Israël : Ce rabbin accusé par 16 hommes d'agressions sexuelles, l'emprise d'une secte démasquée

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Yosef Shuvli, 54 ans

Le rabbin qui se prenait pour un « saint » et que seize hommes accusent d'agressions sexuelles

Il se présentait comme un juste, un homme de Dieu, une âme pure au-dessus du commun des mortels. Yosef Shuvli, 54 ans, rabbin établi à Miron et figure de proue d'une communauté au sein du mouvement hassidique Breslev, a été arrêté dans la nuit de mercredi à jeudi.
Seize hommes ont témoigné contre lui. Le tribunal de paix de Tibériade vient de prolonger sa détention jusqu'au 14 mai.

Un « tzaddik » fabriqué de toutes pièces

Tout reposait sur une construction soigneusement orchestrée. Selon des sources proches du dossier, le rabbin Shuvli avait bâti autour de lui une aura de sainteté  celle du tzaddik, du juste infaillible auquel on doit obéissance absolue.
C'est précisément cette image qu'il aurait utilisée pour s'approcher de ses victimes présumées, gagner leur confiance, et les soumettre.
Le Centre israélien pour les victimes de sectes, qui suit le dossier de près, décrit la communauté qu'il dirigeait comme présentant des caractéristiques sectaires avérées : dépendance psychologique, contrôle des comportements, rupture des liens familiaux, exploitation des membres et climat de peur permanent.

Seize témoignages, une montagne de charges

C'est au Centre pour les victimes de sectes, puis à la police, que les langues se sont déliées. Seize hommes ont rapporté des faits. Certains ont témoigné devant le tribunal rabbinique spécial du grand rabbin Shmuel Eliyahou, accompagnés par les responsables dudit centre.
Les accusations portent sur des actes sexuels graves commis dans le cadre d'une relation d'autorité spirituellece que les témoins décrivent comme un abus délibéré du lien de confiance sacré entre un maître et ses disciples.

Le tribunal rabbinique n'a pas tardé à réagir. Dans une lettre publique signée par le rabbin Eliyahou et six de ses collègues les rabbins Tsion Buaron, Aharon Yarhi, Aharon Cohen, Avraham Yitzhak Schwartz, Hananya Polak et Yehuda Dana les signataires écrivent :

« Des témoignages graves nous sont parvenus concernant quelqu'un qui se présente comme un juste, mais qui commet des actes sérieux en matière d'interdits sexuels que la Sainte Torah prohibe et que nous ne pouvons détailler par souci de pudeur.
Nous avons reçu des témoignages de ses disciples faisant état d'intimidations et de menaces envers ceux qui ont été lésés. Convoqué devant le tribunal, il a refusé de coopérer. »
La lettre se conclut par un appel solennel : « Nous encourageons les victimes et appelons quiconque a connaissance de ses mauvaises actions à se tourner vers les autorités légales. »

Le tribunal civil confirme le danger

Le juge Eran Bar-Or, du tribunal de paix de Tibériade, a statué en ces termes : « Je suis convaincu qu'il existe dans le dossier d'enquête une base probatoire reliant le suspect à la commission des infractions qui lui sont imputées, fondant un soupçon raisonnable qu'il les a commises.
Dans ces circonstances, je suis convaincu qu'il existe un motif raisonnable de craindre que la remise en liberté du suspect soit de nature à mettre en danger la paix et la sécurité publiques. » L'audience s'est tenue à huis clos.

La communauté, entre soulagement et douleur

Pour le Centre israélien pour les victimes de sectes, l'arrestation marque une étape capitale, même si elle ne clôt rien :
« Ces derniers temps, des informations et des témoignages lourds s'étaient accumulés auprès de nous, de personnes et de familles victimes du rabbin qui avaient cherché à être aidées. Cette arrestation n'est pas un point final, mais pour de nombreuses victimes, c'est un moment significatif le début de la reconnaissance que leurs voix sont entendues et prises au sérieux. »

La défense dément et contre-attaque

L'avocate du rabbin, Me Shlomtzion Gabai-Mandelmann, nie tout en bloc : « Mon client rejette tout lien avec les infractions alléguées. Il s'agit d'accusations absurdes, fondées sur des mensonges et des déformations orchestrés par des ennemis qui cherchent depuis des années à nuire aux membres de la communauté. Mon client est un rabbin respectable, un homme de famille, un homme de bonté et de don de soi. Il est victime d'un complot. J'ai l'intention de contester la prolongation de sa détention. »

Une affaire qui dépasse un seul homme

Ce qui se joue à Miron n'est pas simplement l'histoire d'un individu présumé coupable.
C'est la révélation d'un système : celui dans lequel la sainteté revendiquée devient une arme, où la déférence religieuse ouvre la porte à l'abus, et où le silence des victimes est entretenu par la terreur spirituelle. Le dossier reste ouvert. L'enquête se poursuit. Et derrière les seize témoins connus, combien d'autres n'ont pas encore parlé ?

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi