Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

7 octobre : Macron assure que « la France partage la douleur d'Israël »

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7 octobre : Macron assure que « la France partage la douleur d'Israël » Trois ans après le 7 octobre, Macron nomme Maya, Ohad et Valentin / Macron : « Nous n'oublions pas les noms et les visages »

Emmanuel Macron a marqué le troisième anniversaire du massacre du 7 octobre par un message de solidarité avec Israël et les familles endeuillées. Il a nommé plusieurs victimes françaises et réaffirmé l'engagement de la France contre l'antisémitisme et le terrorisme.

Par Claudine Douillet I 7 octobre 2026

Le message a été publié ce mercredi matin, trois ans jour pour jour après l'attaque du Hamas. Emmanuel Macron y parle d'attentats « barbares » et assure que la France partage depuis trois ans la douleur de l'État d'Israël et celle des familles endeuillées. Maariv a été parmi les premiers médias israéliens à le relayer.

Des noms et des visages

Le président a choisi de personnaliser son hommage. « Trois ans après, nous n'oublions pas les noms et les visages », écrit-il, avant de citer Maya, Ohad et Valentin, « et tant d'autres ». Derrière ces prénoms, des victimes dont le souvenir reste vif dans la communauté française d'Israël.

Dans son message, le chef de l'État évoque plus de 1 200 personnes assassinées, dont 51 citoyens français. Ce chiffre de 51 est supérieur au bilan habituellement retenu pour les victimes françaises du massacre. Il appelle une clarification de l'Élysée sur le mode de calcul.

Un engagement réaffirmé

Emmanuel Macron conclut sur une ligne de principe. Lutter contre l'antisémitisme et le terrorisme, partout et en tout temps, et agir pour la paix et la sécurité de tous : c'est, selon lui, l'engagement de la France.

Le message intervient dans un contexte lourd. À Paris, la préfecture de police a interdit une manifestation « contre le génocide » prévue ce même jour, invoquant le niveau record des actes antisémites. À Jérusalem, le gouvernement prépare un plan pour accueillir une possible vague d'alyah des Juifs de France.

Des mots attendus au tournant

Pour une partie des Français d'Israël, les mots de compassion ne suffisent plus. Ils attendent de Paris des actes contre l'antisémitisme sur le sol français. Le message présidentiel sera jugé à l'aune de ces actes.

Sources : Maariv

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7 octobre : Paris interdit la manifestation « contre le génocide »

7 octobre : Paris interdit la manifestation « contre le génocide »

7 octobre : Paris interdit la manifestation « contre le génocide »

Paris interdit le rassemblement d'Urgence Palestine le jour anniversaire du 7 octobre / Trois ans après le 7 octobre, Paris dit non, Londres encadre

Pas de cortège « contre le génocide » à Paris ce 7 octobre. Le préfet de police Patrice Faure a interdit le rassemblement prévu dans le 18e arrondissement, invoquant la menace terroriste et le niveau record des actes antisémites.

Par Claudine Douillet I 7 octobre

La décision est tombée mardi 6 octobre. Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a signé un arrêté interdisant la manifestation « contre le génocide à Gaza et pour le respect du cessez-le-feu » prévue ce mercredi. Il a agi à la demande du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.

Un rassemblement jugé à haut risque

Le préfet a motivé sa décision sans détour. Dans un contexte de menace terroriste renforcée, et alors que les actes antisémites restent à un niveau historiquement élevé, un tel rassemblement ce jour-là présente selon lui des risques sérieux de troubles à l'ordre public. « Ma responsabilité est d'assurer la sécurité de tous », a-t-il ajouté, en rappelant que le 7 octobre donne lieu à de nombreuses commémorations.

Le rassemblement était organisé par le collectif Urgence Palestine. Selon l'AFP, reprise par Walla, il devait se tenir de 18 h 30 à 21 h entre Château-Rouge et Jules-Joffrin. La préfecture rappelle qu'un rassemblement du même collectif, le 7 octobre 2025, avait donné lieu à des slogans violemment hostiles à Israël et au sionisme, qui avaient heurté la communauté juive.

Les organisateurs crient à la « censure politique » et annoncent un recours devant le tribunal administratif. La députée Caroline Yadan, élue des Français de l'étranger de la 8e circonscription, qui inclut Israël, a au contraire salué une décision qui prend la mesure d'une haine qu'elle juge indécente.

Londres encadre, Berlin hésite

La capitale britannique a choisi une autre voie. La Metropolitan Police a autorisé une marche étudiante entre King's College et University College, sous conditions strictes : parcours imposé, visages découverts, dispersion à 14 heures. Selon N12, plus de 600 policiers seront déployés. Le commissaire adjoint James Harman explique que la police ne peut pas interdire une manifestation tant que le risque de désordre grave reste gérable. Il a toutefois demandé aux participants de manifester un autre jour.

N12 recense plus de 70 événements prévus en Europe et aux États-Unis sous le mot d'ordre « trois ans de résistance ». La police de Berlin envisage une interdiction. À New York, des affiches pour un rassemblement devant l'hôtel de ville célèbrent la « gloire aux martyrs » à côté de symboles du Hamas. Le Conseil de sécurité nationale israélien appelle les Israéliens à l'étranger à éviter ces lieux.

Rima Hassan au cœur d'un scandale à Strasbourg

La veille, l'eurodéputée LFI Rima Hassan a provoqué un tollé au Parlement européen. Elle a décroché le drapeau israélien d'une exposition consacrée aux victimes du 7 octobre. François-Xavier Bellamy a dénoncé une provocation grave de nature antisémite. L'intéressée assume un geste de protestation et affirme que le drapeau européen est tombé par accident. Aucune sanction n'a encore été décidée.

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Alyah des Juifs de France : Israël prépare un plan d'accueil d'urgence

Alyah des Juifs de France : Israël prépare un plan d'accueil d'urgence

Alyah des Juifs de France : Israël prépare un plan d'accueil d'urgence

 Juifs de France : le gouvernement israélien veut « lever les obstacles » à l'alyah / France en feu : Netanyahou commande un plan pour accueillir les Juifs de France

Israël veut se tenir prêt. Réuni mardi, le conseil des ministres a demandé un plan conjoint pour absorber une possible vague d'alyah des Juifs de France, alors que l'Hexagone traverse une semaine d'émeutes lycéennes.

Par Claudine Douillet I 7 octobre 2026

Le message est venu d'Ofir Sofer, ministre de l'Alyah et de l'Intégration, en plein conseil des ministres mardi 6 octobre. Selon deux participants cités par le Jerusalem Post, il a appelé Israël à préparer l'absorption d'une immigration de masse des Juifs de France. « Nous devons lever les obstacles pour leur permettre de venir », a-t-il déclaré. Le ministre veut un dispositif pensé aussi pour les familles les moins aisées de la communauté.

Netanyahou donne son feu vert

Benjamin Netanyahou a tranché sans détour : « Nous devons le faire. » Le Premier ministre a chargé trois ministres de rédiger un plan commun : Ofir Sofer, le ministre des Finances Bezalel Smotrich et le ministre de la Diaspora Amichai Chikli. Bezalel Smotrich a plaidé pour un budget dédié aux nouveaux immigrants en difficulté et pour des projets de logement capables d'accueillir les arrivants.

La ministre des Missions nationales Orit Strock est allée plus loin. Elle a demandé un plan d'urgence pour protéger les Juifs de France. « Ceux qui sont derrière ces manifestations sont des éléments antijuifs et anti-israéliens. Aujourd'hui, les Juifs ont peur de circuler en France avec des signes juifs », a-t-elle affirmé.

Une France sous tension

Le contexte explique l'urgence. La France a vécu mardi une « journée de rage », présentée comme le point culminant d'une semaine d'affrontements. Le mouvement a démarré dans des centaines de lycées, d'abord dans les banlieues populaires comme Saint-Denis : entrées bloquées, routes coupées, poubelles incendiées, policiers et passants agressés.

Le bilan publié par Ynet donne la mesure de la crise. Six mille personnes ont été interpellées depuis le début du mouvement, en majorité des adolescents. Le ministère de la Justice annonce 1 800 poursuites, dont 1 483 visant des mineurs. Au moins 24 établissements scolaires ont été incendiés ou pillés, et 715 policiers ont été blessés.

Les adversaires du mouvement accusent La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon d'attiser la violence. Le leader de gauche radicale, connu pour son hostilité à Israël, dément toute implication directe et dénonce les violences policières.

Une alyah déjà en forte hausse

Le mouvement de départ est engagé depuis le 7 octobre 2023. Le Jerusalem Post évoque près de 4 000 olim de France depuis janvier, un niveau record. Pour mémoire, le ministère de l'Alyah en avait recensé 3 357 sur l'ensemble de l'année 2025, soit trois fois plus qu'en 2023.

Reste à savoir si le plan promis se traduira par des mesures concrètes. Les familles françaises installées en Israël dénoncent depuis des années les mêmes freins : reconnaissance des diplômes, logement, emploi. Le gouvernement promet de s'y attaquer. Les Juifs de France jugeront sur pièces.

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Orphelins du 7 octobre : 20 enfants israéliens ont perdu leurs deux parents - l'appel d'Abigail 3 ans-

Orphelins du 7 octobre : 20 enfants israéliens ont perdu leurs deux parents

Orphelins du 7 octobre : 20 enfants israéliens ont perdu leurs deux parents, l'État prévoit un suivi pour des années

Vingt mineurs israéliens ont perdu leur père et leur mère dans le massacre du 7 octobre et ses suites. Trois ans après, le ministère israélien des Affaires sociales les accompagne toujours, comme près de 2 000 proches d'otages, et prévient que cette prise en charge durera encore de longues années.

Vingt enfants sans père ni mère

Le chiffre est sorti par une demande d'accès à l'information. La division « Épées de fer » du ministère israélien du Bien-être et de la Sécurité sociale suit vingt enfants mineurs qui ont perdu leurs deux parents dans le massacre du 7 octobre 2023 ou dans ses conséquences directes. Le ministère a publié ce bilan mardi 6 octobre, à la veille du troisième anniversaire de l'attaque, a rapporté le site d'information Walla.

Derrière ce chiffre, il y a des familles détruites en une matinée, des enfants recueillis par des grands-parents, des oncles, des tantes, qui ont dû devenir parents du jour au lendemain. Le ministère a d'ailleurs ouvert des espaces communautaires spécifiques pour ces familles qui élèvent des enfants privés de leurs deux parents.

