rituel que les hommes. Exemptées de nombreuses Mitsvot dites "liées au temps"  les commandements positifs à accomplir à des moments précis, comme mettre les Tefillin chaque matin, entendre le Chofar à Roch Hachana, ou résider dans la Soukka  leur bilan spirituel est apprécié selon d'autres critères. Et leur purification peut s'accomplir intégralement au Guéhinnom, sans qu'elles aient à revenir affronter les risques d'une nouvelle vie terrestre.

Et l'homme qui n'étudie pas la Torah, que lui arrive-t-il ?

La grande distinction que l'Arizal introduit n'est pas, au fond, entre hommes et femmes. Elle est entre ceux qui étudient la Torah régulièrement et ceux qui ne le font pas.

L'homme qui étudie la Torah bénéficie d'une protection extraordinaire : il ne sera pas envoyé au Guéhinnom après sa mort. Ses fautes et ses manques seront réparés autrement précisément par le guilgoul, la réincarnation.
L'étude de la Torah est ainsi décrite par l'Arizal comme un "bouclier" contre le Guéhinnom.
Le feu du Guéhinnom ne peut pas "prendre" sur une âme que l'étude a déjà purifiée et élevée de son vivant.

Mais qu'arrive-t-il à l'homme qui n'a pas étudié ? Le Sha'ar HaGilgulim est précis. Cet homme peut se réincarner, à condition de progresser à chaque vie. S'il n'avance pas, il ne peut recommencer que trois fois. Après ces trois chances, son âme est envoyée au Guéhinnom  comme la femme. La différence, là encore, est que la femme y arrive directement, sans ces allers-retours épuisants, et que sa purification y est généralement plus rapide.

Il y a une ironie profonde dans ce tableau. L'homme qui ne s'acquitte pas de son obligation d'étude de la Torah finit par emprunter la voie qui était celle de la femme depuis le départ e Guéhinnom mais en ayant auparavant dilapidé plusieurs vies dans des guilgoulim infructueux. La femme, elle, y arrive directement, sans détour, avec la dignité de celle qui n'avait pas besoin de ce long apprentissage par l'échec.

Les exceptions : quand une femme revient

La tradition kabbalistique n'est jamais manichéenne. Elle connaît les exceptions et les nuances. Il existe des cas où une âme féminine peut revenir dans ce monde.

Le plus cité est celui de la femme qui doit accompagner son mari dans sa réincarnation. Le Zohar, dans la section Saba de Mishpatim, interprète le verset de l'Exode  "s'il était marié, sa femme sortira avec lui"comme une allusion au guilgoul : si un homme doit revenir dans ce monde, son âme sœur peut choisir, ou être appelée, à le rejoindre. Ce n'est pas une obligation, mais une possibilité liée à la profondeur du lien entre les deux âmes.

Il existe aussi le cas de l'Ibbour : une âme féminine peut venir s'attacher temporairement à une femme vivante, non pour se réincarner à proprement parler, mais pour accomplir une mission précise, aider cette femme à enfanter, ou transmettre quelque chose d'essentiel. Si la femme qui reçoit cet Ibbour tombe enceinte et accouche d'une fille, l'âme attachée peut alors effectivement se réincarner dans cet enfant nouveau-né.

Enfin, le cas le plus troublant : une âme masculine condamnée pour des péchés graves l'Arizal cite notamment l'homosexualité peut se voir "placée" dans un corps de femme.

Cette femme, qui porte en elle une âme masculin, ne pourra généralement pas concevoir naturellement. L'Arizal précise qu'elle ne pourra accoucher qu'avec un grand mérite et l'entrée d'une âme féminine en elle sous forme d'Ibbour. Il ne s'agit pas ici d'une réincarnation féminine normale : c'est une punition pour une âme masculine, qui se retrouve dans une situation spirituellement inconfortable, coincée dans un corps dont la structure ne correspond pas à l'âme qui l'habite.

Ce que dit le Zohar sur la mission de la femme

Au-delà de ces mécanismes techniques de l'au-delà, il faut revenir à ce que le Zohar dit, de manière plus fondamentale, sur le rôle et la dignité de la femme dans l'économie spirituelle du monde.

"Chaque âme et chaque esprit, avant d'entrer dans ce monde, consiste en un être masculin et féminin unis en un seul être." Cette phrase du Zohar renverse la hiérarchie implicite que certains voudraient projeter sur le judaïsme. L'âme n'est pas d'abord masculine. Elle est androgyne. La dimension féminine n'est pas un ajout, une dérivation ou une version appauvrie de la dimension masculine : elle en est la moitié constitutive, sans laquelle l'autre moitié n'est pas entière.

Le Zohar ajoute, dans une formule saisissante : "Toute image qui n'embrasse pas le masculin et le féminin n'est pas une image haute et vraie." Et encore : "Le Saint Béni soit-Il ne place Sa demeure en aucun endroit où le masculin et le féminin ne sont pas présents ensemble." La femme n'est donc pas accessoire dans le rapport au divin. Elle en est une condition.

La femme et la Chékhina : une proximité structurelle

Il faut aller plus loin encore. Dans la mystique juive, la présence divine dans le monde la Chékhina est féminine. Elle est l'aspect de Dieu qui "réside" dans la création, qui accompagne Israël dans l'exil, qui pleure avec le peuple. La Chékhina est associée à la Séfira de Malkhout  la même Séfira à laquelle est associée l'âme féminine.

Cette correspondance n'est pas anecdotique. Elle signifie que l'âme féminine partage, structurellement, quelque chose de la nature de la présence divine elle-même dans ce monde. Là où l'âme masculine est en chemin vers Malkhout cherchant à unifier les forces spirituelles en lui pour atteindre ce point d'aboutissement l'âme féminine est déjà, par sa nature, dans une relation de proximité avec ce lieu d'achèvement.

Le Talmud l'avait déjà pressenti, à sa manière. "Les femmes sont dotées d'une plus grande Bina (compréhension intuitive) que les hommes", dit le traité Nidda (45b). Cette Bina n'est pas une simple intelligence pratique. Dans le lexique kabbalistique, Bina est la troisième Séfira, appelée aussi "Ima Ila'a" la Mère supérieure.
Elle est le principe de compréhension profonde, d'intuition pénétrante, de capacité à saisir les choses dans leur globalité plutôt qu'à les analyser pièce par pièce. Attribuer aux femmes une plus grande Bina, c'est leur attribuer une forme d'intelligence spirituelle plus haute, plus directe, plus proche des niveaux supérieurs de l'âme.

Le Messie ne viendra pas tant que toutes les âmes n'auront pas accompli leur mission

Il est une dimension de cette question qui dépasse le destin individuel et touche à l'eschatologie  la vision juive de la fin des temps et de la rédemption finale.

Le Talmud enseigne, et la Kabbale le répète et l'approfondit : le Messie ne viendra pas tant que toutes les âmes du Gouph  le réservoir céleste des âmes encore non incarnées n'auront pas accompli leur passage dans ce monde. Nahmanide le formule clairement : la délivrance finale ne peut survenir que lorsque ce réservoir sera épuisé.

Or les femmes jouent un rôle essentiel dans ce processus. Non pas en se réincarnant elles-mêmes à l'infini, mais en étant le vecteur par lequel les âmes entrent dans le monde en portant, en donnant naissance, en élevant. Ève est appelée "mère de toute vie" Em kol haï  et ce titre prend dans la perspective kabbalistique une dimension cosmique. Chaque naissance est un acte de Tikkoun, et c'est par le corps féminin que cet acte s'accomplit.

Le Zohar dit encore que la femme qui étudie la Torah reçoit une double récompense : une pour elle-même, et une pour ce qu'elle permet à son mari d'étudier. Cette formulation, que certains pourraient trouver réductrice, est en réalité une reconnaissance d'une fonction unique : la femme est le socle qui rend possible le Tikkoun de l'homme. Sans elle, son guilgoul lui-même ne pourrait pas s'accomplir pleinement.

Ce que tout cela change dans la vie concrète

On pourrait objecter que tout ceci est bien abstrait, et que dans la vie quotidienne, nombreuses sont les femmes juives qui se sentent moins valorisées que leurs homologues masculins par une tradition qui les exempte de nombre d'obligations. Cette exemption peut en effet être vécue comme une exclusion, comme si on les reléguait à une spiritualité de second rang.

Les textes kabbalistiques répondent à cette intuition de manière frontale : l'exemption n'est pas une mise à l'écart. Elle est la reconnaissance que l'âme féminine n'a pas besoin des mêmes "béquilles" rituelles que l'âme masculine pour rester en contact avec le divin.

L'homme a besoin des Tefillin, du Chofar, de la Soukka, du minyan quotidien parce que sans ces ancres rituelles, son âme, plus exposée aux forces du Yetzer Hara (le mauvais penchant), risque de dériver. La femme est, dans cette lecture, structurellement plus stable spirituellement. Elle a besoin de moins d'interventions externes pour rester en lien avec sa source divine.

