Israël : Le directeur pédophile d'une yeshiva de Bnei Brak rattrapé par Interpol aux USA

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Israël : Le directeur pédophile d'une yeshiva de Bnei Brak rattrapé par Interpol aux USA

L'éducateur fugitif : comment Yechiel Yehoshua Farkas a trahi ses élèves avant de fuir

Il se présentait comme un pilier de l'éducation, un homme de confiance, un guide pour des enfants en quête de repères. Yechiel Yehoshua Farkas, 43 ans, directeur et enseignant à la yeshiva « Torat HaHayyim » de Bnei Brak, vient d'être arrêté à Lakewood, dans le New Jersey  au cœur d'une communauté juive orthodoxe où il s'était fondu sans difficulté. Derrière la façade du pédagogue respectable se cachait, selon les autorités, un prédateur méthodique.

Une double vie au cœur d'une institution religieuse

Selon les soupçons qui pèsent sur lui, Farkas a commis une série d'actes indécents sur des mineurs entre 2020 et 2023, exploitant sa position de figure éducative et de directeur de yeshiva.
L'acte d'accusation révèle un mode opératoire répété, calculé, presque chirurgical dans sa perversité : des trajets en voiture, des sorties, des moments passés dans des espaces privés, autant de situations banales, savamment orchestrées pour isoler ses victimes et ériger une intimité forcée.

La police israélienne indique qu'il a exploité son statut et la confiance que lui accordaient les enfants et leurs parents. « Il était une figure éducative et a abusé de sa position pour commettre des infractions sexuelles », a déclaré une source policière. « Les enfants et leurs familles lui faisaient confiance, et il a violé cette confiance de la manière la plus grossière qui soit. »

Le courage d'une victime, l'inertie d'un système

Tout commence par un acte de bravoure. Un enfant ose parler. Il rapporte les faits à un membre du personnel de l'internat de l'établissement. Ce geste, qui demande une force immense, aurait pu mettre fin rapidement à une carrière criminelle.
Mais ce qui devait être un déclencheur d'action immédiate se révèle n'être qu'un signal tardif. En quelques jours seulement, avant que l'enquête ne débouche sur un mandat d'arrêt, Farkas quitte Israël. Le 4 janvier, il monte à bord d'un avion à destination des États-Unis, laissant derrière lui une enquête ouverte, des victimes sans justice, et des questions troublantes sur la réactivité ou l'inaction des autorités face aux premiers signalements.

De Bnei Brak à Lakewood : la fuite d'un fugitif protégé par l'anonymat communautaire

Farkas se réfugie alors au sein d'une communauté juive locale à Lakewood, dans le New Jersey, une ville connue pour abriter l'une des plus grandes concentrations de juifs orthodoxes hors d'Israël. Il s'y dissimule pendant près d'un an et demi, à l'abri des regards, dans un environnement qui lui est familier. Un mandat d'arrêt est émis par le tribunal de Tel Aviv-Jaffa le 10 décembre 2025. Interpol est saisi. Un mandat international vient s'ajouter au dossier. La mécanique judiciaire, lente à se mettre en branle, finit par se refermer sur lui. 

Une coopération internationale qui aboutit à l'arrestation

Le 17 avril 2026, les agents du HSI Homeland Security Investigations de Newark et les membres de la task force régionale des US Marshals de New York/New Jersey procèdent à son arrestation à son domicile de Lakewood, sans incident. ICE annonce l'arrestation sur son compte X en publiant une photo de deux agents aux côtés de Farkas, menotté.
L'image fait le tour des médias. Le 21 avril, il comparaît devant le tribunal fédéral de Trenton, où il est décidé qu'il restera en détention. 

L'affaire mobilise plusieurs agences : HSI Newark, HSI Los Angeles et le US Marshals Service ont commencé à travailler ensemble dès lors qu'ils ont été informés que les autorités israéliennes souhaitaient poursuivre Farkas. Le procureur fédéral du district du New Jersey a obtenu un mandat provisoire en cour fédérale. L'extradition vers Israël est désormais gérée conjointement par le bureau du procureur fédéral du New Jersey et par le bureau des affaires internationales du département américain de la Justice.

Une affaire qui soulève des questions bien plus larges

ICE a précisé que son programme d'assistance aux victimes coordonnera toute interview complémentaire et cherchera à identifier d'éventuelles autres victimes liées au dossier. Cette précision n'est pas anodine. Elle laisse entendre que le cercle des victimes potentielles pourrait être plus large que ce que les autorités israéliennes ont établi jusqu'ici. Nicholas Ricigliano, US Marshal par intérim du district du New Jersey, a déclaré :

« Cette arrestation témoigne de la solidité de la coopération internationale dans la poursuite d'individus accusés de crimes graves, en particulier ceux impliquant l'exploitation de mineurs. » 

L'impunité comme horizon jusqu'où ?

L'affaire Farkas illustre une réalité glaçante : il est possible, pour un homme suspecté d'abus sexuels graves sur des enfants, de s'éclipser entre le moment de la dénonciation et celui de l'émission d'un mandat d'arrêt. Que s'est-il passé dans ce laps de temps ? Qui savait ? Qui a tardé à agir ? Ces questions, laissées en suspens dans les couloirs d'une institution religieuse, appellent des réponses que ni la communauté de Bnei Brak ni le système judiciaire israélien ne peuvent se permettre d'esquiver.

L'extradition imminente de Yechiel Yehoshua Farkas vers Israël ne clôt pas l'affaire elle l'ouvre, plus grand encore. Car derrière le destin judiciaire d'un homme traqué sur deux continents se profile une question fondamentale : combien de temps la confiance accordée à une robe d'éducateur peut-elle servir de bouclier à ceux qui en abusent le plus cruellement ?

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