Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Exile to Hollywood : un acte de mémoire et de célébration à vivre en concert le 23 juin -vidéos-

Exile to Hollywood : un acte de mémoire et de célébration à vivre en concert le 23 juin

Un album, un duo, une histoire qui bouleverse.

Huit compositeurs juifs arrachés à l'Europe par la barbarie nazie. Une fuite vers l'inconnu qui allait, contre toute attente, enfanter le plus grand âge d'or de la musique de cinéma. Exile to Hollywood, le nouvel album d'Isabelle Durin et Michaël Ertzscheid — paru chez NoMadMusic et déjà salué par France Inter et France Musique — ressuscite en quinze arrangements originaux pour violon et piano toute la splendeur de ce répertoire hors norme.
Un disque qui est bien plus qu'un disque : un acte de mémoire autant qu'une célébration. À écouter absolument et à vivre en concert le 23 juin au Festival des Cultures Juives.

Exile to Hollywood : quand des compositeurs juifs en exil ont inventé le son du cinéma américain

Un nouvel album du duo Isabelle Durin et Michaël Ertzscheid rend hommage aux génies de la musique de film hollywoodienne — et à l'histoire bouleversante qui se cache derrière leurs chefs-d'œuvre.

Il y a dans certains disques bien plus qu'une simple tracklist. Exile to Hollywood, paru chez NoMadMusic, est de ceux-là. Derrière les mélodies familières de Autant en emporte le vent, Fenêtre sur cour ou Ben-Hur se dissimule une histoire collective d'une intensité rare : celle de compositeurs juifs arrachés à l'Europe par la montée du nazisme, contraints à l'exil, et qui allaient, depuis les studios hollywoodiens, forger le son d'une époque entière.

De Vienne à Hollywood, l'exil comme destin

Franz Waxman, violemment agressé en pleine rue par des SA en 1934, quitte Berlin le lendemain même. Erich Wolfgang Korngold, dont la carrière est alors au sommet, se retrouve aux États-Unis au moment de l'Anschluss — un contrat avec la Warner Bros lui sauve littéralement la vie.
André Previn, enfant, fuit l'Allemagne en 1938, quelques semaines avant la Nuit de Cristal. Miklós Rózsa, Max Steiner, Irving Berlin, Dimitri Tiomkin : ils sont russes, autrichiens, hongrois, polonais, ukrainiens — et tous juifs. Tous partagent ce même déracinement brutal, cette même traversée de l'ombre vers la lumière.

L'Amérique leur tend les bras. Hollywood s'impose comme une nouvelle terre promise, fantasmée et bien réelle à la fois, où tout semble soudain possible. Ces héritiers de Wagner, Mahler et Strauss — Korngold et Steiner avaient tous deux été adoubés par Mahler en personne — vont y inventer quelque chose d'inédit : le symphonisme hollywoodien, alliance du post-romantisme germanique et du creuset culturel américain.
Du jazz de Broadway aux idiomes hongrois de Rózsa, des accents yiddishs d'Irving Berlin au lyrisme slave de Tiomkin dans ses westerns, leur musique est un syncrétisme éblouissant. En trois décennies à peine — les années 1930 à 1950 —, leurs noms sont gravés en lettres d'or dans l'histoire du 7e Art.

Un duo au service d'un répertoire hors norme

C'est cette épopée que la violoniste Isabelle Durin et le pianiste Michaël Ertzscheid ont choisi de faire revivre dans Exile to Hollywood, quatrième collaboration discographique d'un duo dont la complicité artistique n'est plus à démontrer. Quinze arrangements originaux — signés par les deux musiciens eux-mêmes — traversent les œuvres majeures de huit compositeurs : de la valse envoûtante de Jezebel à la suite épique de Ben-Hur, du thème hitchcockien de Fenêtre sur cour à la grandeur de Gone with the Wind. La palette est immense, le projet musical ambitieux et cohérent.

Enregistré en février 2025 aux studios de l'Orchestre national d'Île-de-France, l'album a déjà suscité l'enthousiasme de France Inter, France Musique et de nombreux médias spécialisés.

À ne pas manquer

Le concert du 23 juin à 20h30, précédé d'un apéro dînatoire à 19h45, dans le cadre du Festival des Cultures Juives — une soirée qui promet d'être aussi festive qu'émouvante. L'album est disponible sur toutes les plateformes.

Située à la croisée du monde d'hier et de la modernité américaine, leur musique restera pour ces hommes un passeport universel. De leur exil, ils ont su tirer une force ; de leur judéité, non plus un destin d'anéantissement, mais un élan vital et créateur — au pays du Happy End.

Gone wothe the wind : Max Steiner 
Isabelle Durin 


🎙On en parle:

 France Inter/ Laurent Delmas:

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/delmas-fait-son-cinema/delmas-fait-son-cinema-du-samedi-09-mai-2026-1106748

France Musique: Max Dozolme:

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/le-concert-du-soir/michelle-merrill-et-l-ondif-dans-un-programme-americain-avec-stravinski-gershwin-et-amy-beach-8672476

France Musique/ Musique Matin: Jean-Baptise Urbain:

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/la-table-ronde-du-vendredi/la-table-ronde-du-vendredi-du-vendredi-22-mai-2026-4966994

Sababa medias

https://sababa-medias.com/2026/05/25/exile-to-hollywood-les-traces-dune-histoire-collective/

https://sababa-medias.com/2026/04/20/isabelle-durin-portrait-dune-presence/

Blog Jean-Christophe Manuceau: https://lightofmylife.fr/

Pizzicato journal: https://www.pizzicato.lu/eingespieltes-duo-fur-filmmusik-des-goldenen-zeitalters/

A venir: Total Trax , interview - Olivier Desbrosses et Rafik Djoumi. pour les abonnés ici: 

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Acte criminel sur l'autoroute en Israël : Une voiture explose sur l'autoroute Ayalon, 1 mort -vidéo-

Acte criminel sur l'autoroute en Israël : Une voiture explose sur l'autoroute Ayalon, 1 mort -vidéo-

Une voiture explose sur l'autoroute Ayalon : un mort

Ce jeudi matin, à 9h20, une explosion retentit sur la voie rapide la plus fréquentée d'Israël. Un véhicule saute à l'échangeur de Holon, sur la route 20. En quelques secondes, l'habitacle est en flammes. À l'arrivée des secours, l'homme qui se trouvait à bord est sans pouls, sans souffle, couvert de brûlures. Le Magen David Adom constate son décès sur place.

Règlement de comptes ou « accident de travail » ?

La police est formelle : le mobile est criminel. Les enquêteurs du district d'Ayalon et les démineurs de la région de Tel-Aviv ont aussitôt ouvert une enquête. Mais une question centrale reste sans réponse : s'agit-il d'un assassinat ciblé — une bombe placée dans le véhicule par des tiers — ou d'une « accident de travail », selon l'expression cynique usitée dans les milieux policiers israéliens pour désigner un criminel tué par sa propre charge explosive ?

Les premiers secouristes, arrivés à moto depuis l'unité d'urgence du MDA, décrivent une scène saisissante : « Nous avons vu la voiture en feu. À proximité, un homme gisait, sans signes vitaux, avec des brûlures sévères sur le corps. Nous avons effectué les gestes médicaux nécessaires, mais les blessures étaient trop graves. Nous n'avons eu d'autre choix que de constater le décès. »

 

Une autoroute comme terrain de crime

Ce n'est pas la première fois que l'Ayalon devient le théâtre d'un règlement de comptes. En mars 2025, une explosion similaire, à l'échangeur La Guardia, avait blessé deux personnes dont un ancien maire de Bat-Yam. En mai 2024, un minibus avait explosé près du carrefour Wolfson, entre Tel-Aviv et Holon. Même scénario, même contexte : crime organisé.

Le phénomène dit de la « bombe sous la voiture » s'est banalisé en Israël ces dernières années. Les guerres de clans entre familles criminelles — souvent arabes israéliennes, parfois liées à des réseaux juifs — font des dizaines de victimes chaque année, dans une relative impunité. Les charges sont posées la nuit, les voitures explosent le matin, et les témoins se taisent.

Une heure de pointe, une ville entière figée

L'explosion s'est produite en pleine heure de pointe d'un jeudi — l'un des moments de circulation les plus denses de la semaine en Israël. Le trafic sur l'Ayalon a été paralysé pendant de longues heures, provoquant des embouteillages en cascade dans tout le centre du pays. Des dizaines de milliers d'automobilistes ont vécu ce matin comme un film — sans savoir que derrière les flammes et la fumée se jouait, une fois encore, l'insoluble crise de la violence criminelle organisée en Israël.

L'identité de la victime n'a pas encore été rendue publique. L'enquête se poursuit.

 

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Agression antisémite dans le métro de New York : étranglée, frappée, ses cheveux arrachés -vidéo

Agression antisémite dans le métro de New York : étranglée, frappée, ses cheveux arrachés -vidéo

Agression antisémite dans le métro de New York : une jeune femme étranglée, frappée, ses cheveux arrachés

Le dimanche 1er juin 2026, une jeune Juive de 23 ans a été violemment agressée dans le métro new-yorkais, en pleine journée, sur une rame bondée. La scène, filmée et relayée par CBS New York, glace le sang.

La suspecte, identifiée comme Diana Smith, une résidente du Bronx, a commencé par proférer des propos haineux à l'encontre des Juifs à bord d'une rame de la ligne C traversant le bas Manhattan, vers 14h15, avant de s'en prendre physiquement à la victime, une jeune femme de 23 ans du Upper West Side.

La victime, infirmière originaire de Montréal, a indiqué qu'elle était montée dans le métro à la station Jay Street et ne prévoyait de voyager qu'un seul arrêt lorsque Smith est montée à bord et a commencé à parler à un couple des "dangers que représentent les Juifs qui volent la richesse".

Avant de porter les mains sur sa victime, Smith avait hurlé dans la rame une accusation d'une violence symbolique glaçante : "Les Juifs mangent des enfants !" — une calomnie médiévale, le "meurtre rituel", exhumée et vociférée en plein Manhattan en 2026, devant des dizaines de témoins silencieux.

Puis la violence a éclaté.

Agression antisémite dans le métro de New York : étranglée, frappée, ses cheveux arrachés -vidéo

La victime, qui a demandé à garder l'anonymat par crainte pour sa sécurité, a décrit l'attaque sans détour : "Elle s'est jetée sur moi. Elle m'a étranglée deux fois. Elle m'a frappée. Elle m'a arraché les cheveux." Avant de conclure : "C'était un crime de haine contre la communauté juive. Cela ne serait pas arrivé si je n'avais pas été juive."

La victime a également confié au New York Post : "J'étais comme une poupée de chiffon et je ne pouvais pas me défendre — il aurait dû y avoir une barrière humaine autour de moi."

Une foule de témoins, et presque personne pour agir

Ce qui aggrave le caractère traumatisant de l'événement, c'est le silence des témoins. La victime a déclaré qu'elle avait été choquée par l'inaction des passagers présents : "Personne ne faisait rien, au point où j'ai été frappée jusqu'à tomber à terre. Les gens sont bien plus forts en communauté." Seules deux personnes sont brièvement intervenues.

Arrestation et inculpation

Diana Smith, 23 ans, a été arrêtée. Elle est poursuivie pour plusieurs chefs d'accusation, dont crime de haine et harcèlement aggravé.

Un contexte alarmant

Cette agression ne survient pas dans le vide. Elle s'inscrit dans une explosion des crimes antisémites à New York.

En mai 2026 seulement, 41 crimes antisémites ont été confirmés par le NYPD, soit une hausse de 71 % par rapport au même mois en 2025. Les Juifs, qui représentent 10 % de la population new-yorkaise, ont été les cibles de 60 % de l'ensemble des crimes de haine recensés ce mois-là. Depuis le début de l'année, 152 crimes antisémites ont été confirmés dans la ville.

Lisa Katz, directrice des affaires gouvernementales du Combat Antisemitism Movement, tire la sonnette d'alarme : "L'antisémitisme est passé des mots à la violence réelle. Nous avons recensé 193 incidents antisémites à New York depuis le début de l'année jusqu'au 31 mai, soit plus d'un par jour."À l'échelle nationale, le tableau n'est pas plus rassurant. Selon le rapport annuel de l'ADL, 2025 a été la première année depuis 2019 au cours de laquelle des Juifs ont été tués aux États-Unis dans des attaques antisémites. Les agressions physiques, y compris celles impliquant des armes, restent en hausse.

L'heure des comptes

Cette agression dans le métro new-yorkais rappelle une réalité que beaucoup préfèrent ignorer : la haine antijuive ne se limite plus aux marges. Elle frappe en plein jour, dans un wagon plein, face à des voyageurs qui regardent sans réagir. Le mensonge millénaire selon lequel "les Juifs mangent des enfants" — vieille calomnie médiévale recyclée par les complotistes contemporains — a servi de prétexte à une violence physique caractérisée.

La question n'est plus de savoir si la société est prête à nommer ce phénomène. Elle est de savoir combien de temps elle continuera à le laisser prospérer.

Israël : La Knesset vote des avantages fiscaux pour les résidents de Judée-Samarie

Israël : La Knesset vote des avantages fiscaux pour les résidents de Judée-Samarie

La Knesset vote des avantages fiscaux pour les résidents de Judée-Samarie

C'est fait. Dans la nuit de mercredi à jeudi, la Knesset a adopté en deuxième et troisième lecture la loi accordant des avantages fiscaux aux résidents des localités de la « zone de confrontation orientale » — autrement dit, les implantations de Judée et de Samarie. Le texte, porté par le député Tzvi Sukkot (Sionisme religieux), est passé par 32 voix contre 23.

Un crédit d'impôt pour ceux qui tiennent la ligne

Concrètement, tout résident établi dans une localité éligible pendant l'intégralité d'une année fiscale bénéficiera d'un crédit d'impôt. La loi s'appliquera rétroactivement à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, pour une durée couvrant les années 2023 à 2026.

Le principe est simple : aligner le traitement fiscal des résidents de Judée-Samarie sur celui dont bénéficient déjà les habitants des zones frontalières du nord et du sud.

Smotrich : « La fin d'une discrimination de longue date »

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich, président du Sionisme religieux, n'a pas caché sa satisfaction : « Cette nuit, nous avons fait justice. Les résidents de Judée et Samarie, qui se trouvent en première ligne et servent de bouclier protecteur à l'État d'Israël, ne seront plus des citoyens de seconde zone. »

Pour lui, il s'agit d'une promesse tenue et d'une doctrine claire : une même politique fiscale pour toutes les lignes de confrontation — nord, sud et est.

Un vote aux allures de revanche politique

Derrière la technique fiscale, c'est un signal politique fort que la droite nationaliste israélienne envoie. Les partisans de la loi parlent ouvertement de « correction d'une injustice historique ». Sukkot, qui a mené la bataille législative depuis la commission de l'éducation, a évoqué « des années de discrimination pour des raisons purement politiques, malgré le sang versé ».

Plus de 500 000 Israéliens vivent aujourd'hui en Judée-Samarie. Longtemps exclus des dispositifs d'aide applicables aux autres zones sensibles du pays, ils obtiennent désormais une reconnaissance formelle de leur situation dans le droit fiscal israelien.

Le contexte : une bataille qui n'est pas finie

Cette adoption intervient après des semaines de bras de fer législatif. Une longue nuit de débats à la commission des Finances s'était conclue sans vote, Smotrich ayant refusé d'élargir le dispositif à davantage de communautés du nord menacées par le Hezbollah. Le ministre a finalement obtenu la version qu'il défendait : ciblée, concentrée sur les implantations de Cisjordanie, sans extension jugée trop coûteuse.

Pour l'opposition, c'est précisément là que le bât blesse : une loi taillée sur mesure pour une base électorale, au détriment d'une logique sécuritaire cohérente et équitable pour tous les Israéliens en première ligne.

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Jérusalem : Amit Peretz hétéro et membre du Likoud à la tête de la Maison ouverte LGBT

Jérusalem : un hétéro et membre du Likoud à la tête de la Maison ouverte LGBT

Jérusalem : un hétéro à la tête de la Maison ouverte LGBT

Il ne correspond en rien au profil attendu. Amit Peretz, 34 ans, nouveau directeur général de la Maison ouverte pour la fierté et la tolérance à Jérusalem, est hétérosexuel, marié, père d'un enfant de deux ans, issu d'une famille nationaliste-religieuse et fils de l'ancien maire de Tibériade  élu sous l'étiquette du Likoud. Sa nomination, quelques jours avant la Marche des fierté de la capitale, a fait grincer des dents. Lui assume, et il s'explique pour la première fois.

Six ans de silence

Tout commence avec son frère aîné, de sept ans son cadet, qui fait son coming out à 18 ans. Pendant six ans, Amit ne le mentionne à personne. « Je ne me sentais tout simplement pas dans un environnement où je pouvais dire : "j'ai un frère gay". » C'est lors d'une année préparatoire militaire à Jérusalem, au contact de l'organisation de jeunesse LGBT Iggy, qu'il en parle publiquement pour la première fois. « Ce fut un moment très puissant. Je voulais que mon frère se sente libre dans mes cercles, qu'il comprenne qu'il n'y a aucune raison d'avoir honte. Ça m'a libéré. »

Ce jour-là, c'est lui aussi qui sort du placard pas sur son orientation sexuelle, mais sur ses convictions et son engagement comme allié.

