Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
Alliance compte aujourd'hui plus de 60 000 articles indexés sur Google, un volume qui reflète trois décennies de production éditoriale continue.

Offre "Visibilité Google" pour les clients

Alliance met à disposition son autorité de domaine, construite sur plus de 60 000 articles indexés depuis 1996, pour offrir à ses clients une visibilité réelle sur Google, et non une simple promesse marketing. Un article publié sur Alliance bénéficie de l'ancienneté du site, de sa régularité de publication et de sa reconnaissance par les moteurs de recherche, des atouts qu'un site neuf ou peu actif ne peut pas reproduire rapidement.

Cette offre s'adresse aux auteurs, institutions ou marques qui cherchent une présence durable dans les résultats Google plutôt qu'une opération ponctuelle sans lendemain.

Les articles de Claudine Douillet

Sulfate de cuivre en Méditerranée : l'expérience secrète et ratée qui a coûte 5 millions de shekels

Sulfate de cuivre en Méditerranée : l'expérience secrète de l'Autorité de l'eau coûte 5 millions de shekels

Dessalement en Israël : 70 tonnes de produits chimiques jetées en mer pour un test raté à 5 millions de shekels

Par Claudine Douillet

L'Autorité israélienne de l'eau a payé 5 millions de shekels pour disperser 70 tonnes de produits chimiques en pleine Méditerranée. Objectif : détruire les micro-algues qui paralysaient les usines de dessalement. Le public n'a pas été prévenu, la pêche a été interdite, et l'expérience n'a rien donné.

L'information n'est pas sortie d'une conférence de presse. Elle figure noir sur blanc dans le rapport des engagements contractuels de l'Autorité de l'eau pour le troisième trimestre 2026, publié sur le site gouvernemental et révélé le 20 octobre par le quotidien économique Calcalist. On y découvre qu'une somme de 5 millions de shekels a été versée à la société BlueGreen pour une opération que personne, ou presque, n'avait vu venir : le déversement massif de substances chimiques au cœur des concentrations d'algues, au large des côtes israéliennes.

Une crise qui a frappé 80 % de l'eau potable du pays

Pour comprendre l'urgence, il faut revenir au mois d'août. Pendant environ un mois, cinq des six grandes usines de dessalement d'Israël, qui fournissent à elles seules près de 80 % de l'eau consommée dans le pays, ont dû tourner au ralenti. La cause : une turbidité exceptionnelle de l'eau de mer, provoquée par une prolifération de micro-algues qui encrassait les installations.

La crise tombait au plus mauvais moment. Les ressources naturelles d'Israël sont elles-mêmes à bout de souffle. Le lac de Tibériade, la nappe phréatique côtière et les puits sont asséchés par une sécheresse prolongée, ou bien appauvris et pollués. Sans dessalement, le pays n'a plus de véritable filet de sécurité.

Face à la menace d'une pénurie durable, l'Autorité de l'eau a pris deux décisions. La première consistait à financer elle-même, pour les usines de dessalement détenues par des opérateurs privés, des membranes coûteuses leur permettant de continuer à fonctionner partiellement, sans regarder au rapport coût-efficacité. La seconde, beaucoup plus contestée, a été de lancer une expérience chimique en mer.

40 tonnes de sulfate de cuivre, 30 tonnes de sulfate d'aluminium

Selon le permis délivré à l'entreprise par le ministère de la Protection de l'environnement, l'opération autorisait le rejet en mer de 40 tonnes de sulfate de cuivre et de 30 tonnes de sulfate d'aluminium, une substance toxique pour le milieu marin. Les produits ont été dispersés directement dans les zones où les algues étaient les plus concentrées, dans l'espoir de les éliminer rapidement.

Aucune information préalable n'a été donnée au public. Ce n'est qu'après coup que le ministère de la Santé a dû interdire la pêche dans les jours suivants, le temps d'évaluer les effets de ces substances sur les poissons de la zone. Pour les pêcheurs comme pour les consommateurs, la nouvelle est tombée sans explication.

Un résultat nul, selon l'Autorité elle-même

Le bilan est sans appel : les algues n'ont pas été détruites. Une photographie prise près de l'usine de dessalement d'Ashkelon montre les nappes d'algues toujours présentes après le traitement.

Interrogée par Calcalist, l'Autorité de l'eau défend sa décision. Elle explique qu'une proposition de solution avait été soumise alors que l'épisode d'algues risquait de dégénérer en crise d'approvisionnement, et que cette proposition avait été examinée par des équipes professionnelles réunissant l'Autorité de l'eau, l'Institut israélien de recherche océanographique et limnologique, ainsi que les ministères de la Santé et de la Protection de l'environnement. Compte tenu de l'ampleur du défi, l'expérience a été menée pour environ 5 millions de shekels. L'Autorité reconnaît que les conclusions n'ont pas été tranchées et précise que l'opération n'a pas été renouvelée.

Le cuivre, un poison qui ne disparaît pas

Les conséquences écologiques restent à mesurer. Le Dr Zvi Steiner, de l'Institut des sciences de la Terre de l'Université hébraïque de Jérusalem, met en garde contre un effet pervers. Le cuivre est toxique pour le zooplancton, ces minuscules organismes qui se nourrissent justement des algues et constituent eux-mêmes une source essentielle de nourriture pour les poissons. En les tuant, on affaiblit le prédateur naturel des algues.

Surtout, le cuivre ne se dégrade pas dans l'eau. Il se dépose au fond avec la matière organique, puis se libère à nouveau dans la mer, dans un cycle qui peut se répéter des centaines de fois. Résultat possible : la solution d'urgence pourrait provoquer exactement ce qu'elle devait empêcher, à savoir de nouvelles proliférations d'algues et des dégâts répétés sur les usines de dessalement. Pire encore, elle pourrait favoriser à terme l'apparition d'algues résistantes au cuivre, capables de proliférer plus longtemps.

Une menace connue, une préparation absente

Les autorités israéliennes ont présenté cette prolifération comme un événement imprévisible. L'argument tient mal. Partout dans le monde, le réchauffement des eaux lié au changement climatique fait des proliférations d'algues l'une des principales menaces pour le dessalement, et leur fréquence augmente. En 2009 déjà, un épisode de ce type avait mis à l'arrêt une série d'usines dans le golfe Persique et à Oman pendant près de neuf mois.

En Israël même, le Contrôleur de l'État avait alerté sur ce scénario. L'avertissement n'a manifestement pas suffi à préparer un plan d'action. Faute d'anticipation, l'État s'est retrouvé à improviser en pleine crise, au prix de 5 millions de shekels et de 70 tonnes de produits chimiques dans la Méditerranée.

Une question de transparence

Au-delà de l'échec technique, cette affaire pose une question de fond. Comment une opération d'une telle ampleur, touchant à la mer, à la pêche et à la santé publique, a-t-elle pu être conduite sans information du public ? Et pourquoi a-t-il fallu attendre un rapport trimestriel pour en connaître le coût ?

Israël a bâti sa réputation mondiale sur la maîtrise de l'eau et l'excellence du dessalement. Ce modèle repose désormais presque entièrement sur cinq ou six installations côtières. L'épisode de l'été 2026 montre à quel point cette dépendance rend le pays vulnérable, et combien une stratégie sérieuse face aux algues devient une priorité nationale.

Source : https://www.calcalist.co.il/local_news/article/bys11i3x3gx

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Hôpital Hadassah ouvre un centre à Chypre et garanties financières russes sans prévenir Israël

Hôpital Hadassah ouvre un centre à Chypre et garanties financières russes sans prévenir Israël

 

Par Claudine Douillet

Le centre médical Hadassah de Jérusalem a inauguré un centre à Limassol, à Chypre, sans en informer les ministères israéliens de la Santé et des Finances, qui le financent et le contrôlent. Révélée par le quotidien économique Calcalist, l'affaire s'étend désormais à Moscou, où Hadassah s'est engagé à couvrir jusqu'à 30 millions de dollars d'indemnisations au profit des dirigeants de son centre russe.

Une inauguration saluée, un volet passé sous silence

Le 15 octobre 2026, Hadassah a officiellement inauguré son nouveau centre médical de Limassol, sur la côte sud de Chypre.  Selon une enquête du journaliste Adrian Filut publiée le 19 octobre par Calcalist, les deux administrations chargées de surveiller la stabilité financière de l'hôpital ont découvert le projet après coup.

Le ministère de la Santé a confirmé au quotidien que le projet chypriote ne lui avait jamais été présenté. Il rappelle que toute nouvelle activité d'un hôpital, surtout hors de son campus, doit faire l'objet d'un examen réglementaire et économique pour vérifier qu'elle ne nuit ni aux soins, ni aux effectifs, ni aux finances de l'établissement. Le ministère des Finances affirme lui aussi n'avoir été ni informé ni consulté.

Un centre ambulatoire, puis deux hôpitaux en projet

Le centre de Limassol, en activité depuis l'été, n'est pas un hôpital général. Il s'agit d'une structure ambulatoire qui propose diagnostics, examens, consultations de spécialistes, rééducation et médecine préventive. Les ambitions vont beaucoup plus loin. Un hôpital de 46 lits est prévu à Nicosie en 2027. Un projet plus vaste, baptisé Hadassah Healthcare Park, est en préparation à Lakatamia, dans la périphérie de la capitale chypriote : un hôpital privé de 156 lits, une institution universitaire de médecine et des logements étudiants. Le ministère chypriote des Finances évalue l'investissement à environ 150 millions d'euros.

Le dossier n'est pas né cette année. Dès novembre 2020, une société chypriote annonçait un accord avec Hadassah Medical Ltd, filiale de l'organisation médicale Hadassah, pour ouvrir un centre à Nicosie et un centre de diagnostic à Limassol sous la marque Hadassah. En juin 2026, une réunion tenue en Israël avec les représentants de l'hôpital, de sa filiale, de l'organisation des femmes Hadassah et des partenaires chypriotes a validé l'ouverture de Limassol. Aucune demande officielle n'a pourtant été adressée aux régulateurs israéliens.

La défense de Hadassah : un partenariat sans argent

L'hôpital, présidé par Dalia Itzik, rejette toute mise en danger de ses finances. « Hadassah n'a pas investi un shekel dans le projet et ne le finance pas », a-t-il répondu à Calcalist. Selon sa direction, le centre est entièrement financé par un groupe d'entrepreneurs chypriotes, Hadassah se limitant à apporter conseil, savoir-faire et standards cliniques. L'établissement souligne aussi que ce type de projet améliore l'image d'Israël à l'étranger, dans une période particulièrement difficile pour le pays sur la scène internationale.

La question, pour l'État, n'est pas seulement celle de l'argent versé. La marque Hadassah, sa réputation mondiale, son expertise et surtout le temps de ses médecins ont une valeur économique. Reste à savoir quelle contrepartie touche l'hôpital public de Jérusalem pour leur utilisation, et qui encaisse les revenus. Interrogé, Hadassah n'a pas détaillé ce mécanisme.

Un hôpital sous perfusion publique

Ces interrogations pèsent lourd au regard de l'histoire financière de Hadassah. En 2014, l'hôpital s'est retrouvé en cessation de paiements avec un déficit cumulé d'environ 1,3 milliard de shekels. Un plan de redressement a suivi, dans lequel l'État s'est engagé à verser près de 1,4 milliard de shekels sur sept ans. La commission Gabai, chargée d'examiner la crise, avait pointé des défaillances de gestion, de la politique salariale et de la médecine privée.

Le précédent de la médecine privée éclaire le débat actuel. En 2013, sur environ 254 millions de shekels de revenus tirés de cette activité, quelque 214 millions, soit 84 %, étaient revenus aux médecins, l'hôpital ne conservant qu'environ 40 millions. En décembre 2025, la direction de Hadassah a encore averti qu'elle risquait de ne pas pouvoir payer les salaires. Les ministères l'ont alors placé sous surveillance financière rapprochée. En 2025, l'hôpital a reçu près de 162 millions de shekels de soutien public. Calcalist a demandé ses rapports financiers à Hadassah et aux deux ministères. Tous ont refusé.

Moscou : 30 millions de dollars de garanties

Deux jours après la première révélation, Calcalist a publié le 21 octobre une lettre adressée au directeur général de Hadassah, le professeur Yoram Weiss. Signée par Neria Stauber, directrice adjointe chargée de la planification et du budget au ministère de la Santé, et par Yoav Hecht, responsable de la santé à la division du budget du ministère des Finances, elle confirme que l'État ignorait tout. Les deux ministères y écrivent avoir appris « par diverses publications votre intention d'ouvrir un centre médical à Chypre ».

Le passage le plus inhabituel concerne la Russie. D'après les rapports financiers 2025 de l'hôpital, Hadassah Israël s'est porté garant d'indemnisations pouvant atteindre 30 millions de dollars au profit des administrateurs et dirigeants de Hadassah Medical Moscow. Ce centre fonctionne depuis 2018 dans le parc technologique de Skolkovo, au sein du réseau de cliniques privées Medscan, dont Rosatom, le conglomérat nucléaire d'État russe, détient la moitié du capital depuis 2023. Les ministères veulent comprendre pourquoi l'hôpital a choisi cette garantie plutôt qu'une assurance externe, qui l'a approuvée et avec quel argent elle serait honorée si elle devait jouer.

Ce que l'État exige désormais

La direction de Hadassah est convoquée à une audition. Elle doit remettre le plan d'affaires complet du projet chypriote, le détail des investissements et engagements, les principaux accords signés avec les financeurs, ainsi que le procès-verbal du conseil d'administration ayant validé les garanties moscovites. Les ministères demandent aussi la structure juridique exacte du projet, la chaîne de propriété reliant Chypre, l'hôpital israélien, sa filiale et l'organisation mondiale Hadassah, ainsi que la répartition des revenus entre les centres.

Ils exigent enfin le nombre de médecins et d'employés israéliens mobilisés, ainsi que l'inventaire des ressources non financières mises à disposition : systèmes informatiques, équipements, temps de direction, réputation et propriété intellectuelle. Une fois les faits établis, Santé et Finances examineront les conséquences juridiques, budgétaires et réglementaires de ces activités hors d'Israël.

Pourquoi les donateurs français sont concernés

Fondé en 1912 par l'organisation des femmes sionistes américaines Hadassah, l'hôpital de Jérusalem, avec ses campus d'Ein Kerem et du mont Scopus, reste l'un des grands symboles de la médecine israélienne. En France, des milliers de familles le soutiennent depuis des décennies par leurs dons. L'affaire ne remet pas en cause la qualité des soins à Jérusalem. Elle pose une question simple, que l'État israélien pose désormais lui-même : à qui profite l'expansion internationale d'un hôpital public financé par l'argent des contribuables et la générosité de la diaspora ?

Sources
https://www.calcalist.co.il/local_news/article/r1xghom3zl

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Shin Bet : un militant anti-Netanyahou convoqué le jour de son mariage pour un message WhatsApp

Shin Bet : un militant anti-Netanyahou convoqué le jour de son mariage pour un message WhatsApp

 

Le Shin Bet a convoqué en urgence un militant anti-gouvernement de Jérusalem le jour même de son mariage. On lui reprochait d'avoir signalé dans un groupe WhatsApp fermé que Benjamin Netanyahou n'était pas chez lui. Le service de sécurité invoque la protection du Premier ministre, le militant parle d'intimidation à cinq jours des élections.

Shin Bet : un militant anti-Netanyahou convoqué le jour de son mariage pour un message WhatsApp

Par Claudine Douillet

Un appel urgent en pleins préparatifs de noces

Jeudi 22 octobre, vers midi, Koren Ofer se préparait à se marier le soir même à Ein Hemed, près de Jérusalem. Ce militant de 35 ans, habitant de Jérusalem, appartient au mouvement « Meshanim Kivoun » (Changer de cap), engagé contre le gouvernement.

Son téléphone a sonné. Au bout du fil, un agent du Shin Bet se présentant sous le nom de « Mark » exigeait de le voir immédiatement. Le militant lui a expliqué qu'il se mariait le soir même. L'agent l'a félicité, mais a maintenu que l'affaire était urgente et qu'il devait se présenter dans la demi-heure.

Ce qui lui était reproché

Environ deux semaines plus tôt, Koren Ofer avait écrit dans un groupe WhatsApp fermé que le Premier ministre ne se trouvait pas à son domicile. Le message visait à informer les militants qui préparaient une manifestation devant la résidence de Benjamin Netanyahou.

Le militant explique avoir déduit cette absence en observant, sur son propre lieu de travail, les préparatifs liés à une visite du Premier ministre. Il en avait alors informé les membres du groupe.

Un entretien d'avertissement au commissariat Harel

Koren Ofer s'est rendu au commissariat Harel, à Jérusalem. L'entretien d'avertissement s'est déroulé en présence de l'officier de renseignement du poste et d'un membre de l'unité de protection des personnalités du Shin Bet.

Selon son récit, le représentant du service lui a reproché d'avoir diffusé en temps réel la localisation du chef du gouvernement. Il s'est dit inquiet que cette information parvienne à des personnes qui voudraient lui nuire, et lui a demandé pourquoi il l'avait publiée.

On lui a aussi précisé que son message ne constituait pas un délit pénal, mais qu'il était interdit de rendre publics les déplacements du Premier ministre.

« Mes principes excluent la violence »

Le militant affirme avoir expliqué à l'agent que son message ne visait en rien à nuire à Benjamin Netanyahou, et que son groupe s'interdit toute violence. À la fin de l'entretien, toujours selon lui, l'agent lui a assuré qu'il le jugeait non dangereux, qu'il transmettrait cette conclusion et que l'affaire était close à ses yeux. Koren Ofer est arrivé à temps pour son mariage.

Une « tentative d'intimidation » selon le militant

Avec le recul, Koren Ofer voit les choses autrement. Il dit avoir compris que l'urgence était artificielle et qu'il n'avait transmis aucune information dangereuse. Pour lui, il s'agissait d'une tentative d'intimidation du Shin Bet. Il estime que l'usage du service de sécurité contre des opposants au gouvernement montre à quel point les élections de mardi sont importantes.

Le Shin Bet n'avait pas réagi à la publication de Haaretz au moment où l'information a été reprise par Zman Israël.

Un contexte de menaces réelles contre les dirigeants

L'affaire tombe dans une période où la sécurité des responsables israéliens est une préoccupation majeure. Le Premier ministre fait l'objet de menaces, notamment liées à l'Iran, et plusieurs chefs de partis d'opposition ont été placés sous la protection du Shin Bet à deux jours du scrutin. Dans ce climat, la diffusion de la localisation d'un dirigeant, même dans un groupe privé, est considérée par les services comme un risque sérieux.

La question soulevée par ce dossier n'est donc pas celle de la protection du Premier ministre, que personne ne conteste. Elle porte sur la méthode : faut-il convoquer en urgence, le jour de son mariage, un militant que l'agent lui-même juge finalement inoffensif ?

Un précédent déjà contesté

Ce n'est pas la première fois que de tels entretiens font polémique. En mars dernier, Haaretz avait déjà révélé que deux militants de « Meshanim Kivoun », interpellés lors d'une manifestation près de la résidence du Premier ministre à Jérusalem, avaient été interrogés par deux agents du Shin Bet avant leur libération.

À deux jours d'élections législatives présentées comme décisives, l'épisode relance le débat sur la frontière entre la mission de protection du Shin Bet et la liberté de manifester.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

Scandale Telegram en Israël : un lycéen de Haïfa aurait bâti un trafic de vidéos intimes dès 14 ans

Scandale Telegram en Israël : un lycéen de Haïfa aurait bâti un trafic de vidéos intimes dès 14 ans

Telegram : un adolescent de 17 ans soupçonné d'avoir vendu des milliers de vidéos intimes de jeunes filles

Par Claudine Douillet

La police israélienne a démantelé un réseau de vente de vidéos intimes de jeunes filles et de femmes sur Telegram. Le chef présumé est un lycéen de 17 ans de la région de Haïfa. Selon les enquêteurs, il aurait lancé ce commerce à l'âge de 14 ans et l'aurait fait prospérer pendant trois ans sans être repéré.

Un adolescent à la tête d'un commerce lucratif

Le suspect, un garçon de 17 ans originaire de la région de Haïfa, a été arrêté. Il est soupçonné d'avoir administré plusieurs groupes Telegram où s'échangeaient des photos et des vidéos intimes de femmes et de mineures, en faisant payer chaque utilisateur plusieurs centaines de shekels pour y accéder. D'après l'unité centrale de la police du district Nord, il aurait ainsi encaissé personnellement plusieurs dizaines de milliers de shekels. Avec les autres suspects, les gains atteindraient plusieurs centaines de milliers de shekels.

Plusieurs de ses amis ont aussi été arrêtés, ainsi que d'autres personnes soupçonnées d'avoir agi avec lui. Pour la police, ils participaient à la gestion d'un véritable réseau. Une grande partie des victimes ignorait totalement que des images d'elles étaient tombées entre les mains des suspects et servaient à leur rapporter de l'argent.

Trois ans d'activité sans être repéré

L'affaire a démarré il y a environ six mois, après un signalement à la police. L'adjudant-chef Orian Bouhbout, enquêtrice principale au service des interrogatoires de l'unité, a raconté à Ynet les étapes de l'enquête. Les policiers ont obtenu des mandats, localisé rapidement le suspect, puis poursuivi une enquête discrète pour réunir les preuves.

Les enquêteurs ont vite compris l'ampleur du système. L'enquêtrice décrit une structure gigantesque, active depuis trois ans, que le suspect avait commencé à faire tourner alors qu'il n'était encore qu'un enfant. Pendant toutes ces années, personne ne l'avait démasqué.

Des milliers de vidéos de jeunes filles dès 12 ans

Pour la police, il s'agit d'une véritable industrie. Le principal suspect aurait réuni des milliers de vidéos de jeunes filles âgées de 12 ans à une vingtaine d'années. Les images venaient de trois sources : des échanges entre membres du réseau, des caméras cachées, et des vidéos sans doute tournées avec l'accord des jeunes filles mais ensuite diffusées de main en main. La police estime que des centaines de jeunes filles et de jeunes femmes ont été victimes de ces agissements.

Un catalogue par catégories et des « promotions »

Le fonctionnement était celui d'une boutique en ligne. Le suspect se faisait connaître dans des dizaines de groupes de clients et proposait ses vidéos classées par catégories : mineures, Israéliennes, caméras cachées. Les acheteurs intéressés le contactaient en privé pour négocier le prix. Une fois payé, il les ajoutait aux groupes qu'il gérait et leur envoyait les contenus.

L'enquêtrice précise que certaines vidéos se vendaient cher, d'autres étaient bradées en « promotion ». Elle estime que des milliers de fillettes, d'adolescentes et de femmes, dont une partie filmées à leur insu, ont été victimes de ces garçons sans scrupules.

Plus de vingt « clients » interrogés

La phase visible de l'opération a eu lieu le 21 octobre. Les enquêteurs du district Nord ont perquisitionné les domiciles de tous les suspects soupçonnés de gérer le réseau. Plus de vingt « clients » ayant acheté les contenus ont été retenus et interrogés sous le régime de l'avertissement.

L'enquête est loin d'être terminée. La police compte interroger d'autres acheteurs et contacter les victimes. Certaines jeunes filles avaient déjà porté plainte pour la diffusion de leurs vidéos, et les policiers promettent d'aller à leur rencontre avec délicatesse pour recueillir leur témoignage.

La défense invoque un « élève sans histoire »

La détention des suspects a été prolongée de quatre jours. Me Wassim Daher, adjoint de la défenseure publique du district Nord, qui représente une partie des suspects, indique qu'ils feront valoir leurs arguments devant le tribunal.

L'avocat du principal suspect, Me Ronen Haliva, présente un tout autre profil. Il le décrit comme un garçon de 17 ans, élève parfaitement normal, issu d'une famille parfaitement normale, et dit vouloir écourter sa détention pour qu'il retourne vite en classe.

Le message de la police aux parents

L'enquêtrice adresse une mise en garde aux familles. Elle demande aux parents d'expliquer aux filles comme aux garçons les dangers d'Internet, et de leur dire qu'il ne faut jamais conserver de vidéo intime, même sur son téléphone personnel, car certains peuvent pirater un portable et en extraire tout le contenu.

Cette affaire rappelle une réalité que connaissent bien les familles, en Israël comme en France. Une image intime, une fois partagée, échappe à celui qui l'a confiée. Elle peut alimenter des réseaux organisés que ni les victimes ni leurs parents n'imaginent. Le réseau démantelé dans le nord d'Israël était dirigé par un mineur, et ses clients étaient pour beaucoup des adolescents.

Source : Ynet, Israël Moshkovitz, 22 octobre 2026 :

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Fraude électorale en Israël : le Likoud prépare ses plaintes contre les bureaux de vote arabes avant le scrutin

Fraude électorale en Israël : le Likoud prépare ses plaintes contre les bureaux de vote arabes avant le scrutin

 

Par Claudine Douillet

Le Likoud prépare des plaintes pour fraude visant les bureaux de vote arabes avant même l'ouverture du scrutin du 27 octobre. Selon une révélation de la journaliste Dafna Liel sur Aroutz 12, le parti de Benjamin Netanyahou passe en revue plusieurs situations susceptibles de fonder des recours, alors que le règlement électoral répond déjà à chacune d'elles.

Une révélation absente de la presse francophone

À deux jours des élections législatives israéliennes, la question de la sincérité du scrutin s'est installée au cœur de la campagne. La presse francophone a largement relayé l'annonce de l'envoi par le Likoud et le parti HaTzionout HaDatit de Bezalel Smotrich de près de 2 000 militants dans des centaines de bureaux de vote situés dans des localités arabes. Les deux formations justifient ce déploiement par des fraudes qui auraient entaché les campagnes précédentes et affirment avoir établi une cartographie des bureaux à risque.

Elle est en revanche passée à côté de l'information publiée par Dafna Liel, journaliste politique d'Aroutz 12, reprise samedi par le site Kikar HaShabbat. Selon cette révélation, le Likoud ne se contente pas de surveiller le vote arabe. Il préparerait dès maintenant le terrain pour une vague de plaintes, avant même que la moindre irrégularité ait été constatée.

Trois scénarios examinés par le Likoud

D'après Aroutz 12, le parti étudie plusieurs situations qui pourraient servir de base à des réclamations. La première concerne l'identification des électrices portant un voile couvrant intégralement le visage, le Likoud envisageant de soutenir qu'il serait impossible de vérifier avec certitude leur identité.

La deuxième vise certains bureaux implantés dans les localités bédouines, où hommes et femmes se rendraient aux urnes à des horaires totalement distincts. La troisième porte sur le jeune âge des superviseurs électoraux affectés à ces bureaux.

Ce que prévoit déjà le règlement électoral

Chacun de ces arguments se heurte aux procédures de la Commission électorale centrale. Ses consignes imposent une identification complète de chaque électeur et obligent l'électrice voilée à découvrir son visage pour que son identité soit vérifiée avant qu'elle ne glisse son bulletin dans l'enveloppe.

Sur la séparation des horaires, aucune disposition légale n'interdit à une communauté de s'organiser volontairement pour que les femmes et les hommes viennent voter à des moments différents, tant que le bureau reste ouvert à tous les électeurs pendant toute la durée du scrutin. Quant aux superviseurs, la règle est identique sur l'ensemble du territoire : ils doivent obligatoirement avoir plus de 21 ans.

Des bureaux déjà sous haute surveillance

Les bureaux de vote arabes ne seront pas laissés sans contrôle mardi. Chacun d'eux comptera un représentant du bloc Netanyahou ainsi que des observateurs extérieurs. Les 2 000 militants annoncés s'ajouteront par ailleurs aux observateurs officiels que chaque liste est autorisée à dépêcher dans les bureaux, et ils auront été formés pour intervenir en cas de manquement aux procédures de vote ou d'anomalie lors du dépouillement.

Ce dispositif rappelle un précédent. En 2019, le Likoud avait installé des caméras dans des bureaux de vote de localités arabes, une initiative que ses opposants avaient dénoncée comme une manœuvre d'intimidation destinée à faire baisser la participation.

Contester une défaite ou mobiliser la droite

Le reportage d'Aroutz 12 rappelle les propos de Shlomo Filber, ancien directeur général du ministère des Communications devenu témoin de l'État dans les procédures visant Benjamin Netanyahou, qui avait affirmé par le passé qu'il était en pratique impossible de falsifier des élections en Israël.

Plusieurs responsables politiques prêtent néanmoins au Likoud un double objectif. En cas de défaite, ces plaintes pourraient servir à jeter le doute sur la légitimité des résultats. Avant le scrutin, elles permettraient de mobiliser l'électorat de droite en entretenant le sentiment que le bloc de gauche et les partis arabes chercheraient à « voler l'élection ».

Un scrutin serré où le vote arabe pèse lourd

L'enjeu est considérable. Les derniers sondages publiés avant le scrutin donnent un léger avantage au bloc du changement sur celui de Benjamin Netanyahou, sans qu'aucun camp n'atteigne la majorité. Les partis arabes sont crédités de 14 à 16 sièges, un volume capable de peser directement sur la formation de la future coalition.

La participation arabe sera donc scrutée de près. Lors des élections de novembre 2022, environ 53 % des électeurs arabes s'étaient déplacés, contre près de 70 % pour l'ensemble du corps électoral. Le Likoud avait déjà tenté en amont de peser sur ce vote, en annonçant des requêtes pour faire exclure la Liste unie et Ra'am du scrutin.

Environ 7,3 millions d'Israéliens sont appelés aux urnes mardi 27 octobre. Reste à savoir si ces plaintes préparées à l'avance entameront la confiance du public dans un processus électoral dont la solidité n'a, jusqu'ici, jamais été sérieusement prise en défaut.

Sources : Kikar HaShabbat, d'après Aroutz 12 ; Times of Israel ; i24NEWS

Le Likoud préparerait des plaintes pour fraude contre les bureaux de vote arabes avant le scrutin du 27 octobre, selon Aroutz 12. Ce que dit vraiment la loi.

Sources :
Kikar HaShabbat
Times of Israel (français)

 

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Alyah : 50 000 Juifs de France prêts à partir, la menace d’un argent bloqué en France

Alyah : 50 000 Juifs de France prêts à partir, la menace d’un argent bloqué en France

Vendre son appartement à Paris et voir l’argent rester prisonnier d’une banque française : c’est la peur qui gagne les Juifs de France. Ariel Kandel, directeur général de Qualita, alerte : si Marine Le Pen l’emporte le 2 mai 2027, la “priorité nationale” et la chasse aux binationaux dans les postes sensibles pourraient se doubler d’une offensive contre les sorties de capitaux, au moment même où 50 000 Juifs français se préparent à l’alyah.

La France brûle et les Juifs français font leurs valises. Ariel Kandel, directeur général de Qualita, l'organisation faîtière des olim de France en Israël, estime à 50 000 le nombre de candidats à l'alyah dans les prochaines années, mais alerte sur deux dangers : un argent qui pourrait rester bloqué en France et des émeutes encore plus graves au soir de la présidentielle.

Par Claudine Douillet

Une semaine de chaos qui a changé la donne

Les autorités françaises ont imposé un couvre-feu nocturne dans des quartiers du centre de Paris après les émeutes qui ont éclaté en marge des manifestations organisées dans tout le pays. Tout est parti d'une mobilisation contre la vie chère : 410 000 manifestants, dont 110 000 à Paris, le 17 octobre. La journée a dégénéré en pillages. À Limoges, l'hôtel de ville, classé monument historique, a été détruit par un incendie volontaire, et Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Strasbourg et Rouen ont aussi été touchées.

Le bilan est lourd. Plus de 2 700 personnes ont été interpellées et près de 1 000 policiers blessés, certains grièvement, rapporte Ynet. Le ministère français du Commerce estime qu'au moins 3 000 commerces ont été touchés, et la facture pour les assureurs devrait atteindre entre 1 et 1,2 milliard d'euros. Selon Mako, le journaliste français Paul Amar a affirmé que les casseurs visaient en particulier des commerces appartenant à des Juifs.

Ce samedi 24 octobre, la rue a de nouveau grondé. Le ministère de l'Intérieur a mobilisé 70 000 policiers et gendarmes dans tout le pays, et à Lyon, la police a fait usage de gaz lacrymogène contre la foule.

