Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

La mort de Talia Haya Timsit, 11 ans, accident de bus Rue Dizengoff, Tel Aviv

La mort de Talia Chaya Timsit, 11 ans accident de bus Rue Dizengoff, Tel Aviv

La mort de Talia Chaya Timsit, 11 ans accident de bus Rue Dizengoff, Tel Aviv

L'accident  Lundi 18 mai 2026, 20h12

Un grave accident s'est produit dans le centre de Tel Aviv : une fillette de 11 ans a été blessée dans un état critique après qu'un bus de la compagnie Dan, ligne 62, a percuté des piétons, un arbre et un poteau électrique rue Dizengoff.

Selon les informations, il s'agissait d'une collision en chaîne : un bus de la ligne 5 a heurté l'arrière d'un bus de la ligne 62, ce qui a projeté ce dernier contre un arbre et un poteau électrique.

Un témoin oculaire, Ayal, a décrit la scène : « Soudain il y a eu un bruit énorme. J'ai regardé derrière moi et j'ai vu un bus entrer dans un autre bus, qui a percuté un arbre et un poteau électrique. En quelques secondes, le courant s'est coupé, et les gens ont commencé à fuir en panique pour ne pas s'approcher des câbles électriques. »

Le paramedic du Magen David Adom, Simha Simandev, a rapporté en arrivant sur place : « Nous avons vu 11 blessés, dont une fillette de 11 ans sans pouls ni respiration, avec de graves traumatismes sur tout le corps, une femme de 49 ans blessée grièvement, et un homme de 76 ans coincé sous un arbre, inconscient. »

Talia une piétonne fauchée par hasard

Talia accompagnait ce soir-là trois amies à l'arrêt de bus voisin. Les amies ont eu le temps de fuir. Talia, elle, a été frappée.

Son père, Yuval Timsit, a révélé que sa fille souffrait d'une défaillance multi-organique et de lésions cérébrales, et que sa mère et sa sœur ont assisté en direct à ce que les secouristes ont d'abord déclaré être son décès sur place avant qu'elle ne revienne à la vie.

D'après un ambulancier du Magen David Adom, Talia Chaya Timsit était parmi les piétons et a été violemment percutée par le véhicule. Elle souffrait de graves blessures à la tête, au visage et à la poitrine.

Après quatre jours de combat pour sa vie, l'hôpital Ichilov (Tel Aviv Sourasky Medical Center) a annoncé vendredi soir le décès de Talia Chaya Timsit, 11 ans.

Le chauffeur — Un homme de 26 ans qui dit ne pas comprendre

Le chauffeur, âgé de 26 ans et résident du nord d'Israël, s'est senti mal et s'est montré très agité immédiatement après l'accident. Il a été lui-même transporté à l'hôpital pour recevoir des soins. Interrogé par la police, il a déclaré ne pas comprendre ce qui l'a amené à quitter la route et à perdre le contrôle du bus. À l'issue de l'interrogatoire, il a été placé en résidence surveillée pour 5 jours.

Dans sa déposition, le chauffeur a affirmé qu'il ne se sentait pas bien au moment de la conduite.

Une témoin oculaire a décrit au média N12 : « Le bus descendait la pente vers la rue. Il a dévié brusquement vers la piste cyclable. Il n'a même pas freiné. Je regardais, j'étais sous le choc  il roulait sans s'arrêter. C'était terrifiant. »

La piste terroriste écartée, mais des doutes subsistent

Le père de Talia a affirmé que des passants sur place avaient crié "attentat !" et que le chauffeur  un jeune homme de 26 ans de la communauté arabe  "avait eu un comportement erratique sur la route pendant de longues minutes avant l'accident", et que malgré cela il avait été libéré en résidence surveillée.

La police a vérifié les données du chauffeur auprès du Shin Bet (service de sécurité intérieure), et cette vérification a formellement exclu tout lien avec un acte terroriste. Mako

Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si la perte de contrôle pourrait être liée à un malaise ou à un problème médical. À ce stade, tous les éléments recueillis indiquent qu'il s'agit d'un accident de la route.

Le magazine Alliance a néanmoins souligné le malaise contextuel : dans un pays ayant vécu des années d'attentats à la voiture-bélier et au camion lancé sur des foules, la question n'était pas paranoïaque mais légitime. Des témoins avaient crié "attentat" en temps réel, le comportement du chauffeur avait été jugé anormal par plusieurs personnes présentes. Alliance

Le bilan humain complet

Outre Talia, neuf autres personnes ont été blessées : un homme de 76 ans et une femme de 49 ans dans un état grave, un homme de 39 ans en état modéré, et six personnes légèrement atteintes.

La suite judiciaire

Le chauffeur est désormais suspecté d'homicide involontaire. L'enquête se poursuit pour établir les circonstances exactes qui ont conduit à cette issue tragique.

La famille a exprimé des griefs sérieux envers la police : un officier n'est venu rendre visite à la famille d'une enfant entre la vie et la mort qu'après quatre jours  une absence de contact jugée indigne face à la gravité de la situation.

Selon l'organisation "Beterem" pour la sécurité des enfants, depuis le début de l'année 2026, 26 enfants et adolescents ont déjà péri dans des accidents de la route en Israël.

En résumé : Talia Chaya Timsit, 11 ans, était une simple piétonne qui accompagnait des amies à leur bus. Elle a été fauchée par un bus Dan qui a dévié de sa trajectoire de façon inexpliquée. Le chauffeur dit ne pas savoir ce qui lui est arrivé, évoque un malaise. La piste terroriste a été officiellement exclue par le Shin Bet. L'enquête en cours cherche à établir si une cause médicale est à l'origine de la perte de contrôle.

Pédocriminalité en Israël : le réseau Telegram de parents qui a choqué les enquêteurs de Lahav 433

Pédocriminalité en Israël : le réseau Telegram de parents qui a choqué les enquêteurs de Lahav 433

Israël face à l’innommable : le scandale du réseau Telegram pédocriminel qui fissure le socle moral de certaines familles israéliennes

Pendant des décennies, Israël s’est construit autour d’un idéal profondément enraciné dans la tradition juive : la famille comme sanctuaire, l’enfant comme héritage sacré, la responsabilité collective comme fondement moral de la société.

C’est précisément pour cette raison que l’affaire révélée ces dernières semaines provoque un choc d’une rare violence dans le pays.
Non parce qu’elle révèle un « échec d’Israël », mais parce qu’elle montre comment certains individus ont trahi à la fois la loi israélienne, les principes élémentaires de l’humanité et les valeurs mêmes du judaïsme qu’ils prétendaient parfois incarner.

Derrière les murs de maisons ordinaires, derrière l’image rassurante de parents intégrés, de salariés du high-tech, de réservistes ou d’hommes travaillant auprès d’enfants, la police israélienne affirme avoir découvert un réseau structuré d’échanges pédocriminels opérant via des groupes Telegram fermés.

L’affaire, révélée notamment par la journaliste Elinor Shirkani-Kaufman dans le quotidien israélien Israel Hayom puis reprise par mako.co.il et plusieurs médias religieux et généralistes, est rapidement devenue l’un des dossiers criminels les plus sensibles de l’année en Israël.

Le début de l’enquête : un signalement qui ouvre la boîte noire

Selon les informations publiées dans la presse israélienne, l’enquête débute après le signalement d’un citoyen ayant échangé en ligne avec un individu tenant des propos laissant entendre des agressions sexuelles commises sur un enfant de son entourage familial.

L’information est transmise à l’unité 105 de Lahav 433, la cellule israélienne spécialisée dans les crimes numériques contre les mineurs. Très vite, les enquêteurs comprennent qu’ils ne sont pas face à un prédateur isolé mais devant une organisation clandestine beaucoup plus vaste.

Les premières investigations conduisent à des perquisitions simultanées et à l’arrestation de plusieurs suspects. Téléphones portables, ordinateurs, historiques Telegram, archives numériques et conversations privées sont saisis. Selon les médias israéliens, les enquêteurs découvrent des milliers d’échanges accumulés sur une longue période.

Plus l’analyse du matériel avance, plus l’affaire prend une dimension terrifiante.
Plusieurs sources policières citées dans la presse parlent d’enquêteurs « choqués » par la nature des contenus retrouvés.

Ce que les enquêteurs disent avoir découvert

Les médias israéliens décrivent des conversations et des contenus d’une violence psychologique extrême. Selon les éléments publiés, certains parents auraient diffusé des photographies et vidéos d’abus commis sur leurs propres enfants à l’intérieur même du cercle familial. D’autres échangeaient des conseils pratiques détaillant comment profiter d’instants d’isolement pour commettre les agressions sans éveiller les soupçons.

Les discussions récupérées par les enquêteurs évoqueraient également des scènes d’observation clandestine d’enfants dans la salle de bain, des prises d’images pendant le sommeil, des conversations incestueuses explicites ainsi que des projets d’agressions visant parfois de très jeunes enfants et des nourrissons.

Selon plusieurs médias israéliens, certains suspects échangeaient même de véritables « modes d’emploi » expliquant comment masquer les faits à l’entourage, éviter les réactions des services sociaux ou effacer certaines traces numériques.

Des policiers expérimentés ayant travaillé sur des dossiers criminels lourds auraient reconnu en interne n’avoir que rarement été confrontés à un tel niveau de déshumanisation au sein même de cellules familiales ordinaires.

Huit arrestations, puis davantage

Les premiers articles publiés dans la presse israélienne faisaient état de huit arrestations. Très rapidement, plusieurs médias évoquent un neuvième suspect tandis que la police laisse entendre que l’enquête pourrait conduire à de nouvelles interpellations après exploitation complète des appareils saisis.

Deux actes d’accusation avaient déjà été déposés au moment des premières discussions parlementaires consacrées à l’affaire.

Comme souvent en Israël dans les dossiers impliquant des mineurs victimes, une partie importante des identités reste protégée par des ordonnances judiciaires de non-publication afin d’éviter l’identification indirecte des enfants concernés.

Mais derrière ce silence judiciaire, les médias israéliens décrivent une affaire qui continue de s’étendre à mesure que les données numériques sont analysées.

Des profils qui sidèrent Israël

Le choc ne vient pas uniquement de la nature des faits. Il vient surtout des profils des suspects.

Les personnes arrêtées ne correspondent pas à l’image traditionnelle du criminel marginalisé vivant en dehors de la société. Selon les informations publiées dans la presse israélienne, plusieurs suspects menaient des vies considérées comme parfaitement normales.

L’un des hommes arrêtés servirait dans les réserves de Tsahal tout en travaillant pour une entreprise reconnue. D’autres seraient issus du secteur high-tech israélien, symbole de réussite sociale et économique du pays.
Un suspect exercerait dans un environnement fréquenté quotidiennement par des enfants. Le média ultra-orthodoxe Haridim 10 évoque même un enseignant travaillant dans un établissement religieux réputé. Les médias israéliens rapportent également qu’au moins une mère serait impliquée dans les échanges du groupe.

Les témoignages des proches publiés dans la presse israélienne sont tous traversés par le même vertige. Des voisins parlent de « familles exemplaires ». Des amis disent ne pas comprendre comment des hommes décrits comme attentionnés pouvaient mener une telle double vie.

L’un des proches d’un suspect déclare ainsi dans les médias israéliens : « Il était considéré comme un père exemplaire. Personne n’aurait pu imaginer cela. »

Cette phrase revient presque partout dans les reportages consacrés à l’affaire. Car ce qui terrifie Israël n’est pas seulement la criminalité elle-même, mais le fait qu’elle semblait dissimulée au cœur de la normalité sociale.

Telegram au cœur du système

Tous les médias israéliens pointent Telegram comme la plateforme centrale du réseau.

Le fonctionnement décrit par les enquêteurs ressemble à celui observé dans plusieurs affaires internationales de criminalité sexuelle organisée : groupes privés fermés, accès filtrés, échanges anonymisés, diffusion rapide de contenus et possibilité d’effacer facilement certaines traces.

Les experts israéliens en cybersécurité alertent depuis plusieurs années sur l’utilisation croissante de Telegram dans les réseaux pédocriminels internationaux. Mais rarement une affaire israélienne avait révélé une implication aussi directe de parents échangeant des contenus impliquant leurs propres enfants.

L’un des aspects les plus inquiétants relevés par les médias israéliens est précisément cette banalisation progressive de l’horreur à l’intérieur des groupes. Les échanges auraient créé une forme de validation mutuelle où les participants s’encourageaient, se félicitaient ou normalisaient leurs actes entre eux.

La Knesset confrontée à une réalité explosive

L’affaire est rapidement remontée jusqu’à la commission des droits de l’enfant de la Knesset.

La députée Pnina Tamano-Shata y a prononcé des paroles particulièrement dures en rappelant que le rôle fondamental des parents est de protéger les enfants et non de devenir eux-mêmes leurs agresseurs.

Lors des débats parlementaires, des chiffres extrêmement préoccupants ont également été évoqués concernant les dossiers traités par l’unité 105 en matière d’infractions sexuelles visant des mineurs. Ces données ont renforcé l’idée que l’affaire actuelle pourrait être loin d’être un phénomène isolé.

Les données présentées par la police israélienne ont révélé que sur quelque 16 000 signalements reçus par le centre 105 en 2025, environ un quart, soit près de 4 000 dossiers, concernaient des infractions sexuelles commises contre des mineurs. Ce chiffre a frappé les parlementaires présents, confirmant que l'affaire du réseau Telegram ne constitue pas un fait isolé mais s'inscrit dans une réalité beaucoup plus large. Israel Hayom

À la date du débat, neuf suspects avaient été arrêtés et deux actes d'accusation avaient été déposés. La police a indiqué que l'exploitation complète des données numériques saisies pourrait conduire à de nouvelles interpellations. Israel Hayom

Plusieurs responsables israéliens présents lors des discussions auraient reconnu que les outils numériques et les plateformes fermées compliquent considérablement la détection précoce de ces réseaux.

Par ailleurs, le contexte international éclaire la dimension systémique du problème.
En France, entre le 19 et le 22 mai 2025, 55 hommes ont été interpellés par l'Office des mineurs dans le cadre du démantèlement d'un réseau pédocriminel opérant lui aussi via Telegram, au terme de dix mois d'enquête. Des affaires distinctes, des pays différents, mais une même plateforme et des mécanismes identiques de validation mutuelle entre membres de groupes fermés. FranceSoir

Une affaire qui touche un point sensible de l’identité israélienne

Cette affaire provoque une onde de choc particulière parce qu’elle percute directement certains des fondements moraux les plus sensibles de la société israélienne.

Le judaïsme place l’enfance au centre de la transmission. Dans la tradition juive, protéger un enfant n’est pas seulement une obligation éducative ou sociale ; c’est une responsabilité spirituelle fondamentale.

C’est précisément pour cette raison que le scandale agit comme une déflagration dans une partie de l’opinion israélienne. Non parce que les valeurs israéliennes seraient fausses, mais parce que certains individus ont choisi de les trahir tout en continuant parfois à afficher extérieurement une image respectable.

L’affaire oblige aussi une partie de la société israélienne à regarder une réalité souvent tenue à distance : les violences sexuelles intrafamiliales peuvent exister dans tous les milieux, qu’ils soient religieux, laïques, aisés, technologiques ou communautaires.

Le silence, la peur du scandale et la culture du déni

Depuis plusieurs années, des associations israéliennes de protection de l’enfance dénoncent les mécanismes de silence entourant certains dossiers impliquant des figures respectées : enseignants, éducateurs, rabbins ou cadres communautaires.

Dans certains milieux, la peur du « hilloul Hashem », c’est-à-dire la crainte de voir le nom du judaïsme publiquement profané par un scandale, aurait parfois conduit à minimiser certaines affaires ou à privilégier la discrétion plutôt que l’exposition publique.

Mais dans le dossier actuel, la masse des preuves numériques rend le déni beaucoup plus difficile.

Les messages existent.
Les images existent.
Les historiques existent.
Les conversations existent.

Et surtout, selon les enquêteurs israéliens, il ne s’agirait pas d’un acte isolé mais d’un système structuré fonctionnant dans la durée.

Ce que l’on ignore encore

À ce stade, de nombreuses zones d’ombre demeurent.

Le nombre exact de victimes identifiées n’a pas été rendu public. La durée réelle de fonctionnement du réseau reste floue. Les enquêteurs n’ont pas encore précisé si des ramifications internationales existent ni si d’autres personnalités influentes pourraient être impliquées.

Les médias israéliens évoquent également la possibilité que d’autres groupes Telegram similaires restent encore actifs sans avoir été identifiés.

La police israélienne reste extrêmement prudente dans sa communication publique, mais plusieurs journalistes spécialisés estiment déjà que l’affaire pourrait continuer à s’élargir dans les semaines à venir.

Une ligne rouge morale

Cette affaire marque peut-être un tournant dans la manière dont Israël regarde les violences sexuelles commises à l’intérieur même des structures familiales respectées.

Elle rappelle brutalement qu’aucune réussite sociale, aucun statut religieux, aucun patriotisme affiché et aucune respectabilité publique ne protègent une société contre la criminalité sexuelle lorsque le silence, la peur du scandale ou le refus de voir prennent le dessus.

Et dans cette affaire, ce qui effraie aujourd’hui une partie des Israéliens n’est pas uniquement ce qui a été découvert.

C’est l’idée que sans un simple signalement, personne n’aurait peut-être jamais su ce qui se déroulait derrière des portes considérées comme parfaitement normales.

L'enquête israélienne reste ouverte. La police maintient une communication prudente, mais plusieurs journalistes spécialisés estiment que l'affaire est loin d'avoir livré tous ses secrets.

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Bus Dizengoff : attentat ou accident ? Talia 11 ans lutte pour sa vie et personne ne veut répondre

Bus Dizengoff : attentat ou accident ? Talia 11 ans lutte pour sa vie et personne ne veut répondre

Lundi soir, rue Dizengoff, en plein cœur de Tel-Aviv. Un bus de la compagnie Dan écrase des piétons, fracasse un poteau électrique, renverse un arbre.
Talia Haya 11 ans, est déclarée morte sur place son cœur repart après quinze minutes de réanimation.
Sur le moment, les témoins crient "attentat".
Pas de panique irrationnelle une conviction, nourrie par ce qu'ils ont vu de leurs yeux : un chauffeur qui s'agite de manière erratique sur la route de longues minutes avant l'impact, un comportement qui n'a rien d'une défaillance mécanique ni d'un malaise médical.

Le chauffeur a 26 ans issu de la communauté arabe. Lui est vivant. Il dort chez lui en assignation à résidence.
Talia Haya elle, se bat entre la vie et la mort. Et la police a attendu quatre jours pour daigner parler à sa famille.
Dans un pays qui compte ses morts d'attentats au véhicule-bélier depuis des années, ce silence-là n'est pas une négligence c'est un scandale.

Tel-Aviv, rue Dizengoff : accident ou attentat ? La question que l'on doit se poser

Lundi soir, rue Dizengoff, en plein cœur de Tel-Aviv.
Un bus de la compagnie Dan percute un poteau électrique, un arbre, et fauche plusieurs piétons. Onze blessés.
Parmi eux, Talia Haya, 11 ans, qui se bat encore pour sa vie ce jeudi.
Sa mère et sa sœur de 17 ans ont assisté, impuissantes, à la scène où les secouristes l'ont déclarée morte avant que son cœur ne reparte. Son père, Yuval Timsit, ne quitte pas son chevet depuis trois jours. Et il parle.

"Ils nous cachent quelque chose"

Yuval Timsit n'est pas homme à se taire. Depuis que sa fille gît dans un lit d'hôpital avec une défaillance cardiaque, rénale et une atteinte cérébrale, il réclame des réponses.
Des réponses que la police ne lui donne pas ou trop tard.
"Comment est-il possible que l'officier de police ne soit venu nous parler que quatre jours après les faits ?" lâche-t-il, la voix chargée de colère contenue. "J'ai toutes les raisons de croire qu'on nous dissimule quelque chose."

Ce qu'il décrit n'est pas anodin. Selon lui, des témoins présents sur place ont crié "attentat" dès les premières secondes. Le chauffeur, un jeune homme de 26 ans issu du secteur arabe, "s'agitait de manière erratique sur la route de longues minutes avant la collision". Et malgré cela, il a été libéré sous assignation à résidence. Pas placé en détention. Pas traité comme un suspect d'attentat. Simplement renvoyé chez lui.

La scène qui ne ressemble pas à un accident ordinaire

Le paramedic Simha Simandiev, qui était sur place, décrit un bus dont le pare-brise était fracassé, ayant percuté successivement un poteau électrique, un arbre, puis des piétons. Talia, qui raccompagnait simplement ses amies à l'arrêt de bus proche de chez elle, a été renversée par un arbre et électrocutée dans la foulée. Ses amies ont eu le temps de fuir. Pas elle.

Quinze minutes de réanimation. Un cœur déclaré arrêté. Puis un miracle, selon les mots de son père. Mais un miracle ne dispense pas d'une enquête sérieuse.

La question cruciale : accident ou acte délibéré ?

C'est ici que le malaise s'installe. Dans le contexte israélien actuel, après des années d'attentats à la voiture-bélier, à l'arme blanche, au camion lancé sur des foules, la question n'est pas paranoïaque elle est légitime et nécessaire.
Des témoins ont crié "attentat" en temps réel.
Le comportement du chauffeur avant l'impact a été jugé anormal par plusieurs personnes présentes. Un chauffeur erratique, un bus qui dérape, des piétons fauchés en pleine artère de Tel-Aviv  le scénario mérite une investigation rigoureuse et transparente, pas une mise en résidence surveillée expédiée en silence.

