Israël : Une capsule temporelle vieille de 300 000 ans mise au jour près de Zikhron Yaakov -vidéo-

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Culture, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Israël : Une capsule temporelle vieille de 300 000 ans mise au jour près de Zikhron Yaakov -vidéo-

Une capsule temporelle vieille de 300 000 ans mise au jour près de Zikhron Yaakov

À quelques kilomètres de Zikhron Yaakov, dans le périmètre du conseil local de Fureidis, une grotte préhistorique extraordinaire vient d'être exhumée. Scellée depuis des centaines de milliers d'années, datée entre 400 000 et 250 000 ans avant notre ère, elle appartient à la culture dite « acheuléo-yabroudienne » une période charnière de l'évolution humaine que les spécialistes peinent encore à saisir faute de sites accessibles. Celui-ci pourrait tout changer.

Un site d'importance mondiale

Les chercheurs de l'Autorité des Antiquités israéliennes et de l'Université de Haïfa, qui mènent conjointement la fouille, n'ont pas de mots assez forts pour en mesurer la portée.
Le professeur Ron Shimelmitz, de l'Institut d'archéologie Zinman et de l'École d'archéologie et des cultures maritimes de l'Université de Haïfa, l'un des responsables de la fouille, résume la situation ainsi : « Nous avons eu le privilège de fouiller un site unique d'importance mondiale, préservé de l'outrage du temps grâce à des conditions exceptionnelles. »

Le terme de « capsule temporelle » qu'il emploie n'est pas rhétorique. La grotte est restée hermétiquement close depuis son abandon, conservant intacts ses vestiges archéologiques dans un état de préservation rarissime.

 

 

À la lisière entre deux humanités

Pourquoi cette période est-elle si décisive ? Le professeur Shimelmitz l'explique avec précision : « Cette capsule temporelle appartient à un moment unique à la fin du Paléolithique inférieur, juste avant que l'Homme de Néandertal et l'Homme moderne ne deviennent dominants et ne se répandent dans de nombreuses régions. Seuls quelques sites de cette étape cruciale ont été mis au jour en Israël et dans le Levant en général, et la plupart d'entre eux ne sont pas accessibles à la recherche. »

C'est précisément cette rareté qui confère au site de Fureidis son caractère exceptionnel. La culture acheuléo-yabroudienne se situe à une bifurcation de l'histoire humaine, à l'instant exact où quelque chose bascule, sans que l'on sache encore très bien quoi ni pourquoi.

Les prémices de notre complexité

Le chercheur pousse l'analyse plus loin : « Les changements graduels qui sont apparus à cette époque  dans le corps humain, dans la technologie et dans la société ont annoncé les traits et les comportements complexes qui caractérisent l'Homme de Néandertal et l'Homme moderne. On peut dans une certaine mesure y voir les germes qui ont conduit au développement de notre culture complexe. » Il souligne notamment « le passage à la vie en groupes plus importants et à une présence prolongée sur les mêmes sites » comme l'un des processus centraux de cette transition.

Ce n'est pas une hypothèse abstraite : les fouilles en apportent la preuve matérielle. La grotte livre des traces d'utilisation intensive du feu et une activité humaine prolongée témoignages concrets d'une vie de camp riche et structurée. Pour beaucoup de chercheurs, ces indices sont directement liés au développement de la coopération sociale et à la transmission du savoir, deux piliers de l'évolution humaine.

Ce que la terre a gardé

Le Dr Kobi Vardi, responsable de la section Préhistoire à l'Autorité des Antiquités et co-directeur de la fouille, ne cache pas son enthousiasme : « Il est extrêmement rare de trouver un site dans un tel état de conservation. Il n'y a pas un préhistorien qui vient ici et qui ne s'emballe pas. »

Le parallèle qu'il établit est éloquent : « Ce site, qui n'est pas moins important que le célèbre site de Nahal Me'arot et qui est daté de la même période  va nous permettre d'étudier avec une haute résolution comment vivaient les êtres humains à cette époque. »

La culture étudiée ici se distingue par une diversité de méthodes avancées de fabrication d'outils en silex : de petits bifaces tranchants, des racloirs et des lames.
Mais le sol de la grotte a livré bien plus. Des ossements d'animaux daims, gazelles, équidés  attestent des pratiques de chasse, tandis que des indices de présence d'eau laissent penser que le lieu constituait un point d'attraction naturel pour des groupes de chasseurs-cueilleurs.
« Ces éléments ont peut-être fait de l'endroit un pôle d'attraction pour des groupes de chasseurs-cueilleurs primitifs », précise le Dr Vardi.

Un héritage à rouvrir au public

La fouille est également conduite par Amit Gabai, de l'Autorité des Antiquités. Elle a été rendue possible grâce à la collaboration de la société Netivei Ayalon, qui a accepté d'ouvrir le terrain aux chercheurs. La suite est déjà envisagée au-delà du strict cadre scientifique : l'Autorité des Antiquités et l'Université de Haïfa développent un vaste programme de recherche pour reconstituer comment les hommes préhistoriques vivaient, s'adaptaient à leur environnement et développaient de nouveaux modes de vie et de nouvelles technologies au fil des processus évolutifs.

« L'aspiration est qu'après la recherche, il y ait ici un site ouvert et accessible à tous aux habitants de Fureidis, aux élèves de l'école voisine, et à quiconque s'intéresse à la préhistoire de la Terre d'Israël », ont déclaré les chercheurs.

Une grotte qui s'était fermée sur un monde disparu depuis 300 000 ans. Elle se rouvre, aujourd'hui, sur le nôtre.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi