Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Ba Miklat Bat Yam – Épisode 3 : vivre entre deux sirènes

Ba Miklat Bat Yam – Épisode 3 : vivre entre deux sirènes

Ba Miklat — Bat-Yam 🇮🇱 Épisode 3

La pause dans la routine

Plusieurs alertes sans alarme, puis l'une se déclenche à 14h20. Heureusement, j'avais terminé mon travail.

Je me rends tranquillement dans la cage d'escalier — la flemme de descendre et remonter trois étages.

Je retrouve le couple qui ont tout perdu en juin 2025. Leur appartement soufflé par un missile iranien.

J'entame la conversation sans détour :
"Depuis tout ce temps, vous n'avez eu aucun remboursement ?"

"Non, mais c'est eux qui me paient le loyer ici."

"Oui, bien sûr — mais votre bien ?"

"Ils vont le reconstruire avec l'argent des religieux."

Je le regarde, interloqué. Comment ça, avec l'argent des religieux ?

Il m'explique, avec une logique toute personnelle : ils passent leur temps à prier, reçoivent des subventions de l'État — alors ils vont participer à l'effort de reconstruction. Pas d'armée ? Pas de problème, dit-il, mais une partie de ces subventions devra servir à reconstruire. Et avec tous les immeubles touchés, il faudra des milliards.

Il répète à plusieurs reprises : "Tout ira bien… tout ira bien."

Ce leitmotiv typiquement israélien. Et quand ça ne va vraiment pas : "Gam Zou le Tova" — même ça, c'est pour le bien.

Puis il me regarde soudainement :

"Mais tu parles bien l'hébreu !"

Je ris. "Eh oui !  j'ai fait une partie de mes études ici."

En arrière-plan, les explosions se succèdent. Selon leur intensité, on peut estimer : Rishon Letsion ou Holon.

Le calme relatif revient. Nous rentrons dans nos appartements respectifs.

Il s'avère qu'une chute a eu lieu à Ramat Gan deux blessés légers.

Le syndrome de la relativité

Ce qui est frappant, c'est à quel point les alertes sont devenues des pauses dans la routine quotidienne.

Ce n'est pas de la résilience le mot serait trop noble, trop conscient.

C'est quelque chose d'autre, de plus troublant : une sorte de syndrome de la relativité.

On s'arrête. On sort. On est obligé de quitter l'appartement un moment. Puis on revient. Et on reprend comme si l'essentiel était simplement d'être vivant.

Pas de trauma apparent. Pas d'effondrement. Juste ce recalibrage silencieux et déconcertant de ce qui compte vraiment.

La vie continue, parce que la vie, ici, a décidé de continuer.

Qui s’effondre réellement ? La dure vérité derrière les propos du chef d’état-major israélien

Qui s’effondre réellement ? La dure vérité derrière les propos du chef d’état-major israélien

Qui s’effondre réellement ? La dure vérité derrière les propos du chef d’état-major israélien

Le chef d’état-major israélien a alerté sur l’effondrement interne de l’armée. Derrière des mots forts, se cache une réalité plus complexe : ce n’est pas la communauté haredi qui fragilise Tsahal, mais une gestion interne défaillante des effectifs et des réservistes. Une analyse nécessaire pour comprendre la vraie vulnérabilité de l’armée en période de conflit.

La déclaration choc de l’état-major

Le chef d’état-major israélien Eyal Zamir a déclaré que « l’armée s’effondre de l’intérieur ».
Ces mots, loin d’être une simple figure de style, ont des implications opérationnelles et psychologiques profondes à un moment où Israël est engagé dans un conflit majeur.
Dans un contexte où la doctrine de dissuasion repose sur l’image de force, l’affirmation qu’une institution aussi centrale que l’armée est en crise transmet à l’ennemi non pas de la résistance mais de la faiblesse.

Un bouc émissaire facile : la communauté haredi

Accuser exclusivement la communauté haredi de la crise de recrutement détourne l’attention d’un problème bien plus central : la mauvaise gestion des ressources humaines au sein des Forces de défense israéliennes (IDF).

Certes, l’intégration des soldats haredim pose des défis logistiques et organisationnels, mais cette difficulté ne peut expliquer à elle seule la situation actuelle sur les réserves et le front.

Des chiffres alarmants sur la mobilisation

D’après les données internes citées, environ 15 % de la population âgée de 21 à 40 ans sont potentiellement aptes au service, mais seulement 6 % sont réellement mobilisés, et parmi eux, à peine 1,5 % assumeraient une charge opérationnelle active.
Ce n’est pas un manque de volontaires, mais une
incapacité du système à mobiliser efficacement son personnel disponible, un échec majeur en termes de gestion militaire.

Une usure rapide des réservistes

Cette mauvaise gestion a des conséquences tangibles. Des réservistes se retrouvent appelés à des centaines de jours de service, jusqu’à 470 jours pour certains, ce qui, selon l’analyse, témoigne d’un échec de répartition des effectifs plutôt que d’un phénomène de dévouement. Cela conduit à une usure accélérée des combattants réellement engagés, situation paradoxale au moment où l’armée doit maintenir une pression opérationnelle constante.

La nécessité d’une réforme interne

Avant de parler de « crise » ou de chercher des boucs émissaires, c’est la qualité de la gestion interne qui doit être évaluée et corrigée.  Il existe un lien direct entre l’efficacité de l’encadrement militaire et les résultats sur le terrain. Se focaliser sur un seul segment de la population détourne de l’essentiel : réformer la manière dont l’armée exploite et protège ses ressources humaines pendant une guerre longue et exigeante.

Source : N14

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BA MIKLAT - BAT-YAM — Épisode 2 bis

BA MIKLAT - BAT-YAM — Épisode 2 bis

BA MIKLAT - BAT-YAM — Épisode 2 bis

7h27, 8h30, 9h30, 10h38 10h53. Et on recommence.

