Israël : Patients juifs maltraités par des soignants arabes - Les témoignages déclenchent une enquête

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Hôpitaux israéliens : des patients juifs dénoncent des comportements humiliants de soignants arabes

Hôpitaux israéliens : des patients juifs dénoncent des comportements humiliants de soignants arabes, une enquête demandée

Plusieurs dizaines de témoignages affluent après l’affaire d’un soldat hospitalisé à Rambam. Les récits évoquent mépris, négligence et, dans certains cas, un traitement que les familles estiment différent selon l’identité du patient. Parallèlement, Israël connaît une inquiétante accélération du départ de ses médecins vers l’étranger.

Une alerte est-elle en train de monter dans les hôpitaux israéliens ?

Après la diffusion de témoignages concernant la prise en charge d’un soldat de Tsahal hospitalisé au centre médical Rambam de Haïfa, plusieurs dizaines de patients et de proches auraient contacté des médias israéliens pour raconter des expériences qu’ils jugent humiliantes ou inquiétantes.

Selon un média israélien, certains témoignages mettent directement en cause des médecins ou membres du personnel médical issus du secteur arabe.

Il ne s’agit, à ce stade, que de témoignages de patients et de familles : leur véracité individuelle n’a pas encore été établie de manière indépendante. Mais leur nombre et la similitude de certains récits posent une question que les autorités sanitaires ne peuvent pas éluder :
s’agit-il d’incidents isolés ou existe-t-il un problème plus profond dans certains services hospitaliers ?

« Ils ont fermé les portes et nous ont laissés dehors »

Parmi les témoignages les plus préoccupants figure celui du frère d’un soldat grièvement blessé au Liban.

Selon son récit, le militaire avait été hospitalisé à Rambam avec trois autres combattants. Après avoir été placé sous sédation et ventilation, il se serait réveillé dans un état particulièrement difficile, souffrant notamment de brûlures, de douleurs et de fièvre.

Le soir, une nouvelle équipe aurait pris son service.

Selon la famille, les membres de cette équipe parlaient arabe et auraient fait sortir les proches du service avant d’en verrouiller les portes.

La famille affirme avoir demandé à plusieurs reprises l’autorisation d’entrer quelques instants auprès des blessés. Face aux refus répétés, le frère du soldat affirme avoir finalement forcé l’entrée afin de vérifier l’état de santé de son proche.

Il affirme alors avoir découvert son frère sans assistance immédiate, celui-ci demandant de l’eau.

Le soldat aurait également raconté à sa famille qu’il avait été manipulé brutalement lors d’un changement de position.

Ces accusations sont extrêmement graves. Elles doivent être établies ou infirmées par une enquête, et non par les réseaux sociaux.

Mais précisément parce qu’elles concernent des combattants blessés après avoir risqué leur vie pour Israël, elles exigent une réponse institutionnelle claire.

D’autres familles témoignent

Selon PUSH, les témoignages ne concerneraient pas uniquement des soldats.

Une femme hospitalisée après une intervention chirurgicale aurait affirmé avoir reçu un traitement différent de celui réservé à d’autres patientes.

Une famille aurait raconté qu’un proche âgé, après une opération cardiaque, serait resté sans assistance suffisante.

Une femme ayant accouché aurait, elle aussi, affirmé que ses proches avaient été empêchés de la rejoindre pendant une période qu’elle aurait jugée anormalement longue.

Des familles de soldats et de blessés auraient également décrit des attitudes qu’elles considèrent comme méprisantes.

Un témoignage isolé peut être le résultat d’un malentendu, d’une erreur médicale ou d’une mauvaise organisation.

Des dizaines de témoignages concordants constituent, eux, un motif légitime pour demander des vérifications.

Une question que l’on ne peut plus évacuer

Le débat est particulièrement sensible dans un pays où les médecins arabes constituent une partie importante du système de santé.

Il serait évidemment absurde de transformer des accusations visant certains individus en accusation contre l’ensemble des médecins arabes d’Israël. De nombreux médecins, infirmiers et autres soignants arabes exercent quotidiennement dans les hôpitaux israéliens et prennent en charge sans distinction des patients juifs et arabes.

Mais l’argument selon lequel « la majorité fait correctement son travail » ne suffit pas davantage à écarter une plainte lorsqu’une famille affirme avoir été humiliée ou qu’un patient affirme avoir été négligé.

Dans un hôpital, l’origine du médecin ne devrait jamais déterminer la qualité du traitement.

Et si l’identité du patient, sa religion, son appartenance nationale ou son statut de soldat intervient effectivement dans la manière dont certains soignants le prennent en charge, il s’agit d’une question disciplinaire et, selon les faits établis, potentiellement pénale.