Ce n'est pas une infériorité de l'homme  c'est simplement une différence de constitution. L'homme est plus grand physiquement en général, mais cela ne dit rien de sa valeur en tant qu'être. De même, la nécessité pour l'âme masculine de passer par plus d'épreuves et de réincarnations ne la diminue pas elle décrit simplement un chemin différent, plus long, vers le même sommet.

Une tradition à relire sans préjugés

L'enseignement kabbalistique sur la femme et la réincarnation est l'une des plus belles illustrations de ce que la tradition juive peut offrir quand on accepte de la lire sans les lunettes déformantes du préjugé ou du survol superficiel.

Loin de marginaliser la femme, les textes de l'Arizal, du Zohar et du Talmud dessinent une anthropologie spirituelle dans laquelle l'âme féminine occupe une position qui est, à bien des égards, plus proche de l'achèvement divin que l'âme masculine.
Elle n'a pas besoin de revenir autant. Elle se purifie plus vite. Elle est associée à la Séfira la plus proche de la présence divine dans le monde. Elle est structurellement dotée d'une compréhension intuitive plus haute.

Cela ne signifie pas que les femmes sont des êtres parfaits, ni qu'elles n'ont rien à travailler sur elles-mêmes. La tradition est trop honnête pour tomber dans cette naïveté. Mais cela signifie que lorsqu'on lit correctement ce que la Kabbale dit de la femme, on ne trouve pas une spiritualité mineure, une âme de deuxième rang, une créature accessoire.

On trouve exactement le contraire.

Sources : Sha'ar HaGilgulim de l'Arizal (Rabbi Yitzhak Louria), compilé par Rabbi Haïm Vital — Chapitres 9 et 20 ; Zohar, Parashat Mishpatim (Saba de Mishpatim) ; Zohar, Pékoudei 253a ; Zohar I, 107a ; Talmud Babylonien, Shabbat 33b, Nidda 45b, Sotah 10b ; Reshit Chochma de Rabbi Eliyahu de Vidas, Sha'ar HaYira 13 ; Olam HaBa, sources talmudiques et kabbalistiques.

L'audace du don : 30 dunams offerts aux plus démunis par ces nouveaux agriculteurs israéliens

L'audace du don : 30 dunams offerts aux plus démunis, ces nouveaux agriculteurs israéliens

La nouvelle génération des agriculteurs israéliens

Il a 28 ans, la foi chevillée au corps et les pieds dans la terre. Il est aussi une star des réseaux sociaux avec des dizaines de milliers d'abonnés.
Dan Beniahu Suissa a choisi de bâtir une exploitation agricole de ses propres mains, à partir de rien. Dans les serres du moshav Beit Ouziel, il explique pourquoi l'agriculture est pour lui une vocation  et comment son partenariat avec l'organisation Leket Israël lui permet de transformer même les moments les plus difficiles de la guerre en actes de générosité et de don.

Briser le stéréotype

Quand on ferme les yeux et qu'on imagine un agriculteur israélien, la plupart d'entre nous voient apparaître la figure mythique du kibboutznik celui à la moustache blanche, au chapeau de paille et au vieux tracteur.
Dan Beniahu Suissa pulvérise ce cliché. Il représente une nouvelle espèce d'agriculteurs : jeune, mû par une vision spirituelle profonde, et animateur d'une présence impressionnante sur les réseaux sociaux, où il rend accessible à ses abonnés toutes les étapes du travail agricole.

« Je montre le processus que traversent nos fruits et légumes pour arriver dans notre assiette », dit-il avec fierté.
« Nous sommes les jeunes qui ont choisi de prendre l'agriculture et de la faire pousser plus loin. » Contrairement à ceux qui héritent d'une exploitation familiale, Dan a tout construit de zéro. Il gère au moshav Beit Ouziel une boutique de ferme fondée sur le modèle "du champ à l'assiette" Farm to Table pour garantir une fraîcheur absolue.
Dans ses serres où mûrit une grande variété de fruits et légumes, l'odeur des produits frais emplit l'air. « Le fruit est cueilli tu le mets dans ta bouche. Ce sont des saveurs complètement différentes. On le voit avec les yeux, on le sent avec le nez. Le paradis sur terre. »

La résilience sous le feu

Pendant la guerre, les défis se sont mués en difficultés physiques et économiques bien réelles. Au plus fort de la pression, des parcelles entières risquaient d'être abandonnées, faute de bras. « À cause de la surcharge de travail, des dunams entiers s'accumulaient sans que nous puissions les récolter », raconte Dan. Plutôt que de baisser les bras, il a choisi la générosité : « Nous avons donné près de 30 dunams de légumes à Leket Israël. C'est une collaboration miraculeuse. »

Mai pour les agriculteurs

Le travail de Dan et celui de centaines d'autres agriculteurs se trouvent au cœur du projet "Mai Lekhaklai"  "Mai pour les agriculteurs" qui atteint son apogée à la fête de Shavouot, la fête de la moisson.
L'objectif de ce projet est simple et émouvant : rendre hommage aux agriculteurs et leur témoigner la reconnaissance qu'ils méritent pour leur immense effort tout au long de l'année. Rien que l'an passé, quelque 700 agriculteurs israéliens ont réussi à sauver 32 000 tonnes de produits frais qui étaient voués à la destruction une nourriture de qualité qui nourrit chaque semaine environ 470 000 personnes dans le besoin à travers tout le pays.

Une vocation spirituelle

Le lien de Dan avec l'organisation va bien au-delà d'un simple partenariat commercial.
Pour lui, sauver des aliments est la concrétisation d'une vision du monde profondément spirituelle, qui voit dans l'agriculture une mission de diffusion de l'abondance et de la générosité. « La chose la plus douloureuse au monde, c'est de voir le fruit sur lequel tu as travaillé jeté à la poubelle il n'y a rien de plus douloureux que ça, tu le ressens dans ta chair », confie-t-il avec franchise.
« Depuis que j'ai commencé à travailler avec Leket Israël, c'est le privilège qu'ils m'ont offert. Tu aides ceux qui en ont besoin et tu ne vois pas le travail de tes mains pourrir sur l'arbre. »

Pour Dan, ce partenariat est la façon de s'assurer qu'aucun produit n'est gaspillé et que l'abondance qui pousse dans les champs parvient aux bonnes mains. C'est le moteur qui lui permet de se lever chaque matin et de retourner au travail.
« Ce n'est pas seulement que nous nous sommes levés le matin juste pour gagner de l'argent », résume-t-il. « Ça me donne le droit d'influencer des gens qui manquent de quelque chose. Et ça met ces produits à la portée du peuple israélien, de ceux qui en ont besoin. »

 

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La mort de Talia Haya Timsit, 11 ans, accident de bus Rue Dizengoff, Tel Aviv

La mort de Talia Chaya Timsit, 11 ans accident de bus Rue Dizengoff, Tel Aviv

La mort de Talia Chaya Timsit, 11 ans accident de bus Rue Dizengoff, Tel Aviv

L'accident  Lundi 18 mai 2026, 20h12

Un grave accident s'est produit dans le centre de Tel Aviv : une fillette de 11 ans a été blessée dans un état critique après qu'un bus de la compagnie Dan, ligne 62, a percuté des piétons, un arbre et un poteau électrique rue Dizengoff.

Selon les informations, il s'agissait d'une collision en chaîne : un bus de la ligne 5 a heurté l'arrière d'un bus de la ligne 62, ce qui a projeté ce dernier contre un arbre et un poteau électrique.

Un témoin oculaire, Ayal, a décrit la scène : « Soudain il y a eu un bruit énorme. J'ai regardé derrière moi et j'ai vu un bus entrer dans un autre bus, qui a percuté un arbre et un poteau électrique. En quelques secondes, le courant s'est coupé, et les gens ont commencé à fuir en panique pour ne pas s'approcher des câbles électriques. »

Le paramedic du Magen David Adom, Simha Simandev, a rapporté en arrivant sur place : « Nous avons vu 11 blessés, dont une fillette de 11 ans sans pouls ni respiration, avec de graves traumatismes sur tout le corps, une femme de 49 ans blessée grièvement, et un homme de 76 ans coincé sous un arbre, inconscient. »

Talia une piétonne fauchée par hasard

Talia accompagnait ce soir-là trois amies à l'arrêt de bus voisin. Les amies ont eu le temps de fuir. Talia, elle, a été frappée.

Son père, Yuval Timsit, a révélé que sa fille souffrait d'une défaillance multi-organique et de lésions cérébrales, et que sa mère et sa sœur ont assisté en direct à ce que les secouristes ont d'abord déclaré être son décès sur place avant qu'elle ne revienne à la vie.

D'après un ambulancier du Magen David Adom, Talia Chaya Timsit était parmi les piétons et a été violemment percutée par le véhicule. Elle souffrait de graves blessures à la tête, au visage et à la poitrine.

Après quatre jours de combat pour sa vie, l'hôpital Ichilov (Tel Aviv Sourasky Medical Center) a annoncé vendredi soir le décès de Talia Chaya Timsit, 11 ans.

Le chauffeur — Un homme de 26 ans qui dit ne pas comprendre

Le chauffeur, âgé de 26 ans et résident du nord d'Israël, s'est senti mal et s'est montré très agité immédiatement après l'accident. Il a été lui-même transporté à l'hôpital pour recevoir des soins. Interrogé par la police, il a déclaré ne pas comprendre ce qui l'a amené à quitter la route et à perdre le contrôle du bus. À l'issue de l'interrogatoire, il a été placé en résidence surveillée pour 5 jours.

Dans sa déposition, le chauffeur a affirmé qu'il ne se sentait pas bien au moment de la conduite.

Une témoin oculaire a décrit au média N12 : « Le bus descendait la pente vers la rue. Il a dévié brusquement vers la piste cyclable. Il n'a même pas freiné. Je regardais, j'étais sous le choc  il roulait sans s'arrêter. C'était terrifiant. »

La piste terroriste écartée, mais des doutes subsistent

Le père de Talia a affirmé que des passants sur place avaient crié "attentat !" et que le chauffeur  un jeune homme de 26 ans de la communauté arabe  "avait eu un comportement erratique sur la route pendant de longues minutes avant l'accident", et que malgré cela il avait été libéré en résidence surveillée.

La police a vérifié les données du chauffeur auprès du Shin Bet (service de sécurité intérieure), et cette vérification a formellement exclu tout lien avec un acte terroriste. Mako

Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si la perte de contrôle pourrait être liée à un malaise ou à un problème médical. À ce stade, tous les éléments recueillis indiquent qu'il s'agit d'un accident de la route.

Le magazine Alliance a néanmoins souligné le malaise contextuel : dans un pays ayant vécu des années d'attentats à la voiture-bélier et au camion lancé sur des foules, la question n'était pas paranoïaque mais légitime. Des témoins avaient crié "attentat" en temps réel, le comportement du chauffeur avait été jugé anormal par plusieurs personnes présentes. Alliance

Le bilan humain complet

Outre Talia, neuf autres personnes ont été blessées : un homme de 76 ans et une femme de 49 ans dans un état grave, un homme de 39 ans en état modéré, et six personnes légèrement atteintes.

La suite judiciaire

Le chauffeur est désormais suspecté d'homicide involontaire. L'enquête se poursuit pour établir les circonstances exactes qui ont conduit à cette issue tragique.

La famille a exprimé des griefs sérieux envers la police : un officier n'est venu rendre visite à la famille d'une enfant entre la vie et la mort qu'après quatre jours  une absence de contact jugée indigne face à la gravité de la situation.

Selon l'organisation "Beterem" pour la sécurité des enfants, depuis le début de l'année 2026, 26 enfants et adolescents ont déjà péri dans des accidents de la route en Israël.

En résumé : Talia Chaya Timsit, 11 ans, était une simple piétonne qui accompagnait des amies à leur bus. Elle a été fauchée par un bus Dan qui a dévié de sa trajectoire de façon inexpliquée. Le chauffeur dit ne pas savoir ce qui lui est arrivé, évoque un malaise. La piste terroriste a été officiellement exclue par le Shin Bet. L'enquête en cours cherche à établir si une cause médicale est à l'origine de la perte de contrôle.

Pédocriminalité en Israël : le réseau Telegram de parents qui a choqué les enquêteurs de Lahav 433

Pédocriminalité en Israël : le réseau Telegram de parents qui a choqué les enquêteurs de Lahav 433

Israël face à l’innommable : le scandale du réseau Telegram pédocriminel qui fissure le socle moral de certaines familles israéliennes

Pendant des décennies, Israël s’est construit autour d’un idéal profondément enraciné dans la tradition juive : la famille comme sanctuaire, l’enfant comme héritage sacré, la responsabilité collective comme fondement moral de la société.

C’est précisément pour cette raison que l’affaire révélée ces dernières semaines provoque un choc d’une rare violence dans le pays.
Non parce qu’elle révèle un « échec d’Israël », mais parce qu’elle montre comment certains individus ont trahi à la fois la loi israélienne, les principes élémentaires de l’humanité et les valeurs mêmes du judaïsme qu’ils prétendaient parfois incarner.

Derrière les murs de maisons ordinaires, derrière l’image rassurante de parents intégrés, de salariés du high-tech, de réservistes ou d’hommes travaillant auprès d’enfants, la police israélienne affirme avoir découvert un réseau structuré d’échanges pédocriminels opérant via des groupes Telegram fermés.

L’affaire, révélée notamment par la journaliste Elinor Shirkani-Kaufman dans le quotidien israélien Israel Hayom puis reprise par mako.co.il et plusieurs médias religieux et généralistes, est rapidement devenue l’un des dossiers criminels les plus sensibles de l’année en Israël.

Le début de l’enquête : un signalement qui ouvre la boîte noire

Selon les informations publiées dans la presse israélienne, l’enquête débute après le signalement d’un citoyen ayant échangé en ligne avec un individu tenant des propos laissant entendre des agressions sexuelles commises sur un enfant de son entourage familial.

L’information est transmise à l’unité 105 de Lahav 433, la cellule israélienne spécialisée dans les crimes numériques contre les mineurs. Très vite, les enquêteurs comprennent qu’ils ne sont pas face à un prédateur isolé mais devant une organisation clandestine beaucoup plus vaste.

Les premières investigations conduisent à des perquisitions simultanées et à l’arrestation de plusieurs suspects. Téléphones portables, ordinateurs, historiques Telegram, archives numériques et conversations privées sont saisis. Selon les médias israéliens, les enquêteurs découvrent des milliers d’échanges accumulés sur une longue période.

Plus l’analyse du matériel avance, plus l’affaire prend une dimension terrifiante.
Plusieurs sources policières citées dans la presse parlent d’enquêteurs « choqués » par la nature des contenus retrouvés.

Ce que les enquêteurs disent avoir découvert

Les médias israéliens décrivent des conversations et des contenus d’une violence psychologique extrême. Selon les éléments publiés, certains parents auraient diffusé des photographies et vidéos d’abus commis sur leurs propres enfants à l’intérieur même du cercle familial. D’autres échangeaient des conseils pratiques détaillant comment profiter d’instants d’isolement pour commettre les agressions sans éveiller les soupçons.

Les discussions récupérées par les enquêteurs évoqueraient également des scènes d’observation clandestine d’enfants dans la salle de bain, des prises d’images pendant le sommeil, des conversations incestueuses explicites ainsi que des projets d’agressions visant parfois de très jeunes enfants et des nourrissons.

Selon plusieurs médias israéliens, certains suspects échangeaient même de véritables « modes d’emploi » expliquant comment masquer les faits à l’entourage, éviter les réactions des services sociaux ou effacer certaines traces numériques.

Des policiers expérimentés ayant travaillé sur des dossiers criminels lourds auraient reconnu en interne n’avoir que rarement été confrontés à un tel niveau de déshumanisation au sein même de cellules familiales ordinaires.

Huit arrestations, puis davantage

Les premiers articles publiés dans la presse israélienne faisaient état de huit arrestations. Très rapidement, plusieurs médias évoquent un neuvième suspect tandis que la police laisse entendre que l’enquête pourrait conduire à de nouvelles interpellations après exploitation complète des appareils saisis.

Deux actes d’accusation avaient déjà été déposés au moment des premières discussions parlementaires consacrées à l’affaire.

Comme souvent en Israël dans les dossiers impliquant des mineurs victimes, une partie importante des identités reste protégée par des ordonnances judiciaires de non-publication afin d’éviter l’identification indirecte des enfants concernés.

Mais derrière ce silence judiciaire, les médias israéliens décrivent une affaire qui continue de s’étendre à mesure que les données numériques sont analysées.

Des profils qui sidèrent Israël

Le choc ne vient pas uniquement de la nature des faits. Il vient surtout des profils des suspects.

Les personnes arrêtées ne correspondent pas à l’image traditionnelle du criminel marginalisé vivant en dehors de la société. Selon les informations publiées dans la presse israélienne, plusieurs suspects menaient des vies considérées comme parfaitement normales.

L’un des hommes arrêtés servirait dans les réserves de Tsahal tout en travaillant pour une entreprise reconnue. D’autres seraient issus du secteur high-tech israélien, symbole de réussite sociale et économique du pays.
Un suspect exercerait dans un environnement fréquenté quotidiennement par des enfants. Le média ultra-orthodoxe Haridim 10 évoque même un enseignant travaillant dans un établissement religieux réputé. Les médias israéliens rapportent également qu’au moins une mère serait impliquée dans les échanges du groupe.

Les témoignages des proches publiés dans la presse israélienne sont tous traversés par le même vertige. Des voisins parlent de « familles exemplaires ». Des amis disent ne pas comprendre comment des hommes décrits comme attentionnés pouvaient mener une telle double vie.

L’un des proches d’un suspect déclare ainsi dans les médias israéliens : « Il était considéré comme un père exemplaire. Personne n’aurait pu imaginer cela. »

Cette phrase revient presque partout dans les reportages consacrés à l’affaire. Car ce qui terrifie Israël n’est pas seulement la criminalité elle-même, mais le fait qu’elle semblait dissimulée au cœur de la normalité sociale.

