Antisémitisme à Londres : une femme agresse un garçon haredi, un homme frappe des femmes avec sa ceinture

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Antisémitisme à Londres : une femme agresse un garçon haredi, un homme frappe des femmes avec sa ceinture

Londres, dimanche 10 mai 2026. Stamford Hill, quartier ultra-orthodoxe.

Une femme frappe un enfant juif à la sortie de son école

Il est 18h25 lorsque la scène se produit, devant l'entrée d'une école juive pour garçons. Une femme s'en prend physiquement à un élève portant la kippa, l'agresse et hurle à son encontre des insultes à caractère antisémite. En pleine rue. En plein jour. Dans un quartier juif de Londres.

Les bénévoles de l'organisation de surveillance communautaire "Shomrim" dont le nom signifie littéralement "les gardiens" en hébreu  arrivent rapidement sur place et alertent la police. La suspecte est interpellée sur-le-champ, placée en garde à vue pour agression à caractère raciste. L'organisation appelle immédiatement témoins et éventuelles autres victimes à se manifester.

Quelques heures plus tôt, une ceinture comme arme

Revenons quelques heures en arrière dans cette même journée de dimanche.
Il est 15h45, toujours à Stamford Hill. Un homme s'en prend à plusieurs femmes ultra-orthodoxes. Son arme : une ceinture, avec laquelle il les frappe.
Puis, face à l'un des bénévoles de Shomrim accouru sur les lieux, il crache. Pendant l'incident, il profère un chapelet d'insultes et de propos racistes violents à l'encontre des victimes et des volontaires présents.

Les membres de Shomrim parviennent à retenir le suspect jusqu'à l'arrivée de la police. Il est arrêté sur place. Inculpé pour trouble à l'ordre public à caractère raciste et pour agression, sa détention est prolongée par décision du tribunal.

Deux incidents, un seul dimanche, un seul quartier

Deux agressions antisémites en l'espace de quelques heures, dans le même périmètre géographique. Ce n'est pas un hasard de calendrier ni un fait isolé. C'est le symptôme d'une réalité qui s'installe, qui se normalise, et qui ronge le quotidien de la communauté juive britannique comme un acide lent.

Stamford Hill n'est pas n'importe quel endroit. C'est l'un des plus grands bastions de la vie juive ultra-orthodoxe en Europe occidentale. Ses rues, ses synagogues, ses yeshivot, ses boulangeries casher tout y porte la marque d'une communauté qui a reconstruit sa vie après des siècles de persécutions. Et c'est précisément là, dans ce coeur battant du judaïsme londonnien, que les violences se multiplient avec une régularité qui glace.

Une liste d'incidents qui s'allonge, des plaies qui ne cicatrisent pas

Les deux agressions du 10 mai s'inscrivent dans une série d'incidents récents qui témoignent d'une montée en puissance inquiétante de la haine antisémite dans la capitale britannique.

Le mois précédent, deux hommes ultra-orthodoxes avaient été poignardés et grièvement blessés  l'incident le plus grave de cette vague récente.
Des jeunes avaient filmé leur agression d'un homme haredi pour la diffuser sur TikTok. Un individu avait crié aux passants juifs "dommage qu'Hitler ne vous ait pas tous tués" avant d'être arrêté.

La police avait ouvert une enquête sur une tentative de renversement délibérée d'enfants juifs. Des inconnus avaient tenté d'incendier un bâtiment ayant autrefois servi de synagogue.

La liste est longue. Trop longue.

Le chef de la police tire la sonnette d'alarme

Face à cette succession d'actes, le commandant de la police métropolitaine de Londres, Mark Rowley, a pris la parole avec des mots inhabituellement graves pour un haut responsable des forces de l'ordre.
La communauté juive en Grande-Bretagne, a-t-il déclaré, fait face à "la menace la plus sérieuse de son histoire". Pas la plus sérieuse de ces dernières années. Pas la plus sérieuse depuis la Seconde Guerre mondiale. La plus sérieuse de son histoire.

Dans un entretien accordé à la station de radio du Times, Mark Rowley a décrit les Juifs comme étant devenus le point de convergence d'un "diagramme de haine glaçant".

Attaqués simultanément par des extrémistes de droite et de gauche, par des organisations terroristes et même, dit-il, par des acteurs étatiques hostiles, ils se retrouvent au carrefour de toutes les haines contemporaines, victimes d'une coalition aussi disparate qu'implacable.

Sa conclusion est cinglante : la police ne peut traiter que les "symptômes".
La "maladie" elle-même, cette antisémitisme structurel qui irrigue les réseaux sociaux comme une toxine invisible, n'a jamais été véritablement combattue par les gouvernements successifs. Rowley pointe directement les plateformes numériques, accusées de propager une "épidémie" d'antisémitisme que nul ne semble capable d'endiguer par les seuls moyens de l'ordre public.

Shomrim, les gardiens invisibles

Dans ce contexte de défaillance institutionnelle, l'organisation Shomrim joue un rôle que l'État semble de moins en moins capable d'assumer seul.
Fondée sur le modèle des patrouilles communautaires de New York, active dans plusieurs grandes villes à forte présence juive, Shomrim intervient en première ligne parfois avant même que la police ne soit alertée. Ce sont ses bénévoles qui ont retenu l'agresseur du dimanche jusqu'à l'arrivée des forces de l'ordre. Ce sont eux qui ont documenté les faits, diffusé les images, et appelé les victimes à témoigner.

Leur existence même est révélatrice. Une communauté qui doit organiser sa propre protection, former ses propres patrouilles, surveiller ses propres rues c'est une communauté qui sait qu'elle ne peut plus compter uniquement sur la puissance publique pour garantir sa sécurité. C'est une communauté qui a appris, à travers les siècles, que l'attente peut coûter très cher.

La Grande-Bretagne face à son miroir

Ce qui se passe à Stamford Hill n'est pas seulement un problème britannique, même si la Grande-Bretagne doit impérativement regarder en face ce qu'elle est en train de devenir. C'est le reflet d'une tendance plus large, d'un retour du vieil antisémitisme sous des habits neufs — parfois wokisés, parfois islamisés, parfois nationalistes, toujours mortifères.

Une femme frappe un enfant portant une kippa devant son école. Un homme frappe des femmes avec sa ceinture dans une rue tranquille. Deux scènes d'un dimanche ordinaire à Londres, en 2026. La banalité du mal n'a pas attendu une occasion particulière. Elle s'est simplement installée, au coin d'une rue de Stamford Hill, par un après-midi de printemps.

Source : Ynet, article d'Itamar Eichner, publié le 11 mai 2026

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