Cinq alertes depuis ce matin.
On compte maintenant. C'est devenu une façon de mesurer le temps pas en heures, pas en jours, en alertes.

Celle de 10h53, je sors de l'appartement. Les voisins sont déjà dans le couloir, vissés à leurs portables, ce rectangle lumineux qui est devenu à la fois notre lien avec le monde et notre baromètre d'angoisse. Certains ne lèvent même pas les yeux quand j'ouvre la porte.

Je décide de descendre. Trois étages jusqu'au miklat. Le stress et le sport en même temps je me dis que ça doit faire quelque chose de bien à l'organisme. On se raconte ce qu'on peut.

Je m'arrête sur les marches du miklat, juste à l'entrée. Pas à l'intérieur il faut que je reste connectée. Le smartphone capte encore là. C'est mon compromis : un pied dans l'abri, un œil sur l'écran.

Les explosions arrivent.

Impressionnantes. Le genre qui fait que le corps répond avant la tête  une contraction, une seconde suspendue. Je suis presque certaine que c'est tombé sur Bat Yam. Encore.

C'est là que je remarque l'homme.

Il se tient devant l'ascenseur, porte fermée, intérieur éteint. En panne aujourd'hui. Il regarde la porte comme si elle allait changer d'avis, puis se tourne vers moi.

— Comment on fait pour monter au cinquième ?

Je le regarde. Un battement. Et je lui montre les escaliers le geste le plus sobre que j'aie fait de la journée.

— Je me suis fait opérer du genou il y a cinq mois, dit-il. C'est compliqué.

— Pas le choix.

Je le dis sans méchanceté. C'est juste vrai. Pas le choix est devenu la phrase la plus honnête de cet immeuble.

Je remonte la première. Il me suit, lentement, une main sur la rambarde. Au deuxième étage, un voisin qui le connaît le voit arriver et lance, avec ce ton mi-moqueur mi-affectueux qu'ont les gens qui traversent les mêmes choses :

— Super ! Tu fais ta rééducation !

L'homme au genou sourit malgré lui.

— Pas le choix.

Il arrivera au cinquième. Mais je ne suis pas certaine qu'il redescende à la prochaine alerte. Et personne ne lui en voudra.

Dans cet immeuble, pas de pièce sécurisée individuelle. Pas de mamad chez soi, ce luxe des constructions récentes. Ici, il y a les cages d'escalier et le miklat plusieurs étages plus bas. C'est tout.

Alors les personnes âgées ne descendent pas. Elles ne peuvent pas même quand l'ascenseur fonctionne, même quand les jambes suivent encore à peu près. L'aller-retour est trop. Alors elles se postent dans la cage d'escalier, dos au mur porteur, parce qu'on leur a dit que les murs porteurs résistent.

Je les regarde et je ne dis rien.

Parce que pour avoir vu des images d'immeubles soufflés, je n'ai honnêtement jamais remarqué que les escaliers étaient restés debout, eux. Ce que je sais, c'est qu'un missile ne fait pas dans le détail. Que tout s'effondre. Que les vieux bâtiments  ceux qui font le charme de cette ville, ces façades fatiguées et belles de Bat Yam tombent d'un seul coup, sans négocier.

Mais voilà. Il y a ce qu'on sait et ce qu'on peut faire avec ce qu'on a.

Et ce qu'on a, c'est un mur porteur et des Téhilim.

Le missile est finalement tombé à l'embranchement du périphérique à la sortie de Bat-Yam

Gad Cittanova : “Be Ezrat Hachem”, la chanson qui inspire foi, courage et espoir -vidéo-

Gad Cittanova : “Be Ezrat Hachem”, la chanson qui inspire foi, courage et espoir -vidéo-

Gad Cittanova : la voix d’une génération en quête de sens

Artiste canadien installé à Tel Aviv, Gad Cittanova est l’une des voix émergentes les plus sincères de la scène musicale inspirée aujourd’hui.
Sa musique ne se contente pas d’être belle : elle porte une histoire, une quête intérieure, une réponse artistique aux questions que beaucoup se posent dans leur vie quotidienne.

Ce qui distingue Gad, c’est cette capacité rare à allier foi profonde, émotions vraies et esthétique moderne. Il chante en anglais et en français, sans barrières linguistiques mais avec une cohérence d’âme : il parle au cœur, pas seulement aux oreilles. 

“Be Ezrat Hachem” : une prière qui résonne

Sorti en février 2026, Be Ezrat Hachem—ou Bezrat Achem dans sa version française—est plus qu’un single : c’est une déclaration d’intention. Gad y transforme le tumulte de la ville, les chemins obscurs de l’existence et les défis de l’existence en un chant de foi, de persévérance et de lumière. 

Le texte de la chanson traverse deux mondes : celui de la réalité urbaine, avec ses néons et ses doutes, et celui de l’aspiration spirituelle, où chaque pas devient un acte de foi.

“Je marche seul sous les néons J’ai appris que la force, c’est d’avoir la foi.”

Ces lignes ne sont pas des paroles écrites pour une chanson, mais le reflet d’un cheminement vécu. Elles parlent à ceux qui ont déjà douté, trébuché, cherché une direction dans le bruit, et décidé pourtant d’avancer. La répétition du mot “Bezrat Achem” au refrain est une invitation : regarde vers le haut, avance malgré la peur, confie chaque pas à Dieu.

Authenticité et proximité : l’ADN de Gad

Gad n’est pas un artiste qui crée des façades. Sa démarche artistique repose sur une authenticité brute et un désir profond de partager ce qui fait vibrer, ce qui touche, ce qui relie. Dans un monde saturé de productions superficielles, il offre une musique où chacun peut se reconnaître : dans la quête d’authenticité, dans le besoin de paix intérieure, dans la lutte contre les illusions de succès faciles. 

Son univers musical oscille entre mélodies touchantes et production urbaine moderne, avec une attention particulière portée à la profondeur des textes. Ce mélange fait de chaque morceau un moment de vie, et non un simple divertissement.

Une musique enracinée dans l’expérience, tournée vers demain

Gad s’inscrit dans une nouvelle génération d’artistes indépendants qui utilisent pleinement les outils numériques pour diffuser leur art et bâtir une relation réelle avec leur public. Il ne cherche pas à être une star inaccessible : il veut être une voix, une présence, un écho de ce que vivent ses auditeurs. 

Après Be Ezrat Hachem, son prochain titre, “Out of the Dark”, inspiré de la parasha Bo (Exode), est attendu pour début juin : une nouvelle étape dans un parcours déjà marqué par une volonté de faire parler les textes sacrés, les luttes humaines et les espoirs partagés.

Pourquoi écouter Gad Cittanova maintenant ?

Parce que dans une époque où tout va vite, son art ralentit : il écoute, sent, partage. Parce que sa musique ne te demande pas seulement d’être spectateur, mais de te trouver toi-même dans les paroles. Et surtout, parce que Bezrat Achem n’est pas un titre parmi tant d’autres : c’est une vibration d’espérance, une ode à la foi en l’avenir quand tout semble s’effondrer.

3/ Voici les paroles en francais :
Couplet 1
Je marche seul sous les néons, capuche sur la tête,
La ville parle fort mais mon âme cherche le vrai.
Entre le béton froid et les prières discrètes,
Je demande au ciel si ma route est tracée.
J’ai vu des frères tomber pour des rêves trop courts,
Moi je veux viser plus haut, même si ça prend des tours.
Pré-refrain
J’ai appris que la force, c’est d’avoir la foi.
Je parle à Dieu dans le bruit de la ville.
Refrain
Je veux trouver ma voie, même quand j’ai peur, Bezrat Achem
Transformer mes larmes en force intérieure, Bezrat Achem
Rester moi-même dans ce monde qui m’entraîne, Bezrat Achem
Croire en demain quand plus rien ne m’appelle, Bezrat Achem
Couplet 2
On m’a dit “le succès, c’est l’or et la fame”,
Mais j’ai vu des riches perdre le feu dans l’âme.
Moi je veux une paix que l’argent n’achète pas,
Une voix intérieure qui me dit “avance, crois”.
Entre les tentations et les regards lourds,
Je garde une prière gravée pour les jours sombres.
Pont
Si tout s’effondre, j'élève les yeux,
Même dans le chaos, je ne suis jamais seul.
Refrain
Je cherche la lumière au fond de la nuit, Bezrat Achem
Même quand le monde m’oublie, je continue, Bezrat Achem
Chaque pas que je fais, je le confie au ciel, Bezrat Achem
Je veux rester pur dans un décor cruel, Bezrat Achem
Outro
Si je tombe aujourd’hui, je me relève demain, Bezrat Achem
Ma vie a un sens, j’avance avec la main divine, Bezrat Achem

 

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Iran : Le refus d'un accord et l'équation impossible - ce qui se prépare vraiment

Iran : Le refus d'un accord et l'équation impossible - ce qui se prépare vraiment

Iran — Le refus d'un accord et l'équation impossible : ce qui se prépare vraiment

Une guerre sans victoire déclarée, à l'heure de tous les dangers

26 mars 2026 — Analyse

Le contexte : une guerre lancée en pleine négociation

Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes aériennes surprise sur de multiples sites à travers l'Iran, tuant le Guide suprême Ali Khamenei et plusieurs hauts responsables iraniens.

La décision a pris le monde de court : les négociations indirectes étaient encore en cours. La guerre a eu un coût élevé : elle a fait tournoyer les marchés de l'énergie et des actions, perturbé le transport maritime et causé des pertes humaines à travers tout le Moyen-Orient.

Quatre semaines plus tard, aucun objectif de guerre n'est clairement atteint, aucun accord n'est signé, et le monde retient son souffle.

L'ultimatum américain et le refus iranien

Washington a transmis à Téhéran, via le Pakistan, un plan de paix en 15 points exigeant le démantèlement du programme nucléaire iranien, des restrictions sur ses missiles, et la fin de son soutien aux groupes armés régionaux.

Les conditions détaillées par Channel 12 incluent notamment le démantèlement des installations nucléaires de Natanz, Ispahan et Fordow, une interdiction permanente d'enrichissement d'uranium sur le sol iranien, la remise des stocks enrichis à l'AIEA, et des limites sur la portée et le nombre des missiles iraniens.

La réponse iranienne ? Un rejet cinglant. Téhéran a nié avoir tenu des pourparlers avec Washington. Le porte-parole des forces armées iraniennes a raillé les États-Unis pour avoir "négocié avec eux-mêmes."

L'Iran a formulé à son tour cinq contre-conditions : cessation de l'agression, garanties contre toute récidive, indemnisation des dommages de guerre, et fin du conflit sur tous les fronts, y compris contre les groupes de résistance comprendre groupes terroristes, comme le Hamas.

La Maison-Blanche a répondu par un avertissement sans équivoque : "Le président Trump ne bluffe pas, et il est prêt à déchaîner l'enfer."

Le détroit d'Ormuz : arme de guerre économique

L'ultimatum de Trump visait à mettre fin à l'emprise de Téhéran sur le détroit du Golfe, par lequel transitent un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz naturel liquéfié.

 L'Iran, loin de capituler, brandit cette carte comme levier maximal. La fermeture de fait du détroit par l'Iran a provoqué une flambée des prix du pétrole et une pénurie de gaz de cuisine dans les pays asiatiques.

Trump a repoussé son ultimatum sur la réouverture du détroit au 23 mars, invoquant "de très bonnes et productives conversations" avec l'Iran.
L'Iran a nié avoir mené la moindre négociation avec Trump.

La pause de cinq jours ne signifie pas nécessairement le retrait de l'ultimatum. Elle a cependant suffi à faire monter les marchés boursiers et baisser les prix du pétrole.

L'Iran sans guide : une équation à tête multiple

La mort de Khamenei a déclenché l'élection d'un nouveau guide suprême.
Un Conseil de direction intérimaire a été établi le 1er mars pour exercer les fonctions de chef d'État.
Mais qui décide vraiment ? Des sources iraniennes suggèrent que les Gardiens de la Révolution (CGRI) conservent la main sur les décisions militaires.

L'Iran parle d'une seule voix publiquement — la voix du refus — mais en interne, les pourparlers ont semé la discorde au sein de certains courants ultra-conservateurs, et deux directeurs de médias ont été arrêtés pour leur couverture des négociations.

Selon une analyse publiée le 22 mars, l'Iran de 2026 suit la séquence historique des régimes sur le point de basculer : longue érosion économique, perte de légitimité, colère sociale, et une série de chocs catalytiques. La mort du Guide suprême constituerait l'un de ces chocs décisifs.

Les pays du Golfe : victimes collatérales devenues belligérants potentiels

Les monarchies du Golfe n'ont pas demandé cette guerre. Elles la subissent de plein fouet. Selon le ministère de la Défense des Émirats, l'Iran a tiré 357 missiles balistiques, 1 806 drones et 15 missiles de croisière contre les Émirats arabes unis depuis le début du conflit.

L'infrastructure énergétique régionale est au cœur de la stratégie iranienne. Des frappes en miroir ont visé le complexe d'Asaluyeh en Iran, puis en représailles, des missiles iraniens ont causé "des dommages étendus" à Ras Laffan, le cœur du secteur énergétique qatari.

Des raffineries au Koweït et en Arabie Saoudite ont également été touchées.
Le "scénario cauchemar" identifié par les analystes : des frappes sur les réseaux électriques, les usines de dessalement et les infrastructures énergétiques — sans lesquels les pays du Golfe sont pratiquement inhabitables

L'Arabie Saoudite a accepté de permettre aux forces américaines d'utiliser la base aérienne du roi Fahd, revenant sur sa position initiale selon laquelle son territoire ne serait pas utilisé pour des frappes contre l'Iran.

Ce changement fait suite aux attaques iraniennes contre des infrastructures saoudiennes clés, dont des installations énergétiques et la capitale Riyad.

Washington entre stratégie et imprévisibilité

L'administration Trump a clairement énoncé ses trois lignes rouges : démantèlement des missiles, neutralisation du programme nucléaire, et élimination des menaces contre Israël et les alliés américains. Mais la méthode reste opaque. Trump reporte des ultimatums, puis les reformule. Il parle de paix et maintient des frappes.

Steve Witkoff et Jared Kushner ont confié à Trump qu'il serait "difficile, voire impossible", d'aboutir à un accord avec l'Iran. Après l'échec des pourparlers, Witkoff a accusé l'Iran d'avoir tenté de "forcer la main" de l'équipe américaine, et affirmé que l'insistance iranienne sur l'enrichissement avait bloqué tout accord.

L'enjeu ultime, selon plusieurs sources citées par Iran International, est celui d'un basculement de régime — une "fenêtre d'opportunité" que Washington estime unique et éphémère.

Ce que les points suspendus révèlent

Plusieurs questions fondamentales restent sans réponse et conditionnent l'issue du conflit :

Qui parle au nom de l'Iran ? Le Conseil intérimaire, les Gardiens de la Révolution, ou les deux en même temps avec des agendas divergents ?

Jusqu'où ira Trump ? La pause sur les frappes des centrales électriques expire en fin de semaine. Le conflit a déjà tué plus de 2 000 personnes, ébranlé l'économie mondiale, fait bondir les prix du pétrole et mis en danger certains des couloirs aériens les plus fréquentés du monde.

Les pays du Golfe vont-ils franchir le pas ? Les analystes soulignent qu'ils se trouvent face à une crise de crédibilité dissuasive : ne pas répondre de manière décisive pourrait encourager de nouvelles frappes et saper la confiance dans leurs systèmes de défense.

Le régime peut-il survivre ? En Iran, la légitimité s'érode depuis des années. Les massacres de janvier 2026, avec plus de 36 500 morts selon des sources classifiées, ont peut-être détruit cette légitimité de façon durable — mais la masse critique pour un effondrement n'est pas encore atteinte.

L'horloge tourne, les inconnues restent entières

Ce conflit n'est pas simplement une guerre entre l'Iran et l'Occident. C'est une compétition de temporalités : Trump veut une victoire rapide et totale. L'Iran joue la montre, espérant que la pression internationale, les marchés, et les élections américaines changeront la donne. Les pays du Golfe cherchent à protéger leur prospérité sans être engloutis. Et Israël, silencieux en apparence, observe le moment où sa sécurité à long terme sera — ou ne sera pas — garantie.

L'équation a trop d'inconnues pour être résolue en quelques jours. Mais chaque heure d'incertitude a un coût que le monde entier paie à la pompe, en bourse, et en vies humaines.

Sources : Al Jazeera, NPR, PBS NewsHour, Iran International, Columbia University Energy Policy, The National, Wikipedia (2026 Iran war)

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Gaza : pendant que le monde regarde ailleurs, le Hamas se réarme et Tsahal prépare la riposte

Gaza : pendant que le monde regarde ailleurs, le Hamas se réarme et Tsahal prépare la riposte

GAZA : LE FRONT QUE L'ON CROIT OUBLIÉ

Iran, Liban, Judée-Samarie… La carte des fronts ne cesse de s'élargir. Pourtant, à Gaza, rien n'est terminé. Le Hamas se reconstitue, Tsahal s'entraîne, et la trêve reste ce qu'elle a toujours été : une parenthèse fragile entre deux rounds.

