Israël : Le marié a 41 ans, la mariée en a 14 et la police ne peut rien faire à Yavne'el

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Israël : Le marié a 41 ans, la mariée en a 14 et la police ne peut rien faire à Yavne'el

Une noce illégale dans une communauté ultra-orthodoxe d'Israël

Dans la petite bourgade de Yavne'el, nichée au bord du lac de Tibériade, un message a circulé ces dernières heures annonçant la « fermeture du vort »  cette cérémonie qui scelle officiellement la décision d'un couple de se marier.
Le couple en question : un homme de 41 ans et une jeune fille de 14 ans.
Un mariage de mineure, contraire à la loi israélienne, organisé au cœur d'une communauté ultra-orthodoxe fermée sur elle-même. La police a été informée. Elle a ouvert une enquête. Et pourtant, elle admet son impuissance.

« Même en robe de mariée, ce n'est pas suffisant »

C'est la phrase qui résume tout. Un responsable policier l'a confié sans détour à ynet : « Même quand tu arrives sur place et que tu la vois en robe de mariée et lui en costume, ça ne suffit pas. Sans preuve claire de mariage, nous ne pouvons pas agir. »
Pas de documentation, pas de témoins coopératifs, et les intéressés eux-mêmes nient catégoriquement s'être mariés.
Sans ce que les enquêteurs appellent une « preuve en or », les dossiers s'éteignent d'eux-mêmes, faute de fondement juridique suffisant pour tenir devant un tribunal.

Dans le cas de cette noce à Yavne'el, la réponse des personnes impliquées a été immédiate et rodée : il s'agissait, ont-elles soutenu, d'une simple fête de fiançailles. Or, les fiançailles ne sont pas interdites par la loi. La police soupçonne une manœuvre délibérée pour dissimuler la nature réelle de l'événement, mais soupçonner ne suffit pas à poursuivre.

Un système parfaitement huilé pour déjouer l'État

Ce qui frappe dans cette affaire, c'est le degré d'organisation mis en œuvre pour contourner la loi. Les organisateurs de ces mariages clandestins ne laissent rien au hasard. Les époux eux-mêmes ne connaissent pas à l'avance le lieu de la cérémonie.
Les événements se tiennent à des heures inhabituelles, dans des endroits isolés.
Seule une poignée de personnes est dans la confidence. L'introduction de téléphones portables est strictement interdite pour empêcher tout enregistrement ou photographie. Quant à la kétouba le contrat de mariage religieux elle est soigneusement cachée loin du lieu de la cérémonie et parfois laissée non signée, rendant ainsi quasiment impossible toute preuve légale qu'un mariage a bien eu lieu.

C'est un système pensé dans ses moindres détails pour que l'État ne puisse jamais mettre la main sur la moindre preuve tangible. Et jusqu'ici, il fonctionne.

Une enquête ouverte, des mains liées

La police israélienne avait déjà ouvert des enquêtes à Yavne'el sur deux mariages de mineures présumés au sein de la même communauté ultra-orthodoxe. Chaque fois, le même scénario s'est répété : les participants affirment qu'il s'agit de fiançailles, les dossiers s'ouvrent, les suspects sont interrogés, mais l'absence de preuves solides conduit inévitablement à leur classement sans suite.

Selon les responsables de l'application de la loi, l'enquête ne démarre le plus souvent qu'après les faits, lorsque les autorités réalisent qu'un mariage a peut-être eu lieu. Et même à ce stade tardif, il est extrêmement difficile de constituer un dossier probatoire suffisant. Le cercle est vicieux : plus on intervient tard, moins les preuves sont accessibles ; et plus les preuves manquent, moins il est possible d'intervenir.

Un phénomène bien au-delà de Yavne'el

Les responsables policiers sont catégoriques sur un point : ce n'est pas un problème local. Yavne'el concentre un nombre particulièrement élevé de signalements, mais le phénomène dépasse largement cette seule communauté.
Les mariages de mineures dans des communautés ultra-orthodoxes fermées constituent, selon eux, une réalité souterraine bien plus répandue qu'il n'y paraît, rendue invisible précisément par l'efficacité des mécanismes d'occultation mis en place.

Les outils juridiques existants ne permettent pas à la police d'agir de manière préventive tant qu'il n'existe pas d'indication claire qu'une noce et non de simples fiançailles est sur le point d'être célébrée. Cette lacune législative offre une fenêtre d'impunité que certaines communautés ont appris à exploiter méthodiquement.

Une adolescente de 14 ans, et une société qui regarde ailleurs

Derrière les questions juridiques et procédurales, il y a une réalité humaine brute : une jeune fille de 14 ans, promise à un homme de 41 ans, dans un cadre qui lui laisse peu de place pour exprimer un refus. La loi israélienne interdit les mariages de mineurs. Mais une loi qui ne peut pas être appliquée est une loi qui ne protège personne.

La police dit qu'elle continue de surveiller la situation à Yavne'el. Elle dit qu'elle prend le sujet au sérieux. Mais entre la surveillance et la protection effective d'une adolescente en robe blanche, il y a un abîme que ni les enquêteurs ni le cadre légal actuel ne semblent, pour l'heure, capables de combler.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi