Israël : À l’aéroport Ben Gourion, chaque passager est un suspect potentiel

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Israël : À l’aéroport Ben Gourion, chaque passager est un suspect potentiel

À L’AÉROPORT BEN GOURION, LA CHASSE SILENCIEUSE AUX PASSEURS D’ARMES

Ils ressemblent à des voyageurs ordinaires, rentrant de vacances ou d’un court séjour en Europe. Mais dans les halls feutrés de l’aéroport Ben Gourion, les enquêteurs de l’unité 747 de la police israélienne scrutent chaque geste. Leur mission : intercepter les passeurs d’armes, de drogue et d’or avant que ces marchandises ne disparaissent dans la nature. « Les gens courent après l’argent facile. Quand ils se font attraper, ce sont des familles entières qui explosent », résume un officier.

UN VOL ANODIN, UN COMPORTEMENT QUI ALERTE

Mercredi soir. Le vol QS1284 en provenance de Prague se pose à Tel-Aviv. Près de 200 passagers descendent de l’avion, se dirigent vers le contrôle des passeports, puis vers le tapis à bagages. Parmi eux, un homme d’une quarantaine d’années, habitant de Be’er Yaakov. Aucun antécédent judiciaire. Rien, en apparence, ne le distingue des autres.

Mais dès la sortie de l’appareil, des policiers en civil de l’unité 747, mêlés aux passagers, repèrent chez lui « des gestes nerveux et une attitude qui éveillent immédiatement les soupçons ». Ils le suivent à distance, sans attirer l’attention.

UNE VALISE, HUIT PISTOLETS

Lorsque l’homme récupère sa valise, les policiers passent à l’action. « C’est à ce moment-là que nous nous sommes collés à lui », explique le surintendant Amit Barzilai, commandant de l’unité. Les agents s’identifient discrètement et l’escortent vers une salle d’inspection.

À l’ouverture de la valise, la stupeur est totale : huit pistolets soigneusement dissimulés à l’intérieur. L’homme, lui, reste impassible. Il affirme être arrivé d’Allemagne via Prague et soutient avoir acheté des « pistolets lance-fusées pour son usage personnel et pour les offrir à des amis ».

DES ARMES CONSIDÉRÉES COMME DES ARMES À FEU

Aux yeux de la police israélienne, ce type d’arme n’a rien d’anodin. Capables de tirer des fusées éclairantes ou des gaz lacrymogènes, ces pistolets sont juridiquement considérés comme des armes à feu à part entière. L’importation illégale d’une arme de poing est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à quinze ans de prison.

En avril 2024, la loi israélienne sur les armes à feu a été durcie. Un amendement prévoit désormais jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour l’importation d’une « arme factice », comme un pistolet de départ utilisé lors de compétitions sportives. Une précision lourde de sens : ces objets peuvent être transformés, par une simple manipulation mécanique, en armes létales, « pas moins dangereuses que n’importe quel pistolet vendu légalement », selon les forces de l’ordre.

UNE GUERRE DISCRÈTE CONTRE LES FILIÈRES

Ce type d’arrestation illustre le travail de fond mené quotidiennement par l’unité 747, spécialisée dans la lutte contre la contrebande aux frontières aériennes. À Ben Gourion, chaque valise suspecte peut contenir bien plus qu’un souvenir de voyage : elle peut alimenter des réseaux criminels, des violences armées et des drames familiaux durables. Ici, rien n’est laissé au hasard, et chaque regard compte.

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