Négociations Iran-USA : entre menaces et canaux ouverts, un fragile équilibre diplomatique

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Négociations Iran-USA : entre menaces et canaux ouverts, un fragile équilibre diplomatique

Négociations Iran-USA : entre menaces et canaux ouverts, un fragile équilibre diplomatique

Au cœur de la crise qui secoue l'Iran depuis fin décembre 2025, les signaux diplomatiques se multiplient entre Washington et Téhéran. Alors que les protestations antigouvernementales font rage et que le bilan humain s'alourdit (au moins 544 à 646 morts selon les activistes), Donald Trump affirme que l'Iran a initié un contact pour négocier, tandis que Téhéran maintient des canaux de communication ouverts sans céder sur ses lignes rouges.

Trump annonce un contact direct initié par Téhéran

Dimanche 11 janvier, à bord d'Air Force One, le président américain a déclaré que « les dirigeants iraniens » l'avaient contacté et « veulent négocier ». Il a précisé qu'« une rencontre est en préparation », tout en ajoutant un avertissement clair : « Nous pourrions devoir agir avant la réunion en raison de ce qui se passe. » Trump lie explicitement ces pourparlers potentiels à la répression des manifestations, affirmant que l'Iran est « fatigué d'être battu par les États-Unis ».

Ces déclarations interviennent après ses menaces répétées d'options « très fortes », y compris militaires, pour stopper la violence contre les manifestants. Il a aussi imposé, lundi soir, un tarif douanier de 25 % sur tout pays commerçant avec l'Iran souhaitant accéder au marché américain – une mesure de pression économique immédiate.

Téhéran : « Prêts à la guerre, mais aussi au dialogue équitable »

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a répondu lundi en affirmant que l'Iran est « prêt à la guerre » si Washington choisit l'option militaire, mais « espère que Washington optera pour l'option sage » du dialogue. Il insiste sur des négociations « justes, avec des droits égaux et fondées sur le respect mutuel », sans menaces ni diktats unilatéraux.

Le porte-parole du ministère, Esmail Baghaei, a confirmé que des canaux de communication restent ouverts via l'envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et des intermédiaires traditionnels (Suisse, Oman). Téhéran nie toutefois avoir « quitté la table des négociations », tout en rejetant toute discussion « unilatérale ou basée sur la dictée ».

Contexte nucléaire et pressions internes

Les échanges portent implicitement sur le programme nucléaire iranien – sujet central des tensions depuis les frappes américano-israéliennes de juin 2025 sur des sites iraniens. Trump maintient des exigences maximalistes (zéro enrichissement, fin du programme de missiles balistiques, cessation du soutien aux proxies comme le Hezbollah). À Téhéran, le Guide suprême Ali Khamenei et les durs du régime n'ont pas encore donné leur feu vert public à des concessions majeures.

Des sources américaines indiquent que des conseillers, dont le vice-président JD Vance, poussent pour tenter la diplomatie avant toute frappe. Un briefing sur les options (frappes ciblées, cyberattaques, sanctions renforcées, soutien aux opposants en ligne) était prévu mardi 13 janvier au Pentagone.

Perspectives : diplomatie ou escalade ?

À ce stade (13 janvier 2026, 08h45 IST), aucune rencontre n'est confirmée, et la méfiance reste totale : l'Iran accuse Washington et Israël d'attiser les troubles, tandis que Trump brandit la menace militaire comme levier. Les négociations, si elles se matérialisent, pourraient viser un allègement des sanctions contre des concessions nucléaires limitées – mais le sort des manifestants et la survie du régime compliquent tout accord rapide.

La situation reste volatile : les B-52 en position, les tarifs douaniers activés, et les rues iraniennes toujours agitées. La fenêtre diplomatique existe, mais elle est étroite et menacée par la répression en cours.

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