Amsterdam : "Je ne vends pas aux Israéliens, dégagez de ma boutique."

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Amsterdam : Un vendeur tunisien chasse un couple israélien et son bébé de son stand

« J'étais fatigué et sous pression » : le vendeur qui a chassé une famille israélienne tente de se justifier

Deux jours après que la comédienne et mannequin Mi-Ran Menkes a relaté sur les réseaux sociaux un incident troublant vécu à Amsterdam, le propriétaire du stand de nourriture a publié une vidéo de justification. Entre excuses de façade et réécriture des faits, sa version ne convainc personne surtout pas la principale intéressée.

Une belle journée qui tourne au cauchemar

Mi-Ran et son mari Assaf avaient décidé de consacrer les deux derniers jours de leur voyage en Hollande à Amsterdam, après une excursion réussie dans le nord du pays.
À peine sortis du parking d'une agence de location de voitures, ils repèrent un stand de boissons et de shakes et s'y arrêtent spontanément.
Le début de l'échange est chaleureux, presque amical.
« Après qu'il a pris notre commande, il a demandé : "Vous êtes d'Espagne ?"
Nous lui avons répondu que nous étions d'Israël, et à cet instant précis, son regard a changé. Un regard de haine comme je n'en avais jamais vu de ma vie », raconte Mi-Ran dans son témoignage publié sur mako.

Ce qui suit est brutal et immédiat. Le vendeur, qui s'est présenté comme tunisien, se met à les insulter sans discontinuer. « Il a crié :"Je ne vends pas aux Israéliens, dégagez de ma boutique." Il a ajouté :
"Vous bombardez partout, en Iran, au Liban, vous n'avez pas votre place ici." »
Mi-Ran précise qu'elle n'est pas venue chercher une dispute politique, mais qu'elle n'a même pas eu le loisir d'en engager une :

« Nous avons des opinions politiques comme tout être humain, et nous serions très heureux d'avoir un débat digne avec quelqu'un qui ne partage pas nos vues. Je crois qu'on n'est pas obligé d'être d'accord sur tout mais au bout du compte, nous sommes des êtres humains. »

Le couple, accompagné de leur bébé de dix-huit mois, a donc été expulsé du stand sous les insultes.

La vidéo de la discorde : excuses ou manœuvre de communication ?

Après la publication du témoignage de Mi-Ran, le vendeur a fait face à une vague de critiques virulentes, notamment de la part d'Israéliens vivant à Amsterdam et de touristes.
Il a alors diffusé une vidéo dans laquelle il tente de maîtriser les dégâts.
Son explication : « J'ai eu une journée de travail chargée, avec énormément de clients, un événement privé et des livraisons en même temps. »
La conclusion de sa plaidoirie personnelle résume son interprétation des événements avec une désinvolture saisissante :
« Je les ai mis dehors parce qu'ils étaient insolents. » Pas un mot sur ses diatribes politiques contre Israël, sur Gaza, sur la guerre. Comme si cette partie du récit n'avait tout simplement pas eu lieu.

Il conclut néanmoins sur un ton conciliant : « Je n'ai absolument rien contre Israël et je m'excuse pour ce qui s'est passé. J'étais juste sous pression et fatigué. Tout le monde est le bienvenu chez moi. »

Mi-Ran ne lâche pas : « Nous n'achetons pas ses excuses »

La réaction de Mi-Ran Menkes à cette vidéo est sans ambiguïté. Elle y voit d'abord la confirmation que l'incident a eu un retentissement réel :
« Nous sommes contents qu'il ait publié cette vidéo. Il est clair qu'il est perturbé par le bruit que ses actions ignobles ont provoqué. » Mais elle refuse catégoriquement d'accepter la version révisée des faits :
« Comme c'est facile d'intimider un couple avec un bébé, et comme c'est difficile d'affronter le tumulte public. Nous n'achetons évidemment pas ses excuses, d'autant qu'elles décrivent une histoire totalement différente de ce qui s'est réellement passé. »

Elle termine sur une note de solidarité : « Merci à tous ceux qui ont aidé et partagé. Nous sommes forts ensemble, et il ne faut surtout pas l'oublier. »

Un incident révélateur d'un malaise plus large

Ce qui rend cette affaire particulièrement frappante, c'est la mécanique même de l'incident : tout a basculé en une fraction de seconde, dès le mot « Israël » prononcé.
Pas de provocation, pas de discussion, pas de contexte  juste un nom de pays qui déclenche une réaction de rejet viscérale et immédiate.
Mi-Ran le formule avec précision : le regard du vendeur a « changé » instantanément, comme si un interrupteur avait été actionné. C'est cette rapidité, cette absence totale de nuance, qui dit quelque chose d'inquiétant sur la nature de ce type de haine.

La tentative de réhabilitation du vendeur n'a fait qu'aggraver les choses. En réduisant l'incident à une question de fatigue professionnelle et en qualifiant le couple d'« insolent » un terme qui revient à renverser la responsabilité il a non seulement effacé la dimension politique de ses propos, mais aussi confirmé, à sa manière, qu'il assumait son comportement. Une vraie excuse reconnaît les faits tels qu'ils se sont produits. Celle-ci ne le fait pas.

Le voyage continue, la vigilance aussi

Mi-Ran et Assaf ont poursuivi leur séjour à Amsterdam malgré l'incident. Leur témoignage, largement relayé, a déclenché un débat sur la sécurité des voyageurs israéliens en Europe et sur la frontière — souvent floue dans certains discours — entre critique politique légitime et discrimination pure et simple. Une frontière que le vendeur du stand a, ce jour-là, franchie avec une facilité déconcertante.

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