Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

La justice australienne rétablit la vidéo accablante contre les infirmiers antisémites

La justice australienne rétablit la vidéo accablante contre les infirmiers antisémites

La Cour suprême autorise la preuve vidéo qui pourrait faire condamner Sarah Abou Lahad et Ahmed Rashad Nadir.

La Cour suprême de Nouvelle-Galles du Sud vient de rétablir la preuve vidéo qui accable les deux infirmiers accusés d'antisémitisme envers des patients israéliens. Leur procès s'ouvre le 31 août.

Nouveau rebondissement dans l'affaire des infirmiers antisémites d'Australie. La Cour suprême de Nouvelle-Galles du Sud a annulé vendredi la décision qui écartait la vidéo virale du créateur de contenu Max Wiffer, dans laquelle Sarah Abou Lahad, 27 ans, et Ahmed Rashad Nadir, 28 ans, menaçaient explicitement des patients juifs se présentant à l'hôpital où ils travaillaient. Cette preuve, désormais recevable, pourrait bien sceller le sort des deux accusés.

Un juge avait d'abord écarté la preuve

En juin, un juge de la Cour de district de Downing Centre à Sydney avait jugé irrecevable l'enregistrement, estimant qu'il avait été filmé sans le consentement des deux mis en cause.
Le magistrat Michael McHugh avait alors affirmé être parvenu à la conclusion que cette preuve vidéo devait être exclue du procès, tout en reconnaissant que les propos tenus par les deux soignants étaient de nature à choquer profondément toute personne raisonnable.

En Nouvelle-Galles du Sud, enregistrer une conversation privée sans l'accord des parties concernées constitue une infraction, passible d'une peine maximale de cinq ans de prison. Cette même loi aurait pu se retourner contre Max Wiffer, auteur de la captation.

Le parquet fédéral a fait appel avec succès

Face à une décision jugée trop favorable aux accusés, la vidéo constituant la seule preuve du dossier avec le témoignage de Wiffer, le parquet fédéral a porté l'affaire devant la Cour suprême. Vendredi, celle-ci a tranché : le document brut, non monté, est recevable et pourra être utilisé au procès. Les motifs complets de la décision n'ont pas encore été rendus publics. Le procès s'ouvrira le 31 août.

Des menaces explicites contre des patients israéliens

Sarah Abou Lahad et Ahmed Rashad Nadir ont plaidé non coupables des faits de comportement menaçant et outrageant qui leur sont reprochés.
Selon l'acte d'accusation, ils auraient affirmé vouloir refuser de soigner des patients israéliens, les auraient menacés de violence et se seraient vantés de leur nuire.

L'un des deux aurait notamment déclaré ignorer combien d'Israéliens étaient passés par cet hôpital, ajoutant les avoir envoyés en enfer. Suspendus par le ministère de la Santé de Nouvelle-Galles du Sud, ils sont également interdits pour deux ans d'exercer auprès des bénéficiaires du régime national d'assurance handicap.

Max Wiffer redoutait une remise en liberté sans conséquence

Interrogé  après la décision initiale du tribunal, aujourd'hui annulée, Max Wiffer avait exprimé sa crainte de voir les deux mis en cause s'en tirer sans aucune sanction. Il avait dénoncé le manque de dissuasion face à l'antisémitisme en Australie, rappelant qu'il s'agissait de professionnels de santé censés soigner tout le monde, alors qu'en Israël, avait-il souligné, même des terroristes sont soignés.

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Ceuta : 60 000 migrants et les théories antisémites démontées point par point

Ceuta : 60 000 migrants et les théories antisémites démontées point par point

Environ 60 000 migrants ont franchi en quelques heures la frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole de Ceuta dans la nuit du 29 au 30 juillet, un afflux sans précédent dans l'histoire du territoire qui a fait au moins 57 morts et provoqué une crise diplomatique majeure entre Madrid et Rabat.

Un afflux sans précédent

Selon le président du gouvernement local de Ceuta, Juan Jesús Vivas, environ 60 000 personnes sont entrées dans la ville en l'espace de quelques heures, soit près de 70 % de la population totale de l'enclave, qui compte 85 000 habitants. La plupart des migrants, en grande majorité de jeunes Marocains, ont tenté la traversée à la nage depuis la ville marocaine de Fnideq, tandis que d'autres ont franchi les clôtures frontalières. Les autorités espagnoles font état d'au moins 57 morts, en majorité par noyade, ainsi que de plusieurs blessés dans des mouvements de foule.

Un scénario qui rappelle 2021

Cette crise ravive le souvenir de mai 2021, lorsque environ 8 000 à 10 000 personnes avaient franchi la même frontière après un assouplissement des contrôles marocains, en pleine brouille diplomatique liée à l'accueil en Espagne du chef du Front Polisario Brahim Ghali. Le Parlement européen avait alors condamné l'usage par Rabat du contrôle migratoire comme moyen de pression politique sur Madrid. Cette fois encore, la presse espagnole s'interroge sur le rôle des autorités marocaines. Le média local El Faro de Ceuta affirme que ses journalistes ont vu des soldats marocains inciter des jeunes à traverser, et plusieurs observateurs notent que les cordons de sécurité marocains ont manifestement laissé passer la foule.

Retour massif au Maroc et chaos frontalier

Dès le lendemain, le chaos a cédé la place à un reflux tout aussi spectaculaire. Selon le chef de la diplomatie espagnole José Manuel Albares, la quasi-totalité des personnes entrées à Ceuta seraient déjà reparties au Maroc, certains migrants évoquant une ville totalement saturée. Plusieurs pistes sont avancées pour expliquer le déclenchement soudain de ce mouvement, entre rumeurs relayées sur les réseaux sociaux annonçant l'ouverture d'un poste-frontière, tensions socio-économiques dans le nord du Maroc, et une possible passivité volontaire des forces marocaines. Aucune de ces hypothèses n'est à ce stade confirmée par une source officielle.

Une onde de choc européenne

L'épisode a immédiatement suscité une réaction en chaîne à droite et à l'extrême droite européennes. L'Italie a annoncé la suspension de l'accord de libre circulation Schengen avec l'Espagne, une décision soutenue par la Finlande et le Danemark. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a qualifié l'événement d'"attaque contre l'intégrité territoriale" de l'Espagne, tandis que Rabat maintient sa revendication de souveraineté sur Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord dont le statut reste une source de tension permanente entre les deux pays.

Comment expliquer le reflux

Moins de 48 heures après le pic de la crise, environ 48 000 des 60 000 migrants entrés à Ceuta avaient déjà repris le chemin du Maroc, selon le ministère espagnol de l'Intérieur.
Ce retour massif s'explique d'abord par la réalité du terrain. Ceuta, ville de 83 000 habitants, s'est retrouvée submergée par une population équivalente à 70 % de ses résidents, sans hébergement, sans nourriture et sans perspective d'accès légal au territoire espagnol. Plusieurs migrants interrogés par l'AFP ont eux-mêmes expliqué être repartis faute de place, d'eau ou de nourriture. Le ministre espagnol de l'Intérieur a par ailleurs souligné que la coopération avec Rabat avait permis de "renverser la situation en 24 heures", l'ambassadrice marocaine en Espagne ayant elle-même appelé les personnes entrées à Ceuta à rentrer au Maroc.

Sur les causes du déclenchement, la chercheuse Myriam Cherti, de l'université d'Oxford, pointe la diffusion massive sur les réseaux sociaux, notamment sur Discord, de rumeurs annonçant l'ouverture de la frontière, qui ont provoqué un mouvement de foule spontané.
D'autres facteurs sont avancés par les autorités et des élus européens, dont le plan espagnol de régularisation de 500 000 immigrés sans papiers adopté fin janvier, cité par plusieurs responsables comme un facteur d'appel d'air, ainsi que le climat de tension chronique entre Rabat et Madrid, déjà observé en 2021.

Le complotisme antisémite mis à nu

Depuis vendredi, des sites classés antisémites, dont Réseau International et l'Unz Review, affirment sans la moindre preuve que cet afflux migratoire aurait été téléguidé par le Mossad, les services américains et britanniques, avec la complicité du Maroc, pour déstabiliser Pedro Sánchez en raison de ses positions critiques envers Israël. Cette thèse ne résiste à aucun examen factuel et relève de la fabrication pure.

Aucune agence de presse, aucun service de renseignement occidental et aucun journaliste d'investigation n'a produit le moindre élément matériel appuyant l'hypothèse d'une opération israélienne. Les témoignages recueillis sur place, tant par l'AFP que par le New York Times, décrivent au contraire un mouvement de foule spontané, déclenché par des rumeurs virales et porté par de jeunes Marocains et des migrants subsahariens fuyant la pauvreté, un profil sociodémographique documenté depuis des années et sans lien avec la diplomatie israélienne.

Ces mêmes cercles conspirationnistes se contredisent d'ailleurs entre eux, ce qui achève de disqualifier leur récit. Une partie accuse Israël d'avoir organisé la vague migratoire, une autre lui prête l'intention inverse de vouloir en accuser le Maroc. Cette instabilité de l'accusation, qui change de cible selon l'auteur du texte, trahit une logique où le seul point fixe reste la désignation d'un bouc émissaire juif, indépendamment des faits. Ce n'est pas une enquête, c'est un réflexe.

Le précédent de 2021 achève de vider la thèse de tout contenu. Un simple assouplissement des contrôles frontaliers marocains, sans qu'aucune "main cachée" extérieure ne soit nécessaire, avait suffi à mobiliser 8 000 à 10 000 candidats au départ en quarante-huit heures. Un mouvement dix fois plus large, dans un contexte de rumeurs virales sur les réseaux sociaux et de tensions diplomatiques déjà connues, ne nécessite aucune explication ésotérique. Le Mossad n'a pas besoin d'exister pour que des jeunes désespérés se jettent à l'eau après avoir lu un message sur Discord.

La thèse de la "vengeance populaire" anti-normalisation ne résiste pas non plus à l'examen

Une autre version, plus récente, avance que la normalisation avec Israël décidée par la monarchie marocaine en décembre 2020 serait restée impopulaire dans une partie de la population, et que la ruée vers Ceuta traduirait une forme de représailles populaires six ans plus tard.
Cette lecture bute sur plusieurs incohérences.
La cible ne correspond pas au grief supposé, puisque des migrants cherchant à punir un accord israélo-marocain se seraient tournés vers l'Espagne, pays tiers étranger à cet accord.

Aucun événement lié à la normalisation n'est survenu dans les jours précédant le 29 juillet pour expliquer un passage à l'acte à ce moment précis.
Et le profil des candidats au départ, de jeunes hommes marocains et des migrants subsahariens en situation de précarité, correspond à celui déjà documenté lors de la crise de 2021, relevant de la migration économique et non d'une mobilisation politique. Aucune manifestation ni agitation anti-normalisation n'a par ailleurs été rapportée au Maroc à cette période. L'explication la mieux établie reste celle des rumeurs virales sur les réseaux sociaux et de la détresse économique dans le nord du pays.

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Le Chemin de l'Olivier : la série Netflix qui révèle comment nos ancêtres dictent encore nos vies-extrait-

Le Chemin de l'Olivier : la série Netflix qui révèle comment nos ancêtres dictent encore nos vies-extrait-

Trois amies, une amitié née sur les bancs de la fac, et un secret qui remonte à plusieurs générations. Depuis sa sortie sur Netflix en 2022, Le Chemin de l'Olivier (Zeytin Ağacı) a imposé un thème rarement traité à l'écran, celui des constellations familiales, cette méthode thérapeutique fondée par l'Allemand Bert Hellinger. Derrière la fiction, une question vertigineuse s'impose : et si nos peurs les plus tenaces n'étaient pas les nôtres, mais celles de nos aïeux ?

Une amitié mise à l'épreuve par la maladie Créée par la scénariste turque Nuran Evren Şit, la série suit Ada, chirurgienne accomplie, Sevgi, avocate ambitieuse, et Leyla, mère au foyer épanouie en apparence.
Amies depuis leurs années de colocation étudiante, elles voient leur équilibre voler en éclats lorsque Sevgi apprend qu'elle est atteinte d'un cancer.
Plutôt que de se limiter aux traitements conventionnels, elle se tourne vers Zaman, un praticien qui anime des séances de constellation familiale.
Ce choix entraîne malgré elles Ada et Leyla dans un voyage intérieur qui va faire ressurgir des blessures bien antérieures à leur propre existence. T
ournée à Ayvalık, sur la côte égéenne, la série a connu un tel succès qu'elle s'est prolongée sur trois saisons
, la dernière étant arrivée sur la plateforme en juin 2026 avec Tuba Büyüküstün, Seda Bakan et Boncuk Yılmaz toujours au générique.

Ce que révèle vraiment une constellation familiale .
La méthode mise en scène dans la fiction existe bel et bien. Elle a été formalisée dans les années 1980 par Bert Hellinger, ancien missionnaire catholique devenu psychothérapeute après seize années passées en Afrique du Sud, où il s'était profondément imprégné des coutumes du peuple zoulou et de son rapport au culte des ancêtres.

De retour en Europe, il se forme à la psychanalyse, à la thérapie primale d'Arthur Janov et à l'analyse transactionnelle, avant de développer sa propre approche à partir des sculptures familiales conçues par la thérapeute américaine Virginia Satir.

Hellinger, décédé en 2019, affirmait n'avoir rien inventé mais simplement mis en lumière des liens invisibles qui relient les membres d'un même système, qu'il s'agisse d'une famille, d'un clan ou même d'une entreprise.

Sa théorie repose sur trois lois fondamentales, l'appartenance qui interdit d'exclure un membre du clan, même un enfant mort ou un ancêtre banni, la préséance qui impose de respecter l'ordre des générations, et l'équilibre entre le don et la réception.

Dès que l'une de ces lois est rompue, un descendant peut inconsciemment porter, par loyauté invisible, le poids d'une souffrance qui n'est pas la sienne.

L'hypothèse d'une mémoire qui traverse les générations C'est précisément ce postulat qui donne au Chemin de l'Olivier sa force dramatique. Ada, Sevgi et Leyla découvrent que leurs schémas répétitifs, un choix amoureux destructeur, une peur irrationnelle, une maladie, trouvent un écho troublant dans l'histoire de leurs grands-parents ou arrière-grands-parents.

Cette idée d'une transmission de traumatismes au-delà du vécu individuel n'est pas propre à Hellinger. Elle recoupe des travaux de psychogénéalogie, notamment ceux d'Anne Ancelin Schützenberger sur le syndrome d'anniversaire, et elle a trouvé un écho dans certaines recherches scientifiques sur l'épigénétique, ce champ qui étudie comment l'environnement peut modifier l'expression des gènes sans toucher à la séquence d'ADN elle-même.

Des chercheuses comme Rachel Yehuda* aux États-Unis, ont étudié des marqueurs biologiques associés au stress chez des descendants de survivants de l'Holocauste, ouvrant la piste d'une possible transmission biologique de certains effets du traumatisme.

Ces travaux restent toutefois débattus dans la communauté scientifique, qui appelle à la prudence quant à l'ampleur réelle de cette transmission chez l'humain.

La constellation familiale, de son côté, demeure classée par une partie du monde académique parmi les pratiques non validées scientifiquement, ce qui n'empêche pas des milliers de praticiens à travers le monde de continuer à l'utiliser en complément d'un accompagnement thérapeutique classique.

Pourquoi cette série résonne autant Le succès du Chemin de l'Olivier tient à sa capacité à rendre accessible un sujet longtemps resté confidentiel.

En incarnant ces mécanismes à travers trois femmes auxquelles le public peut s'identifier, la série ouvre une porte que ni les livres ni les stages spécialisés n'avaient réussi à ouvrir aussi largement.

Elle pose une question universelle, sommes-nous uniquement le fruit de notre propre histoire, ou portons-nous en nous des héritages qui nous dépassent.

Sans prétendre se substituer à une véritable séance de constellation, ni valider scientifiquement chaque ressort de son scénario, la fiction offre une porte d'entrée sensible vers une réflexion sur le poids du passé familial, les loyautés invisibles et la possibilité, suggérée par Hellinger, de trouver sa juste place dans son propre système pour s'en libérer.

Un miroir tendu à chaque spectateur En choisissant de clore l'histoire d'Ada, Sevgi et Leyla après huit épisodes supplémentaires plutôt que d'étirer indéfiniment le succès, les scénaristes ont fait le pari d'une œuvre resserrée sur l'essentiel, la réconciliation avec soi-même, avec les autres et avec une histoire familiale que l'on ne choisit pas mais que l'on peut apprendre à regarder autrement. Que l'on adhère ou non aux fondements théoriques des constellations familiales, Le Chemin de l'Olivier a le mérite de remettre au centre du débat une intuition ancienne, celle que nos peurs et nos schémas de vie ne naissent peut-être jamais totalement de rien.

Ce que dit la tradition juive sur l'héritage des générations

Une idée ancienne, bien avant Hellinger La Torah elle-même pose la question de la transmission entre générations, bien avant que Bert Hellinger n'en fasse une méthode thérapeutique.
L'Exode l'énonce en des termes frappants, Dieu y est décrit comme visitant la faute des pères sur les enfants jusqu'à la troisième ou quatrième génération, tout en réservant sa bienveillance sur mille générations à ceux qui l'aiment (Exode 20:5-6 et 34:7).

Ce verset a nourri des siècles de commentaires rabbiniques. Le livre d'Ézéchiel vient toutefois en nuancer la portée, affirmant que chaque âme répond de sa propre faute et non de celle de ses pères (Ézéchiel 18), un principe repris par une grande partie des Sages pour insister sur la responsabilité individuelle plutôt que sur une fatalité héréditaire.

Le mérite des ancêtres, un capital invisible À l'inverse de la faute, la tradition juive développe aussi la notion de zekhout avot, le mérite des ancêtres.

Selon cette idée, les actes vertueux d'Abraham, d'Isaac et de Jacob constituent une réserve qui continue de bénéficier à leurs descendants, en particulier lors de Roch Hachana, jour du jugement.
Les Pirké Avot, ce traité de la Michna consacré à l'éthique, résument ce principe par une formule limpide, les actions des pères sont un signe pour les enfants. On y retrouve, sous une forme théologique bien antérieure aux constellations familiales, l'intuition que rien ne s'efface jamais complètement d'une lignée, ni le meilleur ni le pire.

La Shoah, un cas d'école scientifique Le monde juif offre aussi le terrain d'étude le plus documenté sur la transmission réelle, et non plus seulement symbolique, du traumatisme.

La psychanalyste israélienne Dina Wardi a forgé l'expression de bougies de mémoire pour décrire ces enfants de survivants de la Shoah chargés, souvent sans le savoir, de porter le deuil que leurs parents n'avaient pas pu faire.

En France, la psychologue Nathalie Zajde a documenté comment ce traumatisme se rejouait dans le quotidien des enfants de rescapés, entre angoisses irrationnelles et sentiment de devoir réussir pour deux.

Ces résultats restent débattus quant à leur ampleur exacte chez l'humain, mais ils confirment au moins ceci, la mémoire d'une catastrophe collective peut se loger durablement dans une famille, bien au-delà du seul récit qui s'en transmet.

Cohésion de destin plus que fatalité
Peut-on pour autant parler d'une cohésion du peuple juif forgée par cette histoire commune de ruptures, d'exils et de persécutions répétées ?
La tradition elle-même semble pencher vers cette lecture, non pas celle d'une malédiction qui se transmettrait mécaniquement, mais celle d'un peuple qui a fait de sa mémoire collective un outil de survie et de lien.

Là où Hellinger parle de loyautés inconscientes au sein d'un système familial, le judaïsme parle depuis des millénaires de responsabilité de génération en génération,

Dor le Dor, une chaîne où chaque maillon porte à la fois le poids et la force de ceux qui l'ont précédé. La différence de taille avec la méthode mise en scène dans Le Chemin de l'Olivier tient à ceci, le judaïsme n'a jamais séparé cette mémoire d'un cadre moral et communautaire explicite, quand les constellations familiales cherchent à la faire émerger dans l'intimité d'une séance individuelle.

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Fuite des cerveaux inversée : comment Pékin récupère les talents formés par l'Amérique

Fuite des cerveaux inversée : comment Pékin récupère les talents formés par l'Amérique

Un docteur de Carnegie Mellon courtisé par Apple, Google et Meta a préféré rentrer en Chine pour fonder sa propre entreprise d'intelligence artificielle. Trois ans plus tard, son modèle rivalise avec les meilleurs d'OpenAI et d'Anthropic. Cette histoire, loin d'être isolée, inquiète désormais toute la Silicon Valley.

Formé à Tsinghua puis diplômé de Carnegie Mellon aux États-Unis, courtisé par Apple, Google et Meta, Yang Zhilin a tourné le dos à la Silicon Valley pour rentrer en Chine et fonder Moonshot. Trois ans plus tard, son modèle Kimi K3 rivalise avec les meilleurs d'OpenAI et d'Anthropic, symbole d'un basculement qui inquiète désormais l'Amérique.

Un prodige qui refuse l'Amérique

Yang Zhilin a trente-quatre ans, une passion pour le rock et un parcours qui fait pâlir d'envie n'importe quel laboratoire américain. Diplômé de l'université Tsinghua en Chine, il boucle son doctorat à Carnegie Mellon en seulement quatre ans, en 2019, et cosigne au passage des travaux sur l'architecture "transformer", la technologie qui a rendu possibles les chatbots conversationnels modernes. Apple le courtise, Google et Meta déroulent le tapis rouge, Stanford et le MIT lui réservent une place en post-doctorat. Yang refuse tout. Il retourne en Chine et fonde Moonshot, une entreprise dont le nom rend hommage à l'album "Dark Side of the Moon" de Pink Floyd, son groupe favori.

De la survie difficile au triomphe technologique

Le pari n'avait pourtant rien d'évident. En 2024, la jeune pousse ne générait que 2,4 millions de dollars de revenus, tandis que les coûts d'entraînement des modèles et de recrutement des chercheurs explosaient.
Beaucoup, dans l'écosystème chinois de l'IA, pariaient sur son échec face à la course coûteuse et impitoyable des grands modèles de langage. Yang tranche pourtant à contre-courant : il abandonne le développement d'un simple chatbot et choisit de rendre son modèle open source. Le pari paie.

La semaine dernière, Moonshot a lancé Kimi K3, un modèle immédiatement classé par les experts au niveau des systèmes les plus avancés d'OpenAI et d'Anthropic. Elon Musk lui-même a salué "un travail impressionnant". L'entreprise, forte de trois cents employés, affiche aujourd'hui des revenus annuels avoisinant les trois cents millions de dollars, dans une ambiance de studio de rock où les salles de réunion portent des noms de groupes musicaux et où trône un piano blanc.

Une tendance de fond, pas un cas isolé

Yang Zhilin n'est que l'exemple le plus spectaculaire d'un mouvement bien plus large. Harry Shum, ancien vice-président senior de Microsoft pour l'intelligence artificielle, est rentré en Chine pour prendre la présidence d'un institut de sciences des données à Shenzhen.
Qi Lu, ex-vice-président senior chez Yahoo puis Microsoft, dirige aujourd'hui l'exploitation du géant chinois Baidu. Zhu Songchun, l'une des références mondiales en vision par ordinateur, est retourné à Pékin en 2020 pour prendre la tête d'un institut de recherche sur l'intelligence artificielle générale. La liste ne cesse de s'allonger.

Pourquoi les chercheurs chinois rentrent au pays

Une enquête menée par Stanford en 2024 auprès de 1304 scientifiques américains d'origine chinoise révèle que 73 % d'entre eux se disent "en insécurité" dans leur carrière académique, et 65 % évoquent des craintes liées à la haine et à la violence anti-asiatiques. Selon le Financial Times, de nombreux fondateurs chinois estiment qu'il leur est désormais plus simple de créer une entreprise en Chine, portés par un réseau relationnel dense, une culture familière et, pour certains, un cadre réglementaire jugé plus clair. S'y ajoute un ressort patriotique assumé : beaucoup affirment vouloir contribuer à faire de leur pays le leader de la révolution technologique mondiale.

La Chine, nouvelle terre d'accueil des talents

Le phénomène dépasse le seul cas de Moonshot. L'institut Hoover de Stanford a étudié 356 chercheurs à l'origine des modèles de DeepSeek et découvert que 53,5 % d'entre eux n'avaient jamais étudié ni travaillé hors de Chine. Parmi ceux qui avaient une expérience américaine, 70 % ont fini par rentrer au pays. La Chine n'est donc plus seulement importatrice de talents formés par l'Amérique. Elle est désormais capable d'en produire elle-même, en nombre croissant.

Washington face à l'urgence

Le départ de Yang a ravivé, jusque dans la Silicon Valley, un débat plus large sur la capacité américaine à retenir ses talents en intelligence artificielle. Une proposition a même été évoquée cette semaine pour offrir automatiquement une carte verte à tout titulaire étranger d'un doctorat en IA, dans l'espoir de le convaincre de rester.

Le vrai enjeu : la puissance de demain

Pendant des décennies, la domination technologique américaine reposait sur une formule simple, attirer les meilleurs cerveaux du monde entier et les faire grandir sur son sol. L'histoire de Yang Zhilin suggère que cette formule vacille, non pas seulement parce que l'Amérique serait devenue moins accueillante, mais parce que la Chine serait devenue plus attractive.

Washington conserve des atouts considérables, des marchés de capitaux profonds, des universités parmi les meilleures au monde, une tradition d'accueil de l'immigration scientifique qui a fait sa force depuis des générations. Pékin, de son côté, mise sur l'ampleur de son marché intérieur, un soutien étatique massif et un vivier de talents désormais formés localement. La question n'est plus de savoir si Yang a fait le bon choix. Elle est de savoir ce que devient une superpuissance quand sa force d'attraction commence à s'inverser, et si l'Occident saura répondre à ce défi autrement qu'en distribuant des cartes vertes dans l'urgence.

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Une boîte de lait pour bébé sous antivol : le symbole choc de la vie trop chère en Israël

Une boîte de lait pour bébé sous antivol : le symbole choc de la vie trop chère en Israël

Une boîte de lait pour bébé sous antivol : le cri d'une mère qui résume la crise du coût de la vie en Israël

Une image suffit parfois à raconter tout un pays. Des boîtes de lait infantile, cadenassées par des colliers de sécurité en plastique sur les rayons d'un supermarché israélien, comme s'il s'agissait de parfums de luxe ou de spiritueux hors de prix. Le prix affiché : 110 shekels la boîte soit plus de 31 euros ! La photo, publiée sur les réseaux sociaux, a suffi à faire exploser la colère de milliers de parents.

Le cri d'une mère devenu viral

"Dans quel pays est-ce que je vis pour que la nourriture d'un bébé coûte 110 shekels la boîte, et qu'on doive verrouiller la boîte avec des colliers de sécurité pour empêcher qu'on la vole ?
Il s'agit de la nourriture d'un bébé !!!!!!! J'ai envie de pleurer." Ces mots, postés par une mère bouleversée après une visite anodine au supermarché, ont déclenché une vague de partages et de commentaires en quelques heures.

En quelques phrases, elle a mis des mots sur un malaise que beaucoup de familles israéliennes ressentent en silence depuis des mois, celui d'un panier de courses devenu un champ de bataille budgétaire, jusqu'à ce qu'un produit aussi élémentaire que le lait pour nourrisson se retrouve traité comme un bien de luxe à protéger du vol.

Un prix qui n'a rien d'exceptionnel, et c'est bien le problème

Ce qui rend cette histoire particulièrement choquante, ce n'est pas qu'il s'agisse d'un cas isolé ou d'une anomalie tarifaire. Les tarifs des tremplins de lait infantile en Israël oscillent habituellement entre 55 et 85 shekels pour un format standard de 700 grammes, un montant déjà lourd pour un budget familial.
Certaines formules dites spéciales, notamment hypoallergéniques ou destinées à des besoins médicaux spécifiques, peuvent facilement dépasser la centaine de shekels. Autrement dit, la boîte à 110 shekels visée par la publication virale n'est pas un accident de prix, mais le reflet d'un marché où le lait pour bébé est structurellement cher, sans alternative simple pour les parents qui n'ont pas le choix d'attendre une promotion ou de changer de marque, puisque le nourrisson, lui, ne s'adapte pas aux fluctuations du marché.

Le vol de lait infantile, un phénomène ancien devenu symptôme d'une crise nouvelle

Ce recours aux dispositifs antivol sur les produits de puériculture n'est pas une nouveauté en soi. Dès 2005, certaines grandes chaînes israéliennes avaient déjà installé des étiquettes de sécurité sur les couvercles des boîtes de lait infantile, précisément parce que ce produit figurait parmi les articles les plus dérobés en magasin. Mais ce qui interpelle aujourd'hui, c'est le contexte dans lequel ce vieux problème refait surface. Il ne s'agit plus d'un fait divers isolé propre à une enseigne, mais d'un symptôme visible d'une pression économique généralisée, où des parents qui travaillent, qui ont un salaire, en arrivent à un point de désespoir tel que le vol de nourriture pour nourrisson devient une réalité suffisamment répandue pour justifier des mesures de sécurité dignes d'une bijouterie.

Une fracture dans les commentaires, miroir d'une société sous tension

La publication a rapidement rassemblé des milliers de réactions, révélant une ligne de fracture nette parmi les parents israéliens. D'un côté, une colère dirigée contre les grandes chaînes de distribution et contre l'État, accusés d'avoir laissé un produit de première nécessité glisser vers le statut de bien de luxe nécessitant une surveillance renforcée. De l'autre, des internautes qui, avec une certaine résignation, rappellent que la vague de vols dans les supermarchés contraint les enseignes à prendre des mesures radicales pour limiter leurs pertes. Les deux positions ne s'excluent pas, elles décrivent en réalité les deux faces d'un même problème : un coût de la vie devenu si écrasant que même l'alimentation d'un nourrisson se transforme en enjeu de sécurité et de survie économique pour certains foyers.

Un marché concentré, des initiatives pour tenter de faire baisser les prix

Face à cette pression, plusieurs signaux montrent que le sujet dépasse largement le cadre d'une polémique passagère sur les réseaux sociaux. Le ministère de l'Économie et de l'Industrie a récemment annoncé la mise en vente, via l'administration des situations d'urgence, de stocks gouvernementaux de substituts de lait infantile, à des prix nettement inférieurs à ceux pratiqués habituellement en magasin, une opération présentée explicitement comme un moyen de faire pression sur les prix du marché.

Des chaînes ont également tenté de lancer leurs propres marques de tremplin lacté à prix réduit, en misant sur des marges plus faibles pour se démarquer face à la fidélité des parents envers les marques historiques, une fidélité souvent héritée du choix fait par la maternité dès les premiers jours de vie du bébé. Plus largement, de nouvelles initiatives de supermarchés discount et de coopératives d'achat émergent régulièrement en Israël, portées par des entrepreneurs qui promettent de faire baisser le coût du panier alimentaire, signe que le problème du coût de la vie dépasse très largement le seul rayon des produits pour bébés.

Quand la survie économique passe par le caddie

Derrière la polémique née d'une simple photo de colliers de sécurité, c'est toute la question du pouvoir d'achat des jeunes familles israéliennes qui refait surface.
Un nourrisson consomme en moyenne plusieurs boîtes de lait infantile par mois durant ses premiers mois de vie, un poste de dépense incompressible qui pèse lourdement sur des budgets déjà tendus par le loyer, les charges et l'inflation générale. Que ce produit devienne, aux yeux des distributeurs eux-mêmes, suffisamment convoité pour justifier un traitement digne d'un article de luxe en dit long sur l'ampleur du fossé entre les salaires et le coût réel de la vie familiale.
La publication virale n'a rien inventé, elle a simplement rendu visible, en une photo et quelques mots bouleversés, ce que de nombreux parents vivent silencieusement chaque mois devant les rayons.

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Vibromasseurs, religion et tabou : la conseillère sexuelle qui bouscule le monde harédi

Vibromasseurs, religion et tabou : la conseillère sexuelle qui bouscule le monde harédi

Efrat Eliezer Toledano, 32 ans, conseillère sexuelle et coach de couples, fondatrice de la boutique en ligne "Recissei Laïla". Mariée, mère de deux enfants, elle vit à Karnei Shomron.

Vibromasseurs, huiles, littérature érotique : la boutique d'Efrat Eliezer Toledano vend tout ce que sa communauté n'ose pas nommer. Issue d'une famille ultra-orthodoxe, mariée, mère de deux enfants, elle est aujourd'hui conseillère sexuelle à Karnei Shomron, un métier qui lui a valu cette question, glacée, d'un proche :
"C'est comme ça que tu veux élever tes enfants, avec des vibromasseurs dans le placard ?" Elle répond, sans détour.

Vous êtes religieuse, conseillère sexuelle, et vous tenez une boutique d'accessoires intimes. Comment en êtes-vous arrivée là ?

"J'ai grandi dans une famille très religieuse, harédie-nationale. Aujourd'hui encore je suis pratiquante, mais moins que là d'où je viens. Il y a huit ou neuf ans, il n'y avait quasiment aucun discours sur la sexualité épanouie dans notre milieu. C'était un tabou. J'ai senti un besoin immense de normaliser les choses, de donner aux couples un espace pour poser des questions, comprendre, se rassurer. Il n'existe pas vraiment d'information organisée. Les gens se marient jeunes, arrivent avec des fantasmes, des peurs, un manque de connaissances. Parfois il n'y a même pas de problème, mais ils croient qu'il y en a un, parce qu'ils ne savent pas à quoi les choses sont censées ressembler ou se sentir. J'ai compris que si je voulais aider les couples, je devais apprendre le domaine de façon professionnelle."

Vous êtes donc allée étudier le conseil sexuel ?

"Oui. J'ai étudié dans une antenne de l'Université ouverte. J'avais 22 ans, la plus jeune étudiante là-bas, mais je me suis dit : enfant ou pas enfant, je dois être ici. Depuis que j'ai terminé, j'exerce en clinique, surtout auprès de harédim et de religieux, mais aussi de laïcs."

Comment est née votre boutique ?

"Au début, la boutique occupait une pièce annexe chez moi, et après environ un an elle est passée en ligne. Ça a commencé comme une réponse à des besoins très précis que je repérais en clinique, puis ça s'est élargi petit à petit vers le plaisir, la connexion, et l'apport de bien-être dans le couple."

Que peut-on trouver chez vous ?

"Il y a des accessoires de couple, des objets pour les préliminaires, des vibromasseurs pour femmes et pour hommes, des huiles, et aussi de la littérature érotique. Certaines personnes ont honte d'entrer dans une boutique classique ou même de s'approcher du rayon dans une librairie. Je leur propose ça de façon esthétique, agréable et épurée. Des laïcs achètent chez moi aussi. Beaucoup de gens veulent acheter un accessoire sans passer par un site qui leur paraît pornographique ou inconfortable."

Quel est l'accessoire le plus populaire ?

"De manière générale, les accessoires à utiliser en couple sont très demandés. Les couples aiment l'idée que c'est quelque chose qu'ils font ensemble, et non un substitut à l'un des deux. Il y a un message important là-dedans : un accessoire ne remplace pas l'amour, le contact, la connexion ou la proximité. Il peut ajouter, émouvoir, ouvrir une conversation, mais il ne vient jamais à la place du conjoint."

Quelle est la différence entre couples religieux et laïcs face aux problèmes sexuels ?

"Je ne suis pas sûre que les problèmes eux-mêmes soient différents, mais chez les religieux, il y a souvent un manque de connaissances de base, et plus de difficulté à en parler. Une femme ne va pas toujours en discuter avec une amie ou interroger sa mère, et l'appréhension grossit alors à l'intérieur comme une boule de neige. Chez les laïcs, l'information est plus accessible, mais là aussi il y a beaucoup de mythes, de honte et de gêne. Ils sont peut-être submergés d'informations, mais elle n'est pas toujours juste ou saine."

Quelles difficultés rencontrez-vous en clinique ?

"Je rencontre beaucoup d'insécurité autour de la sexualité, beaucoup de craintes du type 'quelque chose ne va pas chez moi'. Chez les couples religieux, je vois beaucoup de douleur autour du visionnage de pornographie. Pas seulement le fait de regarder, mais le sens qu'on lui donne. L'homme peut se sentir en échec, avoir l'impression de blesser sa femme ou même de la trahir. La femme peut sentir qu'il la remplace. Ça peut créer des crises très importantes. Parfois mon travail consiste d'abord à faire retomber le stress, apaiser, et ouvrir une conversation moins affolée et plus sincère."