Jérusalem, une obsession

Arrivé à l'Université hébraïque en 2014 pour étudier la gestion et les relations internationales, Peretz est vite happé par la vie associative et civique de la ville. Il crée « Le Rectangle », une série de soirées festives destinée à retenir les jeunes à Jérusalem et qui tourne depuis huit ans. « Je voulais montrer qu'il y a de la vie ici, des gens, une raison de rester. »

Après son service militaire comme combattant et commandant dans la 50e brigade Nahal  qu'il décrit, contre toute attente, comme un environnement pluraliste et ouvert , il plonge dans la politique municipale. Aux dernières élections, il se présente sur la liste du maire Moshé Lion comme représentant des jeunes.

Un allié au poste le plus exposé

Sa nomination à la Maison ouverte soulève une question légitime : qu'est-ce qu'un hétéro vient faire là ? Sa réponse est directe. « Je n'aurais jamais postulé si la communauté ne m'avait pas elle-même sollicité. Je ne suis pas là pour parler en son nom, mais pour amplifier ses voix. » Il connaît ses limites, dit-il, et sait qu'il a encore beaucoup à apprendre. Mais il mise sur sa capacité à construire des ponts entre communautés, à atteindre des décideurs inaccessibles à d'autres.

La Maison ouverte n'est pas une simple association militante : c'est à la fois un espace communautaire, un centre de soutien psychologique, un organe d'éducation et une tribune politique — dans une ville où 20 % des signalements d'agressions LGBTphobes recensés en Israël proviennent de Jérusalem et de ses environs.

Moshé Lion, la coalition et les limites du possible

Sur Moshé Lion, le maire de Jérusalem réputé peu progressiste, Peretz choisit ses mots avec soin. « Je vois en lui quelqu'un qui, sans sa dépendance à la coalition ultra-orthodoxe, ferait avancer beaucoup de ce que je défends. » Transports publics le Shabbat, logement accessible, entreprises attirées dans la ville : pour lui, l'avenir de la communauté LGBT à Jérusalem — comme celui des laïcs — se joue d'abord sur ces questions concrètes. « Sans emplois et sans logements abordables pour les jeunes familles, même la plus belle vision reste en l'air. »

La Marche, pas un simple défilé

Ce jeudi, la Marche des fiertés de Jérusalem empruntera un nouveau parcours pour s'achever au Jardin des roses, face à la Knesset. Un symbole délibéré. « La Marche ici est différente de toutes les autres, dit Peretz. Elle est protestataire, elle renforce et elle rassemble des gens très différents. » Dans la capitale israélienne, défiler, c'est encore un acte politique.

Amit Peretz entre en fonctions à un moment charnière. La communauté LGBT de Jérusalem se bat aujourd'hui sur tous les fronts : législation, sécurité, parentalité, reconnaissance, budget. Lui ne prétend pas tout incarner. « Je suis là pour amplifier les voix », répète-t-il. Dans une ville où chaque identité devient vite une question politique, c'est déjà une position courageuse.

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Cessez-le-feu au Liban : le Hezbollah contraint de plier

Cessez-le-feu au Liban : le Hezbollah contraint de plier

Cessez-le-feu au Liban : le Hezbollah contraint de plier

Dans la nuit du mercredi 4 juin, Israël, le Liban et les États-Unis ont annoncé conjointement un accord de cessez-le-feu total au Liban. La condition centrale : le Hezbollah doit cesser tout tir contre Israël et retirer l'intégralité de ses combattants des territoires situés au sud du fleuve Litani. C'est, de fait, une capitulation militaire que l'organisation terroriste est sommée d'accepter.

Des zones pilotes sous contrôle exclusif de l'armée libanaise

Sous l'égide des États-Unis, les parties ont convenu d'établir rapidement des zones pilotes où l'armée libanaise exercera un contrôle exclusif sur le terrain. Tous les acteurs « non étatiques » — autrement dit le Hezbollah — en seront formellement exclus. Ces mesures, précise la déclaration commune, doivent permettre de progresser « vers un accord global de paix et de sécurité ». Les trois pays ont par ailleurs rejeté toute tentative d'une puissance extérieure de prendre le Liban en otage — allusion transparente à l'Iran.

Un cadre sécuritaire négocié au Pentagone

Le dispositif s'appuie sur des discussions tenues au Pentagone le 29 mai dernier. Son objectif : garantir durablement la souveraineté, la sécurité et l'intégrité territoriale des deux pays. Il prévoit le désarmement complet des groupes armés non étatiques et la prévention de toute réémergence. Les négociations politiques et sécuritaires reprendront la semaine du 22 juin en vue d'un accord définitif.

Ce que dit chaque capitale

Washington a posé une règle sans ambiguïté : tout accord sur la cessation des hostilités doit être conclu directement entre les deux gouvernements, sous médiation américaine, sans canal parallèle. Les États-Unis ont également annoncé leur soutien au renforcement des capacités des forces armées libanaises pour qu'elles exercent une souveraineté effective sur l'ensemble du territoire.

Jérusalem a été sans détour : la sécurité d'Israël ne peut être garantie que par le désarmement total du Hezbollah et le démantèlement de l'ensemble de ses infrastructures au Liban. Beyrouth, de son côté, a réaffirmé l'exigence du respect mutuel des frontières reconnues internationalement et s'est engagé à renforcer ses forces armées avec l'appui américain.

Le message d'avertissement d'Israël

L'ambassadeur israélien aux États-Unis, Yechiel Leiter, a tenu à dissiper tout malentendu dès l'annonce de l'accord : « Qu'on ne s'y trompe pas : si le Hezbollah pense que ce résultat lui confère l'immunité, il se trompe. » Le cessez-le-feu, a-t-il précisé, est conditionné à l'arrêt total des tirs sur Israël et au démantèlement complet du Hezbollah et de son infrastructure terroriste.

L'Iran dans le viseur des trois pays

Fait diplomatique notable : les trois parties ont conjointement condamné les attaques de l'Iran contre des États de la région et ses activités déstabilisatrices au Moyen-Orient. Une prise de position commune rare, qui consacre Téhéran comme l'obstacle central à toute stabilité régionale durable.

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Des milliers de Palestiniens clandestins travaillent dans les restaurants : les patrons pris en otage

Des milliers de Palestiniens clandestins travaillent dans les restaurants : les patrons pris en otage

Des milliers de Palestiniens clandestins travaillent dans les restos : les patrons pris en otage

La police israélienne multiplie les descentes dans les restaurants, cafés et commerces alimentaires pour débusquer les travailleurs en séjour irrégulier. Résultat : des établissements fermés du jour au lendemain, des propriétaires embarqués en garde à vue — alors qu'ils affirment avoir été trompés.

« J'ai passé la journée menotté »

Mardi matin, le café HaTahtit, institution de Tel-Aviv, a reçu la visite de la police. Deux employés recrutés via une agence d'intérim, munis de tous les documents requis, se sont révélés être des clandestins aux papiers falsifiés. Le propriétaire Assaf Bright a posé un mot sur la porte fermée : « Boaz et moi avons passé la journée en cellule et en interrogatoire. Aller aux toilettes avec les menottes, ce n'est pas quelque chose que je souhaite à quiconque. »

Trente jours de fermeture : un séisme pour un petit commerce

Fermer un café ou un restaurant un mois entier peut suffire à le tuer. Le loyer continue de tomber, la taxe foncière aussi, les fournisseurs réclament leurs paiements — et pendant ce temps, le chiffre d'affaires est à zéro. Les employés restants partent chercher du travail ailleurs. Les clients fidèles prennent de nouvelles habitudes. Un mois de fermeture peut représenter des dizaines de milliers de shekels de pertes, sans compter les honoraires d'avocat — ni le traumatisme du propriétaire, arrêté dans l

Deux ans de cotisations pour un fantôme

Noam Levy, patronne du café Noa'mele rue Ben Yehuda, a vécu pire. Son employé palestinien travaillait chez elle depuis deux ans — et avait usurpé l'identité de quelqu'un d'autre. « J'ai payé ses charges sociales et sa retraite pendant deux ans. Comment suis-je censée savoir qu'il était imposteur ? Je ne suis pas du Shin Bet. » Son établissement est fermé depuis trois semaines. Elle rouvre le 18 juin — et n'embauchera plus d'Arabes.

« Les restaurateurs ne sont pas des agents du renseignement »

L'association « Restaurateurs forts ensemble » a saisi la Knesset en urgence. Son constat est sans appel : depuis le 7 octobre et l'annulation de 2 000 permis de travail palestiniens, une filière sophistiquée de faux documents a prospéré sur la pénurie de main-d'œuvre. « Les restaurateurs ne sont ni enquêteurs ni experts en authentification. Ils n'ont pas les outils pour détecter un faux. » L'association réclame une procédure claire et une interface permettant de vérifier les documents en temps réel.

La police, elle, campe sur ses positions : les employeurs ont l'obligation de contrôler, et doivent signaler tout soupçon. Sans dire comment faire la différence avec un faux parfait.

Une industrie du faux document

Depuis le 7 octobre, quelque 2 000 permis de travail palestiniens dans la restauration ont été annulés. Le secteur, déjà à sec de main-d'œuvre, est devenu une cible pour les filières de faux papiers. L'association « Restaurateurs forts ensemble » réclame un débat parlementaire d'urgence : « Les restaurateurs ne sont ni agents du renseignement ni experts en authentification de documents. »

La police, elle, maintient sa ligne : les employeurs doivent vérifier. Sans préciser comment.

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Israël : 27 morts seuls en un mois, dans l'indifférence totale le cri d'alarme de ZAKA

Israël : 27 morts seuls en un mois, dans l'indifférence totale le cri d'alarme de ZAKA

Israël : 27 morts seuls en un mois, le cri d'alarme de ZAKA

Vingt-sept. C'est le nombre de personnes retrouvées mortes à leur domicile en Israël au cours du seul mois de mai, des jours — parfois des semaines — après leur décès.
Un chiffre que l'organisation de secours ZAKA a rendu public cette semaine, déclenchant une onde de choc dans la société israélienne. Par rapport à mai 2024, la hausse est de 170 %. En un an, le phénomène a presque triplé.

Derrière les statistiques, des visages. Un survivant de la Shoah de 86 ans retrouvé sans vie à Beersheva. Une femme de 54 ans à Dimona, que sa famille croyait hospitalisée. Un homme de 69 ans découvert à Netanya, aux côtés de sa mère démente incapable de donner l'alerte. Une femme de 50 ans, seule dans un refuge d'Eilat sans électricité ni lumière. Vingt-sept destins. Vingt-sept personnes mortes dans l'indifférence générale.

La solitude, maladie mortelle

« Un simple coup à la porte ou un coup de téléphone peut tout changer », martèle Haim Weingarten, directeur adjoint des opérations de ZAKA. Pour lui, ce bilan n'est pas seulement une tragédie humaine — c'est une défaillance collective. Derrière chaque cas, la même réalité : une personne dont l'absence n'a pas été remarquée à temps.

Moti Bookchin, porte-parole de l'organisation, ne prend pas de gants : « La solitude est devenue un véritable danger pour la vie. » Il parle de « signal d'alarme social » et rappelle que ces 27 personnes vivaient parmi nous — dans nos immeubles, nos quartiers, nos villes — avant de mourir dans un silence total.