Or c'est précisément ce silence qui alimente les doutes. Pourquoi quatre jours pour qu'un officier daigne rencontrer la famille d'une enfant entre la vie et la mort ?
Pourquoi l'information médicale critique électrocution ou traumatisme crânien, première cause des défaillances organiquesn'est-elle toujours pas communiquée aux médecins qui la soignent ? "C'est une donnée cruciale pour son traitement," insiste le père, "et nous ne l'avons pas."

Le droit à la vérité

La famille Timsit ne demande pas de lynchage. Elle demande une enquête. Transparente, rapide, à la hauteur de la gravité des faits. Elle demande que l'on ne balaie pas sous le tapis les témoignages de passants qui, au moment des faits, ont spontanément crié à l'attentat. Elle demande que la qualification juridique de l'acte négligence, défaillance technique, ou intentionnalité — soit établie publiquement, et non gérée dans l'opacité administrative.

"Nous demandons au public de prier pour un miracle," conclut Yuval Timsit. Mais une prière ne remplace pas une réponse. Et une réponse, la famille, comme le public israélien, est en droit de l'attendre.

IA en Israël : les licenciements massifs dans la tech ne font que commencer

IA en Israël : les licenciements massifs dans la tech ne font que commencer

Entre 5 % et 10 % des effectifs se retrouveront sans emploi cette année et les seniors comme les managers n'y échapperont pas

Les licenciements massifs annoncés par Meta cette semaine ont remis sur le devant de la scène une question que beaucoup préféraient encore esquiver : l'intelligence artificielle est-elle en train de détruire l'emploi dans la tech ?

Alors que certains estiment que la technologie est devenue un prétexte commode pour masquer des difficultés financières, d'autres dans l'industrie voient dans ces vagues de suppressions de postes un changement structurel profond, irréversible, qui frappera sans distinction ceux qui ne sauront pas s'adapter.

Un tsunami de licenciements à l'échelle mondiale

Depuis le début de 2026, les annonces de suppressions de postes se succèdent à un rythme qui donne le vertige.
En janvier, Amazon mettait à la porte des dizaines de milliers d'employés, essentiellement dans ses divisions corporate et son siège social, tout en investissant des milliards dans des data centers.
Jack Dorsey, chez Block, a taillé 40 % de ses effectifs soit quelque 5 000 personne en déclarant sans détour que les outils d'IA permettent désormais à des équipes bien plus réduites d'accomplir ce qui exigeait autrefois des milliers de bras.

Cisco a licencié environ 4 000 collaborateurs au moment même où elle annonçait un trimestre record à 15,8 milliards de dollars de revenus, pour réorienter les budgets vers des réseaux pilotés par l'IA.
Oracle a supprimé quelque 30 000 postes dans tous ses départements, confrontée à une pénurie de liquidités générée par la construction frénétique de centres de données pour l'IA  avec des prévisions de flux de trésorerie négatifs au moins jusqu'en 2030.
Snap a annoncé en avril le départ de 1 000 salariés, soit 16 % de ses effectifs mondiaux.
Et cette semaine encore, Intuit a annoncé des coupes à hauteur de 17 % de son personnel, au nom de ses ambitions en IA.
Quant à Meta, elle a enclenché le licenciement de 8 000 employés 10 % de sa main-d'œuvre — tout en forçant 7 000 autres à rejoindre ses équipes IA, aplatissant au passage ses strates managériales.

En Israël, la tendance commence à se faire sentir concrètement. La société LSports a licencié une quarantaine d'employés et reconnu sans ambages que "95 % de notre code est désormais écrit par l'IA". Son PDG, Dotan Lazar, l'a résumé sans fioritures : "L'IA est une révolution folle. On peut avancer plus vite avec moins de monde."

L'IA comme bouc émissaire commode ?

Les chiffres, pourtant, nuancent le tableau. Une enquête menée en décembre dernier par l'Autorité israélienne de l'innovation et la société Tzabiran auprès de 192 entreprises tech locales employant près d'un tiers des salariés du secteur révèle que seulement 13 % des entreprises ayant procédé à des licenciements massifs ont cité l'adoption de l'IA comme l'une des raisons et encore, presque toujours comme facteur secondaire. L

e nombre total d'employés dans l'industrie stagne autour de 400 000 depuis trois ans. Le vrai moteur des suppressions de postes reste les difficultés économiques et le besoin ordinaire de rentabilité.

Yael Mazoz Harpaz, vice-présidente de l'Autorité de l'innovation, le dit sans détour :
"L'IA est devenue une excuse commode pour les entreprises contraintes de tailler dans leurs effectifs. Elles préfèrent dire au marché qu'elles s'adaptent au progrès technologique plutôt qu'admettre que leur situation financière les a acculées à licencier." Cela dit, elle reconnaît qu'une demi-année a passé depuis cette enquête, et que les outils d'IA s'améliorent à une vitesse vertigineuse.

Même Sam Altman, le PDG d'OpenAI l'entreprise qui a déclenché la révolution de l'IA générative a reconnu l'existence de ce phénomène.
"Je ne connais pas le pourcentage exact, mais il existe une certaine forme d'AI washing, dans laquelle des gens imputent à l'IA des licenciements qu'ils auraient de toute façon effectués. En parallèle, certains types de postes disparaissent réellement à cause de l'IA", a-t-il déclaré à CNBCTV18 lors de la conférence "India AI Impact" en février dernier.

Un changement structurel, pas une crise

Shiri Vax, PDG de Gotfriends, cabinet spécialisé dans le recrutement en tech, refuse de voir dans ces licenciements le signe d'une crise. Pour elle, ils signalent une mutation profonde de la structure même de l'industrie :

"Nous sommes au cœur d'un changement fondamental du monde du travail. De nombreuses entreprises réexaminent la composition de leurs équipes, la répartition des rôles et les compétences requises à l'ère où l'on peut accomplir davantage de tâches notamment en développement, data, produit et opérations avec moins de ressources humaines et plus d'outils technologiques."

Son pronostic est sans ambiguïté : entre 5 % et 10 % des effectifs en Israël se retrouveront sans emploi cette année. Et le couperet ne tombera pas seulement sur les juniors les seniors et les managers ne seront pas épargnés.
Le profil des victimes ? Ceux qui n'auront pas réussi à adopter les technologies d'IA.

En remplacement, elle anticipe une vague de recrutements ciblés : des AI programmers capables d'introduire des automatisations dans les systèmes de développement, et des Field Engineers ou Solution Engineers aptes à travailler directement avec les clients pour construire des fonctionnalités sur mesure dans ce nouvel environnement.

Comment les entreprises apaisent-elles leurs équipes ?

Pendant ce temps, les entreprises israéliennes tentent de désamorcer les angoisses de leurs salariés.
Adi Itskowitz, VP des ressources humaines chez Payoneer, explique que lorsque la société a commencé à déployer des outils d'IA, la question centrale a été : comment cette technologie peut-elle aider les employés à mieux faire leur travail ?
Payoneer est en pleine transformation vers un modèle "AI-native" et a récemment annoncé l'ouverture de dizaines de nouveaux postes en Israël, assortis d'un programme de formation transversal pour rendre les outils d'IA accessibles à l'ensemble des collaborateurs.

"L'IA ne va pas remplacer nos employés  au contraire. Nous recrutons, nous investissons dans la formation et nous voyons dans l'IA un outil qui supprime les obstacles, améliore la productivité et permet aux employés de se concentrer sur le jugement et la responsabilité humains", dit-elle.

Chez OpenLegacy, le CTO et cofondateur Roei Mor raconte qu'au début de l'aventure, l'un de ses développeurs lui a posé la question qui brûlait toutes les lèvres :
"Si l'IA écrit du code plus vite que moi, quelle est ma valeur ?"
La réponse a été claire : la valeur d'un développeur ne se mesure pas au nombre de lignes de code qu'il produit, mais à sa capacité à résoudre des problèmes complexes.
L'entreprise a mis en place un modèle de développement incluant des formations pratiques, un accès libre aux plateformes IA et du temps dédié à l'apprentissage. "Certaines équipes se sont même fixé un nouveau KPI : quelle part du travail est réalisée en collaboration avec l'IA.
Ce glissement élève aussi le niveau d'intérêt et de sens dans le travail. Au lieu de s'attarder sur des tâches répétitives, les employés se concentrent davantage sur l'architecture, la compréhension du domaine et la prise de décision un changement que la plupart adoptent très vite."

Anat Kedar, Chief People Officer chez DoorLoop, confirme que l'introduction d'outils comme Claude d'Anthropic a suscité des questions directes de la part des équipes sur leur avenir.
"Nous avons réuni les équipes de développement et clarifié les choses : l'IA ne remplace pas les gens, elle change la façon dont ils travaillent." Son message aux employés est ferme : "La carrière ne se mesure pas à la capacité de concurrencer la technologie, mais à la capacité de grandir avec elle. La stabilité de l'emploi n'est pas en contradiction avec l'innovation au contraire. Une organisation qui adopte l'IA correctement crée un environnement de travail plus sûr, plus professionnel et plus pertinent pour l'avenir."

Un multiplicateur de force, pas un fossoyeur d'emplois

Chez Viber, qui sert des centaines de millions d'utilisateurs dans le monde avec moins de 600 employés, le CTO Liad Shnell voit l'IA comme un multiplicateur de force indispensable pour rester dans la course face à des concurrents dix fois plus grands.

"L'IA est une condition de notre capacité à continuer de croître et à nous imposer", affirme-t-il. "En pratique, toutes nos équipes de développement utilisent des outils d'IA au quotidien. Cela n'a remplacé aucun développeur cela les a simplement rendus plus rapides et plus efficaces."

L'avantage concurrentiel, selon lui, ne reviendra pas à celui qui aura accès à l'IA, mais à celui qui saura l'intégrer dans ses systèmes, ses processus et sa culture d'entreprise.
"L'objectif n'est pas seulement de gagner du temps, mais de rendre possible ce qui ne l'était pas avant  comme l'analyse en temps réel de volumes massifs de données ou la réduction spectaculaire des cycles de développement."

Le verdict de l'industrie est ainsi partagé, mais cohérent : la révolution de l'IA n'est ni un mirage ni une apocalypse. C'est une mutation, profonde et irréversible, de la nature même du travail. Ceux qui l'embrasseront en sortiront renforcés. Les autres, comme toujours, paieront le prix du retard.

