Traquée par des islamistes, exfiltrée en secret par Israël : le destin choc de Jessica Bakr

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Traquée par des islamistes, exfiltrée en secret par Israël : le destin choc de Jessica Bakr

De jeune entrepreneuse prometteuse à prisonnière politique : le sauvetage secret de Jessica Bakr en Turquie

Une opération dans l'ombre

Il y a environ deux mois, une jeune Israélienne de 28 ans était arrêtée en Turquie et placée en résidence surveillée à Istanbul. Aujourd'hui, son identité est révélée pour la première fois : il s'agit de Jessica Bakr, conseillère en communication et gestionnaire de marques internationales, résidant dans la région du centre d'Israël.
Elle a été exfiltrée vers Israël dans le cadre d'une opération discrète, après une pression diplomatique israélienne et américaine au plus haut niveau. Elle a quitté la Turquie via un pays tiers, sous escorte sécuritaire israélienne.

Une chasse à l'homme numérique

Tout commence à la mi-février, lorsque des organisations islamistes turques lancent une campagne coordonnée sur les réseaux sociaux, réclamant l'arrestation de Jessica Bakr.

Le motif invoqué : son service passé dans les Forces de défense israéliennes (Tsahal), qu'elles documentent en publiant des photos et vidéos d'elle en uniforme militaire.

Cette campagne s'inscrit dans un mouvement plus large qui sévit en Turquie depuis qu'Israël a rendu public le nombre de ses soldats détenteurs d'une double nationalité  une information qui a immédiatement alimenté des listes de dénonciation.

Les organisations en question ne s'arrêtent pas là. Elles diffusent les données personnelles de Jessica Bakr, y compris l'adresse du domicile de ses parents à Istanbul, et adressent une plainte officielle aux autorités turques, exigeant qu'elle quitte le territoire.
Quelques semaines plus tard, les autorités turques l'arrêtent, officiellement pour « service dans une armée étrangère ». Le piège s'est refermé sur elle.

Née à Istanbul, israélienne par choix

L'histoire de Jessica Bakr est celle d'une femme aux deux identités. Née à Istanbul, elle choisit, à seulement 17 ans, de faire son aliyah son immigration en Israël seule, sans sa famille.

Elle s'engage dans Tsahal, puis intègre l'université Bar-Ilan où elle bâtit une carrière remarquable. Déjà durant ses études, elle gère des projets pour des marques mondiales et conseille des dirigeants d'entreprises de premier plan, dont un cadre supérieur d'Amazon.

Mais Jessica Bakr, c'est aussi un destin marqué par les liens qui unissent ses deux pays.
Lors du terrible séisme qui frappe la Turquie, le domicile de ses parents est épargné, mais le traumatisme émotionnel est profond.
En réponse à cette catastrophe, elle développe avec une étudiante turque une application d'aide aux victimes de catastrophes naturelles, dont elle conçoit elle-même l'identité visuelle. L'université Bar-Ilan, fière de ce projet, le met en avant et le célèbre publiquement.

Une étoile montante célébrée en Turquie même

L'ironie cruelle de cette affaire tient dans ce contraste saisissant : la jeune femme traquée par des organisations islamistes était, jusqu'à peu, une personnalité valorisée en Turquie.
Elle a été désignée « Jeune entrepreneuse de l'année » par les Gold Moon Awards, une distinction reconnue dans le monde des affaires. En 2024, son visage ornait la couverture du magazine She & Girls, une publication lifestyle et mode populaire éditée en Turquie. Célébrée un jour, pourchassée le lendemain.

Une mobilisation diplomatique au sommet

Dès que les autorités israéliennes ont eu connaissance de son arrestation, la machine diplomatique s'est mise en marche.
Le ministre des Affaires étrangères israélien a exercé une pression intense, impliquant notamment une intervention américaine.
Israël et les États-Unis ont agi de concert pour obtenir sa libération.
L'opération qui s'en est suivie discrète, rapide, coordonnée  a permis à Jessica Bakr de quitter Istanbul et de rentrer en Israël sous protection, en passant par un pays tiers pour éviter tout incident.

Un signal alarmant pour les Israéliens à double nationalité

L'affaire Jessica Bakr n'est pas un incident isolé. Elle révèle une réalité inquiétante pour les dizaines de milliers d'Israéliens qui détiennent une double nationalité avec un pays à forte tension politique.
La publication par Tsahal du nombre de soldats binationaux a fourni une munition aux groupes hostiles, qui s'en servent pour identifier, dénoncer et mettre en danger des civils.

Le cas de Jessica illustre comment une campagne numérique peut, en quelques semaines, basculer dans une arrestation réelle — et rappelle que la menace ne se limite pas aux zones de conflit.

Pour l'heure, Jessica Bakr est rentrée en Israël. On ignore ce qu'elle ressent, ce qu'elle dit, comment elle tente de reconstruire.
Son parcours  de jeune immigrante courageuse à cible d'une chasse aux sorcières numérique, puis à sujet d'un sauvetage diplomatique discret en dit long sur l'antisémitisme dans le monde.

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