Un nouveau 7 octobre ? 50 terroristes du Hamas de Nukhba en plein entraînement à Gaza

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Un nouveau 7 octobre ? 50 terroristes du Hamas en plein entraînement à Gaza

Gaza : Liberman accuse Netanyahu d'avoir bloqué une frappe contre 50 terroristes du Hamas en plein entraînement

Le président d'Israël Beitenou affirme que des commandos Nukhba se sont entraînés à prendre d'assaut un kibboutz israélien, et que l'échelon politique a interdit à Tsahal de riposter. L'armée dément fermement. Le Likoud parle de mensonge délibéré.

Une nouvelle polémique sécuritaire secoue Israël, à quelques mois d'un anniversaire du 7 octobre que personne n'a envie de revivre. Le président du parti Israël Beitenou, Avigdor Liberman, a révélé mercredi qu'environ 50 terroristes de l'unité d'élite Nukhba du Hamas se seraient entraînés dans la bande de Gaza à une prise d'assaut d'une localité israélienne, et que l'ordre serait venu d'en haut de ne pas intervenir.

Un exercice qui rappelle les pires heures d'avant le 7 octobre

Selon Liberman, qui s'exprimait après une visite dans l'enveloppe de Gaza, à Kerem Shalom et au kibboutz Beéri, l'avant-veille de sa déclaration, des forces de Tsahal avaient identifié un exercice mené par une cinquantaine de combattants Nukhba, simulant un raid et une prise de contrôle d'une communauté juive.
Les commandants sur le terrain auraient demandé à agir immédiatement pour neutraliser les terroristes. La réponse de l'échelon politique aurait été catégorique : ne toucher à personne, pas même tirer un coup de semonce.

Liberman a qualifié cette retenue de reddition face au terrorisme et de retour à la politique de containment et à la fameuse conception qui a précédé le 7 octobre. Il affirme aussi que le retrait des forces de Tsahal au-delà de la ligne des avant-postes est déjà achevé dans les faits, laissant un no man's land entre cette ligne et la ligne jaune où l'armée israélienne n'a plus de présence permanente.

L'information rejoint un signalement antérieur de la chaîne 12, qui avait rapporté dès mardi soir une activité terroriste inhabituelle ayant poussé Tsahal à relever son niveau d'alerte et à masser des forces près de la clôture, sans frapper, sur instruction de l'échelon politique. Selon la chaîne, un officier présent sur place aurait demandé avec colère : si ceci n'est pas une menace qu'on nous autorise à frapper, alors qu'est-ce que c'est.

Tsahal dément l'existence de l'exercice

L'armée israélienne a toutefois formellement contesté la version de Liberman.
Des sources militaires citées par la presse israélienne affirment n'avoir observé aucun exercice de 50 opérants Nukhba visant à prendre le contrôle d'une localité.

Selon ces mêmes sources, une information de renseignement a bien été reçue et examinée, ce qui a conduit à un relèvement de la posture et à un déploiement préventif de moyens, mais sans qu'un exercice de cette ampleur ait été confirmé.
L'armée rappelle par ailleurs que 514 terroristes ont été tués et environ 150 blessés dans le secteur de Gaza depuis le début du cessez-le-feu, et que 790 cibles ont été frappées durant cette période, signe selon elle qu'il n'existe aucune politique de manque de motivation à agir. Les directives de retenue, précisent ces sources, s'inscrivent dans le cadre des négociations en cours et relèvent de choix assumés de l'échelon politique.

Le Likoud a répliqué avec virulence, accusant Liberman de mentir sciemment et de nuire à la sécurité de l'État d'Israël.

En toile de fond, un désarmement du Hamas encore loin d'être acquis

Cette controverse survient alors que le dossier du désarmement du Hamas reste au cœur des tensions.
Fin juillet, Donald Trump avait annoncé un accord présenté comme historique entre le Conseil de Paix et le Hamas, prévoyant le désarmement complet du mouvement islamiste et des autres factions armées de la bande de Gaza, dans le cadre de la deuxième phase du plan de paix entré en vigueur en janvier.
Le texte prévoit le transfert des armes du Hamas au Comité national palestinien pour l'administration de Gaza, ainsi que le démantèlement des tunnels et des sites de production militaire, sous la supervision à terme d'une Force internationale de stabilisation.

Mais l'ordre des étapes continue de diviser. Israël exige que le Hamas dépose d'abord les armes avant tout retrait, tandis que le mouvement islamiste conditionne son désarmement au retrait préalable de Tsahal.

Début août, le Conseil de Paix a tranché en faveur d'Israël sur ce point, précisant sur X que le retrait total des forces israéliennes au-delà de la ligne jaune n'interviendrait qu'une fois le désarmement achevé, comme le Hamas s'y serait engagé auprès des médiateurs.

Cette mise au point a visiblement déplu au mouvement islamiste, un responsable du Hamas ayant fait savoir qu'il se sentait mal à l'aise, reprochant au Conseil de s'être concentré uniquement sur la question des armes sans évoquer les obligations d'Israël, notamment la poursuite des frappes et des opérations militaires dans la bande de Gaza.

Le débat qui empoisonne Israël : retenue stratégique ou nouvelle conception

C'est précisément cette articulation entre engagements de désarmement affichés côté Hamas et activité militaire persistante sur le terrain qui nourrit l'inquiétude relayée par Liberman.

Pour ses soutiens, la succession d'informations de renseignement sur des mouvements suspects, conjuguée à des consignes de non-intervention pour ne pas fragiliser le processus piloté par le Conseil de Paix, rappelle dangereusement le climat qui a précédé le 7 octobre 2023, lorsque des signaux d'alerte avaient été minimisés au nom de la stabilité.

Pour l'armée et le Likoud, il s'agit au contraire d'une lecture déformée d'une politique de retenue assumée et documentée, inscrite dans le cadre des négociations et assortie d'une pression militaire continue sur le Hamas, comme en attestent les centaines de frappes menées depuis le cessez-le-feu.

Entre ces deux lectures, une chose fait consensus : la confiance envers le Hamas, qui multiplie les déclarations de bonne volonté sur son désarmement tout en retardant sa mise en œuvre concrète, reste extrêmement fragile en Israël. La question de savoir si Jérusalem a les moyens et la volonté politique de réagir vite en cas de menace réelle, sans attendre une validation venue d'en haut, continue de diviser jusqu'au sein même de la coalition sécuritaire israélienne.

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