Trump, un vieillard sénile qui gouverne le monde ? Ce que disent ses médecins et Guy Meroz

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Et si Trump n'était vraiment pas sain d'esprit ? Ce que disent les médecins, les sondages et Guy Meroz

L'homme de gauche Guy Meroz s'en prend violemment à Donald Trump : "Un homme avec des besoins particuliers"

L'animateur et personnalité de gauche Guy Meroz a créé la surprise jeudi soir en se livrant à une attaque frontale contre le président américain Donald Trump, au cours de l'émission "Les Patriotes" diffusée sur la Chaîne 14.
Arrivé sur le plateau vêtu d'un tee shirt arborant le portrait du dirigeant américain, Meroz n'a pas mâché ses mots concernant ce qu'il considère comme l'aptitude défaillante du président à exercer ses fonctions, dans le contexte sensible de l'accord en cours d'élaboration avec l'Iran.

Une sortie qui ne passe pas inaperçue

Dès l'ouverture de l'émission, Meroz a tenu des propos d'une rare virulence : "Il est peut être temps de le dire à voix haute, et peut être que vous le pensez aussi sans oser le formuler. Il s'agit d'un homme avec des besoins particuliers. Il est temps de le dire. Un homme avec des besoins particuliers arrivé par erreur à la Maison Blanche. C'est une catastrophe immense. J'ai toujours pensé cela, cet homme est un désastre et il faudrait, vous comprenez, l'interner dans un établissement. Cet homme n'est pas sain d'esprit."

Des mots d'une dureté inhabituelle dans le paysage médiatique israélien, prononcés sans détour ni précaution oratoire, et qui ont immédiatement suscité la réaction du présentateur de l'émission.

Le président Trump gouverne de plus en plus par instinct, ignorant les conseils de ses assistants, des législateurs et de ses alliés de longue date. Comme il l'aurait dit aux critiques et aux conseillers : "Je suis le président et pas vous."

Une série de décisions récentes - d'un accord de paix préliminaire avec l'Iran au retardement de la confirmation d'un nouveau chef du renseignement - ont frustré de nombreux républicains et suscité des inquiétudes quant aux perspectives du parti en novembre.

"Cela n'a rien à voir avec l'accord"

Interrogé par l'animateur Inon Magal, qui lui demandait si cette sortie était liée à l'accord en cours de négociation avec Téhéran, Guy Meroz a tenu à clarifier sa pensée : "Cela n'a rien à voir avec l'accord. Je parle de toutes ces déclarations extravagantes, de ce que cet homme fait. De la 'destruction de la civilisation' jusqu'à 'ils méritent des missiles'.

De 'la Syrie va s'occuper du Hezbollah' jusqu'à 'Israël va se retirer du Liban'. Je ne parle pas de l'accord, je parle de cet homme qui n'est pas sain d'esprit."

Une précision qui ne fait qu'accentuer la portée de l'attaque : pour Meroz, ce n'est pas tel ou tel dossier diplomatique qui pose problème, mais bien la cohérence générale et la stabilité du discours présidentiel américain, qu'il juge erratique sur la durée.

Netanyahu épargné, et même salué

Fait notable, Guy Meroz a conclu son intervention en établissant un parallèle avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qu'il a pris soin d'épargner, voire de complimenter : "Netanyahu, lui, c'est un homme brillant en comparaison, vraiment un homme brillant. Maintenant, il a commis une erreur. Ce n'est pas grave, vous savez, les erreurs se paient, et il faut rentrer chez soi. Il a fait confiance à Trump, en sachant et en pensant que c'était la bonne chose à faire et que cela allait nous sauver, et voilà, regardez, non ! Tout simplement non !"

Cette dernière phrase, ambiguë, laisse entendre que pour Meroz, Netanyahu devrait "rentrer chez lui", c'est à dire quitter le pouvoir, après avoir, selon lui, fait l'erreur de placer sa confiance dans le président américain.

Une controverse qui dépasse les frontières d'Israël

Si la sortie de Guy Meroz a fait grand bruit en Israël, elle s'inscrit en réalité dans un débat bien plus large qui agite les États-Unis depuis plusieurs mois autour de l'aptitude cognitive de Donald Trump, âgé de quatre-vingts ans depuis le 14 juin dernier.