Comment votre entourage et votre famille ont-ils réagi à votre activité ?

"Au début ce n'était pas simple. Les gens ont haussé les sourcils à des niveaux fous. Certains m'ont dit : 'C'est comme ça que tu veux élever tes enfants, avec des vibromasseurs dans le placard ?' Ma famille proche a eu besoin de temps pour digérer, mais elle m'a embrassée et soutenue. Mon mari m'a beaucoup soutenue, même si au début, pour lui aussi, c'était gênant.

Aujourd'hui la plupart s'y sont habitués, mais quand j'annonce à de nouvelles personnes que je suis conseillère sexuelle et que j'ai une boutique, il y a un instant de silence, les yeux s'écarquillent. Malgré ça, je m'obstine à le dire, parce que je veux que les gens sachent que c'est normal."

Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un qui veut essayer un accessoire mais qui a honte ?

"D'abord, venir sans idées préconçues. Ne pas penser que c'est pervers, que ça signifie qu'il y a un problème, ou que ça remplace quelqu'un. Venez en couple, avec une bonne discussion, avec l'envie d'ajouter du bon, pas sous la pression. Si on l'intègre de façon respectueuse, l'expérience de couple peut s'intensifier."

Le conseil sexe d'Efrat : cultivez votre couple, et la sexualité pourra en émerger naturellement.

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Justice musulmane en Israël : la preuve vivante contre le mythe de l'apartheid

Justice musulmane en Israël : la preuve vivante contre le mythe de l'apartheid

En Israël, les citoyens musulmans jugent leurs propres affaires familiales devant leurs propres tribunaux et leurs propres juges, élus par une commission où siègent des députés arabes. Une réalité que le mot « apartheid » ne peut pas expliquer.

Le Shin Bet s'invite pour la première fois dans le choix des juges musulmans

Une information inédite, révélée par Ynet et Yédiot Aharonot, vient de secouer la commission chargée de nommer les cadis, les juges des tribunaux islamiques d'Israël.
Pour la toute première fois, le service de sécurité intérieure a transmis aux membres de cette commission une évaluation sécuritaire sur les candidats, avant même le vote sur leur nomination.
Résultat immédiat : plusieurs candidatures ont été écartées, en raison de liens identifiés avec la branche nordique du Mouvement islamique, une organisation déclarée illégale en Israël. La demande venait des ministres Orit Strock et Dudi Amsalem, membres de la commission, qui avaient exigé que le Shin Bet vérifie l'existence d'éventuels liens entre certains candidats et des organisations terroristes.

Un système judiciaire propre, réservé à la communauté musulmane

Ce qui frappe dans cette affaire, c'est surtout ce qu'elle révèle du fonctionnement même de l'État d'Israël. La commission de sélection des cadis opère sous l'autorité du ministère de la Justice, exactement à l'image de la commission qui choisit les juges rabbiniques pour la communauté juive.
Le tribunal islamique, ou beit din chariaa, est une institution centrale pour les musulmans, qui représentent environ 20 % des citoyens du pays. Tout comme le tribunal rabbinique tranche les questions de statut personnel pour les Juifs, le tribunal islamique règle le mariage, le divorce et les affaires familiales des musulmans, selon les règles de la charia. Ces tribunaux sont répartis dans tout le pays, avec une cour d'appel suprême siégeant à Jérusalem.

Une commission qui reflète le pluralisme israélien

Autre détail révélateur : la composition même de cette commission dément à elle seule le discours accusant Israël d'être un État d'apartheid. Aux côtés des ministres Amsalem et Strock siègent des responsables du tribunal islamique, des représentants du barreau, et des députés arabes israéliens, dont Ahmad Tibi et Mansour Abbas, ainsi que le député Yinon Azoulay.
Un pays qui pratiquerait une politique de ségrégation ne confierait pas à des élus arabes le pouvoir de désigner les juges religieux de leur propre communauté, avec voix délibérative sur un pied d'égalité avec les ministres juifs.

Des candidats proches du Hamas repérés et écartés

Il y a environ un mois, la commission s'est réunie pour examiner les candidatures aux postes de juges. Le Shin Bet a présenté un tableau reprenant chaque nom, accompagné du résultat de ses vérifications. Plusieurs candidats sont apparus liés à la branche nordique du Mouvement islamique.
Après un débat houleux, la commission a tranché : ces candidatures sont écartées, sans même être examinées plus avant. Ce n'est pas tout.
La ministre Strock a également mené ses propres vérifications en amont, dans les sous-commissions chargées des entretiens. Elle a ainsi découvert qu'une candidate avait publié des messages problématiques sur les réseaux sociaux ; interrogée à ce sujet, elle a préféré retirer sa candidature et supprimer ses publications. Un autre candidat, lui, avait inscrit parmi ses références Hussein al-Tartouri, qui fut ministre du gouvernement du Hamas dirigé par Ismaïl Haniyeh en 2007. Sa candidature a été rejetée par la commission.

Une vigilance sécuritaire sans précédent

Jusqu'à présent, le Shin Bet effectuait certes des contrôles de sécurité sur les juges de toutes les instances, car ceux-ci sont amenés à consulter des informations classifiées. Mais dans le cas des tribunaux islamiques, où aucune information classifiée n'est traitée, ces vérifications n'étaient jamais transmises aux membres de la commission avant le vote. Elles n'intervenaient qu'après la nomination du juge, à titre de simple formalité. Pour la première fois, une évaluation du Shin Bet a directement pesé sur une décision de nomination, avant même que le vote n'ait lieu.

Ce que cette affaire révèle vraiment

Au-delà du fait divers judiciaire, cette histoire illustre une réalité que peu de détracteurs d'Israël veulent admettre. Dans quel autre pays de la région une minorité religieuse dispose-t-elle de ses propres tribunaux, de ses propres juges, choisis par une commission où siègent ses propres élus, avec un droit de veto de fait sur les nominations ? Le pluralisme judiciaire israélien, souvent ignoré dans le débat public, constitue une réponse concrète à l'accusation d'apartheid. Un État qui pratiquerait une politique d'exclusion ne laisserait pas à la communauté musulmane le soin de gérer, à travers ses propres institutions, ses affaires de statut personnel et de famille, avec la vigilance conjointe des autorités contre l'infiltration islamiste radicale.

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40 millions de NIS alloués par l'état d'Israël aux transports publics arabes

40 millions de NIS alloués par l'état d'Israël aux transports publics arabes

Pour la première fois, l'État israélien accepte de financer la planification de projets de transport conçus par les autorités locales arabes elles-mêmes. Un tournant salué sur le terrain, mais aussitôt tempéré par une question centrale : qui paiera l'exécution ?

Un premier pas budgétaire pour les infrastructures de transport dans les localités arabes

Le ministère israélien des Transports vient de franchir une étape inédite en allouant 40 millions de shekels à la planification de projets de transport dans les municipalités arabes, une décision saluée comme historique mais jugée insuffisante par les élus locaux qui réclament désormais un financement pour l'exécution des travaux.

Un appel à projets sans précédent

Le ministère des Transports a publié récemment un appel à projets qui permet, pour la première fois, aux dirigeants des autorités locales arabes de concevoir eux-mêmes leurs projets de transport et d'obtenir un financement intégral de l'État pour la phase de planification.
Cette initiative répond à une demande formulée par l'association Sikkuy-Aufoq et par le comité des chefs des autorités locales arabes, qui réclamaient depuis longtemps une prise en main locale de l'aménagement du territoire.
Au moins quarante projets municipaux bénéficieront de ce nouveau cadre. La priorité sera donnée à la sécurité aux abords des établissements scolaires, au développement des transports en commun et au raccordement des quartiers aux grands axes routiers. Jusqu'à présent, les budgets de développement se concentraient sur des projets d'envergure gérés par des sociétés publiques, laissant de côté les besoins quotidiens comme les ronds-points, les zones de dépose sécurisées ou le pavage des rues internes.

Une planification jugée nécessaire mais insuffisante

Roy Barak, responsable des transports à Sikkuy-Aufoq, qualifie la mesure de changement de conception important, puisque l'État permet pour la première fois aux autorités arabes de décider elles-mêmes des projets prioritaires selon les besoins de leurs administrés. Il prévient toutefois que la planification est une condition nécessaire mais non suffisante. Sans budget dédié à l'exécution, les plans resteront dans les tiroirs.

Cette inquiétude est partagée par Farès Badhi, avocat et chef du conseil local de Kafr Qara, qui dénonce un manque profond d'attention budgétaire accordée depuis des années aux infrastructures dans la société arabe. Il évoque les inondations hivernales récurrentes, les réseaux souterrains endommagés et les routes dépourvues d'aménagements de circulation adéquats. Selon lui, combler des décennies de retard ne se fait pas en un claquement de doigts, mais une stratégie pluriannuelle appuyée sur de vrais budgets est indispensable. Il rappelle que les routes reliant les localités arabes servent l'ensemble des citoyens du pays et qu'il n'est pas justifié qu'elles restent en bas de la liste des priorités.

Des projets déjà approuvés mais gelés faute de budget

Au comité national des chefs des autorités locales arabes, on met en garde contre la création d'un nouveau stock de plans alors que de nombreux projets déjà validés restent gelés faute de budget d'exécution.
Abed Shehadeh, représentant du comité national, s'interroge sur l'utilité d'ajouter encore des plans si, au bout du compte, aucun moyen ne permet de les concrétiser. Il cite l'exemple de la route 65 dans le secteur de Wadi Ara, dont le budget de réfection aurait été redirigé par le ministère des Transports vers la ville de Hadera. Selon lui, une autorité arabe ne dispose pas de recettes propres issues de la taxe professionnelle et dépend entièrement des budgets de l'État. Lorsque les priorités sont fixées ailleurs, les projets locaux restent bloqués.

Le cas d'Oum el-Fahem, symbole d'un besoin de terrain

Salah Badran, responsable des transports en commun à la municipalité d'Oum el-Fahem, insiste sur la nécessité d'une planification ancrée dans la réalité du terrain plutôt que décidée depuis les bureaux ministériels. La ville compte actuellement 156 arrêts de bus et a lancé un appel d'offres pour en construire 120 supplémentaires, un projet déjà en phase finale d'approbation. Le budget d'exécution disponible ne couvre toutefois que les dix premiers arrêts. La population locale, en particulier les élèves, dépend fortement des transports en commun et attend des arrêts concrets plutôt que des plans sur le papier.

Des conséquences directes sur la sécurité routière

L'absence d'infrastructures internes, de trottoirs et d'arrêts de bus aménagés crée une dépendance quasi totale à la voiture individuelle dans ces localités. Cette situation se traduit par une surreprésentation des citoyens arabes parmi les victimes d'accidents de la route graves en Israël, alors que leur part dans la population générale est nettement inférieure.
Le déséquilibre entre les investissements massifs consentis pour les grandes infrastructures nationales et la négligence des besoins locaux est apparu récemment au grand jour avec l'ouverture de deux nouvelles gares ferroviaires à Tira et à Taybe, dans le cadre de la ligne ferroviaire de l'Est. Ces gares ont ouvert leurs portes sans que le réseau de bus local ait été adapté, obligeant les habitants à continuer de recourir à leur véhicule personnel faute de lignes reliant les quartiers aux quais.

La réponse du ministère des Transports

Le ministère des Transports et de la Sécurité routière affirme mener pour la première fois une démarche historique et sans précédent visant à réduire les écarts en matière de transport dans les localités des minorités, en donnant aux autorités locales les compétences et les outils nécessaires pour planifier des solutions adaptées à leurs besoins. Selon le ministère, cette première phase, dotée de 40 millions de shekels, doit permettre l'élaboration de plans professionnels et l'établissement d'estimations d'exécution. Le financement de la phase de mise en œuvre sera examiné une fois le processus de planification achevé, en fonction de l'ampleur des projets et des besoins identifiés sur le terrain.

Une première hirondelle, loin d'annoncer le printemps

L'appel à projets marque un tournant symbolique dans la manière dont l'État aborde les besoins des localités arabes, mais résorber des décennies de sous-investissement exigera des milliards de shekels. Entre la volonté affichée de réforme et les moyens réellement mobilisés pour l'exécution des travaux, un fossé subsiste, et c'est précisément ce fossé qui déterminera si cette annonce restera un geste politique ou se traduira en routes, trottoirs et arrêts de bus bien réels.

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Mandat d'arrêt pour Antoine Chakhtoura pour avoir été photographié non loin de Netanyahou

Rencontrer Netanyahou peut vous mettre en prison : le cas Antoine Chakhtoura secoue le Liban

Un richissime homme d'affaires libano-américain risque trente jours de détention dans son propre pays pour avoir été photographié à table avec Benjamin Netanyahou. Son crime aux yeux de la justice libanaise : avoir "collaboré avec l'ennemi israélien".

Une photo qui coûte cher

Tout est parti d'un cliché pris lors d'un dîner à Washington. Antoine Chakhtoura, homme d'affaires libanais installé aux États-Unis, y apparaît en arrière-plan, non loin du couple Netanyahou. La scène se déroule dans le cadre des hommages rendus au sénateur républicain Lindsey Graham, fervent soutien d'Israël, décédé de façon soudaine début du mois. Diffusée sur les réseaux sociaux, l'image a immédiatement suscité une tempête au Liban.

Face à l'ampleur de la polémique, la justice libanaise a d'abord voulu vérifier si le cliché n'était pas un montage généré par intelligence artificielle. Les services de sécurité ont été chargés d'authentifier le document. Leur conclusion est sans appel : la photo est authentique, elle n'a subi aucune retouche numérique ni aucune manipulation par IA.

C'est précisément cette authenticité confirmée qui a scellé le sort judiciaire de Chakhtoura. Le procureur général libanais Ahmad Rami el-Hajj a émis contre lui un mandat d'arrêt prévoyant une détention de trente jours, pour "collaboration avec l'ennemi israélien et violation de la loi libanaise sur le boycott d'Israël".

Un couple qui affichait ouvertement son soutien à Israël

Antoine Chakhtoura n'est pas un inconnu. Il partage la vie de Morgan Ortagus, ancienne envoyée spéciale de l'administration Trump pour le Liban, qui le décrit volontiers comme un "chrétien sioniste". Le couple avait déjà défrayé la chronique quelques mois plus tôt, lors d'une visite très remarquée au musée de l'Holocauste de Washington, pour la Journée internationale dédiée à la Shoah.

À cette occasion, Morgan Ortagus avait tenu des propos qui avaient déjà fait grand bruit dans le monde arabe. Elle avait salué la famille Chakhtoura comme issue de "générations de chrétiens sionistes libanais dévoués", ajoutant que les parents d'Antoine l'avaient élevé dans le soutien à l'État d'Israël et au peuple juif.
Elle avait aussi reconnu, sans détour, que l'engagement de son compagnon était "techniquement illégal" au Liban, où la loi interdit à tout citoyen de dialoguer avec des Israéliens, mais qu'il persistait malgré tout, finançant notamment le musée de l'Holocauste, l'opéra israélo-américain et diverses initiatives de paix entre le Liban et Israël.

De son côté, Chakhtoura avait publié sur Instagram un message de gratitude évoquant l'inauguration d'une inscription à son nom sur le mur des donateurs du mémorial, insistant sur le devoir de mémoire face à la Shoah.

L'organisateur du dîner de Washington

C'est justement ce même Antoine Chakhtoura qui avait organisé, avec sa compagne, le dîner d'hommage à Lindsey Graham où a été prise la photo litigieuse. Un choix qui, avec le recul, s'est révélé lourd de conséquences pour lui.

Dès la diffusion de l'image, plusieurs avocats libanais ont engagé des démarches judiciaires contre lui, réclamant qu'il soit poursuivi pour ses liens avec Israël et son Premier ministre. Le parquet a suivi, transformant une simple controverse médiatique en dossier pénal.

Ce que révèle cette affaire sur le droit libanais

Le Liban maintient depuis des décennies une législation stricte de boycott d'Israël, héritée du conflit israélo-arabe et jamais abrogée malgré les évolutions régionales. Tout contact avec un ressortissant israélien, y compris à visage découvert dans un cadre social ou diplomatique à l'étranger, expose théoriquement un citoyen libanais à des poursuites pénales sur son propre sol.

Ce dossier illustre avec une clarté rare la portée extraterritoriale que peut prendre cette loi. Il ne s'agissait ni d'une rencontre officielle, ni d'un accord commercial, ni même d'une déclaration publique de soutien politique. Une simple présence photographiée dans le même lieu qu'un dirigeant israélien, sur le sol américain, a suffi à déclencher l'appareil judiciaire libanais. Le précédent Chakhtoura rappelle que pour certains binationaux ou membres de la diaspora libanaise, le simple fait de croiser la route de responsables israéliens à l'étranger peut se traduire par des poursuites dès leur retour au pays, ou même en leur absence.

Une affaire qui dépasse le cas individuel

Au-delà du sort personnel d'Antoine Chakhtoura, cette affaire relance le débat sur la normalisation entre Israël et ses voisins arabes. Le couple Chakhtoura-Ortagus incarnait justement cette volonté affichée de rapprochement, financée par des initiatives privées à défaut d'un cadre diplomatique officiel. Le mandat d'arrêt libanais sonne comme un rappel brutal des limites politiques et juridiques qui subsistent, malgré les dynamiques régionales des dernières années et les espoirs suscités par les accords de normalisation ailleurs dans le monde arabe.

Reste à savoir si Antoine Chakhtoura, résidant aux États-Unis, sera un jour physiquement exposé à ce mandat d'arrêt. Sa situation illustre néanmoins un climat où l'image, une fois authentifiée, devient une pièce à conviction, et où la proximité affichée avec des dirigeants israéliens continue de comporter un risque juridique bien réel pour certains ressortissants de pays voisins d'Israël.

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Le prix caché de l'IA : des entreprises israéliennes découvrent des factures de 38 000 dollars en une nuit

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Une entreprise a découvert un matin qu'un de ses employés avait, seul et pendant la nuit, fait tourner un programme d'intelligence artificielle qui lui a coûté 38 000 dollars. L'anecdote, racontée par des dirigeants israéliens du secteur technologique, révèle un phénomène encore méconnu : les entreprises apprennent à leurs dépens à gérer une nouvelle dépense, le "token", cette unité qui mesure la consommation d'IA et qui peut faire exploser un budget en quelques heures.

Le token, cette nouvelle facture invisible

Chaque question posée à un outil d'intelligence artificielle, chaque document analysé, chaque réponse générée se traduit en tokens, l'unité sur laquelle repose la facturation. Plus la tâche est complexe, plus la note grimpe. Ce terme technique, longtemps réservé aux ingénieurs, s'impose désormais à tous les niveaux de l'entreprise. Inbal Namir, directrice chez Deloitte, explique que cette évolution bouleverse une économie interne bâtie depuis toujours sur les salaires et les heures travaillées. Un nouveau facteur s'y ajoute : une force de production numérique dont le coût, contrairement à la masse salariale, reste difficile à prévoir en début de mois.

Quand un salarié fait exploser la facture

Oded Tahori, dirigeant de l'entreprise technologique Jean Technologies, raconte le cas de cette société ayant découvert, au réveil, qu'un employé avait lancé une procédure de trois heures durant la nuit, pour un coût de 38 000 dollars, sans autorisation ni budget prévu.
Une autre entreprise a reçu un appel d'urgence de son fournisseur de cloud, alerté par une dépense anormale causée par un salarié ayant enclenché une boucle automatisée. Sans système de contrôle, ces dérapages peuvent atteindre des millions dans les grandes structures. Un projet mené sereinement sur trois mois peut coûter 50 000 dollars en tokens, contre 120 000 dollars si l'équipe se précipite pour le boucler en un mois.

Comment les entreprises reprennent la main

Face à ces risques, les sociétés mettent en place des budgets individuels par salarié, avec des procédures d'autorisation en cas de dépassement. Des formations se multiplient pour apprendre aux équipes à utiliser l'IA intelligemment plutôt que massivement, et des réseaux de référents internes se créent pour diffuser les bonnes pratiques.

Un employé n'est pas meilleur parce qu'il dépense plus

Reste une question de fond : comment juger un salarié à l'heure des tokens ?
Pour Oded Tahori, seul le résultat compte, pas la dépense engagée. Dor Atias, cofondateur de la société de cybersécurité Cycode, va plus loin et juge absurde d'évaluer un employé sur sa consommation de tokens. Il préfère revenir aux critères classiques, le nombre de fonctionnalités livrées, la qualité du code, la capacité à résoudre des problèmes, tout en notant que les erreurs se multiplient depuis que les équipes relisent moins attentivement ce que produit l'intelligence artificielle. Selon lui, les entreprises recherchent désormais des profils expérimentés plutôt que des juniors, un déséquilibre auquel personne n'a encore trouvé de réponse.

Des formations pour éviter les dérapages budgétaires

Face à ces enjeux, les entreprises investissent de plus en plus dans la formation à l'utilisation des outils d'IA, afin de garantir un usage à la fois judicieux et efficace. Des réseaux d'experts internes se constituent, des règles de travail sont rédigées, et les dirigeants doivent instaurer une culture d'apprentissage permanent. Inbal Namir souligne que ce sujet est devenu critique, car il ne s'agit pas d'un savoir superficiel : même les équipes non techniques doivent comprendre l'impact de chaque action et de chaque modèle utilisé. De nombreuses entreprises mettent en place des réseaux de champions internes, chargés de transmettre les bonnes pratiques jusqu'aux derniers échelons.

Le token s'impose ainsi comme une nouvelle donnée incontournable du monde du travail, aux côtés du salaire et des heures travaillées.

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