Le problème ne date pas d’hier

Cette question n’est d’ailleurs pas apparue avec la guerre actuelle.

En 2010, une affaire avait déjà opposé une famille à un médecin arabe de l’hôpital HaEmek après une remarque concernant le nom de famille juif d’une patiente.
La famille avait porté plainte auprès de l’hôpital. La direction avait alors qualifié les propos d’inacceptables et annoncé qu’ils feraient l’objet d’un examen approfondi.

Plus largement, une étude universitaire portant sur 50 entretiens avec des responsables et professionnels de santé de 11 hôpitaux publics israéliens avait documenté les tensions ethniques dans la relation médecin-patient. Elle relevait notamment que les refus de soins liés à l’identité ethnique du praticien étaient principalement le fait de patients juifs refusant des soignants arabes, particulièrement lors des périodes de tension sécuritaire.

Cette donnée mérite d’être rappelée pour une raison simple : la confiance entre médecin et patient est réciproque et fragile.

La guerre a profondément modifié la perception de la sécurité dans la société israélienne. Ce qui pouvait autrefois être perçu comme une simple tension identitaire peut désormais être vécu par certaines familles comme une question existentielle.

Cela ne justifie évidemment aucun comportement discriminatoire envers les citoyens arabes.

Mais cela justifie d’autant plus que chaque plainte sérieuse soit examinée avec une totale transparence.

Et pendant ce temps, Israël perd ses médecins

C’est l’autre phénomène inquiétant qui traverse actuellement le système de santé israélien.

Selon une étude menée par les professeurs Itai Ater et Nittai Bergman, avec Doron Zamir, et fondée notamment sur les données du Bureau central des statistiques et les licences du ministère de la Santé, 949 médecins ont quitté Israël en 2023 et 2024.

Après prise en compte des médecins revenus dans le pays, le solde net atteint 509 médecins. (

Le chiffre de 2024 est particulièrement frappant : 530 médecins ont quitté Israël cette année-là, contre environ 250 par an en moyenne durant la décennie précédente.

Et il ne s’agit pas seulement de jeunes médecins sans expérience.

51 % des médecins partis en 2024 avaient moins de 40 ans.

Mais 38 % avaient entre 40 et 50 ans, c’est-à-dire précisément la génération des spécialistes, des médecins formateurs et des futurs chefs de service.

Plus inquiétant encore : 67 % des médecins ayant quitté le pays en 2024 avaient étudié la médecine en Israël.

Autrement dit, Israël finance leur formation, les forme dans ses universités et ses hôpitaux, puis voit une partie de cette expertise partir exercer ailleurs.

Le contexte sécuritaire n’est pas le seul facteur

Il serait toutefois trop simple d’attribuer cette fuite des cerveaux à une seule cause.

Les conditions de travail, la rémunération, la surcharge des services et les possibilités de carrière à l’étranger jouent également un rôle.

Le professeur Gil Fire, directeur médical adjoint d’Ichilov, expliquait en janvier 2026 que le départ des médecins israéliens vers l’étranger préoccupait fortement son établissement. Il évoquait des médecins ayant déjà quitté le pays, d’autres qui envisageaient de le faire et des médecins ayant prolongé leur séjour à l’étranger après leur fellowship.

Le problème est donc réel et mesurable.

Et il intervient dans un contexte où Israël ne peut précisément pas se permettre d’affaiblir son système hospitalier.

La confiance est devenue une question de sécurité nationale

C’est ici que les deux phénomènes se rejoignent sans que l’un puisse, à ce stade, être présenté comme la cause de l’autre.

Israël manque de médecins. Israël perd des médecins expérimentés. Israël a besoin de médecins arabes comme de médecins juifs.

Et Israël doit simultanément garantir à chaque citoyen que lorsqu’il franchit la porte d’un hôpital, son identité ne modifiera jamais la qualité des soins qu’il recevra.

La réponse ne peut donc être ni le déni ni l’accusation collective.

Elle doit être beaucoup plus simple : enquêter sur chaque plainte, identifier les responsables lorsqu’une faute est établie et protéger les patients comme les soignants qui respectent leur serment.

Car dans un pays en guerre, un hôpital ne peut devenir un lieu où la confiance disparaît.

Et lorsqu’un soldat blessé affirme qu’il a dû supplier pour obtenir de l’eau, la question n’est pas de savoir à quelle communauté appartient le soignant.

La question est : qui était responsable de ce patient cette nuit-là, et pourquoi personne ne répondait-il présent ?

C’est précisément à cette question que l’enquête devra répondre.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi