Vols d'armes au sein de Tsahal : deux soldats en service actif inculpés devant le tribunal militaire

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Vols d'armes au sein de Tsahal : deux soldats en service actif inculpés devant le tribunal militaire

Vols d'armes au sein de Tsahal : deux soldats en service actif inculpés devant le tribunal militaire

Un scandale sans précédent a éclaté au sein des Forces de défense israéliennes : deux soldats en service actif, originaires du nord d'Israël, ont été mis en examen devant le tribunal militaire régional pour avoir systématiquement dérobé des armes de combat au sein de leurs propres unités, avant de les revendre à des tiers pour des sommes dépassant cent mille shekels par transaction.

L'affaire, révélée dans un communiqué conjoint de la police israélienne et de Tsahal daté du 7 mai 2026, est le fruit d'une enquête complexe et de plusieurs mois, menée conjointement par l'unité centrale du district côtier (ימ"ר חוף) et l'unité des enquêtes spéciales de la police militaire (מצ"ח). Les investigations ont combiné opérations sous couverture, filatures et recours à des moyens spéciaux, permettant l'identification puis l'arrestation des deux suspects.

Un soldat technicien au cœur du dispositif

Le principal accusé, affecté dans un rôle technique au sein d'un bataillon de combat, a exploité son accès aux cantonnements des soldats combattants pour dérober trois fusils d'assaut de type M-4 appartenant à ses camarades. Dans un autre incident, il s'est emparé d'une mitrailleuse de type MAG placée dans un véhicule militaire sur un site de rassemblement opérationnel. Les vols se sont échelonnés sur plusieurs mois, témoignant d'une préméditation manifeste.

Trois des quatre incidents ont été commis en complicité avec un deuxième soldat, ami du premier mais servant dans une unité différente. Ensemble, ils ont revendu au moins trois des armes dérobées, chaque transaction rapportant plus de cent mille shekels. Selon l'acte d'accusation, les deux hommes ont également soustrait des milliers de chargeurs à l'armée.

L'acte d'accusation révèle en outre que le principal suspect a cherché à entraîner un troisième camarade de service dans son trafic, lui proposant de l'argent en échange de vols de munitions et de matériel militaire une tentative de corruption caractérisée au sein des rangs.

Un contexte préoccupant

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de détournement d'armement militaire en Israël. Depuis des années, l'armée est confrontée à des vols dans ses bases, commis à la fois par des soldats — qui ont déjà tout volé, des balles aux missiles en passant par les jeeps — et par des gangs criminels. Les armes ainsi soustraites alimentent régulièrement les réseaux de criminalité organisée, en particulier dans les villes arabes du nord du pays. 

En novembre 2025, les services de sécurité avaient déjà démantelé un réseau de trafic d'armes qualifié d'"exceptionnel et grave", impliquant des soldats de Tsahal qui profitaient de leurs passages en Syrie pour acheminer des armes vers des réseaux criminels du nord d'Israël. 

Des poursuites jusqu'au bout

Avec le dépôt de la plainte devant le tribunal militaire régional, le parquet militaire entend désormais demander le maintien en détention des deux accusés jusqu'à l'épuisement de toutes les procédures judiciaires. Leurs détentions avaient déjà été prolongées à plusieurs reprises au cours de l'enquête.

Les chefs d'inculpation retenus sont particulièrement lourds : retrait illégal d'armes de l'armée, trafic d'armes, et tentative de corruption d'un militaire en vue de la commission de nouveaux délits. En droit militaire israélien, ces infractions sont passibles de peines de prison ferme, dont la durée est proportionnelle à la gravité et à la récidive des faits.

Au-delà du volet pénal, cette affaire pose avec acuité la question des failles de sécurité internes à Tsahal : comment un soldat affecté à une fonction technique a-t-il pu accéder librement aux espaces de vie des combattants, et prélever à plusieurs reprises des armes lourdes sans être détecté ? Les autorités militaires n'ont pas répondu à ces interrogations dans leur communiqué.

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