Missiles sur Bahreïn, Koweït, Jordanie : l'Iran riposte, le Golfe s'embrase

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Missiles sur Bahreïn, Koweït, Jordanie : l'Iran riposte, le Golfe s'embrase

UNE NUIT DE FEU SUR LE GOLFE Par la rédaction d'Alliance

Le calme avant la tempête. Puis les missiles.

Il était encore nuit noire sur le Golfe Persique quand les écrans de contrôle se sont allumés simultanément dans une demi-douzaine de capitales. Bahreïn. Koweït City. Amman. Washington. Tel Aviv. En quelques heures, ce qui ressemblait à une fragile accalmie diplomatique a volé en éclats. Le Moyen-Orient brûle à nouveau et cette fois, le feu prend de tous les côtés à la fois.

L'étincelle : un Apache abattu au-dessus du détroit

Tout commence lundi, au-dessus du détroit d'Ormuz. Un hélicoptère Apache de l'armée américaine survole le détroit lorsqu'il est abattu selon le président Trump, par l'Iran.
Les deux pilotes survivent et sont récupérés sains et saufs. Mais l'incident suffit à faire basculer une situation déjà explosive. Trump, qui annonçait quelques heures plus tôt être
« très, très proche » d'un accord pour mettre fin aux hostilités, change de cap.
CENTCOM lance des frappes de légitime défense contre l'Iran le 9 juin à 17h00, heure de Washington, sur ordre du commandant en chef.

Ce qui suit est une nuit d'embrasement général.

CENTCOM frappe. L'Iran riposte. Le Golfe tremble.

L'armée américaine a frappé des installations de défense aérienne, des postes de contrôle au sol et des sites de radars de surveillance iraniens près du détroit d'Ormuz, en utilisant des armements de précision lancés depuis des avions de chasse de l'armée de l'air et de la marine américaines. Des explosions multiples ont été entendues à Bandar Abbas, Sirik, Minab et sur l'île de Qeshm. Le pétrole grimpe aussitôt. 

La réponse iranienne ne se fait pas attendre. Téhéran lance ses missiles Qader, Emad et Khaybar les fleurons de son arsenal balistique vers les bases américaines de la région. Les Gardiens de la Révolution affirment avoir visé 21 cibles dans des bases aériennes et navales américaines à travers la région.

Les Gardiens annoncent avoir visé et détruit quatre cibles majeures, notamment des groupes de chasseurs F-35 sur la base aérienne d'Azraq en Jordanie et le centre de commandement militaire américain de cette même base. Des missiles balistiques ont été tirés vers la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït, où sont stationnés des appareils américains, et vers le quartier général de la Ve flotte américaine à Bahreïn.

« Nous avons été réveillés par des explosions assourdissantes. Les déflagrations étaient extrêmement bruyantes. Mes enfants étaient terrifiés, et je n'arrivais pas à les calmer », témoigne Reem, une Égyptienne résidant au Koweït, auprès de l'AFP. Le choc ne vient pas que du bruit.

Selon un responsable américain cité par le New York Times, presque tous les missiles et drones iraniens ont été interceptés, et aucune victime américaine n'a été signalée. CENTCOM dément les affirmations iraniennes sur les dégâts infligés. Les deux camps revendiquent.
Les deux camps mentent, probablement c'est la règle du jeu.

Une guerre qui a commencé le 28 février

Pour comprendre cette nuit, il faut remonter à l'origine. Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes coordonnées contre l'Iran, déclenchant une guerre qui embrase désormais l'ensemble du Moyen-Orient.

La riposte iranienne s'est traduite par le lancement de centaines de drones et de missiles balistiques non seulement vers Israël, mais aussi vers les bases militaires américaines dans le Golfe Persique en Jordanie, au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, en Irak, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. À Bahreïn, le quartier général de la Ve flotte américaine a été directement visé, provoquant des explosions visibles depuis la capitale, Manama.

Depuis lors, un cessez-le-feu fragile signé en avril n'a jamais vraiment tenu. Depuis la trêve du 8 avril, les hostilités avaient quasiment cessé entre les États-Unis et l'Iran mais elles ont récemment repris, en particulier autour du détroit d'Ormuz.

Trump, Ghasteh, Kain : qui décide vraiment ?

Un rapport du Wall Street Journal révèle une fissure au sommet de l'exécutif américain : Trump n'avait initialement pas envisagé de répondre à la destruction de l'Apache c'est le secrétaire à la Défense et le chef d'état-major qui l'ont poussé à agir. Autrement dit, la décision de guerre n'est pas venue du bureau ovale. Elle y a été apportée.

C'est un détail qui dit tout sur la gestion cahotique de cette crise par l'administration Trump.
Le président oscille entre annonces optimistes de paix imminente et frappes militaires lancées dans l'heure qui suit. L'Iran, lui, a parfaitement saisi cette incohérence. Téhéran teste méthodiquement les lignes rouges d'une Maison Blanche dont les signaux sont illisibles.

La règle non écrite du Moyen-Orient est simple : la dissuasion n'existe que si la menace est crédible. Or une menace qui hésite n'est plus une menace c'est une invitation.

Israël informée, non impliquée. Pour l'instant.

Un point crucial : Israël a été prévenue à l'avance des échanges de frappes de la nuit du 9 au 10 juin. Elle n'y a pas participé. Ce n'est pas de la retenue c'est de la stratégie. Jérusalem observe, laisse Washington absorber les coups, et préserve ses options. Les observateurs régionaux savent ce que cela signifie : Israël n'est jamais loin de la prochaine escalade.

Le monde en feu, le Mondial en toile de fond

Le paradoxe de ce mois de juin est saisissant. Ces échanges de frappes interviennent alors que les joueurs iraniens en lice pour la Coupe du Monde ont obtenu leurs visas pour entrer aux États-Unis, où ils doivent disputer leurs trois matches de la phase de groupes, dont le premier le 15 juin à Los Angeles. L'Iran tire des missiles sur les bases américaines et envoie ses footballeurs jouer à Los Angeles. Bienvenue dans l'absurdité du monde en 2026.

Pendant ce temps, l'Arabie saoudite bombarde le Yémen, la Turquie frappe l'Irak, le Pakistan attaque l'Afghanistan, et l'Ukraine pilonne Moscou. La carte du monde ressemble à un tableau d'allumettes en train de brûler.

Et après ?

L'évaluation américaine est claire : même après ces frappes, les négociations avec l'Iran se poursuivront. Washington veut la guerre et la paix simultanément — frapper fort pour négocier dur. C'est la doctrine Trump appliquée à un théâtre où elle ne fonctionne qu'à moitié.

Le représentant personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Moyen-Orient est à Washington pour des pourparlers avec les responsables américains, dans le cadre des efforts visant à obtenir un accord plus large entre Téhéran et Washington.

L'accord viendra peut-être. Mais cette nuit du 9 juin a montré une chose : le Golfe Persique est devenu une zone de tirs croisés permanente, où chaque cessez-le-feu n'est qu'une pause entre deux salves. Et tant que Washington enverra des signaux contradictoires, Téhéran continuera d'appuyer sur la gâchette  en calculant, à chaque fois, que le prix à payer reste tolérable.

Ce calcul, un jour, sera mauvais.

Rédaction Alliance  10 juin 2026

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