Claudine Douillet

Claudine Douillet,st fondatrice, gérante et rédactrice en chef d'Alliance, premier magazine juif francophone créé sur le web en 1996. Depuis près de trente ans, elle dirige la ligne éditoriale du titre, en assurant une veille quotidienne de l'actualité israélienne et juive internationale, traduite et adaptée pour le lectorat francophone.
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Les articles de Claudine Douillet

Beit Shemesh : une adolescente de 16 ans tabassée dans un bus pour un sac posé sur un siège

Beit Shemesh : une adolescente de 16 ans tabassée dans un bus pour un sac posé sur un siège

Par Claudine Douillet

Violence des adolescents en Israël : une lycéenne de 16 ans frappée dans un bus à Beit Shemesh pour une place assise, un garçon roué de coups à un arrêt à Petah Tikv

Israël : bus, arrêts, rues, la violence des mineurs explose et choque le pays
« Ma fille aurait pu être tuée » : l'agression d'une lycéenne dans un bus de Beit Shemesh bouleverse Israël

Une lycéenne de 16 ans a été frappée à la tête par un groupe de filles dans un bus de Beit Shemesh, dimanche 18 octobre, pour une simple place assise. Trois jours plus tôt, un garçon de 15 ans était roué de coups à un arrêt de bus de Petah Tikva. Deux scènes filmées, deux familles sous le choc, et un pays qui découvre l'ampleur de la violence de ses adolescents.

Un sac posé sur un siège, et tout bascule

Tout part d'un geste banal. Dimanche 18 octobre 2026, A., 16 ans, monte dans un bus à Beit Shemesh, à l'arrêt proche de son établissement scolaire. Son sac est posé sur le siège voisin. Selon sa mère, Topaz, interrogée par Ynet, d'autres filles voulaient cette place. A. s'apprêtait à déplacer son sac lorsque l'une d'elles l'a prise à partie, l'a insultée et a commencé à toucher ses affaires. L'adolescente a repoussé sa main. En quelques secondes, la dispute a dégénéré.

D'autres filles se sont jointes à l'agression. D'après le récit de la famille rapporté par la chaîne N12, près d'une vingtaine d'adolescentes auraient participé aux coups. Les images, filmées dans le bus et largement diffusées sur les réseaux sociaux, montrent la lycéenne blessée à la tête, le visage en sang. Son père affirme qu'on lui a ouvert le crâne avec un téléphone portable. A. a été prise en charge médicalement et a dû recevoir des points de suture.

« Ce qui a été fait à ma fille, c'est un lynchage »

La mère n'emploie pas le mot à la légère. Pour elle, ce qui s'est produit dans ce bus n'est rien d'autre qu'un lynchage. Elle raconte avoir reçu un appel vidéo depuis le téléphone de sa fille. C'est une passagère adulte qui a répondu, et derrière elle, Topaz a aperçu son enfant ensanglantée. Elle est aussitôt sortie dans la rue pour retrouver les agresseuses.

Aujourd'hui, A. souffre surtout de douleurs et n'a pas encore pris la mesure de ce qu'elle a vécu. Elle a peur de reprendre le bus. Ses parents assurent qu'elle ne retournera pas en classe aux côtés des jeunes filles impliquées.

La famille dénonce également une tentative de renversement des rôles. Selon la mère, celle de l'agresseuse principale, au lieu de présenter des excuses, chercherait à faire croire que c'est A. qui a attaqué la première. La vidéo, estime Topaz, parle d'elle-même.

Le chauffeur mis en cause, une plainte déposée

La colère des parents vise aussi le conducteur du bus. D'après la mère, des passagers lui ont crié de s'arrêter pendant l'agression, mais il a poursuivi sa route sans intervenir ni appeler la police. La famille a donc déposé plainte au commissariat de Beit Shemesh contre les agresseuses, mais aussi contre le chauffeur.

La police israélienne indique qu'une enquête a été ouverte dès réception de la plainte, que des témoignages ont été recueillis et que d'autres actes d'enquête sont en cours. Le ministère de l'Éducation dit considérer l'incident avec une grande gravité. L'élève blessée bénéficie d'un accompagnement professionnel, les jeunes filles impliquées font l'objet d'une procédure disciplinaire, et des discussions sur la prévention de la violence ont été organisées dans toutes les classes de l'établissement.

Petah Tikva : roué de coups à un arrêt, « sans aucune raison »

Trois jours plus tôt, jeudi 15 octobre, une autre scène a frappé Petah Tikva. Un adolescent de 15 ans attendait le bus avec un ami à un arrêt du secteur Yakhin-BSR. Selon le récit de sa mère, publié par le site d'information local Petah Tikva News, un garçon a soudain donné un coup de tête dans le ventre de son camarade. Lorsque l'adolescent a demandé pourquoi, une bande de jeunes a surgi en moins d'une minute et l'a frappé à coups de poing.

Sa mère décrit une violence gratuite et d'une brutalité terrible. Elle affirme que son fils aurait pu être tué et qu'il ne doit son salut qu'à un passant qui s'est interposé. Elle accuse la police de ne rien faire. Celle-ci n'avait pas encore réagi lors de la publication.

Une série noire qui ne cesse de s'allonger

Ces deux agressions ne sont pas des cas isolés. À Petah Tikva déjà, en juin dernier, un adolescent de 15 ans avait été encerclé rue Jabotinsky par des jeunes âgés de 14 à 17 ans, frappé à coups de poing et de pied, puis hospitalisé à Beilinson avec des blessures à la tête, aux côtes et à la main. Les agresseurs avaient filmé la scène et diffusé les vidéos dans les groupes de messagerie de leur école. Ses parents dénonçaient alors des jeunes qui transforment la souffrance d'un autre en contenu pour réseaux sociaux, au lieu de lui porter secours.

Les transports publics sont devenus l'un des théâtres privilégiés de cette violence. Les syndicats de chauffeurs multiplient les alertes depuis des mois. En décembre 2025, un conducteur de Jérusalem a eu le bras cassé par des adolescents. Quelques semaines plus tôt, à Netanya, un chauffeur de 70 ans avait été poignardé en plein service, selon les soupçons de la police, par deux garçons de 15 ans. Selon un décompte rapporté par Ynet, au moins deux chauffeurs de bus sont agressés chaque jour en Israël, et une enquête citée par Calcalist indique que plus de la moitié des conducteurs du transport public ont déjà subi une agression physique.

Des parents qui ont peur d'éduquer

Au delà de l'enquête, la mère de la lycéenne de Beit Shemesh a lancé un appel qui résonne bien au delà de sa ville. Elle se dit horrifiée et sous le choc, et rappelle que ce type de drame peut arriver partout. Son message s'adresse directement aux parents : cesser d'avoir peur de leurs enfants. C'est aux adultes d'éduquer les jeunes, et non l'inverse. Le désir d'être l'ami de ses enfants, insiste-t-elle, ne peut pas passer avant le devoir de les éduquer. Pour elle, la violence filmée dans ce bus est le résultat direct de parents qui veulent être des copains avant d'être des parents.

Une question de société posée à tout Israël

Bus, arrêts, centres commerciaux, cours d'école : la violence des mineurs gagne tous les espaces du quotidien, et la caméra du téléphone en est devenue le prolongement. Les vidéos choquent l'opinion, mais elles exposent aussi la lenteur des réponses. Les familles réclament des sanctions rapides, une présence policière renforcée et un véritable engagement du système éducatif. Les enquêtes ouvertes à Beit Shemesh et à Petah Tikva diront si les agresseurs seront poursuivis. En attendant, une lycéenne n'ose plus monter dans un bus, et un adolescent a appris qu'attendre à un arrêt peut coûter très cher.

Une lycéenne de 16 ans frappée dans un bus à Beit Shemesh pour une place assise, un garçon roué de coups à un arrêt à Petah Tikva : la violence des adolescents choque Israël.

Sources :
Ynet, agression dans un bus à Beit Shemesh

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Ramla : un détenu de 24 ans arrache l'oreille d'un adolescent de 17 ans en cellule

Ramla : un détenu de 24 ans arrache l'oreille d'un adolescent de 17 ans en cellule

 

Un détenu de 24 ans a arraché d'un coup de dents le haut de l'oreille d'un adolescent de 17 ans, enfermé dans la même cellule à Ramla. Le motif : le jeune avait refusé de partager un repas. Le parquet a déposé lundi un acte d'accusation pour coups et blessures avec intention aggravée.

Par Claudine Douillet

Dans le centre d'Israël, un acte d'accusation d'une rare gravité a été déposé lundi 19 octobre contre un détenu de 24 ans. Il est poursuivi pour avoir frappé un mineur dans une cellule de Ramla après que ce dernier eut décliné l'invitation à un repas, puis lui avoir mordu l'oreille jusqu'à en arracher une partie. L'affaire est révélée par le quotidien Maariv.

Un repas refusé, puis l'explosion de violence

Selon l'acte d'accusation, les faits remontent au 29 septembre 2026, vers 15 h 58. Le prévenu partageait alors la cellule avec l'adolescent et quatre autres détenus. L'un d'eux réveille le jeune garçon et lui propose de se joindre au repas commun. Il refuse.

Ce refus déclenche la colère du détenu de 24 ans. Celui-ci l'abreuve d'insultes grossières. Inquiet, l'adolescent se lève de sa couchette et se tient debout.

Maintenu par les autres détenus pendant l'agression

C'est là que la scène bascule. Les autres occupants de la cellule affirment que le mineur s'apprête à attaquer et lui saisissent les bras. Le prévenu profite de la situation pour s'approcher et le frapper à coups de poing à la tête.

L'adolescent, immobilisé, ne peut ni se défendre ni se protéger. L'agresseur ne s'arrête pas aux coups.

Le haut de l'oreille arraché d'un coup de dents

D'après l'acte d'accusation, il mord violemment l'oreille droite du jeune jusqu'à en arracher la partie supérieure, qui tombe ensanglantée sur le sol de la cellule.

Les séquelles sont lourdes. L'adolescent a perdu le haut du pavillon de l'oreille, le cartilage s'est retrouvé à nu, et le fragment arraché n'a pas pu être recousu. Il a dû subir une greffe de peau.

Une inculpation pour violences avec intention aggravée

Le parquet n'a pas retenu une simple bagarre de cellule. Il soutient que le prévenu a agi dans l'intention d'infliger une blessure grave, et lui reproche des coups et blessures avec intention aggravée au sens de l'article 329(a)(1) du Code pénal israélien. Cette qualification fait partie des plus lourdes du droit pénal israélien en matière de violences, en dessous de la tentative de meurtre.

La fin de l'impunité derrière les barreaux

L'affaire illustre un changement de fond dans le système carcéral israélien. Jusqu'ici, de nombreux incidents survenus en détention étaient réglés par la seule voie disciplinaire. Une enquête pénale imposait d'extraire le détenu pour l'interroger au commissariat, une procédure longue, coûteuse et lourde.

Sous l'impulsion du commissaire de l'Administration pénitentiaire, Kobi Yaakobi, la division des enquêtes du Shabas prend désormais en main les infractions pénales commises en détention, mène les investigations et rassemble les preuves. Lorsque le dossier est solide, il aboutit à un acte d'accusation devant les tribunaux. C'est exactement ce qui s'est produit à Ramla : l'agression n'a pas été classée par une sanction interne, elle est devenue une affaire pénale.

Un mineur détenu avec des adultes : la question qui dérange

L'affaire soulève une interrogation que l'acte d'accusation ne tranche pas. En droit israélien, un mineur doit être placé dans un centre de détention pour mineurs ou dans une aile entièrement séparée des détenus adultes. Or l'adolescent de 17 ans partageait une cellule avec un homme de 24 ans et quatre autres détenus.

Les circonstances de ce placement n'ont pas été rendues publiques à ce stade. Elles pourraient peser dans la suite de la procédure et relancer le débat sur la protection des mineurs en détention, alors que les prisons israéliennes connaissent une surpopulation chronique.

Ramla, ville sous tension

Ce drame survient dans un contexte local déjà lourd. Quelques jours plus tôt, sept adolescents ont été arrêtés pour le passage à tabac d'un jeune homme dans le quartier de Neot Shamir à Ramla, une agression filmée où la victime est projetée au sol et frappée à la tête. Cinq d'entre eux ont été inculpés de violences ayant entraîné des blessures réelles.

À Ramla comme ailleurs, la violence des jeunes et en milieu carcéral s'impose comme un défi majeur pour la police et la justice israéliennes. L'affaire de l'oreille arrachée, par sa brutalité et la futilité de son déclencheur, en devient un symbole saisissant.

Sources :
Maariv, 19/10/2026

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Tous les titres de la presse israélienne du 20 octobre par Alliance Magazine

Revue de presse israélienne du 21 octobre 2026 par Alliance Magazine

Par Claudine Douillet

Revue de presse israélienne du 20 octobre 2026

. Mis à jour le 20 octobre 2026 à 7 h.

À une semaine du scrutin, la conscription des orthodoxes s'invite à l'aéroport Ben Gourion et Bezalel Smotrich s'en prend à la police. Le patron du fisc annonce des budgets « cruels » et veut s'attaquer à l'argent liquide.

Sécurité

Tsahal consigne ses troupes à partir de jeudi
Envisagé en début de semaine, le gel des sorties est désormais décidé. À l'issue d'une évaluation couvrant tous les fronts, avec les chefs des directions des opérations et du renseignement et les commandants des régions Nord, Centre et Sud, le chef d'état-major Eyal Zamir a ordonné que les unités restent consignées dès jeudi. Il place l'armée en alerte maximale avec une mission affichée : permettre que le vote du 27 octobre se tienne à la date prévue et en sécurité. L'état-major de la brigade parachutiste servira de brigade d'intervention entre la Samarie et le Binyamin, d'autres unités renforceront le commandement Centre et la présence d'officiers supérieurs sera accrue dans les postes de commandement. Le sort du jour même du scrutin sera tranché dans la semaine. (Walla News) https://www.walla.co.il/news/military/383958042

Syrie : Damas redoute une offensive druze à Soueida, qu'il impute à Israël
Un haut responsable du gouvernement syrien affirme que les groupes armés druzes de Soueida massent des forces le long des lignes de front et s'apprêtent à attaquer l'armée syrienne, avec l'encouragement d'Israël. Selon lui, la reconnaissance aérienne israélienne s'est intensifiée au-dessus du sud du pays et de Damas, et un hélicoptère israélien aurait livré des armes à Soueida, une affirmation que le journal présente comme non vérifiée. Des figures druzes évoquent publiquement une prochaine opération pour reprendre des villages perdus. Le précédent de juillet 2025, quand Israël avait frappé l'état-major syrien pour protéger les Druzes, plane sur la province. Un responsable américain ne prévoit aucune reprise des pourparlers israélo-syriens avant les élections. (The Jerusalem Post) https://www.jpost.com/middle-east/article-912181

Politique

Ben Gourion : des dizaines de hassidim Habad retenus comme déserteurs, Netanyahou dénonce
Plus de quarante étudiants Habad, une cinquantaine selon d'autres décomptes, rentrant d'une année d'étude au siège new-yorkais du mouvement, ont été interceptés à leur arrivée par la police militaire, qui les attendait en nombre. Certains se sont vu retirer leur passeport et tous doivent passer en procédure disciplinaire. Sur une radio orthodoxe, Benjamin Netanyahou juge ces arrestations inacceptables et y voit une manœuvre destinée à saboter l'enrôlement volontaire des orthodoxes ; il souhaite qu'une loi d'exemption soit votée avant la prestation de serment du prochain gouvernement. Ynet rappelle que l'arrangement de Habad avec l'armée n'avait pas de base légale, et Haaretz que la conseillère juridique a exigé ce mois-ci la reprise des arrestations. Gadi Eisenkot, Naftali Bennett et Avigdor Liberman accusent le Premier ministre de troquer la conscription contre le pouvoir. (Ynet) https://www.ynet.co.il/news/elections2026/article/bkb8zfehfl (Haaretz) https://www.haaretz.co.il/news/elections/2026-10-20/ty-article/000001a1-57c5-dcd4-afa3-57cf41a50000

Bezalel Smotrich : « La police échoue » face aux extrémistes de Judée-Samarie
Le ministre des Finances, chef du Parti sioniste religieux, condamne les violences commises le week-end dernier contre des équipes de télévision et des diplomates étrangers en Judée-Samarie. Il les attribue à une poignée de jeunes venus pour la plupart de l'extérieur, qui selon lui causent un tort immense à l'implantation et embarrassent les meilleurs amis d'Israël. Il accuse la police de ne pas arrêter quelques dizaines d'individus pourtant filmés en temps réel, et vise sans le nommer Itamar Ben Gvir. Il réclame des poursuites et de la prison mais reste opposé à la détention administrative, qu'il juge discriminatoire. Il qualifie aussi la candidature d'Ofer Winter de « course folle » vouée à l'échec. (Israel Hayom) https://www.israelhayom.co.il/news/politics/article/21659322

Tzachi Hanegbi tourne le dos au Likoud et votera Liberman
Figure historique du Likoud et ancien conseiller à la sécurité nationale de Benjamin Netanyahou, Tzachi Hanegbi annonce qu'il votera le 27 octobre pour Israël Beitenou. Pour sa dix-huitième élection, ce sera la première fois qu'il ne soutiendra ni une liste où figurait sa mère, Geula Cohen, ni la sienne. Il justifie ce choix par ses désaccords avec une partie de la droite sur l'exemption militaire des orthodoxes, qu'il juge indéfendable après le 7 octobre, sur la justice et sur le comportement des dirigeants. Il dit rester un homme de droite mais rejeter ses versions messianiques ou méprisantes. Il avait été écarté de son poste en octobre 2025 après des désaccords avec le Premier ministre. (The Jerusalem Post) https://www.jpost.com/israel-election-2026/article-912239

Mansour Abbas et le « caractère juif » de l'État : Channel 14 sonne l'alarme
Dans une vidéo en arabe publiée sur Facebook, le chef du parti Ra'am range la fin de l'occupation, la paix et l'abandon du caractère juif de l'État parmi des revendications qui « peuvent être excellentes », tout en jugeant qu'elles ne sont pas réalistes dans la politique israélienne actuelle. Le propos visait les autres partis arabes, auxquels il reproche des slogans sans lendemain. Channel 14, dont la ligne est hostile à une coalition incluant Ra'am, y lit au contraire la preuve d'un agenda islamiste différé et interpelle le bloc d'opposition qui compte sur lui pour gouverner. (Channel 14) https://www.c14.co.il/article/1745250

Diplomatie

Netanyahou laisse entrevoir un élargissement des accords d'Abraham
Au lendemain du soutien public de Donald Trump à sa réélection, Benjamin Netanyahou s'est entretenu lundi avec le président américain. Il l'a remercié et a évoqué avec lui la menace nucléaire iranienne ainsi que l'extension des accords d'Abraham à de nouveaux pays, attirés selon lui par la puissance d'Israël. Pressé de dire lesquels, il s'est refusé à toute précision, au motif qu'il s'agissait d'une conversation ouverte. Selon son récit, Donald Trump l'a qualifié de combattant, a jugé qu'Israël l'avait traité injustement et lui a prédit une large victoire. (Walla News) https://www.walla.co.il/news/politics/383958099

Économie

Le patron du fisc veut supprimer le billet de 200 shekels, voire l'argent liquide
Devant les conseillers fiscaux réunis à Eilat, le directeur de l'Autorité des impôts, Shai Aharonovitch, a prévenu que les budgets 2027 et 2028 seraient « cruels ». En cause : une enveloppe de défense qui pourrait rester autour de 200 milliards de shekels si la guerre contre l'Iran reprend, et ce qu'il appelle un dérapage total sur les dépenses de réserve. Il propose de retirer le billet de 200 shekels, puis d'envisager la fin du paiement en espèces, une mesure qui rapporterait selon lui 20 à 30 milliards de shekels mais à laquelle la Banque d'Israël s'oppose. Il évoque aussi un durcissement de la taxation des bénéfices non distribués et regrette la suppression de l'impôt sur la fortune en 2000. Sans solutions nouvelles, prévient-il, la TVA et l'impôt sur le revenu augmenteront. (Israel Hayom) https://www.israelhayom.co.il/business/article/21659539

Société

Émeutes en France : deux lectures opposées dans la presse israélienne
Channel 14 met en avant une enquête de la chaîne américaine Fox News qui recense 54 organisations impliquées dans le mouvement, dont 16 seulement liées aux lycéens et aux étudiants. Parmi les autres figurent des syndicats, La France insoumise, des collectifs communistes, une association d'étudiants musulmans et Urgence Palestine, mais le média précise qu'aucune implication directe de ces deux dernières dans les violences n'a été établie. Le bilan avoisine 2 400 interpellations et l'hôtel de ville historique de Limoges a été incendié. Maariv privilégie une lecture sociale : la colère des lycéens contre les coupes budgétaires dans l'éducation et la vie chère, un Emmanuel Macron qui peine à reprendre la main, et une seule bénéficiaire, Marine Le Pen. (Channel 14) https://www.c14.co.il/article/1745631 (Maariv) https://www.maariv.co.il/news/world/article-1379158

Australie : le suspect de l'attaque contre la députée Helen Haines multipliait les messages hostiles à Israël
Brendan Nugent, 43 ans, a été arrêté après que la députée fédérale Helen Haines a été percutée par un 4x4 devant son bureau de Wangaratta, dans l'État de Victoria. Selon des témoins, le conducteur serait revenu en arrière pour la heurter à plusieurs reprises ; un passant l'a maîtrisé et lui a retiré un couteau. L'élue, grièvement blessée, a été amputée d'une jambe. Le compte X attribué au suspect, examiné par la police et les services antiterroristes, accusait Israël de génocide, contestait la réalité de la hausse de l'antisémitisme et affichait un soutien à l'Iran. Aucune inculpation n'avait été prononcée au moment de la publication. (Israel Hayom) https://www.israelhayom.co.il/general/article/21664530

Revue de presse israélienne du 20 octobre 2026 : des hassidim Habad retenus à Ben Gourion comme déserteurs, le fisc veut supprimer le billet de 200 shekels.

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Émeutes en France du 17 octobre 30 000 pilleurs filmés, la police a l'outil pour les identifier

Pilleurs du 17 octobre : la reconnaissance faciale peut tous les démasquer

Pilleurs du 17 octobre : la reconnaissance faciale peut tous les démasquer

Par Claudine Douillet

La France possède depuis quatorze ans un logiciel de reconnaissance faciale capable d'identifier les pilleurs du 17 octobre. Ils se sont filmés eux-mêmes, à visage découvert, et ont diffusé leurs exploits sur les réseaux sociaux. Il ne manque qu'une chose à l'État pour les retrouver : le courage de s'en servir.

Des pilleurs par dizaines de milliers, des arrestations au compte-gouttes

Samedi 17 octobre, la mobilisation contre la vie chère a tourné au saccage. Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux : vitrines explosées, magasins vidés, policiers blessés. À Marseille, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a dénombré plus de 30 000 pilleurs. Sur tout le territoire, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé 2 331 gardes à vue sur le week-end. Une fédération de la distribution recense 1 500 commerçants touchés.

Faites le calcul. L'écrasante majorité des pilleurs est rentrée chez elle, les bras chargés, sans être inquiétée.

Ils ont signé leurs méfaits en vidéo

Ces pilleurs ont commis une erreur fatale : ils se sont mis en scène. Sur TikTok, Snapchat et Instagram, les vidéos d'inventaire du butin se comptent par milliers. Baskets, vêtements, bijoux, téléphones exhibés face caméra, visages parfaitement reconnaissables. À Marseille, un casseur déguisé en Spider-Man a même expliqué à la radio qu'il « récupérait » ce qu'il paie en taxes.

