2000 cibles en 96 heures : Grok l'arme secrète d'Elon Musk contre l'Iran

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2000 cibles en 96 heures : Grok l'arme secrète d'Elon Musk contre l'Iran

 

L'intelligence artificielle d'Elon Musk a participé à des frappes contre l'Iran

Un document judiciaire américain vient de révéler ce que personne n'avait encore reconnu officiellement: Grok, l'intelligence artificielle de la société xAI fondée par Elon Musk, a été utilisée par l'armée américaine pour cibler et frapper des positions en Iran. L'aveu figure dans un dossier déposé par le ministère de la Justice, dans une affaire qui n'avait au départ rien de militaire.

Une révélation surgie d'un procès sur la pollution

L'origine de cette affaire est environnementale. xAI exploite à Southaven, dans le Mississippi, un immense centre de données alimenté par des dizaines de turbines à gaz fonctionnant sans les autorisations requises, selon la plainte déposée par la NAACP, célèbre organisation américaine de défense des droits civiques. L'association accuse l'entreprise de polluer des quartiers à forte population noire.

Pour faire barrage à cette plainte, le ministère de la Justice a plaidé que couper l'alimentation électrique de ce site reviendrait à menacer la sécurité nationale, économique et énergétique du pays, ce centre soutenant directement des opérations militaires en cours.

 

Pourquoi Anthropic a refusé ce que Grok accepte

Avant l'arrivée de Grok, c'est le modèle Claude d'Anthropic qui équipait le Projet Maven depuis son lancement.
Le contrat a été rompu fin février 2026 par l'administration Trump, après qu'Anthropic eut refusé d'autoriser l'usage de son intelligence artificielle pour des frappes entièrement automatisées, c'est-à-dire sans validation humaine au moment du tir, ainsi que pour des opérations de surveillance de masse sur le sol américain.
Anthropic avait posé cette limite dès la conception de ses modèles, refusant que sa technologie puisse décider seule d'ôter une vie ou servir à surveiller des citoyens en dehors de tout cadre judiciaire. Le Pentagone s'est alors tourné vers Google, OpenAI et xAI pour combler ce vide, et Grok a accepté des conditions d'usage plus larges, ce qui explique son intégration rapide au dispositif de ciblage.

Il convient toutefois de noter une zone grise troublante: en mars 2026, soit après la rupture officielle du contrat, l'administration américaine avait dû reconnaître que Claude était encore utilisé dans des opérations militaires contre l'Iran, ce qui interroge sur l'application réelle, dans l'urgence opérationnelle, des limites posées par l'entreprise.

Le témoignage qui change tout

C'est pour étayer cet argument que le gouvernement a produit le témoignage sous serment de Cameron Stanley, responsable de l'intelligence artificielle au Pentagone. Selon ses déclarations, une version gouvernementale de Grok est intégrée au "Projet Maven", le système d'aide au ciblage utilisé par l'armée américaine.

Stanley a précisé que ce système a permis aux forces américaines de tirer plus de 2 000 munitions sur 2 000 cibles différentes en seulement 96 heures. Il s'agit là de la toute première reconnaissance explicite, par un responsable américain de haut rang, qu'un système d'intelligence artificielle conversationnelle a été employé dans des frappes contre l'Iran. Selon lui, Grok figure parmi les quatre modèles actuellement autorisés à appuyer des missions liées à la sécurité nationale, et l'un des trois habilités à intervenir dans des environnements hautement classifiés.

Une bascule technologique rapide

Le Pentagone a multiplié ces derniers mois les partenariats avec les grands acteurs de l'intelligence artificielle, signant des contrats pouvant atteindre 200 millions de dollars avec plusieurs entreprises du secteur pour accélérer le développement de systèmes militaires autonomes. xAI a par ailleurs annoncé l'intégration de ses modèles Grok à GenAI.mil, la plateforme interne du département de la Guerre destinée à donner à des millions d'employés civils et militaires un accès sécurisé à ces outils.

Une technologie qui inquiète, en Israël comme ailleurs

Cette montée en puissance de l'intelligence artificielle sur le champ de bataille s'inscrit dans une tendance mondiale. Tsahal recourt elle aussi massivement à ces outils pour localiser les terroristes et commandants du Hamas, ainsi que les otages israéliens encore détenus par l'organisation terroriste. Un nouveau centre opérationnel de cyberdéfense a été créé il y a environ un mois pour développer des plateformes de traitement de données au service des unités de première ligne.

Mais le sujet reste hautement sensible. Des analystes ont relevé que certaines erreurs de ciblage pourraient résulter d'une combinaison entre recommandations algorithmiques et défaillances humaines, notamment l'absence de vérification de cartes pourtant obsolètes. La question éthique de l'autonomie croissante des machines dans la décision de frapper continue, elle, de diviser jusque dans la Silicon Valley.

Pendant ce temps, Elon Musk, proche allié du président Donald Trump, poursuit son ascension institutionnelle. xAI opère désormais sous l'ombrelle de SpaceX, qui vient de réaliser la plus importante introduction en bourse de l'histoire.

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