« Voisin, soyez vigilant si je suis absent »

Face à l'ampleur du phénomène, ZAKA a lancé une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux. Le message est simple, direct, universel : regardez autour de vous. Un voisin qu'on n'a pas vu depuis quelques jours, une boîte aux lettres qui déborde, une lumière qui ne s'allume plus — autant de signaux qui peuvent sauver une vie.

La campagne intervient dans un contexte social particulièrement tendu en Israël, où la guerre à Gaza et ses répercussions économiques ont accentué les fractures communautaires et l'isolement des personnes vulnérables. Les personnes âgées vivant seules, les individus souffrant de troubles mentaux ou simplement coupés de tout réseau familial constituent les premières victimes de cette épidémie silencieuse.

Ce que ZAKA documente chaque mois n'est pas un fait divers. C'est le miroir d'une société qui regarde ailleurs.

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Drones du Hezbollah : Quand un chien vaut mieux qu'un radar l'innovation de Tsahal

Quand un chien vaut mieux qu'un radar

Depuis le 18 avril 2026, date d'entrée en vigueur du cessez-le-feu au Liban-Sud, la guerre s'est métamorphosée. Elle ne se joue plus à coups d'artillerie lourde ni de frappes aériennes spectaculaires, mais au bourdonnement sourd d'un petit engin de quelques centaines de grammes qui plonge en silence vers sa cible. Les drones FPV (First Person View) du Hezbollah sont devenus l'arme la plus redoutée des soldats de Tsahal sur le terrain — et peut-être la plus difficile à contrer.

Une menace venue d'Ukraine, perfectionnée au Liban

Le Hezbollah n'a pas inventé ces engins. Il les a copiés, améliorés, puis industrialisés à partir des leçons du conflit russo-ukrainien, où les drones FPV sont devenus un facteur de létalité majeur dès 2025. La particularité de la version adoptée par le Hezbollah réside dans son câble en fibre optique — aussi fin qu'un fil dentaire — qui relie l'opérateur à l'engin, rendant totalement inopérants les systèmes de guerre électronique et de brouillage sur lesquels reposaient jusqu'ici les défenses israéliennes.
Pas de signal électromagnétique détectable, pas de source géolocalisable, une signature radar quasi nulle : le drone glisse dans les angles morts de l'une des armées les plus technologiquement avancées du monde. 

À Taybeh, les systèmes de défense israéliens à plusieurs milliards de dollars ont été mis en échec par une simple bobine de câble. Lors d'une évacuation médicale d'urgence destinée à secourir des soldats blessés par un premier drone, un second engin fonçait déjà vers l'hélicoptère. Les contre-mesures électroniques ayant échoué, les soldats au sol ont dû pointer leurs fusils vers le ciel, abattant l'engin à quelques mètres de son impact.

Quinze morts, quatre-vingts attaques : le bilan qui alarme Tsahal

Les chiffres sont éloquents. Depuis le début de la campagne en mars 2026 et surtout depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 18 avril, plus de quatre-vingts drones explosifs ont été lancés contre les forces de Tsahal, dont une quinzaine ont atteint leur cible, tuant quatre soldats et un civil, et blessant des dizaines d'autres. Selon Yekal, l'unité civile israélienne des maîtres-chiens, le bilan total depuis le début du conflit s'élève à environ quinze soldats et civils israéliens tués par ce type d'attaque.

Le cessez-le-feu a en réalité aggravé la situation : il a laissé les forces terrestres israéliennes occuper une zone tampon allant jusqu'à dix kilomètres à l'intérieur du Liban, une position qui les expose davantage aux frappes de drones. Le Hezbollah a su exploiter cette fenêtre. Il a publié des vidéos de plus de quarante-cinq attaques FPV, dont vingt-huit menées dans les seules quatre semaines suivant le cessez-le-feu.

Tsahal face au mur : filets, fusils de chasse et fumigènes

L'armée israélienne n'est pas restée sans réagir. Le chef du commandement anti-char de Tsahal, le général de brigade Rami Abudraham, a engagé des efforts de procurement pour équiper chars, véhicules blindés, bâtiments et postes avancés de filets flottants destinés à perturber les ogives des drones. Des écrans de fumée dynamiques ont été déployés pour masquer les mouvements de l'infanterie et des blindés lors de leurs déplacements. Certains tireurs d'élite ont également reçu des fusils de chasse pour tenter d'abattre ces engins à vue. En parallèle, les services de renseignement ont intensifié leurs efforts pour localiser et neutraliser les opérateurs de drones à la source.

Mais toutes ces réponses ont un point commun : elles interviennent trop tard, une fois le drone déjà en approche. C'est précisément ce vide — le manque d'alerte précoce — que cherche à combler une unité civile dont on n'attendait pas forcément qu'elle entre dans ce combat.

L'IDU entre en scène : et si un chien entendait ce que le radar rate ?

L'Israel Dog Unit (IDU), une organisation à but non lucratif spécialisée dans les chiens de travail, a lancé un programme pilote inédit visant à entraîner des chiens à détecter et signaler l'approche de drones avant qu'ils n'atteignent leur cible.

L'idée peut paraître décalée face à l'arsenal technologique déployé. Elle est pourtant ancrée dans une logique rigoureuse : les chiens seraient capables de percevoir la signature acoustique distinctive des drones avant même qu'elle ne soit audible pour l'oreille humaine. Des dresseurs travaillent à conditionner les animaux à reconnaître ces fréquences sonores spécifiques et à alerter leur maître dès leur détection.

