La Chine bâtit une ville nucléaire dans le désert — et Washington commence à suer

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La Chine bâtit une ville nucléaire dans le désert — et Washington commence à suer

La Chine bâtit une ville nucléaire dans le désert — et Washington commence à suer

De nouvelles images satellites publiées ce vendredi par Reuters lèvent le voile sur un projet d'une ampleur stupéfiante : au cœur du désert du nord-ouest de la Chine, Pékin érige en secret un vaste réseau de bases militaires, de bunkers et de rampes de lancement. L'objectif est clair  et il est redoutable. Il s'agit de garantir que même une première frappe nucléaire américaine ne serait pas en mesure d'anéantir la capacité de riposte chinoise.

Un complexe titanesque taillé dans le désert

Les installations s'étendent sur les régions du Xinjiang et du Gansu, à proximité des champs de silos abritant les missiles balistiques intercontinentaux les plus puissants de la Chine.
Sur les images, on distingue plus de quatre-vingts plateformes de lancement, des bunkers blindés, des centres de communication, des zones de stockage d'armements et des infrastructures susceptibles de servir à la guerre électronique ainsi qu'à l'exploitation de systèmes de commandement et de contrôle.

Deux installations centrales en forme d'octogone ont été construites ces six dernières années à proximité des champs de silos dans la région de Hami.
Autour d'elles : des voies ferrées, des pistes d'atterrissage, des zones de carburant et des routes conduisant à des dizaines de positions fortifiées au fond du désert.
Des analystes estiment que certaines de ces positions sont destinées à des lanceurs mobiles, à des batteries de défense antiaérienne et à des systèmes de communication ultra-confidentiels. Les dernières images révèlent également des exercices militaires en cours, de grandes tentes et des sites camouflés creusés à même le terrain désertique.

La stratégie de Xi Jinping : rendre l'indestructible encore plus indestructible

Ce déploiement colossal est considéré comme un élément central de la politique du président Xi Jinping, dont l'ambition est d'étendre la dissuasion nucléaire chinoise face aux États-Unis. Selon le Pentagone, la Chine est en passe de détenir mille ogives nucléaires d'ici 2030. Elle continue d'élargir son arsenal de missiles balistiques intercontinentaux à un rythme que n'égale aucun autre pays au monde.

Officiellement, la Chine maintient une doctrine de «non-emploi en premier» de l'arme nucléaire. Mais des diplomates et des analystes occidentaux redoutent que Pékin ne soit tentée d'agiter la menace nucléaire pour dissuader des puissances étrangères d'intervenir dans un futur affrontement autour de Taïwan.

Taïwan, le mot qui fait monter la température

Xi Jinping lui-même a averti ce mois-ci le président Trump qu'une mauvaise gestion des contentieux relatifs à Taïwan pourrait conduire les deux nations «dans un endroit dangereux». Ces mots résonnent différemment à la lumière de ce que révèlent les images satellites publiées aujourd'hui.

Hans Kristensen, directeur du projet d'information nucléaire de la Fédération des scientifiques américains, ne cache pas sa stupeur. «Je n'ai jamais rien vu de tel», a-t-il confié à Reuters. «C'est un effort absolument exceptionnel.»

Pourquoi cela devrait inquiéter Washington

La logique militaire derrière ce complexe désertique est implacable : en dispersant ses capacités sur une superficie aussi vaste, en multipliant les silos leurres, les lanceurs mobiles et les centres de commandement souterrains, la Chine complique à l'extrême tout calcul américain d'une frappe préventive. Même une attaque nucléaire totale ne pourrait, en théorie, neutraliser simultanément l'ensemble du dispositif.
C'est précisément ce que les stratèges appellent une «capacité de seconde frappe» crédible  l'assurance que la Chine pourrait toujours répliquer, quoi qu'il arrive.

Ce n'est plus seulement une montée en puissance quantitative. C'est une transformation qualitative de la posture nucléaire chinoise, qui se dote désormais de la résilience nécessaire pour regarder Washington dans les yeux — et ne pas ciller.

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