7/10 : Le père de Shani Louk accuse : "la fille de Miri Regev évacuée avant le massacre"

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7/10 : Le père de Shani Louk accuse : "la fille de Miri Regev évacuée avant le massacre"

 

Nissim Louk, père de Shani Louk assassinée au festival Nova, affirme que Miri Regev lui aurait confié que sa propre fille avait quitté les lieux à 4h30 du matin, plusieurs heures avant l'assaut du Hamas. Une accusation à ce stade non confirmée, mais qui relance la question de ce que savaient certains responsables avant le 7-Octobre.

Une confidence rapportée, pas une preuve

Interrogé dimanche par la radio 103FM, Nissim Louk a raconté que la ministre des Transports Miri Regev l'avait abordé après une altercation survenue récemment au marché Mahane Yehouda, à Jérusalem.
Selon son récit, elle lui aurait alors révélé que sa fille se trouvait au festival Nova et en avait été évacuée à 4h30 du matin, soit avant le déclenchement du massacre.
"Elle aurait donc quitté les lieux avant que tout cela ne commence", a déclaré Louk, avant d'ajouter : "Si cela est vrai, certaines choses nous échappent totalement."

Il s'agit à ce jour d'une déclaration unilatérale. Ni Miri Regev ni son cabinet n'ont confirmé publiquement ces propos, et aucun élément indépendant ne vient pour l'instant étayer le récit de Nissim Louk.

Une confrontation qui couvait depuis des mois

Cette confidence supposée s'inscrit dans un contexte de tension déjà ancienne entre les deux familles. Nissim Louk avait publiquement interpellé Miri Regev près de sa caravane de campagne, en marge des primaires du Likoud prévues le 17 août, la tenant pour responsable, avec le reste du gouvernement, des circonstances ayant permis le massacre du 7-Octobre.
"Le 7-Octobre, c'est de votre faute, vous devriez tous avoir honte", lui aurait-il lancé, avant que des soutiens de la ministre ne rétorquent que c'était au contraire lui, par ses positions politiques passées, qui portait une part de responsabilité.

Face à ces accusations croisées, la ministre se serait retirée dans sa caravane sans répondre directement, selon le récit du père endeuillé.

Une charge plus large contre la politique d'avant-guerre

Nissim Louk n'en est pas resté à cet échange. Il a également dénoncé la stratégie suivie par le gouvernement Netanyahou dans les années précédant l'attaque, en particulier les transferts de fonds qataris vers la bande de Gaza, qu'il juge avoir contribué au renforcement militaire du Hamas. Une critique qui rejoint celle, désormais largement documentée, de plusieurs anciens responsables sécuritaires israéliens sur la politique de "containment" menée avant le 7-Octobre.

Malgré la virulence de ses propos envers la ministre et l'ancien gouvernement, Nissim Louk a conclu son intervention sur un appel à l'apaisement, plaidant pour un rapprochement entre droite et gauche israéliennes et un retour à des valeurs de justice et de solidarité au sein de la société.

Ce que l'on ne sait pas

L'affaire soulève une question légitime, celle de savoir si des informations sur une menace imminente circulaient avant l'attaque et si certains en ont été informés plus tôt que d'autres. Mais en l'état, aucun document, aucun témoin tiers et aucune confirmation officielle ne permettent d'établir que Miri Regev, ou qui que ce soit dans son entourage, disposait d'un avertissement spécifique sur le massacre à venir. Le silence de la ministre face à ces accusations laisse la question ouverte, sans la trancher.

Analyse : une question qui mérite une réponse, pas un silence

Que Nissim Louk ait pu inventer une telle confidence semble peu probable : ce n'est pas le genre d'accusation qu'un père endeuillé lance à la légère contre une ministre en exercice.

Si le récit est exact, la chronologie pose une question simple et embarrassante, celle de savoir ce qui, à 4h30 du matin ce jour-là, a motivé l'évacuation d'une jeune femme du festival Nova pendant que des milliers d'autres restaient sur place sans le moindre avertissement.

Cette question est aujourd'hui vérifiable : les journaux d'appels, les registres d'évacuation et les communications de sécurité de cette nuit-là existent et pourraient trancher en quelques heures si l'État israélien décidait de les rendre publics. Le silence de Miri Regev face à une accusation aussi grave, venant d'un père qui a perdu sa fille dans ce même massacre, ne clôt pas le débat, il l'entretient.

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