Abigail, le visage des orphelins

Le plus connu de ces enfants porte un nom que le monde entier a appris. Abigail Idan avait trois ans le 7 octobre. Au kibboutz Kfar Aza, les terroristes ont tué sa mère, Smadar, puis son père, Roy, photographe, qui la portait dans ses bras. La fillette a été enlevée à Gaza et a fêté ses quatre ans en captivité, avant d'être libérée fin novembre 2023, après cinquante jours. Elle est devenue le symbole d'une génération d'enfants que le 7 octobre a rendus orphelins.

Près de 2 000 proches d'otages toujours suivis

Le bilan du ministère dépasse largement le cas des orphelins. La division coordonne la prise en charge d'environ 2 000 proches du premier cercle des otages, parents, frères et sœurs, conjoints et enfants, en lien avec les services sociaux municipaux, les autres ministères et les associations.

Environ un quart des familles d'otages est suivi par les services sociaux locaux. Un chiffre révèle l'ampleur du choc : seules 30 % d'entre elles étaient connues de ces services avant le 7 octobre. Des familles sans histoire, basculées dans la détresse en une journée. Un tiers des bénéficiaires du premier cercle sont des enfants et des jeunes de moins de 21 ans, et près de 18 % ont 66 ans ou plus.

L'accompagnement mêle soutien psychologique, aide matérielle, accès aux droits et orientation vers les services de proximité. Il couvre aussi le logement, les difficultés éducatives et les tensions familiales que le traumatisme a fait naître.

Le deuil s'étend aux grands-parents et aux cousins

Le ministère a élargi son action au-delà de la famille proche. Environ 600 grands-parents, oncles, tantes, neveux et cousins de familles endeuillées ou touchées par les enlèvements ont bénéficié d'un soutien individuel, collectif ou communautaire. Ce programme est mené avec le fonds pour les victimes du terrorisme de l'Agence juive et les fonds de l'Institut national d'assurance, le Bituah Leumi. Des espaces dédiés ont également été créés pour les femmes revenues de captivité.

Former ceux qui soignent

Trois ans d'expérience ont été transformés en méthode. Avec l'Institut Haruv, spécialisé dans la protection de l'enfance, le ministère a conçu des protocoles pour l'accueil des otages libérés selon leur âge, pour la prise en charge des enfants exposés au massacre et pour l'accompagnement des familles en deuil. Un réseau de mentors a été mis en place pour les enfants revenus de Gaza, ainsi que des guides pour préparer les familles aux jours de commémoration.

En 2025, 170 sessions de formation et de conseil ont été organisées avec l'institut. Cent six concernaient l'encadrement des enfants revenus de captivité et des équipes qui les suivent, trente-cinq l'accompagnement des orphelins de père et de mère et des familles qui les élèvent. Quelque 170 travailleurs sociaux spécialement formés sont mobilisés. Pour éviter leur épuisement, le ministère leur propose supervision, conseil et ateliers de résilience, en partenariat avec la Coalition israélienne contre le traumatisme.

« Le traumatisme ne s'arrête pas avec l'urgence »

Le ministre Haïm Katz a assuré que l'engagement de l'État envers les victimes du 7 octobre et leurs familles restait profond et durable, et qu'il continuerait d'investir pour leur permettre de se reconstruire à leur rythme. Le directeur général du ministère, Yinon Aharoni, a reconnu que trois ans plus tard, les familles vivent toujours avec des conséquences lourdes au quotidien. Les enfants grandissent, les otages revenus reconstruisent leur vie, les familles apprennent à vivre avec la perte : le ministère se prépare donc à un accompagnement de très longue durée.

La responsable de la division, Or Tzuberi, résume l'enjeu en une phrase : les effets du traumatisme « ne s'arrêtent pas quand l'urgence s'arrête ». Ils changent de forme avec le temps. Pour les vingt orphelins du 7 octobre, le combat ne fait que commencer.

Avec Walla

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7 octobre :« J'ai prié pour que ces chiens t'aient épargnée », Or Lévy la lettre déchirante à sa femme Einav

Or Levy : « J'ai prié pour que ces chiens t'aient épargnée », la lettre déchirante à sa femme Einav, tuée le 7 octobre

Par Claudine Douillet I 7 octobre 2026

Or Levy : « J'ai prié pour que ces chiens t'aient épargnée », la lettre déchirante à sa femme Einav, tuée le 7 octobre

Or Levy n'a pas pu enterrer sa femme. Otage du Hamas pendant 491 jours, il a manqué les funérailles, la shiv'a, les trente jours et la première année de deuil d'Einav, assassinée le 7 octobre 2023 dans l'abri de Re'im d'où il a été enlevé. La veille du troisième anniversaire du massacre, il lui adresse une lettre publique qui bouleverse Israël.

Une lettre publiée au lendemain de la cérémonie

Lundi 5 octobre, quelques heures après la cérémonie commémorative organisée pour Einav, Or Levy a publié sur Facebook un texte adressé directement à sa femme. La chaîne israélienne C14 l'a relayé mardi. Le survivant de la captivité y commence par l'inventaire de tout ce qui lui a été arraché. Il n'était pas là pour l'enterrement. Ni pour la semaine de deuil, ni pour les trente jours, ni pour la première date anniversaire. Pendant tout ce temps, prisonnier à Gaza, il s'accrochait à une seule idée : Einav était peut-être encore en vie.

