James Chambers, l'héritier communiste accusé d'avoir financé le Hamas pour 7,5 millions de dollars

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James Chambers, l'héritier communiste accusé d'avoir financé le Hamas pour 7,5 millions de dollars

James Chambers, l'héritier communiste accusé d'avoir financé le Hamas

Un arrière-petit-fils de gouverneur américain, à la tête d'une fortune de plusieurs centaines de millions de dollars, est visé par une demande d'extradition américaine pour blanchiment d'argent lié au Hamas. Converti à l'islam et marxiste-léniniste revendiqué, James "Fergie" Chambers mise sur l'Espagne de Pedro Sánchez pour échapper à la justice de son pays

Arrêté à Ibiza, jugé mardi à Madrid

Le 10 juillet, la police espagnole arrête James Chambers, 41 ans, sur une route près d'Ibiza, en présence de son épouse, l'actrice Stella Schnabel, et de leur fils de cinq ans. Motif : une demande d'extradition américaine pour blanchiment d'argent. Depuis, il est détenu à la prison d'Aranjuez, près de Madrid. Ce mardi, le conseil des ministres espagnol doit décider si la procédure peut passer au stade judiciaire. Chambers a par ailleurs entamé une demande d'asile politique, arguant qu'un retour aux États-Unis l'exposerait à des représailles pour ses positions pro-palestiniennes.

Soupçonné d'avoir blanchi 7,5 millions de dollars pour le Hamas

Selon le mandat d'Interpol, Chambers est accusé d'avoir blanchi 7,5 millions de dollars destinés, selon l'accusation, à soutenir matériellement le Hamas, ainsi que de troubles à l'ordre public liés à des actions contre le groupe de défense israélien Elbit Systems, dont il s'était enchaîné à un bureau dans le Massachusetts en 2023. Il encourt jusqu'à trente ans de prison. C'est le premier cas connu où Washington cherche à extrader un citoyen pour soutien allégué au Hamas. Son avocat, l'ex-juge Baltasar Garzón, dénonce un dossier "purement politique". Chambers n'a pas été condamné. Après le 7 octobre, il avait écrit qu'"aucune faction de la résistance palestinienne n'a rien fait de mal" et affirmé qu'"Israël n'a aucun droit d'exister".

Un héritier de l'empire Cox devenu révolutionnaire

Arrière-petit-fils de James M. Cox, fondateur du conglomérat médiatique Cox Enterprises (environ 20 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel), Chambers a rompu avec sa famille en 2023 et revendu ses parts pour environ 250 millions de dollars.
Devenu marxiste-léniniste, tatoué de Staline et de Mao, il a converti une partie de cette fortune au financement de causes pro-palestiniennes après s'être converti à l'islam et installé à Sidi Bou Saïd, en Tunisie, pays sans traité d'extradition avec les États-Unis. Sa défense affirme que les 7,5 millions de dollars visés par l'enquête ont servi à éponger les dettes du club de football tunisien Club Africain, et non à financer le Hamas.

Un soutien politique qui pèse sur Madrid

En Espagne, environ 150 personnalités, dont Richard Gere, Greta Thunberg et Judith Butler, ont signé un appel contre son extradition. Le parti Sumar, partenaire de coalition de Pedro Sánchez, a lui aussi demandé au gouvernement de rejeter la demande américaine. Rien n'engage officiellement Madrid, mais le climat politique, marqué par la reconnaissance d'un État palestinien et des tensions répétées avec l'administration Trump, joue en faveur de Chambers.
La loi espagnole permet de bloquer une extradition jugée politiquement motivée. La décision de mardi ne tranchera pas le fond du dossier, mais déterminera si James Chambers reste en détention ou retrouve la liberté en attendant une procédure qui pourrait durer plus d'un an.

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