L'identité des deux juifs agressés au couteau à Londres révélée

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L'identité des deux juifs agressés au couteau à Londres révélée

Londres : deux Juifs grièvement poignardés à Golders Green  « Nous ne nous sentons plus en sécurité dans ce pays »

Moshe Shein, 76 ans, et Shloïma Rand, 34 ans, ont été attaqués au couteau mercredi dans le quartier juif de Golders Green, à Londres. Tous deux hospitalisés dans un état stable, ils portent avec eux le symbole d'une violence antisémite qui ne faiblit pas.

Une attaque en pleine rue, au sortir de la prière du matin

Il est tôt ce mercredi matin dans le quartier de Golders Green, l'un des cœurs battants de la communauté juive londonienne. Moshe Shein, 76 ans, vient d'achever sa prière du matin. Il attend tranquillement son bus à l'arrêt, comme il le fait chaque jour. En quelques secondes, tout bascule. Un homme portant un manteau bleu s'approche de lui, et sans un mot, se jette sur lui et le poignarde à plusieurs reprises avec une brutalité glaçante. Les images de vidéosurveillance, rapidement diffusées sur les réseaux sociaux, sont insoutenables.

À quelques rues de là, Shloïma Rand, 34 ans, est lui aussi agressé après avoir quitté la synagogue pour se rendre au travail. Le couteau passe à quelques centimètres de ses organes vitaux. Les deux hommes sont transportés d'urgence à l'hôpital, où leur état est rapidement qualifié de « stable ». Ils ont survécu — de justesse.

« Il attendait simplement son bus »

La nouvelle se répand comme une traînée de poudre dans la communauté. Les témoignages affluent, empreints de stupeur et d'effroi. Un ami proche de Moshe Shein confie au Daily Mail britannique : « Il attendait simplement son bus après la prière du matin. En tant que Juif, nous sommes tous sous le choc. Nous ne nous sentons plus en sécurité dans ce pays en ce moment. Nous sommes attaqués simplement parce que nous sommes juifs, c'est aussi simple que ça. » Ses proches le décrivent comme « un homme charmant, qui s'occupait de ses affaires sans déranger personne ».

La sœur de Shloïma Rand, elle, a accordé une interview au Daily Mail où les mots sonnent comme un cri du cœur autant que comme un constat amer : « C'est horrifiant, mais pas surprenant. Nous sommes une cible permanente de l'antisémitisme. » Elle ajoute, la voix pleine de douleur et de fierté mêlées : « Mon frère est un citoyen travailleur, un Britannique fier qui contribue à la société. Il marchait tranquillement dans la rue, et ce terroriste l'a simplement attaqué. »

Des policiers dépassés, des cris en hébreu dans la rue

Les images de l'arrestation du suspect ne sont pas moins troublantes que celles de l'attaque. On y voit des policiers londoniens tenter, pendant de longues minutes, de maîtriser l'individu — visiblement sans y parvenir. Ce n'est qu'après le tir d'un fusil Taser qu'ils réussissent à le plaquer au sol, à le menotter et à l'immobiliser. En arrière-fond, des voix crient en hébreu : « Ils ne savent pas comment gérer quelqu'un comme lui. » La scène résume à elle seule l'impuissance ressentie par une communauté qui se sent abandonnée.

La police britannique a ouvert une enquête. L'événement a d'ores et déjà été officiellement qualifié d'acte terroriste.

Une revendication islamiste aux connexions iraniennes présumées

L'enquête prend une dimension géopolitique supplémentaire. Selon Sky News, une organisation islamiste se réclamant du nom d'« Ashab al-Yamin al-Islamiya » a revendiqué l'attentat. Les services de renseignement estiment que ce groupe entretient des liens avec l'Iran, une piste que les autorités britanniques examinent avec la plus grande attention.

Cette revendication place l'attaque de Golders Green dans un contexte bien plus large que celui d'un acte isolé : celui d'une violence organisée, idéologiquement motivée, ciblant délibérément des civils juifs sur le sol britannique.

Israël fustige la « faiblesse » des autorités britanniques

La réaction ne s'est pas fait attendre du côté d'Israël. Le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou a publié une déclaration virulente, pointant directement la responsabilité des autorités britanniques : « La faiblesse permet les attaques antisémites à Londres. » Un message sans ambiguïté, adressé à un gouvernement britannique sous pression croissante depuis plusieurs mois face à la montée des actes antisémites sur son territoire.

L'attentat a en effet suscité une vague d'indignation aussi bien en Grande-Bretagne qu'en Israël. Des personnalités politiques, des représentants communautaires et des dirigeants religieux ont exprimé leur émotion et leur colère, réclamant des mesures concrètes pour protéger une communauté qui vit, dit-elle, dans une peur croissante.

Golders Green, symbole d'une communauté assiégée

Golders Green n'est pas un quartier ordinaire. C'est l'un des centres névralgiques de la vie juive au Royaume-Uni, riche de ses synagogues, de ses boulangeries casher, de ses librairies hébraïques et de ses générations de familles installées là depuis l'entre-deux-guerres. Que l'attaque ait eu lieu ici, à cet endroit précis, n'a rien d'anodin aux yeux de la communauté : c'est un message, une démonstration que nulle part n'est à l'abri.

Les statistiques confirment cette angoisse. L'antisémitisme au Royaume-Uni a atteint des niveaux records ces dernières années, avec une recrudescence spectaculaire des incidents depuis octobre 2023. Les agressions physiques, les tags sur les murs des synagogues, le harcèlement dans les rues — tout cela compose un tableau que beaucoup de membres de la communauté juive britannique décrivent comme insupportable.

Deux hommes, un couteau, et une question qui reste entière

Moshe Shein et Shloïma Rand sont en vie. C'est l'essentiel, et c'est un miracle au regard des images. Mais derrière leur survie se pose une question que la communauté juive de Grande-Bretagne pose depuis trop longtemps, et à laquelle les autorités peinent à répondre : jusqu'où faudra-t-il aller avant que quelqu'un ne soit plus là pour témoigner ?

Un homme de 76 ans attendait son bus. Un autre de 34 ans partait au travail. Tous deux portaient le seul tort d'être juifs — « simplement ça », comme l'a dit l'ami de Moshe Shein, avec une résignation qui en dit plus long que n'importe quel discours.

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