L'abri de la mort de Re'im

Le matin du 7 octobre 2023, Or et Einav Levy sont au festival Nova, près du kibboutz Re'im. Sous les roquettes, ils fuient et se réfugient dans un petit abri anti-missiles en béton, au bord de la route, au carrefour de Re'im. Les terroristes du Hamas encerclent l'abri, y lancent des grenades et tirent à l'intérieur. Les Israéliens l'appellent depuis « l'abri de la mort ». Einav y est tuée. Or est traîné vers Gaza, comme Hersh Goldberg-Polin et Eliya Cohen, enlevés du même abri.

491 jours sans savoir

En captivité, Or Levy ignore le sort de sa femme. Chaque jour, raconte-t-il, il lui parlait en pensée et cherchait les mots justes pour l'atteindre. « J'ai prié pour que tu ailles bien, que ces chiens t'aient épargnée », écrit-il. Il s'inventait des scénarios : les terroristes l'avaient peut-être manquée, elle avait peut-être réussi à s'enfuir. Parmi toutes ces histoires possibles, constate-t-il, c'est la plus tragique qui s'est révélée vraie. Einav n'est plus là.

Libéré en février 2025 lors d'un échange, amaigri au point de choquer le pays entier, Or Levy a découvert à son retour que la femme qu'il espérait retrouver était morte depuis seize mois.

Le portrait d'une femme qui tenait la famille

Le cœur de la lettre est un portrait. Or Levy décrit celle qui savait lui prendre la main pour l'apaiser, qui veillait à ce qu'il ne confonde pas les jours et ne parte pas à Beer-Sheva au lieu de Jérusalem. Celle qui ramenait la paix instantanément dans chaque dispute et rappelait à tous que la famille passe avant tout. Il lui confie que les siens essaient, jour après jour, d'accomplir ces missions sans elle. Et qu'ils échouent parfois, tant son absence pèse.

Almog, l'enfant qu'elle ne verra pas grandir

L'an dernier, de retour de captivité, Or Levy a assisté pour la première fois à la cérémonie à la mémoire d'Einav. Il y a récité le Kaddish et n'a demandé qu'une chose : un moment seul avec elle.

Il évoque surtout leur fils, Almog, qui n'avait que deux ans au moment du massacre. Il n'y a pas un jour, écrit-il, où il ne regarde pas cet enfant parfait qu'elle a mis au monde sans pleurer, parce qu'il sait à quel point elle serait fière de lui. Il dit percevoir les signes qu'Einav continue de leur adresser, de façons inattendues. Quand on lui demande quelle est la probabilité d'une telle coïncidence, la question ne l'intéresse pas : il sait qu'elle est là. Il promet de chérir chaque instant, chaque seconde et chaque souffle passés à ses côtés.

Trois ans après, un deuil qui commence à peine

Ce mercredi 7 octobre 2026, Israël a observé une minute de silence à 6 h 29, l'heure exacte du début de l'attaque. Pour la plupart des familles endeuillées, trois années de deuil se sont écoulées. Pour Or Levy, le temps du deuil n'a commencé qu'à sa libération. Sa lettre rappelle une vérité que les chiffres effacent : pour les otages revenus, le 7 octobre ne s'est pas arrêté à leur retour. Il les attendait chez eux.

Hier, c'était ton jour de commémoration, j'aurais vraiment voulu te parler mais je n'ai pas pu, mais d'après ce que j'ai entendu d'autres personnes, tout était si beau et juste.

Trois ans

Pour tous ceux qui parlent, trois ans. Un nombre fou qui semble si long. Trois ans depuis ce jour terrible qui a pris tant de vies, et bien sûr la tienne. Je n'étais pas là à l'enterrement, je n'étais pas là à la shiva, pas aux trente jours et même pas à l'anniversaire. À ce moment-là, j'ai tenu à l'espoir que peut-être tu étais en réalité en vie. Alors chaque jour, je t'ai parlé, j'ai essayé d'être précis, j'ai prié pour que tu sois bien. Que tu sois en sécurité. Peut-être que tu y as échappé, peut-être que tu t'es enfuie ? Tellement d'histoires et à la fin, l'histoire la plus triste est celle qui s'est produite. Tu n'es pas là. Tu sais combien j'aurais fait, ce que tu aurais dit, il n'y a pas de jour où je ne regarde pas l'enfant parfait que tu as mis au monde et ne pleure parce que je sais combien tu aurais été fière.

Dans cette commémoration, qui pour moi est un peu comme un enterrement, parce que je n'étais pas là, pour voir chacun de tes amis, la famille, et toutes celles que tu as touchées et qui se sont souvenues de toi, toi, toi en cette période, toi avec le sourire, avec la lumière qui brillait de toi.

Tu sais, je vois, je vois les signes que tu laisses pour nous, je vois comment tu apparais de différentes et étranges manières. Ils me demandent toujours « quelle est la chance ? » et ma réponse est totalement sans rapport. Je sais que tu es là et comme tu l'as dit à un ami dans un rêve (désolé, je te vole) je suis toujours là. Donc je sais que tu es là avec nous et je veux que tu saches que je me souviens et que je me souviendrai et que je chérirai chaque moment, chaque seconde, et chaque souffle que j'ai passé dans ton étreinte.

Avec C14

 

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7 octobre : 262 événements anti-israéliens dans 37 pays, dont 10 en France

7 octobre : 262 événements anti-israéliens dans 37 pays, dont 10 en France

 

Le ministère israélien de la Diaspora a recensé 262 événements anti-israéliens dans 37 pays autour du troisième anniversaire du 7 octobre. Dix ont lieu en France. Environ un tiers sont classés à risque moyen ou élevé, et Paris figure parmi les points sensibles.

Par Claudine Douillet I Le 6 octobre 2026

Une mobilisation sur deux semaines

Les chiffres ont été publiés lundi 5 octobre par le ministère de la Diaspora et de la Lutte contre l'antisémitisme. Il a identifié 262 manifestations et événements anti-israéliens dans 37 pays. Ils ne se concentrent pas sur une seule journée. Environ 29 % ont lieu le 7 octobre même, les autres s'étalant du 1er au 14 octobre, avec un pic attendu le week-end qui suit l'anniversaire. Au moins 75 rassemblements sont prévus pour la seule journée de mercredi.

La France dans le top 10

Avec dix événements, la France se place juste derrière l'Allemagne et le Canada, qui en comptent quatorze chacun. Les États-Unis arrivent en tête avec 45 événements, devant l'Espagne (40), l'Australie (21), le Royaume-Uni (19) et l'Italie (16). Les Pays-Bas en comptent huit.

87 événements jugés à risque

Le ministère classe 87 événements à risque moyen ou élevé, soit environ un tiers du total. Le Canada se distingue avec quatre événements à haut risque, devant la Grèce, l'Italie, les États-Unis et l'Australie, qui en comptent deux chacun. D'autres points sensibles ont été repérés à Paris, Londres, Berlin, Amsterdam, Barcelone, Istanbul, Bogota, Bangkok et Santiago.

Les ambassades israéliennes en ligne de mire

Le rapport pointe un autre signal inquiétant. Quarante-cinq événements doivent se tenir à proximité d'une ambassade, d'un consulat ou d'un autre site lié à Israël, dont trente à moins de 2,5 kilomètres. Selon l'analyse du Jerusalem Post, près de la moitié de ces rassemblements de proximité sont classés à risque moyen ou élevé. Plus la cible symbolique est proche, plus le danger grimpe.

Parmi les cas relevés figurent un événement à Helsinki à quelque 300 mètres de l'ambassade d'Israël, un rassemblement à haut risque sur la colline du Parlement à Ottawa, à environ 350 mètres de l'ambassade, et un autre à Francfort, près d'un hôtel fréquenté par des visiteurs israéliens.

Des organisateurs aux liens troublants

Le rapport du ministère ne désigne ni le Hamas, ni le FPLP, ni Samidoun comme organisateurs. Mais le Jerusalem Post relève que plusieurs groupes impliqués ont des liens documentés avec ces réseaux. C'est le cas du Palestinian Youth Movement, derrière les cinq événements à haut risque prévus à Los Angeles, New York, Montréal, Ottawa et Toronto, déjà apparu aux côtés de figures liées au FPLP. Au Royaume-Uni, la Palestine Solidarity Campaign, qui organise plusieurs rassemblements, est épinglée par un rapport gouvernemental britannique pour son soutien présumé au Hamas.

Vigilance jusqu'au week-end

Pour les Juifs de France, le message est clair : la période sensible ne s'arrête pas le 7 octobre au soir. Le pic de mobilisation est attendu le week-end suivant. Le Conseil national de sécurité israélien appelle de son côté à éviter manifestations et rassemblements, et à ne pas annoncer ses déplacements sur les réseaux sociaux.

 

7 octobre : Israël alerte sur un risque accru d'attentats contre les Israéliens et les Juifs à l'étranger

7 octobre : Israël alerte sur un risque accru d'attentats contre les Israéliens et les Juifs à l'étranger

Le Conseil national de sécurité israélien relève l'alerte. À la veille du troisième anniversaire du 7 octobre, il met en garde contre un risque accru de tentatives d'attentats visant les Israéliens et les Juifs dans le monde, ainsi que contre des manifestations violentes. L'Iran, le Hamas et le djihad mondial voient dans cette date un symbole à exploiter.

Par Claudine Douillet I Le 6 octobre

Une date symbolique pour les terroristes

Le message a été diffusé mardi 6 octobre par le Conseil national de sécurité (CNS), l'organe chargé des alertes aux voyageurs. À l'approche du 7 octobre, la menace de tentatives d'attentats contre des Israéliens et des Juifs à l'étranger augmente, tout comme le risque de manifestations et de violences de rue.

Le CNS désigne clairement les responsables potentiels. L'Iran et ses relais, le Hamas et les mouvances du djihad mondial considèrent cet anniversaire comme une étape marquante pour passer à l'action. Les Israéliens présents à l'étranger, ou sur le point de partir, sont appelés à une vigilance renforcée.

25 morts depuis le début de la guerre

Ce rappel n'arrive pas par hasard. Dans son évaluation de la menace publiée début septembre, le CNS relève une forte hausse des attaques menées par des individus isolés, et chiffre à 25 le nombre d'Israéliens et de Juifs assassinés dans des attentats à l'étranger depuis le déclenchement de la guerre.

Le souvenir de Sydney reste dans toutes les mémoires. En décembre 2025, une fusillade visant une célébration de Hanouka sur la plage de Bondi avait fait 15 morts et des dizaines de blessés.

Le Hamas s'implante en Europe

L'évaluation du CNS désigne plusieurs menaces précises. Le Hamas et d'autres groupes palestiniens investissent massivement pour bâtir des infrastructures terroristes sur le sol européen, afin de mener des attaques de vengeance ou spectaculaires contre des Juifs et des Israéliens.