Le modèle s'inspire notamment de l'expérience indienne, où des chiens sont déjà utilisés à la frontière pakistanaise dans ce rôle de sentinelle anti-drone. Yekal s'appuie sur ses contacts en Inde pour tirer les leçons de cette expérience et a lancé un appel à des experts et partenaires stratégiques à travers le monde.

Yekutiel Ben Yaakov : « Nous sommes dans une course contre la montre »

L'homme derrière ce projet, Yekutiel Ben Yaakov, dirige l'IDU depuis son base de Kfar Tapuach, en Samarie. L'unité, qui compte quelque 400 bénévoles sur tout le territoire, forme et déploie depuis des années des chiens de recherche de personnes disparues, de détection d'explosifs et d'armes, en coopération étroite avec les forces de sécurité israéliennes. Ce passé opérationnel nourrit directement l'ambition du nouveau projet.

« Nous sommes dans une course contre la montre. Presque chaque jour, nous entendons parler d'un autre soldat tombé à cause des drones explosifs. Comme nous avons aidé les forces de sécurité avec des chiens de sauvetage dans le domaine des personnes disparues, et avec des chiens capables de détecter des armes, nous espérons pouvoir aussi aider dans la détection des drones. »

Il ajoute :" Si le programme réussit à prévenir des pertes humaines, ce sera une réalisation significative. "

L'IDU travaille également sur d'autres solutions créatives, non nécessairement liées aux chiens. L'objectif est unique : offrir aux soldats et aux civils exposés quelques secondes supplémentaires le temps, peut-être, de se mettre à l'abri.

Quelques secondes qui peuvent tout changer

Le chef d'état-major a déclaré début mai 2026 qu'aucune dépense ne devait être épargnée pour stopper les drones, mobilisant l'industrie de défense, la Direction de la recherche et du développement (MAFAT) ainsi que de multiples commandements militaires. Israël, qui a su inventer le Dôme de Fer pour contrer les roquettes, cherche aujourd'hui sa réponse à cette nouvelle équation.

L'asymétrie des coûts est au cœur du problème : un drone à quelques centaines de dollars peut contraindre une armée à dépenser exponentiellement plus en détection, protection et précaution opérationnelle. C'est toute la brutalité de la guerre de drones moderne : l'effet n'est pas seulement physique — c'est le cycle de décision entier de l'adversaire qu'on cherche à paralyser.

Dans ce contexte, l'initiative de Yekal n'est pas anecdotique. Elle incarne une vérité que les ingénieurs de défense redécouvrent parfois : face à une menace nouvelle, les solutions les plus efficaces ne sont pas toujours les plus sophistiquées. Parfois, elles ont quatre pattes et une truffe.

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Le « jeudi noir » de la high-tech israélienne : quand le shekel fort et l'IA font trembler la Silicon Wadi

Le « jeudi noir » de la high-tech israélienne : quand le shekel fort et l'IA font trembler la Silicon Wadi

Le « jeudi noir » de la high-tech israélienne : quand le shekel fort et l'IA font trembler la Silicon Wadi

La Start-up Nation licencie. En quelques heures, le 29 mai 2026 restera dans les annales comme le jour où la high-tech israéliennefierté économique du pays, locomotive de sa croissance  a brutalement montré l'autre face de son succès : un shekel si fort qu'il étouffe les entreprises qui l'ont enrichi, une intelligence artificielle si puissante qu'elle détruit les emplois qu'elle était censée multiplier.
Wix, Amdocs, AI21 Labs, Rapyd, ZoomInfo  les fleurons tombent les uns après les autres. Le paradoxe est vertigineux : c'est précisément parce qu'Israël a trop bien réussi que sa tech souffre aujourd'hui.

La high-tech israélienne vient de vivre ce que plusieurs médias économiques ont déjà surnommé un « jeudi noir ». En quelques heures, comme une série de dominos soigneusement alignés depuis des mois, plusieurs entreprises majeures ont annoncé simultanément des licenciements massifs ou des restructurations profondes. Un séisme qui a fini par inquiéter jusqu'au gouvernement.

Wix, symbole d'un modèle qui craque

Le cas Wix résume à lui seul toute la brutalité du moment. Considérée comme l'une des grandes success stories de la high-tech israélienne durant la période du Covid-19, Wix traverse désormais une phase plus compliquée, marquée par les bouleversements provoqués par l'intelligence artificielle dans l'univers du développement logiciel et de la création de sites internet.
Le 28 mai, son cofondateur et PDG Avishai Abrahami a pris la plume — ou plutôt publié sur X — un message à ses salariés qu'il a qualifié lui-même de moment « triste » : la suppression de quelque 1 000 postes, soit 20 % des effectifs mondiaux. Il s'agit du plus important plan de licenciements de son histoire.

Le PDG a mis en avant deux facteurs. « La majorité de nos équipes étant basées en Israël, une part très significative de nos coûts est libellée en shekels, tandis que nos revenus sont en grande partie en dollars », a écrit Abrahami. « Cela crée une pression structurelle sur notre capacité à opérer à l'échelle actuelle. C'est une réalité qui détermine directement ce qui est viable pour notre entreprise. »

Les chiffres sont vertigineux. La devise locale s'est appréciée de plus de 20 % au cours des 12 derniers mois et a atteint son plus haut niveau depuis 33 ans face au dollar. Pour Wix, dont l'essentiel des revenus provient du marché américain, c'est comme subir une hausse de charges sans avoir augmenté ses tarifs. Les actions cotées au Nasdaq ont chuté de près de 50 % depuis janvier 2026.

Ces derniers mois, l'entreprise avait déjà suscité des tensions internes après avoir annoncé la suppression totale du télétravail, obligeant l'ensemble des employés à revenir cinq jours par semaine au bureau. La direction avait justifié cette décision par la nécessité d'accélérer le développement des produits. Selon les médias israéliens, cette mesure faisait en réalité partie d'une vaste réorganisation interne.
Pour tenter de s'adapter à la révolution de l'IA, Wix avait notamment racheté l'an dernier la start-up israélienne Base44 pour environ 80 millions de dollars, seulement six mois après sa création. Pari insuffisant. 

Une vague qui ne s'arrête pas à Wix

Wix n'est que le nom le plus visible d'une vague bien plus large. Amdocs, le géant israélien des logiciels et des télécommunications, se prépare à supprimer 10 % de ses effectifs mondiaux — soit jusqu'à 3 000 employés — sous la houlette de son nouveau PDG Shimie Hortig. AI21 Labs, la start-up spécialisée dans le traitement automatique des langues, réduit ses effectifs d'environ 60 % afin de se concentrer sur son système de gestion d'agents IA, Maestro.

Les américaines ZoomInfo et Shutterfly ont quant à elles fermé purement et simplement leurs centres de développement en Israël, renvoyant des centaines de salariés. PayPal et Intuit ont licencié des dizaines d'employés dans le pays

La fintech Rapyd, star israélienne du paiement en ligne, a elle aussi surpris le marché. Le moment est d'autant plus piquant que deux jours seulement avant l'annonce des licenciements, il était rapporté que le fondateur et PDG de l'entreprise était en train d'acquérir 50 % de Fedanco Sport — dont dépend le club de basket du Maccabi Tel-Aviv.

Le contraste entre cette immense transaction sportive et les lettres de licenciement envoyées à ses propres employés illustre à lui seul la complexité de la période que traverse la high-tech israélienne.

Au total, le tracker de Calcalist répertorie 31 annonces de licenciements liées à la tech israélienne depuis le début de l'année 2026.

Le shekel fort : paradoxe d'un succès qui se retourne

Comment en est-on arrivé là ? Le paradoxe est saisissant. Le shekel s'est renforcé notamment parce que la high-tech israélienne a trop bien réussi — attirant des milliards de dollars de capitaux étrangers qui, convertis en shekels, ont mécaniquement fait monter la monnaie locale. « La high-tech israélienne a connu un tel succès qu'elle en subit aujourd'hui les conséquences : elle a attiré un afflux massif d'investissements en Israël, lequel a fait évoluer le taux de change shekel-dollar, et elle doit désormais s'adapter », a expliqué un représentant de l'Autorité israélienne de l'innovation.

Le problème est structurel et brutal : les entreprises encaissent leurs revenus en dollars, mais paient leurs salaires, leurs loyers et leurs charges en shekels. Quand le dollar dévisse, les coûts restent fixes tandis que les recettes s'évaporent. Selon certains experts, le dollar pourrait descendre à 2,5 shekels d'ici fin 2026, et « rien ne pourra vraiment l'arrêter »

Smotrich interpelle la Banque d'Israël, la Banque d'Israël répond

Face au tollé, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a annoncé la création d'une équipe spéciale chargée d'examiner les conséquences du renforcement du shekel sur le secteur.

Mais la tension entre le gouvernement et la Banque centrale est palpable. Smotrich avait qualifié la récente baisse de taux de la Banque d'Israël de « trop peu, trop tard ».

Le gouverneur Amir Yaron n'a pas mâché ses mots en réponse : « Je rappelle que nous sommes en guerre depuis trois ans, ce qui a coûté des dizaines de milliards de shekels. Les guerres longues mènent à l'hyperinflation. En pratique, nous avons une inflation maîtrisée, une économie résiliente, une confiance des marchés et un chômage bas. » Autrement dit : chacun campe sur ses positions pendant que les licenciements s'accumulent.

L'Association des industriels israéliens a estimé que les licenciements chez Wix étaient en partie imputables à l'inaction du gouvernement et de la banque centrale face au shekel fort. Certains économistes appellent à une baisse des taux d'un point entier — et non d'un quart de point — et à des mesures fiscales incitatives pour les investisseurs dans les nouvelles entreprises technologiques.

L'IA : bourreau ou bouc émissaire ?

Le taux de change n'explique pas tout, et les dirigeants de la tech le savent. L'intelligence artificielle est l'autre grand coupable — ou le grand prétexte, selon les sceptiques.

La véritable question est de savoir si ce sont les gains de productivité de l'IA qui justifient réellement ces suppressions de postes, ou si c'est plutôt la peur des conseils d'administration de se laisser distancer qui pousse les CEOs à licencier pour rassurer les investisseurs. Chez Wix, Abrahami a revendiqué les deux : l'IA « permet de construire des choses que la génération précédente ne pouvait littéralement pas imaginer », mais elle impose aussi « moins de couches hiérarchiques et moins d'employés ».

Pour la première fois en dix ans, le nombre d'employés de R&D en Israël a diminué, avec quelque 3 500 postes en moins. En mars 2026, la part des employés basés en Israël dans les entreprises technologiques privées locales s'élevait à seulement 62 %, contre 69 % en 2019 — les start-ups continuant de délocaliser leurs activités hors du pays. La guerre, enfin, pèse de son côté lourdement : les mobilisations prolongées dans la réserve désorganisent les équipes, retardent les projets et compliquent les levées de fonds auprès d'investisseurs étrangers.

Et maintenant ?

La high-tech israélienne ne s'effondre pas. Elle reste le moteur de l'économie nationale, avec des exportations records et une contribution déterminante au PIB. « Notre principal défi consiste à présent non seulement à continuer à innover, mais aussi à veiller à ce que cette innovation demeure source de valeur, d'emplois et de croissance ici, en Israël », résume sobrement l'Autorité de l'innovation.

La vraie question que pose ce « jeudi noir » est celle-là : la transformation en cours se fera-t-elle en maintenant les emplois sur le sol israélien, ou en accélérant les délocalisations vers des pays moins coûteux ? La réponse déterminera si Israël garde le titre de « Start-up Nation » — ou s'il en conserve seulement la légende.

 

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