Netanyahou contre Macron, la passe d'armes

La crise a pris un tour diplomatique. Sur i24NEWS, Benyamin Netanyahou a déclaré que la France avait cédé à l'islam radical et qu'il avait prévenu Macron. Le président français a riposté. Il a laissé entendre que Netanyahou et Donald Trump exploitaient les émeutes à des fins politiques en vue des prochaines élections, et a affirmé que certaines images diffusées à l'étranger étaient des vidéos fabriquées par intelligence artificielle montrant des scènes qui n'ont jamais eu lieu.

Kandel : "le vrai test, c'est le soir de la présidentielle"

Pour Ariel Kandel, ces violences ne sont qu'un avant-goût. Interrogé par Ynet, il y voit une répétition générale avant l'élection présidentielle de mai. Selon lui, Jean-Luc Mélenchon est déterminé à affronter Marine Le Pen au second tour, quitte à embraser la rue. Le directeur de Qualita situe le moment critique au 2 mai à 20 heures : d'après tous les sondages et scénarios, Marine Le Pen deviendrait présidente, et il se demande si la gauche fera alors descendre des millions de personnes dans la rue. Déjà, ajoute-t-il, beaucoup de Juifs paniquent et presque tous pensent à l'alyah.

50 000 olim : un potentiel bien réel

Le chiffre ne sort pas de nulle part. Il y a dix ans, les sondages de Qualita montraient déjà 50 000 Juifs désireux de s'installer en Israël, soit à peu près le nombre de ceux qui sont effectivement partis. Les études actuelles donnent des résultats comparables, d'où un potentiel réel de 50 000 nouveaux olim dans les années à venir. Kandel dit recevoir chaque jour des appels de Juifs de France qui approchent de la décision.

Auprès de Behadrei Haredim, il cite une étude de l'Ifop selon laquelle environ 52 % des Juifs de France souhaitent quitter le pays pour Israël, et estime que le rythme actuel d'environ 4 000 départs par an pourrait passer à 10 000 ou 15 000, voire davantage.

Les chiffres officiels confirment la tendance. En 2023, 1 097 Juifs de France ont fait leur alyah, ils étaient 2 234 en 2024 et 3 357 en 2025. Jusqu'à fin juillet 2026, environ 2 400 sont arrivés, une hausse de plus de 30 % sur un an. Depuis le 7 octobre 2023, quelque 20 000 Juifs de France ont ouvert un dossier d'alyah auprès de l'Agence juive. La communauté juive de France compte environ 470 000 personnes, dont 200 000 liées à la vie communautaire.

L'argent bloqué, la grande angoisse

C'est le point le plus explosif de l'entretien. Le programme du Rassemblement national, baptisé "priorité nationale", favoriserait les entreprises françaises dans les marchés publics et pourrait toucher les binationaux, dont de nombreux Juifs franco-israéliens. Il prône aussi la lutte contre la fuite des capitaux. Résultat, beaucoup de Juifs détenant des biens ou des comptes en Israël redoutent une fiscalité agressive, des obligations déclaratives draconiennes ou des pénalités sur les avoirs hors Union européenne. Cela leur rappelle l'exode du Maroc et des pays arabes, quand il fallait abandonner biens et argent.

Kandel décrit le scénario redouté : vendre son appartement parisien, voir l'argent rester dans une banque française et ne pas pouvoir le transférer pour acheter en Israël, sauf à payer un impôt confiscatoire. L'accès aux retraites pourrait aussi être limité aux banques françaises. Plus grave, il affirme avoir eu connaissance de comptes bloqués de Juifs qui avaient légalement transféré des dons à des associations israéliennes. Il se félicite que les circuits d'argent noir aient été fermés, mais s'inquiète que l'argent propre soit désormais visé. D'où un mouvement déjà en cours : beaucoup cherchent à sortir leurs fonds maintenant, ce qui prend du temps quand on possède biens et entreprises.

Fini les olim fortunés de Tel-Aviv

Le profil a changé. Selon Kandel, l'époque des riches olim achetant à Tel-Aviv est révolue : de plus en plus s'installent en périphérie, à Netivot, Sdérot, Afoula, Hadera ou Nahariya. La plupart appartiennent à la classe moyenne, et l'érosion de l'euro pèse sur leur pouvoir d'achat. Certains, venus de banlieues difficiles, pourraient passer d'abord par des centres d'intégration, comme celui rénové à Kiryat Gat.

Ce qu'Israël doit faire maintenant

Kandel ne réclame pas de logements gratuits. Il plaide pour la levée des obstacles bureaucratiques, la reconnaissance des diplômes, l'aide à l'emploi, une bonne intégration des enfants à l'école et le soutien communautaire, des mesures parfois peu coûteuses. L'enjeu économique est considérable : une étude a montré que chaque shekel investi dans un oleh en rapporte quinze, une population où tous ont le bac et la moitié un diplôme universitaire.

Ynet – article original (23/10/2026) ·

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Shin Bet : des cadres du Hamas disparus de WhatsApp, l’alerte ignorée deux jours avant le 7 octobre

Shin Bet : des cadres du Hamas disparus de WhatsApp, l’alerte ignorée deux jours avant le 7 octobre

7 octobre : un vétéran du Shin Bet affirme avoir alerté Ronen Bar deux jours avant le massacre

Par Claudine Douillet

Un ancien agent du Shin Bet, fort de 37 ans de service, affirme avoir transmis le 5 octobre 2023 à 16 heures une alerte sur la disparition soudaine de responsables terroristes à Gaza. Selon lui, l'information est remontée jusqu'au directeur Ronen Bar, sans jamais parvenir à Benyamin Netanyahou. Après le massacre, il dit avoir subi un polygraphe, des pressions et des menaces de mort. Le Shin Bet et Ronen Bar démentent catégoriquement.

Un témoin de l'intérieur, 37 ans au renseignement intérieur israélien

Le témoignage a été diffusé mercredi soir 21 octobre 2026 par Hadashot 14, la rédaction d'Aroutz 14, dans un entretien exclusif mené par son correspondant militaire Hillel Biton Rosen. L'homme n'est identifié que par l'initiale « A ». Il témoigne de sa propre voix.

Entré au Shin Bet à l'âge de 17 ans, il a occupé pendant près de quatre décennies des postes sensibles dans la lutte antiterroriste, le cyber et le renseignement humain, avec des opérations visant les réseaux responsables d'attentats contre des civils et des soldats israéliens. C'est la première fois qu'il s'exprime publiquement.

2 octobre 2023 : un coordinateur terroriste de Gaza disparaît des radars

Selon son récit, les premiers signaux apparaissent le 2 octobre 2023, cinq jours avant l'attaque du Hamas. Un rapport de l'unité électronique du Shin Bet signale qu'un coordinateur terroriste basé à Gaza,chargé de diriger des exécutants à distance , a soudainement disparu des réseaux. Il n'utilise plus WhatsApp et a coupé tout contact avec les hommes qu'il dirigeait. Pour l'agent, c'est un signe très inquiétant.

5 octobre : une voix à l'accent gazaoui au bout du fil

Trois jours plus tard, le jeudi 5 octobre, il apprend que le contact a été rompu avec un deuxième responsable dans la bande de Gaza. Il tente de le joindre sur son numéro WhatsApp connu. C'est un autre homme qui répond, avec un accent gazaoui, pour l'informer que l'intéressé n'est pas disponible, sans donner de raison. Interrogé sur un troisième activiste, l'inconnu répond que lui non plus n'est pas joignable.

L'agent pose alors une question simple à sa hiérarchie : Israël prépare-t-il l'élimination d'une haute personnalité du Hamas à Gaza, ce qui expliquerait que plusieurs cadres se mettent à couvert en même temps ? La réponse est non. Il en tire une conclusion sans ambiguïté et l'énonce clairement : quelque chose de grand se prépare.

16 heures : l'alerte remonte jusqu'à Ronen Bar

Ce jeudi 5 octobre vers 16 heures, moins de 48 heures avant l'assaut, il affirme avoir transmis son alerte à ses officiers traitants par les canaux du renseignement. Selon lui, l'information n'est pas restée bloquée sur le terrain. Elle serait passée immédiatement de son unité au chef de division, puis au directeur adjoint du Shin Bet, et enfin au directeur Ronen Bar.

Il soutient qu'aucune mesure n'a été prise pour empêcher l'attaque et que l'alerte n'a jamais été transmise au Premier ministre. Il désigne sans hésiter Ronen Bar comme responsable, comparant le chef du service à un père que l'on tient pour comptable du comportement de ses enfants.

Polygraphe, question sur le suicide, menaces de mort

Après le massacre, lorsqu'il rappelle à ses supérieurs qu'il avait donné l'alerte, il dit avoir senti le regard changer sur lui. On lui impose un passage au polygraphe, au cours duquel il est interrogé sur d'éventuels contacts avec des services de renseignement étrangers et israéliens.

Lors d'une autre conversation, on lui demande s'il envisage de se faire du mal. Il interprète cette question comme une menace voilée contre sa vie, affirmant que le service ne parle jamais ainsi à l'un des siens. Il dit avoir ensuite reçu d'autres menaces, dont des menaces de mort, avant d'être écarté du Shin Bet. Il n'a précisé ni les circonstances ni l'identité des auteurs.

Le Shin Bet et Ronen Bar opposent un démenti total

Le Shin Bet rejette ce récit. Le service affirme que ses enquêtes internes et les documents saisis à Gaza pendant la guerre montrent que les hauts responsables du Hamas avaient eux-mêmes été tenus à l'écart et ignoraient la date de l'attaque jusqu'à peu avant son déclenchement. Il dénonce toute tentative de diffuser de fausses informations visant à salir ses responsables, actuels ou passés.

Ronen Bar a fait savoir qu'il s'agissait selon lui d'une pure fausse information et d'un événement qui n'a jamais existé. Il affirme que les enquêtes, les interrogatoires et les documents du Hamas saisis à Gaza prouvent que les cadres de l'organisation ne sont pas passés en mode d'urgence cette semaine-là.

Recontacté par Aroutz 14 après ces démentis, l'ancien agent maintient intégralement sa version. Il se dit prêt à passer un polygraphe en tout lieu choisi par les enquêteurs, à la seule condition que ce ne soit pas au Shin Bet. La chaîne indique avoir procédé à des recoupements, tout en reconnaissant qu'un désaccord de fond subsiste sur l'existence même de l'alerte, son contenu et les échelons qu'elle a atteints.

Un témoignage en pleine guerre judiciaire entre Ronen Bar et Netanyahou

Ce témoignage tombe une semaine après la plainte en diffamation déposée le 14 octobre par Ronen Bar devant le tribunal de district de Tel-Aviv. L'ancien directeur réclame 3 millions de shekels à Benyamin Netanyahou, qui l'avait accusé le 28 septembre sur X de « défaillances et crimes » et d'avoir dissimulé des renseignements avant l'attaque.

Dans un document de 134 pages, Ronen Bar affirme avoir multiplié les mises en garde dans les mois précédant le 7 octobre, dont un avertissement de guerre en juillet 2023. Il assure que le Shin Bet a diffusé une alerte à l'ensemble des services dès 3 h 03 dans la nuit du 7 octobre et qu'il a appelé le secrétaire militaire du Premier ministre, le général Avi Gil, ne disposant pas du numéro personnel de Netanyahou. Ce dernier a répliqué par un message ironique demandant à Ronen Bar s'il était sérieux.

Le vice-ministre Almog Cohen a réagi au témoignage en jugeant la révélation bouleversante mais pas surprenante, et en tenant Ronen Bar pour directement responsable du massacre de Simhat Torah.

Une question toujours sans réponse officielle

Ronen Bar a quitté la direction du Shin Bet le 15 juin 2025, après avoir reconnu la part de responsabilité du service dans l'échec du renseignement. Aroutz 14 mène depuis 2025 une campagne ouverte contre lui, ce que le lecteur doit garder à l'esprit. Mais la précision du récit, ses dates, son heure et sa chaîne de transmission, pose une question que seule une commission d'enquête d'État pourra trancher : qui savait quoi au Shin Bet dans les 48 heures qui ont précédé le 7 octobre 2023, et pourquoi le Premier ministre n'en a rien su ?

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

Shin Bet à Paris : David Zini reçu par la DGSI et la DGSE en pleine crise des émeutes

Shin Bet à Paris : David Zini reçu par la DGSI et la DGSE en pleine crise des émeutes

Par Claudine Douillet

Le chef du Shin Bet, David Zini, s'est rendu à Paris pour rencontrer les dirigeants de la DGSI et de la DGSE. Révélée mercredi 21 octobre par la radio publique israélienne Kan, cette visite intervient dans la foulée des émeutes qui ont secoué la France le 17 octobre, et alors que les relations diplomatiques entre Paris et Jérusalem traversent une zone de fortes turbulences. Selon les médias israéliens, les discussions ont porté sur le terrorisme et l'islam radical.

Une visite révélée par la radio publique israélienne

C'est Kan qui a levé le voile mercredi soir. Officiellement, il s'agit d'une visite de travail, programmée de longue date. Mais selon la radio publique, l'actualité française s'est imposée à l'ordre du jour : les échanges ont aussi porté sur les défis sécuritaires auxquels la France est confrontée depuis le week-end dernier.

David Zini a été reçu par de hauts responsables de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), l'équivalent français du Shin Bet, puis par des dirigeants de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), surnommée « la Boîte », homologue du Mossad. Le quotidien Maariv, sous la plume de son correspondant militaire Avi Ashkenazi, qualifie ce déplacement d'inhabituel et affirme que les événements survenus en France en ont constitué le cœur.

Le Shin Bet, lui, s'en tient au silence. Interrogé, le service a refusé de commenter, rappelant qu'il ne communique jamais sur l'agenda de son directeur. Aucune précision officielle n'a été donnée ni sur le contenu des entretiens, ni sur d'éventuelles décisions communes.

La France sous le choc après la journée du 17 octobre

Pour comprendre le poids de cette visite, il faut revenir à samedi dernier. Ce jour là, la mobilisation contre la vie chère et la dégradation des services publics a rassemblé environ 550 000 personnes dans le pays, dont 110 000 à Paris, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. La journée a dégénéré en affrontements, incendies et pillages à Paris, Lyon, Marseille et dans de nombreuses autres villes. Des mairies ont même été saccagées. Laurent Nuñez a pointé la responsabilité de l'ultragauche et de délinquants venus piller les commerces.

Dimanche soir, Emmanuel Macron s'est adressé aux Français depuis l'Élysée. « Rien ne le justifie. Rien ne l'explique. Rien ne l'excuse », a martelé le chef de l'État. Le bilan communiqué par le ministère de l'Intérieur est lourd : 2 397 interpellations et 997 policiers et gendarmes blessés, dont sept grièvement. Une nouvelle journée de grève interprofessionnelle est déjà annoncée pour le jeudi 5 novembre.

Le renseignement français face à ses failles

Un passage de l'allocution présidentielle éclaire directement la venue du patron du Shin Bet. Emmanuel Macron a demandé au gouvernement, et en premier lieu à Laurent Nuñez, de tirer toutes les leçons de ces violences en matière de renseignement et d'anticipation. Autrement dit, l'Élysée reconnaît que les services n'ont pas vu venir l'ampleur des débordements.

C'est précisément sur ce terrain que l'expertise israélienne est reconnue. Maariv rappelle que l'appareil sécuritaire israélien, Shin Bet en tête, dispose d'une longue expérience dans la prévention des attentats et dans la collecte de renseignement au sein d'une population civile. Israël possède également une connaissance approfondie des cellules islamistes actives à travers le monde. Une expérience qui intéresse directement des services français confrontés à la fois aux violences urbaines, à la menace terroriste et à la montée de l'islam radical.

Une coopération sécuritaire qui résiste à la crise diplomatique

Le contexte politique rend cette rencontre d'autant plus remarquable. Le 8 septembre, la France et onze autres pays ont annoncé leur intention de restreindre le commerce des produits issus des implantations israéliennes en Judée-Samarie. Paris, Londres et Ottawa veulent aller plus loin avec une interdiction nationale. Le Quai d'Orsay assure qu'il ne s'agit pas d'un boycott d'Israël, qui reste selon lui un partenaire économique de la France. Mais à Jérusalem, la mesure a été vécue comme un nouveau coup porté à la relation bilatérale.

