« Tu serais en prison sans moi » : Trump s'en prend violemment à Netanyahou

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« Tu serais en prison sans moi » : Trump s'en prend violemment à Netanyahou

« Tu serais en prison sans moi » : Trump s'en prend violemment à Netanyahou

Un coup de téléphone entre les deux dirigeants a dégénéré en une joute verbale d'une rare brutalité. Donald Trump a traité le Premier ministre israélien de « fou », l'a accusé d'ingratitude et a bloqué les projets israéliens de frappe sur Beyrouth. En toile de fond : la menace iranienne de faire voler en éclats les négociations avec Washington si Israël poursuit l'escalade au Liban.

Une conversation qui restera dans les annales

C'était lundi. Donald Trump et Benyamin Netanyahou se sont parlé au téléphone et la conversation a rapidement tourné à l'affrontement.
Deux hauts responsables américains et une troisième source ayant eu connaissance des échanges ont confié à la chaîne israélienne N12 que le président des États-Unis a mené là l'une des discussions les plus violentes qu'il ait eues avec le Premier ministre israélien depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025. La raison : l'intention d'Israël d'intensifier ses opérations militaires au Liban, y compris en frappant la capitale libanaise.

« Tu es fou. Tu serais en prison sans moi »

Les mots prêtés à Trump par l'un des responsables américains sont sans équivoque.
Le président aurait lancé à Netanyahou : « Tu es fou. Tu serais en prison si ce n'était pas moi. Je te sauve les fesses. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de ce qui se passe. »
Une formulation qui renvoie explicitement au soutien apporté par Trump à la demande de grâce de Netanyahou dans ses démêlés judiciaires. Une deuxième source ayant reçu des informations sur cet échange précise que Trump était « hors de lui » et qu'il a, à un moment, crié : « Mais qu'est-ce que tu fous ? »

Beyrouth en ligne de mire, Washington dit non

Au cœur de la dispute : le projet israélien de frapper Beyrouth. Selon un haut responsable américain, Trump a signifié très clairement à Netanyahou que bombarder la capitale libanaise isolerait encore davantage Israël sur la scène internationale. Le président américain s'est dit opposé à ce que Tsahal fasse s'effondrer des immeubles entiers à Beyrouth pour neutraliser un seul cadre du Hezbollah. Il a également exprimé sa vive préoccupation face au nombre de civils libanais tués dans les opérations récentes. Ces derniers jours, Israël avait non seulement menacé de frapper la capitale, mais avait aussi étendu son opération terrestre dans le sud du Liban, s'emparant de nouveaux territoires.

L'Iran, la vraie raison de la colère

Si Trump a explosé, c'est aussi — et peut-être surtout — parce que l'escalade israélienne menaçait de torpiller ses propres négociations avec Téhéran.
Plus tôt dans la journée de lundi, l'Iran avait menacé de quitter la table des discussions avec Washington si Israël persistait dans son aventurisme libanais.
L'enjeu est colossal pour Trump, qui a fait de l'accord avec l'Iran l'un des marqueurs de sa politique étrangère. À l'issue de la conversation, il a d'ailleurs publié sur son réseau Truth Social que les pourparlers avec Téhéran « se poursuivaient, à un rythme soutenu » — manière de signaler que la pression sur Netanyahou avait porté ses fruits.

Netanyahou : « Notre position reste inchangée »

La version israélienne de la conversation est sensiblement différente — du moins dans sa forme officielle. Netanyahou a publié une déclaration affirmant avoir indiqué à Trump qu'Israël frapperait des cibles à Beyrouth si le Hezbollah ne cessait pas ses attaques, et que dans l'intervalle, les opérations au sud du Liban se poursuivraient. « Notre position reste inchangée », a-t-il écrit laconiquement.
Mais un second responsable américain offre un tableau plus nuancé de la fin de l'appel : selon lui, Trump a littéralement « planté » Netanyahou dans la conversation. « Bibi a dit : 'Ok, ok, assure-toi juste que tout sera réglé concernant le cessez-le-feu' », rapporte ce responsable. Le bureau du Premier ministre n'a pas répondu aux demandes de commentaire.

Une alliance solide, mais des nerfs à vif

Trump et Netanyahou ont déjà connu des échanges tendus par le passé. Ils maintiennent néanmoins une relation étroite et une coordination serrée sur le dossier iranien, ainsi que sur d'autres sujets stratégiques. Mais selon un haut responsable américain, la conversation de lundi est l'une des pires que les deux hommes aient eues depuis le retour de Trump au pouvoir. Trump reconnaît que le Hezbollah tire sur Israël et soutient le droit d'Israël à se défendre — mais il estime que Netanyahou est en train de monter les enchères de façon disproportionnée, au risque de tout faire sauter. Un seul signal, pour l'heure, indique qu'Israël a entendu le message : selon un responsable israélien, il n'est actuellement pas prévu de frapper des cibles du Hezbollah à Beyrouth.

Sources israéliennes : Mako.co.il, Ynet.co.il 

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