Telegram au cœur du système

Tous les médias israéliens pointent Telegram comme la plateforme centrale du réseau.

Le fonctionnement décrit par les enquêteurs ressemble à celui observé dans plusieurs affaires internationales de criminalité sexuelle organisée : groupes privés fermés, accès filtrés, échanges anonymisés, diffusion rapide de contenus et possibilité d’effacer facilement certaines traces.

Les experts israéliens en cybersécurité alertent depuis plusieurs années sur l’utilisation croissante de Telegram dans les réseaux pédocriminels internationaux. Mais rarement une affaire israélienne avait révélé une implication aussi directe de parents échangeant des contenus impliquant leurs propres enfants.

L’un des aspects les plus inquiétants relevés par les médias israéliens est précisément cette banalisation progressive de l’horreur à l’intérieur des groupes. Les échanges auraient créé une forme de validation mutuelle où les participants s’encourageaient, se félicitaient ou normalisaient leurs actes entre eux.

La Knesset confrontée à une réalité explosive

L’affaire est rapidement remontée jusqu’à la commission des droits de l’enfant de la Knesset.

La députée Pnina Tamano-Shata y a prononcé des paroles particulièrement dures en rappelant que le rôle fondamental des parents est de protéger les enfants et non de devenir eux-mêmes leurs agresseurs.

Lors des débats parlementaires, des chiffres extrêmement préoccupants ont également été évoqués concernant les dossiers traités par l’unité 105 en matière d’infractions sexuelles visant des mineurs. Ces données ont renforcé l’idée que l’affaire actuelle pourrait être loin d’être un phénomène isolé.

Les données présentées par la police israélienne ont révélé que sur quelque 16 000 signalements reçus par le centre 105 en 2025, environ un quart, soit près de 4 000 dossiers, concernaient des infractions sexuelles commises contre des mineurs. Ce chiffre a frappé les parlementaires présents, confirmant que l'affaire du réseau Telegram ne constitue pas un fait isolé mais s'inscrit dans une réalité beaucoup plus large. Israel Hayom

À la date du débat, neuf suspects avaient été arrêtés et deux actes d'accusation avaient été déposés. La police a indiqué que l'exploitation complète des données numériques saisies pourrait conduire à de nouvelles interpellations. Israel Hayom

Plusieurs responsables israéliens présents lors des discussions auraient reconnu que les outils numériques et les plateformes fermées compliquent considérablement la détection précoce de ces réseaux.

Par ailleurs, le contexte international éclaire la dimension systémique du problème.
En France, entre le 19 et le 22 mai 2025, 55 hommes ont été interpellés par l'Office des mineurs dans le cadre du démantèlement d'un réseau pédocriminel opérant lui aussi via Telegram, au terme de dix mois d'enquête. Des affaires distinctes, des pays différents, mais une même plateforme et des mécanismes identiques de validation mutuelle entre membres de groupes fermés. FranceSoir

Une affaire qui touche un point sensible de l’identité israélienne

Cette affaire provoque une onde de choc particulière parce qu’elle percute directement certains des fondements moraux les plus sensibles de la société israélienne.

Le judaïsme place l’enfance au centre de la transmission. Dans la tradition juive, protéger un enfant n’est pas seulement une obligation éducative ou sociale ; c’est une responsabilité spirituelle fondamentale.

C’est précisément pour cette raison que le scandale agit comme une déflagration dans une partie de l’opinion israélienne. Non parce que les valeurs israéliennes seraient fausses, mais parce que certains individus ont choisi de les trahir tout en continuant parfois à afficher extérieurement une image respectable.

L’affaire oblige aussi une partie de la société israélienne à regarder une réalité souvent tenue à distance : les violences sexuelles intrafamiliales peuvent exister dans tous les milieux, qu’ils soient religieux, laïques, aisés, technologiques ou communautaires.

Le silence, la peur du scandale et la culture du déni

Depuis plusieurs années, des associations israéliennes de protection de l’enfance dénoncent les mécanismes de silence entourant certains dossiers impliquant des figures respectées : enseignants, éducateurs, rabbins ou cadres communautaires.

Dans certains milieux, la peur du « hilloul Hashem », c’est-à-dire la crainte de voir le nom du judaïsme publiquement profané par un scandale, aurait parfois conduit à minimiser certaines affaires ou à privilégier la discrétion plutôt que l’exposition publique.

Mais dans le dossier actuel, la masse des preuves numériques rend le déni beaucoup plus difficile.

Les messages existent.
Les images existent.
Les historiques existent.
Les conversations existent.

Et surtout, selon les enquêteurs israéliens, il ne s’agirait pas d’un acte isolé mais d’un système structuré fonctionnant dans la durée.

Ce que l’on ignore encore

À ce stade, de nombreuses zones d’ombre demeurent.

Le nombre exact de victimes identifiées n’a pas été rendu public. La durée réelle de fonctionnement du réseau reste floue. Les enquêteurs n’ont pas encore précisé si des ramifications internationales existent ni si d’autres personnalités influentes pourraient être impliquées.

Les médias israéliens évoquent également la possibilité que d’autres groupes Telegram similaires restent encore actifs sans avoir été identifiés.

La police israélienne reste extrêmement prudente dans sa communication publique, mais plusieurs journalistes spécialisés estiment déjà que l’affaire pourrait continuer à s’élargir dans les semaines à venir.

Une ligne rouge morale

Cette affaire marque peut-être un tournant dans la manière dont Israël regarde les violences sexuelles commises à l’intérieur même des structures familiales respectées.

Elle rappelle brutalement qu’aucune réussite sociale, aucun statut religieux, aucun patriotisme affiché et aucune respectabilité publique ne protègent une société contre la criminalité sexuelle lorsque le silence, la peur du scandale ou le refus de voir prennent le dessus.

Et dans cette affaire, ce qui effraie aujourd’hui une partie des Israéliens n’est pas uniquement ce qui a été découvert.

C’est l’idée que sans un simple signalement, personne n’aurait peut-être jamais su ce qui se déroulait derrière des portes considérées comme parfaitement normales.

L'enquête israélienne reste ouverte. La police maintient une communication prudente, mais plusieurs journalistes spécialisés estiment que l'affaire est loin d'avoir livré tous ses secrets.

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Bus Dizengoff : attentat ou accident ? Talia 11 ans lutte pour sa vie et personne ne veut répondre

Bus Dizengoff : attentat ou accident ? Talia 11 ans lutte pour sa vie et personne ne veut répondre

Lundi soir, rue Dizengoff, en plein cœur de Tel-Aviv. Un bus de la compagnie Dan écrase des piétons, fracasse un poteau électrique, renverse un arbre.
Talia Haya 11 ans, est déclarée morte sur place son cœur repart après quinze minutes de réanimation.
Sur le moment, les témoins crient "attentat".
Pas de panique irrationnelle une conviction, nourrie par ce qu'ils ont vu de leurs yeux : un chauffeur qui s'agite de manière erratique sur la route de longues minutes avant l'impact, un comportement qui n'a rien d'une défaillance mécanique ni d'un malaise médical.

Le chauffeur a 26 ans issu de la communauté arabe. Lui est vivant. Il dort chez lui en assignation à résidence.
Talia Haya elle, se bat entre la vie et la mort. Et la police a attendu quatre jours pour daigner parler à sa famille.
Dans un pays qui compte ses morts d'attentats au véhicule-bélier depuis des années, ce silence-là n'est pas une négligence c'est un scandale.

Tel-Aviv, rue Dizengoff : accident ou attentat ? La question que l'on doit se poser

Lundi soir, rue Dizengoff, en plein cœur de Tel-Aviv.
Un bus de la compagnie Dan percute un poteau électrique, un arbre, et fauche plusieurs piétons. Onze blessés.
Parmi eux, Talia Haya, 11 ans, qui se bat encore pour sa vie ce jeudi.
Sa mère et sa sœur de 17 ans ont assisté, impuissantes, à la scène où les secouristes l'ont déclarée morte avant que son cœur ne reparte. Son père, Yuval Timsit, ne quitte pas son chevet depuis trois jours. Et il parle.

"Ils nous cachent quelque chose"

Yuval Timsit n'est pas homme à se taire. Depuis que sa fille gît dans un lit d'hôpital avec une défaillance cardiaque, rénale et une atteinte cérébrale, il réclame des réponses.
Des réponses que la police ne lui donne pas ou trop tard.
"Comment est-il possible que l'officier de police ne soit venu nous parler que quatre jours après les faits ?" lâche-t-il, la voix chargée de colère contenue. "J'ai toutes les raisons de croire qu'on nous dissimule quelque chose."

Ce qu'il décrit n'est pas anodin. Selon lui, des témoins présents sur place ont crié "attentat" dès les premières secondes. Le chauffeur, un jeune homme de 26 ans issu du secteur arabe, "s'agitait de manière erratique sur la route de longues minutes avant la collision". Et malgré cela, il a été libéré sous assignation à résidence. Pas placé en détention. Pas traité comme un suspect d'attentat. Simplement renvoyé chez lui.

La scène qui ne ressemble pas à un accident ordinaire

Le paramedic Simha Simandiev, qui était sur place, décrit un bus dont le pare-brise était fracassé, ayant percuté successivement un poteau électrique, un arbre, puis des piétons. Talia, qui raccompagnait simplement ses amies à l'arrêt de bus proche de chez elle, a été renversée par un arbre et électrocutée dans la foulée. Ses amies ont eu le temps de fuir. Pas elle.

Quinze minutes de réanimation. Un cœur déclaré arrêté. Puis un miracle, selon les mots de son père. Mais un miracle ne dispense pas d'une enquête sérieuse.

La question cruciale : accident ou acte délibéré ?

C'est ici que le malaise s'installe. Dans le contexte israélien actuel, après des années d'attentats à la voiture-bélier, à l'arme blanche, au camion lancé sur des foules, la question n'est pas paranoïaque elle est légitime et nécessaire.
Des témoins ont crié "attentat" en temps réel.
Le comportement du chauffeur avant l'impact a été jugé anormal par plusieurs personnes présentes. Un chauffeur erratique, un bus qui dérape, des piétons fauchés en pleine artère de Tel-Aviv  le scénario mérite une investigation rigoureuse et transparente, pas une mise en résidence surveillée expédiée en silence.

Or c'est précisément ce silence qui alimente les doutes. Pourquoi quatre jours pour qu'un officier daigne rencontrer la famille d'une enfant entre la vie et la mort ?
Pourquoi l'information médicale critique électrocution ou traumatisme crânien, première cause des défaillances organiquesn'est-elle toujours pas communiquée aux médecins qui la soignent ? "C'est une donnée cruciale pour son traitement," insiste le père, "et nous ne l'avons pas."

Le droit à la vérité

La famille Timsit ne demande pas de lynchage. Elle demande une enquête. Transparente, rapide, à la hauteur de la gravité des faits. Elle demande que l'on ne balaie pas sous le tapis les témoignages de passants qui, au moment des faits, ont spontanément crié à l'attentat. Elle demande que la qualification juridique de l'acte négligence, défaillance technique, ou intentionnalité — soit établie publiquement, et non gérée dans l'opacité administrative.

"Nous demandons au public de prier pour un miracle," conclut Yuval Timsit. Mais une prière ne remplace pas une réponse. Et une réponse, la famille, comme le public israélien, est en droit de l'attendre.

IA en Israël : les licenciements massifs dans la tech ne font que commencer

IA en Israël : les licenciements massifs dans la tech ne font que commencer

Entre 5 % et 10 % des effectifs se retrouveront sans emploi cette année et les seniors comme les managers n'y échapperont pas

Les licenciements massifs annoncés par Meta cette semaine ont remis sur le devant de la scène une question que beaucoup préféraient encore esquiver : l'intelligence artificielle est-elle en train de détruire l'emploi dans la tech ?

Alors que certains estiment que la technologie est devenue un prétexte commode pour masquer des difficultés financières, d'autres dans l'industrie voient dans ces vagues de suppressions de postes un changement structurel profond, irréversible, qui frappera sans distinction ceux qui ne sauront pas s'adapter.

Un tsunami de licenciements à l'échelle mondiale

Depuis le début de 2026, les annonces de suppressions de postes se succèdent à un rythme qui donne le vertige.
En janvier, Amazon mettait à la porte des dizaines de milliers d'employés, essentiellement dans ses divisions corporate et son siège social, tout en investissant des milliards dans des data centers.
Jack Dorsey, chez Block, a taillé 40 % de ses effectifs soit quelque 5 000 personne en déclarant sans détour que les outils d'IA permettent désormais à des équipes bien plus réduites d'accomplir ce qui exigeait autrefois des milliers de bras.

Cisco a licencié environ 4 000 collaborateurs au moment même où elle annonçait un trimestre record à 15,8 milliards de dollars de revenus, pour réorienter les budgets vers des réseaux pilotés par l'IA.
Oracle a supprimé quelque 30 000 postes dans tous ses départements, confrontée à une pénurie de liquidités générée par la construction frénétique de centres de données pour l'IA  avec des prévisions de flux de trésorerie négatifs au moins jusqu'en 2030.
Snap a annoncé en avril le départ de 1 000 salariés, soit 16 % de ses effectifs mondiaux.
Et cette semaine encore, Intuit a annoncé des coupes à hauteur de 17 % de son personnel, au nom de ses ambitions en IA.
Quant à Meta, elle a enclenché le licenciement de 8 000 employés 10 % de sa main-d'œuvre — tout en forçant 7 000 autres à rejoindre ses équipes IA, aplatissant au passage ses strates managériales.

En Israël, la tendance commence à se faire sentir concrètement. La société LSports a licencié une quarantaine d'employés et reconnu sans ambages que "95 % de notre code est désormais écrit par l'IA". Son PDG, Dotan Lazar, l'a résumé sans fioritures : "L'IA est une révolution folle. On peut avancer plus vite avec moins de monde."

L'IA comme bouc émissaire commode ?

Les chiffres, pourtant, nuancent le tableau. Une enquête menée en décembre dernier par l'Autorité israélienne de l'innovation et la société Tzabiran auprès de 192 entreprises tech locales employant près d'un tiers des salariés du secteur révèle que seulement 13 % des entreprises ayant procédé à des licenciements massifs ont cité l'adoption de l'IA comme l'une des raisons et encore, presque toujours comme facteur secondaire. L

e nombre total d'employés dans l'industrie stagne autour de 400 000 depuis trois ans. Le vrai moteur des suppressions de postes reste les difficultés économiques et le besoin ordinaire de rentabilité.

Yael Mazoz Harpaz, vice-présidente de l'Autorité de l'innovation, le dit sans détour :
"L'IA est devenue une excuse commode pour les entreprises contraintes de tailler dans leurs effectifs. Elles préfèrent dire au marché qu'elles s'adaptent au progrès technologique plutôt qu'admettre que leur situation financière les a acculées à licencier." Cela dit, elle reconnaît qu'une demi-année a passé depuis cette enquête, et que les outils d'IA s'améliorent à une vitesse vertigineuse.

Même Sam Altman, le PDG d'OpenAI l'entreprise qui a déclenché la révolution de l'IA générative a reconnu l'existence de ce phénomène.
"Je ne connais pas le pourcentage exact, mais il existe une certaine forme d'AI washing, dans laquelle des gens imputent à l'IA des licenciements qu'ils auraient de toute façon effectués. En parallèle, certains types de postes disparaissent réellement à cause de l'IA", a-t-il déclaré à CNBCTV18 lors de la conférence "India AI Impact" en février dernier.

Un changement structurel, pas une crise

Shiri Vax, PDG de Gotfriends, cabinet spécialisé dans le recrutement en tech, refuse de voir dans ces licenciements le signe d'une crise. Pour elle, ils signalent une mutation profonde de la structure même de l'industrie :

"Nous sommes au cœur d'un changement fondamental du monde du travail. De nombreuses entreprises réexaminent la composition de leurs équipes, la répartition des rôles et les compétences requises à l'ère où l'on peut accomplir davantage de tâches notamment en développement, data, produit et opérations avec moins de ressources humaines et plus d'outils technologiques."

Son pronostic est sans ambiguïté : entre 5 % et 10 % des effectifs en Israël se retrouveront sans emploi cette année. Et le couperet ne tombera pas seulement sur les juniors les seniors et les managers ne seront pas épargnés.
Le profil des victimes ? Ceux qui n'auront pas réussi à adopter les technologies d'IA.

En remplacement, elle anticipe une vague de recrutements ciblés : des AI programmers capables d'introduire des automatisations dans les systèmes de développement, et des Field Engineers ou Solution Engineers aptes à travailler directement avec les clients pour construire des fonctionnalités sur mesure dans ce nouvel environnement.

Comment les entreprises apaisent-elles leurs équipes ?

Pendant ce temps, les entreprises israéliennes tentent de désamorcer les angoisses de leurs salariés.
Adi Itskowitz, VP des ressources humaines chez Payoneer, explique que lorsque la société a commencé à déployer des outils d'IA, la question centrale a été : comment cette technologie peut-elle aider les employés à mieux faire leur travail ?
Payoneer est en pleine transformation vers un modèle "AI-native" et a récemment annoncé l'ouverture de dizaines de nouveaux postes en Israël, assortis d'un programme de formation transversal pour rendre les outils d'IA accessibles à l'ensemble des collaborateurs.

"L'IA ne va pas remplacer nos employés  au contraire. Nous recrutons, nous investissons dans la formation et nous voyons dans l'IA un outil qui supprime les obstacles, améliore la productivité et permet aux employés de se concentrer sur le jugement et la responsabilité humains", dit-elle.

