Scandale en Israël : Des milliers de dossiers de divorce qui pourraient s'évaporer en quelques clics

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Scandale en Israël : Des milliers de dossiers de divorce qui pourraient s'évaporer en quelques clics

Les tribunaux rabbiniques d'Israël au bord du gouffre numérique

Une facture impayée de 700 000 shekels à Microsoft. Des milliers de dossiers de divorce qui pourraient s'évaporer en quelques clics. Et comme solution d'urgence, un basculement précipité vers Gmail. Voilà où en sont aujourd'hui les tribunaux rabbiniques d'Israël, l'une des institutions judiciaires les plus puissantes du pays.

Une bombe à retardement qui menace d'exploser cette semaine

La crise des messageries électroniques au sein de l'administration des tribunaux rabbiniques s'intensifie, et la crainte grandit dans le système que, dès cette semaine, l'ensemble des comptes de courrier électronique de l'organisation soient supprimés.
Ces comptes, hébergés sur la plateforme Outlook de Microsoft, constituent la colonne vertébrale des communications internes de l'institution : correspondances entre juges, contrats, suivi des dossiers de citoyens, procédures administratives courantes.
Tout cela repose sur une infrastructure dont le contrat n'a tout simplement pas été renouvelé, faute de paiement.

La raison de cette crise est une dette cumulée d'environ 700 000 shekels envers Microsoft, qui a empêché le renouvellement de l'accord entre l'administration des tribunaux rabbiniques et l'entreprise. Microsoft n'en est pas à sa première mise en garde : la société avait déjà menacé de couper le service, et était passée à l'acte en procédant à une suspension temporaire des comptes. Une solution provisoire avait alors été trouvée pour rétablir le système.
Mais la dette, elle, n'a pas été réglée. Et cette fois, le scénario d'une fermeture définitive avec suppression de toutes les données stockées semble plus que probable dans les jours à venir.

Gmail comme bouée de sauvetage, mais à quel prix ?

Dans les tribunaux, on se prépare à la possibilité d'une migration vers Gmail, mais cela implique la perte potentielle d'un volume considérable d'informations accumulées au fil du temps dans les systèmes existants.
Des employés ont témoigné que ce basculement en catastrophe vers Gmail perturbe profondément le travail et la qualité du service rendu aux couples engagés dans des procédures de divorce, ainsi qu'aux citoyens qui saisissent les tribunaux pour d'autres motifs. La suppression de l'ensemble des correspondances pourrait être extrêmement préjudiciable pour les personnes déjà engagées dans des procédures au sein des tribunaux et pour l'accessibilité des informations les concernant.

On ne parle pas ici d'e-mails anodins. On parle de documents juridiques, d'accords de divorce, de décisions relatives à des biens immobiliers, de correspondances entre avocats et juges rabbiniques. Des données d'une sensibilité extrême, liées à des moments parmi les plus douloureux de la vie de milliers de familles israéliennes.

Une institution clé, aux ressources techniques dépassées

Les tribunaux rabbiniques constituent une juridiction officielle de l'État d'Israël et sont le seul organe compétent pour mener les procédures de divorce des Juifs. Leur compétence s'étend également aux procédures de conversion et à la gestion des biens immobiliers transmis en fidéicommis religieux. La Knesset vient tout juste d'adopter un amendement législatif autorisant les tribunaux rabbiniques à siéger également comme arbitres dans des litiges financiers.

La semaine dernière, le Grand Rabbin Sépharade David Yosef, président du Grand Tribunal rabbinique de Jérusalem, a nommé les compositions de juges qui traiteront ces nouveaux dossiers.

L'ironie est cruelle : au moment même où le législateur élargit les prérogatives de cette institution et où l'on nomme de nouveaux juges pour absorber une charge supplémentaire de travail, cette extension des compétences intervient dans une période où les ressources techniques des tribunaux rabbiniques ne suffisent déjà plus à répondre aux exigences antérieures. Étendre l'autorité d'un système sans lui donner les moyens de fonctionner, c'est construire sur du sable

Une crise qui s'inscrit dans un pattern inquiétant

Ce scandale numérique n'est pas un accident isolé. La crise actuelle vient s'ajouter à une série de pannes techniques et de dysfonctionnements opérationnels régulièrement signalés au sein des tribunaux rabbiniques, ce qui soulève des questions quant à la capacité de fonctionnement normal de l'un des organes centraux du système judiciaire religieux en Israël..

Jeudi dernier, le rabbin Eli Ben Dahan a achevé son mandat de directeur général des tribunaux rabbiniques. Il sera remplacé par le rabbin Eyal Yosef, qui officiait jusqu'à récemment comme juge rabbinique en exercice et président du tribunal de Tel Aviv. Un nouveau directeur général pour gérer une institution dont l'infrastructure numérique tient à un fil, et dont les données sensibles de milliers de familles israéliennes dépendent, en ce moment même, du bon vouloir d'une multinationale américaine à qui l'on doit 700 000 shekels. y

Les tribunaux rabbiniques n'ont pas souhaité répondre aux sollicitations des journalistes. Ce silence en dit parfois plus long qu'un communiqué.

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