Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Bat Yam, ville de culture et de littérature francophone : café littéraire d'exception

Bat Yam, ville de culture et de littérature francophone : café littéraire d'exception

Bat Yam, ville de culture et de littérature francophone

Une soirée littéraire à ne pas manquer

Le dimanche 28 juin 2026 à 19h, le Centre Communautaire Francophone de Bat Yam ouvre ses portes pour un Café Littéraire d'exception, organisé par G-Events. Une invitation à partager, à découvrir, à débattre dans la langue de Molière, au cœur d'Israël.

Adresse : 19 rue Sokolov à Bat Yam
Téléphone : 053-708-3198.

Quatre voix, quatre univers

Quatre auteurs francophones de Bat Yam vous feront découvrir leurs œuvres récentes et vous inviteront à un dialogue ouvert et sincère :

René SerorUn souffle universel : Un shofar raconte
Sophie Chemla :  La Mécanique du Mal : Le financement du terrorisme international
Delphine Rahela BelhassenRêves & Histoires de nouvelles vies
Philippe Nissim ZarkaLe Couple Vivant : Ce que l'amour demande vraiment

Des récits aussi divers que la vie elle-même spiritualité, géopolitique, nouveaux départs, amour et engagement. Il y en aura pour tous les esprits curieux.

Une conférence-débat qui promet d'être animée

La soirée se prolongera avec une intervention très attendue : l'historien Haim Berkovits, coordinateur d'Israel Is Forever, présentera son nouveau livre On vous a menti : Free Palestine  une conférence-débat qui ne laissera personne indifférent.

Bat Yam, une ville qui pense, qui crée, qui rayonne

Au-delà des livres et des mots, c'est toute la vitalité de la communauté francophone de Bat Yam qui s'exprime ce soir-là. Depuis plusieurs années, cette communauté contribue activement à l'essor culturel, intellectuel et économique de la ville bâtissant, rencontre après rencontre, l'image d'une Bat Yam moderne, cultivée, solidaire et tournée vers l'avenir.

Dimanche 28 juin 2026 — 19h
Centre Communautaire Francophone de Bat Yam
Organisé par G-Events

Entrée libre — venez nombreux, venez curieux.
Adresse : 19 rue Sokolov à Bat Yam
Téléphone : 053-708-3198.

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Iran : 400 milliards de raisons de crier victoire

Iran : 400 milliards de raisons de crier victoire

L'Iran victorieuse ?

Pendant que les drones des Gardiens de la Révolution continuaient de cibler des navires marchands dans le détroit d'Ormuz, y compris après la signature du mémorandum d'accord, Téhéran comptait déjà ses gains : 100 milliards de dollars d'avoirs gelés à récupérer, et un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars en perspective.
L'encre n'était pas sèche que l'Iran avait déjà gagné. Sans renoncer à son programme nucléaire. Sans cesser ses tirs. La question que personne à Washington n'ose poser franchement : qui a vraiment remporté ce round ?

L'accord Iran-USA : des milliards gelés, des drones qui continuent de voler et un mémorandum truffé d'ambiguïtés

Des drones lancés après la signature et interceptés

L'encre du mémorandum d'accord était à peine sèche que les Gardiens de la Révolution iraniens continuaient, nuit après nuit, à lancer des drones sur des navires marchands dans le détroit d'Ormuz.
Selon NBC News, qui cite une source américaine, l'Iran a expédié un «nombre important» d'engins vers des bâtiments commerciaux depuis l'annonce de l'accord y compris après sa signature électronique. Les États-Unis les ont interceptés avant qu'ils ne constituent une menace pour les navires civils, les bâtiments militaires ou les équipages présents dans la zone.

C'est le premier signal que quelque chose cloche dans l'application de ce texte. Pourtant, le mémorandum dont la version qui a fuité précise qu'«avec la signature, l'Iran prendra immédiatement des mesures pour garantir que la circulation des navires marchands depuis le golfe Persique vers la mer d'Oman et inversement reprendra dans les 30 jours à un niveau comparable à celui d'avant la guerre, en tenant compte de la nécessité de lever les obstacles techniques et du déminage par l'Iran» semblait pourtant on ne peut plus clair sur ce point.

La carte des milliards gelés : de Pékin à Luxembourg

Pendant que les négociateurs peaufinent leur langage diplomatique, Téhéran a les yeux fixés sur un trésor considérable. Le Wall Street Journal a publié un état des lieux détaillé des avoirs iraniens gelés à l'étranger, répartis par pays :

Chine : entre 20 et 50 milliards de dollars. Irak : 15 milliards. Inde : 7 milliards. Corée du Sud : 7 milliards, dont la majeure partie a déjà été transférée au Qatar. Qatar : 6 milliards. Japon : 3 milliards. États-Unis : 2 milliards. Luxembourg : 2 milliards. Oman : 1 milliard.

Une partie de ces fonds est bloquée depuis la fondation même de la République islamique, à la suite de la révolution de 1979. Mais l'essentiel correspond à des paiements plus récents pour les ventes de pétrole iranien à la Chine, à l'Inde, à la Corée du Sud et au Japon des fonds qui ont été gelés en 2018 quand Donald Trump a retiré les États-Unis de l'accord sur le nucléaire et rétabli les sanctions. Téhéran revendique un total d'au moins 100 milliards de dollars d'avoirs à l'étranger ; des experts estiment ce chiffre nettement inférieur.

Un mémorandum «d'une ambiguïté remarquable»

Des sources américaines ont confié à CNN que le mémorandum d'accord est rédigé de façon «d'une ambiguïté remarquable» et c'est délibéré. L'objectif : ménager un espace de manœuvre pour les négociations techniques à venir entre Washington et Téhéran, tout en permettant à l'Iran de «vendre» politiquement l'accord à sa propre opinion publique. «La rédaction permet à l'Iran de dire ce dont il a besoin pour sa politique intérieure», a déclaré l'une de ces sources.

Selon le même rapport, le mémorandum que le vice-président JD Vance a décrit comme tenant sur une page et demie ne reflète pas les engagements critiques que l'Iran a transmis aux États-Unis «par des canaux parallèles». Ce sont précisément ces engagements qui ont donné à Téhéran la confiance nécessaire pour signer. «Les gens ne doivent pas s'accrocher trop au mémorandum», a averti l'un des interlocuteurs de CNN, qualifiant le document de «texte politique» et ajoutant : «Ce qui importe davantage que le document lui-même, ce sont les compréhensions mutuelles que nous avons.»

Ce que l'accord dit et ce qu'il tait

Le mémorandum ne règle pas la question du programme nucléaire iranien. Il la reporte à soixante jours de négociations supplémentaires. Il établit en revanche la réouverture du détroit d'Ormuz, sans exiger dans l'immédiat le paiement d'une taxe par les navires qui le traversent cette question étant renvoyée aux pourparlers futurs.

Dans les coulisses, l'Iran a signalé à Washington qu'il accepterait les concessions réclamées par l'administration Trump, notamment la participation américaine à la destruction de l'uranium enrichi en coordination avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Mais aucune de ces concessions ne figure explicitement dans le document. En revanche, le mémorandum détaille avec une certaine précision les allègements économiques auxquels l'Iran pourra prétendre s'il honore ses engagements, y compris l'accès futur à un «fonds de reconstruction» d'une valeur de 300 milliards de dollars.

La bataille de Washington : Ratcliffe contre Vance et Kushner

Des fonctionnaires de l'administration Trump ont indiqué en privé qu'ils sont «impatients» de rendre le texte de l'accord public, mais qu'ils accordent à l'Iran le temps d'influencer ses propres dynamiques politiques internes avant la signature officielle en Suisse. Des copies du document circulent déjà en Europe et parmi les autres membres du G7 réunis au sommet d'Évian, en France.

«Nous voulons que le document soit rendu public», a déclaré l'une des sources à CNN. «Ils nous ont demandé d'attendre jusqu'à vendredi, mais nous essayons de le publier plus tôt.» Un facteur supplémentaire complique la donne : le Guide suprême Mojtaba Khamenei a donné son aval implicite au mémorandum, mais des discussions internes se poursuivent à Téhéran sur l'opportunité de le voir publier une déclaration avant la signature formelle.

Axios rapporte pour sa part qu'un débat âpre s'est tenu en coulisses au sein de la direction américaine, loin des caméras. Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, a indiqué à Trump et à d'autres hauts responsables que le renseignement américain nourrit de «sérieux doutes» quant à la volonté réelle de l'Iran d'honorer les concessions nucléaires exigées dans tout accord final. Selon trois sources au fait des discussions, Ratcliffe n'était pas seul : le secrétaire d'État Marco Rubio et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth ont également exprimé des réserves, tandis que JD Vance, l'envoyé spécial Steve Witkoff et Jared Kushner poussaient à avancer.

Un accord qui divise jusqu'au camp républicain

L'accord suscite des remous jusque dans les rangs du parti de Trump.
L'aile va-t-en-guerre a commencé à élever la voix, s'interrogeant ouvertement sur la question de savoir si le président n'a pas concédé trop pour mettre fin à la guerre.

Une question qui, au vu des drones encore lancés nuit après nuit sur les navires du détroit d'Ormuz, commence à trouver des éléments de réponse particulièrement inconfortables.

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Coup dur pour les pro-palestiniens : Palestine Action classée organisation terroriste

organisation terroriste, Royaume-Uni, Cour d'appel Londres, interdiction terrorisme, Elbit Systems, Shabana Mahmood, désobéissance civile, vi…Palestine Action, organisation terroriste, Royaume-Uni, Cour d'appel Londres, interdiction terrorisme, Elbit Systems, Shabana Mahmood, désobéissance civile, violence politique, Greta Thunberg, liberté d'expression, ministère de l'Intérieur britannique, militants pro-palestiniens, attentat Bristol, Houda Amori

Palestine Action classée organisation terroriste : la justice britannique valide l'interdiction

La Cour d'appel de Londres a tranché ce lundi : le gouvernement britannique avait le droit d'interdire Palestine Action et de le classer comme organisation terroriste. Quatre mois après qu'un tribunal avait jugé cette décision illégale, le vent a tourné. Cinq magistrats, à l'unanimité, ont estimé que le ministère de l'Intérieur avait agi de manière « proportionnée » et dans le strict respect de la loi. Un revers cinglant pour les pro-palestiniens britanniques.

Une organisation mise hors-la-loi pour ses violences répétées

L'interdiction remonte à juillet 2025. Le gouvernement Starmer avait alors décidé de placer Palestine Action sur la liste des organisations terroristes au même rang qu'Al-Qaïda, le Hezbollah ou l'IRA irlandaise en réponse à une série d'actions violentes commises par ses membres, principalement contre des entreprises liées à l'industrie de défense israélienne, au premier chef Elbit Systems.

Le déclencheur immédiat avait été l'intrusion de militants dans une base de la Royal Air Force en juin 2025, où deux avions militaires avaient été saccagés. Le mois suivant, c'est une usine d'Elbit Systems à Bristol qui était prise d'assaut : les militants avaient semé la destruction, causant plus d'un million de dollars de dégâts, et l'un d'eux avait frappé un policier avec un marteau de cinq kilos. Des actes que le tribunal a qualifiés d'actes terroristes.

L'interdiction avait des conséquences immédiates et radicales : toute manifestation organisée sous la bannière de Palestine Action devenait automatiquement illégale. Soutenir publiquement l'organisation exposait à six mois de prison ; en être membre ou en organiser des événements, à quatorze ans de réclusion.

En février, un premier tribunal avait dit non

Palestine Action avait contesté l'interdiction en justice. En février 2026, un tribunal lui avait donné raison, estimant que la mesure était « disproportionnée » et portait atteinte aux libertés d'expression et d'association. Le ministère de l'Intérieur avait aussitôt fait appel, tout en maintenant le classement terroriste pendant la procédure. C'est cet appel qui vient d'être accepté.

La juge principale Sue Carr a été claire, même si elle a reconnu que l'interdiction était « extrêmement controversée » : « Ce serait une erreur fondamentale d'ignorer le fait que Palestine Action promeut une violence illégale équivalente au terrorisme. » Elle a tenu à balayer toute comparaison flatteuse avec les mouvements de désobéissance civile du passé : « Il ne s'agit pas d'un groupe de protestation transparent qui agit au grand jour. C'est une organisation secrète qui dissimule ceux qui ont recours à la violence pour détruire des biens et causer des blessures. »

Shabana Mahmood, ministre de l'Intérieur travailliste, a salué la décision : les agissements de Palestine Action, a-t-elle déclaré, « ne sont pas compatibles avec les valeurs démocratiques et l'État de droit ».

Vendredi déjà, quatre militants condamnés à de lourdes peines

Le jugement de ce lundi intervient dans un contexte de durcissement judiciaire. Vendredi dernier, quatre membres de Palestine Action impliqués dans l'attaque de l'usine Elbit de Bristol avaient été condamnés à des peines allant de cinq à sept ans de prison. Devant le tribunal, des centaines de manifestants avaient bravé l'interdit 125 d'entre eux avaient été arrêtés.

Depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction, plus de 3 400 sympathisants ont été interpellés par la police britannique, parmi lesquels l'activiste suédoise Greta Thunberg.

« Je suis écrivain, pas terroriste »

Ce lundi, plusieurs centaines de personnes avaient fait le déplacement devant la Cour d'appel, dans l'attente du verdict. Parmi eux, Chris Hutton, 47 ans, poursuivi pour avoir brandi un panneau portant l'inscription : « Je m'oppose au génocide, je soutiens Palestine Action. » Il avait confié à l'AFP : « Je suis un écrivain qui rédige des livres pour enfants, je ne suis pas un terroriste. » Pour lui, Palestine Action n'est pas une organisation violente : « Nous sommes contre le génocide, nous essayons d'arrêter la violence. » Quand le verdict lui est parvenu, il a lâché : « C'est une décision autoritaire. Maintenant, je risque d'aller en prison. C'est peu probable, mais ce n'est plus impossible. »

La police a procédé à plusieurs arrestations parmi les manifestants, dont certains portaient des pancartes. Hollie Rowe, 35 ans, a réagi à la décision avec une détermination intacte : « Il y a de la frustration et de la colère, mais je sais que nous avons raison. Plus ils nous répriment, plus nous nous battrons pour la justice. »

Les militants annoncent qu'ils iront jusqu'au bout

Houda Amori, l'une des cofondatrices de Palestine Action, a annoncé son intention de saisir la Cour suprême et, si nécessaire, la Cour européenne des droits de l'homme. « Nous ne cesserons pas de nous battre pour que cette interdiction soit levée », a-t-elle écrit sur X. « Et surtout  pour une Palestine libre. »

La décision de ce lundi était également attendue par des centaines de personnes poursuivies depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction pour avoir simplement exprimé leur soutien à l'organisation. Pour elles, l'enjeu n'était pas seulement juridique : il s'agissait de savoir si le fait de brandir un panneau dans une rue britannique pouvait désormais constituer un acte criminel. La réponse de la Cour d'appel, ce lundi, est sans ambiguïté : oui.

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Los Angeles :  Un homme d'affaires fortuné arrêté pour terrorisme antisémite

Los Angeles :  Un homme d'affaires fortuné arrêté pour terrorisme antisémite

Un millionnaire de Los Angeles arrêté : il harcelait un rabbin et prétendait qu'il « cachait des cadavres »

Pacific Palisades, Los Angeles :  Un homme d'affaires fortuné arrêté pour terrorisme antisémite

Un millionnaire de Los Angeles a été arrêté pour menaces terroristes après avoir harcelé pendant des mois un rabbin de la communauté Habad et ses fidèles dont des enfants à coups d'insultes antisémites, de propos racistes et de menaces répétées lancées depuis la terrasse de sa maison, mitoyenne du centre Habad du quartier de Pacific Palisades.

Le suspect, Bruce Leon, 64 ans, a été interpellé par la police de Los Angeles peu avant minuit vendredi, à la suite d'une série de plaintes déposées par le rabbin Zoucha Konin, émissaire Habad de Pacific Palisades, en Californie.

Des mois de harcèlement sous les yeux des enfants

Selon la plainte, pendant plusieurs mois, Leon avait pris l'habitude de crier insultes et menaces en direction des fidèles  y compris sur de jeunes enfants depuis le balcon de sa résidence jouxtant le centre Habad. D'après le California Post, son comportement comprenait des remarques antisémites et racistes répétées, des perturbations délibérées pendant les prières et des menaces verbales incessantes.

Leon s'en était notamment pris directement au rabbin Konin avec des termes d'une violence rare, allant jusqu'à menacer de lui « tordre le nez ». Le rabbin a également indiqué que Leon proférait régulièrement des insultes racistes à l'encontre des Afro-Américains.

Lors de l'un des affrontements, Leon avait hurlé en direction du rabbin : « Je ne vais nulle part, sale juif. Maigris un peu, bordel. Va travailler. Fais quelque chose pour une fois. T'es foutu va en enfer. »

« Je n'avais jamais vécu une chose pareille »

« C'était horrible », a confié le rabbin Konin au California Post. « Je n'avais jamais vécu une chose pareille, surtout pas devant des enfants. De tout petits enfants. Dans ce pays, voir ce genre de haine et d'antisémitisme c'est tout simplement inconcevable. »

Le rabbin a précisé que les membres de sa communauté avaient alerté la police à plusieurs reprises au cours des derniers mois, bien avant l'arrestation de vendredi. Les scènes de harcèlement se produisaient en pleine prière, à la vue de familles entières.

Un casier judiciaire déjà bien chargé

Le profil de Bruce Leon n'est pas celui d'un inconnu de la justice. En 2019, il avait déjà été condamné pour menaces criminelles et détention illégale d'arme à feu en violation d'une ordonnance de protection dans une affaire de violence conjugale. En 2023, il avait été placé en garde à vue pour des soupçons d'agression, de vandalisme et d'autres infractions liées à la violence domestique.

La veille de son arrestation, Leon avait lui-même accordé un entretien au California Post, sans la moindre gêne. Il y avait revendiqué avoir délibérément diffusé de la musique chrétienne à plein volume pour agacer ses voisins juifs une pratique dont il tirait, selon ses propres mots, une satisfaction certaine. Il reconnaissait leur avoir dit qu'ils « allaient en enfer » et les avoir traités de « porcs répugnants ». Pour couronner le tout, il affirmait sans le moindre fondement que le rabbin « cachait des cadavres » dans l'enceinte du centre Habad.

Un voisinage toxique depuis mars

Le rabbin Konin a indiqué que les troubles avaient débuté en mars, peu après que Leon avait acquis la maison voisine un bien immobilier estimé à plusieurs millions de dollars. Selon les informations disponibles, Leon est l'héritier d'une société familiale spécialisée dans les raisins secs.

De l'argent, une terrasse, et une haine apparemment tenace : les ingrédients d'un cauchemar ordinaire pour une communauté qui ne demandait qu'à prier en paix.

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Mondial 2026 : L'Iran conspuée, la Belgique fébrile, l'Uruguay rattrapé

Mondial 2026 : L'Iran conspuée, la Belgique fébrile, l'Uruguay rattrapé

Mondial 2026 : la nuit des occasions manquées — l'Iran conspuée, la Belgique fébrile, l'Uruguay rattrapé

Personne n'avait anticipé ce scénario. Après le nul stupéfiant de l'Espagne face au Cap-Vert (0-0) mardi soir déjà considéré comme la plus grande surprise du Mondial 2026 la nuit qui a suivi n'a fait qu'enfoncer le clou : quatre matchs, quatre nuls consécutifs, et autant de favoris sur le papier qui rentrent dans leur vestiaire avec un point au lieu de trois. La Belgique, l'Uruguay, l'Iran chacune à sa manière a laissé filer l'essentiel.

Groupe 7 : Iran – Nouvelle-Zélande 2-2 | Des drapeaux, des sifflets et un point arraché

Le voyage de l'Iran au Mondial avait commencé bien avant le coup d'envoi. Depuis des semaines, la question planait : la sélection de la République islamique, engluée dans un conflit armé avec Israël et les États-Unis, allait-elle seulement fouler la pelouse ?
La FIFA, par la voix de son président Gianni Infantino fidèle à sa doctrine du « football hors politique »  avait tranché : l'Iran jouerait aux États-Unis malgré les tensions.
Le 2-2 dramatique face à la Nouvelle-Zélande, à Monterrey, a clos le suspense sportif. Mais les tribunes ont dit autre chose.

Avant même le coup d'envoi, des supporters ont brandi dans les gradins le drapeau de l'ancien Shah  pourtant formellement interdit par la FIFA symbole ostentatoire des opposants au régime. Puis, au moment de l'hymne iranien, des milliers de voix se sont élevées non pas pour chanter, mais pour siffler. Un concert de huées, sourd et cinglant, comme un désaveu collectif adressé à la République islamique depuis les tribunes d'un stade américain.

L'accueil glacial : L'hymne iranien sifflé à Monterrey

Ce qui s'est passé dans les tribunes avant le coup d'envoi du match Iran Nouvelle-Zélande mérite qu'on s'y arrête. Des milliers de supporters iraniens en exil ont délibérément sifflé l'hymne de la République islamique, brandissant le drapeau de l'ère du Shahinterdit par la FIFA  en signe de protestation et de solidarité avec les opposants au régime à l'intérieur du pays. Certains médias avaient rapporté ces derniers mois des tentatives peu crédibles d'évincer l'Iran au profit de l'Italie, à l'initiative d'influents proches de Donald Trump. Infantino avait tenu bon. Les sifflets de Monterrey lui ont clairement signifié ce que les exilés iraniens pensent de cette décision.

Sur le terrain, la Nouvelle-Zélande a ouvert le score par deux fois grâce à Elijah Just (7e, 54e). À chaque fois, l'Iran a répondu : d'abord par Ramin Rezaeian (32e), puis par Mohammad Mohabi (64e), lequel a conclu d'une tête une action initiée par ce même Rezaeian. Un point pris sur le fil, mais deux points perdus dans la course à la qualification.

Groupe 7 : Belgique – Égypte 1-1 | Lukaku sauve les meubles, les Pharaons réclament un penalty

Une heure à peine après le fiasco espagnol, la Belgique est devenue la quatrième sélection européenne sur dix à ne pas s'imposer face à un adversaire théoriquement inférieur lors du premier tour. Le résultat 1-1 contre l'Égypte a le goût amer d'un rendez-vous raté.

L'Égypte a ouvert le score par l'intermédiaire du milieu d'Al-Ahly, Imam Ashour (19e), sur une passe décisive de Mohamed Salah qui fêtait ce soir-là ses 34 ans avec une élégance toute particulière.

La Belgique, en difficulté pendant une heure, a dû attendre l'entrée en jeu de Romelu Lukaku à la 66e minute pour voir le vent tourner. Moins d'une minute après sa montée au jeu, le géant interiste a provoqué un but contre son camp de Mohamed Hany en pressant le cœur de la défense des Pharaons. Score final : 1-1. Statistique qui dit tout sur l'équilibre du match : les deux équipes ont terminé avec exactement trois tirs cadrés et deux occasions franches chacune.

Les Égyptiens auraient pu, et peut-être dû, s'imposer : à la 92e minute, l'arbitre argentin Román Abatti a refusé un penalty qui a fait bondir le banc égyptien. « On sait que la Belgique est une bonne équipe, mais on ne sait pas encore si c'était notre match le plus difficile ou le plus facile dans ce groupe », a lancé l'attaquant Hamza Abd El Karim à l'issue de la rencontre. La pique était juste. Pour les Belges, c'est désormais trois matchs consécutifs sans victoire en phase de groupes de Coupe du monde les deux précédents leur avaient déjà coûté leur qualification au Qatar.

Groupe 8 : Arabie Saoudite – Uruguay 1-1 | L'exploit de 2022 ne se renouvelle pas

Tout le monde se souvient : en 2022, l'Arabie Saoudite avait signé l'une des plus grandes surprises de l'histoire de la Coupe du monde en battant l'Argentine 2-1, future championne du monde. C'est avec ce souvenir en bandoulière et le même gardien, Mohammed Al-Owais, entre les perches que l'équipe entraînée par Yorgos Donis, ex-entraîneur du Maccabi Tel-Aviv, a entamé son Mondial 2026. Résultat : 1-1 contre l'Uruguay, et une impression de déjà-vu pour les deux camps.

Les Saoudiens ont pris l'avantage à la 41e minute grâce à un but d'Abdulllah Al-Amri, qui a su exploiter une erreur défensive adverse. En première mi-temps, l'Uruguay dirigé par Marcelo Bielsa semblait en plein désarroi. Mais à la pause, visiblement, la douche froide a été administrée dans le vestiaire. Les Uruguayens sont revenus avec une toute autre intensité, bombardant le but saoudien : 22 tirs en seconde période, dont dix cadrés. Un record : la dernière équipe à avoir tenté autant de tirs en une mi-temps lors d'un Mondial, c'était l'Allemagne de l'Est en 1974, avec 24 tentatives en première période contre le Chili. Al-Owais a tenu. Jusqu'à la 80e minute, où Maximiliano Araújo a finalement trouvé la faille.

Le chiffre de la nuit : 60

Malgré la déception du nul, Mohamed Salah peut savourer son 34e anniversaire avec une distinction rare : il est le premier joueur africain depuis 1966 à être impliqué sur un but en Coupe du monde le jour de sa date d'anniversaire.

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300 milliards pour reconstruire l'Iran : la facture que Trump veut faire payer à l'Occident

300 milliards pour reconstruire l'Iran : la facture que Trump veut faire payer à l'Occident

ACCORD AVEC L'IRAN : CE QUE WASHINGTON CACHE À ISRAËL

L'Iran sort de la guerre vainqueur diplomatique, et c'est Trump qui paiera la facture

Pendant que Téhéran continue de qualifier sa défaite militaire de « grande victoire », un document mis en avant par l'agence de presse officielle iranienne Mehr révèle les véritables termes d'un mémorandum d'entente en cours de finalisation avec Washington. Et la lecture de ce texte, point par point, donne le vertige.

Un cessez-le-feu, oui. Mais à quel prix ?

Le texte évoqué par Mehr prévoit la cessation immédiate et permanente des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban un point que le conflit déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février, suivi d'une trêve entrée en vigueur le 8 avril, a profondément ébranlé la région et l'économie mondiale. Jusqu'ici, rien d'anormal pour un texte de fin de guerre.

Mais la suite est nettement plus problématique pour Israël. Washington s'engagerait à ne pas intervenir dans les affaires intérieures de la République islamique, à retirer ses forces des zones entourant l'Iran, et à garantir la réouverture du détroit d'Ormuz dans les trente jours une réouverture placée sous autorité iranienne selon plusieurs médias occidentaux qui confirment partiellement la version de Mehr.

Le point qui fait scandale : 300 milliards de dollars pour reconstruire l'Iran

C'est le point le plus explosif du document, et il n'est pas une invention iranienne : plusieurs sources occidentales le confirment. Le projet d'accord prévoirait un plan de reconstruction de plus de 300 milliards de dollars financé par les États-Unis et leurs alliés, en réponse aux dommages considérables subis par les infrastructures iraniennes, qui nécessiteraient selon l'accord des plans de reconstruction que les États-Unis et leurs alliés devront soumettre.

Autrement dit : ce sont les contribuables américains et européens pas les Iraniens, et certainement pas le régime des mollahs qui paieraient la note de la reconstruction du pays qui a tiré des missiles sur Israël pendant des semaines. Pendant ce temps, qui reconstruit les habitations israéliennes détruites par les tirs de missiles iraniens ? Qui indemnise les familles israéliennes endeuillées ? Aucun mécanisme de ce type n'apparaît dans le texte.

Trump lui-même, lors d'une précédente annonce de cessez-le-feu, avait pourtant tenu des propos qui semblent préfigurer cette logique : "Il y aura beaucoup d'action positive ! De l'argent sera gagné. L'Iran peut commencer le processus de reconstruction", avait-il déclaré, ajoutant que cela pourrait être "l'âge d'or du Moyen-Orient". Un âge d'or pour qui, exactement ? 

Les sanctions levées, l'argent iranien débloqué sans contrepartie immédiate

Le mémorandum prévoirait également la suspension des sanctions sur le pétrole et les produits pétrochimiques iraniens, ainsi que la libération de 24 milliards de dollars de fonds gelés la moitié versée avant même le début des négociations finales. Cette information est confirmée par le vice-président américain JD Vance lui-même, qui a tenu à nuancer : "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion"précision qui suggère que cette clause existe bel et bien, et qu'elle inquiète jusqu'à Washington.

Le nucléaire : des promesses, mais pas d'engagement contraignant immédiat

Sur le point le plus sensible pour Israël le programme nucléaire iranien le texte est volontairement flou. L'Iran s'engagerait à ne jamais chercher à acquérir l'arme nucléaire, mais les limites d'enrichissement et l'élimination des stocks seraient renvoyées à la période de négociation de 60 jours, dans une configuration qui rappelle douloureusement le JCPOA de 2015 que Trump avait lui-même dénoncé en 2018.

Le président américain a d'ailleurs reconnu lui-même les limites de son propre texte : l'accord qu'il défend ne traite la question du matériel nucléaire iranien que de manière "conceptuelle", le mémorandum se contentant de poser le cadre de négociations ultérieures sur ce sujet. Il inclura néanmoins un engagement de l'Iran à ne pas se doter de l'arme nucléaire un engagement que Téhéran répète depuis des décennies sans jamais convaincre personne.

Israël, simple spectateur d'un accord qui le concerne au premier chef

Le point le plus révélateur reste celui-ci : Netanyahu a lui-même indiqué qu'Israël n'était pas partie à cet accord émergent annoncé par Trump. Le cabinet du Premier ministre s'est contenté d'exprimer sa « gratitude » pour une promesse verbale de Trump, selon laquelle l'accord final inclura "l'élimination de l'uranium enrichi, le démantèlement des infrastructures d'enrichissement, des limites à la production de missiles, ainsi que la fin du soutien de l'Iran à ses supplétifs terroristes dans la région"

Une promesse. Pas une clause contractuelle. Pas une garantie inscrite dans le mémorandum lui-même, qui selon le document mis en avant par Mehr retire justement et explicitement la question des missiles et du soutien iranien aux groupes de la « résistance » de l'ordre du jour des négociations finales.

Une réaction israélienne déjà inquiète

Le malaise est tel que la presse israélienne elle-même s'interroge sur les conséquences de ce texte pour la sécurité du pays, un article d'opinion du Times of Israël posant directement la question de savoir si cet accord, qui mettrait fin à un cessez-le-feu coûteux pour Trump, ne poserait pas "un sérieux problème à Israël".

En clair

Téhéran sort du conflit avec : la levée des sanctions, le déblocage de milliards de dollars, un plan de reconstruction financé par l'Occident, le retrait des forces américaines de sa périphérie, et six mois de répit diplomatique sans contrainte nucléaire immédiate. Israël, de son côté, obtient... une promesse orale de Donald Trump.

Si le texte iranien diffusé par Mehr se confirme dans ses grandes lignes ce que plusieurs médias occidentaux corroborent déjà sur les points clés (300 milliards, levée des sanctions, retrait américain, réouverture d'Ormuz) alors la question posée par nos lecteurs n'est pas déplacée : qui, dans cette histoire, a réellement gagné la guerre ?

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Tribune de Ruhama Weiss : Dénoncer la mort de Sam. Un état génocidaire ne le ferait jamais.

Tribune de Ruhama Weiss : Dénoncer la mort de Sam. Un état génocidaire ne le ferait jamais.

Note de la rédactrice en chef d'Alliance, Claudine Douillet : Publier cette tribune ne signifie pas nous aligner sur la gauche israélienne. Au contraire. Dénoncer la mort atroce du petit Sam Abu Haikal, c'est précisément démontrer qu'Israël n'est pas un État génocidaire.
Un État génocidaire n'aurait laissé aucun Palestinien en vie face à l'une des armées les plus puissantes au monde  et surtout, il n'aurait ni la conscience ni la volonté de reconnaître ses erreurs.
Tsahal a ouvert une enquête. Des voix israéliennes, y compris au sein même de la presse israélienne ont crié leur honte.
C'est cela, la différence fondamentale : quand un soldat israélien commet l'irréparable, Israël se regarde en face et réclame des comptes.
Le Hamas, lui, se glorifie publiquement du massacre de familles juives, de l'égorgement de nourrissons, du viol de femmes et en fait des héros nationaux. Comparer les deux est une imposture morale.

Nous publions cette tribune parce que cette capacité à nommer nos propres fautes est précisément ce qui nous distingue de la barbarie qu'on prétend nous attribuer.

Tribune de la Prof. Ruhama Weiss 

Dans le Beit midrach des commentaires en ligne

La semaine dernière, je me demandais qui et quand avait créé le nom Elohima. Un email reçu vendredi m'a fourni la réponse, et elle était toute proche : c'est Naomi Gal, écrivaine et ancienne journaliste à Yedioth Aharonoth, qui l'a introduit dans le monde.
Elle m'a écrit : « J'ai inventé le mot Elohima dans les années 90. Il est apparu pour la première fois dans mon livre Lilith. Elohima et non Elohime, parce que la maternité est une composante essentielle de la divinité féminine. » Désormais, je veillerai à écrire Elohima.

L'album photos de Rabbi Elazar

Rares sont les personnages dont les récits talmudiques permettent de tisser une biographie cohérente. Rabbi Elazar, fils de Rabbi Shimon Bar Yochaï, est de ceux-là.

Première image : le jeune Elazar, généreux et grand de cœur, est assis chez lui, peut-être dans la cour, près de sa mère et du four. La mère sort les pains et les apporte à Elazar, qui mange. Elle sort, il mange. Deux propriétaires d'ânes venus faire des affaires avec le père viennent troubler cette quiétude familiale et se moquent de l'enfant glouton j'imagine qu'ils lui en veulent. En réponse, Elazar fait monter leurs ânes sur le toit. Le père, charmant et protecteur comme la mère, couvre son fils.

Deuxième image : Shimon, le père d'Elazar, révèle sa nature fanatique. Il se querelle avec les Romains et doit se cacher. Pour une raison obscure, il emmène son fils avec lui une décision qui ruinera la vie de l'enfant. La mère continue à leur apporter de la nourriture, mais le père, dans un nouvel accès de fanatisme, cette fois dirigé contre les femmes, explique à son fils que « les femmes ont l'esprit léger » et que si on la torture, elle les trahira.
Qu'advient-il dans l'âme d'un enfant exposé à cette « vérité » sur sa mère nourricière ? Ils se réfugient dans une grotte. Cette intimité forcée avec le père dure treize ans, et Elazar en ressort plus fanatique encore que lui.

Vient toujours le moment de la rébellion

Troisième image : Elazar adulte, fanatique et vindicatif, se retourne contre son père et devient, en apparence, son antithèse un collaborateur des Romains. Talmud de Babylone, traité Bava Metzia, folio 83b, traduit de l'araméen :

Rabbi Elazar ben Rabbi Shimon croisa un contrôleur romain chargé d'appréhender les voleurs. Il lui dit : « Comment fais-tu pour les attraper ? Ils sont comparables aux bêtes sauvages... Tu risques d'arrêter des innocents et de relâcher des coupables. »
Le contrôleur répondit : « Que veux-tu que je fasse, c'est le service du roi. »

Rabbi Elazar lui dit : « Viens, je vais t'apprendre comment procéder : entre dans une taverne à la quatrième heure. Si tu vois un homme qui boit du vin, tenant sa coupe en main et s'assoupissant, renseigne-toi sur lui. S'il est érudit, c'est qu'il a étudié la Torah toute la nuit. S'il est ouvrier, c'est qu'il a débuté son travail tôt. S'il travaille de nuit, c'est qu'il polit des métaux. Sinon, c'est un voleur arrête-le. »

La chose parvint aux oreilles de la cour : « Que celui qui a donné le conseil soit celui qui l'exécute. » On amena Rabbi Elazar et il devint chasseur de voleurs.
Un jour, un artisan l'interpella et lui cria : « Vinaigre, fils de vin ! » Rabbi Elazar dit :
« Son insolence témoigne qu'il est un malfaiteur » et ordonna son arrestation. On le saisit. Quand Rabbi Elazar reprit ses esprits, il voulut le libérer en vain. L'artisan fut pendu. Rabbi Elazar se tint sous le gibet et pleura.

Le Talmud se moque de tout le monde

Les personnages de ce récit  Rabbi Elazar, le contrôleur romain, les autorités et l'artisan deviennent des figures de caricature talmudique.
Le contrôleur est un homme épuisé qui veut juste rentrer chez lui en paix.
On lui a dit d'attraper des voleurs, alors il attrape ; la justice et le professionnalisme ne l'intéressent pas. Rabbi Elazar est au cœur de la parodie, précisément parce qu'il veut la justice et croit avoir percé le système.
Je l'imagine assis des jours et des nuits, interprétant des versets, construisant à partir d'eux une doctrine de combat ordonnée. Mais cette doctrine repose sur la spéculation et l'exégèse, sans aucune expérience, intelligence pratique ou intuition. Elle commence et se termine par l'observation de clients attablés dans le bar du coin, à la fin de la matinée. Un policier paresseux et sans motivation vaut mieux pour la société qu'un policier zélé comme Rabbi Elazar.

« Que celui qui lit la lettre soit celui qui la porte »

Karyaina de-igarta ihu lehevei parvanqa ,ce proverbe araméen mérite d'être connu et cité. Dans notre contexte : que vienne Rabbi Elazar, qui a eu des idées géniales, les mettre en œuvre. Les autorités romaines assoupies nomment le fils du rebelle collaborateur, chasseur de voleurs juifs.

Mais le pouvoir corrompt. Toujours, le pouvoir corrompt. Un artisan dans les légendes talmudiques, les artisans, les hommes du peuple,  jouent le rôle de messagers de l'opinion publique dit à Rabbi Elazar ce que la communauté juive pense de sa nouvelle fonction : « Vinaigre, fils de vin. » Son père le rebelle était le vin ; lui s'est aigri et a tout gâché.

Rabbi Elazar, qui avait élaboré une doctrine de combat impeccable, « perd les pédales » et fait exécuter l'artisan. L'inertie du pouvoir fait alors le reste : l'artisan est exécuté, et Rabbi Elazar se tient sous le gibet en larmes.

Le retour du père

À titre personnel, c'est l'histoire tragique d'un enfant qui était la prunelle des yeux de sa mère et la fierté de son père. La politique, brutalement introduite dans le foyer, a détruit l'enfant. Le père fanatique l'a isolé du monde et de sa mère.
La rage contre le père a poussé le fils devenu adulte à une collaboration vengeresse avec les ennemis de ce même père.
La vengeance est revenue comme un boomerang sur celui qui se vengeait, incapable de reconstruire sa vie. Au cœur de l'effort pour s'éloigner de son père, au moment où il croyait y être parvenu, le Shimon fanatique a resurgi et tout s'est effondré.

C'est l'histoire du peuple juif

Le Shabbat dernier, il n'y avait plus d'air. Une vidéo de Sam Abu Haikal,* un bébé adorable qui apprend à marcher  sans savoir qu'il n'aura jamais besoin de ce savoir-faire a brisé en mille morceaux un cœur déjà brisé. « Habibi », lui dit sa mère dans la vidéo, et dans ce seul mot s'était concentré tout son amour. « Habibi », elle lui dit, sans savoir que dans quelques instants une balle allait frapper ce petit corps, et qu'elle n'aurait plus de habibi.

Si cet enfant avait été juif et le tireur palestinien, les journaux auraient parlé d'un attentat meurtrier, de bêtes humaines qui tuent des nourrissons. Mais ce sont nos soldats, et le malheur du bébé est d'être palestinien. Alors les titres ont évoqué une mort et ont ajouté
« accidentelle ».

Il s'agit d'un groupe de soldats dont l'un a tiré sur le véhicule et dont aucun, selon les soupçons, n'a appelé les secours. Aujourd'hui, le corps de Sam repose, et nous, à ses côtés, pleurons de culpabilité et de douleur.

La parodie de Rabbi Elazar, c'est la nôtre

De beaux idéaux peuvent aussi engendrer une vie quotidienne violente. Ce qui est arrivé à notre armée est ce qui est arrivé à l'armée hasmonéenne, aux zélotes de la révolte de la destruction, aux insurgés de la diaspora et aux zélotes de la révolte de Bar Kokhba.

Nous voulions une armée morale, nous avons élaboré des plans d'action minutieusement calculés, nous nous sommes raconté des histoires d'« occupation éclairée »  mais la réalité est un monstre dévoreur, et le pouvoir qui a corrompu Rabbi Elazar nous corrompra tous.

Les ondes de choc de la violence

Je ne cherche pas à dégager de sa responsabilité le soldat qui a tiré, ni ses camarades qui ont apparemment cherché à se couvrir plutôt que d'appeler les secours. Si les accusations portées contre eux sont fondées, ils méritent une peine sévère.
Mais si nous laissons le problème au niveau des soldats sur le terrain, nous ne nous en sortirons pas. Une arme est toujours impure.

Ces tirs s'infiltrent dans nos cœurs et nous transforment de l'intérieur. Des zombies moraux remplissent nos rues, et chaque jour apporte une nouvelle violence banalisée. Nous sommes, comme Rabbi Elazar, debout sous le gibet de nos propres victimes, pleurant la violence que nous avons institutionnalisée. Nous devons mettre fin à l'occupation et à la violence.

Shabbat Shalom.

Ruhamaweiss1966@gmail.com

Ruhama Weiss

Les faits

Le 5 juin 2026, en fin d'après-midi, à Hébron, un véhicule familial circulait dans le quartier de Tel Rumeida. À bord se trouvaient Fahd Abu Haikal, 41 ans, son épouse, leur bébé Sam, âgé de sept mois, son frère aîné de onze ans et leur grand-mère.
Apercevant des soldats de Tsahal au loin, le père s'est arrêté. Selon son témoignage, les soldats ont ouvert le feu sans avertissement alors qu'il avait immobilisé le véhicule sur leur ordre. Un soldat a tiré des coups de feu isolés.
Sam a été mortellement touché. L'armée israélienne a exprimé ses « profonds regrets », reconnu que les blessés étaient des civils non impliqués, et ouvert une enquête.

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Netanyahu – Trump : les failles d'une alliance

Netanyahu – Trump : les failles d'une alliance

Netanyahu – Trump : les failles d'une alliance

Ce que le Premier ministre a vraiment dit à son Cabinet

C'était une semaine de vive tension entre Washington et Jérusalem. Dans les coulisses d'une crise militaire majeure, les échanges entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont révélé des divergences de fond que les communiqués officiels s'évertuent à masquer.
Des citations exclusives obtenues par Ynet et Yediot Aharonot, issues des délibérations du Cabinet israélien, lèvent le voile sur des conversations tendues celles qui ont suivi l'attaque israélienne sur Dahiyeh et précédé la journée de frappes contre l'Iran.

« Ils n'ont tué personne chez toi ne réponds pas »

Lors de la réunion du Cabinet du lundi soir, Netanyahu a relaté en détail aux ministres l'échange musclé qu'il avait eu la veille avec Trump. Le président américain tentait de freiner Israël après la contre-attaque iranienne consécutive à la frappe de Dahiyeh.

« Trump m'a demandé : "Est-ce qu'ils ont tué des gens chez vous ?" », a rapporté Netanyahu. « Je lui ai dit : "Non, ils n'en ont pas tué. Mais je refuse d'accepter l'équation selon laquelle on ne répond que si on a des morts. Quand on attaque le territoire d'Israël, je riposte et j'attaque." »

La position est claire, le ton sans concession. Netanyahu n'a pas cédé à la pression américaine  du moins selon sa propre version des faits présentée à ses ministres.

L'alliance, oui. La subordination, non.

Face aux critiques selon lesquelles Israël serait devenu un État sous tutelle américaine, Netanyahu a tenu à recadrer la relation : « Nous ne sommes pas subordonnés aux Américains, nous sommes leurs alliés. Alors quand vous avez un partenaire, vous vous comportez en partenaire. Nous ne travaillons pas contre eux, mais avec eux. »

La nuance est diplomatiquement significative. Netanyahu reconnaît la contrainte de la relation, mais refuse d'en être prisonnier. Sur la question de l'accord en négociation avec Téhéran, il s'est montré encore plus direct devant ses ministres : « Je lui ai dit que je comprends très bien son désir d'aboutir à un accord. Mais je pense qu'il n'y aura pas d'accord  et nous ne serons pas les victimes de cet accord. »

Un désaccord de fond, formulé avec la précision d'un homme qui sait que ses propos finiront par fuiter.

Le chef d'état-major : « Nous aurions pu frapper plus fort »

Le chef d'état-major Eyal Zamir a pris la parole à son tour lors du même débat, abordant la possibilité qu'Israël soit contraint d'agir seul contre l'Iran. Son évaluation a le mérite de la franchise : « Nous aurions pu frapper l'Iran bien plus fort. Nous sommes préparés à une vague d'attaques significative et intense. Nous avons l'endurance nécessaire pour une campagne intensive face à l'Iran, seuls si nécessaire. Mais évidemment, nous préférons le faire avec notre partenaire. »

Zamir a explicitement désigné la préservation du partenariat américain comme un objectif militaire en tant que tel : « Nous avons des cibles en Iran, nous avons des cibles au Liban, nous travaillons sur toutes ces cibles. Mais il faut se rappeler que l'un de nos objectifs est de préserver l'alliance avec notre partenaire. Une autre campagne conjointe contre l'Iran est tout à fait envisageable. Les relations qui se sont nouées entre nous et l'armée américaine sont sans précédent il faut les préserver. »

Le Hezbollah, de prédateur à fugitif

Le chef du renseignement militaire, le général Shlomi Binder, a dressé un tableau saisissant de l'état actuel du Hezbollah : « Un renversement s'est produit. Le Hezbollah avait été construit pour nous attaquer si nous frappions l'Iran. Aujourd'hui, c'est l'Iran qui attaque pour défendre le Hezbollah. Cela révèle leur faiblesse. Le Hezbollah est davantage en fuite que dans n'importe quelle autre situation. »

Le chef de la division Recherche du renseignement militaire a complété ce tableau : « La riposte iranienne contre nous était délibérément limitée du point de vue de Téhéran. »

Ce que ces fuites révèlent

Ces citations exclusives ne sont pas neutres. Leur diffusion à la presse par des sources proches du Cabinet intervient dans un contexte précis : celui d'une controverse interne sur le degré d'autonomie stratégique qu'Israël maintient face à Washington. Netanyahu y apparaît comme un homme qui résiste qui dit non à Trump sur la question des représailles, qui rejette l'accord avec l'Iran, qui défend la souveraineté de décision d'Israël.

Reste la question centrale que ces révélations posent sans y répondre : jusqu'où l'administration Trump est-elle prête à tolérer qu'Israël agisse selon sa propre logique, au risque de compromettre la diplomatie américaine avec Téhéran ? La semaine à venir apportera peut-être des éléments de réponse.

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La Russie, gardienne malgré elle du trésor hébraïque : Un manuscrit du Rachbam, refait surface

La Russie, gardienne malgré elle du trésor hébraïque : Un manuscrit du Rachbam, refait surface

Un manuscrit perdu du Rachbam resurgi des archives de Moscou

Il dormait là depuis des décennies, mal étiqueté, oublié dans les rayonnages d'une bibliothèque d'État russe. Le manuscrit original du commentaire de la Torah par le Rachbam l'un des plus grands exégètes juifs du Moyen Âge vient d'être retrouvé à Moscou. Une découverte que les chercheurs qualifient sans détour de «trouvaille d'importance historique».

Qui était le Rachbam ?

Rabbi Shmouel ben Méïr, dit le Rachbam, vécut en France aux XIe et XIIe siècles. Il était le petit-fils et le disciple de Rachi  le commentateur biblique par excellence mais s'en distinguait par une approche radicalement personnelle. Là où Rachi brodait midrash et tradition orale, le Rachbam tranchait dans le vif : il s'attachait au sens littéral du texte, le péchat, armé des règles de la grammaire et de la syntaxe hébraïques. Il lui arrivait même de contredire son propre grand-père. Une audace rare, pour l'époque.

Un manuscrit que l'on croyait à jamais perdu

Le document en question est connu des spécialistes sous la référence «manuscrit n°103» du Séminaire judéo-théologique de Breslau aujourd'hui Wrocław, en Pologne.
C'est ce manuscrit précis qui avait servi de base à la préparation de la première édition imprimée du commentaire du Rachbam sur la Torah, publiée en 1881. Après cette publication, ses traces s'effacèrent. Pendant des décennies, les chercheurs le classèrent parmi les documents définitivement disparus.

Comment a-t-il pu rester invisible aussi longtemps ?
La réponse tient à une erreur de catalogage : le manuscrit avait été répertorié comme un commentaire de Rachi  et non du Rachbam.
La confusion s'explique aisément : le document est dépourvu de page de titre, et le texte commence au milieu du livre de la Genèse. Sans point d'entrée clair, sans mention explicite de l'auteur, il s'est fondu dans la masse des archives.

De Breslau à Moscou : le destin d'un parchemin

Il a fallu la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que le manuscrit prenne le chemin de l'Union soviétique, absorbé dans les transferts massifs d'archives et de collections qui ont suivi le conflit. Il intègre alors les fonds de la Bibliothèque nationale d'État de Russie, au sein de ce que l'on appelle la «collection Guenzburg», un ensemble remarquable de manuscrits et d'imprimés hébraïques constitué au XIXe siècle par la famille Guenzburg, grande famille de mécènes juifs russes.

C'est dans ce fonds que le chercheur Israël Dobitski l'a exhumé, au fil de son travail de catalogage et d'exploration systématique de la collection. Un travail de fourmi. Une découverte de géant.

«Chaque lettre de nos maîtres qui voit le jour est une raison de s'émouvoir»

La nouvelle a immédiatement résonné dans les milieux académiques et religieux. Le grand rabbin de Russie, Berl Lazar, a réagi avec enthousiasme : «C'est précisément à notre génération qu'il est donné d'assister à des révélations qui approfondissent la compréhension de la Torah et renforcent notre lien à elle.»

Baroukh Gorin, président du Musée juif de Moscou et directeur des éditions Lekhaïm, abonde dans le même sens, avec une prudence de rigueur : «Chaque lettre de la parole de nos Maîtres qui voit le jour est une raison de s'émouvoir. Nous attendons de mesurer la pleine portée de cette découverte et sa signification.»

Quelle est la valeur réelle de ce manuscrit ?

La question mérite d'être posée sans fard. Pourquoi un manuscrit médiéval qui a déjà servi à établir une édition imprimée garde-t-il une telle importance, plus d'un siècle après cette publication ?

La réponse est simple : un manuscrit original permet de corriger les erreurs et les approximations introduites lors de la première édition.
En 1881, les éditeurs travaillaient avec les outils et les méthodes de leur époque. Confronter leur travail à la source  à l'encre originale, à la graphie du copiste médiéval, aux corrections et aux marginalia  permet de réviser le texte, d'en combler les lacunes, d'en restituer les nuances perdues. Pour les chercheurs spécialisés dans l'exégèse biblique médiévale, c'est une mine.

Moscou, gardienne inattendue du patrimoine hébraïque

Cette découverte rappelle une réalité que l'on oublie trop souvent : une part considérable du patrimoine manuscrit juif se trouve aujourd'hui dans des bibliothèques russes, héritières des confiscations et des transferts de guerre. La collection Guenzburg, à elle seule, recèle des milliers de pièces. Combien d'autres trésors attendent encore d'être identifiés, mal catalogués, rangés sous le mauvais nom ?

Le Rachbam, lui, a retrouvé son nom. Après des décennies d'anonymat forcé sous l'étiquette de son grand-père, son œuvre reparaît dans sa propre lumière. Il y a quelque chose d'assez juste, pour un homme qui avait justement fait de l'indépendance intellectuelle sa marque de fabrique.

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Trump annule les frappes sur l'Iran… juste à temps pour le coup d'envoi du Mondial

Trump annule les frappes sur l'Iran… juste à temps pour le coup d'envoi du Mondial

Coïncidence ou calcul ? Quand Trump annonce l'accord avec l'Iran au coup d'envoi du Mondial

Dans la nuit du 11 au 12 juin 2026, à moins de deux heures du coup d'envoi du Mondial 2026 à l'Azteca de Mexico City, Donald Trump a lâché une bombe diplomatique :
un « grand accord » avec l'Iran est sur le point d'être signé.
Dans la foulée, il annule des frappes militaires américaines planifiées contre Téhéran et promet la réouverture prochaine du détroit d'Ormuz. Le timing, pour le moins spectaculaire, ne pouvait manquer d'interroger.

La Maison-Blanche dément mais les coïncidences s'accumulent

Officiellement, il n'y a rien à voir. Andrew Giuliani, coordinateur de la Maison-Blanche pour l'organisation du Mondial, a démenti catégoriquement que les enjeux du tournoi aient pesé dans les décisions diplomatiques vis-à-vis de l'Iran.
Aucune source américaine officielle n'établit de lien entre les deux événements. Pourtant, à examiner le tableau d'ensemble, la tentation d'y voir une cohérence est difficile à résister.

Les États-Unis au centre du plus grand événement sportif de la planète

Les États-Unis ne sont pas un simple pays hôte parmi d'autres. Ils sont le pays hôte central de ce Mondial, co-organisé avec le Mexique et le Canada.
La majorité des rencontres  y compris les phases décisives et la finale se jouent sur le sol américain. La réussite de l'événement dépend directement d'un contexte mondial stable, d'une perception sécuritaire rassurante. Une escalade militaire avec l'Iran dans la même semaine aurait constitué un contre-signal désastreux.

Un matin de menaces, un après-midi de volte-face

Ce qui s'est passé dans les seules heures du 11 juin mérite d'être raconté dans le détail, car l'enchaînement est saisissant.
Dans la matinée, Trump publie sur Truth Social qu'il frapperait l'Iran «très fort ce soir»  en majuscules  et menace dans la foulée de s'emparer de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier du pays, ainsi que de «l'ensemble des marchés de l'énergie iraniens».

La veille au soir, des frappes américaines avaient déjà ciblé des systèmes de surveillance militaire, des défenses aériennes et, selon une analyse du New York Times basée sur des images satellites, des installations d'eau potable dans le sud de l'Iran.

Puis, en début d'après-midi, le même Trump annonce sur Truth Social l'annulation des frappes prévues, expliquant que les discussions avec Téhéran «ont été portées au plus haut niveau du leadership iranien et approuvées».
Mais un haut responsable iranien impliqué dans les négociations a déclaré peu après à la chaîne MS NOW qu'«aucun mémorandum d'entente ni aucun cadre d'accord» n'avait encore été signé contredisant frontalement la version américaine.

Wall Street, elle, n'a pas attendu les clarifications : les marchés ont clôturé en forte hausse dès l'annonce de Trump.
Côté terrain, NBC News révèle que la base d'entraînement de l'équipe iranienne avait été déplacée in extremis de Tucson, en Arizona, à Tijuana, au Mexique les membres du staff n'ayant pas obtenu leurs visas américains à temps.
Les joueurs, eux, avaient dû déposer leurs demandes à l'ambassade américaine d'Ankara, en Turquie, où l'équipe s'était préparée avant de rejoindre le Mexique.

Résumé d'une journée : le même président qui menaçait de bombarder l'Iran le matin était celui qui, quelques heures plus tard, se présentait en artisan de la paix  exactement au moment où le monde entier allumait sa télévision pour le coup d'envoi du Mondial.

La sélection iranienne a été au cœur de controverses incessantes depuis le tirage au sort. Pendant des mois, les questions se sont multipliées : délivrance des visas pour joueurs et staff, organisation des camps d'entraînement au Mexique plutôt qu'aux États-Unis, pressions pour que les matchs iraniens se tiennent hors du territoire américain. La guerre larvée entre Washington et Téhéran avait même fait planer, à un moment, le doute sur la présence même de l'Iran dans le tournoi. Le dossier diplomatique et le dossier sportif étaient donc déjà intimement imbriqués bien avant cette nuit du 11 juin.

Infantino, Trump et une amitié qui ne date pas d'hier

Troisième élément qui alimente la réflexion : la relation entre Gianni Infantino, président de la FIFA, et Donald Trump est notoirement étroite. Infantino a fait du gouvernement américain un partenaire central de son projet pour ce Mondial. Il est allé jusqu'à décerner à Trump le tout premier « Prix de la Paix » de la FIFA. Un cadeau qui, rétrospectivement, prend une coloration particulière.

La scène mondiale comme caisse de résonance

L'ouverture d'une Coupe du monde est l'un des événements les plus regardés sur la planète des milliards de téléspectateurs potentiels, une attention médiatique sans équivalent.
Choisir précisément ce soir-là pour annoncer une « percée » diplomatique offre à Washington une vitrine inespérée : projeter une image de stabilité, de leadership, de désescalade régionale au moment exact où le monde entier est réuni autour d'un événement fédérateur et positif. C'est une analyse possible, pas une certitude établie mais la logique de communication est imparable.

L'enjeu économique, argument supplémentaire

La réouverture du détroit d'Ormuz et la réduction du risque d'embrasement régional ont des conséquences directes sur les prix de l'énergie et les marchés mondiaux. Pour une nation qui accueille un méga-événement sportif international, la stabilité économique et sécuritaire n'est pas un détail de fond c'est un intérêt stratégique immédiat.

Pas de preuve, mais un récit qui tient

À l'heure actuelle, aucun élément public ne prouve que l'annonce de Trump ait été délibérément calée sur la cérémonie d'ouverture du Mondial, ni que le tournoi ait constitué un facteur décisif dans les négociations avec Téhéran. Ce qui est établi, en revanche, c'est que Mondial, Iran et Trump étaient déjà liés depuis des mois par une série de frictions diplomatiques et sportives.
Et que le timing presque chirurgical entre la déclaration politique et le coup d'envoi du tournoi laisse à l'imagination du public et des observateurs un matériau particulièrement fertile.

En définitive, coïncidence ou mise en scène calculée, une chose est certaine : la nuit où s'est ouvert le plus grand Mondial de l'histoire a aussi été celle où Washington a tenté de convaincre le monde que la crise iranienne touchait à sa fin. Le ballon venait à peine d'être mis en jeu.

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