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"J'ai découvert que j'étais une enfant sauvage" : la force au féminin qui réinvente le plateau du Golan

Fromages, vignes et roses : ces Israéliennes qui réinventent le Golan à mains nues

"J'ai découvert que j'étais une enfant sauvage" : la force au féminin qui réinvente le plateau du Golan

Entre les vignes d'Ein Zivan et l'étable aux chèvres de Kanaf, une génération de femmes agriculteurs trace un sillon inédit sur le plateau du Golan.
Shiri parle à ses chèvres comme à ses enfants, Lital Ovadia dirige un chai avec une équipe exclusivement féminine, et les sœurs Sadé cueillent leurs roses à l'aube. Ces femmes n'ont pas choisi la terre par dépit ou par défaut. Elles l'ont choisie comme une vocation. Et ce territoire particulier semble les y autoriser pleinement.

"Je voulais des fromages"

Shiri Baruch a une façon bien à elle de raconter les tournants de sa vie : avec un rire franc et une précision implacable dans le détail. C'est lors d'une randonnée nocturne en Thaïlande, en pleine lune de miel, qu'elle brosse ses dents et perd son alliance dans un ravin.
Elle se tourne vers son mari Ravid et lâche, comme une évidence : "C'est un signe. Je ne retourne pas au travail." Ravid demande ce qu'elle veut faire à la place. Et là, quelque chose surgit, du fond d'elle-même, d'une région de son âme qu'elle ne soupçonnait pas. "Je veux faire des fromages."

Avait-elle le moindre lien avec le fromage ? "Aucun. Absolument aucun." Cette décision impulsive, prise à des milliers de kilomètres de chez elle, allait pourtant décider de toute la suite.

Revenue en Israël, Shiri suit un cours théorique à Ruppin, sans formation pratique, et commence à expérimenter dans sa cour.
Elle tente de trouver un emploi de fromagère salariée en vain.
Aujourd'hui, elle s'en félicite : cet échec l'a contrainte à persévérer par ses propres moyens.
Le chemin la conduit finalement, avec Ravid, jusqu'au mochav de Kanaf sur le plateau du Golan.
"Nous sommes sortis de la voiture, nous nous sommes retrouvés au bord de la falaise surplombant Safed et le mont Méron, et nous avons su tous les deux, dans le même instant, que c'était ici que serait notre maison."

"Je me suis retrouvée avec trois enfants et un troupeau"

L'installation n'a rien d'une idylle bucolique. Soixante chèvres, des tonnes de dettes, une construction de bâtiment et une grossesse. Ravid travaille à l'extérieur comme informaticien. Shiri, elle, tient debout à la force des dents.
"C'était la période la plus dure, mais c'est elle qui m'a construite."
Le troupeau est passé depuis de 60 à 130 chèvres. La fromagerie, nichée contre leur maison, est son royaume exclusif. Personne d'autre n'y entre pas même Ravid.

"Aucun fromage ne ressemble à un autre. Je travaille sans thermomètre, sans règles. Je n'aime pas les règles ni les cadres. Personne ne me dira comment faire, combien et pourquoi." Elle tourne la tête vers son mari avec un sourire complice.
"C'est son problème, il fait avec. Je suis un oiseau, j'ai besoin de liberté."

Ce qui est frappant chez Shiri, c'est la manière dont elle parle de ses bêtes non pas comme d'un cheptel, mais comme d'une communauté vivante dont elle est l'âme.
Elle se définit elle-même comme une "doula"* de chèvres.
Elle connaît le caractère de presque chacune des adultes. Elle dit voir dans leurs yeux "quelque chose qui va au-delà", sentir qu'elles veulent du contact, de l'amour, qu'on les voie telles qu'elles sont. "Chacune avec son unicité, sa beauté, sa vulnérabilité."

Ravid confirme, sans détour : "Moi, je suis plutôt dans la logique de comment on fait tenir ça comme une entreprise. Shiri, elle est dans comment on prend soin de ces âmes pour qu'elles vivent leur vie le mieux possible. Il y a des chèvres qui attendent qu'elle arrive pour mettre bas. Elles ne veulent pas le faire quand je suis là ou quand l'ouvrier est là. Seulement elle."

À la question de ce qu'elle a découvert en mettant les mains dans le chaudron, Shiri répond sans hésiter : "Que je suis une enfant sauvage."

"Une femme peut être agricultrice ici plus facilement"

Le phénomène ne se limite pas à Kanaf. Sur l'ensemble du plateau du Golan, les femmes s'imposent de plus en plus dans un secteur longtemps dominé par les hommes. Au mochav de Natur, dans le sud du plateau, elles représentent près de la moitié des exploitants.
Comment expliquer cette singularité ?

Ravid avance sa propre thèse avec une franchise désarmante : "Ici, personne ne se bat pour ce territoire dans le sens quotidien du mot. Le Golan a une douceur particulière : si tu veux vivre ici, alors vis. Personne ne t'en empêche. Les fractures, les conflits c'est une invention des hommes, pas des femmes. Ici, les femmes mènent et définissent. Que ça continue comme ça."

Lital Ovadia, propriétaire du vignoble et de la cave Tel dans le mochav Sha'al, va plus loin dans l'analyse. "C'est l'un des territoires les plus sauvages du pays, où l'on voit encore des animaux à l'état libre. Il y a une forme d'âpreté ici je peux travailler dans la vigne par 4 degrés avec les doigts gelés et les chaussettes trempées. Mais il y a aussi quelque chose de plus paisible, une atmosphère de paix qui n'est pas celle des zones de conflit.
Pas le stress de la Samarie. Pas la pression immobilière du centre. Alors oui, peut-être qu'une femme peut être agricultrice ici plus facilement."

"La vigne, dans la Bible, est comparée à une femme"

Lital Ovadia est de ces personnes dont le débit de parole ne tarit jamais parce que la matière, pour elle, est inépuisable.
On peut passer plus d'une heure à déambuler entre son chai et ses vignes en l'écoutant expliquer le terroir, les types de sol, les différences d'altitude, et comment tout cela se retrouve dans un verre de vin. Ce qui frappe à l'écouter, c'est qu'elle conjugue instinctivement les mots "vigne", "vignoble" et "cave" au féminin.

"Ce n'est pas tout à fait un hasard. La vigne, dans la Bible, est comparée à une femme. Et pour moi aussi, elle résonne profondément avec une essence féminine.
C'est une agriculture à hauteur de taille, à hauteur de ventre.
Avec la vigne, je me tiens sur la terre. Elle ne dépasse pas le niveau de mes yeux. La vigne est l'un des végétaux les plus résistants qui soient : fertile, productive chaque année, versatile, capable de s'adapter à une vague de chaleur, à un climat changeant, à un orage de grêle. Et il y a en elle quelque chose de romantique, de grimpant."

Lital a grandi sur les bords de la Méditerranée, plongeant avec son père et aidant à vider les poissons sur le quai avant même de savoir lire.
C'est à 18 ans, en se rendant au kibboutz Mérom Golan, qu'elle découvre les vignes et renonce à sa vocation première de biologiste marine. Des années de formation s'ensuivent, Chypre, l'Afrique du Sud, l'Italie, puis un master en Australie. Il y a sept ans, un coup du sort lui offre une parcelle à Sha'al, et c'est là que tout bascule dans l'indépendance.

L'équipe de son chai est aujourd'hui exclusivement féminine quatre employées permanentes. "J'ai grandi dans ce milieu entourée d'hommes formidables. Quand j'ai travaillé en Afrique du Sud, j'étais la seule femme dans une équipe de six. Quand je me suis retrouvée à travailler dans un environnement féminin, j'ai soudain eu un endroit où me reposer aussi. Il y a une joie à dire à l'équipe : vous rendez-vous compte que nos mains, notre dos, ce corps-là, ont remué trente tonnes cette saison ? C'est une forme de puissance féminine. C'est très fortifiant."

La scène de film dans le champ de roses

Le voyage se termine à Ein Zivan, dans la parcelle des sœurs Ruth Sadé et Naomi Spalman-Yéhezkel. Mai est normalement à leur apogée la période de la cueillette des roses. Mais l'hiver s'est attardé cette année et les fleurs n'ont pas encore toutes éclos. Elles passent entre les plants, ramassant ce qui s'ouvre malgré tout.

"C'est toujours une période émouvante," dit Naomi, l'aînée.
"On arrive tôt le matin parce que la qualité aromatique est dans la fleur au jour de son éclosion, dans les premières heures. La rosée, le chant des oiseaux, le parfum de la cueillette. Parfois on commence à lancer des pétales l'une sur l'autre, comme un salut du matin. De la magie."

Ruth, la cadette, raconte l'histoire d'un couple âgé, russophone, qui s'est arrêté un jour devant la clôture. Attirés par des gestes, ils ont rejoint la cueillette. L'homme s'est retrouvé debout, les larmes aux yeux, parmi les fleurs. Puis une boulangère du coin est arrivée avec ses pains du matin tout juste sortis du four. La fromagère d'en face a suivi avec le lait du matin. Les mères des unes et des autres se sont jointes, lançant des fleurs à la volée. "Comme une scène de film."

Les deux sœurs cultivent des roses, de la lavande et de l'hélichryse vendus comme fleurs coupées pour la décoration, mais surtout destinés à la fabrication de parfums et de cosmétiques.
Leur installation doit beaucoup à un hasard heureux : Ruth cherchait initialement une aide ponctuelle pour aménager le lieu, et a passé un coup de fil à Naomi, alors architecte et décoratrice d'intérieur dans le centre du pays.
"Elle m'a demandé un conseil de design. Et très vite, son cœur s'est ouvert et elle a tout déménagé ici."

Le champ entier, elles l'ont planté elles-mêmes, bouture après bouture, avec l'aide d'une communauté entière parents, amis, enfants, petits-enfants. Et tout ça, pendant que la guerre se poursuit à côté, sans se taire. "C'est une terre jeune, cette région," dit Ruth. "Les affaires ici n'ont commencé qu'en 1968. Ce cercle du père qui passe à son fils, qu'on voit ailleurs, a été brisé ici. Ça a permis à d'autres choses d'exister. Et à d'autres gens y compris des femmes de créer quelque chose à partir de rien."

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Cybernétique Orsay : L'hébreu, la langue qui affole les instruments de mesure et le cerveau - vidéo-

Cybernétique Orsay : L'hébreu, la langue qui affole les instruments de mesure et le cerveau - vidéo-

 

Des chercheurs du laboratoire parisien d'Orsay font défiler sur leurs appareils toutes les langues du monde français, anglais, russe, chinois, sanscrit.

Ils mesurent, ils notent, ils comparent.
Rien de surprenant.

Puis quelqu'un lance l'idée d'ajouter l'hébreu. Simple curiosité. Un rabbin accepte de prêter sa voix.
La bande tourne. Et soudain, les aiguilles s'affolent.
Là où toutes les autres langues plafonnaient à 8 000 périodes par seconde, l'hébreu explose le compteur à 12 000. Stupéfaction générale dans la salle.

Ce chiffre banal en apparence, vertigineux dans ses implicationssoulève une question que personne n'ose vraiment poser à voix haute : et si parler l'hébreu, le comprendre, le penser, entraînait le cerveau d'une façon que nulle autre langue ne fait ?

Et si des millénaires de tradition orale sacrée avaient, sans le savoir, constitué le plus exigeant des gymnasiums neurologiques ?

Ce n'est pas de théologie qu'il s'agit ici. C'est de physique acoustique, de cybernétique, de neurologie auditive et d'un kabbaliste français du nom d'Adolf Dimitri Grad, qui fut l'un des premiers à oser mettre ces deux mondes face à face. Son témoignage, recueilli en 1975, reste aujourd'hui d'une troublante actualité.
Accrochez-vous : l'article qui suit est exigeant, mais ce qu'il révèle vaut largement l'effort.

Les lettres hébraïques émettent-elles une énergie mesurable ? Ce que la science et la kabbale ont à dire

Il y a un demi-siècle, dans les années 1970, un kabbaliste français du nom d'Adolf Dimitri Grad prenait la parole devant un public attentif et livrait un témoignage troublant. I
l avait participé, disait-il, à des expériences menées en laboratoire à Paris, au cours desquelles les lettres de l'alphabet hébreu avaient été soumises à des mesures scientifiques.
Le résultat ? Des émissions d'un type particulier, qu'il appelait rigoureusement des « effets de formes », et que ses collègues du CNRS cherchaient à rattacher au domaine électromagnétique, voire gravitationnel.
Des décennies plus tard, le sujet n'a pas cessé d'intriguer  et les pistes ouvertes par cet entretien de 1975 méritent d'être examinées sérieusement.

Un homme, une tradition, une question précise

Adolf Dimitri Grad est né en 1916. Philosophe et écrivain d'origine juive russe, il se présentait comme le descendant en ligne directe, à la septième génération, du célèbre Gaon de Vilna. Spécialiste reconnu de la kabbale, il rédigea plus de vingt-cinq ouvrages et donna des centaines de conférences et séminaires à travers le monde.
Il est notamment connu pour son ouvrage Les clefs secrètes d'Israël, paru chez Robert Laffont, et pour Le véritable Cantique de Salomon, une introduction kabbalistique du Cantique des Cantiques, parue en 1970.

Ce qui frappe d'emblée dans son témoignage de 1975, c'est le soin avec lequel il distingue les mots. Il ne parle pas d'émissions mais d'effets de formes une nuance qui renvoie à tout un corpus de recherches parallèles, situées aux marges de la physique officielle mais jamais tout à fait absentes des laboratoires.

Les effets de formes : une notion qui ne sort pas du néant

La notion d'onde ou d'effet de forme n'est pas une invention ésotérique tardive. Dans les années 1930, le chercheur français Chaumery et son collaborateur de Bélizal ont popularisé le terme "onde de forme". Ils ont observé que des objets de formes différentes émettaient des radiations mesurables, et plus tard, d'autres chercheurs comme Enel ou Servranx ont poursuivi leurs travaux, cherchant à comprendre comment la géométrie pouvait influencer l'énergie. 

Le terme "ondes de formes" a été forgé en radiesthésie par Chaumery et de Bélizal à partir de leurs recherches. Ce que l'on appelle "ondes de forme" sont des radiations considérées comme électromagnétiques, dont la longueur d'onde reste inconnue.
Ce statut hybride ni totalement reconnu ni totalement réfuté est précisément ce qui rend la question intéressante d'un point de vue épistémologique.

Lorsque Grad parle d'effets de nature « en principe électromagnétique », voire « du niveau gravitationnel », il situe sa réflexion dans ce même espace de questionnement : celui des interactions entre forme, matière et rayonnement, qui constitue un vrai problème ouvert en physique fondamentale.

Ce que la cybernétique a découvert sur l'hébreu

L'épisode le plus frappant du témoignage de Grad concerne une expérience de cybernétique appliquée à la linguistique. Des chercheurs, après avoir enregistré puis analysé sur bandes passantes les principales langues du monde, se heurtèrent à un résultat inattendu.
Toutes les langues testées  français, anglais, russe, portugais, chinois, sanscrit se situaient dans une plage fréquentielle déterminée, ne dépassant pas un certain seuil. Puis vint l'hébreu. La mesure décrocha.

Ce récit trouve un écho frappant dans les travaux indépendants du Dr Alfred Tomatis, oto-rhino-laryngologiste français.
En appliquant ses mesures aux différentes langues, Tomatis établit qu'un Anglais utilise pour parler les fréquences allant de 2 000 à 12 000 hertz, un Français celles de 100 à 300 hertz et de 1 000 à 2 000 hertz, la plupart des locuteurs slaves celles de 100 à 12 000 hertz, le germanophone celles de 100 à 3 000 hertz.
Ce qui est remarquable, c'est que par exemple, le lieu d'élection de la plus grande agglutination fréquentielle pour le français se rencontre aux alentours de 800 à 1 800 hertz, tandis que pour l'anglais il s'étend de 2 000 à 12 000 hertz  et cette simple constatation scientifique permet déjà de pressentir que tout se passe comme si un Français devenait pratiquement sourd quand il entend de l'anglais.

Les chiffres que cite Grad dans son entretien 4 000 Hz pour le français, 8 000 Hz pour l'anglais sont tout à fait cohérents avec les mesures de Tomatis, même si Grad précise que les cybernéticiens d'Orsay mesuraient la « partie élevée du discours », et non l'ensemble du spectre.
Et le chiffre de 12 000 Hz pour l'hébreu, qui provoqua la stupéfaction dans le laboratoire, se retrouve dans les données de Tomatis comme plafond pour les langues slaves les plus riches en hautes fréquences. L'hébreu apparaîtrait ainsi comme une langue dont la richesse en fréquences élevées est hors norme.

La loi de Tomatis et ce qu'elle implique

Selon la loi Tomatis, les humains ne peuvent reproduire dans leur expression orale que les fréquences qu'ils perçoivent. Autrement dit, une langue très riche en hautes fréquences constitue aussi un entraînement particulier du système nerveux auditif  et, par extension, du cerveau.

Alfred Tomatis, oto-rhino-laryngologiste, a élaboré des ethnogrammes qui montrent la différence entre les langues du point de vue fréquentiel. Ils montrent quelles zones fréquentielles sont moins impliquées dans la langue maternelle des apprenants et donc quelles fréquences il faudrait renforcer pendant l'entraînement pour améliorer leur perception et prononciation de la langue cible.

Si l'hébreu sollicite des plages fréquentielles exceptionnellement élevées, cela implique une stimulation particulière du cortex auditif et du système nerveux.

La tradition kabbalistique, elle, a toujours enseigné que la récitation des lettres hébraïques possède une action propre sur le corps et l'esprit non comme métaphore, mais comme réalité fonctionnelle. Les deux approches, l'une physiologique, l'autre mystique, semblent décrire le même phénomène depuis des angles différents.

La lettre comme forme active

Dans la kabbale, chaque lettre hébraïque n'est pas un simple signe phonétique.
Le livre des principes kabbalistiques de Grad articule des considérations traditionnelles sur l'alphabet hébreu et les séphiroth, avec des propositions de géométrie sacrée qui conduisent notamment à la trisection de l'angle une propriété géométrique longtemps tenue pour impossible.
Un théorème dissimulé dans le Traité de la Formation permettrait, selon cette approche, de participer à la création du monde par la connaissance du sens ontologique des nombres et la manipulation des lettres de l'alphabet sacré. Éditions du Rocher

Cette conception  la lettre comme forme active dans l'espace fait écho aux notions modernes de résonance morphique et de champ de forme, explorées depuis par des chercheurs comme Rupert Sheldrake, bien que dans des contextes épistémologiques très différents.

Ce qui reste ouvert

Il faut dire les choses clairement : aucune publication scientifique peer-reviewed n'a, à ce jour, démontré de façon reproductible que les lettres hébraïques émettent des effets mesurables distincts de ceux d'autres formes géographiques.
Les travaux de Tomatis sur les fréquences des langues, bien que réels et mesurés, restent eux-mêmes au bord de la reconnaissance académique totale. La communauté scientifique reste prudente face à la mesure de ces énergies, malgré les effets rapportés par les utilisateurs.

Mais l'absence de preuve n'est pas une preuve d'absence. Ce que le témoignage de Grad met en lumière, c'est la convergence de trois lignes d'investigation indépendantes la cybernétique linguistique des années 1960-70, l'audio-psycho-phonologie de Tomatis, et la tradition kabbalistique millénaire qui toutes pointent vers la même anomalie : l'hébreu se comporte différemment des autres langues lorsqu'on le mesure, et ses lettres, pensées comme des formes géométriques dotées d'une action propre, méritent une investigation sérieuse.

La science a souvent progressé en prenant au sérieux ce que les traditions avaient observé sans pouvoir l'expliquer. La question des effets de formes des lettres hébraïques est peut-être l'un de ces territoires où le futur de la recherche reste entièrement à écrire.

Références bibliographiques

Adolf Dimitri Grad

  • Pour comprendre la kabbale, Dervy-Livres, 1966 (rééd. revue et augmentée)
  • Le véritable Cantique de Salomon, 1970
  • Les clefs secrètes d'Israël, Robert Laffont, 1973 (rééd. 1980, 2 vol. en 1)
  • Le livre des principes kabbalistiques, Éditions du Rocher
  • Initiation à la kabbale hébraïque, Éditions du Rocher

Alfred Tomatis

  • L'oreille et la vie — Itinéraire d'une recherche sur l'audition, la langue et la communication, Robert Laffont, 1977
  • L'oreille et le langage, Éditions du Seuil, 1963
  • Vers l'écoute humaine, ESF, 1974

Sur les ondes de formes

  • Chaumery & de Bélizal, Essai de radiesthésie vibratoire, Dangles, 1940
  • Servranx, Les ondes de forme, Servranx, Bruxelles

Sur la kabbale et les lettres hébraïques

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Michelle : deuxième à l'Eurovision et première en opération navale avec Tsahal -vidéo-

Michelle : la chanson qui fini deuxième à l'Eurovision et première en opération navale avec Tsahal -vidéo-

Quand Tsahal mixe de la pop sur une flottille de bobos

Le 19 mai 2026, en Méditerranée. D'un côté, une armée rodée. De l'autre, cinquante navires chargés de militants, de caméras et d'indignation professionnelle. Suspense insoutenable. Résultat : une playlist.

La flottille la plus vide de l'histoire de la navigation humanitaire

La Global Sumud Flotilla  "sumud" signifie "résistance" en arabe, ça commence bien se pointe avec ses grands sabots médiatiques direction Gaza, slogans humanitaires en bandoulière, euro députés en gilet de sauvetage et Greta Thunberg en figure de proue. Tout est filmé, diffusé, commenté en direct. On documente. On témoigne. On souffre pour la postérité.