Les organisations du djihad mondial, comme Daech et Al-Qaïda, continuent d'appeler directement à frapper les Juifs, avec la volonté de passer à l'acte dans des villes européennes et aux États-Unis par le biais d'assaillants isolés. Le CNS souligne que la montée de l'incitation sur les réseaux sociaux nourrit cette motivation.

Quatre destinations interdites

Le CNS demande de ne pas se rendre dans les pays placés au niveau 4 d'alerte, le plus élevé de son échelle : la Jordanie, le Qatar, le Somaliland et l'Égypte, y compris la péninsule du Sinaï. La Jordanie a été ajoutée cette année à cette liste, avec la recommandation d'éviter même une simple escale.

Le Somaliland s'explique par une menace venue du Yémen. Les Houthis ont appelé à frapper Israël et les Israéliens se rendant au Somaliland et ailleurs en Afrique, où ils considèrent la présence israélienne comme une menace. Les voyages en Arabie saoudite restent par ailleurs interdits par la loi.

Discrétion dans les lieux publics

Dans les pays classés au niveau 3, le CNS recommande de limiter autant que possible l'usage de l'hébreu dans les lieux très fréquentés. Partout, il conseille de se tenir à l'écart des manifestations et des grands rassemblements. Il appelle aussi à ne pas afficher de signes israéliens ou juifs.

Les réseaux sociaux, une porte d'entrée pour les terroristes

Le CNS insiste sur un point souvent négligé. Il ne faut pas publier à l'avance ses déplacements ou sa localisation sur les réseaux sociaux. Il demande aussi de ne diffuser aucun contenu révélant un service dans l'armée ou les forces de sécurité. Une photo en uniforme ou une annonce de voyage peuvent suffire à faire de quelqu'un une cible.

Que faire en cas d'urgence

En cas d'incident, il faut d'abord contacter les forces de sécurité du pays où l'on se trouve. Le CNS recommande de garder à portée de main les numéros d'urgence locaux. Ensuite seulement, il met à disposition sa ligne d'alerte voyageurs, ouverte 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, réservée aux questions liées au terrorisme : +972 2 666 7444. i

Et en France ?

Ces consignes s'adressent en priorité aux Israéliens, mais la menace décrite vise aussi les Juifs de la diaspora. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait déjà demandé, début septembre, un renforcement de la sécurité autour des lieux de culte pour les fêtes juives. Washington a de son côté demandé à ses ambassades d'inciter les gouvernements à déployer si nécessaire policiers, unités antiterroristes ou militaires autour des synagogues et des lieux accueillant des événements communautaires.

Le ministère israélien de la Diaspora recense par ailleurs dix événements anti-israéliens en France autour du 7 octobre, et Paris figure parmi les points sensibles identifiés. Le pic de mobilisation étant attendu le week-end suivant, la vigilance s'impose bien au-delà de mercredi

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Voyage en Pologne : 100 lycéens israéliens atterrissent à Varsovie sans leurs bagages

Voyage en Pologne : 100 lycéens israéliens atterrissent à Varsovie sans leurs bagages

 

Une centaine de lycéens israéliens ont atterri lundi à Varsovie sans aucune valise. Leurs bagages n'ont jamais été chargés dans l'avion au départ d'Israël. Privés de vêtements et de médicaments, les élèves ont dû renoncer à une partie des sites prévus pour leur voyage de mémoire.

Par Claudine Douillet I Le 6 octobre 2026

Trois délégations, zéro valise

Ils étaient environ 100 élèves, répartis en trois délégations scolaires, à poser le pied lundi 5 octobre à Varsovie. Le voyage en Pologne, étape majeure du parcours scolaire israélien, devait les mener sur les lieux de la Shoah. Cette année, le programme avait aussi été pensé autour de la commémoration du 7 octobre.

Au tapis roulant, rien. Les valises n'avaient tout simplement pas été embarquées sur le vol au départ d'Israël. Selon les accompagnateurs, c'est la direction des voyages en Pologne du ministère de l'Éducation qui les en a informés à l'atterrissage.

« Ils savaient que ça arrivait »

Une participante raconte avoir découvert la situation dès l'arrivée, sans que personne ne sache dire qui avait refusé de charger les bagages. Pour elle, le fait d'avoir été prévenus au moment même de l'atterrissage prouve une chose : les responsables étaient au courant, a-t-elle confié à Walla, « ils savaient que ça arrivait ».

Depuis, les accompagnateurs courent les magasins. Il faut trouver pour 100 adolescents des sous-vêtements, des médicaments, des produits d'hygiène, des protections féminines, du liquide pour lentilles. Une partie du matériel resté en Israël est indispensable, notamment les traitements médicaux de certains élèves.

Des sites de mémoire sacrifiés

Le premier jour a été en grande partie perdu. Plusieurs visites prévues ont été annulées faute de temps, les équipes consacrant leurs journées à équiper les élèves plutôt qu'à suivre le programme. Sur place, la frustration est grande, rapportent les membres des délégations. Les groupes ont malgré tout poursuivi leur route depuis Varsovie.

Pour des familles qui financent souvent lourdement ce voyage, et pour des élèves qui le préparent pendant des mois, le choc est rude. D'autant que ce séjour n'est pas une excursion ordinaire, mais un temps de transmission, à quelques jours du troisième anniversaire du massacre.

Le ministère renvoie la balle à la compagnie aérienne

Le ministère israélien de l'Éducation se défausse sur le transporteur. Selon sa déclaration, l'acheminement des bagages relève de la compagnie aérienne et est traité par les prestataires concernés. Il assure que ses équipes accompagnent les délégations de près, prennent en charge l'achat de vêtements et d'équipements essentiels, et restent en contact permanent avec les parents.

La compagnie n'a pas été nommée et la cause du problème reste inconnue. Aucune date n'a été annoncée pour l'arrivée des valises en Pologne.

 

Source : Walla

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Rima Hassan décroche le drapeau israélien d'une exposition sur le 7 octobre : le Parlement européen ouvre une enquête

Rima Hassan décroche le drapeau israélien d'une exposition sur le 7 octobre : le Parlement européen ouvre une enquête

La députée européenne LFI Rima Hassan a retiré le drapeau israélien d'une exposition en hommage aux victimes du 7 octobre, dans l'enceinte même du Parlement européen. Le drapeau de l'Union européenne est tombé dans la foulée. Roberta Metsola a saisi les services du Parlement et des sanctions disciplinaires sont possibles.

Par Claudine Douillet I le 6 octobre 2026

Un geste en pleine commémoration

L'exposition devait rendre hommage aux victimes du massacre du 7 octobre 2023, trois ans après les faits. Elle était installée au Parlement européen à Strasbourg, coorganisée notamment par l'Institut transatlantique de l'American Jewish Committee. Lundi 5 octobre, en quittant les lieux, Rima Hassan a retiré le drapeau israélien de son support. Le drapeau européen, fixé à la même structure, s'est retrouvé au sol.

Une photo publiée sur les réseaux sociaux montre les deux drapeaux à terre. Aucune vidéo rendue publique ne montre en revanche la députée elle-même les faire tomber. C'est tout l'enjeu de la bataille de récits qui s'est ouverte depuis.

Deux versions qui s'opposent

Pour François-Xavier Bellamy, chef de file LR au Parlement européen, des témoins affirment que Rima Hassan a jeté à terre les drapeaux d'Europe et d'Israël devant la salle où se tenait la commémoration. Il y voit une forme de complicité avec ceux qui cherchent à réimporter en Europe la haine antisémite des heures les plus sombres du continent. Nathalie Loiseau, élue Renew, accuse elle aussi la députée d'avoir piétiné le drapeau israélien et estime que LFI a touché le fond de l'indécence.

Le bureau de Rima Hassan donne une tout autre version. Il confirme qu'elle a bien retiré le drapeau israélien, mais affirme que le drapeau européen est tombé accidentellement, la structure ayant perdu l'équilibre. Selon son entourage, aucun drapeau n'a été piétiné ni abîmé. La députée revendique un acte de protestation contre ce qu'elle qualifie de « génocide » commis par le gouvernement israélien. Son bureau assure que le geste ne visait ni les victimes honorées par l'exposition, ni leur mémoire.

Reste une question que cette défense laisse entière : pourquoi choisir précisément une exposition consacrée aux victimes du 7 octobre pour protester contre Israël ?

Metsola saisit les services du Parlement

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'est exprimée mardi en séance. Elle a indiqué qu'une élue avait été filmée en train d'endommager présumément l'exposition, et que l'affaire était traitée avec le plus grand sérieux. Toutes les mesures prévues par le règlement sont engagées, a-t-elle précisé, dans le respect du droit de l'intéressée à être entendue.

Selon une source au Parlement, Rima Hassan devra s'expliquer devant Roberta Metsola, qui décidera ensuite d'éventuelles sanctions disciplinaires. Un porte-parole confirme que l'incident a été documenté et qu'il est examiné par les services de l'institution.

Jérusalem et l'AJC haussent le ton

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a réagi sur X. Il qualifie l'acte de honteux et scandaleux, mais « malheureusement pas surprenant ». Selon lui, la profanation de l'exposition montre surtout le peu de respect de Rima Hassan pour l'institution où elle siège. Il a salué les élus qui ont immédiatement condamné le geste et remercié Roberta Metsola d'avoir affirmé que l'affaire serait traitée avec la plus grande sévérité.

L'Institut transatlantique de l'AJC, partenaire de l'exposition, juge les faits rapportés choquants et inacceptables. Il réclame une enquête complète et des sanctions sans délai, rappelant qu'aucun manque de respect envers les victimes du terrorisme et les institutions démocratiques ne doit être toléré.

Une élue habituée aux provocations

Âgée de 34 ans, Rima Hassan est née dans le camp de réfugiés de Neirab, en Syrie, avant d'arriver en France enfant. Juriste franco-palestinienne, elle s'est imposée comme l'une des voix les plus virulentes contre Israël au Parlement européen. Elle accuse l'État hébreu d'« apartheid » et de « génocide » et soutient les appels au boycott.

Israël l'a refoulée à trois reprises. En février 2025, elle s'est vu refuser l'entrée à l'aéroport Ben Gourion alors qu'elle accompagnait une délégation européenne. Elle a ensuite été expulsée après avoir pris part à deux flottilles vers Gaza, en juin puis en octobre 2025.

