Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Tribune. Une rescapée de la Shoah et vingt-huit personnalités contre le film NAZA

Tribune. Une rescapée de la Shoah et vingt-huit personnalités contre le film NAZA

LE SCANDALE NAZA

Un documentaire britannique intitulé NAZA, primé à la Mostra de Venise et vendu au monde entier par mk2, accuse Israël d’avoir planifié le massacre de civils à Gaza. Et c’est là que commence le scandale. NAZA veut dire nezek agavi, dommage collatéral. C’est le chiffre qu’une chaîne de commandement israélienne inscrit avant une frappe pour estimer combien de civils vont mourir si elle ne corrige pas son tir. Quatre-vingts minutes qui font de ce mot la preuve d’une préméditation.

Le NAZA existe, personne ne le conteste, et il existe pour une raison.
On le calcule avant de tirer, précisément pour savoir si l’on tire. Il sert à décaler l’heure pour viser la nuit, à changer de munition pour réduire le rayon, à attendre que l’immeuble se vide, à renoncer.
Un chiffre qu’on établit pour éviter des morts est un chiffre qu’on établit pour éviter des morts. Ce calcul n’a rien d’israélien. Il découle du principe de proportionnalité, article 51 du premier protocole additionnel aux conventions de Genève, et toutes les armées occidentales s’y plient.
Les Américains font le leur avant chaque frappe, et ils ont fixé pendant des années un seuil chiffré de morts civiles acceptables, validé au plus haut niveau de l’État, conflit par conflit. En décembre 2016, en Irak et en Syrie contre Daech, ce seuil autorisait des frappes à dix civils tués. Prendre le chiffre israélien, l’isoler, le placer en titre et le donner pour la signature d’une intention génocidaire, c’est retourner une garantie du droit de la guerre en aveu de crime. Appliquez le procédé à la France au Sahel, aux Britanniques à Mossoul, aux Américains à Raqqa, à l’OTAN en Libye, vous obtenez cinq réquisitoires identiques. Aucun n’a été filmé, aucun n’a été primé à Venise.

Le film s’appelle « NAZA ». 24 témoins filmés de nuit sur des toits de Tel-Aviv, visages remodelés, voix transformées. Aucun nom, aucun grade, aucune unité, aucune date. Le Guardian a publié les enquêtes dont le film est tiré, il le produit, et l’un de ses journalistes en a assisté le montage. Israël a répondu le 11 septembre en rejetant ces accusations de façon absolue. Le film a reçu à Venise une ovation de près de 25 minutes, présentée comme la plus longue de l’histoire de la Mostra. Le précédent record était de 23 minutes, datait de l’année d’avant et tenait au film de Kaouther Ben Hania, « La Voix de Hind Rajab », Lion d’argent, qui siégeait cette année dans le jury ayant décerné à NAZA son Prix spécial. L’an prochain, les ovations seront-elles plus longues que les films ?

mk2 films a acquis les droits de ventes internationales de « NAZA » à la fin du mois d’août, avant la projection vénitienne. La société a publié elle-même la déclaration de Nathanaël Karmitz et de Fionnuala Jamison, qui disent avoir été convaincus par « la rigueur de son approche journalistique » et par « l’excellence cinématographique de sa forme ». Que dire de la rigueur ? Quelqu’un chez mk2 a-t-il eu accès à l’identité réelle des 24 témoins ? À un protocole d’authentification ?

Nous n’avons pas peur du débat. Nous l’appelons de nos vœux. « Holding Liat », de Brandon Kramer, prix du meilleur documentaire à la Berlinale, sur une famille du kibboutz Nir Oz dont la mère a été enlevée le 7 octobre, était à l’affiche au mk2 Beaubourg et au mk2 Nation, bravo. C’est à notre connaissance le seul long métrage sur le 7 octobre qui ait franchi la porte des salles. Certes il s’agit d’un film où le père israélien passe son temps à invectiver son propre gouvernement, mais personne n’a jamais écrit qu’il fallait critiquer Israël pour être programmé. Ça se lit dans les programmes. Pourquoi ne pas programmer « We Will Dance Again » de Yariv Mozer ? Ce film reconstitue minute par minute le massacre du festival Nova. Il a remporté l’Emmy du meilleur documentaire d’actualité en 2025. Le film a été diffusé en Australie, en Espagne, au Royaume-Uni, aux États-Unis, et en Allemagne un soir de prime time. Il n’a jamais connu de sortie commerciale en salles en France. Les exemples sont multiples. Un autre qui nous semble pertinent, le documentaire « SABABA, les fabuleuses chroniques de Moshe Zaoui », dont la sortie était prévue autour du 7 octobre, vient d’être déprogrammé d’un festival pour des raisons politiques. Ce film n’est pourtant pas un brûlot, tout comme Amir Haddad, dont le concert du 26 juillet dernier aux Terrasses du Port à Marseille a été annulé après des appels au boycott, n’est pas un activiste. Nous n’allons pas faire la liste de tout ce qui, depuis trois ans, ne trouve plus ni écran ni scène dès qu’un Juif ou un Israélien est partie prenante, mais ça commence à faire beaucoup.

Nous ne demandons l’interdiction de rien. Menacer un réalisateur est indigne. Fermer une salle est indigne. Nous demandons l’inverse, et trois choses précises. Que chaque séance de « NAZA » soit accompagnée d’un débat contradictoire réel, à temps de parole égal, avec quelqu’un qui connaisse le dossier, et pas trois minutes en fin de projection quand la salle se vide. Que mk2 fasse pour le 7 octobre ce qu’il a déjà fait avec « Holding Liat », et programme en miroir, dans son réseau, un film consacré à cette journée, aux otages, aux victimes du festival Nova. Que mk2 institut, qui se présente comme un espace d’expression et de dialogue, accueille cette rencontre. Aucune de ces demandes ne coûte un euro de recette. Aucune ne retire un spectateur à « NAZA ».

À la veille du Grand Pardon juif, Lou Helwaser a adressé une lettre ouverte à mk2 pour demander « comment on en arrive là ? ». En quelques heures, trente mille personnes l’ont lue. Pas mk2, semble-t-il. Mais qui est Lou Helwaser ? Une femme comme une autre. Juive, enfant cachée. Ses deux parents ont été déportés à Auschwitz. Elle a eu les cheveux rasés, elle a porté l’étoile, elle a échappé à la déportation. Elle a le titre d’ancien combattant, la médaille de vermeil de la Ville de Paris, et la préfecture de police lui a confié la mission de témoigner devant les futurs policiers au Mémorial de la Shoah. Par cette lettre ouverte à mk2, par son refus d’être une fois de plus spectatrice d’une injustice, elle pose une question : « En 2026, la résistance intellectuelle et morale, ça ressemble à quoi ? » Nous reprenons cette question à notre compte. Nous pensons qu’on peut débattre sur tout, discuter de tout, à condition que la porte ne soit pas ouverte d’un seul côté.

SIGNATAIRES

Paul Amar, journaliste
Brieuc Bénézet, directeur général des Éditions Ellipses
Richard Benhaim, directeur du festival United Music of Deauville
Richard Berry, acteur, réalisateur
Michel Boujenah, acteur, humoriste
Élie Chouraqui, producteur, réalisateur
Nathalie Cohen-Beizermann, ex-vice-présidente du CRIF
Gérard Darmon, acteur
Nathalie Faintuch, artiste peintre
Véronique Genest, actrice
Daniel Goldenberg, romancier, scénariste
Eduardo Guelfenbein, peintre
Sandra Hegedüs, présidente de SAM Art Projects
Lou Helwaser, auteure, rescapée de la Shoah
Ishtar, chanteuse
Ingrid Jean-Baptiste, actrice
Sonia Jean-Baptiste, présidente du Chelsea Film Festival
Rachel Khan, juriste, essayiste
Rivon Krygier, rabbin, essayiste
Laura Mayne, chanteuse
Éric Naulleau, auteur, journaliste
Avi Pazner, ancien ambassadeur d’Israël en France
Nathalie Riu-Guez, présidente de la WIZO France
Shevaaya, réalisateur
Estelle Skornik, actrice
Ilan Zaoui, chorégraphe
Moshe Zaoui, chanteur
Valérie Zarrouk, actrice

Tribune à l’initiative de Lou Helwaser, rescapée de la Shoah, et du collectif Les Sentinelles du 13 octobre

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Rashi rabbin de Troyes : un maître juif qui refusait toute lecture chrétienne de la Bible

Rachi, rabbin de Troyes : un maître juif qui refusait toute lecture chrétienne de la Bible

 

Rashi n'a jamais été un homme de dialogue inter-religieux.
Le plus grand commentateur juif de la Bible et du Talmud a consacré une partie de son œuvre à démonter les lectures christologiques des Écritures, au moment même où les croisés massacraient les communautés juives qu'il connaissait.
À Troyes, où il est célébré jusque dans les chorales paroissiales, ce Rashi là a presque disparu.

Par Claudine Douillet I 14 octobre

La Maison Rachi de Troyes est un lieu superbe. On y trouve une bibliothèque réunissant ses commentaires dans toutes les langues, un parcours muséographique soigné, une volonté évidente de faire connaître l'enfant du pays. Mais le visiteur qui connaît un peu l'œuvre du maître ressort avec un malaise.
Le Rachi qu'on lui présente ressemble à un sage universel, presque un précurseur du dialogue entre religions. Le Rachi des textes est autre chose : un rabbin, un maître de la loi juive, attaché à défendre la lecture juive de la Bible contre ceux qui voulaient se l'approprier.

Un rabbin né dans la Champagne de l'an 1040

Rabbi Shlomo ben Itzhak, dit Rachi, naît à Troyes en 1040 et y meurt en 1105. Il étudie dans les grandes académies rhénanes de Mayence et de Worms, puis revient fonder sa propre école en Champagne, où il vit, selon la tradition, du travail de ses vignes.
Son commentaire de la Torah et son commentaire du Talmud deviennent en quelques générations la porte d'entrée obligée de tout étudiant juif.
Ses petits-fils, Rachbam et Rabbénou Tam, fondent l'école des tossafistes. Son œuvre est entièrement tournée vers un but : rendre le texte accessible au peuple juif, dans son sens simple, le pchat, éclairé par le midrash.

1096, l'année où le monde de Rachi s'effondre

En 1096, la première croisade se met en marche. Avant même d'atteindre l'Orient, des bandes de croisés massacrent les communautés juives de Spire, Worms et Mayence.
Ce sont précisément les villes où Rachi a étudié, où vivaient ses maîtres, ses condisciples, ses amis. Des centaines de familles sont exterminées, d'autres sont baptisées de force. Troyes est épargnée, mais Rachi vit ces événements de l'intérieur. Plusieurs selihot, des poèmes pénitentiels, lui sont attribuées et portent la marque de ce deuil.

Ses responsa témoignent de la même fidélité. Interrogé sur le sort des juifs baptisés sous la contrainte qui revenaient à leur foi, Rachi exige qu'on les accueille sans les humilier ni les écarter. Pour lui, le baptême forcé n'efface rien : ils restent des juifs. Ce n'est pas la position d'un homme qui relativise les frontières entre les religions.

Le Psaume 2 : « à cause de la réponse aux hérétiques »

L'argument le plus net se trouve dans son commentaire des Psaumes. Le Psaume 2 parle du roi oint de Dieu, à qui il est dit « tu es mon fils ». Les chrétiens y lisent une annonce du Christ. Rachi reconnaît que les maîtres du Talmud appliquaient ce psaume au roi Messie. Mais il ajoute que, pour répondre aux minim, les hérétiques, c'est-à-dire ici les chrétiens, il convient de l'expliquer comme se rapportant à David lui-même. Rachi assume donc de déplacer l'interprétation pour fermer la porte à la lecture chrétienne. L'intention polémique est écrite noir sur blanc.

Isaïe 53 : le serviteur souffrant, c'est Israël

Le chapitre 53 d'Isaïe, celui du serviteur méprisé qui porte les souffrances des autres, est depuis les premiers siècles le texte central de l'apologétique chrétienne. Rachi l'interprète tout autrement. Pour lui, le serviteur est Jacob, c'est-à-dire le peuple d'Israël, et plus particulièrement les justes d'Israël, frappés et humiliés parmi les nations. À la fin des temps, ces nations reconnaîtront qu'elles se sont trompées sur lui.
Écrite au lendemain de 1096, cette lecture prend une résonance terrible : le peuple souffrant n'est pas une figure du Christ, c'est le peuple juif persécuté par ceux qui se réclament du Christ.

Isaïe 7 et la « jeune femme »

Même démarche pour Isaïe 7,14, que la tradition chrétienne traduit par « la vierge concevra ». Rachi s'en tient au texte hébreu : le mot almah désigne une jeune femme, et le signe concerne l'époque même du prophète. Il s'agit, explique-t-il, de l'épouse d'Isaïe, qui enfantera dans l'année. Aucune place n'est laissée à une prophétie lointaine de la naissance de Jésus.

« Faisons l'homme » : pas de Trinité

Dès le premier chapitre de la Genèse, Rachi se heurte au pluriel de « Faisons l'homme à notre image », que les théologiens chrétiens invoquaient comme une trace de la Trinité. Il reprend le midrash : Dieu a consulté sa cour céleste par humilité, pour enseigner aux hommes qu'un grand doit prendre conseil auprès des plus petits. Il note même que Moïse s'inquiétait de laisser ainsi une ouverture aux hérétiques, et que Dieu lui répondit d'écrire malgré tout : celui qui veut se tromper se trompera. Le Dieu de Rachi est un, sans partage.

Le Cantique des Cantiques, chant d'amour entre Dieu et Israël

Pour l'Église, le Cantique des Cantiques décrit l'union du Christ et de l'Église. Rachi, dans son introduction, en fait le chant d'Israël exilé, veuve qui se souvient de son premier amour et que Dieu n'a pas répudiée. L'historienne israélienne Sarah Kamin a montré combien ce commentaire répond, en creux, à la thèse chrétienne selon laquelle Dieu aurait rejeté le peuple juif au profit de l'Église. Pour Rachi, l'alliance n'a jamais été rompue.

Une influence chrétienne que Rachi n'a pas cherchée

Il est vrai que des exégètes chrétiens ont puisé chez Rachi. Au XIVe siècle, le franciscain Nicolas de Lyre l'utilise abondamment, et Luther, à travers lui, en hérite. Mais ils prenaient chez Rachi la grammaire, le sens littéral, la connaissance de l'hébreu, tout en rejetant ses conclusions. Rachi n'a pas écrit pour eux. Il a écrit contre leur lecture.

L'histoire a d'ailleurs vite rappelé ce que pensait l'Église de ces commentaires. En 1242, à Paris, des charrettes entières de manuscrits du Talmud, accompagnés des gloses de Rachi, sont brûlées en place publique après la disputation de 1240. Plus tard, les censeurs ont corrigé dans les éditions imprimées les passages où Rachi désignait les chrétiens comme des minim.

Rendre Rachi au peuple juif

Elie Wiesel, dans le livre qu'il lui a consacré, décrit un maître enraciné dans son peuple, porteur de sa mémoire et de ses blessures. C'est ce Rachi qu'il faut rappeler. Que Troyes honore l'un de ses plus grands fils est légitime. Que des chrétiens reconnaissent leur dette envers lui est respectable. Mais présenter Rachi comme un artisan de l'œcuménisme relève du contresens. Il fut un rabbi, un maître du Talmud, un défenseur intransigeant de la lecture juive de la Bible, à une époque où cette fidélité se payait du sang.

 

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« Am Israël Haï » : le cri d’un ministre belge face à l’antisémitisme ambiant de Bruxelles

« Am Israël Haï » : le cri d’un ministre belge face à l’antisémitisme ambiant de Bruxelles

Belgique et Israël : Francken et Bouchez brisent le front critique du gouvernement fédéral

Le ministre belge de la Défense, Theo Francken, a publié « Am Israël Haï » le 7 octobre à 6h29, l'heure exacte du début de l'attaque du Hamas. Dans un gouvernement parmi les plus sévères d'Europe envers Israël, ce message et le soutien affiché par le président du MR, Georges-Louis Bouchez, révèlent une fracture au sommet de l'État belge.

Par Claudine Douillet i 14 octobre

La Belgique s'est imposée depuis le 7 octobre 2023 comme l'une des voix les plus critiques envers Israël au sein de l'Union européenne. Pourtant, au cœur même de son gouvernement, deux figures majeures affichent ouvertement leur solidarité avec l'État juif. Le quotidien israélien Ynet, sous la plume de son correspondant diplomatique Itamar Eichner, a mis en lumière ce paradoxe le 13 octobre.

Une politique belge parmi les plus dures d'Europe envers Israël

Bruxelles a multiplié les mesures contre Jérusalem depuis le massacre du 7 octobre. En septembre 2025, la Belgique a déclaré persona non grata sur son territoire les ministres israéliens Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich. Elle a également restreint ses exportations d'armes vers Israël et décidé de limiter certains services consulaires offerts aux citoyens belges résidant dans les implantations de Judée-Samarie.

Ces décisions ont placé le royaume dans le peloton de tête des capitales européennes les plus hostiles à la politique israélienne. Ynet n'hésite pas à qualifier une partie des responsables belges de franchement anti-israéliens. C'est précisément ce contexte qui donne tout son poids aux gestes de soutien venus de l'intérieur de la coalition.

Trois mots publiés à 6h29 le jour anniversaire du massacre

Le 7 octobre 2026, troisième anniversaire de l'attaque du Hamas, Theo Francken a publié sur le réseau X un message de trois mots : « Am Israël Haï », le peuple d'Israël est vivant. Il l'a accompagné de deux cœurs bleu et blanc, aux couleurs du drapeau israélien.

L'heure de publication n'avait rien d'un hasard. Le ministre a choisi 6h29, la minute précise où les terroristes du Hamas ont lancé leur offensive contre les localités du sud d'Israël. Un geste symbolique fort, que peu de dirigeants européens en exercice ont osé ce jour-là.

Theo Francken, un soutien constant à Israël

Le ministre de la Défense, issu du parti nationaliste flamand N-VA, n'en est pas à son premier engagement. Ynet le décrit comme un responsable politique courageux qui n'a jamais caché son soutien à Israël et qui a régulièrement accusé les précédents gouvernements belges d'adopter une attitude hostile et injuste envers un État démocratique.

En novembre 2023, quelques semaines après le massacre, il avait condamné les ministres du gouvernement belge de l'époque qui refusaient de qualifier le Hamas d'organisation terroriste ou qui appelaient au boycott d'Israël. En juin 2025, dans une interview accordée à la chaîne Al Arabiya, il avait affirmé qu'il était essentiel qu'Israël conserve le monopole de l'arme nucléaire au Moyen-Orient afin de contenir la menace iranienne contre l'Occident. Une déclaration rare dans la bouche d'un ministre européen de la Défense.

Georges-Louis Bouchez défend le droit d'Israël à se protéger

Theo Francken n'est pas isolé. Georges-Louis Bouchez, président du Mouvement réformateur (MR), deuxième formation de la coalition fédérale, a participé cette semaine à une cérémonie à la mémoire des victimes du 7 octobre, aux côtés de l'ambassadeur d'Israël en Belgique.

Dans son discours, le chef de file des libéraux francophones a pris une position sans ambiguïté en faveur d'Israël et de la communauté juive. Il a affirmé le plein droit de l'État juif à se défendre contre le terrorisme et a désigné explicitement le régime iranien comme la source de la menace qui pèse sur lui. Venant du dirigeant d'un parti pivot de la majorité, ces propos tranchent avec la ligne officielle de Bruxelles.

David Saranga, un ambassadeur qui parle aux Belges dans leurs langues

Le nouvel ambassadeur d'Israël, David Saranga, a présenté ses lettres de créance au roi Philippe le 7 octobre, jour du troisième anniversaire du massacre. Sur X, il a souligné la portée de cette date, rappelant qu'en Israël la douleur et l'espoir partagent souvent le même jour. Il a expliqué entrer au palais royal en portant la mémoire des victimes et la détermination de son peuple à vivre et à prospérer, ajoutant que les ennemis d'Israël avaient tué les siens sans briser leur esprit.

Dès son arrivée, le diplomate s'est adressé directement au public belge par une série de vidéos en français, en néerlandais et en arabe. Il y appelle à mettre fin aux boycotts contre Israël, évoque le combat israélien contre l'islam radical et avertit que cette menace existe aussi sur le sol européen, sous la forme de cellules terroristes actives ou dormantes. Il plaide enfin pour un dialogue avec la population musulmane modérée, estimant que les démocraties attachées à la liberté et à la vie ont la responsabilité commune de relever ce défi.

David Saranga est connu comme l'un des pionniers des nouvelles technologies dans la diplomatie publique israélienne. Dès 2023, il s'était exprimé en huit langues dans une série de vidéos du ministère des Affaires étrangères destinées à toucher les opinions publiques du monde entier.

Un enjeu direct pour les Juifs de Belgique

Pour la communauté juive de Belgique, concentrée à Bruxelles et à Anvers, ces signaux comptent. Depuis trois ans, elle fait face à une montée des actes antisémites et à un climat politique qu'elle perçoit souvent comme défavorable. Voir un ministre de la Défense et le président du deuxième parti de la majorité afficher publiquement leur soutien à Israël rappelle que la position belge n'est pas monolithique.

Reste à savoir si ces voix pèseront sur la politique étrangère du royaume ou si elles demeureront des gestes symboliques dans un gouvernement qui maintient ses sanctions. Une chose est acquise : le 7 octobre 2026, à 6h29, un ministre belge a choisi son camp.

Source : Ynet, article d'Itamar Eichner, 13 octobre 2026.

Le ministre belge de la Défense Theo Francken a posté « Am Israël Haï » le 7 octobre à 6h29, malgré la ligne dure de Bruxelles envers Israël.

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Tsahal : un soldat de l'armée de l'air arrêté pour avoir sorti des puces mémoire

Tsahal : un soldat de l'armée de l'air arrêté pour avoir sorti des puces mémoire

Un militaire de l'armée de l'air israélienne arrêté : il aurait sorti des puces mémoire de Tsahal

Par Claudine Douillet I 14 octobre

Un soldat de l'armée de l'air israélienne est en détention, soupçonné d'avoir sorti des puces mémoire militaires. La police militaire évoque une fuite d'informations sensibles et un risque pour la sécurité de l'État. Le tribunal militaire a prolongé sa détention de six jours.

Une arrestation après des renseignements

La police militaire d'investigation israélienne, le Metsah, a arrêté lundi un militaire de l'armée de l'air. Elle avait reçu des renseignements sur son cas, puis mené une enquête préliminaire. Le soldat est soupçonné d'avoir sorti de l'armée des puces mémoire. Il a été présenté au tribunal militaire. Le site d'information Walla a révélé l'affaire mercredi 14 octobre 2026.

Des chefs de suspicion particulièrement lourds

Devant le juge, les représentants du Metsah ont retenu une série de soupçons graves. La liste comprend le vol commis par un agent public et la divulgation d'informations. Elle comprend aussi le non-respect des ordres et la sortie de biens appartenant à l'armée. Le chef le plus lourd est l'abus de pouvoir allant jusqu'à mettre en danger la sécurité de l'État. Le représentant de la police militaire a parlé d'un soupçon de fuite d'informations dangereuses et sensibles. Selon lui, le préjudice possible pour la sécurité de l'information est « très grave ».

Pourquoi une puce mémoire inquiète autant l'armée

Dans une armée de l'air moderne, les données sont aussi précieuses que les avions. Une puce mémoire peut contenir des plans de mission, des paramètres de systèmes d'armes, des fréquences de communication ou des informations sur le personnel. Le simple fait de sortir un support de stockage d'une base est strictement encadré dans Tsahal. Les règles de sécurité de l'information interdisent de faire sortir tout support numérique sans autorisation. C'est ce qui explique la sévérité des chefs retenus, même avant de savoir ce que contenaient exactement les puces et où elles ont fini. À ce stade, ni l'armée ni le tribunal n'ont précisé la nature des données ni l'unité du suspect.

Le tribunal militaire prolonge la détention de six jours

Le juge militaire a qualifié les soupçons de graves. Il a estimé que les enquêteurs devaient avoir le temps de terminer leurs vérifications, car certaines pourraient encore être entravées. Il a aussi noté que le suspect a donné sa propre version des faits, qui oblige les enquêteurs à de nouvelles vérifications. La détention a donc été prolongée de six jours.

L'avocat promet que le dossier va se dégonfler

L'avocat du soldat, Eyal Avital, a choisi de réagir publiquement, ce qu'il dit ne pas faire d'habitude avant une mise en accusation. Pour lui, l'affaire est un ballon de baudruche qui va très vite éclater, sans rien dedans. Il ne dit pas encore sur quels éléments il s'appuie. La présomption d'innocence s'applique pleinement.

Un contexte de vigilance renforcée

L'affaire tombe dans une période de forte vigilance en Israël sur la sécurité de l'information. Ces deux dernières années, le Shin Bet et la police ont révélé une série d'affaires d'espionnage au profit de l'Iran, impliquant des citoyens israéliens, dont certains militaires. Rien n'indique pour l'instant que ce dossier soit lié à une puissance étrangère. Il peut aussi s'agir d'une faute grave sans intention de nuire. Mais il rappelle que, pour l'armée israélienne, une simple puce mémoire peut devenir une question de sécurité nationale. Les prochains jours, et la décision de déposer ou non un acte d'accusation, diront si le dossier tient.

 

Sources:
Walla – חייל נעצר בחשד להוצאת שבבי זיכרון מהצבא

Le panneau au nom du chef terroriste Yasser Arafat arraché d’un arrêt de bus arabe en Israël

Le panneau au nom du chef terroriste Yasser Arafat arraché d’un arrêt de bus arabe en Israël

Le nom de Yasser Arafat a disparu de l'arrêt de bus de Jat. Trois semaines après la révélation de Channel 14, les panneaux qui honoraient le fondateur du Fatah dans cette localité arabe du Sharon ont été retirés. Le député Yitzhak Kroizer, président de la commission de l'Intérieur de la Knesset, s'est rendu sur place ce mercredi 14 octobre pour le constater.

Par Claudine Douillet I 14 octobre

Une révélation de Channel 14 à l'origine de l'affaire

Tout est parti d'un reportage diffusé le 24 septembre 2026 dans l'émission de la mi-journée de Channel 14. La chaîne israélienne y révélait qu'un arrêt de bus, installé au cœur du conseil local de Jat, dans le Sharon, avait été aménagé en hommage à Yasser Arafat. Le nom de l'ancien chef de l'OLP figurait en toutes lettres sur la signalétique, à la vue des usagers et des automobilistes.

La découverte a immédiatement provoqué une vague d'indignation en Israël. Selon Channel 14, cet hommage contrevenait non seulement aux registres officiels de la localité, mais aussi à une directive explicite de l'État datant de 2017, qui interdit de commémorer Yasser Arafat dans l'espace public israélien.

L'ultimatum du président de la commission de l'Intérieur

Dès la publication de l'information, le député Yitzhak Kroizer, élu du parti Otzma Yehudit et président de la commission de l'Intérieur et de la Protection de l'environnement de la Knesset, s'est saisi du dossier. Il a adressé un ultimatum aux autorités locales et s'est engagé publiquement à obtenir le retrait des panneaux sans aucun compromis.

Le délai accordé expiré, l'élu a effectué ce mercredi matin une visite de contrôle sur le terrain. Il a pu vérifier que les panneaux litigieux avaient bien été démontés et que toute référence au dirigeant palestinien avait été effacée de l'arrêt de bus.

« Aucun recoin de l'État d'Israël »

Sur place, Yitzhak Kroizer a tenu à fixer une ligne claire. « Nous ne permettrons la commémoration de terroristes et de meurtriers de masse dans aucun recoin de l'État d'Israël », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés par Channel 14. Pour la chaîne, le retrait du panneau referme une affaire qui avait suscité une colère profonde dans l'opinion israélienne.

Pourquoi le nom d'Arafat reste inacceptable en Israël

Pour comprendre la portée de cette affaire, il faut rappeler ce que représente Yasser Arafat aux yeux des Israéliens. Fondateur du Fatah, chef de l'Organisation de libération de la Palestine pendant plus de trois décennies, il a dirigé un mouvement responsable de nombreux attentats contre des civils israéliens, dont le massacre de la route côtière en 1978, qui avait coûté la vie à plus de trente personnes, parmi lesquelles des enfants.

Le prix Nobel de la paix qu'il a partagé en 1994 avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres, après les accords d'Oslo, n'a pas effacé cette mémoire. La seconde Intifada, déclenchée en 2000 alors qu'il présidait l'Autorité palestinienne, a fait plus d'un millier de morts côté israélien, victimes d'attentats-suicides dans des bus, des restaurants et des centres commerciaux. Le symbole d'un arrêt de bus portant son nom avait donc, pour beaucoup de familles endeuillées, quelque chose de profondément blessant.

Yasser Arafat est mort en novembre 2004 à l'hôpital militaire Percy de Clamart, en région parisienne. Vingt-deux ans plus tard, son héritage continue de diviser, et la question de sa commémoration reste explosive des deux côtés de la Ligne verte.

L'espace public, terrain sensible pour les localités arabes d'Israël

L'affaire de Jat illustre un débat récurrent en Israël sur la mémoire et l'espace public. Les citoyens arabes représentent environ un cinquième de la population du pays, et leurs municipalités gèrent elles-mêmes une grande partie de la toponymie locale. Mais les règles nationales encadrent strictement les hommages rendus à des figures liées au terrorisme, et l'État entend les faire respecter partout sur son territoire.

L'intervention rapide d'une commission parlementaire montre que ce sujet dépasse le cadre municipal. En exigeant le retrait des panneaux et en se déplaçant personnellement pour s'en assurer, Yitzhak Kroizer a voulu faire de Jat un précédent : aucune collectivité locale ne pourra, selon lui, contourner la directive de 2017.

Un signal adressé aux victimes du terrorisme

Au-delà de la polémique politique, l'épisode touche directement les familles des victimes d'attentats, pour qui chaque hommage public rendu à un responsable de violences contre des civils est vécu comme une offense. Le retrait du panneau de Jat est perçu par une large partie de l'opinion israélienne comme un geste de respect envers leur mémoire.

L'affaire rappelle aussi le rôle que peut jouer la presse dans ce type de dossier. Sans la révélation de Channel 14, l'arrêt de bus aurait pu continuer à porter le nom de Yasser Arafat, en violation d'une règle pourtant en vigueur depuis près de dix ans.

Source : Channel 14 (C14), 14 octobre 2026.

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Netanyahou dans un viseur : une militante étrangère arrêtée près d'Hébron et menacée d'expulsion

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La police israélienne a arrêté mardi soir, dans la région du mont Hébron, une militante étrangère soupçonnée de soutenir Addameer, organisation classée terroriste par Israël. Une vidéo tournée hors d'Israël la montre vêtue d'un t-shirt où Benjamin Netanyahou apparaît dans le réticule d'un viseur de tireur d'élite. Elle a été remise ce mercredi matin à l'Autorité de la population et de l'immigration, qui examine son expulsion.

Par Claudine Douillet I 14 octobre 2026

Une arrestation préparée par le renseignement policier

L'affaire, révélée ce mercredi 14 octobre par le quotidien Maariv sous la plume d'Alon Hakmon, commence bien avant l'interpellation. Le bureau des étrangers de l'unité centrale de la police du district de Judée-Samarie s'est intéressé à cette ressortissante étrangère après avoir relevé des indices de soutien à l'organisation Addameer. Les enquêteurs ont mené un travail de renseignement et passé au crible ses publications sur les réseaux sociaux.

La police n'a communiqué ni son nom, ni son âge, ni sa nationalité. Elle a été arrêtée mardi soir par des policiers du commissariat d'Hébron, puis conduite en interrogatoire.

Le Premier ministre dans la ligne de mire

C'est une vidéo qui a fait basculer le dossier. Tournée à l'étranger, elle montre la militante portant un t-shirt imprimé du portrait de Benjamin Netanyahou, avec un marquage semblable à celui d'une lunette de tir pointé sur sa tête et sur son corps. Pour la police, cette image constitue une incitation contre le chef du gouvernement en exercice.

En Israël, ce type de représentation n'a rien d'anodin. Le pays garde en mémoire le climat de haine qui avait précédé l'assassinat d'Yitzhak Rabin en novembre 1995, lorsque des photomontages visant le Premier ministre circulaient dans des manifestations. Depuis, la frontière entre critique politique et désignation d'une cible est surveillée de près par les autorités.

Addameer, une ONG classée terroriste depuis 2021

Addameer se présente comme une association de soutien juridique aux prisonniers palestiniens. En octobre 2021, le ministère israélien de la Défense l'a inscrite, avec cinq autres organisations palestiniennes, sur la liste des organisations terroristes. Israël l'accuse de servir de façade au Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), mouvement armé responsable de nombreux attentats, et de contribuer à son financement par le biais de fonds destinés à l'aide humanitaire.

Cette décision a été contestée par plusieurs gouvernements européens, qui ont affirmé en 2022 ne pas avoir reçu d'éléments suffisants pour revoir leur coopération avec ces ONG. Israël maintient sa position et considère tout soutien à ces structures comme un appui à une organisation terroriste.

Génocide et « camps de concentration » en interrogatoire

Selon la police, la suspecte a tenu pendant son audition un discours violemment hostile à Israël, l'accusant notamment de commettre un génocide. Elle aurait expliqué être venue dans le pays pour effectuer un stage au sein d'Addameer et apporter une aide juridique aux détenus palestiniens, qu'elle a décrits comme enfermés dans des « camps de concentration ».

L'emploi de ce terme, qui renvoie directement à la Shoah, illustre un vocabulaire devenu courant dans certains milieux militants depuis le 7 octobre 2023. Il assimile l'État juif aux bourreaux nazis et alimente un discours que de nombreux observateurs rangent dans l'antisémitisme contemporain.

Vers une expulsion et une interdiction de territoire

À l'issue de son interrogatoire, la militante a été placée en détention. Ce mercredi matin, elle a été transférée à l'Autorité de la population et de l'immigration, qui doit l'entendre lors d'une audition préalable. L'objectif affiché est son expulsion d'Israël et une interdiction d'y revenir. Aucune décision définitive n'avait été prise à la mi-journée et la procédure se poursuit.

160 militants refoulés et plus de 60 expulsés depuis janvier

La police inscrit cette arrestation dans une action plus large menée par le district de Judée-Samarie contre les militants étrangers qui se rendent dans la région pour participer à des points de friction et à des troubles à l'ordre public. Depuis le début de l'année 2026, 160 activistes étrangers se sont vu refuser l'entrée en Israël et plus de 60 autres ont été expulsés.

Le bureau des étrangers de l'unité centrale du district a pour mission d'empêcher ces militants d'atteindre les zones de tension. Leur présence est régulièrement dénoncée par les autorités, qui y voient un facteur d'escalade et parfois un appui logistique ou médiatique à des organisations hostiles.

« Une ligne a été franchie »

Cité par Maariv, le responsable policier Pinchi souligne le caractère exceptionnel du dossier. Selon lui, au-delà du soutien et de l'identification au terrorisme, il y a ici une incitation visant un Premier ministre israélien en fonction, ce qu'il qualifie de franchissement d'une ligne rouge.

Pour les autorités israéliennes, l'affaire montre que l'engagement militant de certains étrangers ne se limite plus au terrain humanitaire affiché, mais peut glisser vers la légitimation de la violence contre les dirigeants du pays.

Source : Maariv, Alon Hakmon, 14 octobre 2026. Photo : porte-parole de la police israélienne.

Une militante étrangère liée à Addameer arrêtée près d'Hébron pour un t-shirt montrant Netanyahou dans un viseur. Israël envisage son expulsion.

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La révélation d'Avinatan Or ex-otage du Hamas :« Ainsi on élève une génération de meurtriers »

La révélation d'Avinatan Or ex-otage du Hamas :« Ainsi on élève une génération de meurtriers »

Un enfant de trois ans, soulevé à hauteur du visage d'un otage ensanglanté, sommé de lui cracher dessus sous les applaudissements de la foule. Le général Dado Bar Kalifa, chef de la direction du personnel de Tsahal, a livré mardi soir dans le Néguev ce récit confié par Avinatan Or, enlevé au festival Nova et libéré après plus de 700 jours de captivité à Gaza.

Par Claudine Douillet I 14 octobre 2026

Ils étaient plusieurs milliers de soldats réunis mardi soir dans le Néguev, sous l'égide du Commandement Sud, pour une soirée consacrée à l'héritage des combats et à la mémoire des soldats tombés. À la tribune, le général Dado Bar Kalifa, chef de la direction du personnel de Tsahal. Le 7 octobre 2023, il commandait la 36e division et a combattu ce jour-là aux abords de la bande de Gaza. Son discours, rapporté par le journaliste militaire Amir Bohbot sur le site israélien Walla, a frappé l'assistance par un récit d'une brutalité rare, celui de l'otage Avinatan Or.

Une soirée de mémoire face aux soldats du Sud

Le général a d'abord dit l'importance qu'il accordait à cette prise de parole devant les combattants, les commandants, les soldates et les soldats du Sud. Il a confié sa crainte de voir la mémoire du 7 octobre s'émousser avec le temps. Israël, a‑t‑il reconnu, est un peuple complexe, un peuple qui n'est pas simple, mais un peuple de héros. Pour lui, le 7 octobre n'est pas une date de plus dans le calendrier : c'est un long voyage entre l'effondrement et l'espoir, entre la défaite et le relèvement.

Autour de lui sur scène se tenaient des témoins de ce jour. Avinatan Or, revenu de la captivité du Hamas après plus de 700 jours. Roï Binyamin Rocco, commandant de compagnie qui s'est précipité de chez lui vers les combats. Mazi Ilon, veuve d'un responsable de la sécurité d'une localité tombé en héros. Et le rabbin Shmouel Slotki, dont les deux fils ont couru au contact de l'ennemi le 7 octobre et se sont battus jusqu'à leur dernière goutte de sang.

Frappé, ensanglanté, emmené vivant à Gaza

C'est de cette rencontre que le général a tiré ce qu'il a appelé une petite histoire, apprise de la bouche d'Avinatan Or. Le 7 octobre, au festival Nova près de Réïm, le jeune homme est capturé avec sa compagne Noa Argamani, dont les images de l'enlèvement à moto ont fait le tour du monde. Avant qu'elle ne soit emmenée, les terroristes le frappent à la tête à coups de matraque et de pierres.

Le général a décrit la scène telle qu'Or la lui a racontée : le jeune homme ruisselant de sang, son maillot imbibé, le sang coagulé mêlé à la boue sur son visage. Il est conduit dans la bande de Gaza où il ne reste que quelques minutes à l'air libre avant de descendre pour deux ans dans l'obscurité des tunnels.

« Crache encore » : la scène racontée par l'otage

Durant ces quelques minutes, Avinatan Or est persuadé qu'il va être lynché par la foule. Lorsqu'un terroriste s'approche armé d'un grand couteau de cuisine, il croit que son heure est venue. Mais l'homme soulève un enfant de trois ans par la taille, l'amène à hauteur du visage de l'otage et lui ordonne de cracher sur lui.

L'enfant crache, trop faiblement au goût de ceux qui l'entourent. On lui demande de recommencer. Le petit crache à nouveau, cette fois avec ardeur. La foule applaudit et le félicite : « bon garçon, bon garçon ».

« Ainsi on élève une génération de meurtriers »

Pour le général Bar Kalifa, cette scène répond à une question qu'il a posée aux soldats : où commence la différence entre Israël et ceux qui, de l'autre côté de la clôture, sont venus tuer le 7 octobre ? Sa réponse : probablement à l'école maternelle. « Voilà les gens que nous avons combattus », a‑t‑il conclu, ajoutant qu'Israël ne reculerait pas avant d'en avoir fini avec eux. « C'est ainsi qu'on éduque et qu'on élève une génération de meurtriers. »

Avinatan Or, l'un des derniers otages libérés vivants

Noa Argamani a été libérée en juin 2024 lors d'une opération des forces spéciales israéliennes à Nousseirat. Avinatan Or, lui, est resté détenu jusqu'au 13 octobre 2025, date de la libération des vingt derniers otages vivants dans le cadre de l'accord de cessez‑le‑feu. Son retour dans sa famille à Shilo avait été l'un des moments les plus attendus de ces deux années de guerre.

Que ce témoignage soit porté publiquement par le chef de la direction du personnel de Tsahal, devant des milliers de jeunes soldats, n'a rien d'anodin. Trois ans après le massacre, l'armée israélienne entend inscrire le 7 octobre dans la transmission entre générations de combattants. Et le récit d'Avinatan Or pose, au‑delà de la souffrance d'un otage, une question qui dépasse le champ militaire : celle de l'endoctrinement des enfants à Gaza, désignés dès le plus jeune âge pour participer à la haine.

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Ambassade de Colombie à Jérusalem : et que la fête commence ! Un carnaval qui interpelle

Ambassade de Colombie à Jérusalem : et que la fête commence ! Un carnaval qui interpelle

La Colombie ouvre son ambassade à Jérusalem. Pour fêter l'événement, le ministère israélien des Affaires étrangères a engagé une société de production extérieure.

Par Claudine Douillet I 14 octobre 2026

Le ministère israélien des Affaires étrangères célèbre ce mercredi l'ouverture de l'ambassade de Colombie à Jérusalem par une soirée façon carnaval latino. Fait inhabituel, il a confié l'organisation à une société de production extérieure. La facture se chiffre en dizaines de milliers de shekels, et des diplomates du ministère contestent la dépense.

Une dixième ambassade dans la capitale d'Israël

La Colombie inaugure ce mercredi 14 octobre son ambassade à Jérusalem, dans des bureaux de la rue Rabbi Akiva, en plein centre de la ville. Elle devient la dixième représentation diplomatique étrangère installée dans la capitale israélienne. La cérémonie se tient en présence du ministre colombien des Affaires étrangères, Omar Bula Escobar, venu spécialement en Israël, et de son homologue israélien Gideon Saar.

Arrivé mardi, le chef de la diplomatie colombienne a été accueilli par l'ambassadrice d'Israël en Colombie, Vivian Aisen. Sur X, elle a salué une visite appelée selon elle à renforcer l'amitié et la coopération entre les deux pays, avant de conclure en espagnol : « ¡Israel y Colombia, siempre unidas! ».

L'ouverture de l'ambassade était attendue. Ce que révèle le journaliste Itamar Eichner dans le quotidien Ynet, c'est la manière dont Jérusalem a choisi de la fêter.

Un carnaval latino confié à un prestataire extérieur

Le soir venu, le ministère organise dans ses locaux une réception présentée en interne comme particulièrement festive, dans l'esprit d'un carnaval latino-américain. Autour des deux ministres sont attendus des maires, des entrepreneurs actifs en Colombie, des diplomates étrangers et de nombreux invités.

D'ordinaire, les événements du ministère des Affaires étrangères sont produits par ses propres services. Cette fois, il a engagé une société de production extérieure, pour un montant de plusieurs dizaines de milliers de shekels. Selon Ynet, l'échelon professionnel du ministère a même été tenu à l'écart du contenu de la soirée.

Des diplomates sceptiques sur les économies annoncées

Interrogé, le ministère a refusé de révéler la somme versée au prestataire. Il soutient au contraire que ce choix a permis de faire baisser les coûts des fournisseurs. Des responsables du ministère cités par Ynet mettent en doute cet argument et ne voient pas comment un producteur extérieur rendrait la cérémonie moins chère.

Dans sa réponse officielle, le ministère explique qu'il recourt ponctuellement à des services de conseil et de production, selon les besoins et des critères professionnels. Un consultant expérimenté, fait-il valoir, permet de coordonner les aspects administratifs d'un événement complexe et de négocier les prix.

Israël veut entraîner d'autres capitales latino-américaines

Pour le ministère, la soirée dépasse la simple fête. Il la présente comme une pièce d'un mouvement diplomatique de grande ampleur destiné à renforcer la place d'Israël en Amérique latine, et comme un moyen d'inciter d'autres pays à transférer à leur tour leur ambassade à Jérusalem.

Cet effort ne se limite pas aux réceptions. Comme pour la plupart des pays qui se sont installés dans la ville, c'est le ministère israélien qui finance la location du bâtiment occupé par la Colombie, afin d'encourager le déménagement.

De la rupture sous Petro au rapprochement avec De la Espriella

Le symbole est d'autant plus fort que la relation revient de loin. Sous la présidence de Gustavo Petro, Bogota avait rompu ses relations diplomatiques avec Israël en mai 2024 et multiplié les accusations contre l'État hébreu pendant la guerre à Gaza.

Le ministère israélien salue désormais la Colombie du président Abelardo de la Espriella, qui fait selon lui preuve d'une amitié courageuse envers Israël à travers une série de décisions, après les années difficiles de son prédécesseur. Gideon Saar et Omar Bula Escobar s'étaient déjà rencontrés à Washington cet été, alors que ce dernier n'était encore que ministre désigné.

Une question reste sans réponse

Pour Jérusalem, chaque nouvelle ambassade dans la capitale est une victoire diplomatique, et celle de la Colombie, après des années de rupture, a une portée particulière. La polémique sur le carnaval reste modeste au regard de l'enjeu. Mais une question demeure : combien a coûté la fête. Tant que le chiffre n'est pas publié, l'argument des économies reste invérifiable.

Source : Ynet, Itamar Eichner

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Flydubai : Abou Dhabi rejette les exigences de sécurité d’Israël, les vols vers Tel-Aviv restent suspendus

Flydubai : Abou Dhabi rejette les exigences de sécurité d’Israël, les vols vers Tel-Aviv restent suspendus

 

Deux semaines après l'attentat déjoué à bord du vol Flydubai FZ1073, Israël et les Émirats arabes unis s'affrontent sur les conditions de reprise des liaisons. Jérusalem exige des agents du Shin Bet et des scanners israéliens à l'aéroport de Dubaï.
Abou Dhabi refuse et parle d'atteinte à sa dignité.

Par Claudine Douillet I 14 octobre 2026

Un attentat évité de justesse au-dessus de l'Arabie saoudite

Le 30 septembre 2026, le vol FZ1073 de Flydubai reliait Dubaï à Tel-Aviv. La catastrophe a été évitée lorsque le copilote a poignardé le commandant de bord : celui-ci a réussi à déverrouiller la porte du cockpit, des passagers ont maîtrisé l'agresseur, puis un équipage de réserve a posé l'appareil en Arabie saoudite, à Tabuk. Tous les occupants sont sortis indemnes. Selon la presse israélienne, le copilote, un ressortissant omanais, aurait reconnu lors de son interrogatoire avoir prévu de précipiter l'avion sur le terminal de l'aéroport Ben Gourion, attendant que l'appareil survole la Jordanie et approche d'Israël pour attaquer le commandant.

Dans la foulée, le procureur général des Émirats, Hamad Al Shamsi, a constitué une équipe spéciale chargée d'enquêter sur les circonstances de l'incident, tandis que Benjamin Netanyahu annonçait que le cheikh Mohammed ben Zayed avait accepté qu'Israël participe à l'interrogatoire du suspect.

Ce qu'Israël exige de Dubaï

L'entente affichée au lendemain de l'attaque n'a pas résisté. Selon le reportage de Dean Fisher diffusé dans le journal central de la chaîne 12, Israël réclame un renforcement de la sécurité à l'aéroport de Dubaï : le Shin Bet demande l'installation de scanners israéliens supplémentaires pour le contrôle des bagages et la présence de ses agents sur place.

Jérusalem pose une seconde condition. Israël attend la transmission du rapport d'enquête complet sur l'attentat. Pour les services de sécurité israéliens, il s'agit de comprendre comment un pilote animé d'un projet terroriste a pu se retrouver aux commandes d'un avion à destination de Ben Gourion sans être repéré.

La réplique émiratie : « vous portez atteinte à notre dignité »

La réponse d'Abou Dhabi a été cinglante. Interrogés par N12, de hauts responsables émiratis ont lâché : « Nous ne ferons pas ce que vous dites, vous portez atteinte à notre dignité. » Les Émirats refusent surtout de coopérer à l'enquête dans les formes voulues par Israël tant que le retour des vols n'a pas été autorisé.

Côté israélien, la ligne reste ferme. « Nous tiendrons bon. Nous n'enverrons pas une délégation pour servir de simple chambre d'enregistrement. Nous attendons une coopération totale », ont répondu des responsables à Jérusalem. Conséquence directe : la délégation israélienne conduite par le ministère des Transports, qui devait se rendre à Dubaï, ne partira pas à ce stade.

Une crise aérienne qui menace de devenir diplomatique

Flydubai a annoncé l'annulation de ses vols vers Israël jusqu'au 31 octobre, mais la date de son retour reste incertaine, et la chaîne 12 évoque la crainte de voir la crise aérienne se transformer en crise diplomatique. Les écarts entre les deux parties restent entiers et aucune date de reprise n'est fixée.

Le dossier est aussi politique. La ministre des Transports, Miri Regev, conditionne le retour de Flydubai à la reprise des vols des compagnies israéliennes vers les Émirats, que les autorités de sécurité avaient suspendus dès le début de la guerre contre l'Iran, fin février. El Al et Arkia prévoient de rouvrir leurs lignes en novembre, avec des mesures de sécurité renforcées.

Les failles de sécurité au cœur du débat israélien

En Israël, l'attentat manqué a ouvert une polémique. La presse a révélé que les Émirats avaient transmis à Israël, avant le décollage, la liste des passagers et des membres d'équipage avec leur nationalité. Des députés de l'opposition ont demandé à la procureure générale d'enquêter sur la possibilité que l'identité du copilote ait été communiquée à Israël sans vérification de ses antécédents.

Le 4 octobre, Benjamin Netanyahu a chargé le directeur du Conseil national de sécurité, Shmuel Ben Ezra, de désigner un responsable pour passer en revue l'ensemble de la sécurité des compagnies étrangères desservant Israël. Les exigences présentées aujourd'hui à Dubaï découlent directement de ce constat : Israël ne veut plus dépendre des seuls contrôles d'un pays tiers.

Flydubai, ligne vitale pour les Israéliens

L'enjeu est considérable. Flydubai a été la première compagnie du Golfe à atterrir en Israël après les accords d'Abraham de 2020, et elle s'est imposée comme un pont aérien. Quand de nombreuses compagnies étrangères ont quitté Ben Gourion après le 7 octobre, elle a continué à desservir Israël presque sans interruption pendant deux ans de guerre.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 2025, elle a transporté plus de 800 000 passagers via Ben Gourion, soit 71 % de plus qu'en 2024. Sur les huit premiers mois de 2026, 837 000 voyageurs ont rejoint les Émirats depuis Ben Gourion, dont la moitié sur Flydubai. Pour beaucoup, Dubaï est aussi la porte d'entrée vers l'Asie, l'Australie ou l'Afrique. Depuis la suspension, les compagnies israéliennes et étrangères ont relevé leurs tarifs vers l'Orient de 10 à 20 %.

Deux souverainetés face à face

Le fond du différend dépasse la technique. Pour les Émirats, accepter des agents israéliens dans leur principal aéroport reviendrait à reconnaître publiquement une défaillance et à céder une part de souveraineté. Pour Israël, qui applique les contrôles aéroportuaires parmi les plus stricts au monde, l'attentat du 30 septembre prouve que la confiance ne suffit plus. Tant que ni Jérusalem ni Abou Dhabi ne cède, les passagers israéliens restent les otages d'un bras de fer entre deux partenaires des accords d'Abraham.

Sources :
N12 / Mako, 

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Chef du renseignement égyptien en Israël avant le 7 octobre : qui a caché sa visite à Netanyahou ?

Chef du renseignement égyptien en Israël avant le 7 octobre : qui a caché sa visite à Netanyahou ?

Le haut responsable israélien qui a reçu le chef du renseignement égyptien quelques jours avant le 7 octobre 2023 pouvait empêcher le massacre. C'est ce qu'affirme l'avocat Ephraïm Dmari, qui assure que cette rencontre a été dissimulée au Premier ministre Benjamin Netanyahou.

Par Claudine Douillet I 14 octobre 2026

Avant le 7 octobre : un avocat affirme que la rencontre avec le chef du renseignement égyptien a été cachée à Netanyahou

L'affaire de la visite égyptienne prend un nouveau tour. Ce mercredi 14 octobre, sur le plateau de l'émission matinale « Israël Haboker » de Channel 14, l'avocat Ephraïm Dmari a livré une affirmation lourde de conséquences. Selon lui, le haut responsable israélien qui a rencontré le chef du renseignement égyptien avant le 7 octobre 2023 aurait pu empêcher le massacre « avec une certitude absolue ».

Me Dmari ne parle pas en commentateur. Il indique avoir représenté un officier, le commandant Y., qui aurait exposé des éléments factuels précis : qui a rencontré qui, et quelles informations le chef du renseignement égyptien a transmises à un très haut responsable de l'État d'Israël. L'avocat ajoute une phrase qui change la lecture de l'affaire : « Ce n'est pas seulement le gouvernement. On a caché cette rencontre à Netanyahou. »

Netanyahou : « Je veux savoir avec qui il s'est entretenu »

Les déclarations de l'avocat interviennent au lendemain d'une interview du Premier ministre au journaliste Yinon Magal, dans l'émission « HaPatriotim » sur Channel 14. Benjamin Netanyahou y a confirmé que le chef du renseignement égyptien s'était bien rendu en Israël quelques jours avant l'attaque du Hamas, tout en niant catégoriquement l'avoir rencontré.

Le chef du gouvernement a expliqué qu'il assistait au même moment à une cérémonie à la mémoire des soldats tombés de Tsahal. Il a jugé invraisemblable l'idée même d'un entretien direct entre un chef de renseignement étranger et un chef de gouvernement, une pratique qui selon lui n'existe pas.

Pour Netanyahou, la vraie question est ailleurs. Le chef du renseignement d'un pays voisin est venu en Israël, et le Premier ministre affirme ignorer encore aujourd'hui avec qui il s'est entretenu. Il réclame que soient produits les enregistrements de la visite, en rappelant qu'il existe des caméras et une documentation. Il accuse enfin celui qui a reçu l'émissaire égyptien de chercher à lui faire porter la responsabilité.

Abbas Kamel à l'aéroport Ben Gourion, onze jours avant l'attaque

L'épisode a refait surface fin septembre avec une enquête de la radio-télévision publique Kan. Selon ce travail, le 26 septembre 2023, un avion d'affaires des services égyptiens s'est posé à l'aéroport Ben Gourion. À son bord se trouvait Abbas Kamel, alors chef du Service général de renseignement égyptien et homme de confiance du président Abdel Fattah al-Sissi. Sa présence sur le sol israélien n'aurait duré qu'un peu plus d'une heure, onze jours avant le massacre.

Depuis, les révélations s'enchaînent. Le Wall Street Journal a rapporté, en s'appuyant sur des sources au sein d'un gouvernement arabe, que l'Égypte avait adressé à Israël au moins trois mises en garde dans les mois précédant l'attaque. La première, en juin 2023, restait vague et appelait Israël à reprendre les discussions avec le Hamas. La dernière aurait pris la forme d'un appel d'Abbas Kamel au Premier ministre début octobre. L'une des sources affirme que les avertissements égyptiens se sont poursuivis jusqu'à environ 48 heures avant l'assaut. Le même journal précise toutefois que ces alertes ne contenaient ni la date ni l'ampleur de l'opération.

Le bureau du Premier ministre dément tout contact

Le cabinet de Benjamin Netanyahou a opposé un démenti formel. Dans les mois précédant le 7 octobre, le Premier ministre n'a ni rencontré ni parlé avec Abbas Kamel, et aucun responsable du renseignement israélien ne lui a transmis d'avertissement égyptien, affirme son bureau. Celui-ci accuse ses adversaires de vouloir faire retomber sur Netanyahou les manquements de l'ancien chef du Shin Bet, Ronen Bar, à la veille de l'attaque.

Le Caire, de son côté, avait officiellement nié dès le 11 octobre 2023 avoir prévenu Israël. Pourtant, quelques jours après le massacre, le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants américaine, Michael McCaul, déclarait que l'Égypte avait bien averti Israël trois jours avant l'attaque, tout en soulignant que la question restait de savoir à quel niveau l'alerte avait été transmise.

Une question centrale : qui a reçu le message ?

C'est précisément sur ce point que le témoignage rapporté par Me Dmari pèse. Si l'officier qu'il représentait a bien décrit la chaîne de transmission, l'enjeu n'est plus de savoir si l'Égypte a mis Israël en garde, mais qui, au sommet de l'appareil sécuritaire, a reçu l'information et pourquoi elle ne serait pas remontée jusqu'au chef du gouvernement. L'avocat n'a pas cité publiquement le nom de ce haut responsable.

À ce stade, aucune preuve documentaire n'a été rendue publique pour étayer ses affirmations, et l'identité des interlocuteurs israéliens d'Abbas Kamel reste officiellement inconnue. Mais la demande du Premier ministre de rendre publics les enregistrements de la visite et la déclaration de l'avocat convergent vers la même exigence : établir précisément qui a vu l'émissaire égyptien le 26 septembre 2023, et ce qu'il lui a été dit.

Une affaire qui s'invite dans la campagne électorale

Trois ans après le 7 octobre, la quasi-totalité des chefs militaires et sécuritaires de l'époque ont quitté leurs fonctions. La question des avertissements reçus avant l'attaque, qu'ils viennent du Caire ou d'Abou Dhabi, est devenue un enjeu politique majeur à l'approche des élections. Pour l'opposition, elle démontre la nécessité d'une commission d'enquête d'État. Pour l'entourage du Premier ministre, elle révèle au contraire que des informations essentielles lui ont été dissimulées par les responsables de la sécurité.

Entre ces deux récits, une seule certitude : la vérité sur les onze jours qui ont séparé la visite d'Abbas Kamel du massacre n'a pas encore été établie.

Sources :
Channel 14, Me Dmari ;