Petit détail gênant : selon la police israélienne, les cales seraient... vides.
Pas de médicaments. Pas de farine. Pas de couvertures. Juste des militants et leurs téléphones à 1000 % de batterie. Le ministère des Affaires étrangères israélien résume sobrement l'affaire : opération de communication, pas mission humanitaire. Traduction non-diplomatique : une flotille de pacotille.

Oops, ils ont encore recommencé

Avant même que les commandos israeliens ne se manifestent, la marine prend le contrôle des haut-parleurs des navires. Et là, coup de génie absolu : pas d'ultimatum martial, pas de voix robotique menaçante. Non.
Les cinquante navires de la résistance internationale reçoivent en pleine face Michelle, la chanson avec laquelle Noam Bettan venait d'offrir à Israël une deuxième place à l'Eurovision quelques heures plus tôt à Vienne.

Puis, pour certains navires, en prime : Britney Spears. Oops!… I Did It Again. Le commentaire musical le plus efficace de la décennie.

Greta n'avait pas prévu ça dans ses fiches.

Une chanson, une doctrine

Michelle n'est pas un morceau anodin. Coécrite avec Yuval Raphael, trilingue, structurée pour fracasser un public européen blasé, elle venait de terminer deuxième à Vienne malgré les boycotts, malgré les cinq pays qui ont claqué la porte, malgré le climat politique électrique. Deuxième pour la deuxième année consécutive. Les Israéliens ont l'habitude de performer sous pression.

Et quand votre chanson sert quelques heures plus tard à stopper une flottille militante en Méditerranée, c'est ce qu'on appelle une tournée mondiale réussie.

La bataille de récits perdue par ceux qui l'avaient préparée

Voilà le vrai retournement de cette histoire. La flottille avait tout organisé pour produire son image : oppresseurs contre humanitaires, David contre Goliath, caméras en direct, visages célèbres. Mandela, Thunberg, des eurodéputés en casting taillé pour la Une.

Sauf que leur propre dispositif de diffusion en direct a retransmis l'autre séquence. L'intervention rapide, maîtrisée. L'arrêt net. Et cette chanson , triomphante, qui remplace toute rhétorique militaire.

Ils voulaient produire un récit. Ils en ont produit un autre exactement l'inverse.

Épilogue en mode refrain

Pas de grande bataille. Pas de sang. Pas de martyr pour les chaînes d'info. Une flottille stoppée, des cales vides inspectées, et une pop song eurovisionnaire comme dernier mot.

La Méditerranée, ce soir-là, n'était plus seulement un espace maritime. C'était une scène. Et Israël avait choisi sa bande-son.

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La planète ARKA : Avant la NASA, le Zohar connaissait déjà les sept mondes habités de l’univers

La planète ARKA : Avant la NASA, le Zohar connaissait déjà les sept mondes habités de l’univers

ARKA — אַרְקָא

I -La planète oubliée de la Torah : ce que le judaïsme sait des autres mondes habités

Par une synthèse des sources bibliques, du Zohar et de la tradition kabbalistique

Il existe dans la Torah un verset que presque personne ne remarque. Un verset isolé, seul de son espèce, rédigé dans une langue différente du reste du livre.
Un verset qui parle d'un monde que nous n'habitons pas. Ce verset est la porte d'entrée vers l'un des secrets les mieux gardés du judaïsme : l'existence d'une autre Terre, habitée, gouvernée, distincte de la nôtre  que la tradition appelle Arka.

 Le verset énigmatique de Jérémie :  Jérémie 10:11

Le prophète Jérémie écrit son livre en hébreu. Mais soudain, au chapitre 10, verset 11, la langue change sans explication. Ce verset unique est rédigé en araméen  la langue du Zohar, la langue des mystères.

Les traductions courantes donnent ceci :
"Vous leur direz : Les dieux qui n'ont fait ni les cieux ni la terre disparaîtront de la terre et de sous les cieux."

Mais la traduction littérale mot à mot de l'araméen révèle quelque chose de radicalement différent. Le texte ne dit pas simplement "la terre"  il emploie deux mots distincts : Arqa (אַרְקָא) et Area (אַרְעָא). Or en araméen, le mot normal pour désigner notre terre est Area.
Alors pourquoi Arqa ?

La traduction exacte devient : "Ces dieux qui n'ont créé ni les cieux ni Arka disparaîtront de Area"  c'est-à-dire : ils seront bannis de notre monde, notre Terre.
Arka et notre Terre sont donc deux choses distinctes.

Pourquoi Jérémie a-t-il écrit ce verset en araméen ? Le Zohar l'explique : afin que les anges ne le comprennent pas. Car si les anges avaient entendu ce verset en hébreu, ils auraient cru que "ces dieux" les désignaient eux, et ils auraient attaqué les hommes par jalousie. L'araméen est ici une langue de protection, un voile jeté sur un secret cosmique.

II. La cosmologie des sept Terres Zohar, Béréchit 40a

Pour comprendre Arka, il faut d'abord comprendre que le judaïsme du moins dans sa dimension ésotérique ne conçoit pas la réalité comme un monde unique et plat.
Le Zohar enseigne qu'il existe sept Terres, emboîtées comme les couches d'un oignon, chacune avec ses habitants, ses lois, sa lumière propre.

Ces sept niveaux ont des noms :

Eretz — Le niveau le plus bas, le plus dépouillé, plongé dans les ténèbres permanentes.
C'est là qu'Adam fut relégué après l'expulsion du Jardin d'Éden. Ne vous méprenez pas sur ce nom : Eretz utilisé ici comme nom propre dans ce système n'est pas notre "Eretz Israël" du langage courant c'est le nom technique du niveau le plus bas dans la hiérarchie ésotérique.

Adamah — La "terre rouge", monde intermédiaire sombre. Dam veut dire sang en hébreu

Gay — La vallée, le creux.

Neschia — La terre de l'oubli.

Tzia — La terre aride, desséchée.

ArkaLa sixième Terre. Le monde de Caïn et de ses descendants.

Tevel — La septième et plus haute Terre. Notre monde. Celui où nous vivons.

Voilà pourquoi le Zohar dit que nous vivons en Tevel, et non en Eretz au sens ésotérique : dans cette classification, Eretz désigne le niveau le plus bas, et Tevel le plus élevé. Quand vous dites Eretz Israël dans la vie courante, vous utilisez le mot hébreu ordinaire.
Quand le Zohar dit Eretz, il parle d'un plan d'existence inférieur au nôtre. Ce sont deux registres de langage qui ne se contredisent pas ils ne parlent simplement pas de la même chose.

Chacun de ces sept mondes est habité.
Le Zohar précise : "En chacun de ces endroits, il y a des créatures qui connaissent l'existence de D.ieu, sans pour autant être capables d'atteindre notre niveau de connaissance. Les créatures qui y vivent sont différentes les unes des autres.
Certaines sont revêtues de vêtements, d'autres d'écorces. Certaines écorces sont rouges, d'autres noires, blanches, ou bariolées."

III. Arka — Description physique d'un autre monde

Ce que le Zohar dit d'Arka est d'une précision saisissante pour un texte ésotérique.

La géographie de la lumière. Arka est divisée en deux parties permanentes : l'une constamment inondée de lumière, l'autre perpétuellement plongée dans les ténèbres.
Pas de jours, pas de nuits au sens où nous les connaissons une dualité figée, absolue.
Cela ressemble étrangement à ce que la science moderne appelle une planète en rotation synchrone  une planète dont une face est toujours tournée vers son soleil, l'autre toujours dans l'ombre. Comme la Lune face à la Terre.

Les constellations. "Vue d'Arka, la disposition des constellations est différente de celle que nous apercevons de notre Terre." Voilà un détail remarquable.
Les constellations changent de forme et de position selon l'endroit d'où on les observe dans l'univers. Ce fait astronomique, énoncé dans un texte ancien, implique qu'Arka se situe à une position différente de la nôtre dans l'espace.

Les saisons. "Les saisons et les semailles y sont différentes des nôtres ; elles ne s'y renouvellent qu'au bout d'un nombre considérable d'années et de siècles."
Une année sur Arka correspondrait à des dizaines, voire des centaines d'années terrestres.
Cela suggère une orbite immensément plus longue autour de son étoile une planète lointaine, froide pour sa face sombre, brûlante pour sa face illuminée.

Les deux chefs. Avant l'arrivée de Caïn, deux êtres gouvernaient Arka l'un régnant sur la partie lumineuse, l'autre sur la partie sombre et ils étaient en guerre permanente l'un contre l'autre. Arka était un monde en conflit intérieur perpétuel, miroir cosmique de la dualité.

IV. Caïn sur Arka Pourquoi ? Comment ?

La Genèse dit que Caïn, après avoir tué Abel, fut exilé "au pays de Nod" (Genèse 4:16). Le Zohar dit quelque chose de bien plus vertigineux : "Caïn se trouva soudainement sur Arka, sans savoir par qui il avait été transporté."

Ce n'est pas un voyage. Ce n'est pas une marche vers l'est. C'est une translation soudaine et involontaire vers un autre plan d'existence.

Pourquoi Arka ? Dans la pensée kabbalistique, l'âme habite le monde qui correspond à sa densité spirituelle. Caïn a commis le premier meurtre de l'histoire il a éteint le "souffle" (Hevel, son frère dont le nom même signifie vapeur éphémère).
Par cet acte, son âme a subi une chute vers un niveau inférieur au nôtre. Non pas l'enfer Arka n'est pas la Géhenne. Mais un monde de dualité, de conflits, de conscience limitée. Un monde à son image spirituelle du moment.

Il y a aussi une logique profonde : Caïn était lui-même un être de dualité. Il avait offert à D.ieu, puis il avait tué. Il était capable de lumière et de ténèbres. Arka, monde coupé en deux  une moitié de lumière perpétuelle, une moitié d'ombre éternelle est le monde qui lui correspond.

Il y arrive et, fait extraordinaire, unifie les deux chefs en guerre.
Lui, l'homme de la dualité, réconcilie les deux forces antagonistes d'Arka.
Les deux chefs réalisent alors qu'ils lui doivent leur existence qu'ils sont en quelque sorte ses "enfants spirituels." Ils fusionnent en un seul être à deux têtes, alternant entre lumière et ombre selon les cycles d'Arka.

Caïn engendre sur Arka une descendance. Mais il a également laissé une descendance sur Tevel notre monde. Genèse 4:17 mentionne qu'il "connut sa femme" et eut un fils nommé Hénoch. Ces deux lignées celle d'Arka et celle de Tevel coexistent. Ce sont deux humanités parallèles issues du même ancêtre.

V. Qui habite Arka aujourd'hui ?

Les habitants actuels d'Arka sont, selon le Zohar, les descendants de Caïn engendrés sur ce monde êtres humanoïdes, conscients de D.ieu mais d'une spiritualité limitée. Ils vivent sous l'influence des deux chefs fusionnés, oscillant entre lumière et ombre à chaque cycle.

Le Zohar ajoute un détail troublant : les deux chefs remontent régulièrement vers notre monde. "Ils traversent le grand océan, s'élèvent dans les airs et vont visiter pendant la nuit Naamah, la mère des démons. Puis ils retournent à Arka où ils excitent les petits-fils de Caïn, en leur suggérant des pensées de luxure." Il y a donc une circulation entre les mondes  Arka n'est pas hermétiquement close. Ses gouvernants viennent sur Tevel. Ils en repartent.

Naamah est ici une figure cruciale. Sur Tevel, dans la lignée terrestre de Caïn, il y a une femme nommée Naamah, sœur de Tubal-Caïn  le premier forgeron des armes de fer et d'airain. Le Zohar fait d'elle la mère des démons, l'être qui séduit et corrompt les hommes depuis le déluge jusqu'à nos jours. La lignée caïnite terrestre, avec ses géants de la technologie (Tubal-Caïn invente les armes) et ses séductrices (Naamah), et la lignée d'Arka, peuplée de descendants aux écorces bariolées, sont les deux bras d'un même héritage spirituel lourd.

VI. La rencontre — Zohar, Béréchit 157a

Il y a dans le Zohar un passage que l'on peut qualifier de premier récit de contact de la littérature sacrée.

Deux sages de l'ère de la Michna Rabbi Hiya et Rabbi Yossé voyagent. Ils s'arrêtent pour se reposer sur un rocher fendu. Soudain, un homme surgit de la fissure du rocher. Il leur raconte qu'il vient d'Arka. Il pose aux sages des questions sur notre monde.

Rabbi Yossé lui répond : "Le nom de notre Terre est Erets, car c'est ici que réside la vie, c'est d'ici que naît le pain."

Aussitôt qu'il eut cessé de parler, l'habitant d'Arka disparut dans la fissure du rocher.

Ce texte est d'une sobriété stupéfiante. Pas d'élaboration dramatique, pas de miracle une rencontre brève, factuelle, entre deux sages et un être d'un autre monde.
La fissure du rocher est le passage ce que nous appellerions aujourd'hui un point de contact entre dimensions. La communication est possible mais fugace, non maîtrisable, non reproductible à volonté.

Le Zohar ne donne aucune méthode pour provoquer ce contact. Il ne s'agit pas d'une technique  ni de méditation, ni de prière spéciale, ni de cérémonie. Le contact survient. C'est tout. Ce qui suggère qu'il relève d'une disposition providencielle, pas d'un accès humain ordinaire.

VII. Extra-terrestres ou Sous-terrestres ?

La question que tout le monde pose aujourd'hui est : les habitants d'Arka sont-ils des extraterrestres ?

Le Rav Zamir Cohen, autorité rabbinique contemporaine, aborde directement cette question. Il cite le Zohar et conclut avec humour : "On se demande s'il y a des extraterrestres. Le Zohar répond qu'il y a des sous-terrestres." Arka n'est pas au-dessus de nous dans l'espace elle est en dessous de nous dans l'échelle spirituelle de l'existence.

Mais plusieurs penseurs modernes posent une question légitime : ces "niveaux" spirituels ne pourraient-ils pas aussi correspondre à des localisations physiques dans l'univers ?
Le Zohar décrit Arka avec des caractéristiques astronomiques très précises constellations différentes, années d'une durée considérable, planète en rotation synchrone. Ce ne sont pas des métaphores. Ce sont des données.

En 2017, la NASA a découvert le système TRAPPIST-1, à 39 années-lumière, composé de sept planètes rocheuses. Plusieurs sont en rotation synchrone avec leur étoile une face toujours éclairée, une face toujours sombre. Les saisons y durent des durées sans commune mesure avec les nôtres. La ressemblance avec la description du Zohar a été relevée par plusieurs commentateurs contemporains.

La Torah, rappellent les sages, n'a pas pour vocation de faire de la science. Mais la science, parfois, rejoint la Torah.

 

VIII -Le paradoxe de Tevel : pourquoi le monde le plus élevé abrite-t-il les pires individus ?

On pourrait légitimement s'interroger : si Tevel est le monde le plus élevé des sept terres, pourquoi y côtoie-t-on les individus les plus malfaisants, les plus profondément corrompus ?
La réponse est précisément dans cette élévation. Tevel est le seul monde où existe le libre arbitre authentique le bechira.
Sur les six autres terres, les créatures sont ce qu'elles sont, fixées dans leur nature, sans possibilité réelle de choix.
Sur Arka, les descendants de Caïn vivent sous l'emprise de leurs deux chefs, conscients de D.ieu mais incapables de s'en rapprocher davantage  ils ne peuvent ni s'élever ni chuter vraiment.

Tevel seul autorise ce mélange vertigineux du pire et du meilleur, parce que c'est ici, et nulle part ailleurs, qu'un être peut traverser ses propres ténèbres pour choisir la lumière.
Le malfaisant qui prospère sur Tevel n'y est pas par erreur divine il y est parce que tant qu'il vit, la porte de la Téchouva, du retour et de la réparation, lui reste ouverte.

L'expédier sur un monde inférieur serait lui retirer cette chance. C'est donc paradoxalement parce que Tevel est le plus haut qu'il contient les plus grands saints et les pires criminels : l'amplitude des extrêmes est le prix de la liberté, et la liberté est la condition de tout sens.

IX. Ce que le judaïsme retient  et ce qu'il écarte

Face à ces textes, la tradition rabbinique maintient une position nuancée.

D'un côté, elle ne nie pas. Elle ne peut pas nier  les textes sont là, dans le Zohar, dans les Préliminaires du folio 9a, commentés par des autorités de premier rang. L
e Rav Pinchas Eliyahou de Vilna, auteur du Sefer HaBrit au XVIIIe siècle, est l'un des premiers à en tirer explicitement la conclusion qu'il pourrait exister des formes de vie ailleurs.

De l'autre, la tradition met en garde contre une fascination qui détournerait de l'essentiel. Le seul monde dont nous sommes responsables est Tevel notre monde. Arka nous concerne dans la mesure où elle éclaire notre propre nature, notre propre dualité, notre propre héritage caïnite.

Car au fond, le grand message d'Arka n'est pas cosmologique il est moral. Chaque être humain porte en lui la même dualité qu'Arka : une face de lumière, une face d'ombre. Caïn n'est pas seulement un ancêtre lointain  il est une possibilité inscrite dans chaque âme. La question posée par ces textes n'est pas "existe-t-il d'autres mondes ?" mais "dans quel monde intérieur habitons-nous ?"

Sources primaires

Jérémie 10:11 — Verset araméen, seul dans le livre, mentionnant Arqa distincte de Area.

Zohar, Béréchit, folio 9a-9b — Description des sept terres, exil de Caïn sur Arka, les deux chefs, la géographie duale, les constellations différentes.

Zohar, Béréchit, folio 40a — Liste des sept terres : Eretz, Adamah, Gay, Neschia, Tzia, Arka, Tevel.

Zohar, Béréchit, folio 157a — La rencontre de Rabbi Hiya et Rabbi Yossé avec un habitant d'Arka.

Sefer HaBrit, Rabbi Pinchas Eliyahou de Vilna, ch. 3 §3 — Commentaire sur Juges 5:23, la malédiction de Méroz et ses habitants, et la possibilité d'une vie sur d'autres astres.

Tikounei Zohar, Pata'h Eliyahou — Cité par le Rav Charabi pour affirmer que la vie telle que nous la connaissons n'existe que sur Tevel.

Cet article ne prétend pas résoudre ce que deux millénaires de commentateurs ont laissé ouvert. Il prétend seulement restituer fidèlement ce que les textes disent et laisser au lecteur le soin de mesurer la profondeur du silence qui suit.

 

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Bougez ou vos enfants couleront” : l’appel brutal d’une journaliste israélienne aux parents

Bougez ou vos enfants couleront” : l’appel brutal d’une journaliste israélienne aux parents

Elle retire son fils de l'école : le coup de gueule fracassant de Linoy Bar Geffen contre l'Éducation nationale israélienne

La journaliste et animatrice Linoy Bar Geffen a lâché une bombe sur les réseaux sociaux.
Dans un post Facebook cinglant publié ce mardi, elle annonce qu'à la rentrée prochaine, son fils Ranen, 11 ans, ne remettra plus les pieds dans un établissement scolaire.
Sa décision : le scolariser à la maison, avec un programme qu'elle construira elle-même grâce à l'intelligence artificielle.
Un acte radical, posé dans un contexte de crise profonde du système éducatif israélien, après la publication de résultats scolaires catastrophiques qui ont valu au ministre de l'Éducation Yoav Kish une avalanche de critiques.

«L'école n'est qu'une façade»

Bar Geffen ne prend pas cette décision du jour au lendemain.
Elle explique que la rupture avec l'école publique s'est amorcée bien plus tôt, presque dans la discrétion. «En réalité, nous entamons ce processus de séparation depuis le cours élémentaire, quand j'ai compris que l'école n'était qu'une coquille vide, un Versailles de carton-pâte», écrit-elle. Dès le CP, elle avait commencé à retirer son fils de l'école deux jours par semaine, puis trois L'annonce récente de sa maîtresse qu'elle prenait sa retraite a été le dernier facteur qui a rendu toute hésitation inutile.

Un enfant qui apprend sans l'école

Ce qui rend son témoignage particulièrement percutant, c'est ce qu'elle décrit de la formation que son fils a reçue en dehors des salles de classe.
Pendant les nombreuses heures passées loin des bancs de l'école, Ranen a étudié les mathématiques et les sciences à un niveau de troisième.
Son anglais dépasse celui d'un collégien passionné de jeux vidéo et ce sont précisément ces jeux que Bar Geffen réhabilite avec force : «Les écrans et le gaming qu'on vous a présentés comme des dangers ? C'est un outil formidable pour apprendre à lire et écrire en anglais.

Les enfants communiquent avec leurs pairs du monde entier.» Son fils maîtrise la théorie de l'évolution, l'histoire de l'esclavage et la guerre de Sécession américaine, l'Égypte ancienne et ses liens avec le peuple juif, l'histoire des guerres d'Israël, et se plonge aujourd'hui dans la mythologie grecque. Le tout, précise-t-elle, choisi en concertation avec lui.

L'intelligence artificielle comme nouvelle institutrice

Bar Geffen ne s'arrête pas là. Elle s'attaque directement à l'argument de l'indispensabilité du système : «Je n'ai plus besoin du ministère de l'Éducation. Élaborer un programme scolaire annuel ne prend qu'une semaine de travail, sans même forcer, grâce à l'intelligence artificielle.»