À Lyon, la police scientifique relève depuis dimanche ADN et traces de sang dans les boutiques de la Presqu'île. Les enquêteurs annoncent des heures de visionnage des caméras de vidéosurveillance et l'examen des réseaux sociaux. Les preuves existent. Elles sont publiques. Elles ont été fournies par les coupables eux-mêmes.

L'outil existe déjà depuis 2012

Voici ce que beaucoup de Français ignorent : la police n'a besoin d'aucune loi nouvelle. Depuis 2012, policiers et gendarmes disposent d'un logiciel de reconnaissance faciale intégré au TAJ, le fichier de traitement des antécédents judiciaires. Ce fichier recense 17 millions de personnes mises en cause.

Le principe est d'une efficacité redoutable. Une image extraite d'une vidéo est comparée aux photos du fichier. Le logiciel propose des correspondances. Une cellule spécialisée de la gendarmerie retouche même les images floues pour les rendre exploitables. Dans une enquête judiciaire, les enquêteurs peuvent aussi interroger les bases d'images d'Interpol.

Concrètement, un pilleur déjà connu des services, filmé à visage découvert, est identifiable en quelques minutes.

Un outil légal, mais politiquement tabou

Pourquoi alors ce silence ? Parce que la reconnaissance faciale est devenue un sujet radioactif. En mars 2026, le média Disclose a révélé que policiers et gendarmes utilisaient ce logiciel depuis leurs smartphones de service lors de simples contrôles d'identité, ce que la loi interdit. La gauche réclame depuis la suppression pure et simple du dispositif.

Mais il faut distinguer. Contrôler un passant au hasard avec son téléphone est illégal. Identifier un pilleur filmé en train de dévaliser un commerce, dans le cadre d'une enquête ouverte par le parquet, est exactement l'usage prévu par la loi. Le règlement européen sur l'intelligence artificielle autorise lui aussi l'identification biométrique a posteriori par les forces de l'ordre, sous contrôle et pour des infractions précises.

Le ministère veut aller plus loin

Le ministère de l'Intérieur prépare d'ailleurs la montée en puissance du système. Un appel d'offres vise à renouveler le logiciel de comparaison des visages et à y ajouter l'identification par tatouages, cicatrices et piercings. Une campagne de pilleurs encagoulés mais tatoués n'échapperait plus aux enquêteurs.

La question n'est plus technique, elle est politique

Les commerçants ruinés, les policiers blessés et les contribuables qui paieront la facture attendent une réponse. L'État a les images. L'État a le fichier. L'État a le logiciel. S'il laisse impunis des milliers de pilleurs qui se sont eux-mêmes filmés, ce ne sera pas faute de moyens. Ce sera un choix.

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Jérusalem : quatre étudiantes en médecine voilées aspergées de café et traitées de « terroristes »

Jérusalem : quatre étudiantes en médecine voilées aspergées de café et traitées de « terroristes »

Quatre étudiantes arabes israéliennes en médecine ont été aspergées de café glacé et insultées dimanche près de la gare centrale de Jérusalem, uniquement parce qu'elles portaient le hijab. Filmée par un complice puis publiée sur Instagram, la scène a été applaudie en ligne. Les jeunes femmes annoncent une plainte et accusent les agents de sécurité de ne pas être intervenus.

Par Claudine Douillet

Une agression en deux temps, filmée et diffusée

Dimanche 18 octobre, en fin de journée, quatre étudiantes en médecine attendent près de la gare centrale de Jérusalem pour rentrer chez elles. Trois sont originaires de villes arabes du « Triangle », Qalansawe, Tayibe et Baqa al-Gharbiyye, la quatrième vit à Jérusalem. Toutes portent le hijab. Soudain, un liquide sucré s'abat sur elles. Un jeune homme, qu'elles estiment âgé de 17 ou 18 ans au maximum, vient de leur jeter une boisson glacée à la vanille.

Le choc passé, l'agresseur ne s'éloigne pas. Deux minutes plus tard, il revient avec un second gobelet de café glacé et le renverse sur elles, ainsi que sur d'autres jeunes filles présentes, avant de prendre la fuite. Pendant ce temps, un autre individu filme la scène. Des passants les traitent de « terroristes ». « Nous avons appelé à l'aide, mais personne n'est intervenu », racontent-elles au site israélien Ynet, qui a révélé l'affaire lundi.

Des agents de sécurité accusés d'indifférence

Sous le choc, l'une des étudiantes appelle son père, qui lui conseille de se tourner immédiatement vers la sécurité de la gare. Les jeunes femmes descendent alors vers l'entrée de la station, où se trouvent quatre agents. Elles expliquent qu'un jeune homme les a filmées et aspergées à deux reprises.

Selon leur récit, l'un des agents lève les yeux au ciel et se contente de répondre qu'il « regardera les caméras ». Deux autres agents arrivent. Une des étudiantes lance alors que si les victimes avaient été juives, la réaction aurait été différente et la police aurait été appelée. Nouvelle mimique agacée, aucune réponse. Pendant l'échange, une autre jeune femme fait une crise d'angoisse et fond en larmes, sans que personne ne s'en préoccupe, affirment-elles.

Ces accusations n'ont pas, à ce stade, fait l'objet d'une réponse publique de la société chargée de la sécurité du site ni de la police.

Une vidéo saluée par des internautes

Le plus choquant, pour les étudiantes, est venu ensuite. La vidéo a été publiée en ligne par le jeune agresseur lui-même. Sous la publication, les commentaires ont afflué pour le féliciter. « Tu es un roi », « bravo », « refaites-le », écrivent des internautes. L'un d'eux ajoute qu'il leur aurait plutôt jeté une boisson chaude.

Ces réactions transforment un geste d'humiliation en spectacle, et donnent à l'agression une portée qui dépasse largement le quai d'une gare. Les jeunes femmes disent ne pas avoir imaginé que leur mésaventure se retrouverait sur Instagram puis dans les journaux télévisés.

« Nous avons 20 ans, nous étudions la médecine »

Deux des étudiantes ont accepté de témoigner. L'une est en troisième année de médecine. Chaque dimanche, lundi et mardi, elles rentrent chez elles par la gare de Jérusalem. Elles choisissent le train parce qu'il évite les embouteillages. Depuis trois ans, elles empruntent ce trajet sans incident. « C'est la première fois que nous vivons une chose pareille », confie l'une d'elles.

Leur message est simple. « Nous avons à peine 20 ans, nous étudions la médecine, nous réalisons notre rêve. Le minimum que j'attends de l'État, c'est de pouvoir rentrer chez moi ou aller à l'université sans danger, sans avoir peur que quelqu'un m'attaque à la gare. »

Après l'incident, raconte l'une d'elles, le groupe a marché vers la station en se retournant sans cesse, par peur d'une attaque au couteau. Elle hésite désormais à reprendre le train et envisage un autre moyen de transport.

Plainte annoncée et recours à un avocat

Les étudiantes affirment qu'elles ne garderont pas le silence. Elles considèrent l'agression comme une infraction pénale et annoncent leur intention de porter plainte, puis de saisir la justice par l'intermédiaire d'un avocat afin que les responsables soient poursuivis.

Elles soulignent que leur cas n'est pas isolé et que d'autres jeunes femmes voilées leur ont rapporté des incidents comparables. Pour elles, l'absence de traitement sérieux des actes racistes encourage leur répétition, en particulier lorsqu'ils visent des Arabes et des femmes portant le hijab.

Ce que prévoit la loi israélienne

Le droit israélien ne laisse pas ce type d'actes sans réponse. Jeter une boisson sur une personne constitue une agression au sens du Code pénal. Lorsque l'infraction est commise pour un motif raciste ou par hostilité envers un groupe en raison de sa religion ou de son origine, la loi prévoit une aggravation de la peine, qui peut être doublée. La diffusion d'une vidéo accompagnée de commentaires appelant à recommencer pourrait, selon les cas, relever également de l'incitation.

Reste à savoir si l'auteur, aisément identifiable puisqu'il a lui même publié les images, sera rapidement entendu par la police de Jérusalem, et si les enregistrements des caméras de la gare seront exploités.

Un enjeu qui dépasse le fait divers

Cette affaire intervient dans un climat de fortes tensions intercommunautaires depuis le 7 octobre 2023. Mais elle touche à un point sensible de la société israélienne. Les citoyens arabes représentent environ un cinquième de la population du pays et occupent une place considérable dans le système de santé, parmi les médecins, les infirmiers et les pharmaciens. Les hôpitaux israéliens, de Jérusalem à Haïfa, fonctionnent chaque jour grâce à des équipes mixtes où soignants juifs et arabes travaillent côte à côte, y compris pendant la guerre.

Humilier publiquement de futures médecins, sous les applaudissements de spectateurs virtuels, c'est s'en prendre à l'un des rares espaces où la coexistence fonctionne concrètement. C'est aussi offrir un argument tout fait à ceux qui, à l'étranger, cherchent à présenter Israël comme un pays où les Arabes n'auraient pas leur place. La réponse des autorités, rapide ou non, dira beaucoup de la capacité de l'État à protéger tous ses citoyens dans l'espace public.

Source : Ynet, article de Hassan Shaalan, 19 octobre 2026.

Jérusalem : quatre étudiantes arabes en médecine voilées aspergées de café glacé et traitées de « terroristes ». Vidéo saluée en ligne, plainte annoncée.

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Intel Kiryat Gat : nouvelle fuite de gaz toxique à l'usine, cinq jours après l'explosion qui a tué deux ouvriers

Intel Kiryat Gat : nouvelle fuite de gaz toxique à l'usine, cinq jours après l'explosion qui a tué deux ouvriers

 

Une nouvelle fuite de trifluorure d'azote a été détectée lundi dans l'usine Intel de Kiryat Gat, le même gaz toxique que lors de l'explosion qui a tué deux ouvriers le 14 octobre. Aucun blessé n'est à déplorer, mais l'incident relance les interrogations sur la sécurité du site stratégique du géant américain des semi-conducteurs en Israël.

Par Claudine Douillet

Une fuite détectée pendant l'évacuation des bouteilles de gaz

Cinq jours seulement après le drame, l'usine Intel de Kiryat Gat a de nouveau déclenché ses alarmes. Lundi, les systèmes de surveillance du site ont détecté une fuite de trifluorure d'azote alors que les équipes préparaient l'évacuation de bouteilles de gaz. Il s'agit du même produit que celui impliqué dans l'explosion du mercredi 14 octobre.

Les pompiers et des équipes spécialisées dans les matières dangereuses, dépêchées depuis Ashkelon, se sont rendus sur place pour effectuer des prélèvements et mesurer la concentration du gaz. Selon les secours, l'incident est resté confiné à l'intérieur du site. Personne n'a été blessé et aucun danger n'a été signalé pour les habitants de Kiryat Gat.

Cette nouvelle alerte intervient dans un contexte particulièrement tendu. Le site est déjà au cœur d'une enquête et les opérations en cours visent justement à sécuriser les stocks de gaz après l'accident de la semaine dernière.

Le trifluorure d'azote, un gaz indispensable aux puces et redouté des secours

Le trifluorure d'azote, connu sous la formule NF₃, est un gaz incolore et ininflammable, mais fortement oxydant et toxique en cas d'inhalation. Il est largement utilisé dans l'industrie des semi-conducteurs pour nettoyer les chambres où sont déposées les couches ultrafines qui composent les puces électroniques.

Ce gaz est stocké en grandes quantités dans les usines de fabrication de processeurs, ce qui impose des procédures de manipulation extrêmement strictes. Lors de l'explosion du 14 octobre, la réserve concernée contenait environ huit tonnes de NF₃. C'est précisément la présence de ce produit qui avait conduit les autorités à déployer immédiatement des unités spécialisées et à demander aux riverains de se tenir à l'écart de la zone.

Le 14 octobre, l'explosion qui a coûté la vie à deux ouvriers

Mercredi dernier, peu après 14 heures, une forte détonation suivie d'une épaisse fumée noire avait secoué l'usine située boulevard Avatz. Huit équipes de pompiers et de secouristes avaient été engagées pour éteindre l'incendie, rechercher d'éventuels ouvriers piégés et surveiller la présence de substances dangereuses.

L'accident s'est produit lors d'un transfert de gaz. Selon le commandant du poste de police de Kiryat Gat, Shai Elali, un premier camion venait de décharger sa cargaison dans les réservoirs de l'usine. C'est au moment où un second camion s'est raccordé que l'explosion s'est produite. D'après les premières constatations des pompiers, une défaillance technique au niveau du col du réservoir de NF₃ serait en cause. Les enquêteurs ignorent encore s'il s'agit d'usure du matériel et si le drame aurait pu être évité.

Le bilan est lourd. Ilya Chechulin, 49 ans, est décédé au centre médical Soroka de Beer-Sheva malgré de longues tentatives de réanimation. Yakir Kosashvili, 35 ans, a été identifié le lendemain comme la seconde victime. Les deux hommes vivaient à Beer-Sheva. Un troisième employé d'Intel, âgé d'une vingtaine d'années, a été hospitalisé dans un état grave en réanimation, placé sous sédation et respiration artificielle.

La police a rapidement écarté toute piste d'attentat ou d'acte hostile. L'explosion s'était pourtant produite au moment même où le Premier ministre Benjamin Netanyahou effectuait une visite dans la ville.

Le ministère du Travail cherche un lien entre les deux incidents

Les inspecteurs du ministère du Travail, présents sur le site depuis plusieurs jours pour enquêter sur l'explosion, ont désormais une question supplémentaire à trancher : la fuite de lundi est elle liée à l'accident du 14 octobre ? Une même défaillance de matériel, un problème dans les installations de stockage ou une fragilisation des équipements après l'explosion pourraient expliquer la répétition des incidents.

À ce stade, les causes exactes de l'explosion ne sont toujours pas établies. Intel affirme coopérer pleinement avec les services de secours et les autorités.

Intel Kiryat Gat, un site stratégique sous pression

L'usine de Kiryat Gat abrite Fab 28, l'une des principales unités de production de processeurs d'Intel dans le monde, ainsi que le chantier voisin de Fab 38, un projet d'expansion de plusieurs milliards de dollars destiné à accroître les capacités de fabrication avancée du groupe en Israël. Intel figure parmi les plus grands employeurs privés et exportateurs du pays, et le site du Néguev est un maillon central de sa chaîne de production mondiale.

Pour les familles des victimes comme pour les milliers de salariés du site, cette nouvelle fuite ravive une inquiétude légitime. Deux incidents impliquant le même gaz toxique en moins d'une semaine imposent des réponses claires sur les conditions de stockage et de transfert des produits dangereux. Les conclusions de l'enquête du ministère du Travail seront déterminantes, tant pour établir les responsabilités que pour garantir la sécurité de l'un des fleurons industriels d'Israël.

Sources :

Ynetnews, identification de Yakir Kosashvili

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Violences sexuelles en Israël : les victimes obtiennent le droit d'être entendues avant toute libération anticipée

Violences sexuelles en Israël : les victimes obtiennent le droit d'être entendues avant toute libération anticipée

Les victimes de violences sexuelles ou physiques pourront désormais s'adresser directement à la commission qui statue sur la libération anticipée de leur agresseur. Le ministre de la Justice Yariv Levin et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir ont signé dimanche les règlements d'application d'une loi votée par la Knesset en juin 2025. Ils entrent en vigueur le 1er décembre.

Par Claudine Douillet

Une loi de juin 2025 enfin applicable

Seize mois après son adoption, la loi qui ouvre aux victimes de violences sexuelles et physiques un véritable droit de parole devant les commissions de libération conditionnelle dispose enfin de son mode d'emploi. Les règlements signés par Yariv Levin et Itamar Ben Gvir fixent les délais, les formulaires et la procédure. Le texte de loi, porté à la Knesset par le député Chili Tropper et plusieurs autres élus, avait aussi inscrit noir sur blanc une obligation nouvelle : la commission doit désormais prendre en compte la menace que représente la libération du détenu pour la sécurité de la victime.