En France, les ennuis judiciaires s'accumulent. La police parisienne l'a interpellée pour des soupçons d'apologie du terrorisme, après un message, depuis supprimé, citant Kozo Okamoto, l'un des auteurs du massacre de l'aéroport de Lod en 1972. Lors de sa garde à vue, une drogue de synthèse aurait été retrouvée dans son sac, ce qui a élargi l'enquête. Une plainte avait déjà été déposée contre elle en décembre 2024 pour un texte assimilant l'engagement de Franco-Israéliens dans Tsahal au droit supposé de Franco-Palestiniens à rejoindre la « résistance armée ».

À deux jours du troisième anniversaire du massacre, l'affaire place le Parlement européen face à un choix : sanctionner, ou laisser passer.

Sources : Ynetnews (AFP) · Maariv · N12 / Mako

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Tsahal se prépare à une opération : cinq fronts sous haute tension

Tsahal se prépare à une opération : cinq fronts sous haute tension

Tsahal se prépare à une opération : cinq fronts sous haute tension

Par Claudine Douillet I Le 6 octobre 2026

L'armée israélienne s'attend à lancer une opération sur l'un de ses fronts dans les prochains jours. Bab el-Mandeb, Gaza, la Judée-Samarie, la Syrie et le Liban : partout, le renseignement signale une menace.

Selon Avi Ashkenazi, correspondant militaire de Maariv, l'évaluation qui prévaut au sein de Tsahal est désormais claire : Israël devrait engager une opération sur l'un des théâtres du Moyen-Orient. L'armée doit relever sa vigilance face à toute une série de scénarios dans les jours à venir.

Les renseignements actuels restent larges et généraux. Ils ne désignent pas une cible précise, mais ils suffisent à imposer une hypothèse de travail sur chacun des fronts. Pour Tsahal, déjà déployée sur plusieurs théâtres, le défi est immense.

Le Yémen et le détroit de Bab el-Mandeb

Le front le plus éloigné est aussi l'un des plus explosifs. Au Yémen, la guerre civile a repris après quatre ans de cessez-le-feu. Selon Reuters, repris par Ynet, la coalition menée par l'Arabie saoudite a lancé lundi une vaste campagne aérienne sur la côte de la mer Rouge. Son porte-parole, le général Turki al-Maliki, affirme que 100 avions de combat appuient les forces gouvernementales yéménites.

Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont pris début septembre la ville stratégique de Mokha et plusieurs îles de la mer Rouge. Ils contrôlent désormais la rive yéménite du détroit de Bab el-Mandeb, par lequel transite environ 12 % du commerce mondial. Ils menacent aussi Taëz, troisième ville du pays. Selon l'ONU, cette nouvelle flambée a déjà fait plus de 800 morts.

Gaza à la veille du 7 octobre

À Gaza, l'alerte est maximale. Le ministre de la Défense Israël Katz a ordonné à Tsahal de se préparer à des attaques du Hamas à l'occasion du troisième anniversaire du massacre. Le renseignement fait état de projets d'embuscade et de tentatives d'enlèvement de soldats.

Syrie : des approches suspectes près du Golan

En Syrie, deux incidents survenus en moins de 24 heures inquiètent l'armée. Dans la nuit de dimanche à lundi, un Palestinien de 22 ans vivant à Damas s'est approché d'un poste militaire près du village syrien d'al-Hamidiyah. Les soldats ont ouvert le feu. Il n'était pas armé et ne portait qu'un téléphone et de l'argent.

Lundi après-midi, deux Syriens à moto se sont approchés d'un autre poste, dans la région de Kuneitra. Ils ont été touchés par des tirs puis arrêtés. Aucun soldat israélien n'a été blessé. Selon Ynet, Tsahal se demande si ces hommes ne testaient pas la réaction des soldats sur deux positions distantes de quelques kilomètres seulement.

Les élus du Golan ont réagi vivement. Ouri Kellner, président du conseil régional du Golan, et Yehouda Doua, président du conseil local de Katzrin, refusent de revenir à la pensée d'avant le 7 octobre. Ils demandent au prochain gouvernement de rester dans la zone tampon et sur le mont Hermon.

Liban et Judée-Samarie

Le Sud-Liban figure lui aussi parmi les théâtres évoqués par l'armée. Le Hezbollah reste une menace permanente à la frontière nord. En Judée-Samarie, l'appareil de défense reste sur ses gardes à l'approche des dates symboliques, avec la crainte d'attentats.

L'ombre de l'Iran sur tous les fronts

Derrière ces fronts se dessine l'ombre de Téhéran. Selon Danny Citrinowicz, chercheur spécialiste de l'Iran à l'INSS, interrogé par la radio 103FM, la situation est dans l'impasse. Les Gardiens de la révolution ne reculent pas, malgré le blocus américain et les nouvelles sanctions. Selon lui, l'Iran mise sur les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre en espérant que Donald Trump y perde le contrôle du Congrès.

Le chercheur avertit que cette impasse risque de conduire à une escalade, en particulier dans le détroit d'Ormuz. Selon Walla, les États-Unis ont par ailleurs retiré douze bombardiers de Grande-Bretagne par crainte d'une attaque iranienne.

Une armée sous pression à trois semaines du scrutin

Tsahal doit gérer simultanément cinq fronts actifs, un manque chronique de combattants et des réservistes épuisés. Le tout à trois semaines des élections législatives du 27 octobre. Où frappera Israël ? L'armée ne le dit pas encore. Mais tout indique que le calme relatif de ces dernières semaines touche à sa fin.

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