BELGIQUE : LA BRIT MILA CRIMINALISÉE — UNE ALARME EXISTENTIELLE POUR LES JUIFS D'EUROPE

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BELGIQUE : LA BRIT MILA CRIMINALISÉE — UNE ALARME EXISTENTIELLE POUR LES JUIFS D'EUROPE

BELGIQUE : LA BRIT MILA CRIMINALISÉE — UNE ALARME EXISTENTIELLE POUR LES JUIFS D'EUROPE

Mai 2026. Quelques décennies après la Shoah, des circonciseurs juifs sont traînés devant un tribunal correctionnel en Belgique. Ce n'est pas un roman d'anticipation dystopique. C'est la réalité.

Les faits : une chronologie glaçante

Tout commence en janvier 2024. Une plainte est déposée contre des mohalim de la communauté orthodoxe d'Anvers.

L'auteur de la plainte est Moshe Aryeh Friedman, figure ultra-orthodoxe marginale née à Williamsburg, installée à Vienne puis à Anvers, qui se présente comme « Oberrabbiner titre dont la légitimité est contestée par la Communauté israélite de Vienne, qui l'a exclu en 2007, et par le Consistoire central israélite de Belgique.

En décembre 2006, il avait participé à la conférence négationniste de Téhéran organisée par Ahmadinejad, et le Grand Rabbin d'Israël avait appelé à un herem contre les participants juifs. C'est cet homme, paria de sa propre communauté, qui a déclenché cette procédure.

En mai 2025, la police anversoise a mené des perquisitions au domicile de trois mohalim non médecins pratiquant la Brit Milah, la circoncision requise par la tradition juive.
La police avait exigé la remise de leurs couteaux rituels et la liste des enfants récemment circoncis. Le célèbre mohel d'Anvers, le Rav Aharon Eckstein, ainsi que le Rav Moché David Landau, avaient été arrêtés avant d'être libérés.

La plainte ne vise pas seulement les mohalim : elle accuse également des rabbins et des chefs de dynasties hassidiques qui servaient de « Sandak » (parrain) lors des cérémonies, les accusant d'être « complices de crime ».

En mai 2026, la procédure franchit un nouveau cap : un acte d'accusation a été déposé contre les trois mohalim. Leurs instruments rituels ont été confisqués et il leur est interdit de poursuivre leur activité jusqu'au verdict. 

Ce que dit la Loi belge : un vide juridique qui étouffe la liberté religieuse

La pratique de la circoncision masculine pour des raisons non médicales n'est pas interdite en Belgique, mais elle doit être réalisée avec l'intervention d'un médecin. La loi dit que tout acte médical doit être pratiqué par un professionnel de santé habilité, et cela englobe le geste rituel de la circoncision masculine, qui n'a pas fait l'objet d'une loi spécifique.

Voilà le piège légal : non pas une interdiction explicite, mais un flou législatif qui criminalise de facto une pratique millénaire.
La criminalisation du mohel impose un coût maximal à la liberté religieuse pour un bénéfice marginal et non démontré en termes de santé publique.

Le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot, en réponse aux critiques internationales, soutient que « des dizaines de milliers de circoncisions rituelles sont pratiquées légalement en Belgique chaque année, sans aucune interférence », et défend l'indépendance de la justice.
Mais cette défense ignore l'essentiel : ce sont des hommes de foi, pratiquant selon les règles de la halakha depuis des siècles, qui se retrouvent devant un tribunal correctionnel. 

Ce que dit la Torah, ce que représente la Brit Milah

La brit mila est une loi centrale et non négociable dans le judaïsme.
C'est l'un des rites les plus anciens et les plus universellement observés par les Juifs, même en temps de persécution. Elle symbolise l'Alliance entre Dieu et le peuple juif depuis
Abraham : « Tout mâle parmi vous sera circoncis. Ce sera un signe d'alliance entre moi et vous » (Genèse 17 : 9-14). Renoncer à la brit milah ou la pratiquer en dehors du cadre halakhique revient pour une famille juive pratiquante à renoncer à un élément constitutif de son identité religieuse.

Ce n'est pas un « acte médical » que l'on peut déléguer à n'importe quel chirurgien. C'est un acte sacré, un pacte cosmique, une transmission de génération en génération. Le mohel n'est pas un praticien de santé  il est le gardien d'une Alliance vieille de quatre mille ans.