Ce qui existait déjà depuis 2001

La réforme ne part pas de zéro. Depuis la loi de 2001 sur les droits des victimes d'infractions, les victimes de crimes sexuels ou violents pouvaient déjà adresser un avis écrit sur les risques d'une libération anticipée. Mais se présenter devant les membres de la commission et leur parler en face n'était pas un droit garanti. Toute la différence est là : une lettre versée au dossier pèse peu face à une personne qui raconte elle-même ce qu'elle redoute.

Comment fonctionne la libération conditionnelle en Israël

En Israël, un détenu peut en règle générale demander une libération anticipée après avoir purgé les deux tiers de sa peine. La commission décide alors s'il peut effectuer le dernier tiers hors de prison, sous surveillance et sous conditions. Elle examine son comportement en détention, ses perspectives de réinsertion et le danger que représente sa sortie. C'est dans ce dernier critère que la voix de la victime prend désormais toute sa place.

21 jours pour demander à être entendue

La victime qui souhaite s'exprimer oralement doit en informer par écrit le secrétariat de la commission au moins 21 jours avant l'audience. Les règlements prévoient une souplesse : si elle apprend la tenue de l'audience après ce délai, elle peut encore se manifester tant que celle-ci n'a pas eu lieu. Celle qui préfère une déclaration écrite doit la remettre au plus tard sept jours avant l'audience. Changement notable, ces documents seront désormais adressés au secrétariat des commissions au sein de l'Administration des tribunaux, et non plus transmis d'abord par l'Administration pénitentiaire.

Une audition possible hors de la présence du détenu

Le formulaire mis à disposition permet à la victime d'indiquer l'option choisie. Il prévoit surtout que l'audition orale puisse se dérouler devant les membres de la commission sans que le détenu soit présent. Pour beaucoup de victimes, devoir répéter leur témoignage face à leur agresseur constituait un obstacle insurmontable. Les coordonnées permettant d'identifier la victime pourront également être tenues à l'écart du détenu.

Les limites du nouveau dispositif

Le texte ne donne aucun droit de veto. La victime est entendue, mais la décision reste entre les mains de la commission. Ses déclarations ne sont pas non plus automatiquement confidentielles : selon les directives officielles en vigueur, une déclaration écrite peut être communiquée au détenu. La loi interdit par ailleurs de reporter une audience dans le seul but de permettre un témoignage oral si le détenu a déjà purgé les deux tiers de sa peine ou les aurait purgés à la date reportée. Enfin, les victimes dont le dossier relève de l'unité administrative chargée des courtes peines conservent uniquement le droit de s'exprimer par écrit.

Des années de combat de victimes ignorées

Cette réforme est née de plaintes répétées pendant des années. Lors des débats à la Knesset, une victime d'Alon Kastiel, condamné pour crimes sexuels, avait raconté combien il lui avait été difficile d'obtenir l'autorisation de parler lors des audiences consacrées à sa libération, et combien elle était mal informée de leur calendrier. Son témoignage a montré l'écart entre la simple possibilité d'envoyer un courrier et un droit réel, opposable, de se présenter devant ceux qui décident.

Levin et Ben Gvir revendiquent un tournant

Yariv Levin présente le renforcement des droits des victimes comme une obligation morale du système judiciaire et affirme que les nouvelles règles rendront leur participation plus accessible, tout en protégeant leur sécurité et leur vie privée. Itamar Ben Gvir insiste sur la garantie que la voix des victimes sera entendue avant toute libération et résume sa ligne en une formule : « moins de droits pour les criminels, plus de protection pour les victimes ».

Le vrai test : l'information des victimes

Les règlements entreront en vigueur le 1er décembre, date d'application de la loi de 2025, ou à leur date de publication officielle si celle-ci intervient plus tard. Leur efficacité dépendra d'une question très concrète : les victimes seront-elles prévenues à temps des audiences pour pouvoir utiliser ces nouveaux droits ? Sans information fiable, le délai de 21 jours risque de rester théorique.

Source : The Jerusalem Post

Dès le 1er décembre, en Israël, les victimes de violences sexuelles pourront s'exprimer devant la commission qui examine la libération anticipée de l'agresseur.

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Sources : The Jerusalem Post

Apologie du terrorisme : Rima Hassan risque sept ans de prison

Apologie du terrorisme : Rima Hassan risque sept ans de prison

 

Rima Hassan jugée pour apologie du terrorisme : l'éloge du tueur de l'aéroport de Lod devant le tribunal de Paris

L'eurodéputée La France insoumise Rima Hassan comparaît depuis ce lundi 19 octobre devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour apologie du terrorisme en ligne. En cause, un message publié sur X qui reprenait les mots de Kozo Okamoto, l'un des trois tueurs du massacre de l'aéroport de Lod en 1972.
Elle encourt sept ans d'emprisonnement, 100 000 euros d'amende et une peine d'inéligibilité.

Par Claudine Douillet

Un tweet à la gloire du tueur de Lod

Le 26 mars 2026, Rima Hassan publie sur son compte X, suivi par quelque 420 000 abonnés, un message encadré des drapeaux japonais et palestinien. Il cite Kozo Okamoto, présenté comme ayant consacré sa jeunesse à la cause palestinienne, et reprend cette formule qui lui est attribuée : « Tant qu'il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. » Le texte est accompagné d'une photographie du Japonais, keffieh au cou, porté par des hommes en treillis.

Le message est aussitôt signalé au parquet par le ministre de l'Intérieur, puis par l'Organisation juive européenne (OJE) et la Licra. Le député RN de la Somme Matthias Renault saisit également la justice au titre de l'article 40 du code de procédure pénale. Rima Hassan supprime ensuite sa publication, mais le pôle national de lutte contre la haine en ligne ouvre une enquête.

Le massacre de l'aéroport de Lod, 26 morts

Le 30 mai 1972, trois membres de l'Armée rouge japonaise, recrutés et entraînés par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), débarquent à l'aéroport de Lod, l'actuel aéroport Ben Gourion, à bord d'un vol Air France en provenance de Rome. Dans la zone de livraison des bagages, ils sortent de leurs valises des fusils d'assaut et des grenades, puis tirent sur la foule.

Le bilan est de 26 morts et 80 blessés. Parmi les victimes figurent 17 pèlerins chrétiens venus de Porto Rico, un Canadien et huit Israéliens, dont le scientifique Aharon Katzir. Les deux complices d'Okamoto meurent pendant l'assaut. Lui est blessé, arrêté, puis condamné à la prison à vie par un tribunal militaire israélien. Il est libéré en 1985 lors d'un échange de prisonniers, obtient l'asile politique au Liban et meurt à Beyrouth en juillet 2026, à 78 ans. Porto Rico commémore chaque 30 mai le massacre de Lod depuis 2006.

Ce que dit la loi : jusqu'à sept ans de prison

L'apologie du terrorisme est réprimée par l'article 421-2-5 du code pénal. Le délit consiste à présenter publiquement sous un jour favorable un acte terroriste ou son auteur. La peine de base est de cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende. Elle est portée à sept ans et 100 000 euros lorsque les faits sont commis sur un service de communication en ligne, ce qui est le cas ici. Une peine complémentaire d'inéligibilité, pouvant aller jusqu'à dix ans, est également encourue.

Le tribunal devra donc dire si, en relayant les mots d'Okamoto sans distance critique, l'eurodéputée a incité ses lecteurs à porter un jugement favorable sur l'attentat ou sur son auteur. Le contexte jurisprudentiel pèse : la Cour de cassation a récemment confirmé que présenter les attaques du Hamas du 7 octobre comme des « actes de résistance » pouvait relever de ce délit.

Son immunité de parlementaire européenne ne la protège pas. Les publications visées n'ont pas été diffusées dans l'exercice direct de son mandat, et la procédure a été menée en flagrance, sans levée d'immunité.

Une dizaine de parties civiles face à l'eurodéputée

À l'ouverture de l'audience, à 9 heures, Rima Hassan a posé son keffieh sur le banc des prévenus, dans une salle presque comble. Face à elle, une dizaine d'avocats représentent les parties civiles : la Licra, l'OJE, l'Observatoire juif de France, le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), Avocats sans frontières France et l'Union des étudiants juifs de France (UEJF).

La présidente de l'OJE, Muriel Ouakine-Melki, a dénoncé auprès de l'AFP le danger que représente le fait de faire passer un acte terroriste pour un acte de résistance. Selon CNews, elle a fait citer à la barre le fils d'une victime française de l'attentat de 1972.

La défense plaide le procès politique

Pour Me Vincent Brengarth, avocat de l'élue, sa cliente est poursuivie pour la faire taire, en raison de ses prises de position sur Gaza. La défense invoque la liberté d'expression et parle d'un procès politique. Rima Hassan se présente comme la cible d'un harcèlement judiciaire lié à son engagement propalestinien.

Le procès devait initialement se tenir le 7 juillet. Me Brengarth avait alors obtenu un renvoi en dénonçant l'afflux de conclusions des parties civiles reçues au dernier moment, contre l'avis du parquet. Ce jour-là, plusieurs centaines de soutiens, dont Jean-Luc Mélenchon, s'étaient rassemblés devant le tribunal judiciaire, tandis que le collectif Nous Vivrons dénonçait une tentative de pression sur la justice.

Garde à vue, fuites et classement sans suite

Convoquée le 2 avril à la police judiciaire, Rima Hassan avait été placée en garde à vue. Lors de la fouille, les policiers avaient trouvé du CBD et une substance ressemblant à de la 3-MMC, une drogue de synthèse. L'information avait fuité dans la presse pendant la garde à vue. Le 9 avril, le parquet de Paris a classé ce volet sans suite, faute d'infraction suffisamment caractérisée. L'élue affirmait avoir acheté légalement du CBD dans une boutique de Bruxelles.

Elle a depuis saisi le Défenseur des droits pour dénoncer de graves manquements policiers, notamment l'analyse de la géolocalisation de son téléphone sur trois mois. LFI a parlé de « scandale d'État ». Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a assuré n'avoir organisé aucune fuite.

D'autres procédures en cours

Selon le parquet de Paris, Rima Hassan est visée par six autres procédures, tandis qu'une vingtaine de plaintes ont été classées sans suite. Deux d'entre elles ont débouché sur des poursuites distinctes pour apologie publique de crime et provocation publique non suivie d'effet. Elles visent deux publications Instagram, dont une story accompagnée de la formule « un par un », relayant un article sur les exécutions par le Hamas de Gazaouis accusés de collaborer avec Israël. Ces dossiers n'ont pas encore été jugés.

Un procès sous haute tension politique

L'audience s'ouvre deux semaines après un nouvel incident au Parlement européen. Le 6 octobre à Strasbourg, Rima Hassan a reconnu avoir retiré le drapeau israélien d'une exposition consacrée aux victimes du 7 octobre, le drapeau européen tombant au sol dans le même mouvement. La présidente du Parlement, Roberta Metsola, a dit prendre l'affaire très au sérieux, et le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a réclamé des sanctions exemplaires.

Née en 1992 dans le camp de Neirab, près d'Alep en Syrie, arrivée en France enfant et naturalisée en 2010, Rima Hassan a été élue au Parlement européen en 2024. Les débats se poursuivent ce mardi 20 octobre. Le jugement pourra être rendu à leur issue ou mis en délibéré à une date ultérieure.

Sources :
AFP via Boursorama ·

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Fuite des médecins israéliens : chez Clalit, les départs à l'étranger ont presque quadruplé

Fuite des médecins israéliens : chez Clalit, les départs à l'étranger ont presque quadruplé

Les médecins de Clalit, première caisse d'assurance maladie d'Israël, quittent le pays à un rythme jamais vu. Les chiffres présentés ce lundi au congrès de l'Association médicale israélienne révèlent une fuite des cerveaux qui touche d'abord les meilleurs praticiens, et le corps médical réclame un plan de retour.

Par Claudine Douillet

Des départs multipliés par plus de trois et demi

Le constat est brutal. Avant 2019, Clalit perdait en moyenne neuf médecins par an partis s'installer à l'étranger. Depuis 2023, ce chiffre atteint 33 par an. Les données ont été présentées ce lundi 19 octobre par Gali Cohen, directrice de la division planification de Clalit, lors d'un congrès consacré à l'émigration des médecins, organisé par l'Association médicale israélienne au village de la Maccabiah, en présence des principaux responsables du système de santé.

Clalit n'est pas un acteur parmi d'autres. Elle assure plus de la moitié des Israéliens et gère à la fois un vaste réseau de dispensaires et plusieurs des plus grands hôpitaux du pays. Ce qui s'y passe donne donc une image fidèle de l'état de la médecine israélienne. Selon Gali Cohen, les chiffres augmentent et la tendance est nette, sans ambiguïté.

La médecine de ville la plus touchée

C'est en médecine de proximité que la hausse est la plus spectaculaire. Les départs y sont passés de trois médecins par an en moyenne à dix huit, soit une multiplication par six. Dans les hôpitaux de Clalit, la moyenne est passée de six à quinze praticiens par an.

Toutes les spécialités ne sont pas frappées de la même manière. L'ophtalmologie arrive en tête des départs, suivie par la pédiatrie. À l'hôpital, la psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, l'ophtalmologie, la radiologie et la rééducation figurent parmi les disciplines qui perdent le plus de médecins. Autant de secteurs où les délais d'attente sont déjà longs et où chaque départ pèse immédiatement sur les patients.

Ichilov et Rabin en première ligne

Une enquête menée en 2024 par l'Association médicale israélienne dans les seuls hôpitaux complète ce tableau. Cinquante médecins ont quitté le pays cette année là, dont quatorze issus à eux seuls du centre médical Ichilov de Tel Aviv et du centre médical Rabin de Petah Tikva.

À ces départs s'ajoutent 53 médecins partis se perfectionner à l'étranger dans le cadre de programmes de recherche, les fameux fellowships, qui ont prolongé leur séjour au delà de la durée prévue. La plupart viennent de Sheba et d'Ichilov. Une prolongation ne signifie pas forcément un départ définitif, mais elle inquiète un système qui compte sur le retour de ces jeunes spécialistes formés dans les meilleurs centres mondiaux.

Sécurité, politique et salaires

Les raisons invoquées par les médecins sont connues. L'enquête met en avant la situation sécuritaire et politique du pays, à laquelle s'ajoutent des considérations économiques.

Le docteur Lea Kahanov, du forum des internes de l'Association médicale, a décrit sans détour la réalité de la jeune génération : des salaires jugés misérables, des gardes à répétition et une charge de travail qui ne cesse de s'alourdir. Elle estime que l'instabilité du pays mine aussi le sentiment de sécurité des praticiens, et que sa génération attend qu'on investisse enfin en elle.

Les meilleurs s'en vont

La crainte principale exprimée au congrès dépasse les chiffres. Ce sont précisément les médecins les plus brillants, ceux dans la formation desquels l'État a investi des années, qui choisissent de rester à l'étranger.

Le docteur Eitan Levon, directeur de l'hôpital HaSharon, pointe le manque d'infrastructures de recherche et de blocs opératoires, ainsi que la surcharge de travail, qui découragent les jeunes médecins. Pour lui, ceux qui partent sont « la cerise sur le gâteau » du système de santé israélien, y compris dans ses fonctions de direction. Cette pénurie alimente selon lui une concurrence entre hôpitaux pour attirer le personnel et creuse le déséquilibre entre le centre du pays et la périphérie.

L'oncologie déjà frappée

Le prix se paie déjà dans des domaines vitaux. Le professeur Ido Wolf, doyen de la faculté de médecine de l'université de Tel Aviv, a révélé qu'entre cinq et dix oncologues ont quitté Israël sans revenir. Il les décrit comme la relève la plus solide du pays, des profils pour lesquels il n'existe aujourd'hui aucun remplaçant. Selon lui, les conditions proposées aux chercheurs à l'étranger rendent la compétition presque impossible pour Israël.

Une guerre mondiale des talents médicaux

Le phénomène s'inscrit dans un contexte international tendu. Selon les estimations présentées au congrès, il manque dans le monde entre deux et six millions de médecins. Les pays riches attirent les praticiens des pays plus fragiles ou confrontés à des guerres et à des conflits. Israël, qui sort de deux années de guerre, se trouve exposé à cette concurrence.

Un plan de retour réclamé

Face à l'hémorragie, les participants ont surtout parlé de solutions. Le docteur Zeev Feldman, président de l'organisation des médecins du secteur public, a insisté pour que le manque de postes ne soit jamais un obstacle au retour d'un médecin. Il plaide pour une offre globale, un véritable projet de vie, proposée aux praticiens qui rentrent de l'étranger.

Le message adressé aux autorités est clair. Sans investissement rapide dans les salaires, les conditions de garde, les blocs opératoires et la recherche, Israël risque de perdre durablement une partie de l'élite médicale qu'il a lui même formée.

(Source : Walla News)

Chez Clalit, les départs de médecins à l'étranger sont passés de 9 à 33 par an. Sécurité, salaires, gardes : Israël perd ses meilleurs praticiens.

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Élections israéliennes 2026 : le Shas ressuscite le rabbin Ovadia Yossef en hologramme

Élections israéliennes 2026 : le Shas ressuscite le rabbin Ovadia Yossef en hologramme

Par Claudine Douillet

Élections israéliennes 2026 : le Shas ressuscite le rabbin Ovadia Yossef en hologramme

Le Shas fait revivre son fondateur disparu en 2013. À huit jours des élections législatives du 27 octobre, le parti séfarade orthodoxe ressort la vidéo de campagne qui l'avait porté en 2022 : le rabbin Ovadia Yossef y réapparaît grâce à un hologramme et à l'intelligence artificielle, aux côtés d'un ancien candidat de l'émission de téléréalité « Big Brother ».

Une vidéo de 2022 recyclée pour la dernière ligne droite

Au moment décisif de la campagne, le Shas abat sa carte la plus émotionnelle. Le parti remet en circulation exactement le même clip qui lui avait valu un large succès lors du scrutin de 2022. Rien n'a été retourné ni retouché, à l'exception de la séquence finale, adaptée à l'élection de 2026. Le pari repose sur une conviction simple : l'image du « Maran », comme l'appellent ses fidèles, reste le meilleur argument électoral du mouvement, treize ans après sa mort.

Le procédé n'est pas anodin. Faire parler un guide spirituel disparu grâce à l'intelligence artificielle aurait choqué il y a quelques années dans le monde orthodoxe. Le Shas assume pourtant cette technologie, et l'associe à une figure de la téléréalité israélienne pour toucher un public jeune et populaire, bien au-delà des cercles religieux.

D'après Israel Hayom, la cible est précise : les électeurs qui hésitent encore entre le Likoud de Benjamin Netanyahou et le parti d'Itamar Ben Gvir, ainsi que les votants traditionnels de la mouvance séfarade que le Shas craint de voir partir ailleurs.

Halloween, nouvelle cible de la campagne identitaire

Le Shas ne s'adresse pas seulement aux orthodoxes. Le parti cherche aussi à séduire l'électorat traditionaliste, ces Israéliens séfarades attachés aux rites sans être strictement pratiquants, qui constituent historiquement le cœur de sa base.

Un second clip vise directement cette population. Un enfant y demande à son institutrice ce qu'est Halloween. Elle lui répond : « Tu es devenu primitif ? » La formule renverse habilement le reproche souvent adressé aux religieux. Le message est clair : ce n'est pas l'attachement à la tradition juive qui serait arriéré, mais l'importation de fêtes occidentales sans racines en Israël. Le Shas présente ainsi l'identité juive comme une fierté et non comme un repli.

La lettre du rabbin Yitzhak Yossef contre la montée au mont du Temple

Cette offensive médiatique ne tombe pas par hasard. Elle accompagne une lettre publiée dimanche 18 octobre par le rabbin Yitzhak Yossef, fils d'Ovadia Yossef, ancien grand rabbin séfarade d'Israël et président du Conseil des Sages de la Torah, l'instance suprême du Shas.

Dans ce texte manuscrit au ton particulièrement sévère, rapporté par la chaîne Channel 14, le rabbin rappelle que les grands décisionnaires de toutes les générations ont interdit sans exception de pénétrer sur le mont du Temple, en raison de la gravité de la faute encourue, passible selon la loi juive du « karet », le retranchement. Il s'en prend à des responsables publics qui se définissent comme nationalistes et qui, selon lui, entraînent le public dans cette transgression en sanctifiant la montée sur le site.

Sa conclusion est sans appel : soutenir le parti d'un dirigeant qui monte au mont du Temple et encourage cette pratique revient, à ses yeux, à commettre soi même la faute. Il est donc interdit, selon la halakha, de voter pour une telle formation. Le rabbin met aussi en garde contre les responsables politiques qui exploitent les questions religieuses sensibles à des fins électorales.

Itamar Ben Gvir dans le viseur

Le nom n'est pas écrit, mais personne ne s'y trompe. Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, chef d'Otzma Yehudit, s'est rendu à plusieurs reprises sur le mont du Temple et défend ouvertement le droit des Juifs à y prier. Channel 14 associe d'ailleurs la lettre à Ben Gvir et à Moshe Feiglin, autre défenseur de longue date de la présence juive sur le site.

Ce n'est pas la première charge du rabbin Yitzhak Yossef. Le 17 septembre, il avait déjà déclaré interdit de voter pour quiconque monte au mont du Temple. Le 7 octobre, il accusait Ben Gvir d'être responsable des arrestations d'étudiants de yeshivas, en pleine crise sur la conscription des ultra-orthodoxes.

Un électorat séfarade disputé

Derrière la querelle théologique se joue une bataille électorale très concrète. Le Shas et la droite nationaliste se disputent une partie du même électorat : des Israéliens séfarades, souvent issus des villes de développement et des quartiers populaires, attachés à la tradition et sensibles au discours sécuritaire. Une partie de ces électeurs, autrefois fidèles au parti d'Aryé Déri, a été séduite ces dernières années par le style direct de Ben Gvir.

Pour le Shas, l'enjeu est de rapatrier ces voix en jouant sur deux registres complémentaires : l'autorité rabbinique, avec l'interdit religieux formulé par le fils du fondateur, et l'émotion, avec le retour virtuel du père. Le message implicite adressé à l'électeur traditionaliste est limpide : voter Ben Gvir, c'est s'éloigner de l'héritage d'Ovadia Yossef.

Ovadia Yossef, un capital politique intact

Grand rabbin séfarade d'Israël de 1973 à 1983, fondateur du Shas en 1984, Ovadia Yossef est mort en octobre 2013 à l'âge de 93 ans. Ses funérailles avaient rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes à Jérusalem, l'une des plus grandes foules de l'histoire du pays. Auteur d'une œuvre halakhique considérable, il avait redonné leur fierté aux Juifs originaires d'Afrique du Nord et du Moyen Orient, longtemps marginalisés par l'establishment ashkénaze.

Treize ans après sa disparition, son image reste le principal ciment du parti. Le Shas l'avait déjà mise en avant lors de la campagne de 2022, conclue par l'obtention de onze sièges à la Knesset. Reste à savoir si la recette fonctionnera une seconde fois, dans un paysage politique bouleversé par la guerre, la crise de la conscription et la concurrence frontale de la droite nationaliste.

Réponse le 27 octobre, jour du vote pour la 26e Knesset.

À huit jours des élections israéliennes, le Shas fait réapparaître le rabbin Ovadia Yossef en hologramme et cible l'électorat de Ben Gvir.

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