Une trêve précaire, brisée par qui ?

Le cessez-le-feu signé en octobre 2025, fruit des efforts de l'administration Trump, a permis la libération des derniers otages vivants le 13 octobre et le retour du dernier corps israélien identifié fin janvier 2026. Mais depuis son entrée en vigueur, la trêve n'a jamais tenu fermement.

Les faits sont clairs : l'armée israélienne a frappé « des dizaines de cibles terroristes du Hamas », parmi lesquelles des stocks d'armes et des tunnels, « en réponse à la violation flagrante du cessez-le-feu »
Tsahal a diffusé des images montrant des combattants palestiniens s'approchant des forces israéliennes à Beit Lahia, dans le nord de Gaza, éliminés lors d'une frappe. Un responsable israélien accuse également le Hamas d'avoir tiré sur des troupes à Rafah.

Le ministre de la Défense israélien Israël Katz a été sans ambiguïté : le Hamas paierait « un lourd tribut » pour « chaque tir » visant les soldats israéliens et « chaque violation du cessez-le-feu ».

Du côté américain, le vice-président J.D. Vance a résumé la logique en une phrase : « Le Hamas va tirer sur Israël. Israël va devoir répondre. »

Le Hamas se reconstitue — Tsahal surveille

C'est le signal d'alarme le plus concret de ces dernières semaines. Tsahal a annoncé avoir mené une frappe aérienne dans le centre de la bande de Gaza contre plusieurs terroristes armés de l'unité d'élite Nukhba du Hamas alors qu'ils participaient à un exercice militaire.

Selon l'armée israélienne, ces terroristes avaient récemment mené plusieurs entraînements dans la zone et représentaient une menace directe pour les forces israéliennes ainsi que pour l'État d'Israël.

Pour l'analyste Matthias Inbar, le constat est sans détour : « selon plusieurs sources, ces entraînements visent à réformer les compagnies et les bataillons du Hamas en vue d'une nouvelle opération élargie. »

Ce phénomène de résurrection n'est pas nouveau — il est structurel. Depuis le début de la guerre, l'armée israélienne est entrée dans certaines parties de la bande de Gaza pour démanteler les bataillons locaux du Hamas, avant de recevoir l'ordre de quitter ces zones.

Le Hamas a alors pu reformer ses bataillons, reprendre le contrôle de ces régions et y installer des pièges en prévision de la prochaine intervention de Tsahal.

Un cycle que les commandants israéliens décrivent eux-mêmes comme inévitable, tant que l'objectif du démantèlement définitif n'est pas atteint.

La Division Gaza s'entraîne pour le prochain round

Face à cette menace persistante, Tsahal ne baisse pas la garde. Parallèlement aux opérations courantes, les forces de la Division Gaza (143), sous la direction du Commandement Sud et du Centre national d'entraînement terrestre, ont mené le plus grand exercice interarmées depuis octobre 2023. Différents scénarios y ont été pratiqués : attaque ennemie combinée, gestion d'un incident avec de nombreuses victimes, prévention d'une attaque contre un poste en zone de ligne jaune.

Ces scénarios ont été construits directement sur les conclusions tirées du 7 octobre. L'objectif affiché est d'entraîner la division à la transition défense-attaque, à la gestion d'événements complexes simultanés, et à renforcer la coopération interarmes.

En parallèle, Tsahal procède à des changements structurels profonds, tirant les leçons du conflit : réactivation de brigades blindées, création de nouveaux bataillons du génie, extension du réseau de défense anti-aérienne, et formation d'une nouvelle unité de drones d'attaque.

La phase deux dans l'impasse

Sur le plan diplomatique, la « phase deux » du cessez-le-feu, invoquée par l'administration américaine comme passage décisif de l'urgence à la reconstruction, reste pour l'instant à l'état de promesse conditionnelle.

Son pivot central — le désarmement du Hamas — se heurte à une réalité : un mouvement qui continue de s'armer et de s'entraîner n'a visiblement pas l'intention de se soumettre à cette exigence.

La population civile, prise en étau

Sur le plan humanitaire, les chiffres restent préoccupants. L'état de famine à Gaza, officiellement déclaré depuis l'été 2024, a été levé en décembre 2025. Cependant, la population reste confrontée à une insécurité alimentaire aiguë, et sans une augmentation soutenue et à grande échelle de l'aide, Gaza pourrait retomber dans la famine d'ici 2026, prévient l'ONU.

Cette réalité doit être rappelée avec précision : c'est bien le Hamas, en utilisant la population comme bouclier humain depuis le 7 octobre 2023, qui porte la responsabilité première des souffrances civiles dans l'enclave.

Gaza n'est pas un front oublié. C'est un front en suspens. Tant que le Hamas existera en tant que force armée organisée, capable de reconstituer ses bataillons et de reprendre ses entraînements dès que la pression se relâche, la question n'est pas de savoir si la guerre reprendra — mais quand, et sous quelle forme. Tsahal, lui, a tiré ses leçons du 7 octobre. Ses exercices le prouvent.

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BA MIKLAT – BAT-YAM — Épisode 2

BA MIKLAT – BAT-YAM — Épisode 2

BA MIKLAT – BAT-YAM — Épisode 2

7h17. Sortie dans les escaliers.

J’étais déjà réveillée. L’alerte ne m’a donc pas dérangée. Encore quelques minutes avant l’alarme — cette alarme, en soi terrifiante, qui signifie que le danger est imminent.

