Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Le juge, la nudité et le scandale : le procès le plus absurde du théâtre israélien

Le juge, la nudité et le scandale : le procès le plus absurde du théâtre israélien

Le juge, la nudité et le meilleur spectacle de la ville

Israël, 1973. Un juge reçoit une demande sans précédent : assister à la performance nue de deux actrices et décider laquelle est la plus belle. Derrière cette situation grotesque, une affaire judiciaire aussi absurde que révélatrice de son époque.

Une comédie qui sent le soufre

En 1973, le théâtre Lilach crée « Les Fils du Docteur », une nouvelle pièce signée Eli Sagi. Le dramaturge jouit alors d'une réputation solide : quelques années plus tôt, il avait écrit « La Mère du Général », l'un des plus grands succès du théâtre israélien, joué plus de mille fois et adapté au cinéma. La nouvelle pièce n'est pas une suite à proprement parler, mais partage le même ADN : comédie débridée, personnages hauts en couleur, provocation calculée.

L'intrigue est simple. Un mécanicien a envoyé son fils étudier à l'étranger, rêvant de voir un « docteur » rentrer au pays pour l'aider à gérer le garage. Le fils revient, mais sans diplôme. À la place, il ramène un mode de vie hippie — vêtements miteux, drogues douces, slogans sur l'amour libre — et, pour couronner le tout, une compagne étrangère tout aussi affranchie des conventions, qui n'hésite pas à se promener nue. Menachem Eini joue le fils,
Gabi Amrani incarne le père, et la mise en scène promet au public exactement ce qu'elle annonce : du spectacle, de l'audace, et de la nudité.

Le corps comme argument marketing

Au théâtre, la nudité fonctionne généralement comme une suggestion : on insinue, on crée du mystère, on laisse l'imagination faire le travail. On ne crie pas la chose sur les toits. Ce n'était pas du tout l'approche retenue ici.

Pour incarner la compagne du fils hippie, le théâtre choisit Lily Avidan personnalité mondaine et bohème bien connue de Tel-Aviv, partenaire et épouse du poète David Avidan.
Elle avait joué quelques petits rôles au cinéma, n'avait aucune expérience théâtrale, mais son charisme, sa liberté, sa beauté et son élégance correspondaient parfaitement à l'esprit de la pièce. Et surtout, elle n'avait aucun problème à se dévêtir.

La campagne promotionnelle fut dépourvue de toute subtilité. Les photos de Lily Avidan nue envahirent la presse, culminant avec une photo en quatrième de couverture du magazine « This World ». Pas d'allusions, pas de clins d'œil complices : une promesse explicite, totale, presque crue. Le public savait exactement ce qu'il venait voir.

Le lendemain de la première

La première eut lieu à Eilat en août 1973. La critique ne fut guère enthousiaste, ce qui était prévisible. Le public, lui, applaudit ce qui l'était tout autant. Ce qui ne l'était pas, en revanche, c'est ce qui se produisit le lendemain : le théâtre renvoya Lily Avidan et la remplaça par une actrice nommée Jane Paynal. Du théâtre, l'affaire passa aussitôt au tribunal.

Avidan porta plainte et réclama des dommages et intérêts. Elle avait posé nue pour alimenter la campagne de relations publiques du spectacle, ses photos avaient été publiées partout, et puis  « par une manœuvre frauduleuse », dit-elle elle avait été écartée au profit d'une autre. L'avocat du théâtre, lui, demanda le rejet de la plainte : Avidan avait été licenciée en raison de « problèmes disciplinaires répétés », point final.

Une théorie juridique originale

Mais Lily Avidan ne cherchait pas seulement à obtenir réparation pour une rupture de contrat. Elle avançait un argument autrement plus singulier : sa remplaçante la diffamait. Ou, plus précisément, diffamait son corps.

Le raisonnement était le suivant : les publicités pour le spectacle promettaient au public de venir voir Lily Avidan nue sur scène. À sa place, il découvrait « une actrice débutante avec un physique moins avantageux ».
Or, selon Avidan, le spectateur ne concluait pas qu'une actrice avait été remplacée. Il concluait que Lily Avidan elle-même n'était tout simplement pas aussi belle qu'il l'avait imaginé.
La substitution silencieuse devenait ainsi une atteinte à sa réputation physique une forme inédite de préjudice moral.

L'avocat du théâtre ne l'entendait pas de cette oreille. Il soutint que l'actrice remplaçante était tout aussi talentueuse qu'Avidan, et peut-être même davantage. Pour le prouver, il formula une demande qui allait marquer les esprits.

Une requête sans précédent

La proposition soumise au tribunal était simple dans sa formulation, vertigineuse dans ses implications : le juge serait invité à visionner des performances de nu des deux actrices et pourrait ainsi constater par lui-même que la remplaçante n'était en rien inférieure à Avidan.

Le juge n'était pas enthousiaste. C'est le moins qu'on puisse dire. Selon Yehezkel Adiram, journaliste au « Yedioth Ahronoth » qui couvrait le procès, le magistrat « rejeta fermement la demande de faire office d'expert » et refusa catégoriquement de se prononcer sur la question ni en général, ni à titre personnel. Il précisa que si une telle expertise avait été jugée nécessaire, il aurait été bien plus judicieux de faire appel à un « témoin expert ».
Et il cita en exemple le critique de théâtre Haim Gamzo, réputé pour son œil acéré et son esprit incisif le verbe « lagmuz », qui porte son nom, signifie littéralement « critiquer sans ménagement ».

L'image est savoureuse : un juge israélien qui, confronté à la demande de trancher entre deux nudités, suggère d'envoyer le critique de théâtre le plus redouté du pays s'acquitter de la tâche.

La sentence

L'audience s'acheva par le rejet de la plainte. Le juge estima qu'Avidan avait bel et bien commis des fautes disciplinaires justifiant son remplacement, et n'identifia aucune raison d'examiner ses autres griefs. La théorie de la diffamation corporelle ne trouva pas preneur.

« Les Fils du Docteur » continua sans elle et connut un immense succès commercial, avec plus de trois cents représentations. Fort de ce triomphe, un film fut produit en 1981, écrit et réalisé par Eli Sagi lui-même, sous le titre « La Folie du Père », avec Gabi Amrani dans le rôle du père, Shashi Keshet dans celui du fils et Caroline Langford dans le rôle de la compagne étrangère.

Quant à Lily Avidan, elle resta dans les mémoires  non pas pour son jeu d'actrice, ni pour son procès insolite, mais pour ces quelques semaines où son visage et son corps avaient orné les kiosques de tout Israël, promettant à un public curieux un spectacle que la justice, elle, refusa soigneusement de juger.

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Israël : dans une villa secrète, des hommes les plus violents apprennent à ne plus tuer

Israël : dans une villa secrète, des hommes les plus violents apprennent à ne plus tuer

Dans une villa discrète du centre d'Israël, les hommes les plus violents apprennent à se regarder en face

Dans un quartier résidentiel ordinaire du centre d'Israël, une villa comme les autres dissimule une réalité hors du commun. Derrière sa façade paisible, l'hostel « Maftekhot » (« Les Clés ») accueille des hommes condamnés pour des violences conjugales graves coups, tentatives de meurtre, meurtres.
Un lieu unique en son genre, géré par l'Autorité de réhabilitation des détenus, organisme indépendant rattaché au ministère du Bien-être social. Un endroit où l'on tente, avec une modestie assumée, de défaire ce que des années de violence ont construit.

Sami, ou la vie recommencée

Sami  prénom d'emprunt quitte la structure dans un mois. Il rangera ses quelques affaires, libérera son lit pour le prochain libéré. Les séparations lui coûtent : enfance ballottée entre familles d'accueil, violence, addiction, prison. Mais celle-là, il espère la traverser autrement.
Pas de porte claquée. « Je sais que j'ai ici une maison avec des gens qui m'aiment et que j'aime », dit-il. Il y a quelques années, il ne croyait plus qu'une autre trajectoire était possible. « Je croyais que c'était ma vie, voilà tout. Je n'avais ni rêves ni ambitions. »

Sami a rejoint « Maftekhot » après une longue peine pour violences particulièrement graves sur sa compagne. Elle a survécu. Il s'est retrouvé seul. La condition de sa libération anticipée ? Passer par la structure. « Je voulais sortir de prison, alors j'ai accepté », reconnaît-il. La première année, il avoue ne pas s'être vraiment investi. « Je viens d'un monde de combines, de dissimulations, de manigances. Tu essaies tout le temps de fuir la vérité, tu penses encore comme un criminel. C'est dur de commencer à parler vraiment des choses et de les laisser sortir. »

Un miroir en plein visage

Dans le salon de la villa, un tableau attire le regard : « Comment te sens-tu aujourd'hui ? » Il propose des dizaines de réponses  pas seulement « joie » et « tristesse », mais aussi honte, solitude, amertume, déception, embarras. La capacité à nommer ses émotions est au cœur du travail mené ici. Car ces hommes juifs et arabes, médecins et ouvriers, certains sans le baccalauréat ont tous en commun d'avoir été incarcérés pour des violences conjugales graves. Et d'avoir, pour beaucoup, passé des années à nier.

Le processus est exigeant. Chaque geste, chaque comportement est décortiqué.
« La violence, c'est comme une montagne », explique Hila Lévy, directrice du centre. « Ils ont atteint le sommet c'est l'infraction qui les a conduits en prison. L'objectif ici est d'apprendre à repérer la violence avant même de commencer l'escalade. »

Concrètement, cela signifie examiner au microscope les comportements les plus anodins en apparence : un regard, une communication téléphonique brutalement interrompue, une menace à peine voilée. Chaque geste est nommé, analysé, discuté.

La journée commence à 6 heures du matin et se prolonge jusqu'à minuit. Entre les séances, les résidents travaillent à l'extérieur partie intégrante de la réhabilitation. Ils cuisinent, font la vaisselle, gèrent un budget. Des tâches que d'autres compagnes, mères, sœurs  accomplissaient à leur place. « Nous avons des patients qui gardent des milliers de shekels en poche juste pour se sentir virils », explique Lévy. « Cet argent brûle vite. Et quand l'enfant a besoin d'argent pour une sortie scolaire, il n'y en a plus. »

Hila Lévy ne cache pas la complexité de sa position : « Nous nous mettons en colère contre les patients. Nous leur montrons que ce qu'ils ont fait est profondément problématique. » Ce travail de confrontation est vécu par les résidents comme plus éprouvant que la prison elle-même. « J'ai toujours pensé que si l'on savait ce qui se passait dans ma tête, je resterais enfermé toute ma vie », confie Sami. « Ici, ils m'ont laissé parler et m'ont donné le sentiment d'être compris. Je n'avais jamais connu ça. On vous met un miroir en face et soudain, vous devez comprendre qui vous êtes, quels sont vos schémas. C'est dur. »

Briser le silence sur le pire

L'une des étapes les plus redoutables du processus est la confrontation au passé dans ses moindres détails. Après parfois des années de déni, les résidents sont amenés à raconter précisément ce qu'ils ont fait. Lévy cite le cas d'un résident qui avait assassiné sa première femme : « Au début, sa nouvelle compagne ignorait tout, car il avait nié pendant des années, prétendant qu'on lui avait monté un dossier. Après le travail ici, il a décidé de lui dire la vérité. Les processus qui se jouent ici sont très profonds. »

Car la réhabilitation de ces hommes n'est pas une fin en soi. « Personne ne pourrit vraiment en prison tout le monde finit par sortir », rappelle Uri Shekter, directeur des structures à l'Autorité de réhabilitation. « La question, c'est dans quel état ils sortent. » Ces hommes forment souvent de nouveaux couples. Sans traitement, le cycle de violence recommence. « Il y a une transmission intergénérationnelle », souligne Lévy. « Ils ont appris la violence à la maison. La réparation bénéficie d'abord à leur femme, à leurs enfants. »

Un budget en berne face à une violence qui progresse

Les chiffres sont alarmants. Selon le Forum Michal Sala, 31 femmes et trois enfants ont été tués en 2025. Depuis le début de 2026, six femmes et un homme ont déjà été tués. Sur la dernière décennie, le Centre de recherche de la Knesset recense environ 300 femmes assassinées, dont la moitié par leur partenaire. Quelque 36 % d'entre elles avaient déposé une plainte pour violence domestique avant d'être tuées.

Face à cette réalité, les moyens alloués à la réhabilitation restent désespérément insuffisants. Chaque année, environ 6 000 détenus sont libérés en Israël. Un tiers renonce à comparaître devant une commission de libération conditionnelle et préfère purger sa peine jusqu'au bout. Des deux tiers restants, 45 % sont jugés aptes à un programme de réhabilitation. Mais les places manquent. Certains détenus, pourtant déclarés éligibles à une libération anticipée, restent derrière les barreaux faute de place dans une structure adaptée.

L'Autorité, dont le budget global avoisine 80 millions de shekels, n'a obtenu quasi aucun financement supplémentaire dans le cadre du dernier budget de l'État. « Le coût de la détention d'un prisonnier est de presque un quart de million de shekels par an », souligne Moshe Shukron, directeur général de l'Autorité. « Chez nous, le coût du traitement est moins du quart de ce montant. » Il ajoute, lucide : « Nous naviguons tous dans le traumatisme persistant de la guerre et du 7 octobre. J'espère que la situation s'améliorera dans les prochaines années. »

La société paie le prix de cette carence. Ce que « Maftekhot » tente, modestement mais obstinément, c'est de produire des hommes capables de vivre sans violence. De transformer le sommet de la montagne en un avertissement, plutôt qu'en une destination.

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La fuite des quinquas : Israël perd ceux qui ont tout construit

La fuite des quinquas : Israël perd ceux qui ont tout construit

"La reconstruction ici prendra des décennies. Je n'ai plus ce temps-là"

À 50, 60 ans et au-delà, après des années à construire une vie, élever des enfants et s'engager dans des combats civiques, ils ont craqué. Six Israéliens racontent ce qui les a poussés à quitter leur pays à un âge avancé, comment on repart de zéro à la veille de la retraite et ce que l'on ressent face à la nostalgie et au sentiment d'étrangeté.

"Mon cœur battait à tout rompre. Quand nous sommes partis, les problèmes ont disparu"

Hela Levinson a 51 ans. Masseuse, mariée, deux enfants. Elle a émigré il y a quatre mois dans une petite ville du nord du Portugal avec son compagnon Lior et leurs deux chiens. Elle n'a pas coupé les ponts avec sa terre : avant de partir, elle s'est fait tatouer dans le dos la colline qu'elle aimait au lever du soleil, et sur la jambe, un bulbe sauvage fleur emblématique d'Israël, absente du Portugal. "Je suis vraiment très attachée à Israël et à la langue hébraïque", dit-elle.

Alors pourquoi partir ? "La situation dans le pays m'avait provoqué des palpitations cardiaques tellement violentes que j'avais entamé un bilan cardiologique. J'avais même dit à ma mère que si je restais, je pensais ne pas tenir dix ans. Quand nous avons déménagé, j'ai refait les examens les problèmes avaient disparu comme s'ils n'avaient jamais existé."

Ce n'est pas une décision prise à la légère. Pendant des années, Hela avait résisté aux demandes de son compagnon, titulaire d'une double nationalité suédoise.
"Je lui faisais des discours enflammés sur le fait que j'étais Israélienne, que j'étais née Israélienne et que je mourrais Israélienne. Je lui avais même dit : mieux vaut mourir en Israël que vivre ailleurs."
La réforme judiciaire, puis les frappes de missiles houthis sur Ben Gourion, ont fissuré ses certitudes. La phrase qui a tout scellé lui vient d'un présentateur télévisé après la fin de la guerre contre l'Iran : "Le premier round face à l'Iran s'est bien terminé." "Je me suis figée. J'ai dit : le premier round ? Je ne suis pas là pour le deuxième."

"J'ai fait assez. La rectification ici prendra des décennies"

Karen a 60 ans. Créatrice de contenu numérique à Guivataïm. En juillet prochain, elle partira s'installer à Thessalonique, en Grèce. "Israël est mon grand chagrin. On m'a volé ma maison, et je n'en ai pas d'autre. Je n'ai pas de passeport étranger, je n'ai rien."
Active dans les mouvements de protestation depuis 2015, elle a longtemps espéré que la jeune génération prendrait le relais. "J'avoue que j'ai perdu espoir. Il n'y a rien de plus déprimant que de marcher dans une manifestation et de voir des jeunes de 20 et 30 ans attablés dans des bars et des cafés. Qu'ils daignent sortir se battre pour leur avenir."

La guerre contre l'Iran a été le déclencheur décisif. Karen vit dans un vieil immeuble sans abri, au dernier étage. "J'ai compris que si un missile tombait sur mon appartement, je me retrouvais sans rien, et sans indemnisation rapide de l'État." Elle a vendu son appartement et acquis deux petits biens immobiliers en Grèce, ce qui lui a ouvert droit au "Golden Visa".

La question politique l'obsède. "Même si Netanyahou s'en va, Bennet est-il la réponse ? Ce sera exactement pareil. On ne sortira pas de ces cycles." À ceux qui lui reprochent d'abandonner le combat, elle répond avec une clarté désarmante :
"J'ai fait assez. La rectification ici prendra des décennies. Je n'ai pas ce temps-là, si tant est que cela arrive un jour. C'est le tour de ceux dont l'avenir et les enfants sont ici. Il me reste vingt bonnes années que je vais consacrer à l'aventure. Et si je me trompe, je le reconnaîtrai et je reviendrai avec amour. C'est quand même chez moi."

"Les enfants ont quitté le nid. Si ce n'est pas maintenant, c'est quand ?"

Tal Cohen a 58 ans. Coach wellness à Tamra. Elle prévoit de quitter le pays dans les prochains mois, sans destination encore fixée. "Je sais que si je ne le fais pas maintenant, je le regretterai. J'ai plein de doutes et de peurs. Comment je vais m'en sortir ? Je suis seule, après tout. Mais j'essaie de me concentrer sur ce que cela a d'excitant."

Revenue en Israël en 2019 après vingt-deux ans aux États-Unis, elle a rapidement déchanté. "L'Israël bienveillant et convivial que j'avais en tête était devenu beaucoup plus dense, beaucoup plus américain. Et la politique, qui m'avait toujours rendu malade, m'écœurait désormais à haute dose." L'élément déclencheur : un jour où les journaux titraient simultanément sur la mort de quatre soldats au Liban et sur un détournement de milliards de shekels vers les ultra-orthodoxes. "Ce dissonance était si extrême que j'ai senti que mes impôts allaient à un endroit auquel je ne croyais plus."

Elle a bâti son activité en ligne pour pouvoir travailler en nomade. Concernant la santé son grand point d'inquiétude à cet âge  elle ne coupera pas sa résidence israélienne et continuera à payer l'assurance nationale, gardant ainsi un filet de sécurité médical.

"Ma fille entrait au lycée. Soit on partait maintenant, soit on restait coincés dix ans de plus"

Le docteur Eldar Carmel a 50 ans. ORL senior dans le système public, marié, deux enfants. Il a quitté Kiriat Ono pour Thessalonique il y a neuf mois, et continue d'exercer partiellement en Israël dix jours par mois. "J'ai trainé cette décision pendant des années parce que, chez moi, je vivais le rêve. J'aime ma maison, ma famille, mes amis, mon travail."
L'élément décisif : sa fille aînée lui a annoncé que si elle commençait le lycée en Israël, elle n'en partirait pas. "Soit je partais maintenant, soit j'avais un 'bail' de dix ans avec ce propriétaire le gouvernement israélien actuel et je ne voulais pas le renouveler."

Le moteur de fond, c'est l'inégalité dans le fardeau militaire. "Ce déséquilibre représente le symptôme le plus frappant de ce qui se passe ici. Des pans entiers de la population, non productifs, s'appuient sur d'autres. À terme, l'État ne pourra plus se maintenir. Nous approchons à grands pas du point de non-retour." Sa vie actuelle est une double existence : en Israël, il dort chez sa sœur et vit comme un célibataire ; en Grèce, il est père à plein temps "ce que je n'avais jamais été de toute ma vie."

"Le choix était entre mon confort et l'avenir de mes enfants"

Rafi Kent a 50 ans. Chef cuisinier, ancien chercheur en écologie, il a quitté le kibboutz Bahan en janvier 2025 pour Dunedin, en Nouvelle-Zélande, avec sa femme médecin et leurs trois enfants. Depuis, son frère l'a rejoint, et ensemble ils tiennent un food truck de falafels et shawarmas.

C'est le résultat des dernières élections qui l'a définitivement convaincu. La veille du 7 octobre, toute la famille rentrait d'un périple de trois mois en Amérique du Sud. "Quand ma femme s'est réveillée ce matin-là, quelque chose s'est brisé en elle définitivement." Avec leur fils aîné sur le point d'entrer dans le processus de recrutement militaire, le dilemme s'est posé avec acuité. "Comment l'envoyer à l'armée dans une situation où je ne crois plus à ce que ce gouvernement fait ?"

Un anecdote dit tout : un jour devant leur food truck, ils ont servi simultanément un Syrien, une Iranienne et un Koweïtien. "Le Koweïtien nous a dit que sa fille étudiait ici et qu'il était bloqué à cause de la guerre. L'Iranienne a demandé si nos familles allaient bien. Et le Syrien nous a dit qu'il venait d'une des plus vieilles familles de Damas, avec des membres des trois religions. Nous sommes dans un endroit où ces interactions peuvent avoir lieu. En Israël, c'est impossible."

"À mon âge, je peux vivre de mes économies. Et je suis heureuse"

Michal Mor Melamad a 64 ans. Fromagère primée du village de Kfar Kish, mariée, deux filles. Elle a quitté il y a environ un an le Carinthie, une région du sud de l'Autriche.
"J'ai vécu un vrai processus de deuil et de séparation. J'ai laissé une maison magnifique, que j'avais conçue moi-même."
Les élections de 2022 ont tout basculé. "La nuit d'après, je n'ai pas fermé l'œil. C'était comme si un rocher m'était tombé dessus."

Issue d'un milieu nationaliste, ancienne officière, militante anti-gouvernementale depuis 2018, elle s'est retrouvée à conduire en pleurant chaque matin entre son domicile et sa fromagerie. La décision familiale a été collective. La cerise sur le gâteau, absurde et symbolique : son mari s'est avéré être autrichien de naissance sans le savoir. Son père avait fui les Jeunesses hitlériennes en tant que Juif persécuté. "Et nous voilà revenus dans ce même pays. Mais si vous lui posez la question aujourd'hui, il est vraiment heureux d'avoir fait ce pas. Moi aussi."

Financièrement, la vente de la maison suffit. "C'est l'avantage de cet âge par rapport à des parents de jeunes enfants qui doivent payer une scolarité internationale coûteuse. Je suis à la retraite, et j'en suis heureuse. Je fais plein de choses que je n'avais jamais eu le temps de faire."

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Comment le fondateur de jforum, Moïse Cohen Sebban, s'est rendu responsable de la pire des infamies

moise cohen sebban le salopard de la communauté

Alors que j'ai reçu pour la énième fois la newsletter de Jforum à laquelle je me suis jamais inscrite et, d'où j'ai tenté de me désinscrire autant de fois (il semble que l'administrateur du site, soit ne sait pas gérer une mailing-list, soit au vu du petit nombre de leurs abonnés persiste à garder même ceux qui ne veulent plus la recevoir).

Un comble alors qu'il fanfaronne avoir 160 000 abonnés !

Bref, cette newsletter demandait, cette fois-ci, à ses "chers lecteurs" de leur faire l'aumône de quelques euros afin qu'il puisse accomplir leur si noble mission pour laquelle le Ciel , rien que ça, les avait missionné .

J'en ai eu une nausée, à peine répressible, en me souvenant de l'origine de ce site.
J'espère que vous êtes bien attachés à vos sièges parce qu'il va y avoir des turbulences, cela vous donnera également un aperçu de la solidarité juive si jalousée par nos ennemis.

J'ai retenu une chose, de cette incroyable aventure,  c'est que nos pires ennemis ne sont pas si loin de nous.

Ainsi, un jour de fin novembre 2007 nous recevions un appel, à notre service commercial ,basé en Israël, d'un certain monsieur Moïse Cohen Sebban qui prévoyait de créer un site, qui selon ses termes " devait donner un alternative à la voix des radios juives de la communauté et particulièrement à celle du Consistoire"
il semblait se dégager, très nettement, dans son discours un certain ressentiment envers son président en place,  joël Mergui. 

Moïse Cohen Sebban  estimait que l'"on" ne lui donnait pas assez la parole, il lui semblait donc indispensable de créer un site au nom de Jforum dont il avait déjà acheté lui-même le  nom de domaine. (information importante pour la suite)

Plutôt heureuse, dans un premier temps, de voir qu'un nouveau média permettrait d'élever les débats communautaires ( je vais vite déchanter quand je me rendrai compte que le but visé de ce monsieur était de briguer la place du président du Consistoire à laquelle il n'accédera  jamais, heureusement  (preuve que Dieu existe même au Consistoire)

Mais, n'étant pas au courant de ces objectifs pseudo-politiques, (et rien ne dit que je ne l'aurai pas de toute façon fait ce sacré devis.:-) je lui fait donc une proposition avec beaucoup d'enthousiasme après l'avoir rencontré avec toute son équipe à Choisy le Roy où il siégeait comme pharaon sur son trône.

Entrepreneur de bâtiment de métier, il était bien décidé à en découdre avec "l'Establishment" de la communauté juive parisienne et à montrer sa différence.

Evidemment j'ai été choisie par ma prime expérience avec le premier magazine juif sur le net Alliance. Ce qui évidemment était un bon choix. 🙂

Les mois passérent, et sans nouvelles de ce client atypique. Je me suis dit ; il a dû changer d'avis.

Mais surprise, un matin du mois de mars 2008 lorsque mon commercial m'appelle et me dit "va à ta boîte postale le devis est signé avec le chèque du premier acompte"

Plus de 5 mois sans nouvelles et un chèque d'acompte envoyé ?!?
Mais que cache donc cette pulsion épistolaire ?

J'appelle donc Moise Cohen Sebban, il me confirme bien son choix mais avec une condition, celle que le site devra être livré avant le 22 juin date des élections au Consistoire ! Evidemment. 

Cela me semble possible.
Faire un site en 3 mois même si assez complexe est dans nos capacités et je n'hésite donc pas une seconde à donner ma parole, (j'ignorais que mon développeur préféré David déciderai de se marier entre temps.)

Nous commençons donc la création du site.Moïse Cohen Sebban nous indique que son bras droit ou gauche selon le point de vue, prendrait la direction des travaux et validerait les différentes étapes du développement du site.

Nous sommes à quelques jours de la livraison du site lorsque mon cher David m'annonce calmement qu'il se marie ! Et que toute création de sites en cours est suspendue.

J'envoie donc immédiatement un mail à Moïse Cohen Sebban et à son serviteur, afin de les prévenir du retard et attendons ces suggestions.

Il accepte avec bonhomie ce retard et ne renonce pas à son projet.

Les étapes ont bien été validées entre temps; ce qui était un gain de temps considérable.
Au retour de David, quelques jours plus tard, le site est donc mis en ligne.

Nous sommes heureux de cette nouvelle création de notre agence d'autant que le bras droit de Moïse Cohen Sebban a rarement émis une demande de modification, pas même sur la charte graphique, surprenant.

Une création  qui se passe donc sans problème majeur.

il y avait juste un détail que nous ignorions, c'est que le bras droit n'avait jamais donné un droit de regard à Pharaon, Moïse Cohen Sebban.

Le solde étant à payer, c'est à ce moment là que Moïse Cohen Sebban décide de montrer son vrai visage, il refuse de payer le solde, en expliquant que le site ne lui convient pas du tout. Que tout est à refaire.  Rien que ça.

Nous avions beau tenté dargumenter que son bras droit avait pourtant validé le projet.
Il dit clairement "le patron c'est moi" il était temps de le savoir...

A bout d'arguments,  et devant une telle mauvaise foi , je m'engage à refaire le site en suivant ses demande de modifications à la lettre, à condition qu'il règle le solde.
Ce qu'il fait sans hésiter. Il règle le solde par chèque avec un courrier long comme un bras contenant  la liste des modifications demandées.

Toute l'équipe s'y met immédiatement.
Nous soumettons régulièrement les modifications demandés "au patron," qui ne répond pas. Nous avions terminé toute la liste de modifications demandées, mais toujours pas de réponse.

Arrive le moment où l'hébergement du site doit être acquitté, je lui envoie la facture.
Même scénario, pas de réponse et pas de règlement. Les mois s'écoulent.
L'affaire semble tristement close...

Six mois plus tard ,je reçois par mail, une lettre d'un avocat, son avocat, qui me dit que son client porte plainte pour escroquerie que nous n'avons jamais créé de site Jforum et qu'il demande donc le remboursement de toutes les sommes !

C'est tellement idiot comme lettre, car il suffit de se connecter au nom de domaine pour voir le site en ligne ! Enfin !
Mais ,c'est évidemment sans compter sur la perversité de monsieur Moïse Cohen Sebban.

Il a détourné, dans la nuit, son nom de domaine jforum pour le faire pointer vers une page vide.

Je rachète donc immédiatement un nouveau nom de domaine jforum avec le suffixe .info afin de remettre en ligne le site avec ses fichiers. Et j'envoie l'url à son avocat pour preuve de ma bonne foi.

Je pensais en avoir fini avec ce client ! Que nenni...:-) Il m'appelle ,chez moi ,alors que j'étais avec mes enfants, pour me menacer de façon sadique, si j'avais pu le dessiner à ce moment là, j'aurai pu voir sa bave dégouliner sur son triple menton :

" Vous allez perdre votre maison, vous allez aller en prison avec un pyjama rayé (peu d'imagination le vieux bonhomme) vous n'avez aucune culture... vous allez tout perdre "

Ce qui m'interpelle dans cette litanie trempée au vitriol, ce sont les informations d'ordre personnelles qu'il semblait détenir à mon encontre, nous sommes loin, mais même très loin  des doléances d'un client mécontent d'un prestataire.

Outre la perversité de ce monsieur, il semble bien décidé à en découdre avec moi, certainement après les résultats catastrophiques de sa candidature à la présidence du Consistoire, il est arrivé avant dernier, ça ne s'invente pas.

Je vérifie le nom de son avocat et incroyable c'est également le nom de l'avocat de la famille ! Que j'appelle illico pour lui faire part de son délit d'initié. Aussi pourri que son client elle me dit de toute façon c'est votre parole contre la mienne ! Evidemment.

Pas d'autre choix donc, nous nous dirigeons tout droit vers une procédure inique, biaisée, décidée par un type qui se croit au dessus des lois, des hommes et surtout des femmes.

Je trouve une avocate incroyable, elle n'y connaît rien en internet ! Mais à nous deux, il est facile de monter un dossier avec toutes les preuves de la malhonnêteté de ce monsieur et de sa volonté de me détruire personnellement.

Mais une procédure c'est long.

Alors que je suis en Israël, je reçois un appel du commissariat de police de ma ville, pour m'informer d'une convocation sans d'autres explications.
Je m'y rend à mon retour.

Et là surprise, c'était toujour ce Moïse Cohen Sebban qui a écrit au Procureur de la République, pour escroquerie ! Escroquerie ?!?
Pour sa décharge on peut dire qu'il a toujours tenu le même discours, le bougre.

Je n'en reviens pas ! Je réponds, évidemment, à toutes les questions posées par le policier,plutôt bienveillant. Il  me remercie et ajoutera à la fin de l'entretien "Vous voyez vous avez bien fait de venir nous voir." "Si vous le dites" répliquai- je.

Je décide d'envoyer, un mail à ce monsieur, comprenant à quel point sa vindicte est puissante et sa méchanceté sans limite, en lui rappelant que les conflits entre juifs se traitent devant le Beth Din, le tribunal rabbinique.

Après tout, ne portait-il pas une kippa sur la tête ? Il devrait  donc être sensible à ce message l'appelant à la raison, ou du moins à  notre identité commune.
Aucune réponse.

Un ses anciens amis, rencontré lors d'un séminaire ,me dit "je serais tellement heureux si vous  gagniez ce procès, c'est vraiment un sale type pour avoir vécu la même expérience avec lui, il y a quelques semaines "

Deux sentiments ambivalents m'assaillent à ce moment là  "Quoi est ce si difficile de gagner un procès contre lui ?  Et même ses anciens amis le haïssent ?"

Je crois comprendre que si je gagne c'est un miracle même si je prouve ma bonne foi.

Et puis le procès à lieu et contre toute attente je gagne ! Mais Moïse Cohen Sebban n'a pas dit son dernier mot et fait appel ! La haine est une énergie formidable c'est bien connu.

Et je gagne à nouveau !
Débouté de sa demande il est condamné à me verser la modique somme de 500 euros et payer les factures d'hébergement restées à ce jour en souffrance !

Trop heureuse d'avoir gagné un procès alors que beaucoup prévoyait ma défaite, face à cet adversaire qui ne reculait devant rien,  je me fiche évidemment totalement des 500 euros.
J'ai gagné. Ce n'était pas une bataille d'un David contre un Goliath mais pas loin.

Moralité de cette histoire, même juifs il est temps de dénoncer les infamies dont vous avez été victime de la part de nos coreligionnaires qui grâce à notre silence gagne en pouvoir.

Aujourd'hui, avec ce premier article, je me fin à l'omerta dont souffre notre communauté juive, par peur du Lachon Hara, (la médisance interdite dans le judaïsme) .
La plupart ignore que beaucoup deviennent complices en fermant les yeux et en se bouchant les oreilles.

Je suis heureuse, au risque de me faire lyncher par ces hommes pleins d'un égo disproportionné, de dénoncer leur techniques d'intimidations auprès des femmes celles qu'ils considèrent, à tort, comme vulnérables.
Une femme n'est pas vulnérable mais très patiente elle attend toujours le bon moment. Et c'est le bon moment.

Et pour finir rappelons la fameuse citation de Etienne de la Boétie  : "Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux."

Je n'ai pas trouvé de # pour faire rappel à #metoo mais vous l'avez compris c'est dans le même esprit.

Alors, vous aussi dénoncez ceux qui vous ont fait du mal, de façon gratuite, parce que ce sont des hommes, et qu'au nom de la sacro sainte solidarité juive n'avez jamais dénoncé.
Vous vous êtes tu et en quelques sorte sacrifié au nom de salopards qui sévissent en toute impunité autour de nous.

Oui on peut dénoncer les antisémites, les terroristes, c'est ce  que nous faisons avec Alliance depuis 1997 mais eux, les salopards  dans quelle catégorie les rangez-vous  ?
Si vous avez une idée n'hésitez pas.

A vous de me dire info@alliancefr.com

A la suite de cet édifiant pas moins de 5 témoignages de personnes victimes de cette personne, en voici un acteur aussi de la communauté juive. 

"Bonjour chère Claudine,
Peut être te souviens tu de moi,M J j'habite au kibboutz Hanita
Avant tout je tiens a te féliciter pour les infos et ton professionnalisme qui n'existe nulle part ailleurs concernant un site a l'adresse des Franco Israéliens. Les Jforum etc ne représentent que des '' blogs '' de règlements de comptes".
Je partage très souvent tes articles sur mon fil.
Hier et c'est la première fois en publiant les articles sur FDR et cet ignoble personnage Moise Cohen Sabban que j'ai connu lorsque j'étais au comite directeur du FSJU, mais petit problème technique pour publier sa photo ! "

Richard Lessman le fameux bras droit de cet ignoble individu a été retrouvé !
Son nom associé à un réputation de "sale type" m'est donné, alors que je cherchais une bibliothèque française en précisant, également, qu'il est le responsable de l’AFBY association pour les francophones de la ville.  Je pense que sa réputation mérite d'être affiner.

 

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L'autre antisémitisme : quand Israël hait ses propres Juifs

L'autre antisémitisme : quand Israël hait ses propres Juifs

Une vidéo honteuse, mais pas une surprise

La vidéo de la journaliste Inbar Toizer, filmée en train d'humilier avec son compagnon deux jeunes Haredim venus frapper à sa porte pour quêter de l'argent, a provoqué l'indignation.
Elle n'aurait pas dû surprendre.
Ce moment de honte n'est pas une anomalie, un dérapage isolé, un simple mauvais jour.
C'est l'aboutissement logique de décennies de traitement médiatique d'une communauté entière présentée, systématiquement, comme une masse parasite, menaçante, grotesque.

Une équation aussi simple que dangereuse

Reprenons le calcul tel qu'il s'est sédimenté dans les esprits, couche par couche, émission après émission. Haredim + noir et blanc + collecte d'argent = parasites. La formule est courte.
Elle n'a pas  besoin d'être explicitée. Elle se suffit à elle-même, et c'est précisément ce qui la rend redoutable.

Qu'importe si les deux jeunes qui frappaient à la porte étaient mineurs. Qu'importe si la voiture des parents de la mariée venait d'être détruite par un missile, si leur gagne-pain avait été anéanti par la guerre. Ces circonstances ne comptent pas.
Ce qui compte, c'est l'étiquette : Haredim. Le reste disparaît derrière elle. « Ah, ils collectent de l'argent ? Classique. » Et voilà. Le mépris peut s'exprimer librement, avec un sourire, devant une caméra, et le mettre en ligne sans la moindre gêne.

Ce n'est pas la plume d'un pamphlétaire d'extrême droite, ni le craquement d'un anonyme sur les réseaux sociaux. C'est un journaliste une journaliste de la chaîne de télévision la plus regardée d'Israël, en 2026.

Des Juifs, oui, mais lesquels ?

Le paradoxe est saisissant. Ces gens-là, contrairement aux antisémites classiques, ne haïssent pas les Juifs. Ils les aiment, même. Mais ça dépend lesquels. Le bon Juif, c'est le Juif bronzé, diplômé, contribuable, de préférence en uniforme et avec un emploi dans la haute technologie.
Ce Juif-là est admirable, intégrable, médiatisable. L'autre le Haredi, avec son chapeau noir, sa barbe, ses enfants nombreux et sa méfiance des sirènes est une anomalie à moquer, un problème à résoudre, un matériau comique inépuisable.

Fourrés dans une seule vidéo : le chapeau, l'argent, le mariage, l'uniforme absent, le vaccin refusé, la maladie propagée. Le tout servi avec légèreté, comme une blague partagée entre gens normaux. « Allez, on va bien rire. » Et pourquoi pas, d'ailleurs ? Qui va dire non ? Qui va s'y opposer ? Personne. La haine de cette communauté-là est une des rares formes de haine encore socialement acceptables dans les cercles cultivés. Elle fait même sourire.

L'incubateur de la haine

Ce qui est montré dans cette vidéo n'est pas né du néant. Il a été incubé, nourri, légitimé par des années de couverture médiatique où les Haredim n'existent que comme problème.
Ils ne se font pas vacciner. Ils ne servent pas dans l'armée. Ils coûtent de l'argent. Ils ne respectent pas les sirènes. Ils amènent des maladies.
Chaque titre, chaque sujet, chaque plateau de débat a contribué à construire cette figure repoussante, ce quasi-sous-humain auquel on peut tout faire parce qu'il n'appartient pas vraiment au même monde.

La journaliste n'a pas inventé ce regard. Elle l'a hérité. Elle l'a incarné avec une désinvolture qui révèle à quel point il est devenu naturel, banal, presque inconscient. Ce n'est pas « Der Stürmer » le tristement célèbre journal nazi de propagande antisémite. Mais le mécanisme, lui, est familier : désigner un groupe, le caricaturer, en faire l'objet du rire et du dégoût collectif, jusqu'à ce que l'humiliation publique ne choque plus personne.

Une honte qui brûle

Une prière, sobre et douloureuse : que personne ne ressente jamais cette haine brûlante, cette honte que l'on inflige chaque matin à des hommes et des femmes, à des enfants, simplement parce qu'ils sont Haredim.

Ce vœu dit tout. Il dit que cette honte existe, qu'elle est réelle, qu'elle n'est pas abstraite qu'elle se vit dans la chair, chaque jour, pour des centaines de milliers de personnes. Des familles qui regardent les informations et voient leur communauté réduite à une caricature répugnante. Des jeunes qui grandissent en sachant ce que le reste de la société pense d'eux.

La vidéo d'Inbar Toizer n'est pas le problème. Elle en est le symptôme le plus visible, le plus cru, le plus difficile à nier. Le problème, lui, est bien plus ancien, bien plus profond, et bien plus confortable parce qu'il ne fait honte à presque personne.

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Deux fils, deux enterrements à Natanya : Donner du sens à l'insensé

Deux fils, deux enterrements à Natanya : Donner du sens à l'insensé

« Fragment sur fragment » La famille Spiegel, entre deuil et foi

Un drame sur la plage de Netanya

Un vendredi comme les autres, il y a environ trois semaines. Deux frères entrent dans l'eau sur la plage de Netanya, sans l'aide des secours. En quelques minutes, ils ont disparu. Issachar Dov, dit Dovi, l'aîné, est retrouvé dans un état critique. Il décède quatre jours plus tard. Avraham Yeshayahu, le cadet, ne sera retrouvé qu'au terme de dix jours de recherches intensives. Deux fils. Deux enterrements. Un seul foyer brisé, à Ramat Shlomo, dans le cœur de Jérusalem.

Dans une interview exclusive accordée à la chaîne 14, la famille Spiegel a accepté de témoigner. Non pas pour raconter l'indicible, mais pour partager quelque chose de plus rare encore : une foi intacte, une acceptation qui défie le désespoir.

« Une fracture sur une autre »

C'est Manny Katz, le beau-frère des deux garçons, qui cherche les mots pour décrire ces heures d'agonie sur la plage. « Nous étions brisés, anéantis. C'était une fracture anormale. Une fracture sur une autre… D'un côté, où est D-ieu ? De l'autre, c'était comme si nous étions face à un ours, dans un état de détachement de l'âme, un moment hallucinatoire. » La violence de cette image dit tout ce que la langue peine à contenir.

Dans la maison du quartier de Ramat Shlomo, habituellement emplie des sons de la Torah, un silence inhabituel s'est installé depuis ces événements. Un silence lourd, mais habité. La douleur y côtoie quelque chose d'inattendu : une sérénité qui n'est pas résignation, mais conviction profonde.

Le père : donner un sens à l'insensé

Le rabbin Shlomo Spiegel, étudiant à la yeshiva Mir, est un homme qui vit dans la Torah. Face à la perte de ses deux fils, il n'a pas renoncé à chercher un sens. Il en a trouvé un, à sa manière, dans la durée même du drame. « Ici, pour une raison inconnue, le décret était formulé de telle sorte qu'il s'étendait sur une longue période. Jusqu'à sa mort, jusqu'à ce qu'on retrouve l'autre garçon nous avons eu dix jours de repentir. Apparemment, cette forme du décret, le Saint, béni soit-Il, voulait vraiment inclure tout le monde. »

Ces dix jours d'attente et d'angoisse collective, le rabbin les lit comme un don fait au peuple tout entier une invitation au recueillement, à la prière, à la solidarité. Et il conclut avec une formule qui résume toute la philosophie de sa maison : « Nous devons les remercier de leur vivant… et aussi après leur mort. Nous comprenons alors que tout vient du ciel. »

La mère : accepter ce qu'on ne comprend pas

La Rebbetzin Shoshana Spiegel est enseignante, figure respectée du monde éducatif de Jérusalem. Dans l'épreuve, elle se révèle d'une force tranquille, presque surnaturelle. Sa voix tremble, mais les mots sont assurés : « Ce que le Saint, béni soit-Il, a voulu, Il l'a fait, et nous acceptons sa volonté, bénie soit-Il, avec raison et amour, même si nous ne la comprenons pas. Nous savons que c'est pour notre bien et pour celui du peuple d'Israël. »

Elle tient ensuite à remercier chaleureusement tous ceux qui se sont mobilisés : « Merci au peuple d'Israël pour sa mobilisation exceptionnelle, tant dans ses recherches que par les dons spirituels qu'il nous a prodigués et qu'il continue de nous envoyer sans cesse. » Le flux de visiteurs ne s'est pas tari  rabbins, personnalités publiques, voisins  et chacun, dit-on, repart plus fort qu'il n'est arrivé.

La rencontre de deux deuils

Parmi ceux qui sont venus réconforter la famille, une présence a particulièrement marqué les esprits : la mère d'Asher et Yaakov Pelai, ces deux frères tués dans l'attentat au camion-bélier de Ramot. Deux mères endeuillées, deux histoires tragiques, une même ville. Cette rencontre silencieuse a valeur de symbole celui d'une Jérusalem qui porte ses deuils sans jamais s'y laisser engloutir.

Transformer la douleur en lumière

Plutôt que de se refermer sur leur peine, la famille Spiegel a choisi d'agir. Elle a décidé de financer l'écriture d'un rouleau de la Torah à la mémoire de Dovi et d'Avraham Yeshayahu. L'intention est claire : « transformer la douleur personnelle en lumière pour tous », perpétuer le souvenir des deux jeunes hommes à travers un acte sacré, vivant, porteur de sens pour les générations futures.

Ce choix dit beaucoup sur la façon dont cette famille traverse le deuil  non pas en se perdant dans la question du pourquoi, mais en répondant au vide par la création, par la foi, par le don.

Une leçon venue du fond de l'abîme

Il y a des familles dont le malheur nous enseigne quelque chose sur la condition humaine. Celle des Spiegel est de celles-là. Dans la maison de Ramat Shlomo, la Torah n'est pas seulement un texte étudié elle est une manière d'habiter la réalité la plus cruelle.
La foi n'y efface pas la souffrance ; elle lui donne un cadre, une dignité, un avenir.

Deux fils sont partis en une semaine. Un rouleau de la Torah sera écrit. Et dans ce geste-là, quelque chose résiste à la mort.

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Découverte en Israël : ce nourrisson néandertalien avait le corps d'un enfant deux fois plus âgé

Découverte en Israël : ce nourrisson néandertalien avait le corps d'un enfant deux fois plus âgé

Amud 7, l'enfant néandertalien qui réécrit l'histoire de l'enfance préhistorique

Il repose depuis plus de cinquante millénaires au fond d'une grotte du nord d'Israël, à quelques kilomètres seulement des rives occidentales de la mer de Galilée.
Et pourtant, ce nourrisson néandertalien mort en bas âge continue, encore aujourd'hui, de bouleverser notre compréhension de l'évolution humaine.
Une étude publiée dans la revue Current Biology révèle que les chercheurs ont examiné Amud 7, un squelette quasi complet d'un bébé néandertalien découvert dans la grotte d'Amud, dans le nord d'Israël, et datant d'environ 51 000 à 56 000 ans.
Ce que ces ossements ont à raconter dépasse largement ce que quiconque avait anticipé.

Une découverte israélienne au cœur de la préhistoire humaine

Le squelette fut mis au jour en 1992 dans la grotte d'Amud, située à environ quatre kilomètres du rivage occidental de la mer de Galilée, en Israël.

Le site, fouillé une première fois dans les années 1960 par une expédition de l'Université de Tokyo, puis de nouveau dans les années 1990 par une équipe israélo-américaine, livre depuis des décennies des restes humains d'une valeur archéologique exceptionnelle.

Ella Been, chercheuse principale à l'Ono Academic College en Israël, a précisé qu'Amud 7 constitue le squelette de nourrisson néandertalien le plus complet jamais découvert dans cette tranche d'âge.
Pas moins de 111 fragments osseux ont été récupérés sur le sol de la grotte, permettant aux chercheurs de réaliser une reconstruction numérique tridimensionnelle de l'enfant afin d'estimer sa taille, son poids et le volume de son cerveau. 

Le paradoxe de l'âge : quand les dents contredisent les os

C'est là que commence l'énigme. Les scientifiques ont déterminé l'âge du nourrisson principalement par l'analyse dentaire : les lignes de croissance microscopiques dans l'émail et le stade d'éruption des dents indiquent un âge d'environ 5,5 à 6 mois.
Seules les deux premières dents de lait inférieures avaient commencé à percer. Mais le reste du corps raconte une tout autre histoire. Les os longs du nourrisson correspondent à ceux d'un enfant humain moderne d'environ 12 à 14 mois, et son volume cérébral, autour de 880 centimètres cubes, s'inscrit dans la même fourchette.

Les chercheurs qualifient cette discordance de « paradoxe de l'âge » : jamais les indicateurs dentaires et squelettiques n'auraient dû diverger à ce point chez un être humain moderne.

Une morphologie néandertalienne inscrite dans les gènes dès la naissance

Ce décalage n'est pas un accident de croissance individuel. Il reflète quelque chose de bien plus profond : une stratégie développementale entièrement distincte, inscrite dans la biologie même de l'espèce. Ella Been explique : « Il existe des différences notables  des os robustes, un grand endocrâne, l'absence de menton, une clavicule très courbée, une inclinaison supérieure de l'épine scapulaire, une orientation inférieure de la cavité glénoïde, et un tibia relativement court. »
Et d'ajouter que le fait que ces différences apparaissent aussi tôt dans la vie indique que la morphologie néandertalienne est profondément ancrée dans leur biologie, et non façonnée par l'environnement ou le comportement.

L'analyse a révélé que le crâne aussi grandissait rapidement, suggérant que le cerveau se développait à un rythme accéléré parallèlement au corps.
C'est précisément ce point qui intrigue le plus les paléoanthropologues : non seulement le corps grandissait plus vite, mais le cerveau suivait ce rythme effréné, laissant entrevoir une trajectoire neurologique propre à l'espèce.

Une stratégie évolutive forgée par la rigueur de l'âge glaciaire

Pourquoi les néandertaliens auraient-ils évolué vers une croissance aussi rapide ?
La réponse se trouve probablement dans le monde impitoyable qu'ils habitaient.
Le paysage paléolithique était sans merci. Les néandertaliens enduraient des climats glaciaires brutaux et fluctuants à travers toute l'Eurasie.
Grandir plus vite, avec un corps plus grand et plus robuste, signifiait conserver la chaleur corporelle plus efficacement et atteindre l'autonomie physique plus tôt.
Dans un environnement où chaque saison pouvait se révéler mortelle, accélérer la maturation corporelle constituait un avantage de survie considérable.

Les chercheurs ont comparé Amud 7 avec deux autres nourrissons néandertaliens, Dederiyeh 1 de Syrie, âgé d'environ deux ans, et un enfant de trois ans découvert en France à Roc de Marsal, et ont observé les mêmes signes de croissance précoce accélérée.

Ce schéma répété sur plusieurs individus, dans des zones géographiques différentes, confirme qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé mais d'une caractéristique systémique de l'espèce.

Un héritage génétique qui nous habite encore

Si la trajectoire de croissance des néandertaliens les distinguait radicalement de nous, leur histoire n'en reste pas moins intimement mêlée à la nôtre.
Les données génétiques attestent de multiples épisodes d'hybridation entre Homo neanderthalensis et Homo sapiens, dont le plus ancien jamais documenté remonte à 140 000 ans, révélé par des restes découverts dans la grotte de Skhul, également en Israël.

Ces rencontres répétées ont laissé des traces durables : une proportion significative du génome des humains non africains d'aujourd'hui est d'origine néandertalienne, influençant notamment certaines réponses immunitaires et des traits physiologiques hérités de ces cousins disparus.

Amud 7, ce tout petit être mort il y a plus de cinquante mille ans dans une grotte du nord d'Israël, nous rappelle avec une force singulière que l'humanité n'est pas une ligne droite, mais un entrelacement de trajectoires évolutives différentes, parfois divergentes, souvent complémentaires. Les néandertaliens n'étaient pas simplement des cousins lointains que l'histoire aurait effacés : ils furent des architectes à part entière de ce que nous sommes devenus.

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Le cessez-le-feu qui tue : le 26 avril, l'Iran perd son pétrole pour toujours

Le cessez-le-feu qui tue : le 26 avril, l'Iran perd son pétrole pour toujours

Iran sous blocus : le compte à rebours pétrolier qui change la donne. 26 avril , derrière le cessez-le-feu, le compte à rebours silencieux de la fin du pétrole iranien

Il y a ce que Trump annonce, et ce que Trump fait. Le 21 avril 2026, le président américain a déclaré prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran, quelques heures avant l'expiration de la période de deux semaines initialement convenue. Geste de paix ? Pas tout à fait.
Car dans la même annonce, Trump a confirmé le maintien du blocus naval des ports iraniens.  Cessez-le-feu militaire, guerre économique intacte. La distinction est capitale. Pendant que les diplomates parlent, les réservoirs de pétrole se remplissent. Et le 26 avril approche.

Le 9e jour comme ligne rouge

Une donnée circule depuis quelques jours dans les cercles géopolitiques et financiers, relayée notamment par des analystes spécialisés dans le suivi des tankers : le blocus naval américain, entré en vigueur le 13 avril 2026, coûte à l'Iran 400 millions de dollars par jour de revenus perdus, et menace d'endommager de manière permanente ses puits de pétrole en cas de débordement si la situation n'est pas résolue avant le 26 avril.

Ce sont ces calculs qui fondent la thèse des "9 jours" : la date butoir est dans moins d'une semaine.

L'image publique qui circule sur  ce délai de neuf jours comme point de non-retour n'est donc pas une simple formule. Elle renvoie à une réalité technique et économique documentée : au-delà de ce seuil, les infrastructures pétrolières iraniennes pourraient subir des dommages structurels irréversibles.

 

Le 26 avril : une date, pas un symbole

Le blocus coûte à l'Iran 400 millions de dollars par jour de revenus perdus, et menace d'endommager ou de détruire définitivement ses puits de pétrole en cas de débordement si la situation n'est pas résolue avant le 26 avril.

Cette date n'est pas une échéance diplomatique. C'est une deadline géologique et industrielle. Passé ce seuil, même un accord signé le 27 avril ne restituera pas les milliards de barils définitivement piégés dans la roche. Le cessez-le-feu que Trump prolonge avec soin n'empêche pas les dommages  il les laisse s'accumuler silencieusement, à l'abri des caméras, au fond des puits.

Kharg Island : le cœur pétrolier de l'Iran face à l'asphyxie

L'île de Kharg, située à moins de 20 miles des côtes iraniennes, assure plus de 90 % des exportations pétrolières du pays. C'est là que se joue, concrètement, la survie économique du régime. Et c'est précisément là que Washington a choisi de frapper non par les armes, mais par l'étranglement logistique.

Le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a déclaré que le stockage sur l'île de Kharg sera saturé dans les prochains jours, insistant sur le blocus naval américain des navires entrant et sortant des ports iraniens comme levier d'affaiblissement financier du régime de Téhéran.

Les chiffres techniques donnent la mesure de la contrainte.
L'île dispose de 55 réservoirs de stockage et de mélange de brut, avec une capacité combinée d'environ 34,25 millions de barils.
Le taux d'occupation oscille normalement entre 33 et 66 %, car les deux extrêmes nuisent aux opérations.
Lorsque ces réservoirs atteignent leur capacité maximale, il n'est plus possible d'extraire le pétrole des puits : le système se retourne contre lui-même, et les puits, soumis à une pression non évacuée, risquent d'être endommagés définitivement.

Bessent a résumé la stratégie en ces termes : "Dans les prochains jours, le stockage de l'île de Kharg sera saturé et les fragiles puits de pétrole iraniens seront condamnés à l'arrêt. Restreindre le commerce maritime de l'Iran vise directement les principales sources de revenus du régime."

Trump prolonge le cessez-le-feu, mais maintient le blocus

Le président Donald Trump a annoncé mardi qu'il prolongerait le cessez-le-feu avec l'Iran, quelques heures seulement avant l'expiration de la période de deux semaines initialement convenue.
Cette décision, prise à la demande du Pakistan médiateur des pourparlers de paix a de quoi surprendre. En apparence, c'est un geste de modération. En réalité, la prolongation du cessez-le-feu s'accompagne d'une condition explicite : le blocus naval, lui, reste en place.

Trump a précisé que la prolongation du cessez-le-feu s'accompagnait du maintien du blocus naval des ports iraniens.  Cette combinaison trêve militaire, mais guerre économique intacte est le cœur de la stratégie américaine. Elle permet à Washington de se présenter comme ouvert au dialogue tout en maintenant une pression maximale sur les capacités de financement du régime.

Trump a affirmé sa décision notamment en raison du fait que "le gouvernement iranien est sérieusement fracturé." Une fracture que le blocus pétrolier est précisément conçu à accentuer.

Un blocus qui isole l'Iran à l'est comme à l'ouest

Le blocus américain, mis en place le 13 avril 2026 à 10 heures (heure de Washington), s'applique uniquement aux navires à destination ou en provenance de l'Iran.
Mais ses effets se font sentir bien au-delà.

Bien que le blocus américain protège efficacement le couloir du Golfe arabique Kharg, Assaluyeh et autres portsdes renseignements multi-sources indiquent que la zone orientale de l'Iran, notamment le port de Chabahar à l'est du détroit, nécessite une attention accrue pour prévenir toute fuite d'exportation iranienne vers l'océan Indien.

Sur le plan diplomatique, l'ambassadeur d'Iran à l'ONU, Amir Saeid Iravani, a déclaré que la levée du blocus reste une condition préalable à la reprise des pourparlers de paix.
Téhéran est donc pris en étau : impossible de négocier sans que le blocus soit levé, impossible d'obtenir la levée du blocus sans négocier.

Une mécanique de pression calculée

La thèse qui se dessine, au croisement des déclarations officielles et des données techniques, est celle d'une stratégie américaine délibérément chronométrée. Prolonger le cessez-le-feu évite une escalade militaire ouverte — et les réactions internationales qui s'ensuivraient. Maintenir le blocus fait tourner le compteur économique. Et laisser approcher la date du 26 avril, ce fameux "9e jour", revient à exercer une pression maximale sans tirer un seul coup de feu supplémentaire.

Environ 80 % du pétrole transitant par le détroit d'Ormuz est destiné à l'Asie, avec la Chine, l'Inde et le Japon comme principaux importateurs de la région.  Ce sont eux aussi qui regardent le compteur tourner et qui ont intérêt à ce que Téhéran finisse par plier.

Le vrai enjeu n'est peut-être pas de savoir si l'Iran cédera avant le 26 avril. C'est de savoir si ses décideurs comprendront, avant ce délai, que la mécanique engagée par Washington ne laisse plus beaucoup de place à l'attente.

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Un journaliste juif fait ce que l'ONU n'ose pas : sauver huit femmes de la pendaison en Iran

Un journaliste juif fait ce que l'ONU n'ose pas : sauver huit femmes de la pendaison en Iran

Quand Trump prend la plume pour sauver des vies

Ce mardi 21 avril 2026, une séquence inhabituelle s'est jouée sur les réseaux sociaux.
Un journaliste juif américain publie un message d'alarme sur X.
Le président des États-Unis le lit.
Et quelques heures plus tard, le chef de la première puissance mondiale interpelle directement les dirigeants de Téhéran pour leur demander d'épargner huit femmes condamnées à la pendaison.

Un tweet qui remonte jusqu'à la Maison Blanche

Tout commence avec Eyal Yakoby, diplômé de Penn University et figure connue de la lutte contre l'antisémitisme sur les campus américains.
Sur X, il publie un message lapidaire accompagné de photos : « La République islamique s'apprête à pendre huit femmes. Pas un mot de la communauté internationale ni des organisations se réclamant des droits de l'homme. »
Le post fait le tour de la toile. Il atterrit sur le bureau de Donald Trump.

Le président américain n'a pas tardé à réagir. Sur Truth Social, il partage la publication de Yakoby et s'adresse directement aux négociateurs iraniens :
« Aux dirigeants iraniens, qui seront bientôt en négociations avec mes représentants : je vous serais très reconnaissant de libérer ces femmes. Je suis certain qu'ils respecteront ce geste de votre part. Ne leur faites pas de mal ! Ce serait un excellent point de départ pour nos négociations. » 

Le message est signé : « Président Donald J. Trump ». Un geste diplomatique brut, direct, sans protocole  dans le style qui lui est propre.

Des identités non confirmées, mais un contexte accablant

CBS News précise que les identités des huit femmes et leur situation exacte dans le système judiciaire iranien  particulièrement opaque n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Les photos publiées par Yakoby circulent, mais aucune organisation de défense des droits humains n'a, à l'heure actuelle, confirmé formellement leur cas.

Ce flou ne doit pas occulter la réalité documentée qui se joue en Iran.
Des dizaines de personnes arrêtées lors des soulèvements de janvier 2026 ont été condamnées à mort à l'issue de procès expéditifs et inéquitables, sans accès à un avocat indépendant, sur la base d'aveux arrachés sous la torture, selon le Centre pour les droits de l'homme en Iran. 

Parmi les premières condamnées figure Bita Hemmati, présentée comme la première femme manifestante liée au soulèvement de 2026 à être formellement condamnée à mort, avec son mari Mohammadreza Majidi-Asl et deux voisins de leur immeuble à Téhéran.

Une machine à exécuter hors de contrôle

Pour comprendre l'urgence du message de Trump, il faut mesurer l'ampleur de ce qui se passe derrière les murs des prisons iraniennes. Les autorités iraniennes ont exécuté au moins 1 639 personnes en 2025, un record depuis 1989, selon un rapport conjoint des ONG Iran Human Rights et Ensemble contre la peine de mort une hausse de 68 % par rapport à 2024.

Au moins 48 femmes ont été pendues en 2025, le chiffre le plus élevé depuis plus de vingt ans, soit une augmentation de 55 % par rapport à l'année précédente.

Parmi elles, 21 avaient été accusées du meurtre de leur mari ou de leur fiancé des femmes qui vivaient, selon les organisations de défense des droits humains, dans des relations marquées par la violence et l'exploitation.

La tendance s'accélère encore en 2026. Iran Human Rights Monitor recense 656 exécutions dans les trois premiers mois de cette seule année  un chiffre que l'organisation juge probablement sous-estimé, l'Iran ayant été largement hors ligne en mars.

Le silence assourdissant de la « communauté internationale »

Ce qui frappe dans ce dossier, c'est précisément ce que Yakoby dénonçait dans son tweet originel : le silence. Pendant que l'Iran bat des records macabres d'exécutions, les grandes organisations internationales et les gouvernements occidentaux restent dans une discrétion troublante. C'est finalement un militant juif américain et un président imprévisible qui font irruption dans ce silence.

Selon des analystes d'Iran International, la séquence révèle aussi la stratégie de Téhéran, qui a « canonisé la tromperie comme instrument politique » les dirigeants iraniens sachant que tout geste de leur part, même symbolique, peut être présenté comme une concession diplomatique à exploiter.

Négociations sous tension

Le message de Trump s'inscrit dans un contexte géopolitique explosif. Les négociations américano-iraniennes doivent reprendre à Islamabad, au Pakistan, alors qu'expire l'ultimatum américain. Trump déclare penser que les États-Unis vont « conclure un grand accord » avec l'Iran, estimant que Téhéran « n'a pas le choix » après la destruction de sa marine, de son armée de l'air et d'une partie de ses infrastructures nucléaires.

Dans ce contexte de haute tension, le sort de huit femmes dont on ne connaît pas encore les noms avec certitude devient soudainement une variable dans l'équation diplomatique la plus explosive de l'année. Trump a fait d'une cause humanitaire un levier de négociation. Reste à savoir si Téhéran entendra l'appel ou si ces femmes paieront, dans l'indifférence, le prix d'un régime qui continue de pendre en silence.

 

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Iran–États-Unis : comment Trump a laissé Téhéran retourner la crise à son avantage

Iran–États-Unis : comment Trump a laissé Téhéran retourner la crise à son avantage

Trump face à l'Iran : l'humiliation d'une superpuissance

L'ultimatum américain expire. Et l'Iran sort de la crise diplomatique la tête haute, pendant que Washington s'interroge encore sur ses propres décisions.
C'est l'analyse sans concession que livre Yoni Ben-Menachem, l'un des orientalistes les plus respectés d'Israël, dans une interview accordée ce mardi à Tal Meir.
Son verdict est cinglant : Donald Trump a commis deux erreurs stratégiques majeures qui ont conduit la puissance la plus puissante du monde à s'humilier devant Téhéran.

La première erreur : laisser Ormuz ouvert par inaction

Tout commence avec le détroit d'Ormuz, verrou maritime par lequel transite une part considérable du pétrole mondial. Dès les premiers jours du conflit, Trump disposait d'une fenêtre d'action décisive : empêcher sa fermeture, neutraliser cette arme économique avant qu'elle ne devienne un levier de pression. Il ne l'a pas saisie.

« Il n'a pas évalué suffisamment les conséquences de la fermeture du détroit d'Ormuz, et n'a pas agi immédiatement pour l'empêcher », explique Ben-Menachem. Cette passivité initiale a offert à l'Iran un atout qu'il n'aurait jamais dû avoir : la capacité de menacer les flux énergétiques mondiaux depuis une position de force, contraignant Washington à la prudence plutôt qu'à la détermination.

La deuxième erreur : choisir la table des négociations plutôt que les frappes

La seconde faute est plus profonde encore. Au lieu de frapper les installations stratégiques iraniennes les infrastructures énergétiques, industrielles et militaires qui constituent l'épine dorsale du régimeTrump a opté pour la voie diplomatique. Un choix qui, aux yeux de Ben-Menachem, relève de l'illusion dangereuse.

Car Téhéran ne négocie pas pour trouver un accord. Téhéran négocie pour gagner du temps. « Chaque document qu'ils signent avec eux est un mensonge et une tromperie », tranche l'orientaliste.
« Même si un nouvel accord nucléaire est signé, ils tromperont et mentiront, comme ils le font depuis des décennies. »
L'histoire récente lui donne raison : l'accord de 2015, puis sa lente torpille par Téhéran, suivie de la relance du programme nucléaire, illustrent parfaitement cette mécanique de la dissimulation érigée en doctrine d'État.

La farce diplomatique : un vice-président qui attend une réponse de ses adversaires

Mais au-delà des erreurs tactiques, c'est la scène diplomatique elle-même qui révèle l'ampleur du recul américain. Ben-Menachem pointe une situation proprement inouïe : le vice-président des États-Unis ne sait pas s'il doit se rendre au Pakistan et attend, pour le savoir, une réponse… des Iraniens.

« Les Iraniens le ridiculisent, l'humilient », dit-il. Il est effectivement difficile de concevoir une image plus éloquente de la décrépitude d'une posture de puissance : le numéro deux de l'administration américaine suspendu au bon vouloir du régime des mollahs pour planifier ses déplacements. Ce n'est plus de la diplomatie. C'est une abdication.

Le cessez-le-feu comme couverture pour se réarmer

Pendant que Washington s'enlise dans des rounds de négociations sans lendemain, l'Iran fait ce qu'il a toujours su faire : utiliser les trêves pour se reconstruire. Ben-Menachem est formel sur ce point. « Ils déplacent les missiles balistiques récupérés intacts dans les décombres. Les drones sont mis en lieu sûr. Ils se préparent à une nouvelle offensive et restaurent ce qu'ils peuvent durant ce cessez-le-feu. »

Le tableau est limpide : pendant que les diplomates échangent des mémorandums, les ingénieurs iraniens remettent en état les systèmes de missiles, déplacent les équipements survivants, consolident ce qui peut encore l'être. Le cessez-le-feu n'est pas une pause dans la confrontation c'est une fenêtre opérationnelle offerte gratuitement à l'adversaire.

La métaphore qui dit tout : « Ils lui construisent une école »

Le titre de l'interview  « Ils lui construisent une école » résonne comme une boutade amère. L'image renvoie à une vieille sagesse du Moyen-Orient : quand on veut endormir quelqu'un, on lui offre quelque chose qui ressemble à un cadeau. L'Iran, expert en manipulation rhétorique, a offert à Trump l'apparence d'une victoire diplomatique. Des pourparlers. Des rencontres. Des déclarations de bonne volonté. Et pendant ce temps, les centrifugeuses tournent, les missiles sont déplacés, les drones comptabilisés.

Trump voulait un grand deal. Il est en train d'obtenir une grande école construite par ceux qu'il croyait avoir mis à genoux.

Un avertissement qui dépasse Trump

L'analyse de Ben-Menachem dépasse la seule personne de Donald Trump. Elle interroge la capacité des démocraties occidentales à tenir une posture de fermeté face à des régimes qui ont fait de la patience stratégique leur arme principale. L'Iran joue sur un temps long que les démocraties, soumises aux cycles électoraux et à l'opinion publique, peinent à soutenir.

La question n'est plus de savoir si Washington a fait des erreurs. Elle est de savoir si, une fois l'ultimatum expiré, quelqu'un à Washington en tirera les conséquences avant que Téhéran n'ait fini de reconstruire ce que les frappes avaient détruit.

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