Dieudonné devant la justice : un an de prison ferme requis pour apologie du terrorisme

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Dieudonné devant la justice : un an de prison ferme requis pour apologie du terrorisme

Dieudonné devant la justice : un an de prison ferme requis pour apologie du terrorisme

Le polémiste aux 34 condamnations de retour au tribunal

Dieudonné M'Bala M'Bala, 60 ans, a comparu mercredi 17 juin 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris pour apologie du terrorisme et injure publique envers un dépositaire de l'autorité publique. Le parquet a requis à son encontre un an d'emprisonnement ferme, 20 000 euros d'amende et trois ans d'inéligibilité. La décision sera rendue le 17 septembre prochain.

Rappelons qui est cet homme. Dieudonné M'Bala M'Bala est un humoriste français, fils d'un père camerounais et d'une mère bretonne, qui a entamé sa carrière dans les années 1990 aux côtés de Élie Semoun avant de basculer progressivement vers une provocation assumée, de plus en plus teintée d'antisémitisme et de complotisme.
Inventeur de la "quenelle", geste à connotation antisémite popularisé dans les années 2010, il cumule aujourd'hui 34 condamnations judiciaires pour des propos haineux, négationnistes ou apologétiques. Il est en liberté conditionnelle depuis mai 2026, après avoir purgé une peine aménagée sous bracelet électronique.

Le 7 octobre célébré comme "une date merveilleuse"

C'est une vidéo publiée sur X le 7 octobre 2024 qui est au coeur des poursuites. Le jour du premier anniversaire du massacre perpétré par le Hamas sur le sol israélien, qui avait coûté la vie à plus de 1 200 personnes, en majorité des civils,
Dieudonné met en ligne un film de deux minutes. Visionné un million de fois, il y dénonce d'abord les "chaînes de propagande en continu" qui feraient du 7 octobre "le jour de toutes les horreurs", avant de saluer au contraire "une date merveilleuse, extraordinaire, féerique". La chute, censée tout justifier : il parlerait en réalité de l'anniversaire de sa fille, née un 7 octobre.

Procédé rodé. Le glissement sémantique, l'ambiguïté savamment entretenue, le voile de l'humour jeté sur un propos qui ne l'est pas. La justice ne s'y est pas trompée.

"Je suis un humoriste", plaide-t-il

Devant le tribunal, barbe poivre et sel, Dieudonné a campé sur ses positions habituelles. "Je suis un humoriste. Je ne suis ni un homme politique, ni un intellectuel, ni un sociologue. Je fais rire les Français depuis près de 40 ans", a-t-il déclaré. Son avocat, Karim Laouafi, a plaidé le registre de l'"humour noir" et réclamé la relaxe, estimant que "si ce n'était pas Dieudonné, personne n'aurait été poursuivi pour ça."

L'argument de la liberté d'expression, Dieudonné le revendique lui-même avec une formule qui lui ressemble : "Je suis devenu malgré moi le révélateur chimique de la liberté d'expression, je ne l'ai pas demandé."

Une insulte au préfet de police, un de plus

Le second chef de poursuite concerne une vidéo visant Laurent Nuñez, alors préfet de police de Paris, aujourd'hui ministre de l'Intérieur. Après un nouvel arrêté d'interdiction de spectacle, Dieudonné avait publié une vidéo dans laquelle son visage, déformé par un filtre grotesque, apostrophait le préfet en des termes orduriers, l'invitant notamment à "porter tes couilles" pour "parler tous les deux".

Là encore, l'artiste se drape dans sa propre mythologie : "Mon univers c'est la dérision, la saille drolatique, et parfois le mauvais goût. Mais je ne pouvais pas faire autrement que l'interpeller."

Un "fonds de commerce" selon le parquet

La procureure n'a pas été tendre. Face à ce qu'elle a qualifié de "logique de réitération", elle a requis les peines les plus lourdes, voyant dans les provocations répétées de Dieudonné moins un acte militant qu'un "fonds de commerce" entretenu méthodiquement. Trente-quatre condamnations au compteur, une liberté conditionnelle à peine entamée, et une nouvelle comparution : le tableau parle de lui-même.

La décision du tribunal est attendue pour le 17 septembre 2026.

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