Je n’ai pas envie de descendre au miklat, trois étages en dessous. Je reste donc sur le palier avec d’autres voisins.

Le couple d’hier semble décidé à descendre. Puis non. Ils s’arrêtent à quelques marches et s’assoient, en attendant le fameux “boum”… ou pas.

Finalement, aucune chute sur Bat Yam. Pas de boum. On rentre chacun chez soi.

7h27 Quelques minutes plus tard, à nouveau alerte. Et alarme. Là, je sens que les choses risquent de changer.

Je décide de descendre les trois étages, quatre à quatre, mue par une intuition. Un jeune couple, avec son fameux sac à dos, court aussi.

Je rencontre d’autres voisins. D’autres compagnons de ces trois semaines de guerre.

Riki, avec son café à la main, assise dans les marches d’escalier, à peine réveillée, me salue :

— “Boker tov.”

— “Boker tov.”

Sarah, celle qui faisait Rishon Letsion–Yaffo tous les matins depuis des décennies, sur la plage. Une vraie marcheuse.

Elle me dit :

— “Alors, où étais-tu ? Je ne te vois plus.”

Je souris.

— “Non, je suis restée en haut.”

Et puis Ahouva. Responsable du vaad, cette sorte de coopérative de l’immeuble. Encore très belle pour ses 80 ans.

Elle ne descend jamais au miklat. Son mari est impotent. Elle reste juste sur le seuil de sa porte — par solidarité, comme un signe : je suis encore en vie.

Sa fille est revenue vivre chez elle. Mariée, trois enfants. Mais une tumeur au cerveau, phase 4, lui a donné l’envie d’être auprès de ses parents.

Ahouva est incroyable. Elle a 80 ans. Elle est vaillante. Elle s’occupe de son mari avec un travailleur thaïlandais qui, lui non plus, ne descend pas au miklat — il reste sur le palier.

Elle a sa fille atteinte d’un cancer en phase 4.

Elle ne se plaint pas. Ne pleure pas. En tout cas, jamais devant nous. Elle fait ses courses en bas, seule, incroyablement dynamique.

Je comprends que ce ne sont pas les événements qui arrêtent une personne, mais la façon dont elle les accepte.

Elle a parfaitement compris que, dans les deux cas, elle ne pouvait rien faire. Alors elle accepte. Et continue ce qu’elle a à faire. Pour le mieux.

Arrivés au miklat, je reste un peu en retrait pour rester connectée à mon smartphone.

J’attends le fameux boum.

Mais comme la fois précédente, rien.

Alors je remonte à pied les trois étages, histoire de faire un minimum de sport de bon matin.

Chacun est déjà rentré chez soi. En silence. Sans bruit.

Et notre routine reprend. Jusqu’à la prochaine alerte.

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L’épidémie silencieuse : les suicides chez les soldats de Tsahal

L’épidémie silencieuse : les suicides chez les soldats de Tsahal

L’épidémie silencieuse : les suicides chez les soldats de Tsahal

Bat Yam, 24 mars 2026. Hier matin, au milieu d’une alerte aux missiles, des hurlements déchirants ont retenti dans la rue. Une mère, entourée de soldats et de secouristes, refusait de sortir du taxi. Ses cris de douleur brute exprimaient l’insoutenable : son fils de 23 ans, réserviste rentré du Liban, s’était suicidé dans le miklat (abri anti-roquettes) de son immeuble.
Les résidents l’ont découvert sans vie en descendant lors de la sirène. Ce drame illustre avec une cruauté implacable la crise qui frappe Tsahal.

Depuis le 7 octobre 2023, les suicides chez les soldats ont explosé. Selon le rapport du Knesset (octobre 2025) et les données de l’IDF Medical Corps, 279 tentatives de suicide ont été enregistrées entre janvier 2024 et juillet 2025.
Pour chaque suicide abouti, sept tentatives. En 2025, 22 soldats se sont donné la mort – le chiffre le plus élevé en 15 ans.
En 2024 : 21 ; en 2023 : 17 (dont 7 après le 7 octobre). Au total, depuis 2017, 124 suicides. En 2024, 78 % des victimes étaient des soldats de combat, contre 42-45 % auparavant.

Depuis le 7 octobre 2023, au moins 70 à 76 soldats de Tsahal en service actif se sont suicidés, selon les données croisées du Knesset, de l’IDF et des médias israéliens.

Ces chiffres ne concernent que les militaires encore en service au moment des faits et ne prennent pas en compte les vétérans déjà libérés, dont le nombre réel reste plus difficile à établir.

Les réservistes sont particulièrement touchés : neuf des 22 suicides de 2025 concernaient des réservistes. Le jeune homme de Bat Yam n’était pas connu des services de réhabilitation du ministère de la Défense et ne suivait aucun traitement.

Deux blessures invisibles

Les experts identifient le PTSD classique (peur persistante de la mort, flash-back d’horreurs, pertes de camarades) et la blessure morale : la culpabilité écrasante d’avoir blessé ou tué accidentellement des civils en une fraction de seconde.
Ces traumas ont augmenté de 40 % depuis 2023. Sur les 22 300 soldats traités pour blessures de guerre, 58-60 % présentent des troubles post-traumatiques. Le ministère prévoit une hausse de 180 % d’ici 2028.

Une prise en charge débordée

L’IDF a recruté plus de 1 000 officiers de santé mentale supplémentaires et créé le Centre national Peima. Des débriefings immédiats et des formations existent. Pourtant, en février 2026, le ministère a reconnu : un seul thérapeute pour 850 vétérans atteints de PTSD.

Délais de plusieurs mois, bureaucratie lourde, stigma persistant. Seuls 17 % des soldats suicidés avaient consulté récemment. Les « blessures invisibles » surgissent souvent après la libération, quand le soutien de l’unité disparaît.