Une affirmation provocatrice, mais assumée.
Elle anticipe l'objection habituelle «mais que font les parents qui ne peuvent pas enseigner ?» — et la balaie : «La majorité le peut. Ceux qui choisissent d'en faire une priorité y arrivent. Les autres, non.»
Elle ne craint pas non plus la visite de l'inspection scolaire. Son fils passe déjà de longues portions de ses journées de cours en dehors de l'école depuis des années, et personne n'a jamais frappé à sa porte au contraire, dit-elle avec une ironie mordante, elle a eu droit à des félicitations pour avoir réduit les effectifs.

Un appel aux parents, une sentence pour le système

Le post se conclut sur une charge frontale contre les institutions. Bar Geffen dit vouloir continuer à militer pour la fermeture du ministère de l'Éducation, sa refonte totale, et sa réouverture au bénéfice de tous. Mais en attendant, son message aux parents est sans ambiguïté et sans ménagement : «Vous seuls, les parents, pouvaient sauver vos enfants de ce naufrage. Bougez ou ils couleront.»

Une voix parmi d'autres, mais plus radicale

Bar Geffen n'est pas seule à élever la voix en ce moment.
La veille, Rotem Sela avait elle aussi pris position sur les réseaux sociaux, partageant son indignation devant ses 1,2 million d'abonnés :
«L'une des conséquences les plus graves et les plus tristes de ce gouvernement», avait-elle écrit. Mais là où Sela exprime une colère collective, Bar Geffen, elle, passe à l'acte. Et c'est précisément cette différence entre la protestation et la rupture qui rend son geste aussi retentissant.

Un système à bout de souffle

Bar Geffen et Sela ne sont pas des voix isolées dans le vide.
Elles sont l'expression publique d'une frustration qui couvait bien avant leur prise de parole.
À la rentrée 2025-2026, le ministère de l'Éducation faisait face à une pénurie massive de personnel : 488 postes d'enseignants restaient vacants, dont 216 dans les matières fondamentales, forçant des établissements à réduire leurs heures de cours ou à confier deux classes à un seul enseignant.
La situation avait même atteint l'absurde : quatre cadres dirigeants avaient annoncé leur démission à la veille de la rentrée, parmi lesquels deux inspecteurs nationaux d'anglais nommés moins d'un an auparavant,laissant le ministère sans supervision pour l'enseignement de cette matière stratégique.

Des enseignants qui fuient

La crise des salaires a tout accéléré. En mai 2025, une grève nationale avait éclaté après que le ministère des Finances avait décidé de réduire les salaires du gouvernement de 3,3 % dans le contexte de la guerre à Gaza, poussant des centaines d'établissements à fermer leurs portes.
Le salaire de départ d'un enseignant en Israël ? 9 000 shekels par mois un chiffre que les enseignants expérimentés peuvent presque doubler, mais seulement après trente ans de carrière. Dans ce contexte, la fuite des vocations n'a rien d'étonnant.

Un budget détourné de l'essentiel

Sur le plan politique, le ministre Kisch n'a pas choisi la voie de l'apaisement pédagogique. Il a lancé une réforme baptisée « Racines. Le programme national pour les identités juives et sionistes », rendant obligatoire une heure hebdomadaire d'étude biblique pour tous les lycéens, et faisant passer la part du budget consacrée aux études juives de 1 % à 4 % des fonds pris ailleurs, dans des matières déjà exsangues.

L'Organisation nationale des parents d'élèves a dénoncé un préjudice supplémentaire qui ne ferait qu'accentuer des lacunes déjà existantes, alors même que les enfants sont confrontés à des manques dans tous les domaines.

Des parents qui craquent, en public

La guerre a amplifié chaque fissure. L'actrice Meshi Kleinstein avait déjà interpellé l'opinion depuis Instagram lorsque le gouvernement avait autorisé la réouverture des lieux de travail tout en maintenant les écoles fermées :

« Quel pays délirant. Qui s'occupe des enfants lorsque les parents retournent au travail ? »
Des parents dans les rues, des célébrités en colère sur les réseaux, une Organisation nationale des parents qui crie dans le vide et des enseignants qui démissionnent en silence ce n'est pas un simple mécontentement conjoncturel. C'est un système qui a perdu la confiance de ceux qu'il est censé servir en premier lieu.
Et quand des parents comme Linoy Bar Geffen décident de le contourner plutôt que de l'attendre, c'est peut-être le signal le plus honnête que cette confiance est brisée pour de bon.

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Bruno Verjus : L'ovni de la gastronomie mondiale, prend la défense d'Israël

Bruno Verjus : L'ovni de la gastronomie mondiale, prend la défense d'Israël

Quand les grands chefs du monde se taisent ou s'alignent, lui parle. Bruno Verjus, favori pour le titre de meilleur restaurant au monde, ose ce que peu osent : prendre publiquement la défense d'Israël. Portrait d'un ovni culinaire qui n'a jamais fait comme tout le monde
L'ovni de la gastronomie mondiale qui ose défendre Israël

Dans un monde culinaire où les grands chefs soignent leur image internationale avec une prudence millimétrée, Bruno Verjus fait exactement l'inverse. Celui qui s'apprête peut-être à décrocher le titre de meilleur restaurant au monde n'a pas attendu d'être au sommet pour dire ce qu'il pense sur Israël, sur la guerre, sur l'hypocrisie ambiante des capitales européennes. Et il le dit sans filtre, sans calcul, au risque de tout perdre.

"Vous êtes la victime" quand un chef dit ce que les autres taisent

À l'heure où les personnalités publiques et a fortiori les chefs internationaux en lice pour les plus hautes distinctions mondiales  s'alignent prudemment sur le courant anti-israélien dominant ou se murent dans un silence confortable, Verjus choisit la ligne de front.

Il ne s'excuse pas, ne nuance pas à l'infini, ne sort pas la langue de bois diplomatique habituelle. « C'est terrible que les gens aient ces critiques contre Israël. Si pareille situation se produisait en France, que des centaines ou des milliers de personnes soient assassinées et enlevées, on dirait juste "d'accord, merci et pardon" ? Non.Ce qui s'est passé avec le Hamas n'était pas votre choix. Vous êtes la victime. »

Ces mots, prononcés publiquement par un homme dont le restaurant figure au 8e rang mondial et qui est le grand favori pour la première place cette année, ont un poids particulier. Parce qu'il sait très bien ce qu'ils lui coûtent.

Verjus a visité Israël à plusieurs reprises et en parle avec une chaleur non feinte.
« Vous êtes des gens formidables parce que vous avez quelque chose que nous devons tous apprendre : que la vie peut être très courte, alors il faut en profiter à chaque instant. Et quand vous êtes à Tel Aviv, c'est exactement ce que vous ressentez. »
Dans la bouche d'un homme qui a construit toute sa philosophie culinaire autour du goût de vivre et du partage, ce n'est pas un slogan c'est une conviction profonde.

Un parcours qui défie toutes les règles

Ce qui rend la prise de position de Verjus encore plus singulière, c'est le personnage lui-même  un homme qui n'a jamais rien fait comme tout le monde.
La haute gastronomie parisienne obéit à un itinéraire balisé et impitoyable : commencer à éplucher des pommes de terre à seize ans, passer par le Cordon Bleu, travailler sous des chefs étoilés, ouvrir son propre établissement à la trentaine. Bruno Verjus est l'anomalie la plus éclatante de cette règle.

L'essentiel de sa vie professionnelle n'a rien à voir avec une cuisine. Homme d'affaires accompli dans le secteur pharmaceutique, entrepreneur habitué aux conseils d'administration et aux voyages en Asie, il a vécu sa passion pour la table comme un hobby un blog sur les produits bruts et l'agriculture, une fréquentation obsessionnelle des bonnes tables, des années de terrain chez des pêcheurs, des éleveurs, des maraîchers.

Ce n'est qu'à 54 ans qu'il a tout quitté pour ouvrir Table, dans le 12e arrondissement de Paris.
« Je suis le plus jeune des vieux chefs », dit-il avec un sourire. « Une crise de la cinquantaine ? Peut-être. »

La philosophie du produit roi

Sans diplôme de cuisine, mais avec une connaissance intime des matières premières que peu de chefs formés peuvent lui envier, Verjus a construit un restaurant autour d'une idée simple et radicale : le produit d'abord, toujours, sans artifice.
La salle est conçue comme un long comptoir ouvert où les convives s'assoient face aux cuisiniers, assistant à la préparation comme à un théâtre vivant.
Pas de techniques moléculaires alambiquées, pas de dressages excessifs. « Ma philosophie, c'est que chaque assiette doit exister parce que vous avez envie de manger ça et de le partager avec les gens que vous aimez. »

Ce pari tardif lui a rapporté gros. L'industrie de la restauration mondiale, généralement impitoyable envers les outsiders, a dû s'incliner : Table détient aujourd'hui deux étoiles Michelin et l'Étoile Verte pour son engagement en faveur de la durabilité et du travail direct avec de petits producteurs.

Le dessert le plus photographié de Paris

L'expérience se vit naturellement au prix de son rang — autour de 500 euros par convive pour le menu dégustation baptisé « Couleurs du Jour », renouvelé chaque jour au gré des arrivages. Ce droit d'entrée ouvre les portes d'un univers où homard bleu, truffes rares et viandes soigneusement maturées sont servis dans toute leur splendeur naturelle, accompagnés d'une des cartes des vins les plus complètes de Paris.

Le plat signature de Table, la tartelette chocolat-caviar, est sans doute le dessert le plus commenté et le plus photographié de la capitale.
Une pâte sablée d'une finesse absolue, une crème de chocolat noir intense à base de fèves de cacao rares du Pérou, le twist brillant de câpres salées, et une généreuse cuillère de caviar de luxe posée sur le tout. « Si vous ne savez pas quoi faire d'une assiette, vous terminez et vous mettez du caviar, et ça devient wow », s'amuse Verjus.

Favori pour le titre suprême

Lors du dernier classement des World's 50 Best Restaurants, Table a intégré la 8e place mondiale. Cette année, la bourse des paris du monde culinaire désigne Verjus comme le grand favori pour ravir la première position. Lui ne s'en émeut pas :
« Je ne suis pas stressé, ça m'est égal, je vais être numéro 1, j'en suis certain. » Roei Yerushalmi, rédacteur en chef du site gastronomique Rex, résume bien l'ampleur du personnage :

"L'histoire d'un entrepreneur pharmaceutique reconverti en chef étoilé est une source d'inspiration immense. Et le fait qu'il soit la voix la plus marquante du monde culinaire en faveur d'Israël, avec le prix que cela lui coûte, mérite toute l'admiration du monde."

Un ovni, décidément, dans tous les sens du terme.

D'aprés l'article original sur Mako.co.il de Liran Shabtai

 

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