La réaction internationale : indignation et cris d'alarme

La condamnation est venue de partout, et elle est sans précédent.

Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar a fustigé :
« Avec cette mesure, la Belgique rejoint aux côtés de l'Irlande une liste courte mais honteuse de pays qui recourent au droit pénal pour poursuivre des Juifs pour avoir pratiqué leur religion. »

Le président de l'État d'Israël Isaac Herzog a déclaré : « En Belgique, des mohels ont été inculpés pour avoir pratiqué la Brit Milah. C'est incompréhensible, scandaleux, et cela ne trouve aucune justification alors qu'il y a quelques décennies, les Juifs de Belgique ont été expulsés parce qu'ils étaient juifs et envoyés dans les camps de concentration et d'extermination. »

L'ambassadeur des États-Unis en Belgique, Bill White, a qualifié la procédure de « poursuite judiciaire ridicule et antisémite contre trois personnalités religieuses juives d'Anvers », soulignant qu'il s'agit d'hommes de foi pratiquant une tradition millénaire. Il a rappelé la contribution des États-Unis à la libération de la Belgique lors des guerres mondiales et a exigé la fin immédiate des poursuites.

Le Grand Rabbin ashkénaze d'Israël, Kalman Ber, a écrit dans une lettre ouverte : « Il est profondément regrettable que ce pays rejoigne la liste peu flatteuse de ceux qui mènent une guerre contre le judaïsme, considérée dans le monde entier comme une forme d'antisémitisme. »

La réaction de la communauté juive de Belgique : entre traumatisme et résignation

L'Association juive européenne (EJA) a déclaré qu'il s'agissait « d'une nouvelle ligne rouge franchie dans l'intimidation des responsables religieux juifs en Belgique ».

La communauté juive de Belgique est relativement petite, avec un peu plus de 40 000 Juifs dans un pays de quelque 12 millions d'habitants, mais les défis auxquels elle est confrontée sont parmi les plus importants d'Europe. Outre la montée de l'antisémitisme, le pays a été en première ligne des batailles juridiques concernant la shehita (abattage rituel) et la brit mila (circoncision).

La communauté juive demeure par ailleurs la principale cible de menaces terroristes potentielles en Belgique, selon l'organe national d'analyse de la menace (OCAM). La vulnérabilité n'est pas un « ressenti », c'est un paramètre structurel reconnu.

Et maintenant, la question qui résonne comme un coup de tonnerre : faut-il partir ?

"Les Juifs doivent se préparer à quitter la Belgique"

Le président de l'Association juive européenne, le Rabbin Menachem Margolin, a déclaré : « Les Juifs doivent se préparer à quitter la Belgique suite aux poursuites engagées contre les mohalim », ajoutant que son organisation allait tenir une conférence sur la question, y compris sur la possibilité d'émigration.

Le ministre belge des Affaires étrangères a proposé de se rendre en Israël pour tenter de désamorcer la crise diplomatique. Mais aucune diplomatie ne peut effacer ce qui est en train de se passer : pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, des Juifs en Europe sont poursuivis pénalement pour avoir perpétué la pratique la plus fondamentale de leur foi.

L'alarme pour toute l'Europe

Ce qui se passe à Anvers n'est pas un fait divers. C'est un signal. L'Irlande avait déjà arrêté un rabbin londonien pour avoir prétendument pratiqué une circoncision sans les habilitations médicales requises, marquant la première arrestation d'un rabbin en Europe en lien avec une brit milah depuis des années.
Dans certains pays européens, comme le Danemark et la Suède, des législateurs ont envisagé d'adopter une loi visant à interdire complètement la circoncision.

La Brit Milah est dans le viseur de l'Europe. Demain, ce sera peut-être la kippa. Après-demain, les écoles juives.

La question n'est plus abstraite : l'Europe veut-elle encore des Juifs ? Pas des Juifs assimilés, invisibles, sans pratiques gênantes — mais des Juifs vivants, pratiquants, fidèles à leur Alliance éternelle ?

Les Juifs de Belgique, d'Irlande, et bientôt peut-être d'ailleurs, sont en train de se poser cette question. Et la réponse que leur donne l'Europe en ce moment est terrifiante.

L'audience décisive est prévue le 18 juin 2026. La communauté juive internationale retient son souffle.

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