Pourquoi certains résistent, d’autres pas ?

La résilience repose sur le soutien de l’unité, un fort « sens de cohérence » (la vie reste gérable et porteuse de sens) et une intervention rapide. La culture israélienne d’endurance aide historiquement. À l’inverse, le trauma non traité, la solitude post-service et la durée inédite des mobilisations font craquer même les plus solides.

Ce drame de Bat Yam n’est pas une exception. Il pose une question urgente à la société israélienne : comment honorer la dette envers ceux que l’on envoie au combat ? Des propositions parlementaires visent une reconnaissance plus rapide des suicides liés au service, mais le temps presse.

Les soldats de Tsahal paient déjà un lourd tribut. Ils ne doivent pas le payer une seconde fois dans le silence.

Sources : Jerusalem Post (24 mars 2026), rapport Knesset (octobre 2025), données IDF, Haaretz, Times of Israel.

BA MIKLAT B BAT-YAM — Épisode 1

BA MIKLAT B BAT-YAM — Épisode 1

BA MIKLAT – BAT-YAM — Épisode 1

Ce matin, deux alertes. Une seule alarme.

Je sors de mon appartement. Les escaliers. Encore.

Depuis le 28 février, c’est comme ça — presque trois fois par jour, je croise les mêmes visages dans la même cage d’escalier, avec la même question suspendue dans l’air qu’on ne pose pas vraiment : jusqu’à quand ?

Il habite l’appartement du milieu, sur notre palier. Je ne connais pas encore son prénom.

Grand, maigre, toujours impeccable chemise propre, pantalon bien tenu, une certaine classe malgré son âge mais les pieds en chaussettes. Juste les chaussettes. Chaque fois.

Comme si l’alerte ne méritait pas qu’on aille jusqu’au bout de l’effort de s’habiller. Sa façon à lui, peut-être, de dire : je descends, mais je ne me donne pas entièrement raison.

Sa femme est à son côté. Elle, c’est l’inverse. Elle a pris le temps. Bien coiffée, un serre-tête posé avec soin sur des cheveux arrangés, une petite élégance qu’elle n’a pas abandonnée malgré tout. Dans la cage d’escalier, à six heures du matin, avec les sirènes qui s’éloignent, elle a l’air de quelqu’un qui a décidé que la dignité n’était pas négociable. On pourrait dire les deux.

Et puis il me regarde et lance, comme ça, sans préambule :

— Vous êtes propriétaire ?

— Non. Et vous ?

— Nous non plus. Plus maintenant.

Et il parle. Bat Yam. Les immeubles effondrés en juin 2025 sous les missiles iraniens, c'était un des siens !

Ils étaient propriétaires. Ils sont descendus au miklat, comme on fait, comme on leur avait dit de faire. L’alerte s’est terminée. Ils sont remontés.

C’est là que le bâtiment s’est effondré.

Il dit ça avec une voix égale. Ni théâtrale ni brisée, juste posée, comme quelqu’un qui a raconté cette histoire suffisamment de fois pour ne plus savoir comment la ressentir.

Son appartement ? Englouti. Aucun remboursement à ce jour. L’État lui paie sa location, c’est tout. Ce qu’il avait construit, économisé, habité pendant des années, disparu sous les gravats.
Et en échange : un virement mensuel pour un appartement qui n’est pas le sien, dans un quartier qui n’est pas le sien, dans des escaliers où il descend en chaussettes parce que, de toute façon, qu’est-ce que ça change.

Il ne se plaint pas. C’est ce qui est le plus difficile à regarder en face.

Ma voisine de droite est déjà là, appuyée contre le mur porteur de la cage d’escalier, son livre de Téhilim ouvert entre les mains. Elle ne descend pas au miklat. Elle prie ici, dos au mur, comme si le béton armé pouvait conduire quelque chose vers le ciel ou arrêter quelque chose qui en descend.

— Le miklat ne protège de rien, me dit-elle sans lever les yeux. Il y a eu beaucoup de victimes dans les abris aussi. C’est comme la ceinture de sécurité dans la voiture : la plupart des morts dans un accident ne l’avaient pas mise, mais certains meurent justement parce qu’ils l’avaient mise. Alors…

Je ne réponds pas.

Je pense aux tours autour de nous. Certaines font plus de cent mètres. Une seule, touchée, suffirait à emporter tous les vieux immeubles de la rue. Le nôtre avec. Le miklat, dans ce cas-là, ne changerait probablement pas grand-chose de toute façon.

Même si le miklat comporte des ouvertures pour pouvoir sortir de l’abri sans repasser par l’immeuble en cas d’effondrement, il est peu probable qu’on y arrive. Personne ne referme la porte en métal pourtant prévue à cet effet. Les gravats nous engloutiraient en quelques minutes.

Elle n’a peut-être pas tort. Ou peut-être qu’elle a juste trouvé la bonne théorie pour rester là avec ses Téhilim et son mur porteur.

Elle lève les yeux.

— Si je n’avais pas mes enfants ici, je serais déjà partie d’ici.

Un silence.

— J’ose même pas les appeler. Mes enfants vivent à Tel-Aviv. Si je tombe sur leur messagerie… je préfère ne pas savoir. C’est mieux qu’ils appellent eux-mêmes.

Et puis, sur un autre ton , celui de quelqu’un qui change de sujet mais ne change pas vraiment de sujet :

— Tu te rends compte, mon fils et ma belle-fille travaillent et ils laissent les enfants tout seuls à la maison !

— Quoi, tout seuls ? Quel âge ils ont ?

— Douze ans, huit ans, et quatre ans.

Je marque une pause. Juste une. Et puis je dis, avec ce que j’espère être juste assez de douceur pour que ça passe :

— Mais… puisque vous êtes là, toi et ton mari, pourquoi tu ne les gardes pas chez vous ?

