Le Piège grec : comment le Hamas infiltre l'Europe pour frapper des Israéliens

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Le Piège grec : comment le Hamas infiltre l'Europe pour frapper des Israéliens

Le Piège grec : comment le Hamas infiltre l'Europe pour frapper des Israéliens

Un électricien palestinien dans un hôtel de luxe en Crète. Une cellule dormante à Chypre. Des instructeurs en Malaisie. Un attentat déjoué de justesse contre un paquebot israélien. Ce que vient de révéler l'opération antiterroriste « Odin » dépasse largement les frontières de la Grèce.

« Vous pouvez imaginer à quel point c'est dangereux »

Michalis Chrysochoidis, ministre grec de la Protection civile, n'a pas mâché ses mots sur la chaîne d'information Action24. Son avertissement, adressé directement aux milliers d'Israéliens qui préparent leurs vacances d'été en Méditerranée, résonne comme une alarme : « Nous sommes une destination touristique. Nous accueillons des milliers de citoyens israéliens. Vous pouvez imaginer à quel point tout cela est dangereux et menaçant. »

Ce qui a provoqué cette déclaration exceptionnelle : la mise en examen d'un Palestinien de 37 ans, originaire de Gaza, arrêté à Agios Nikolaos, station balnéaire prisée de la Crète. L'homme travaillait comme électricien dans un hôtel de luxe local une couverture parfaite. Derrière cette façade anodine, les enquêteurs ont mis au jour une cellule terroriste du Hamas opérationnelle en plein territoire de l'Union européenne.

L'opération Odin : un piège qui se referme

Le démantèlement de la cellule est le fruit d'une coopération de renseignement entre Israël, les États-Unis, l'Allemagne et Chypre. Le nom de code retenu pour l'opération Odin, dieu nordique de la guerre et de la sagesse dit quelque chose de l'ambition du dispositif. Services de renseignement intérieur grecs et unités spéciales ont agi de concert.

Le fil conducteur : un numéro de téléphone découvert lors de perquisitions à Chypre fin mai 2026, où quatre Palestiniens avaient été arrêtés en possession de matériaux servant à fabriquer des engins explosifs. L'analyse numérique et forensique de cet appareil a conduit directement au suspect retranché en Crète. La fouille de son appartement athénien a livré du matériel de fabrication de bombes. L'homme a avoué : il attendait une dernière livraison de produits chimiques et des instructions précises de son officier traitant pour passer à l'acte.

Son objectif déclaré ? « Remettre le Hamas sur la carte. »

Une cellule à sept têtes

La structure de la cellule telle qu'elle ressort de l'enquête est à la fois simple et redoutable. Le suspect crétois n'opérait pas seul : la cellule comptait au moins sept membres, dont cinq basés à Chypre. Leurs cibles identifiées incluaient le paquebot israélien Crown Iris, qui fait régulièrement escale au port d'Agios Nikolaos, ainsi que des institutions israéliennes à Chypre et dans plusieurs pays européens.

L'homme était entré en Grèce en juillet 2023 sous couvert de demande d'asile, exploitant les dispositifs de protection internationale européens pour s'installer légalement. Il avait ensuite transité par l'Allemagne pour nouer des contacts avec les réseaux locaux du Hamas avant de revenir en Crète. En octobre 2025, il avait déjà été interpellé brièvement avec quatre autres Palestiniens lors d'une manifestation anti-israélienne dans le port crétois, à l'arrivée du Crown Iris puis relâché, faute de preuves suffisantes.

La Malaisie, nouveau sanctuaire du Hamas

Le chef de la cellule et instructeur militaire identifié est un cadre du Hamas résidant en Malaisie, pays à majorité musulmane qui n'entretient aucune relation diplomatique avec Israël. C'est là que le suspect s'est rendu à deux reprises pour recevoir une formation à la fabrication d'engins explosifs à partir de matériaux commerciaux la dernière fois en août 2025.

Les analystes sécuritaires soulignent que ce cas révèle un changement délibéré de doctrine chez le Hamas : le mouvement fait évoluer sa stratégie d'un affrontement régional vers des campagnes de terrorisme cinétique en Europe. La chaîne de financement de la cellule mène à un réseau international reliant Malaisie, Pakistan et Turquie. La frontière entre la République de Chypre et la partie nord sous contrôle turc est explicitement identifiée comme voie de transit privilégiée pour l'acheminement de combattants et de matériel à l'intérieur de l'espace Schengen sans être détectés.

La traque continue

Interrogé sur l'existence d'autres membres de la cellule encore en liberté, le ministre Chrysochoidis a répondu sans hésitation : « Je crois qu'ils seront tous retrouvés. »

À ce jour, le Conseil de sécurité nationale israélien (Malmab) maintient la Grèce en alerte de voyage de niveau 2 « menace occasionnelle » identique à celle appliquée à d'autres grandes destinations d'Europe occidentale comme la France, l'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède, où des services de sécurité ont également déjoué ces dernières années des projets d'attentats du Hamas et découvert des caches d'armes destinées à frapper des institutions juives et israéliennes.

En ce début de saison estivale, les services de renseignement européens maintiennent un niveau d'alerte élevé. Au moins deux membres supplémentaires du réseau méditerranéen sont toujours activement recherchés.

Source : Mako, 10 juin 2026  Daniel Artzi

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