Chez OpenLegacy, le CTO et cofondateur Roei Mor raconte qu'au début de l'aventure, l'un de ses développeurs lui a posé la question qui brûlait toutes les lèvres :
"Si l'IA écrit du code plus vite que moi, quelle est ma valeur ?"
La réponse a été claire : la valeur d'un développeur ne se mesure pas au nombre de lignes de code qu'il produit, mais à sa capacité à résoudre des problèmes complexes.
L'entreprise a mis en place un modèle de développement incluant des formations pratiques, un accès libre aux plateformes IA et du temps dédié à l'apprentissage. "Certaines équipes se sont même fixé un nouveau KPI : quelle part du travail est réalisée en collaboration avec l'IA.
Ce glissement élève aussi le niveau d'intérêt et de sens dans le travail. Au lieu de s'attarder sur des tâches répétitives, les employés se concentrent davantage sur l'architecture, la compréhension du domaine et la prise de décision un changement que la plupart adoptent très vite."

Anat Kedar, Chief People Officer chez DoorLoop, confirme que l'introduction d'outils comme Claude d'Anthropic a suscité des questions directes de la part des équipes sur leur avenir.
"Nous avons réuni les équipes de développement et clarifié les choses : l'IA ne remplace pas les gens, elle change la façon dont ils travaillent." Son message aux employés est ferme : "La carrière ne se mesure pas à la capacité de concurrencer la technologie, mais à la capacité de grandir avec elle. La stabilité de l'emploi n'est pas en contradiction avec l'innovation au contraire. Une organisation qui adopte l'IA correctement crée un environnement de travail plus sûr, plus professionnel et plus pertinent pour l'avenir."

Un multiplicateur de force, pas un fossoyeur d'emplois

Chez Viber, qui sert des centaines de millions d'utilisateurs dans le monde avec moins de 600 employés, le CTO Liad Shnell voit l'IA comme un multiplicateur de force indispensable pour rester dans la course face à des concurrents dix fois plus grands.

"L'IA est une condition de notre capacité à continuer de croître et à nous imposer", affirme-t-il. "En pratique, toutes nos équipes de développement utilisent des outils d'IA au quotidien. Cela n'a remplacé aucun développeur cela les a simplement rendus plus rapides et plus efficaces."

L'avantage concurrentiel, selon lui, ne reviendra pas à celui qui aura accès à l'IA, mais à celui qui saura l'intégrer dans ses systèmes, ses processus et sa culture d'entreprise.
"L'objectif n'est pas seulement de gagner du temps, mais de rendre possible ce qui ne l'était pas avant  comme l'analyse en temps réel de volumes massifs de données ou la réduction spectaculaire des cycles de développement."

Le verdict de l'industrie est ainsi partagé, mais cohérent : la révolution de l'IA n'est ni un mirage ni une apocalypse. C'est une mutation, profonde et irréversible, de la nature même du travail. Ceux qui l'embrasseront en sortiront renforcés. Les autres, comme toujours, paieront le prix du retard.

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"J'ai découvert que j'étais une enfant sauvage" : la force au féminin qui réinvente le plateau du Golan

Fromages, vignes et roses : ces Israéliennes qui réinventent le Golan à mains nues

"J'ai découvert que j'étais une enfant sauvage" : la force au féminin qui réinvente le plateau du Golan

Entre les vignes d'Ein Zivan et l'étable aux chèvres de Kanaf, une génération de femmes agriculteurs trace un sillon inédit sur le plateau du Golan.
Shiri parle à ses chèvres comme à ses enfants, Lital Ovadia dirige un chai avec une équipe exclusivement féminine, et les sœurs Sadé cueillent leurs roses à l'aube. Ces femmes n'ont pas choisi la terre par dépit ou par défaut. Elles l'ont choisie comme une vocation. Et ce territoire particulier semble les y autoriser pleinement.

"Je voulais des fromages"

Shiri Baruch a une façon bien à elle de raconter les tournants de sa vie : avec un rire franc et une précision implacable dans le détail. C'est lors d'une randonnée nocturne en Thaïlande, en pleine lune de miel, qu'elle brosse ses dents et perd son alliance dans un ravin.
Elle se tourne vers son mari Ravid et lâche, comme une évidence : "C'est un signe. Je ne retourne pas au travail." Ravid demande ce qu'elle veut faire à la place. Et là, quelque chose surgit, du fond d'elle-même, d'une région de son âme qu'elle ne soupçonnait pas. "Je veux faire des fromages."

Avait-elle le moindre lien avec le fromage ? "Aucun. Absolument aucun." Cette décision impulsive, prise à des milliers de kilomètres de chez elle, allait pourtant décider de toute la suite.

Revenue en Israël, Shiri suit un cours théorique à Ruppin, sans formation pratique, et commence à expérimenter dans sa cour.
Elle tente de trouver un emploi de fromagère salariée en vain.
Aujourd'hui, elle s'en félicite : cet échec l'a contrainte à persévérer par ses propres moyens.
Le chemin la conduit finalement, avec Ravid, jusqu'au mochav de Kanaf sur le plateau du Golan.
"Nous sommes sortis de la voiture, nous nous sommes retrouvés au bord de la falaise surplombant Safed et le mont Méron, et nous avons su tous les deux, dans le même instant, que c'était ici que serait notre maison."

"Je me suis retrouvée avec trois enfants et un troupeau"

L'installation n'a rien d'une idylle bucolique. Soixante chèvres, des tonnes de dettes, une construction de bâtiment et une grossesse. Ravid travaille à l'extérieur comme informaticien. Shiri, elle, tient debout à la force des dents.
"C'était la période la plus dure, mais c'est elle qui m'a construite."
Le troupeau est passé depuis de 60 à 130 chèvres. La fromagerie, nichée contre leur maison, est son royaume exclusif. Personne d'autre n'y entre pas même Ravid.

"Aucun fromage ne ressemble à un autre. Je travaille sans thermomètre, sans règles. Je n'aime pas les règles ni les cadres. Personne ne me dira comment faire, combien et pourquoi." Elle tourne la tête vers son mari avec un sourire complice.
"C'est son problème, il fait avec. Je suis un oiseau, j'ai besoin de liberté."

Ce qui est frappant chez Shiri, c'est la manière dont elle parle de ses bêtes non pas comme d'un cheptel, mais comme d'une communauté vivante dont elle est l'âme.
Elle se définit elle-même comme une "doula"* de chèvres.
Elle connaît le caractère de presque chacune des adultes. Elle dit voir dans leurs yeux "quelque chose qui va au-delà", sentir qu'elles veulent du contact, de l'amour, qu'on les voie telles qu'elles sont. "Chacune avec son unicité, sa beauté, sa vulnérabilité."

Ravid confirme, sans détour : "Moi, je suis plutôt dans la logique de comment on fait tenir ça comme une entreprise. Shiri, elle est dans comment on prend soin de ces âmes pour qu'elles vivent leur vie le mieux possible. Il y a des chèvres qui attendent qu'elle arrive pour mettre bas. Elles ne veulent pas le faire quand je suis là ou quand l'ouvrier est là. Seulement elle."

À la question de ce qu'elle a découvert en mettant les mains dans le chaudron, Shiri répond sans hésiter : "Que je suis une enfant sauvage."

"Une femme peut être agricultrice ici plus facilement"

Le phénomène ne se limite pas à Kanaf. Sur l'ensemble du plateau du Golan, les femmes s'imposent de plus en plus dans un secteur longtemps dominé par les hommes. Au mochav de Natur, dans le sud du plateau, elles représentent près de la moitié des exploitants.
Comment expliquer cette singularité ?

Ravid avance sa propre thèse avec une franchise désarmante : "Ici, personne ne se bat pour ce territoire dans le sens quotidien du mot. Le Golan a une douceur particulière : si tu veux vivre ici, alors vis. Personne ne t'en empêche. Les fractures, les conflits c'est une invention des hommes, pas des femmes. Ici, les femmes mènent et définissent. Que ça continue comme ça."

Lital Ovadia, propriétaire du vignoble et de la cave Tel dans le mochav Sha'al, va plus loin dans l'analyse. "C'est l'un des territoires les plus sauvages du pays, où l'on voit encore des animaux à l'état libre. Il y a une forme d'âpreté ici je peux travailler dans la vigne par 4 degrés avec les doigts gelés et les chaussettes trempées. Mais il y a aussi quelque chose de plus paisible, une atmosphère de paix qui n'est pas celle des zones de conflit.
Pas le stress de la Samarie. Pas la pression immobilière du centre. Alors oui, peut-être qu'une femme peut être agricultrice ici plus facilement."

"La vigne, dans la Bible, est comparée à une femme"

Lital Ovadia est de ces personnes dont le débit de parole ne tarit jamais parce que la matière, pour elle, est inépuisable.
On peut passer plus d'une heure à déambuler entre son chai et ses vignes en l'écoutant expliquer le terroir, les types de sol, les différences d'altitude, et comment tout cela se retrouve dans un verre de vin. Ce qui frappe à l'écouter, c'est qu'elle conjugue instinctivement les mots "vigne", "vignoble" et "cave" au féminin.

"Ce n'est pas tout à fait un hasard. La vigne, dans la Bible, est comparée à une femme. Et pour moi aussi, elle résonne profondément avec une essence féminine.
C'est une agriculture à hauteur de taille, à hauteur de ventre.
Avec la vigne, je me tiens sur la terre. Elle ne dépasse pas le niveau de mes yeux. La vigne est l'un des végétaux les plus résistants qui soient : fertile, productive chaque année, versatile, capable de s'adapter à une vague de chaleur, à un climat changeant, à un orage de grêle. Et il y a en elle quelque chose de romantique, de grimpant."

Lital a grandi sur les bords de la Méditerranée, plongeant avec son père et aidant à vider les poissons sur le quai avant même de savoir lire.
C'est à 18 ans, en se rendant au kibboutz Mérom Golan, qu'elle découvre les vignes et renonce à sa vocation première de biologiste marine. Des années de formation s'ensuivent, Chypre, l'Afrique du Sud, l'Italie, puis un master en Australie. Il y a sept ans, un coup du sort lui offre une parcelle à Sha'al, et c'est là que tout bascule dans l'indépendance.

L'équipe de son chai est aujourd'hui exclusivement féminine quatre employées permanentes. "J'ai grandi dans ce milieu entourée d'hommes formidables. Quand j'ai travaillé en Afrique du Sud, j'étais la seule femme dans une équipe de six. Quand je me suis retrouvée à travailler dans un environnement féminin, j'ai soudain eu un endroit où me reposer aussi. Il y a une joie à dire à l'équipe : vous rendez-vous compte que nos mains, notre dos, ce corps-là, ont remué trente tonnes cette saison ? C'est une forme de puissance féminine. C'est très fortifiant."

La scène de film dans le champ de roses

Le voyage se termine à Ein Zivan, dans la parcelle des sœurs Ruth Sadé et Naomi Spalman-Yéhezkel. Mai est normalement à leur apogée la période de la cueillette des roses. Mais l'hiver s'est attardé cette année et les fleurs n'ont pas encore toutes éclos. Elles passent entre les plants, ramassant ce qui s'ouvre malgré tout.

"C'est toujours une période émouvante," dit Naomi, l'aînée.
"On arrive tôt le matin parce que la qualité aromatique est dans la fleur au jour de son éclosion, dans les premières heures. La rosée, le chant des oiseaux, le parfum de la cueillette. Parfois on commence à lancer des pétales l'une sur l'autre, comme un salut du matin. De la magie."

Ruth, la cadette, raconte l'histoire d'un couple âgé, russophone, qui s'est arrêté un jour devant la clôture. Attirés par des gestes, ils ont rejoint la cueillette. L'homme s'est retrouvé debout, les larmes aux yeux, parmi les fleurs. Puis une boulangère du coin est arrivée avec ses pains du matin tout juste sortis du four. La fromagère d'en face a suivi avec le lait du matin. Les mères des unes et des autres se sont jointes, lançant des fleurs à la volée. "Comme une scène de film."

Les deux sœurs cultivent des roses, de la lavande et de l'hélichryse vendus comme fleurs coupées pour la décoration, mais surtout destinés à la fabrication de parfums et de cosmétiques.
Leur installation doit beaucoup à un hasard heureux : Ruth cherchait initialement une aide ponctuelle pour aménager le lieu, et a passé un coup de fil à Naomi, alors architecte et décoratrice d'intérieur dans le centre du pays.
"Elle m'a demandé un conseil de design. Et très vite, son cœur s'est ouvert et elle a tout déménagé ici."

Le champ entier, elles l'ont planté elles-mêmes, bouture après bouture, avec l'aide d'une communauté entière parents, amis, enfants, petits-enfants. Et tout ça, pendant que la guerre se poursuit à côté, sans se taire. "C'est une terre jeune, cette région," dit Ruth. "Les affaires ici n'ont commencé qu'en 1968. Ce cercle du père qui passe à son fils, qu'on voit ailleurs, a été brisé ici. Ça a permis à d'autres choses d'exister. Et à d'autres gens y compris des femmes de créer quelque chose à partir de rien."

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Cybernétique Orsay : L'hébreu, la langue qui affole les instruments de mesure et le cerveau - vidéo-

Cybernétique Orsay : L'hébreu, la langue qui affole les instruments de mesure et le cerveau - vidéo-

 

Des chercheurs du laboratoire parisien d'Orsay font défiler sur leurs appareils toutes les langues du monde français, anglais, russe, chinois, sanscrit.

Ils mesurent, ils notent, ils comparent.
Rien de surprenant.

Puis quelqu'un lance l'idée d'ajouter l'hébreu. Simple curiosité. Un rabbin accepte de prêter sa voix.
La bande tourne. Et soudain, les aiguilles s'affolent.
Là où toutes les autres langues plafonnaient à 8 000 périodes par seconde, l'hébreu explose le compteur à 12 000. Stupéfaction générale dans la salle.

Ce chiffre banal en apparence, vertigineux dans ses implicationssoulève une question que personne n'ose vraiment poser à voix haute : et si parler l'hébreu, le comprendre, le penser, entraînait le cerveau d'une façon que nulle autre langue ne fait ?

Et si des millénaires de tradition orale sacrée avaient, sans le savoir, constitué le plus exigeant des gymnasiums neurologiques ?

Ce n'est pas de théologie qu'il s'agit ici. C'est de physique acoustique, de cybernétique, de neurologie auditive et d'un kabbaliste français du nom d'Adolf Dimitri Grad, qui fut l'un des premiers à oser mettre ces deux mondes face à face. Son témoignage, recueilli en 1975, reste aujourd'hui d'une troublante actualité.
Accrochez-vous : l'article qui suit est exigeant, mais ce qu'il révèle vaut largement l'effort.

Les lettres hébraïques émettent-elles une énergie mesurable ? Ce que la science et la kabbale ont à dire

Il y a un demi-siècle, dans les années 1970, un kabbaliste français du nom d'Adolf Dimitri Grad prenait la parole devant un public attentif et livrait un témoignage troublant. I
l avait participé, disait-il, à des expériences menées en laboratoire à Paris, au cours desquelles les lettres de l'alphabet hébreu avaient été soumises à des mesures scientifiques.
Le résultat ? Des émissions d'un type particulier, qu'il appelait rigoureusement des « effets de formes », et que ses collègues du CNRS cherchaient à rattacher au domaine électromagnétique, voire gravitationnel.
Des décennies plus tard, le sujet n'a pas cessé d'intriguer  et les pistes ouvertes par cet entretien de 1975 méritent d'être examinées sérieusement.

Un homme, une tradition, une question précise

Adolf Dimitri Grad est né en 1916. Philosophe et écrivain d'origine juive russe, il se présentait comme le descendant en ligne directe, à la septième génération, du célèbre Gaon de Vilna. Spécialiste reconnu de la kabbale, il rédigea plus de vingt-cinq ouvrages et donna des centaines de conférences et séminaires à travers le monde.
Il est notamment connu pour son ouvrage Les clefs secrètes d'Israël, paru chez Robert Laffont, et pour Le véritable Cantique de Salomon, une introduction kabbalistique du Cantique des Cantiques, parue en 1970.

Ce qui frappe d'emblée dans son témoignage de 1975, c'est le soin avec lequel il distingue les mots. Il ne parle pas d'émissions mais d'effets de formes une nuance qui renvoie à tout un corpus de recherches parallèles, situées aux marges de la physique officielle mais jamais tout à fait absentes des laboratoires.

Les effets de formes : une notion qui ne sort pas du néant

La notion d'onde ou d'effet de forme n'est pas une invention ésotérique tardive. Dans les années 1930, le chercheur français Chaumery et son collaborateur de Bélizal ont popularisé le terme "onde de forme". Ils ont observé que des objets de formes différentes émettaient des radiations mesurables, et plus tard, d'autres chercheurs comme Enel ou Servranx ont poursuivi leurs travaux, cherchant à comprendre comment la géométrie pouvait influencer l'énergie. 

Le terme "ondes de formes" a été forgé en radiesthésie par Chaumery et de Bélizal à partir de leurs recherches. Ce que l'on appelle "ondes de forme" sont des radiations considérées comme électromagnétiques, dont la longueur d'onde reste inconnue.
Ce statut hybride ni totalement reconnu ni totalement réfuté est précisément ce qui rend la question intéressante d'un point de vue épistémologique.

Lorsque Grad parle d'effets de nature « en principe électromagnétique », voire « du niveau gravitationnel », il situe sa réflexion dans ce même espace de questionnement : celui des interactions entre forme, matière et rayonnement, qui constitue un vrai problème ouvert en physique fondamentale.

Ce que la cybernétique a découvert sur l'hébreu

L'épisode le plus frappant du témoignage de Grad concerne une expérience de cybernétique appliquée à la linguistique. Des chercheurs, après avoir enregistré puis analysé sur bandes passantes les principales langues du monde, se heurtèrent à un résultat inattendu.
Toutes les langues testées  français, anglais, russe, portugais, chinois, sanscrit se situaient dans une plage fréquentielle déterminée, ne dépassant pas un certain seuil. Puis vint l'hébreu. La mesure décrocha.

Ce récit trouve un écho frappant dans les travaux indépendants du Dr Alfred Tomatis, oto-rhino-laryngologiste français.
En appliquant ses mesures aux différentes langues, Tomatis établit qu'un Anglais utilise pour parler les fréquences allant de 2 000 à 12 000 hertz, un Français celles de 100 à 300 hertz et de 1 000 à 2 000 hertz, la plupart des locuteurs slaves celles de 100 à 12 000 hertz, le germanophone celles de 100 à 3 000 hertz.
Ce qui est remarquable, c'est que par exemple, le lieu d'élection de la plus grande agglutination fréquentielle pour le français se rencontre aux alentours de 800 à 1 800 hertz, tandis que pour l'anglais il s'étend de 2 000 à 12 000 hertz  et cette simple constatation scientifique permet déjà de pressentir que tout se passe comme si un Français devenait pratiquement sourd quand il entend de l'anglais.

Les chiffres que cite Grad dans son entretien 4 000 Hz pour le français, 8 000 Hz pour l'anglais sont tout à fait cohérents avec les mesures de Tomatis, même si Grad précise que les cybernéticiens d'Orsay mesuraient la « partie élevée du discours », et non l'ensemble du spectre.
Et le chiffre de 12 000 Hz pour l'hébreu, qui provoqua la stupéfaction dans le laboratoire, se retrouve dans les données de Tomatis comme plafond pour les langues slaves les plus riches en hautes fréquences. L'hébreu apparaîtrait ainsi comme une langue dont la richesse en fréquences élevées est hors norme.

La loi de Tomatis et ce qu'elle implique

Selon la loi Tomatis, les humains ne peuvent reproduire dans leur expression orale que les fréquences qu'ils perçoivent. Autrement dit, une langue très riche en hautes fréquences constitue aussi un entraînement particulier du système nerveux auditif  et, par extension, du cerveau.

Alfred Tomatis, oto-rhino-laryngologiste, a élaboré des ethnogrammes qui montrent la différence entre les langues du point de vue fréquentiel. Ils montrent quelles zones fréquentielles sont moins impliquées dans la langue maternelle des apprenants et donc quelles fréquences il faudrait renforcer pendant l'entraînement pour améliorer leur perception et prononciation de la langue cible.

Si l'hébreu sollicite des plages fréquentielles exceptionnellement élevées, cela implique une stimulation particulière du cortex auditif et du système nerveux.

La tradition kabbalistique, elle, a toujours enseigné que la récitation des lettres hébraïques possède une action propre sur le corps et l'esprit non comme métaphore, mais comme réalité fonctionnelle. Les deux approches, l'une physiologique, l'autre mystique, semblent décrire le même phénomène depuis des angles différents.

La lettre comme forme active

Dans la kabbale, chaque lettre hébraïque n'est pas un simple signe phonétique.
Le livre des principes kabbalistiques de Grad articule des considérations traditionnelles sur l'alphabet hébreu et les séphiroth, avec des propositions de géométrie sacrée qui conduisent notamment à la trisection de l'angle une propriété géométrique longtemps tenue pour impossible.
Un théorème dissimulé dans le Traité de la Formation permettrait, selon cette approche, de participer à la création du monde par la connaissance du sens ontologique des nombres et la manipulation des lettres de l'alphabet sacré. Éditions du Rocher

Cette conception  la lettre comme forme active dans l'espace fait écho aux notions modernes de résonance morphique et de champ de forme, explorées depuis par des chercheurs comme Rupert Sheldrake, bien que dans des contextes épistémologiques très différents.

Ce qui reste ouvert

Il faut dire les choses clairement : aucune publication scientifique peer-reviewed n'a, à ce jour, démontré de façon reproductible que les lettres hébraïques émettent des effets mesurables distincts de ceux d'autres formes géographiques.
Les travaux de Tomatis sur les fréquences des langues, bien que réels et mesurés, restent eux-mêmes au bord de la reconnaissance académique totale. La communauté scientifique reste prudente face à la mesure de ces énergies, malgré les effets rapportés par les utilisateurs.

Mais l'absence de preuve n'est pas une preuve d'absence. Ce que le témoignage de Grad met en lumière, c'est la convergence de trois lignes d'investigation indépendantes la cybernétique linguistique des années 1960-70, l'audio-psycho-phonologie de Tomatis, et la tradition kabbalistique millénaire qui toutes pointent vers la même anomalie : l'hébreu se comporte différemment des autres langues lorsqu'on le mesure, et ses lettres, pensées comme des formes géométriques dotées d'une action propre, méritent une investigation sérieuse.

La science a souvent progressé en prenant au sérieux ce que les traditions avaient observé sans pouvoir l'expliquer. La question des effets de formes des lettres hébraïques est peut-être l'un de ces territoires où le futur de la recherche reste entièrement à écrire.

Références bibliographiques

Adolf Dimitri Grad

  • Pour comprendre la kabbale, Dervy-Livres, 1966 (rééd. revue et augmentée)
  • Le véritable Cantique de Salomon, 1970
  • Les clefs secrètes d'Israël, Robert Laffont, 1973 (rééd. 1980, 2 vol. en 1)
  • Le livre des principes kabbalistiques, Éditions du Rocher
  • Initiation à la kabbale hébraïque, Éditions du Rocher

Alfred Tomatis

  • L'oreille et la vie — Itinéraire d'une recherche sur l'audition, la langue et la communication, Robert Laffont, 1977
  • L'oreille et le langage, Éditions du Seuil, 1963
  • Vers l'écoute humaine, ESF, 1974

Sur les ondes de formes

  • Chaumery & de Bélizal, Essai de radiesthésie vibratoire, Dangles, 1940
  • Servranx, Les ondes de forme, Servranx, Bruxelles

Sur la kabbale et les lettres hébraïques

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Michelle : deuxième à l'Eurovision et première en opération navale avec Tsahal -vidéo-

Michelle : la chanson qui fini deuxième à l'Eurovision et première en opération navale avec Tsahal -vidéo-

Quand Tsahal mixe de la pop sur une flottille de bobos

Le 19 mai 2026, en Méditerranée. D'un côté, une armée rodée. De l'autre, cinquante navires chargés de militants, de caméras et d'indignation professionnelle. Suspense insoutenable. Résultat : une playlist.

La flottille la plus vide de l'histoire de la navigation humanitaire

La Global Sumud Flotilla  "sumud" signifie "résistance" en arabe, ça commence bien se pointe avec ses grands sabots médiatiques direction Gaza, slogans humanitaires en bandoulière, euro députés en gilet de sauvetage et Greta Thunberg en figure de proue. Tout est filmé, diffusé, commenté en direct. On documente. On témoigne. On souffre pour la postérité.

Petit détail gênant : selon la police israélienne, les cales seraient... vides.
Pas de médicaments. Pas de farine. Pas de couvertures. Juste des militants et leurs téléphones à 1000 % de batterie. Le ministère des Affaires étrangères israélien résume sobrement l'affaire : opération de communication, pas mission humanitaire. Traduction non-diplomatique : une flotille de pacotille.

Oops, ils ont encore recommencé

Avant même que les commandos israeliens ne se manifestent, la marine prend le contrôle des haut-parleurs des navires. Et là, coup de génie absolu : pas d'ultimatum martial, pas de voix robotique menaçante. Non.
Les cinquante navires de la résistance internationale reçoivent en pleine face Michelle, la chanson avec laquelle Noam Bettan venait d'offrir à Israël une deuxième place à l'Eurovision quelques heures plus tôt à Vienne.

Puis, pour certains navires, en prime : Britney Spears. Oops!… I Did It Again. Le commentaire musical le plus efficace de la décennie.

Greta n'avait pas prévu ça dans ses fiches.

Une chanson, une doctrine

Michelle n'est pas un morceau anodin. Coécrite avec Yuval Raphael, trilingue, structurée pour fracasser un public européen blasé, elle venait de terminer deuxième à Vienne malgré les boycotts, malgré les cinq pays qui ont claqué la porte, malgré le climat politique électrique. Deuxième pour la deuxième année consécutive. Les Israéliens ont l'habitude de performer sous pression.

Et quand votre chanson sert quelques heures plus tard à stopper une flottille militante en Méditerranée, c'est ce qu'on appelle une tournée mondiale réussie.

La bataille de récits perdue par ceux qui l'avaient préparée

Voilà le vrai retournement de cette histoire. La flottille avait tout organisé pour produire son image : oppresseurs contre humanitaires, David contre Goliath, caméras en direct, visages célèbres. Mandela, Thunberg, des eurodéputés en casting taillé pour la Une.

Sauf que leur propre dispositif de diffusion en direct a retransmis l'autre séquence. L'intervention rapide, maîtrisée. L'arrêt net. Et cette chanson , triomphante, qui remplace toute rhétorique militaire.

Ils voulaient produire un récit. Ils en ont produit un autre exactement l'inverse.

Épilogue en mode refrain

Pas de grande bataille. Pas de sang. Pas de martyr pour les chaînes d'info. Une flottille stoppée, des cales vides inspectées, et une pop song eurovisionnaire comme dernier mot.

La Méditerranée, ce soir-là, n'était plus seulement un espace maritime. C'était une scène. Et Israël avait choisi sa bande-son.

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