RMC Découverte s'excuse mais n'a rien modifié : une frappe nucléaire française visait Tel-Aviv

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RMC Découverte s'excuse : une frappe nucléaire française visait Tel-Aviv dans un documentaire

La chaîne RMC Découverte a présenté ses excuses et retiré de toutes ses plateformes un documentaire consacré à l'avenir de l'armement français, après avoir découvert qu'une simulation de frappe nucléaire censée illustrer une capacité hypothétique représentait en réalité Tel-Aviv comme ville visée.
La société de production du documentaire est Pernel Media.

Un documentaire sur le Rafale F5 au cœur de la polémique

Le film incriminé, intitulé "Nouveau Rafale, drones et canons : la révolution dans l'armement français", a été diffusé le 1er septembre 2026 à 21h10 sur le canal 24 de la TNT, devant environ 241 000 téléspectateurs.
Réalisé par Alex Gary, habitué des documentaires militaires, il présentait les futurs équipements de l'armée française, notamment le chasseur Rafale F5 et le missile de croisière hypersonique nucléaire ASN4G, dont la puissance annoncée atteindrait dix à vingt fois celle de la bombe d'Hiroshima, pour une portée dépassant les mille kilomètres. Ce missile, conçu pour équiper le Rafale F5, n'existe pas encore de façon opérationnelle.

Pour illustrer les capacités du futur armement, le documentaire recourait à une modélisation en trois dimensions montrant un avion de chasse larguant une bombe sur une ville côtière, suivie d'un champignon nucléaire s'élevant au-dessus des immeubles.
La séquence se voulait purement démonstrative, appuyée sur une ville fictive. Ce n'est que dix-sept jours après la diffusion que l'erreur a été identifiée : la ville représentée n'avait rien d'imaginaire, il s'agissait bien de Tel-Aviv.

La découverte d'une chercheuse spécialiste du nucléaire

C'est la chercheuse Éloïse Fayet, spécialiste des questions nucléaires à l'Institut français des relations internationales (IFRI), qui a identifié la ville visée dans l'animation et alerté la chaîne. L'affaire a ensuite pris une ampleur diplomatique lorsque l'ambassadeur d'Israël en France, Joshua Zarka, a partagé la séquence sur X en la décrivant comme une démonstration animée d'une frappe nucléaire française sur Tel-Aviv, tout en précisant ne pas croire à une intention malveillante de la part de la chaîne.

RMC Découverte reconnaît l'erreur et retire le documentaire

Face à la controverse, RMC Découverte a publié le 18 septembre 2026 un communiqué sur X, plutôt que sur son site officiel, annonçant retirer immédiatement le documentaire de l'ensemble de ses plateformes et suspendre toute nouvelle diffusion. La chaîne du groupe RMC BFM y confirme explicitement que la simulation utilise une image de Tel-Aviv et non celle d'une ville fictive, et présente ses sincères excuses aux téléspectateurs.

Selon les explications fournies par la chaîne, la séquence provenait d'une banque d'images professionnelle, qui l'avait incorrectement identifiée et référencée. Une société de production indépendante aurait ainsi utilisé, semble-t-il sans le savoir, des images d'explosion issues d'un jeu vidéo, cataloguées de façon erronée dans cette base de données. RMC Découverte a également annoncé qu'elle envisageait d'engager toute procédure judiciaire appropriée contre les responsables de cette erreur, et qu'une version corrigée du documentaire, expurgée de la séquence litigieuse, serait mise en ligne ultérieurement.

Le réalisateur dit son incompréhension

Le réalisateur Alex Gary s'est dit profondément choqué par la découverte. Il assure qu'aucun élément ne permettait d'identifier une ville réelle dans les images utilisées, et qu'il n'aurait jamais conservé cette séquence dans son montage s'il avait su qu'elle représentait Tel-Aviv. Cette version rejoint celle de la chaîne, qui pointe une défaillance dans le référencement des images par le fournisseur, plutôt qu'un choix éditorial délibéré.

Une erreur symptomatique dans un contexte sensible

L'incident intervient dans un climat où toute association visuelle entre la France, l'arme nucléaire et Israël suscite une sensibilité particulière, sur fond de tensions régionales persistantes au Proche-Orient. Le fait qu'un documentaire consacré à la modernisation de l'arsenal français ait, même involontairement, mis en scène Tel-Aviv comme cible d'une frappe atomique illustre les risques que font peser des bibliothèques d'images mal cataloguées sur la production audiovisuelle, y compris dans des programmes à vocation informative diffusés en prime time.

La rapidité de la réaction diplomatique israélienne, via l'ambassadeur Joshua Zarka, contraste avec le délai de dix-sept jours qu'il a fallu à la chaîne pour réagir après la diffusion initiale, un décalage qui alimente les interrogations sur les processus de vérification en amont de la diffusion de ce type de contenu.

Un article israélien précise seulement que la séquence provenait d'un jeu vidéo et avait été intégrée par une société de production indépendante, sans nommer ni le jeu, ni le studio, ni la société de production elle-même.

À ce stade, RMC Découverte n'a pas communiqué de calendrier précis pour la republication de la version corrigée du documentaire, ni précisé l'identité de la banque d'images professionnelle mise en cause. L'affaire reste suivie de près, tant du côté des autorités françaises de régulation audiovisuelle que des relations diplomatiques entre la
entre la France et Israël.

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