Le président a lui même alimenté la polémique en affirmant, début janvier, avoir "réussi à cent pour cent" un nouvel examen cognitif administré par les médecins de la Maison Blanche, qu'il a qualifié de "santé parfaite". Trump a profité de l'occasion pour réclamer que tout candidat à la présidence ou à la vice présidence soit désormais contraint de passer un tel test, dénonçant ce qu'il appelle des dirigeants "stupides" ou "incompétents".

Mais cette communication offensive n'a pas suffi à apaiser les interrogations. Lors d'un entretien accordé au Wall Street Journal, le président a lui même confié regretter d'avoir accepté de subir une imagerie médicale approfondie en octobre dernier, estimant que cet examen avait, selon ses propres termes, donné des munitions à ses détracteurs en laissant croire que "quelque chose n'allait pas", alors qu'il assure que "rien ne cloche".

Des signes physiques scrutés de près

Au delà des déclarations présidentielles, plusieurs éléments concrets continuent de nourrir le débat public américain. Le médecin de la Maison Blanche, le capitaine Sean Barbabella, a certes qualifié l'état de santé du président d'"excellent" lors de sa dernière visite à l'hôpital militaire Walter Reed en mai, sa troisième en treize mois, tout en lui recommandant de perdre du poids et de faire davantage d'exercice après une prise de quatorze livres en un an.

Des hématomes inexpliqués sont également apparus de manière récurrente sur le dos des mains du président, et il lui a été diagnostiqué une insuffisance veineuse chronique, une pathologie liée à la difficulté du sang à remonter vers le cœur. Des observateurs ont également relevé que Trump utilisait désormais systématiquement ses deux mains pour porter un verre d'eau à sa bouche, un détail devenu un sujet de discussion récurrent dans la presse américaine.

Un appel signé par trente six médecins

La controverse a pris une dimension institutionnelle fin avril, lorsque les sénateurs démocrates Sheldon Whitehouse et Jack Reed ont fait verser au Congressional Record une déclaration signée par trente six médecins, parmi lesquels des neurologues, des psychiatres et des spécialistes des troubles cognitifs issus des universités Harvard, Tufts, Columbia et George Washington.

Quelques jours plus tôt, le président de la commission judiciaire de la Chambre avait également été interpellé par voie de courrier officiel, lui demandant d'exiger du médecin de la Maison Blanche la réalisation et la publication d'une évaluation neuropsychologique complète du président, incluant un instrument de dépistage cognitif formel.

Le test MoCA, un outil mais pas une garantie

Trump met régulièrement en avant les résultats du test de Montréal, le MoCA, un outil de dépistage des troubles cognitifs et de la démence qu'il aurait, selon ses médecins, réussi avec un score parfait de trente sur trente lors de ses examens de 2018 et 2025. Le score obtenu lors de son dernier passage n'a en revanche, à ce jour, jamais été rendu public, malgré sa revendication d'avoir de nouveau "tout réussi".

Des spécialistes rappellent toutefois qu'un score élevé au MoCA, conçu avant tout pour détecter des atteintes graves, ne renseigne en rien sur des capacités plus fines comme le raisonnement ou la résolution de problèmes, et ne saurait à lui seul clore le débat sur l'aptitude mentale d'un dirigeant.

Une défiance qui progresse dans l'opinion

Les sondages reflètent une érosion sensible de la confiance des Américains. Une enquête Reuters Ipsos a ainsi montré que soixante et un pour cent des personnes interrogées, dont trente pour cent de républicains, estiment que le président est "devenu erratique avec l'âge". Un sondage Washington Post ABC News Ipsos a de son côté révélé que cinquante six pour cent des Américains doutent de sa lucidité et cinquante et un pour cent de sa santé physique, des proportions en nette hausse par rapport à 2023.

Même au sein de son propre camp, la confiance recule : selon les données du Pew Research Center, seuls soixante six pour cent des soutiens de Trump se disent encore "très confiants" dans son aptitude mentale, contre soixante quinze pour cent un an plus tôt. Plusieurs trébuchements verbaux, dont la confusion répétée entre l'Islande et le Groenland, ainsi que des informations faisant état d'endormissements lors d'événements publics, ont contribué à alimenter ces inquiétudes.

Questions et réponses

Le débat sur l'aptitude cognitive de Trump est il propre à Israël ? Non. Il s'agit d'une controverse profondément ancrée dans le débat politique américain depuis plusieurs mois, relayée par des médecins, des parlementaires et des instituts de sondage de premier plan.

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