Elle s'ajoute à l'épisode d'Eurosatory, en juin dernier, lorsque Paris a interdit aux industriels israéliens d'exposer leurs systèmes offensifs au grand salon de la défense. Le ministère israélien de la Défense avait alors dénoncé une décision « honteuse ».

Malgré ces tensions, le lien entre services de renseignement n'a pas été rompu. « La coopération entre les organismes de sécurité se poursuit malgré la crise diplomatique. Les services de sécurité savent travailler ensemble », a confié à Maariv une source sécuritaire israélienne. Une réalité ancienne : quelles que soient les brouilles entre chancelleries, les services européens et israéliens n'ont jamais cessé d'échanger sur la menace terroriste.

David Zini, un chef du Shin Bet aux racines françaises

Le choix de David Zini pour ce déplacement n'a rien d'anodin sur le plan symbolique. Né en 1974 à Jérusalem, ce général issu des unités d'élite, ancien commandant de la brigade Commando, dirige le Shin Bet depuis le 5 octobre 2025. Il a succédé à Ronen Bar au terme d'un long bras de fer entre Benyamin Netanyahou et les institutions judiciaires, et sa nomination avait suscité une vive controverse en Israël.

Son histoire familiale le relie directement à la France. Fils d'immigrés venus de France, il est le petit-fils du rabbin Meïr Zini, qui a exercé à Tiaret en Algérie avant de devenir rabbin de la synagogue de la rue Sainte-Isaure, dans le 18e arrondissement de Paris. Le patron du renseignement intérieur israélien connaît donc la France de l'intérieur, et notamment sa communauté juive.

Une visite suivie de près par les Juifs de France

Pour la communauté juive française, cette visite résonne particulièrement. Chaque épisode de violences urbaines ravive l'inquiétude sur la sécurité des synagogues, des écoles et des commerces juifs. Selon i24NEWS, Jérusalem réfléchit d'ailleurs à un plan d'accueil des Juifs de France à la suite de ces émeutes.

Ni Paris ni Jérusalem n'ont communiqué sur les résultats de ces entretiens. Mais le message est clair : à l'heure où la France cherche à combler les failles de son renseignement, le dialogue entre la DGSI, la DGSE et le Shin Bet reste ouvert, bien au-delà des désaccords politiques.

Sources : Kan, Maariv, Hamechadesh, i24NEWS, déclarations du ministère de l'Intérieur et de l'Élysée.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER D'ALLIANCE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI :https://alliance-magazine.com/?p=subscribe&id=1

 

Élections en Israël : 810 000 électeurs vivent à l'étranger, un sur neuf selon le Bureau central des statistiques

Élections en Israël : 810 000 électeurs vivent à l'étranger, un sur neuf selon le Bureau central des statistiques

 

Un électeur israélien sur neuf ne vit pas en Israël. Selon les chiffres publiés par le Bureau central des statistiques à six jours des législatives du 27 octobre, environ 810 000 des 7,3 millions d'inscrits résident à l'étranger. Sans vote par correspondance, ils devront prendre l'avion pour peser sur la 26e Knesset.

Élections en Israël le 27 octobre : 810 000 électeurs, un sur neuf, vivent à l'étranger selon le Bureau central des statistiques. Ils doivent rentrer pour voter.

Par Claudine Douillet

Le chiffre est passé presque inaperçu dans la presse francophone, qui préfère raconter les vols remplis d'Israéliens rentrant glisser leur bulletin dans l'urne. Il est pourtant officiel. Selon les données du Bureau central des statistiques (Lamas) publiées cette semaine et rapportées par Ynet, environ 810 000 Israéliens inscrits sur les listes électorales vivent hors d'Israël. Sur 7,3 millions d'électeurs appelés aux urnes le mardi 27 octobre 2026, cela représente un électeur sur neuf.

Ce scrutin, le premier depuis le massacre du 7 octobre 2023, désignera la 26e Knesset. Il est largement présenté comme un référendum sur le leadership de Benjamin Netanyahou. Dans un paysage où chaque siège compte, cette masse d'électeurs expatriés pèse sur les chiffres, même si la plupart d'entre eux ne voteront pas.

Pas de vote par correspondance pour les Israéliens de l'étranger

Contrairement aux Français établis hors de France, qui votent dans les consulats ou par internet, les Israéliens de l'étranger n'ont pas accès au vote à distance. La loi électorale israélienne réserve le vote hors du territoire à une catégorie très restreinte : les diplomates en poste, leurs familles, certains militaires en mission et quelques émissaires d'institutions nationales. Pour eux, le scrutin a commencé dès le 20 octobre dans les représentations israéliennes à l'étranger.

Tous les autres, qu'ils habitent Paris, Londres, New York ou Berlin, doivent se présenter physiquement le jour du vote dans le bureau où ils sont inscrits en Israël. Concrètement, un électeur installé en France doit acheter un billet d'avion, organiser son séjour et se rendre dans sa ville d'inscription. Ce coût explique pourquoi seule une petite fraction de ces 810 000 inscrits fera effectivement le déplacement.

Un chiffre qui comprend aussi des électeurs fantômes

Le Bureau central des statistiques apporte lui-même une nuance importante. Parmi ces 810 000 personnes figurent probablement des citoyens décédés à l'étranger dont la mort n'a jamais été signalée à l'Autorité de la population et de l'immigration. Le registre électoral israélien conserve en effet tout citoyen tant que son décès n'est pas officiellement déclaré, quelle que soit la durée de son absence du pays.

Le chiffre réel des expatriés vivants et en âge de voter est donc sans doute inférieur. Il reste néanmoins considérable et traduit une réalité souvent sous-estimée : la diaspora israélienne, distincte de la diaspora juive, compte des centaines de milliers de citoyens installés durablement hors d'Israël.

Un taux de participation mécaniquement tiré vers le bas

Cette donnée a une conséquence directe sur la lecture des résultats. Le taux de participation officiel est calculé sur l'ensemble des inscrits, y compris ceux qui vivent à l'étranger et n'ont aucune intention de voter. Plus de 11 % du corps électoral étant hors du pays, la participation affichée apparaît structurellement plus faible qu'elle ne l'est réellement parmi les résidents.

Autrement dit, quand Israël annonce une participation autour de 70 %, la mobilisation des électeurs vivant effectivement dans le pays est nettement supérieure. C'est un biais statistique que les commentateurs oublient presque toujours de rappeler.

Pour mesurer l'enjeu, un siège à la Knesset s'est négocié autour de 40 000 voix lors des derniers scrutins. Quelques milliers de voyageurs mobilisés par un parti peuvent donc suffire à faire basculer un siège, voire à aider une petite formation à franchir le seuil électoral de 3,25 %.

333 000 électeurs de plus en Israël depuis 2022

Les données du Lamas dessinent aussi le portrait de l'électorat résidant en Israël. Depuis les dernières législatives de novembre 2022, le nombre d'électeurs vivant dans le pays a progressé de 5,4 %, soit environ 333 000 personnes supplémentaires.

La répartition par âge montre un électorat relativement jeune : 15,1 % des inscrits résidents ont entre 18 et 24 ans, 27,6 % entre 25 et 39 ans, 31 % entre 40 et 59 ans, et 26,3 % ont 60 ans ou plus.

Un peu plus de 5 millions d'électeurs résidents, soit 77 %, sont juifs, parmi lesquels environ 684 000 ultraorthodoxes. Les électeurs arabes, musulmans, chrétiens et druzes, sont environ 1 159 000, soit 18 %. Environ 346 000 électeurs, soit 5 %, sont classés comme chrétiens non arabes ou sans religion déclarée. Il s'agit pour l'essentiel d'immigrants arrivés au titre de la loi du retour et de membres de leur famille non inscrits comme juifs au registre de la population.

Pourquoi les ultraorthodoxes et les Arabes pèsent moins dans les urnes

Le Bureau central des statistiques souligne un décalage révélateur. Les Arabes représentent 22 % de la population israélienne mais seulement 18 % des électeurs. Cet écart s'explique par une proportion plus élevée d'enfants et de résidents sans droit de vote, notamment à Jérusalem-Est et sur le Golan.

Le même phénomène touche les ultraorthodoxes : 13,9 % de la population, mais 10,5 % des électeurs. La raison est démographique. Avec une natalité très forte, une grande partie de cette population n'a pas encore atteint l'âge de voter. Ce rapport de force électoral évoluera donc mécaniquement dans les prochaines années.

De Metoula à Bnei Brak, une carte électorale contrastée

À l'échelle locale, c'est Metoula, à la frontière libanaise, qui affiche la plus forte proportion d'électeurs : 83,8 % de ses habitants sont inscrits. À l'inverse, Massada, dans le nord du Golan, ferme la marche avec 30,1 %.

Dans la plupart des grandes villes de plus de 100 000 habitants, la proportion d'électeurs oscille entre 70 et 80 %. Bat Yam arrive en tête avec 79,5 %, devant Tel-Aviv-Jaffa (77,4 %), Ramat Gan (77,2 %), Rishon LeZion (76,7 %), Haïfa (76,3 %), Holon (75,6 %) et Beer-Sheva (73,9 %). Trois villes se détachent nettement en bas du classement en raison de la jeunesse de leur population : Jérusalem (39,2 %), Beit Shemesh (47,1 %) et Bnei Brak (50,4 %).

De 506 000 à 7,3 millions d'électeurs en 77 ans

Ces chiffres prennent tout leur relief à l'échelle de l'histoire. Lors de l'élection de la première Knesset en 1949, quand tous les électeurs vivaient en Israël, 506 567 personnes étaient inscrites. Ce nombre a presque doublé dès le scrutin suivant. Après la guerre de Kippour, le pays dépassait les 2 millions d'électeurs, puis atteignait environ 3,4 millions en 1992 et franchissait la barre des 5 millions en 2006.

Aujourd'hui, avec 7,3 millions d'inscrits dont 810 000 hors du pays, Israël voit se dessiner une réalité nouvelle : une communauté de citoyens expatriés suffisamment nombreuse pour peser sur les statistiques nationales, mais privée d'un accès simple au vote. Le débat sur l'ouverture du vote à distance, régulièrement évoqué puis enterré, pourrait revenir au lendemain du 27 octobre.

Ynet, הלמ"ס: כ-810 אלף מבעלי זכות הבחירה מתגוררים בחו"ל

Pirates iraniens Handala : ils affirment avoir infiltré Tsahal et promettent « un nouveau 7 octobre »

Pirates iraniens Handala : ils affirment avoir infiltré Tsahal et promettent « un nouveau 7 octobre »

Le groupe de pirates iraniens Handala affirme avoir infiltré des bases de Tsahal et menace Netanyahou d'un nouveau 7 octobre. Des revendications non vérifiées.

Pirates iraniens Handala : ils affirment avoir infiltré Tsahal et promettent « un nouveau 7 octobre »

Par Claudine Douillet

Le groupe de pirates informatiques iraniens Handala affirme avoir pénétré des bases de Tsahal et disposer encore d'agents à l'intérieur de l'armée israélienne. Il a diffusé ce mercredi 21 octobre des images présentées comme tournées dans des installations militaires et menace Benjamin Netanyahou d'un nouveau 7 octobre. Aucune de ces affirmations n'a été vérifiée de manière indépendante.

Une revendication spectaculaire publiée ce mercredi

Selon Channel 14 (C14), qui rapporte l'information ce mercredi matin, le groupe Handala a publié un communiqué dans lequel il assure que ses membres se sont introduits dans des bases de Tsahal au cours des dernières guerres. Les photos et vidéos qu'il prétend avoir obtenues seraient désormais consultables par le monde entier sur son site.

Le texte se veut humiliant. Les pirates affirment que caméras, capteurs et systèmes de sécurité de l'armée israélienne sont devenus objets de dérision, et ironisent sur la prétention d'Israël à posséder une armée invincible.

« Ils sont encore parmi vous » : la guerre psychologique comme arme

Le cœur du message ne porte pas sur les images, mais sur une accusation bien plus anxiogène. Handala affirme que les hommes qu'il aurait infiltrés dans les rangs de Tsahal n'ont pas seulement accompli leur mission, mais se trouvent toujours au sein de l'armée. Le groupe prétend qu'ils circulent dans les salles de réunion, dans les quartiers généraux et même aux côtés de commandants de haut rang.

Ce type de déclaration relève d'une mécanique bien connue des spécialistes du renseignement : semer le doute à l'intérieur d'une institution, pousser à la suspicion entre soldats, affaiblir la confiance du public dans son armée. Peu importe que l'affirmation soit vraie ou fausse, l'objectif est qu'elle circule.

La menace directe adressée à Netanyahou

Le communiqué se termine par une interpellation du Premier ministre israélien. Sur un ton faussement félicitant, les pirates écrivent que sous sa direction, le 7 octobre revient « pas une seule fois, mais encore et encore », et que l'armée israélienne ne pourra plus jamais dormir tranquille.

La référence au massacre du 7 octobre 2023 n'a rien d'anodin. Elle vise la blessure la plus profonde de la société israélienne et l'échec sécuritaire qui reste au centre du débat politique.

Un message calé sur le calendrier électoral israélien

Le texte de Handala évoque aussi la capacité d'Israël à organiser des élections libres face à une infiltration présentée comme routinière. Le moment n'est pas choisi au hasard : Channel 14 rapporte que le vote des soldats a débuté ce mercredi dans quelque 850 bureaux installés dans les bases, de la frontière syrienne et libanaise jusqu'à Eilat. Une campagne de déstabilisation visant l'armée au moment même où elle vote vise clairement l'opinion publique israélienne.

Une série de revendications en quelques jours

Cette annonce s'inscrit dans une offensive de communication plus large. Le 18 octobre, l'agence iranienne Fars, dans sa version arabe, relayait une autre revendication de Handala : le groupe disait avoir pénétré une unité de Tsahal chargée de la surveillance et de l'analyse de l'information médiatique, présentée par Téhéran comme un centre de guerre cognitive, et avoir publié des documents et des échanges internes.

Ce mercredi, le site arabe Arabi21 relayait une troisième annonce. Handala affirme avoir piraté le téléphone personnel d'un officier présenté comme commandant au sein de Yahalom, l'unité d'élite du génie de combat, et dit avoir récupéré des centaines de documents et de vidéos contenant des informations militaires sensibles. Là encore, aucune confirmation n'a été apportée.

Un groupe coutumier des annonces exagérées

Channel 14 rappelle que ce n'est pas la première fois que Handala publie des revendications gonflées sur des intrusions dans des bases de données secrètes. Pendant la Coupe du monde de football de juin 2026, le groupe avait annoncé avoir pris le contrôle des drones du FBI survolant les stades. Ces déclarations n'avaient jamais été vérifiées, et des experts en cybersécurité avaient mis en doute l'authenticité des preuves fournies par le passé.

Le nom du groupe n'est pas choisi au hasard non plus. Handala est le célèbre personnage d'enfant palestinien dessiné de dos par le caricaturiste Naji al-Ali, devenu un symbole de la cause palestinienne. Plusieurs sociétés de cybersécurité rattachent ce groupe à l'appareil de renseignement iranien, qui l'utilise comme vitrine de sa guerre informatique et psychologique contre Israël.

Entre fuite réelle et opération d'intoxication

Il faut distinguer deux choses. Des fuites de données réelles, souvent obtenues par le piratage de téléphones personnels ou de comptes mal protégés, peuvent exister et doivent être prises au sérieux. Mais l'affirmation d'agents humains infiltrés au cœur de l'état-major est d'une tout autre nature, et Handala n'apporte aucun élément pour l'étayer.

La stratégie iranienne consiste précisément à mélanger le vrai, le plausible et l'invention, en comptant sur la reprise virale de ses messages pour amplifier l'effet. Chaque partage non vérifié devient une victoire pour les auteurs.

Ce qu'il faut retenir

À ce stade, aucune des revendications de Handala n'a été confirmée de façon indépendante, et Tsahal ne s'était pas exprimé sur ces annonces au moment de la publication de l'article de Channel 14. L'épisode illustre la place croissante prise par la guerre cognitive dans l'affrontement entre l'Iran et Israël, dans un contexte de forte tension régionale. Face à ce type d'opération, la vigilance s'impose autant sur la sécurité informatique des militaires que sur la diffusion des messages eux-mêmes.

Source : Channel 14 (C14)

Sources :
Channel 14 : Le groupe de hackers iranien affirme avoir pénétré des bases de Tsahal