Bougez ou vos enfants couleront” : l’appel brutal d’une journaliste israélienne aux parents

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Bougez ou vos enfants couleront” : l’appel brutal d’une journaliste israélienne aux parents

Elle retire son fils de l'école : le coup de gueule fracassant de Linoy Bar Geffen contre l'Éducation nationale israélienne

La journaliste et animatrice Linoy Bar Geffen a lâché une bombe sur les réseaux sociaux.
Dans un post Facebook cinglant publié ce mardi, elle annonce qu'à la rentrée prochaine, son fils Ranen, 11 ans, ne remettra plus les pieds dans un établissement scolaire.
Sa décision : le scolariser à la maison, avec un programme qu'elle construira elle-même grâce à l'intelligence artificielle.
Un acte radical, posé dans un contexte de crise profonde du système éducatif israélien, après la publication de résultats scolaires catastrophiques qui ont valu au ministre de l'Éducation Yoav Kish une avalanche de critiques.

«L'école n'est qu'une façade»

Bar Geffen ne prend pas cette décision du jour au lendemain.
Elle explique que la rupture avec l'école publique s'est amorcée bien plus tôt, presque dans la discrétion. «En réalité, nous entamons ce processus de séparation depuis le cours élémentaire, quand j'ai compris que l'école n'était qu'une coquille vide, un Versailles de carton-pâte», écrit-elle. Dès le CP, elle avait commencé à retirer son fils de l'école deux jours par semaine, puis trois L'annonce récente de sa maîtresse qu'elle prenait sa retraite a été le dernier facteur qui a rendu toute hésitation inutile.

Un enfant qui apprend sans l'école

Ce qui rend son témoignage particulièrement percutant, c'est ce qu'elle décrit de la formation que son fils a reçue en dehors des salles de classe.
Pendant les nombreuses heures passées loin des bancs de l'école, Ranen a étudié les mathématiques et les sciences à un niveau de troisième.
Son anglais dépasse celui d'un collégien passionné de jeux vidéo et ce sont précisément ces jeux que Bar Geffen réhabilite avec force : «Les écrans et le gaming qu'on vous a présentés comme des dangers ? C'est un outil formidable pour apprendre à lire et écrire en anglais.

Les enfants communiquent avec leurs pairs du monde entier.» Son fils maîtrise la théorie de l'évolution, l'histoire de l'esclavage et la guerre de Sécession américaine, l'Égypte ancienne et ses liens avec le peuple juif, l'histoire des guerres d'Israël, et se plonge aujourd'hui dans la mythologie grecque. Le tout, précise-t-elle, choisi en concertation avec lui.

L'intelligence artificielle comme nouvelle institutrice

Bar Geffen ne s'arrête pas là. Elle s'attaque directement à l'argument de l'indispensabilité du système : «Je n'ai plus besoin du ministère de l'Éducation. Élaborer un programme scolaire annuel ne prend qu'une semaine de travail, sans même forcer, grâce à l'intelligence artificielle.»

Une affirmation provocatrice, mais assumée.
Elle anticipe l'objection habituelle «mais que font les parents qui ne peuvent pas enseigner ?» — et la balaie : «La majorité le peut. Ceux qui choisissent d'en faire une priorité y arrivent. Les autres, non.»
Elle ne craint pas non plus la visite de l'inspection scolaire. Son fils passe déjà de longues portions de ses journées de cours en dehors de l'école depuis des années, et personne n'a jamais frappé à sa porte au contraire, dit-elle avec une ironie mordante, elle a eu droit à des félicitations pour avoir réduit les effectifs.

Un appel aux parents, une sentence pour le système

Le post se conclut sur une charge frontale contre les institutions. Bar Geffen dit vouloir continuer à militer pour la fermeture du ministère de l'Éducation, sa refonte totale, et sa réouverture au bénéfice de tous. Mais en attendant, son message aux parents est sans ambiguïté et sans ménagement : «Vous seuls, les parents, pouvaient sauver vos enfants de ce naufrage. Bougez ou ils couleront.»

Une voix parmi d'autres, mais plus radicale

Bar Geffen n'est pas seule à élever la voix en ce moment.
La veille, Rotem Sela avait elle aussi pris position sur les réseaux sociaux, partageant son indignation devant ses 1,2 million d'abonnés :
«L'une des conséquences les plus graves et les plus tristes de ce gouvernement», avait-elle écrit. Mais là où Sela exprime une colère collective, Bar Geffen, elle, passe à l'acte. Et c'est précisément cette différence entre la protestation et la rupture qui rend son geste aussi retentissant.

Un système à bout de souffle

Bar Geffen et Sela ne sont pas des voix isolées dans le vide.
Elles sont l'expression publique d'une frustration qui couvait bien avant leur prise de parole.
À la rentrée 2025-2026, le ministère de l'Éducation faisait face à une pénurie massive de personnel : 488 postes d'enseignants restaient vacants, dont 216 dans les matières fondamentales, forçant des établissements à réduire leurs heures de cours ou à confier deux classes à un seul enseignant.
La situation avait même atteint l'absurde : quatre cadres dirigeants avaient annoncé leur démission à la veille de la rentrée, parmi lesquels deux inspecteurs nationaux d'anglais nommés moins d'un an auparavant,laissant le ministère sans supervision pour l'enseignement de cette matière stratégique.

Des enseignants qui fuient

La crise des salaires a tout accéléré. En mai 2025, une grève nationale avait éclaté après que le ministère des Finances avait décidé de réduire les salaires du gouvernement de 3,3 % dans le contexte de la guerre à Gaza, poussant des centaines d'établissements à fermer leurs portes.
Le salaire de départ d'un enseignant en Israël ? 9 000 shekels par mois un chiffre que les enseignants expérimentés peuvent presque doubler, mais seulement après trente ans de carrière. Dans ce contexte, la fuite des vocations n'a rien d'étonnant.

Un budget détourné de l'essentiel

Sur le plan politique, le ministre Kisch n'a pas choisi la voie de l'apaisement pédagogique. Il a lancé une réforme baptisée « Racines. Le programme national pour les identités juives et sionistes », rendant obligatoire une heure hebdomadaire d'étude biblique pour tous les lycéens, et faisant passer la part du budget consacrée aux études juives de 1 % à 4 % des fonds pris ailleurs, dans des matières déjà exsangues.

L'Organisation nationale des parents d'élèves a dénoncé un préjudice supplémentaire qui ne ferait qu'accentuer des lacunes déjà existantes, alors même que les enfants sont confrontés à des manques dans tous les domaines.

Des parents qui craquent, en public

La guerre a amplifié chaque fissure. L'actrice Meshi Kleinstein avait déjà interpellé l'opinion depuis Instagram lorsque le gouvernement avait autorisé la réouverture des lieux de travail tout en maintenant les écoles fermées :

« Quel pays délirant. Qui s'occupe des enfants lorsque les parents retournent au travail ? »
Des parents dans les rues, des célébrités en colère sur les réseaux, une Organisation nationale des parents qui crie dans le vide et des enseignants qui démissionnent en silence ce n'est pas un simple mécontentement conjoncturel. C'est un système qui a perdu la confiance de ceux qu'il est censé servir en premier lieu.
Et quand des parents comme Linoy Bar Geffen décident de le contourner plutôt que de l'attendre, c'est peut-être le signal le plus honnête que cette confiance est brisée pour de bon.

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