Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Marilyn Monroe et Sydney Sweeney cousines : le même ancêtre biblique et le même chemin vers le judaïsme

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Marilyn Monroe et Sydney Sweeney descendent du même homme.
La société israélienne MyHeritage a établi qu’elles sont cousines au neuvième degré, avec une génération d’écart, par Ezra Perry, un puritain anglais installé au Cap Cod au XVIIe siècle et qui portait le nom d’un prophète hébreu. Soixante dix ans après la conversion de Marilyn au judaïsme, sa lointaine cousine envisagerait de franchir le même pas pour épouser Scooter Braun.

Par Claudine Douillet

Il y a des coïncidences qui ressemblent à des signes. Marilyn Monroe s’est convertie au judaïsme pour épouser Arthur Miller. Sydney Sweeney, qu’Hollywood surnomme la nouvelle Marilyn, rencontre des rabbins depuis qu’elle partage la vie de Scooter Braun. Et voilà qu’une entreprise israélienne démontre que les deux femmes sont de la même famille.

La découverte vient de MyHeritage, la plateforme de généalogie fondée par Gilad Japhet et installée à Or Yehuda, près de Tel Aviv. Ses chercheurs ont remonté les lignées paternelles des deux actrices jusqu’à un ancêtre commun mort en 1689 dans le Massachusetts.

Ezra Perry, un nom de prophète au Cap Cod

Il s’appelait Ezra, comme le scribe Esdras qui ramena les exilés de Babylone à Jérusalem. Ezra Perry est né vers 1625 en Angleterre, probablement dans le Devon, et a émigré avec sa famille vers la colonie de Plymouth. Il s’installe à Sandwich, la plus ancienne ville du Cap Cod, où il épouse le 12 février 1652 Elizabeth Burgess, fille unique de Thomas et Dorothy Burgess.

Ezra Perry n’était pas juif. C’était un puritain, membre de ces communautés protestantes qui vivaient la traversée de l’Atlantique comme un nouvel Exode et voyaient dans l’Amérique une Terre promise. Ces familles lisaient la Bible hébraïque avec ferveur et puisaient les prénoms de leurs enfants dans l’Ancien Testament. Les Perry ne font pas exception : leurs enfants s’appellent Ezra, Deborah, John, Samuel, Benjamin, Sarah et Remembrance. Son frère Edward, lui, était quaker, régulièrement condamné à l’amende pour avoir refusé de prêter le serment exigé par les autorités.

Paysan propriétaire, juré de la cour de Plymouth, Ezra Perry rédige son testament le 16 octobre 1689 et meurt le jour même, dans sa soixante quatrième année. Sa pierre tombale l’atteste encore.

La filiation, branche par branche

C’est de deux de ses enfants que partent les lignées des deux actrices. Sa fille Deborah, née le 28 novembre 1654, épouse vers 1675 Seth Pope, né à Plymouth. Le couple aura neuf enfants. C’est de cette branche que descend Charles Stanley Gifford, le père biologique de Marilyn Monroe.

Son fils Benjamin, né le 15 janvier 1670, épouse vers 1694 Dinah Swift, fille d’une autre famille pionnière de Sandwich. De cette branche descend Steven Sweeney, le père de Sydney.

Ces dates proviennent de l’étude de référence consacrée à Ezra Perry, publiée en 1961 dans le New England Historical and Genealogical Register, et des registres municipaux de Sandwich. MyHeritage a ensuite reconstitué les générations suivantes jusqu’aux deux actrices et publié l’arbre complet.

Gifford, le père retrouvé grâce à un Français

Ce lien n’aurait jamais pu être établi sans une enquête française. Toute sa vie, Marilyn ignora qui était son père. Son acte de naissance désignait Martin Edward Mortensen. En 2022, le producteur François Pomès a extrait l’ADN d’une mèche de cheveux de l’actrice et l’a comparé à celui de Francine Gifford Deir, petite fille de Charles Stanley Gifford, contremaître de sa mère chez Consolidated Film Industries. Paris Match a publié le résultat : Gifford était bien le père. Il avait refusé de recevoir Marilyn quand, déjà célèbre, elle s’était présentée chez lui en Californie.

1956, Marilyn devient juive

Le 1er juillet 1956, Marilyn Monroe se convertit au judaïsme auprès du rabbin réformé Robert Goldburg, avant son mariage religieux avec le dramaturge Arthur Miller. Elle ne se contente pas d’une formalité. Elle étudie, conserve après son divorce les livres de prière offerts par le rabbin, et l’Égypte de Nasser interdit ses films en réponse. L’icône la plus célèbre du monde devenait, aux yeux de ses ennemis, une star juive.

2026, Sydney sur les mêmes traces

Sydney Sweeney a grandi dans une famille chrétienne conservatrice de l’État de Washington. Selon Page Six, la rubrique people du New York Post, elle a déjà rencontré deux rabbins pour s’informer sur la conversion. Elle a assisté avec Scooter Braun aux offices de Roch Hachana à la synagogue Temple Sholom de Greenwich, dans le Connecticut, assise discrètement au fond.

Ensemble depuis l’été 2025, le couple parlerait mariage et enfants. Scooter Braun, l’ancien manager de Justin Bieber et Ariana Grande, a grandi dans un foyer juif conservative et casher. Petit fils de rescapés de la Shoah, il s’est imposé depuis le 7 octobre comme l’une des voix les plus engagées d’Hollywood contre l’antisémitisme et en soutien à Israël. Un proche assure qu’il voit en elle une Marilyn moderne et compte la demander en mariage d’ici six mois.

L’actrice s’est déjà rapprochée de ce monde. Elle a été photographiée chaleureusement avec Noa Argamani et Avinatan Or, deux anciens otages du Hamas. Sa famille chrétienne, selon Israel Hayom, s’inquiéterait de la rapidité de cette évolution. Ni Sydney Sweeney ni Scooter Braun n’ont confirmé de démarche formelle.

Le même sang, le même style, la même quête

Les ressemblances ne s’arrêtent pas là. Le 8 février dernier, au festival de Santa Barbara, Sydney portait une robe vintage de Ceil Chapman, la créatrice favorite de Marilyn, inspirée de sa première couverture de Life en avril 1952.

« Les parallèles entre Sydney Sweeney et Marilyn Monroe ont toujours été nombreux, mais voir leurs parcours se rejoindre de manière aussi profonde nous a donné envie de rechercher un véritable lien entre elles dans les archives de MyHeritage », explique Roi Mandel, directeur de la recherche. « Cela nous rappelle avec force que l’humanité forme un immense arbre généalogique. »

Un puritain au nom de prophète, deux blondes devenues mythes, et entre elles trois siècles et demi. Si Sydney Sweeney franchit le pas, elle ne sera pas la première de sa famille à choisir le peuple juif. Marilyn l’avait fait avant elle.

Crédit portrait : Jay Dixit / WikiPortraits

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Le 7 octobre, Al Jazeera inverse le récit : « génocide » à Gaza

Al Jazeera choisit le 7 octobre pour évoquer un « génocide » à Gaza

Al Jazeera et le 7-Octobre : le jour du deuil juif devient un procès en « génocide »

Publié le  · Par Claudine Douillet

Le 7 octobre 2026, trois ans jour pour jour après le pire massacre de Juifs depuis la Shoah, Al Jazeera a choisi de ne pas parler des victimes. La chaîne qatarie a publié un bilan intitulé « trois ans de génocide israélien à Gaza ». Ce n'est pas une maladresse de calendrier : c'est une inversion méthodique, qui fait du peuple endeuillé l'accusé.

Une date choisie, un mot choisi

Le 7 octobre 2023, des commandos du Hamas et d'autres groupes armés ont franchi la frontière de Gaza, assassiné 1 221 personnes selon le décompte de l'AFP fondé sur les chiffres officiels israéliens, en majorité des civils, et enlevé plus de 250 otages. Des familles ont été brûlées dans leurs maisons, des jeunes abattus en pleine fête, des enfants arrachés à leurs parents. Trois ans plus tard, Israël tenait ses cérémonies au kibboutz Kfar Aza, sur le site du festival Nova, à Tel-Aviv. Ce même jour, Al Jazeera mettait en ligne une infographie dont le titre et la première phrase affirment, dans la voix même de la rédaction et sans la moindre attribution, qu'Israël commet un « génocide ».

Le choix de la date dit tout. Un média qui veut informer sur la situation humanitaire à Gaza dispose de 364 autres jours dans l'année. Un média qui publie ce titre précisément le jour anniversaire du massacre ne documente pas : il répond. Il oppose au deuil juif une accusation, et au souvenir des victimes un réquisitoire contre ceux qui les pleurent.

Le massacre relégué en note de bas de page

Dans ce bilan, l'attaque du 7 octobre n'apparaît que dans un encadré de contexte, réduite à l'élément déclencheur de « l'offensive israélienne ». La chaîne y retient d'ailleurs le chiffre de 1 139 morts et d'environ 240 captifs, inférieur aux décomptes établis depuis. Aucun nom de victime, aucun témoignage de survivant, aucune mention des otages encore pleurés par leurs familles. Le crime fondateur devient un simple prologue, et l'agresseur disparaît derrière la riposte qu'il a provoquée.

Le reste repose sur les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, une administration placée sous l'autorité du Hamas, qui ne distingue pas les combattants des civils. Al Jazeera reprend ces données comme des faits acquis et va jusqu'à écrire qu'elles sous-estimeraient probablement le bilan réel. La chaîne place le mot cessez-le-feu entre guillemets et affirme qu'Israël aurait frappé Gaza 325 jours sur 361 depuis la trêve d'octobre 2025. Aucun de ces éléments n'est mis en regard des tirs, des violations ou de la stratégie du Hamas, qui disparaît presque entièrement du récit.

Pourquoi le mot « génocide » n'est pas neutre

Le génocide est une qualification juridique précise, qui suppose l'intention de détruire un groupe en tant que tel. Elle relève de juridictions internationales, pas d'un titre de rédaction. Lorsqu'un média de cette audience l'assène comme une évidence, il ne commente plus une guerre : il assigne à l'État juif l'étiquette du crime absolu, celui-là même dont les Juifs ont été les victimes au XXe siècle.

C'est le cœur de l'inversion accusatoire. Faire des descendants des victimes de la Shoah les auteurs d'un génocide, et le faire le jour où l'on commémore le pire massacre de Juifs depuis 1945, revient à retourner contre eux leur propre mémoire. La définition de l'antisémitisme adoptée par l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA), reconnue par la France et par la plupart des États européens, range parmi les manifestations contemporaines de l'antisémitisme l'application d'un double standard à Israël, exigé d'aucune autre nation, ainsi que la comparaison de la politique israélienne avec celle des nazis. Un bilan qui efface l'agresseur, sacralise les chiffres d'une administration du Hamas et transforme l'autodéfense d'un pays attaqué en crime contre l'humanité coche ces cases.

Un précédent qui n'a rien d'isolé

Al Jazeera n'en est pas à son premier dérapage. En mai 2019, sa filiale numérique AJ+ en arabe avait diffusé une vidéo affirmant que le mouvement sioniste avait exagéré l'ampleur de la Shoah et en avait été le « grand gagnant ». Face au scandale, le groupe avait lui-même retiré le contenu, suspendu deux journalistes et reconnu une violation de ses règles éditoriales. Le réseau savait donc, dès cette date, où passe la frontière entre information et haine. Sept ans plus tard, ce n'est plus une vidéo isolée produite sans contrôle : c'est le titre d'un dossier publié par la rédaction elle-même, le jour le plus symbolique de l'année.

Il faut aussi rappeler qui parle. Al Jazeera est financée par l'État du Qatar, qui a longtemps hébergé la direction politique du Hamas à Doha. Quand une chaîne d'État reprend le vocabulaire et les chiffres de l'organisation qui a perpétré le massacre, et le fait le jour de son anniversaire, la question n'est plus celle de la liberté éditoriale. C'est celle de la propagande.

Ce que ce récit produit dans nos rues

Ce discours ne reste pas à Doha. Il circule sur les réseaux sociaux, est repris dans les cortèges, imprimé sur les pancartes. Le même 7 octobre, à Londres, cinq personnes ont été arrêtées pour avoir scandé des appels à l'intifada devant le siège des représentants de la communauté juive britannique. À Paris, une manifestation était convoquée sous le mot d'ordre « contre le génocide à Gaza », le jour même de l'anniversaire. À Berlin, le ministre allemand des Affaires étrangères parle d'un échec collectif face à l'antisémitisme. Le mot « génocide » est devenu le passe-partout qui autorise à cibler des Juifs partout dans le monde au nom d'Israël.

Dénoncer ce récit n'interdit en rien de parler des souffrances des civils de Gaza, ni de critiquer la politique d'un gouvernement israélien. Cela exige simplement de refuser qu'un média d'État transforme le jour du deuil juif en tribunal contre les Juifs. Les régulateurs européens, les plateformes qui diffusent Al Jazeera et les rédactions qui reprennent ses chiffres sans les vérifier ont désormais une responsabilité : celle de nommer cette dérive pour ce qu'elle est.

Sources : https://www.aljazeera.com/news/2026/10/7/three-years-of-israels-genocide-in-gaza-in-numbers

Veille mondiale antisémitisme par Alliance Magazine du 8 octobre 2026

Veille mondiale antisémitisme par Alliance Magazine du 8 octobre 2026

Veille mondiale antisémitisme 8 octobre 2026

Le troisième anniversaire du massacre du 7 octobre 2023 a donné lieu à des appels à l'intifada devant le siège des représentants juifs britanniques, à un bras de fer judiciaire autour d'une manifestation à Paris et à un constat d'échec collectif dressé par le chef de la diplomatie allemande. En Ontario, des tracts complotistes ont été distribués autour d'une synagogue visée par un tireur à Yom Kippour.

Europe

Royaume-Uni : onze arrestations à Londres le 7 octobre, dont cinq pour des appels à l'intifada devant le Board of Deputies

La police métropolitaine a procédé à onze interpellations mercredi 7 octobre, en marge des rassemblements organisés pour le troisième anniversaire de l'attaque du Hamas. Cinq personnes ont été arrêtées pour incitation à la haine raciale après avoir scandé des appels à l'intifada lors d'un rassemblement improvisé, mené par des manifestants masqués, devant le siège du Board of Deputies of British Jews, dans le quartier de Camden. Quatre autres l'ont été lors d'une marche étudiante propalestinienne, une lors d'une contre-manifestation à Holborn et une pour violences. Sur le campus de l'Université de Leeds, des inscriptions à la craie assimilant le sionisme au racisme ont été tracées à l'endroit où des étudiants juifs tenaient une veillée ; l'établissement les a fait effacer. La police et Universities UK avaient demandé aux organisateurs de reporter leurs manifestations. Le président du Board, Phil Rosenberg, a assuré que l'institution ne se laisserait pas intimider par une minorité extrémiste.

Source : https://www.jewishnews.co.uk/eleven-arrested-amid-protests-on-anniversary-of-7-october-attacks/

France : la justice suspend l'interdiction d'une manifestation « contre le génocide à Gaza » prévue le jour du 7-Octobre à Paris

À la demande du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, le préfet de police de Paris avait pris le 5 octobre un arrêté interdisant un rassemblement d'une soixantaine de personnes prévu le 7 octobre, à l'appel du collectif Urgence Palestine, sous l'intitulé « contre le génocide à Gaza et pour le respect du cessez-le-feu ». La préfecture invoquait la date, susceptible de heurter la communauté juive, les slogans antisionistes entendus lors du même rassemblement en 2025 et un contexte de menace terroriste élevée. Le collectif a dénoncé une « censure politique ». Saisi en référé, le tribunal administratif de Paris a suspendu l'interdiction le 7 octobre. Il a estimé que le choix de la date ne suffisait pas à caractériser un trouble à l'ordre public, que les slogans relevaient de la liberté d'expression et que le lien entre les organisateurs et des personnes condamnées pour apologie du terrorisme n'était pas démontré.

Source : https://paris.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/suspension-de-l-interdiction-de-la-manifestation-contre-le-genocide-a-gaza-et-pour-le-respect-du-cessez-le-feu

Allemagne : le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul parle d'un « échec catastrophique » face à l'antisémitisme

Invité de la chaîne n-tv à la veille de l'anniversaire du 7-Octobre, le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul (CDU) a qualifié la montée de l'antisémitisme dans son pays d'échec catastrophique, comportant selon lui des éléments d'échec collectif. Il s'est dit profondément préoccupé de voir les Juifs d'Allemagne avoir de plus en plus besoin d'une protection particulière. Il a affirmé que dans certains quartiers de Berlin, il n'était plus possible de se sentir en sécurité dans les transports, dans la rue ou en portant la kippa. Tout en rappelant ses désaccords avec la politique du gouvernement israélien et la légitimité de la critique, il a averti que celle-ci ne devait jamais conduire à tolérer de nouveau l'antisémitisme en Allemagne. Le Congrès juif européen a relayé ses propos le 6 octobre.

Source : https://eurojewcong.org/news/communities-news/germany/german-foreign-minister-johann-wadephul-has-expressed-alarm-over-the-rise-in-antisemitism-in-the-country/

Allemagne : à Berlin, les signalements d'actes antisémites restent à un niveau « inchangé et élevé » en 2026

Le centre berlinois de recensement RIAS avait comptabilisé 2 197 incidents antisémites dans la capitale en 2025. Il indique que le volume de signalements demeure aussi élevé cette année : agressions, menaces, discriminations, graffitis et autocollants. Il constate que de nombreux Juifs évitent certains lieux et renoncent à afficher leur appartenance religieuse. Selon le parquet général de Berlin, près de 12 500 procédures en lien avec le conflit au Proche-Orient ont été ouvertes depuis 2023, dont environ 1 900 pour des infractions antisémites et plus de 3 000 concernant des faits commis lors de manifestations. Sa responsable de la lutte contre l'antisémitisme, Jana Berthold, a jugé cette situation anormale et inacceptable.

Source : https://www.volksstimme.de/panorama/weiterhin-zahlreiche-antisemitische-ubergriffe-in-berlin-4333934

Amérique du Nord

Canada : des tracts antisémites distribués autour de la synagogue de Belleville, visée par un tireur à Yom Kippour

La police de Belleville, en Ontario, enquête sur des tracts diffusant des théories du complot antisémites, retrouvés dans le quartier de la synagogue Sons of Jacob. L'un d'eux présente toute la politique sanitaire liée au Covid comme une entreprise juive, un autre affirme la même chose au sujet de l'avortement. Aucun suspect n'a été identifié. Ces tracts apparaissent deux semaines après l'attaque du 20 septembre, jour de Yom Kippour : Sean Ward, 29 ans, avait alors ouvert le feu sur l'agent Jeff Smith, qui gardait la synagogue. Grièvement blessé, le policier est toujours hospitalisé, et l'assaillant a été tué par les forces de l'ordre. Le chef de la police, Murray Rodd, a qualifié l'attaque de délibérée, motivée par la haine et dirigée exclusivement contre la communauté juive.

Source : https://www.jta.org/2026/10/05/global/antisemitic-flyers-turn-up-in-ontario-neighborhood-where-a-man-charged-at-a-synagogue-two-weeks-ago

États-Unis : le maire de New York accuse Israël de « génocide » dans son message pour l'anniversaire du 7-Octobre

Dans sa déclaration du 7 octobre, Zohran Mamdani a d'abord évoqué les crimes de guerre commis par le Hamas, les meurtres et les enlèvements. Il a ensuite consacré l'essentiel de son texte à accuser Israël de « génocide » et d'« apartheid », en reprenant sans les sourcer les bilans du ministère de la Santé de Gaza, administré par le Hamas, et en dénonçant les livraisons d'armes américaines. Ces accusations sont les siennes et ne constituent pas des faits établis. Le Combat Antisemitism Movement estime que le maire a transformé un jour de deuil pour les Juifs en relais de la propagande du Hamas. L'organisation juge cette prise de position incompatible avec la stratégie municipale contre l'antisémitisme qu'il a présentée fin septembre. Plus de vingt collectifs de gauche avaient par ailleurs appelé à manifester contre le maire, qu'ils accusent de céder aux pressions pro-israéliennes.

Source : https://combatantisemitism.org/cam-news/nyc-mayor-mamdani-uses-october-7th-anniversary-statement-to-spread-genocide-libel-against-israel/

Moyen-Orient

Qatar : Al Jazeera marque l'anniversaire par un bilan intitulé « trois ans de génocide israélien à Gaza »

Pour le troisième anniversaire, la chaîne qatarie Al Jazeera a publié une infographie consacrée exclusivement au bilan de la guerre à Gaza. Son titre et son introduction qualifient l'action d'Israël de « génocide », dans la voix éditoriale du média et sans attribution. Le texte place le mot cessez-le-feu entre guillemets et affirme qu'Israël aurait frappé Gaza 325 jours sur 361 depuis la trêve d'octobre 2025, en s'appuyant notamment sur les chiffres du ministère de la Santé de Gaza. L'attaque du 7 octobre 2023 n'y apparaît qu'en arrière-plan, présentée comme le point de départ de l'offensive israélienne. Ces formulations relèvent de la ligne éditoriale de la chaîne et ne sont pas des faits vérifiés.

Source : https://www.aljazeera.com/news/2026/10/7/three-years-of-israels-genocide-in-gaza-in-numbers

Autres régions

Monde : 262 mobilisations hostiles à Israël programmées dans 37 pays autour de l'anniversaire du 7-Octobre

Selon des données du ministère israélien de la Diaspora et de la Lutte contre l'antisémitisme, relayées le 5 octobre par le Combat Antisemitism Movement, 262 événements anti-israéliens étaient planifiés dans 37 pays entre le 1er et le 14 octobre, dont au moins 75 le seul 7 octobre. Les États-Unis en comptent 45, l'Espagne 40, l'Australie 21, le Royaume-Uni 19, l'Italie 16, l'Allemagne et le Canada 14 chacun et la France 10. Quatre-vingt-sept sont classés à risque moyen ou élevé, et 45 doivent se tenir à proximité d'une ambassade, d'un consulat ou d'un site lié à Israël. La plus forte concentration est attendue le week-end suivant l'anniversaire, avec notamment un rassemblement jugé à haut risque le 10 octobre à Londres. Ces classifications émanent d'une source gouvernementale israélienne.

Source : https://combatantisemitism.org/cam-news/anti-israel-activists-plan-262-events-in-37-countries-around-october-7th-anniversary/

Par Claudine Douillet

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Avi Gil, l'homme qui a réveillé Netanyahou le 7 octobre conteste la version du Premier ministre

Avi Gil, l'homme qui a réveillé Netanyahou le 7 octobre conteste la version du Premier ministre

7 octobre : Avi Gil, ex-secrétaire militaire de Netanyahou, conteste la version du Premier ministre

. Mis à jour le 8 octobre 2026 à 15 h.

L'officier qui a réveillé Benjamin Netanyahou le matin du 7 octobre 2023 rompt le silence. Dans un entretien accordé au quotidien Israel Hayom, le général de réserve Avi Gil affirme que le récit présenté au public ne correspond pas à ce qui s'est réellement passé, et relance l'affaire des procès-verbaux modifiés au bureau du Premier ministre, à moins de trois semaines des élections du 27 octobre.

Qui est Avi Gil ?

Le général de division de réserve Avi Gil a occupé pendant environ trois ans le poste de secrétaire militaire du chef du gouvernement, d'abord auprès de Naftali Bennett, puis de Yaïr Lapid, et enfin, pendant un an et demi, de Benjamin Netanyahou. Ce poste fait de lui le lien permanent entre le Premier ministre et l'appareil de défense : il transmet les alertes, organise les points de situation et assiste aux réunions sécuritaires les plus sensibles.

Le 7 octobre 2023, c'est lui qui a informé Benjamin Netanyahou du déclenchement de l'attaque du Hamas, lors des appels de 6 h 29 et de 6 h 40. Il est resté à ses côtés pendant les premiers mois de la guerre, au cœur des délibérations sur les opérations militaires et sur les otages. Silencieux depuis trois ans, il est considéré de longue date par la presse israélienne comme un témoin clé de toute enquête future sur les défaillances ayant mené au massacre. Ce que conteste l'ancien secrétaire militaire

Avi Gil dit avoir décidé de parler parce qu'il circule, selon lui, « trop de mensonges ». Sa critique vise en premier lieu le document de 55 pages que Benjamin Netanyahou a remis le 5 février 2026 au bureau du contrôleur de l'État. Présenté par les services du Premier ministre comme un compte rendu couvrant douze années, de la guerre de Gaza de 2014 jusqu'au matin du 7 octobre, ce texte ne refléterait selon lui qu'une partie de la vérité. Il regrette que le contrôleur de l'État s'appuie sur des extraits de transcriptions fournis par le Premier ministre lui-même, et demande que toute instance d'enquête exige les enregistrements audio intégraux des réunions et des appels, plutôt que leur version écrite. Il dit également s'attendre à être la cible d'une campagne de dénigrement destinée à ruiner sa crédibilité.

L'affaire des procès-verbaux, un dossier ouvert depuis 2024

Le cœur de l'entretien porte sur la conservation des archives du bureau du Premier ministre. Avi Gil raconte qu'environ deux semaines après le début de la guerre, il a constaté que des membres de l'entourage de Benjamin Netanyahou rassemblaient des documents de manière qu'il juge disproportionnée. Il a alors saisi la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, pour faire préciser les règles applicables aux sténogrammes.

Environ trois mois plus tard, une sténographe du bureau lui aurait rapporté que le directeur de cabinet, Tzachi Braverman, lui avait demandé de modifier l'heure consignée de l'un de ses appels avec le Premier ministre au matin du 7 octobre. Avi Gil dit avoir immédiatement signalé les faits, qu'il considère comme relevant du pénal, et parle d'un « mode de fonctionnement criminel ».

Ce dossier n'est pas nouveau. Dès juillet 2024, Ynet révélait que l'ancien secrétaire militaire avait écrit à la conseillère juridique pour faire part de sa crainte que des procès-verbaux du cabinet et des transcriptions d'appels aient été retouchés pendant la guerre ; le bureau du Premier ministre avait alors parlé d'un « mensonge absolu ». En novembre 2024, Tzachi Braverman avait été entendu sous le régime de l'avertissement pendant environ cinq heures par l'unité Lahav 433 de la police, notamment sur la question de l'horaire du premier compte rendu du 7 octobre. Un autre volet de l'enquête, portant sur un soupçon de pression exercée sur un officier, avait en revanche été classé

L'énigme de l'avion égyptien

Interrogé sur les informations selon lesquelles l'Égypte aurait averti Israël avant l'attaque, Avi Gil se garde de confirmer l'existence d'un tel avertissement. Il relève toutefois qu'un appareil du renseignement égyptien a atterri en Israël et y est resté un peu plus d'une heure. Selon lui, un tel déplacement n'est jamais anodin : il implique une rencontre ou la transmission d'un message, qui aurait dû être signalée. Le bureau du Premier ministre a toujours démenti avoir reçu un avertissement égyptien, de même qu'il a nié l'appel du président émirien Mohammed ben Zayed évoqué en septembre par Haaretz.

Les alertes reçues avant le 7 octobre

Les déclarations d'Avi Gil s'inscrivent dans un débat plus large sur les signaux ignorés. La presse israélienne a recensé plusieurs alertes antérieures à l'attaque : le plan d'assaut du Hamas baptisé « Mur de Jéricho », connu de l'armée dès 2022 ; quatre lettres du renseignement militaire adressées au Premier ministre entre mars et juillet 2023 sur l'érosion de la dissuasion israélienne ; la mise en garde du chef du Shin Bet de l'époque, Ronen Bar, en juillet 2023 ; ou encore le point de situation présenté le 21 août 2023 par Avi Gil lui-même à Benjamin Netanyahou et au chef de l'opposition sur la montée des tensions avec l'Iran, le Liban et Gaza. Le Premier ministre affirme pour sa part n'avoir reçu aucun avertissement précis d'une attaque imminente.

Des réactions qui épousent les lignes de fracture de la campagne

Le Likoud a qualifié l'entretien de propagande politique mensongère visant à faire tomber le gouvernement de droite, en répétant que Benjamin Netanyahou n'avait reçu aucune alerte préalable. Le président de la Knesset, Amir Ohana, y voit une mobilisation d'anciens généraux et chefs d'état-major opposés au Premier ministre, et présente les modifications de procès-verbaux comme une simple tentative de les rendre plus précis. À l'inverse, Gadi Eisenkot, que les sondages placent en principal rival du Premier ministre, dénonce une « culture du mensonge » qui met le pays en danger et salue le courage de l'ancien officier. Le chef de l'opposition, Yaïr Lapid, estime qu'un nouveau 7 octobre surviendra si Benjamin Netanyahou reste au pouvoir

Le traitement médiatique reflète lui aussi ces clivages. Le fait que l'entretien soit publié par Israel Hayom, quotidien de droite habituellement favorable au Premier ministre, lui donne un poids particulier. Haaretz, à gauche, met en avant l'accusation de mensonges et les réactions de l'opposition, tandis que les relais du Likoud insistent sur le caractère politique du calendrier.

Pourquoi ce témoignage compte

Trois ans après l'attaque, Israël n'a toujours pas constitué de commission d'enquête d'État, l'instance la plus puissante prévue par la loi israélienne de 1968 : ses membres sont désignés par le président de la Cour suprême et elle dispose de pouvoirs étendus pour convoquer des témoins et saisir des documents. Le gouvernement a écarté cette formule, et c'est notamment le contrôleur de l'État qui examine aujourd'hui une partie des défaillances. Avi Gil dit avoir espéré qu'une telle commission voie le jour, tout en doutant désormais qu'elle soit créée. Son témoignage pose donc une question de méthode autant que de fond : celle de l'intégrité des archives sur lesquelles toute enquête devra s'appuyer. Selon le sondage de la chaîne 12 publié le 5 octobre, 66 % des Israéliens souhaitent la création d'une commission d'enquête d'État.

Ce qu'il faut suivre

L'intégralité de l'entretien doit paraître vendredi 9 octobre dans le supplément du week-end d'Israel Hayom, et Avi Gil devait également s'exprimer jeudi soir sur la chaîne 12. Ses déclarations pourraient peser sur la dernière ligne droite d'une campagne où la responsabilité du 7 octobre reste l'un des principaux clivages entre la coalition sortante et l'opposition, à l'approche du scrutin du 27 octobre.

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Par Claudine Douillet

Revue de presse israélienne du 8 octobre 2026

. Mis à jour le 8 octobre 2026 à 13 h.

L'ancien secrétaire militaire de Benjamin Netanyahou remet en cause la version du Premier ministre sur le 7 octobre. Israël et le Royaume-Uni trouvent un compromis sur le consulat de Jérusalem, tandis que Washington prépare des options de frappes contre l'Iran.

Politique

L'ex-secrétaire militaire de Netanyahou conteste son récit du 7 octobre
Le général de réserve Avi Gil, qui a réveillé le Premier ministre le matin de l'attaque et assuré les premiers appels de 6 h 29 et 6 h 40, affirme que le public ne reçoit pas un compte rendu fidèle des faits. Il juge le document de 55 pages remis par Benjamin Netanyahou au contrôleur de l'État en février éloigné de la réalité et invite toute enquête à exiger les enregistrements audio complets plutôt que des transcriptions. Il raconte qu'une sténographe lui a rapporté une demande du directeur de cabinet Tzachi Braverman de modifier l'horaire de l'un de ces appels, ce qu'il a signalé à la conseillère juridique ; une enquête de police a suivi. Le Likoud dénonce une propagande politique. Fait notable, l'entretien est publié par Israel Hayom, journal habituellement proche du Premier ministre, tandis que Haaretz insiste sur l'accusation de « mensonges » et la réaction de Gadi Eisenkot, qui accuse Netanyahou d'avoir trompé le public. (Israel Hayom ; Haaretz) https://www.israelhayom.com/2026/10/08/netanyahus-former-military-secretary-breaks-silence-the-public-is-not-being-told-the-truth/ https://www.haaretz.com/israel-news/israel-security/2026-10-08/ty-article/too-many-lies-netanyahus-ex-military-secretary-challenges-october-7-account/000001a1-1a17-db57-abb5-bff781f50000

Sondages : deux chaînes, deux tableaux du rapport de force
À moins de trois semaines du scrutin du 27 octobre, les enquêtes d'opinion publiées mercredi soir divergent nettement. Pour Channel 14, le bloc de droite obtiendrait 63 sièges contre 45 pour l'opposition et 12 pour les partis arabes ; le Likoud resterait en tête avec 31 sièges devant la liste de Gadi Eisenkot (23), et Benjamin Netanyahou devancerait son rival de 52 % à 34 % sur l'aptitude à diriger, l'écart se resserrant toutefois en duel direct. Le sondage de la chaîne 13 rapporté par Haaretz ne donne au bloc de Netanyahou que 55 sièges, contre 50 pour celui d'Eisenkot et 15 aux partis arabes, aucun camp n'atteignant la majorité de 61. (Channel 14 ; Haaretz) https://www.c14.co.il/article/1728516 https://www.haaretz.com/israel-news/elections/2026-10-07/ty-article/.premium/poll-netanyahu-bloc-tops-eisenkots-by-5-seats-neither-secure-majority/000001a1-1795-d6bf-abe5-97dd19930000

Netanyahou et Smotrich mobilisent le sionisme religieux, sans Ben Gvir
Le Premier ministre et le chef du Sionisme religieux tiennent jeudi à Jérusalem deux réunions de campagne communes sous le slogan « Sauver la droite », l'une avec les dirigeants des institutions du courant sioniste religieux, l'autre avec des rabbins et des élus locaux. L'objectif affiché est de toucher quelque 200 000 électeurs de droite tentés par l'abstention, soit l'équivalent d'environ cinq sièges, en s'appuyant sur le réseau des yeshivot et des écoles préparatoires militaires. Otzma Yehudit s'étonne que des rabbins proches d'Itamar Ben Gvir n'aient pas été conviés, quelques jours après un accord d'excédent de voix conclu entre le Likoud et le Sionisme religieux qui laisse son parti à l'écart. Les organisateurs récusent toute volonté d'exclusion. (Maariv ; Haaretz) https://www.maariv.co.il/news/elections-2026/article-1374851

Le ministère de la Justice restera au Likoud, selon Netanyahou
Lors d'échanges à huis clos, Benjamin Netanyahou aurait fait savoir qu'en cas de victoire de son camp, le portefeuille de la Justice ne serait cédé à aucun partenaire de coalition. Itamar Ben Gvir avait annoncé qu'il le réclamerait pour Tali Gotliv, numéro deux de sa liste. Au sein du Likoud, les noms du ministre sortant Yariv Levin, de Yaakov Bardugo et de l'avocat David Peter circulent, tandis que le Sionisme religieux pousse Simcha Rothman. L'enjeu est central pour la droite, qui entend poursuivre la réforme de la nomination des juges et redéfinir le rôle du conseiller juridique du gouvernement. (Walla) https://www.walla.co.il/news/israel/383956691

Le député Ofer Cassif reconnu coupable d'avoir agressé un policier
Le tribunal de première instance de Jérusalem a déclaré jeudi le député de Hadash-Ta'al coupable de violences aggravées contre un agent, pour des faits survenus il y a environ quatre ans lors d'une manifestation dans les collines du sud d'Hébron. Selon l'accusation, après avoir été empêché de rejoindre le rassemblement, il a reculé puis avancé son véhicule vers un policier, le heurtant à la jambe, avant de le frapper à la tête. L'élu invoquait un accident et un réflexe d'autodéfense. Itamar Ben Gvir a reproché à la justice sa lenteur. La peine n'a pas encore été prononcée. (The Jerusalem Post ; Walla) https://www.jpost.com/israel-news/crime-in-israel/article-911013 https://www.walla.co.il/news/law-news/383956710

Liberman prédit une reconnaissance américaine d'un État palestinien d'ici deux ans
Intervenant à la conférence internationale sur le contre-terrorisme de l'université Reichman, le chef d'Israël Beytenou a affirmé, sur la foi d'échanges avec des responsables du département d'État et du Conseil de sécurité nationale, que Washington reconnaîtrait un État palestinien d'ici deux ans et porterait son adhésion pleine à l'ONU. Il estime que rien de tel n'arrivera tant que Donald Trump sera au pouvoir, mais accuse Benjamin Netanyahou de laisser le processus avancer faute d'initiative israélienne, le mettant au défi de le poursuivre en justice s'il le contredit. (Walla) https://www.walla.co.il/news/politics/383956707

Diplomatie

Compromis entre Israël et Londres sur le consulat britannique de Jérusalem
La crise ouverte par la décision israélienne de fermer le consulat britannique de Jérusalem-Est, en réponse aux sanctions de Londres visant les implantations en Cisjordanie, trouve une issue. Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a annoncé jeudi qu'une équipe réduite de sept diplomates pourra continuer à opérer dans le bâtiment, avec des activités très limitées ; la menace britannique d'expulser des diplomates israéliens est levée. Les lectures divergent : pour Israël, le site a cessé d'être un consulat et son enseigne a été retirée, tandis que le chef de la diplomatie britannique Ed Miliband conteste tout droit israélien à le fermer et parle d'une « mission » qui continuera de servir les Palestiniens. Les autres mesures de rétorsion israéliennes restent en vigueur. (Israel Hayom ; Ynet ; Haaretz) https://www.israelhayom.com/2026/10/08/israel-britain-jerusalem-consulate-compromise

Sur le site du festival Nova, Herzog appelle à désarmer le Hamas
Le président Isaac Herzog a participé mercredi à la cérémonie organisée à Re'im, sur le lieu du festival où des centaines de jeunes de 36 nationalités ont été tués ou enlevés il y a trois ans. Devant la presse internationale, il a décrit un pays meurtri mais résilient et une région frontalière en reconstruction. Il a réaffirmé le droit d'Israël à se défendre tout en disant vouloir la paix avec ses voisins, et a plaidé pour que le désarmement du Hamas prévu par le Conseil de sécurité de l'ONU devienne un objectif international, en ciblant aussi le régime iranien. (The Jerusalem Post) https://www.jpost.com/israel-news/article-910977

Sécurité

Washington prépare des options de frappes contre l'Iran avant les élections américaines
Selon le magazine The Atlantic, repris par la presse israélienne, la Maison-Blanche a demandé au Pentagone et au commandement central de préparer des options de frappes en Iran réalisables avant les élections de mi-mandat du 3 novembre. Aucune décision n'est prise, mais des responsables lient cette démarche à la volonté de Donald Trump d'afficher des progrès et de faire baisser les prix du carburant. Walla souligne le calendrier sensible pour Israël : des frappes pourraient intervenir peu après le scrutin israélien du 27 octobre, et Téhéran riposterait probablement par des tirs de missiles balistiques sur Israël. Environ 50 000 militaires américains sont déployés dans la région. (Israel Hayom ; Walla) https://israelhayom.com/2026/10/08/trump-iran-strike-midterms-pentagon https://www.walla.co.il/news/world/383956666

Néguev : le Shin Bet alerte sur une radicalisation armée, Netanyahou exige un plan
Le service de sécurité intérieure fait état d'une radicalisation croissante dans les villages bédouins non reconnus du Néguev, où des groupes auraient tenté de s'armer, de s'entraîner et de recruter, avec l'implication du Hamas et du Djihad islamique. Parmi les cibles envisagées figuraient le commissariat et la gare routière centrale de Beersheba ainsi que des soldats. Une cellule a récemment été démantelée à Segev Shalom et des dizaines de Bédouins ont été arrêtés en un an ; les armes proviendraient de la contrebande et du crime organisé. Benjamin Netanyahou a demandé au Shin Bet un rapport complet et un plan d'action. (Maariv ; Israel Hayom) https://www.maariv.co.il/news/military/article-1374856

Le Hezbollah toujours présent dans les zones pilotes du Sud-Liban
Selon la radiotélévision publique KAN, citée par le Jerusalem Post, des membres du Hezbollah se maintiennent, déguisés en civils, dans plusieurs localités au sud de Nabatiyé, dont Froun, Srifa et Zawtar al-Gharbiyah, où ils collectent du renseignement. Ces secteurs relèvent du programme pilote censé permettre à l'armée libanaise de prendre le relais après un retrait israélien. Une source libanaise reconnaît que l'État ne remplit pas ses obligations, et des responsables de Tsahal estiment que le chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, ménage l'organisation chiite. (The Jerusalem Post) https://www.jpost.com/israel-news/defense-news/article-910990

Économie

La production de chars Merkava ouverte pour la première fois à l'industrie civile
Le directeur général du ministère de la Défense, Amir Baram, et le commandant des forces terrestres, Nadav Lotan, ont décidé de confier à des entreprises extérieures une partie de la fabrication des chars Merkava et des blindés Namer, jusqu'ici réservée à l'administration du ministère. Les retours d'expérience de la guerre ont montré une production insuffisante et une pénurie de pièces : des dizaines de chars attendent un moteur et d'autres n'ont pu être réparés. Un comité ministériel a validé le budget d'une nouvelle brigade blindée régulière, et les brigades de défense territoriale seront renforcées pour tenir seules en cas d'attaque surprise. (Walla) https://www.walla.co.il/news/military/383956660

Les banques israéliennes redoutent l'extension des sanctions britanniques
Selon une évaluation de l'Association des banques consultée par Haaretz, les établissements israéliens craignent que les nouvelles sanctions envisagées par le Royaume-Uni contre les acteurs de l'extension des implantations en Cisjordanie finissent par les toucher. Elles n'ont pas encore indiqué si elles apporteraient leurs garanties aux entrepreneurs candidats aux appels d'offres de construction dans la zone E1, dénoncés par la communauté internationale. (Haaretz) https://www.haaretz.com/israel-news/israel-security/2026-10-07/ty-article/.premium/israeli-banks-fear-expanded-sanctions-on-settlements-could-hurt-their-operations/000001a1-16c2-dc83-abad-3fdbb1980000

Société

Trois ans après, aucun terroriste de la Nukhba n'a été inculpé
Environ 400 membres de l'unité d'élite du Hamas et Gazaouis impliqués dans l'attaque sont détenus en Israël, mais le tribunal militaire spécial prévu par la loi adoptée en mai 2026 par 93 voix, qui ouvre la voie à la peine de mort, n'existe toujours pas. Juges, procureurs et infrastructures manquent, sur fond de différends budgétaires et d'un conflit avec les procureurs. Les autorités jugent irréaliste un premier acte d'accusation début 2027, et le premier jugement pourrait n'intervenir que vers 2030. Les députés Yulia Malinovsky et Simcha Rothman, à l'origine du texte, divergent sur la responsabilité de ce retard. (Walla) https://www.walla.co.il/news/military/383956527

La police se prépare à des manifestations ultraorthodoxes contre les arrestations de réfractaires
Les forces de l'ordre du district de Dan sont déployées jeudi aux abords de Bnei Brak et de Petah Tikva, où des groupes ultraorthodoxes radicaux ont appelé à manifester contre l'arrestation de jeunes refusant la conscription. La police doit aussi encadrer un concert de 17 000 personnes au stade de Ramat Gan et craint que des blocages routiers ne paralysent l'agglomération de Tel-Aviv. Des rassemblements similaires ont déjà dégénéré par le passé, conduisant à des dispersions par la force. (The Jerusalem Post ; Maariv) https://www.jpost.com/israel-news/article-911018

Six passagers du vol flydubai décorés pour leur courage
Isaac Herzog a remis jeudi la médaille présidentielle de l'héroïsme civil à Tali et Zvika Manes, Yaniv Hayoun, au docteur Shota Musayev, à Asaf Rajuan et à Or Pardilov, qui ont contribué à neutraliser le copilote ayant tenté de détourner l'avion à destination de Tel-Aviv. Créée pendant la guerre, cette distinction est la plus haute récompense civile pour bravoure en Israël. Le président a salué une démonstration exceptionnelle de responsabilité mutuelle. (The Jerusalem Post) https://www.jpost.com/israel-news/article-911000

Elitzur Hajbi inhumé trois ans après le massacre de Yachini
La pièce de la maison familiale du mochav Yachini où Elitzur Hajbi avait été tué le 7 octobre était restée scellée depuis l'attaque. À l'approche de l'anniversaire, sa famille a accepté de l'ouvrir et a sollicité les secouristes de ZAKA, qui ont recueilli ses restes en présence de son fils et de son frère. Il a été inhumé mercredi, jour du troisième anniversaire. (The Jerusalem Post) https://www.jpost.com/israel-news/article-910975

Les derniers appels d'une secouriste de Be'eri relancent le débat sur l'accès aux archives
La diffusion par la chaîne 12 d'enregistrements inédits d'Amit Mann, secouriste de 22 ans tuée à Be'eri alors qu'elle soignait des blessés, a révélé à sa famille l'existence d'appels qu'elle ignorait. Sa sœur demande la création d'un organisme centralisant enregistrements d'urgence et images de surveillance, classés par victime, pour les proposer aux familles. Des responsables d'archives mettent en garde contre le risque de raviver les traumatismes. Une autorité de la mémoire du 7 octobre, créée par une loi de juillet, doit entrer en fonction en janvier. (The Jerusalem Post) https://www.jpost.com/israel-news/article-910981

Quatorze ans de prison pour un gynécologue condamné pour viols
Le tribunal de district de Tel-Aviv a condamné jeudi le docteur Menahem Alkalai, urogynécologue, à quatorze ans de prison ferme et à verser 920 000 shekels d'indemnisation. Il avait été reconnu coupable à l'unanimité de dix viols par tromperie sur neuf patientes âgées de 23 à 66 ans, entre 2013 et 2021, en faisant passer ces actes pour des examens médicaux. Les juges recommandent au ministère de la Santé d'encadrer la présence d'un tiers lors des consultations gynécologiques. (The Jerusalem Post ; Walla) https://www.jpost.com/israel-news/crime-in-israel/article-911011 https://www.walla.co.il/news/israel/383956704

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Israël : le gynécologue Menahem Alkalai condamné à 14 ans de prison pour le viol de neuf patientes

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Par Claudine Douillet

Israël : le gynécologue Menahem Alkalai condamné à 14 ans de prison pour le viol de neuf patientes

Le professeur Menahem Alkalai, uro-gynécologue renommé, a été condamné jeudi à 14 ans de prison ferme par le tribunal de district de Tel-Aviv. Pendant huit ans, il a violé neuf de ses patientes en faisant passer ses actes pour des examens médicaux.

Dix viols par tromperie en huit ans

Le tribunal de district de Tel-Aviv a prononcé la peine jeudi 8 octobre. Menahem Alkalai avait été reconnu coupable à l'unanimité de dix viols par tromperie, commis sur neuf patientes entre 2013 et 2021. Les victimes avaient entre 23 et 66 ans au moment des faits.

Outre les 14 années de détention, le tribunal a prononcé une peine avec sursis et condamné le médecin à verser au total 920 000 shekels de dommages et intérêts aux victimes.

Le cabinet médical transformé en piège

Les juges ont établi que le praticien avait exploité les examens gynécologiques et son statut de spécialiste pour imposer à ses patientes des actes sexuels, sans leur consentement éclairé, en les présentant comme des gestes médicaux légitimes.

Le jugement est sévère sur la nature de la trahison. « Dans un acte médical aussi complexe et sensible, la patiente accorde une confiance totale : derrière la porte fermée du cabinet, il ne lui arrivera aucun mal », écrivent les juges. Seule avec son gynécologue, cette confiance est « la condition même de l'examen et sa seule protection ». C'est pourquoi l'atteinte portée à chacune des neuf patientes se situe, selon le tribunal, « au plus haut degré de gravité ».

« Une plaie encore ouverte »

Les juges se sont adressés directement aux victimes. « Pour certaines d'entre elles au moins, le traumatisme causé par l'accusé reste une plaie ouverte et qui saigne », souligne le jugement, qui espère que l'indemnisation contribuera, ne serait-ce qu'un peu, à leur reconstruction.

Les avocates de l'aide juridictionnelle du ministère de la Justice, qui représentent trois des victimes, saluent des femmes « impressionnantes et fortes », qui ont tenu à être entendues malgré les années écoulées et de longues heures de témoignage. Elles parlent d'une peine « retentissante » et annoncent qu'elles resteront aux côtés des victimes lors de la procédure d'appel.

Le tribunal interpelle le ministère de la Santé

Au-delà de la condamnation, le tribunal a adressé une recommandation au ministère de la Santé : encadrer la présence d'une tierce personne lors des examens gynécologiques, afin d'empêcher que de tels abus se reproduisent. Aujourd'hui, rien n'impose en Israël la présence d'un accompagnant dans la salle d'examen. L'affaire Alkalai pourrait changer la règle.

Sources : The Jerusalem Post, N12 (Mako)

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7 octobre : Amit Mann « Ils sont dans la clinique, je ne crois pas que je vais m'en sortir »

7 octobre« Ils sont dans la clinique, je ne crois pas que je vais m'en sortir »

Par Claudine Douillet

« Ils sont dans la clinique, je ne crois pas que je vais m'en sortir » : les derniers appels d'Amit Mann révélés

Trois ans après la mort d'Amit Mann, secouriste de 22 ans tuée à Be'eri en soignant les blessés, des enregistrements inédits de ses appels à l'aide ont été diffusés. Sa sœur réclame désormais que l'État remette à chaque famille tous les documents existants sur ses morts du 7 octobre.

Sept appels, la famille n'en connaissait que quatre

Les enregistrements ont été diffusés mardi par la chaîne 12. Leur découverte est due au hasard. Plus tôt cette année, Haviva Mann Izikson, la sœur d'Amit, a contacté le Magen David Adom pour connaître l'heure exacte des appels passés par sa sœur le 7 octobre, afin de compléter une présentation consacrée à sa mémoire. Le service d'urgence lui a transmis la trace de sept appels. La famille n'en connaissait que quatre.

« Dites-moi juste que vous êtes là »

Les appels retracent les heures d'Amit Mann dans le dispensaire dentaire de Be'eri, pendant que les terroristes du Hamas envahissent le kibboutz. Dans l'un d'eux, elle tente d'expliquer à une opératrice de police ce qui se passe : des blessés, des morts autour d'elle, des tirs qui ne cessent pas. Elle demande si l'armée ou la police sont arrivées. Quand on lui répond que les secours sont en route et qu'elle doit rester à l'intérieur, elle fond en larmes : « Dites-moi juste que vous êtes là. »

À 10 h 41, après sept appels au Magen David Adom, elle passe son dernier appel enregistré à la police : « Des terroristes se sont infiltrés à Be'eri ! Il nous faut d'urgence une ambulance ou la police. Venez vite au dispensaire dentaire. »

Quelques heures plus tard, elle envoie à ses sœurs un dernier message : « Ils sont là, dans la clinique. Je ne crois pas que je vais m'en sortir. Je vous aime. »

Soigner jusqu'au bout

Ce que sa sœur retient avant tout, c'est qu'entre deux appels désespérés, Amit se reprenait pour retourner auprès des blessés. Elle leur parlait, leur demandait des nouvelles de leur famille, leur apportait de l'eau, glissait des casques sous leur tête et couvrait ceux qui grelottaient après avoir perdu beaucoup de sang. « Elle les maintient en vie jusqu'à ses derniers instants, et elle reste fidèle à elle-même jusqu'à son dernier souffle », dit Haviva Mann Izikson. Ce qu'elle a vécu, ajoute-t-elle, était « encore pire que ce que nous pensions ».

Vingt minutes rendues à une veuve

Parmi les blessés soignés par Amit figurait Gil Buyum, 55 ans, membre de l'équipe de sécurité du kibboutz. Dans un appel, elle le signale blessé, dans un autre, elle annonce sa mort. Grâce à ces deux enregistrements, sa veuve, Ayelet, a pu situer son décès dans une fenêtre de vingt minutes. Leur fils Inbar, 22 ans, a lui aussi été tué ce matin-là en défendant Be'eri.

« Ces documents appartiennent aux familles »

Haviva Mann Izikson demande la création d'un organisme central qui rassemblerait tous les documents du 7 octobre, enregistrements des secours et de la police, images de caméras de surveillance, les classerait par victime et contacterait chaque famille pour lui proposer de les recevoir. « Ce matériel appartient aux familles. C'est à elles de décider ce qu'elles en font. »

Une loi votée en juillet crée une Autorité de la mémoire du 7 octobre, dotée d'archives centralisées, qui doit entrer en vigueur en janvier. Rien n'indique pour l'instant qu'elle associera les documents à chaque victime ni qu'elle préviendra les familles.

La proposition divise. Merav Israeli-Amarant, cofondatrice de la Commission civile sur les crimes du Hamas du 7 octobre, la juge « profondément importante » : aucune famille ne devrait découvrir par hasard, des années plus tard, l'existence d'enregistrements de ses proches. Maya Gan-Zvi, qui dirige l'archive du 7 octobre de la Bibliothèque nationale d'Israël, met en garde : certaines familles veulent tout savoir, d'autres pas encore, et un contact non sollicité pourrait « rouvrir des plaies ». Elle préconise que les familles s'inscrivent elles-mêmes pour être contactées.

Le corps d'Amit Mann avait mis deux jours et demi à être identifié. « Trois ans après, nous ne connaissons toujours pas toute la vérité », dit sa sœur. « Chaque document de ce type apporte un peu plus de lumière. »

Sources : The Jerusalem Post, JTA, chaîne 12

 

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« Ronen Bar aurait pu empêcher le massacre » : l'avocat Ephraïm Damari dis détenir documents et enregistrements

« Ronen Bar aurait pu empêcher le massacre » : l'avocat Ephraïm Damari dis détenir documents et enregistrements

Par Claudine Douillet

« Ronen Bar aurait pu empêcher le massacre » : l'avocat Ephraïm Damari affirme détenir documents et enregistrements

L'avocat Ephraïm Damari affirme que l'ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, aurait pu empêcher le massacre du 7 octobre. Il dit disposer de documents, d'enregistrements et de procès-verbaux de réunions. Il n'en a montré aucun à l'antenne. Il vise aussi Naftali Bennett, qui avait nommé Ronen Bar.

Une charge en direct au lendemain des commémorations

Jeudi matin, au lendemain des cérémonies marquant les trois ans du 7 octobre, Ephraïm Damari était l'invité de l'émission « Israël ce matin », présentée par Tal Meir sur la chaîne 14. Il y a lancé l'une des accusations les plus lourdes formulées publiquement contre l'ancien patron du service de sécurité intérieure.

« Ronen Bar aurait pu empêcher le 7 octobre. Point final », a-t-il affirmé. Selon lui, « il existe des données factuelles, des documents, des enregistrements, des procès-verbaux de réunions » qui le démontreraient. L'avocat n'a présenté aucune de ces pièces, ni précisé leur origine ou leur contenu. À ce stade, il s'agit uniquement de ses affirmations.

Bennett mis en cause pour la nomination

Ephraïm Damari s'en est également pris à certains participants des commémorations de la veille. « Une partie d'entre eux n'aurait pas dû y participer. Certains sont ceux qui ont nommé les personnes qui ont échoué le 7 octobre », a-t-il déclaré. Il visait directement Naftali Bennett, qui avait nommé Ronen Bar à la tête du Shin Bet en 2021 lorsqu'il était Premier ministre. L'avocat qualifie cette nomination de l'une des plus désastreuses de l'histoire du pays.

La « conception » au cœur des accusations

Pour l'avocat, Ronen Bar aurait été prisonnier d'une conception erronée de la menace venue de Gaza, persuadé qu'il ne se passerait rien. Les terroristes qui s'approchaient de la barrière n'auraient été vus que comme « quelques paysans qui s'approchent de la frontière ». Il associe à cet échec l'ancien chef du renseignement militaire, Aharon Haliva, qu'il range avec Ronen Bar parmi « les plus grands échecs ».

Il est allé plus loin encore : « Dans d'autres pays, des pays normaux, ces gens seraient depuis longtemps sur le banc des accusés. » Il a ajouté refuser de parler de trahison, tout en évoquant le fait de « ne pas avoir empêché un massacre national ».

« Les Gazaouis sont le Hamas »

L'avocat a également contesté la distinction entre le Hamas et la population de Gaza, qu'il juge illusoire au sein de l'appareil sécuritaire. « Ils vivent dans l'illusion que les Gazaouis sont épris de paix, qu'ils sont simplement les otages du Hamas. Les Gazaouis sont le Hamas », a-t-il lancé, avant de conclure en qualifiant Ronen Bar de « chef du Shin Bet le plus défaillant de l'histoire d'Israël ».

Des accusations à prouver

La chaîne 14 ne fait état d'aucune réaction de Ronen Bar, qui a quitté la direction du Shin Bet en 2025, ni de Naftali Bennett. La responsabilité des chefs du renseignement dans la faillite du 7 octobre reste l'une des questions les plus brûlantes en Israël, trois ans après le massacre. Si les documents évoqués par Ephraïm Damari existent, leur place est devant une instance d'enquête. Tant qu'ils ne sont pas produits, ses propos restent des accusations.

Source : chaîne 14 (C14)

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7 octobre : Elitzur Hajbi, dernière victime de Yakhini, inhumé trois ans après le massacre

7 octobre : Elitzur Hajbi, dernière victime de Yakhini, inhumé trois ans après le massacre

Par Claudine Douillet

7 octobre : Elitzur Hajbi, dernière victime de Yakhini, inhumé trois ans après le massacre

Pendant trois ans, la pièce où Elitzur Hajbi a été assassiné le 7 octobre 2023 est restée fermée. Sa famille n'avait jamais pu en franchir le seuil. Mercredi, jour du troisième anniversaire du massacre, il a enfin été inhumé avec l'aide des volontaires de ZAKA.

Une porte restée close trois ans

Elitzur Hajbi a été tué le 7 octobre 2023 au moshav Yakhini, près de Sdérot, lors de l'assaut des terroristes du Hamas sur le sud d'Israël. Il était la dernière victime du massacre de Yakhini à ne pas avoir été mise en terre.

Selon ZAKA, sa famille n'a jamais pu entrer dans la pièce où il avait été assassiné. Le reste de la maison a été nettoyé et remis en état. Cette pièce, elle, est restée scellée pendant trois ans.

Ces derniers jours, à l'approche du troisième anniversaire, la famille a accepté que la porte soit enfin ouverte. Elle a fait appel à ZAKA pour retirer ses restes et lui donner une sépulture.

Plusieurs heures de travail dans la pièce figée

Les volontaires de l'unité de Sdérot de ZAKA se sont rendus sur place avec Chaim Weingarten, directeur adjoint des opérations, et le rabbin Avi Deri, responsable de la région de Lakhish. L'équipe a travaillé plusieurs heures pour recueillir les restes d'Elitzur Hajbi, qui a été inhumé mercredi 7 octobre.

« Entrer dans cette pièce ce matin, c'était refermer le cercle, et cela glace le sang », a déclaré Dubi Weissenstern, directeur général de ZAKA. « Trois ans après le 7 octobre, nous sommes revenus achever l'œuvre sacrée commencée ce terrible matin. Pour la famille d'Elitzur, c'était une pièce où elle ne pouvait pas entrer. Pour nous, notre responsabilité n'était pas achevée tant que nous ne l'avions pas conduit à son repos, avec la dignité que mérite chaque être humain. »

« Cette fois, nous n'étions pas seuls »

Moshe Rosenberg, directeur de ZAKA aux États-Unis, parle d'une pièce « figée dans le temps » pendant trois ans. « Ouvrir cette porte a été un moment extrêmement difficile, mais il a permis à la famille de franchir enfin cette étape douloureuse. »

Le rabbin Avi Deri souligne ce qui a changé depuis octobre 2023 : « Contrairement à il y a trois ans, nous ne travaillions pas seuls au milieu des maisons détruites, mais aux côtés du fils et du frère d'Elitzur. Il est difficile de mettre des mots sur ce que l'on ressent. Nous avons travaillé avec respect et délicatesse, en priant pour que cela apporte un peu de réconfort à la famille. »

Le 7 octobre n'est pas refermé

Pendant que des manifestants célébraient le massacre dans les rues de New York et de Londres, une famille israélienne enterrait l'un des siens trois ans après sa mort. L'histoire d'Elitzur Hajbi rappelle ce que les commémorations officielles ne disent pas : pour des centaines de familles du sud d'Israël, le 7 octobre n'appartient pas au passé. Il est encore derrière une porte qu'il faut trouver la force d'ouvrir.

Source : The Jerusalem Post, communiqué de ZAKA

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Verts Britanniques : L'auteure de la motion antisioniste défend toujours un djihadiste condamné à 44 ans

Verts Britanniques : L'auteure de la motion antisioniste défend toujours un djihadiste condamné à 44 ans

Par Claudine Douillet

Verts britanniques : l'auteure de la motion « le sionisme est du racisme » est l'« amie proche » d'un terroriste d'al-Qaïda

Lubna Speitan, qui a fait adopter par les Verts britanniques la motion « le sionisme est du racisme », est désignée dans une décision de justice fédérale américaine comme l'« amie proche » de Minh Quang Pham. Ce djihadiste d'al-Qaïda préparait un attentat à Heathrow contre des passagers en provenance d'Israël et des États-Unis. Il purge 44 ans de prison. Elle affirme être toujours son amie.

La motion qui a fait scandale

La semaine dernière, au congrès du Green Party, la motion présentée par Lubna Speitan a été adoptée. Le texte qualifie le sionisme de raciste et réclame un État palestinien unique, c'est-à-dire la disparition d'Israël. Artiste et militante britannico-palestinienne, Speitan en est l'auteure.

Révélé par The Telegraph et The Times, le lien qui l'unit à Minh Quang Pham a été confirmé par The Jerusalem Post, qui a consulté les pièces du dossier fédéral : États-Unis contre Minh Quang Pham, tribunal fédéral du district sud de New York.

Un projet d'attentat au poison à Heathrow

Minh Quang Pham est un citoyen britannique formé au Yémen par al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA). Son projet : faire exploser dans le hall des arrivées de l'aéroport de Heathrow un sac à dos bourré d'éclats métalliques trempés dans de la mort-aux-rats, pour tuer les passagers arrivant d'Israël ou des États-Unis.

Arrêté au Royaume-Uni en 2012, extradé vers les États-Unis en 2015, il plaide coupable en 2016 de soutien matériel à une organisation terroriste. Condamné à 40 ans de prison, il voit sa peine portée à 44 ans en 2025, après que l'accusation a produit de nouveaux éléments sur l'attentat qu'il préparait.

Le témoin que la justice a écarté

En 2015, la défense de Pham a demandé à faire entendre Lubna Speitan comme témoin. L'ordonnance du tribunal la désigne comme une « amie proche » de l'accusé. Pham demandait que sa déposition soit recueillie à distance, au motif qu'un problème de santé l'empêchait de prendre l'avion. Le juge a refusé, estimant la demande insuffisamment justifiée et le témoignage sans portée réelle.

L'ordonnance ne laisse pas entendre que Speitan connaissait les activités criminelles de Pham ni ses liens avec le terrorisme.

« Ce qui était n'a pas changé »

Interrogée cette semaine par The Telegraph pour savoir si elle était toujours son amie, Lubna Speitan a répondu : « Oui, c'est toujours le cas. Ce qui était n'a pas changé. » Selon elle, Pham a été « ciblé par le système ». Elle a ensuite jugé les questions du journal « insultantes » et destinées à diaboliser les Palestiniens, laissant entendre que le terroriste condamné aurait été accusé à tort.

Ce n'est pas un dérapage isolé. Lubna Speitan a déjà affirmé que le Hamas ne devait pas être qualifié d'organisation terroriste. Lors d'un rassemblement organisé à Birmingham le 21 septembre 2025 par Protect Palestine, elle a revendiqué « notre droit à la lutte armée » et refusé de condamner la « résistance ». Elle a aussi été filmée déclarant que les sionistes seraient « traqués comme l'ont été les oppresseurs nazis », en précisant que cela ne se ferait pas sans la force.

Le Green Party minimise

Face au scandale, un porte-parole du parti s'est contenté d'indiquer que Lubna Speitan « n'occupe aucune fonction au sein du parti, en dehors de son statut de membre », et que les Verts disposent de « procédures internes » pour examiner les propos contraires à leurs valeurs.

La réponse élude l'essentiel. Ce n'est pas un simple adhérent anonyme qui est en cause, mais l'auteure du texte que le parti a choisi d'adopter. Une formation qui inscrit dans sa doctrine que le sionisme est du racisme l'a fait sur la proposition d'une militante qui défend la « lutte armée » et revendique son amitié avec un homme qui voulait empoisonner des voyageurs venus d'Israël.

Sources : The Jerusalem Post, The Telegraph, The Times

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