La fin du baby-boom haredi ? Taux de fécondité ultra-orthodoxes au plus bas en 2025

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La fin du baby-boom haredi ? Taux de fécondité ultra-orthodoxes au plus bas en 2025

Plus bas niveau de fertilité depuis plus de 40 ans dans la société haredi

La population haredi continue de croître, mais pas comme prévu : selon un rapport de l'Institut pour la stratégie et la politique haredi pour 2025, la fertilité s'établit à 6,2 enfants en moyenne, le chiffre le plus bas depuis des décennies.
« Ce déclin s'inscrit dans un processus d'adaptation aux pressions économiques croissantes et à la hausse de la proportion d'universitaires haredi », explique le Dr Ethan Regav.
Ces tendances s'accompagnent d'une augmentation de l'âge du mariage dans le secteur haredi.

Le baby-boom haredi ralentit : un plus bas niveau de natalité depuis plus de 40 ans

La société ultra-orthodoxe (haredi) reste championne de la natalité en Israël, mais la tendance s’inverse. Selon le rapport 2025 de l’Institut pour la stratégie et la politique haredi, le taux de fécondité moyen s’établit désormais à  6,2 enfants par femme – le niveau le plus bas enregistré depuis plus de quatre décennies.

 Un pic historique, puis un reflux discret mais réel

Jusqu’en 2003, la fécondité haredi grimpait régulièrement : de 4,8 enfants par femme en 1955 à un sommet de 7,3 en 2003. Depuis, la courbe s’inverse. Stabilisé à 6,2 depuis 2020, ce chiffre reflète une baisse modérée mais continue, confirmée par les registres de naissances.

Les projections les plus récentes du Centre Taub (fin 2025) vont plus loin : si la tendance se poursuit, le taux pourrait tomber à 4,3 enfants d’ici 2040 chez les femmes haredies.

 Pourquoi ce tournant ?

Le Dr Ethan Regav, qui dirige la recherche à l’Institut, pointe plusieurs facteurs convergents :

- Pression économique : flambée des prix immobiliers, hausse des taux d’intérêt, coût de la vie qui rend les familles très nombreuses plus difficiles à assumer.
- Évolution des femmes : intégration croissante dans le monde du travail (souvent dans des métiers qualifiés), sensibilité accrue au bien-être physique et psychologique, et montée du nombre d’étudiantes universitaires haredies – un groupe qui a en moyenne **un enfant de moins** que les autres.
- Sorties du milieu : environ 13-14 % des jeunes quittent la communauté, un phénomène non négligeable.

Résultat : les prévisions les plus alarmistes s’effondrent. Les haredim ne représenteront pas un tiers de la population israélienne en 2065, mais environ 20-22 %, selon les scénarios les plus actualisés.

Une population toujours très jeune

En 2025, les haredim comptent environ 1,31 million de personnes (12,9 % de la population totale, 16 % des Juifs israéliens). Plus de la moitié ont moins de 19 ans, contre seulement 30 % chez les autres Juifs.

Les mariages restent précoces – 36 % des 18-24 ans sont déjà mariés –, mais ce taux chute (46 % en 2014). La taille moyenne des ménages diminue lentement : de 5,25 personnes en 2020 à 5,08en 2024.

Différences internes marquées

Le courant hassidique affiche toujours le taux le plus élevé (7 enfants par femme), suivi des Lituaniens (6,6) et des Séfarades (5,3. Géographiquement, les extrêmes vont de 7,6 enfants à Ofra ou Arad jusqu’à 3,4 seulement à Tel-Aviv.

 Un défi démographique pour tout Israël

Alors que la croissance démographique nationale tombe sous 1 % en 2025 pour la première fois depuis la création de l’État, la baisse – même modérée – de la fécondité haredi accélère ce ralentissement historique.

Moins de bébés, plus de pression sur le logement, l’emploi et les services publics : le modèle traditionnel de la grande famille haredi s’adapte, doucement mais sûrement, aux réalités du XXIe siècle israélien.

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