Une boîte de lait pour bébé sous antivol : le symbole choc de la vie trop chère en Israël

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Une boîte de lait pour bébé sous antivol : le symbole choc de la vie trop chère en Israël

Une boîte de lait pour bébé sous antivol : le cri d'une mère qui résume la crise du coût de la vie en Israël

Une image suffit parfois à raconter tout un pays. Des boîtes de lait infantile, cadenassées par des colliers de sécurité en plastique sur les rayons d'un supermarché israélien, comme s'il s'agissait de parfums de luxe ou de spiritueux hors de prix. Le prix affiché : 110 shekels la boîte soit plus de 31 euros ! La photo, publiée sur les réseaux sociaux, a suffi à faire exploser la colère de milliers de parents.

Le cri d'une mère devenu viral

"Dans quel pays est-ce que je vis pour que la nourriture d'un bébé coûte 110 shekels la boîte, et qu'on doive verrouiller la boîte avec des colliers de sécurité pour empêcher qu'on la vole ?
Il s'agit de la nourriture d'un bébé !!!!!!! J'ai envie de pleurer." Ces mots, postés par une mère bouleversée après une visite anodine au supermarché, ont déclenché une vague de partages et de commentaires en quelques heures.

En quelques phrases, elle a mis des mots sur un malaise que beaucoup de familles israéliennes ressentent en silence depuis des mois, celui d'un panier de courses devenu un champ de bataille budgétaire, jusqu'à ce qu'un produit aussi élémentaire que le lait pour nourrisson se retrouve traité comme un bien de luxe à protéger du vol.

Un prix qui n'a rien d'exceptionnel, et c'est bien le problème

Ce qui rend cette histoire particulièrement choquante, ce n'est pas qu'il s'agisse d'un cas isolé ou d'une anomalie tarifaire. Les tarifs des tremplins de lait infantile en Israël oscillent habituellement entre 55 et 85 shekels pour un format standard de 700 grammes, un montant déjà lourd pour un budget familial.
Certaines formules dites spéciales, notamment hypoallergéniques ou destinées à des besoins médicaux spécifiques, peuvent facilement dépasser la centaine de shekels. Autrement dit, la boîte à 110 shekels visée par la publication virale n'est pas un accident de prix, mais le reflet d'un marché où le lait pour bébé est structurellement cher, sans alternative simple pour les parents qui n'ont pas le choix d'attendre une promotion ou de changer de marque, puisque le nourrisson, lui, ne s'adapte pas aux fluctuations du marché.

Le vol de lait infantile, un phénomène ancien devenu symptôme d'une crise nouvelle

Ce recours aux dispositifs antivol sur les produits de puériculture n'est pas une nouveauté en soi. Dès 2005, certaines grandes chaînes israéliennes avaient déjà installé des étiquettes de sécurité sur les couvercles des boîtes de lait infantile, précisément parce que ce produit figurait parmi les articles les plus dérobés en magasin. Mais ce qui interpelle aujourd'hui, c'est le contexte dans lequel ce vieux problème refait surface. Il ne s'agit plus d'un fait divers isolé propre à une enseigne, mais d'un symptôme visible d'une pression économique généralisée, où des parents qui travaillent, qui ont un salaire, en arrivent à un point de désespoir tel que le vol de nourriture pour nourrisson devient une réalité suffisamment répandue pour justifier des mesures de sécurité dignes d'une bijouterie.

Une fracture dans les commentaires, miroir d'une société sous tension

La publication a rapidement rassemblé des milliers de réactions, révélant une ligne de fracture nette parmi les parents israéliens. D'un côté, une colère dirigée contre les grandes chaînes de distribution et contre l'État, accusés d'avoir laissé un produit de première nécessité glisser vers le statut de bien de luxe nécessitant une surveillance renforcée. De l'autre, des internautes qui, avec une certaine résignation, rappellent que la vague de vols dans les supermarchés contraint les enseignes à prendre des mesures radicales pour limiter leurs pertes. Les deux positions ne s'excluent pas, elles décrivent en réalité les deux faces d'un même problème : un coût de la vie devenu si écrasant que même l'alimentation d'un nourrisson se transforme en enjeu de sécurité et de survie économique pour certains foyers.

Un marché concentré, des initiatives pour tenter de faire baisser les prix

Face à cette pression, plusieurs signaux montrent que le sujet dépasse largement le cadre d'une polémique passagère sur les réseaux sociaux. Le ministère de l'Économie et de l'Industrie a récemment annoncé la mise en vente, via l'administration des situations d'urgence, de stocks gouvernementaux de substituts de lait infantile, à des prix nettement inférieurs à ceux pratiqués habituellement en magasin, une opération présentée explicitement comme un moyen de faire pression sur les prix du marché.

Des chaînes ont également tenté de lancer leurs propres marques de tremplin lacté à prix réduit, en misant sur des marges plus faibles pour se démarquer face à la fidélité des parents envers les marques historiques, une fidélité souvent héritée du choix fait par la maternité dès les premiers jours de vie du bébé. Plus largement, de nouvelles initiatives de supermarchés discount et de coopératives d'achat émergent régulièrement en Israël, portées par des entrepreneurs qui promettent de faire baisser le coût du panier alimentaire, signe que le problème du coût de la vie dépasse très largement le seul rayon des produits pour bébés.

Quand la survie économique passe par le caddie

Derrière la polémique née d'une simple photo de colliers de sécurité, c'est toute la question du pouvoir d'achat des jeunes familles israéliennes qui refait surface.
Un nourrisson consomme en moyenne plusieurs boîtes de lait infantile par mois durant ses premiers mois de vie, un poste de dépense incompressible qui pèse lourdement sur des budgets déjà tendus par le loyer, les charges et l'inflation générale. Que ce produit devienne, aux yeux des distributeurs eux-mêmes, suffisamment convoité pour justifier un traitement digne d'un article de luxe en dit long sur l'ampleur du fossé entre les salaires et le coût réel de la vie familiale.
La publication virale n'a rien inventé, elle a simplement rendu visible, en une photo et quelques mots bouleversés, ce que de nombreux parents vivent silencieusement chaque mois devant les rayons.

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