Elle me regarde. Quelque chose traverse son visage.

— Non, non. Je ne me mêle pas. Ma belle-fille ne veut pas.

Elle replonge dans ses Téhilim. Le mur porteur derrière elle. Les tours dehors. Et trois enfants seuls dans un appartement à Tel-Aviv durant les alertes.

On ne dit plus rien.

Ba miklat. À l’abri.

C’est là qu’on se retrouve. C’est là qu’on apprend à se connaître, entre deux alarmes, dans les escaliers d’un immeuble quelconque, dans une ville qui tient debout pour l’instant.

Ces gens ne sont pas des héros de cinéma. Ils sont mieux que ça : ils sont réels.

Chaque matin, ils sortent de leur appartement, restent parfois dans les escaliers, parfois descendent au miklat, selon leur instinct, selon leur fatigue aussi. Puis ils remontent chez eux. Et reprennent leur routine.

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Pas d'alarmes, pas d'interceptions : ainsi fonctionne l'un des fronts les plus dangereux d'Israël

Pas d'alarmes, pas d'interceptions : ainsi fonctionne l'un des fronts les plus dangereux d'Israël

Dans l’ombre des frappes aériennes et des manœuvres militaires, Israël et l’Iran se livrent une guerre numérique intense et réciproque. Sur le front du cyberespace, chaque intrusion, chaque piratage ou sabotage est à la fois une attaque et une riposte, ciblant infrastructures critiques, systèmes civils et réseaux militaires.
Israël ne se contente pas de se défendre : il frappe, perturbe et contre-attaque, tandis que l’Iran et ses groupes affiliés répondent avec leurs propres assauts numériques.

Cette bataille invisible, mais stratégique, révèle l’ampleur d’un conflit où les lignes entre offensives et ripostes s’effacent, faisant du cyberespace le théâtre d’une confrontation tout aussi vitale que les champs de bataille traditionnels.

Sans sirènes ni interceptions : la guerre silencieuse menée dans le cyberespace israélien

Alors que les combats conventionnels se poursuivent dans le cadre de l’opération militaire “Shagot Arieh” contre l’Iran, un autre front, discret mais tout aussi dangereux, se déroule dans le cyberespace israélien.
Ce n’est pas une théorie : c’est la photographie alarmante dressée par Yossi Karadi, chef du National Cyber Directorate d’Israël, lors d’une conférence de presse récente. 

Une menace numérique en plein essor

Selon Karadi, Israël est aujourd’hui la troisième nation la plus attaquée au monde sur le plan cybernétique et la montée des attaques est très nette depuis le début des hostilités.
Ces agressions ne sont pas des intrusions isolées ou aléatoires : il s’agit de frappes coordonnées visant à perturber, détruire ou contrôler des infrastructures sensibles. 

Dans plusieurs cas récents, des attaques mondiales ont secoué la cybersécurité internationale, comme une opération de rançongiciel contre le constructeur automobile Jaguar Land Rover qui a causé des pertes estimées à plus de 3 milliards de livres sterling, dépassant même certaines attaques historiques contre des infrastructures américaines. 

Les cibles touchées : des aéroports aux systèmes de santé

Les données de 2025 révèlent un schéma d’agressions qui dépasse les frontières :

Trois grands aéroports européens, dont Heathrow à Londres et l’aéroport de Bruxelles, ont été la cible d’actions malveillantes visant à perturber leur fonctionnement.

Dans le domaine sanitaire, près de 3 000 appareils de dialyse ont été attaqués. Parallèlement, les autorités israéliennes affirment constater des tentatives similaires contre les systèmes hospitaliers du pays lui‑même. 

Ce type d’attaques illustre la nouvelle réalité : les cyberattaques ne visent plus seulement les bases militaires ou les serveurs gouvernementaux, elles visent aussi des infrastructures civiles critiques avec des conséquences potentiellement déstabilisantes. 

L’Iran au centre de l’offensive cyber

Au cœur de cette guerre numérique se trouvent des groupes liés à l’Iran. Plus de 20 structures organisées de hackers sont identifiées par les autorités israéliennes comme étant directement impliquées dans des campagnes offensives. La plus connue d’entre elles est le groupe dit “Handala”, souvent associé au Ministère du renseignement iranien. 

Ces cellules ne se contentent pas de simples intrusions techniques. Elles exploitent aussi des failles élémentaires de sécurité : l’une des vulnérabilités les plus inquiétantes demeure la facilité avec laquelle des caméras de surveillance non protégées peuvent être prises pour cibles. Ces dispositifs, omniprésents dans les espaces publics et privés, sont utilisés par les attaquants comme sources d’espionnage ou points d’entrée vers des réseaux plus vastes. 

Un appel à la législation : le besoin d’un cadre cybernational

Face à cette intensification, Karadi a mis en avant un impératif : l’adoption urgente d’une législation structurée sur la cybersécurité. Selon lui, l’absence de normes contraignantes de protection et d’obligation de notification place à la fois les organisations et les citoyens dans une posture de vulnérabilité permanente. 

Il ne s’agit plus d’un débat théorique : sans cadre légal clair, les attaques futures — qu’elles soient économiques, sociales, sanitaires ou même psychologiques — pourraient avoir un impact encore plus profond sur la résilience nationale et la sécurité de l’État et de ses citoyens. 

Ce qu’il faut retenir :

La guerre contre l’Iran se mène aussi dans le cyberespace, de façon constante et agressive. 

Israël est aujourd’hui parmi les pays les plus attaqués au monde. 

Les attaques prennent pour cibles des infrastructures critiques, des systèmes de santé et des réseaux civils. 

L’absence de régulation contraignante en cybersécurité est jugée une faiblesse stratégique majeure par les autorités.

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