Capitulation américaine face à l'Iran : Trump applaudit sa propre défaite

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Capitulation américaine : Trump applaudit sa propre défaite

On a tout dit sur Donald Trump. On a dit qu'il était superficiel, inculte, mégalomane, jouisseur, égoïste, narcissique. On a dit aussi qu'il était génial, tacticien, rusé, dur, créatif, sophistiqué, audacieux, révolutionnaire, conservateur.

Une connaissance par écrans interposés

Ma connaissance de Trump ressemble à celle de la plupart d'entre nous, je ne l'ai jamais rencontré personnellement. Ce que je sais du leader du monde libre me parvient à travers ses tweets, ses interviews, ses déclarations, ses vidéos et tout ce matériau qui le documente sans relâche, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept.

Je lis et j'écoute certes une partie des commentateurs qui nous traduisent ses pensées, ses intentions et la structure de sa personnalité, mais qui a besoin d'intermédiaires quand il existe une matière première trumpienne aussi abondante et limpide. D'ailleurs, dans un instant, je vais moi aussi me transformer en commentateur.

La bulle Trump

Trump vit à l'intérieur d'une bulle, la bulle Trump, un monde imaginaire qu'il a construit pour lui même, un monde où il est le héros principal, où tous les autres personnages ont été créés et se comportent comme des personnages secondaires de son propre récit. Il est le créateur, il est la cause et la conséquence, il est le soleil, les gens qui l'entourent sont les étoiles et le reste de l'humanité forme le public, qui applaudit.

À l'image de la philosophie de vie de George Costanza, « ce n'est pas un mensonge si toi-même tu y crois », c'est exactement ainsi que Trump se perçoit lui-même et dirige le monde.

Dans le monde de Trump, il est gagnant. Le lien avec la réalité y est certes purement accidentel, mais déjà dans le monde des affaires, Trump se persuadait qu'il était un homme d'affaires exceptionnel, malgré de multiples échecs, des dettes colossales envers les banques, des faillites et de lourdes pertes. Ce qui compte, c'est la réalité perçue, et dans la bulle où vit Trump, il se voit comme celui qui a toujours été un gagnant, beau, intelligent et victorieux.

La vérité objective n'a aucune signification, seule compte la vérité subjective.

La reddition à la Chamberlain face aux ayatollahs du terrorisme iranien se présente à ses yeux comme une victoire. Ce n'est ni de la propagande ni une tentative d'embellir la réalité défaitiste vers laquelle Trump a conduit l'empire le plus puissant de l'histoire, c'est, en toute sincérité et naïveté, le cheminement de pensée trumpien face à la défaite géostratégique qui humilie l'Amérique.

Trump est convaincu d'avoir gagné. Il est convaincu que des missiles balistiques entre les mains de l'Iran constituent une chose positive, qu'il n'était pas nécessaire de détruire l'uranium, que dégeler des milliards de dollars qui financeront des organisations terroristes meurtrières aux mains de l'Iran est une réussite, et que laisser un État terroriste garder le contrôle du couloir pétrolier mondial du détroit d'Ormuz, c'est tout à fait acceptable.

D'où pisse le Mojtaba

Les conséquences historiques de la capitulation de Trump face à l'Iran arriveront bientôt, le monde entier a vu d'où pisse le Mojtaba.

Les Saoudiens, avec tout leur pétrole, comprennent que Trump les a vendus. Les pays du Golfe, avec leur pétrole et leur puissance bancaire, comprennent que Trump les a abandonnés.

La Corée et l'Australie se dégrisent à présent et vont concentrer leurs efforts sur des capacités autonomes plutôt que sur « l'alliée » qui viendrait les secourir le jour où les Chinois feraient un geste. Et après que la Chine a vu comment les Iraniens ont berné Trump, soyez certains qu'elle fera ce geste, elle sait regarder la réalité en face.

Les organisations terroristes ont sorti le champagne, le lion américain a baissé la queue, a donné une interview à Fox News et vit dans un film.

L'Allemagne se réarme, en Europe la droite s'organise en vue des élections, nous voilà à l'aube d'un nouvel ordre mondial. Sur les pages Wikipédia qui seront écrites sur la période actuelle, on signalera la grande capitulation de Trump comme le point de rupture qui a fait basculer le monde vers la puissance chinoise, vers les guerres et l'anarchie. Il tweetera sans doute que c'est une victoire.

Une précision : l'article original est une chronique d'opinion (Nevo Cohen, Ynet, rubrique Avis) publiée le 21 juin 2026, centrée sur l'accord nucléaire américano-iranien et ses répercussions perçues au Golfe, en Corée, en Australie et en Chine. Le titre original fait référence à George Costanza, personnage de la série Seinfeld

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