Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 22 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Vibromasseurs, religion et tabou : la conseillère sexuelle qui bouscule le monde harédi

Vibromasseurs, religion et tabou : la conseillère sexuelle qui bouscule le monde harédi

Efrat Eliezer Toledano, 32 ans, conseillère sexuelle et coach de couples, fondatrice de la boutique en ligne "Recissei Laïla". Mariée, mère de deux enfants, elle vit à Karnei Shomron.

Vibromasseurs, huiles, littérature érotique : la boutique d'Efrat Eliezer Toledano vend tout ce que sa communauté n'ose pas nommer. Issue d'une famille ultra-orthodoxe, mariée, mère de deux enfants, elle est aujourd'hui conseillère sexuelle à Karnei Shomron, un métier qui lui a valu cette question, glacée, d'un proche :
"C'est comme ça que tu veux élever tes enfants, avec des vibromasseurs dans le placard ?" Elle répond, sans détour.

Vous êtes religieuse, conseillère sexuelle, et vous tenez une boutique d'accessoires intimes. Comment en êtes-vous arrivée là ?

"J'ai grandi dans une famille très religieuse, harédie-nationale. Aujourd'hui encore je suis pratiquante, mais moins que là d'où je viens. Il y a huit ou neuf ans, il n'y avait quasiment aucun discours sur la sexualité épanouie dans notre milieu. C'était un tabou. J'ai senti un besoin immense de normaliser les choses, de donner aux couples un espace pour poser des questions, comprendre, se rassurer. Il n'existe pas vraiment d'information organisée. Les gens se marient jeunes, arrivent avec des fantasmes, des peurs, un manque de connaissances. Parfois il n'y a même pas de problème, mais ils croient qu'il y en a un, parce qu'ils ne savent pas à quoi les choses sont censées ressembler ou se sentir. J'ai compris que si je voulais aider les couples, je devais apprendre le domaine de façon professionnelle."

Vous êtes donc allée étudier le conseil sexuel ?

"Oui. J'ai étudié dans une antenne de l'Université ouverte. J'avais 22 ans, la plus jeune étudiante là-bas, mais je me suis dit : enfant ou pas enfant, je dois être ici. Depuis que j'ai terminé, j'exerce en clinique, surtout auprès de harédim et de religieux, mais aussi de laïcs."

Comment est née votre boutique ?

"Au début, la boutique occupait une pièce annexe chez moi, et après environ un an elle est passée en ligne. Ça a commencé comme une réponse à des besoins très précis que je repérais en clinique, puis ça s'est élargi petit à petit vers le plaisir, la connexion, et l'apport de bien-être dans le couple."

Que peut-on trouver chez vous ?

"Il y a des accessoires de couple, des objets pour les préliminaires, des vibromasseurs pour femmes et pour hommes, des huiles, et aussi de la littérature érotique. Certaines personnes ont honte d'entrer dans une boutique classique ou même de s'approcher du rayon dans une librairie. Je leur propose ça de façon esthétique, agréable et épurée. Des laïcs achètent chez moi aussi. Beaucoup de gens veulent acheter un accessoire sans passer par un site qui leur paraît pornographique ou inconfortable."

Quel est l'accessoire le plus populaire ?

"De manière générale, les accessoires à utiliser en couple sont très demandés. Les couples aiment l'idée que c'est quelque chose qu'ils font ensemble, et non un substitut à l'un des deux. Il y a un message important là-dedans : un accessoire ne remplace pas l'amour, le contact, la connexion ou la proximité. Il peut ajouter, émouvoir, ouvrir une conversation, mais il ne vient jamais à la place du conjoint."

Quelle est la différence entre couples religieux et laïcs face aux problèmes sexuels ?

"Je ne suis pas sûre que les problèmes eux-mêmes soient différents, mais chez les religieux, il y a souvent un manque de connaissances de base, et plus de difficulté à en parler. Une femme ne va pas toujours en discuter avec une amie ou interroger sa mère, et l'appréhension grossit alors à l'intérieur comme une boule de neige. Chez les laïcs, l'information est plus accessible, mais là aussi il y a beaucoup de mythes, de honte et de gêne. Ils sont peut-être submergés d'informations, mais elle n'est pas toujours juste ou saine."

Quelles difficultés rencontrez-vous en clinique ?

"Je rencontre beaucoup d'insécurité autour de la sexualité, beaucoup de craintes du type 'quelque chose ne va pas chez moi'. Chez les couples religieux, je vois beaucoup de douleur autour du visionnage de pornographie. Pas seulement le fait de regarder, mais le sens qu'on lui donne. L'homme peut se sentir en échec, avoir l'impression de blesser sa femme ou même de la trahir. La femme peut sentir qu'il la remplace. Ça peut créer des crises très importantes. Parfois mon travail consiste d'abord à faire retomber le stress, apaiser, et ouvrir une conversation moins affolée et plus sincère."

Comment votre entourage et votre famille ont-ils réagi à votre activité ?

"Au début ce n'était pas simple. Les gens ont haussé les sourcils à des niveaux fous. Certains m'ont dit : 'C'est comme ça que tu veux élever tes enfants, avec des vibromasseurs dans le placard ?' Ma famille proche a eu besoin de temps pour digérer, mais elle m'a embrassée et soutenue. Mon mari m'a beaucoup soutenue, même si au début, pour lui aussi, c'était gênant.

Aujourd'hui la plupart s'y sont habitués, mais quand j'annonce à de nouvelles personnes que je suis conseillère sexuelle et que j'ai une boutique, il y a un instant de silence, les yeux s'écarquillent. Malgré ça, je m'obstine à le dire, parce que je veux que les gens sachent que c'est normal."

Quel conseil donneriez-vous à quelqu'un qui veut essayer un accessoire mais qui a honte ?

"D'abord, venir sans idées préconçues. Ne pas penser que c'est pervers, que ça signifie qu'il y a un problème, ou que ça remplace quelqu'un. Venez en couple, avec une bonne discussion, avec l'envie d'ajouter du bon, pas sous la pression. Si on l'intègre de façon respectueuse, l'expérience de couple peut s'intensifier."

Le conseil sexe d'Efrat : cultivez votre couple, et la sexualité pourra en émerger naturellement.

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Justice musulmane en Israël : la preuve vivante contre le mythe de l'apartheid

Justice musulmane en Israël : la preuve vivante contre le mythe de l'apartheid

En Israël, les citoyens musulmans jugent leurs propres affaires familiales devant leurs propres tribunaux et leurs propres juges, élus par une commission où siègent des députés arabes. Une réalité que le mot « apartheid » ne peut pas expliquer.

Le Shin Bet s'invite pour la première fois dans le choix des juges musulmans

Une information inédite, révélée par Ynet et Yédiot Aharonot, vient de secouer la commission chargée de nommer les cadis, les juges des tribunaux islamiques d'Israël.
Pour la toute première fois, le service de sécurité intérieure a transmis aux membres de cette commission une évaluation sécuritaire sur les candidats, avant même le vote sur leur nomination.
Résultat immédiat : plusieurs candidatures ont été écartées, en raison de liens identifiés avec la branche nordique du Mouvement islamique, une organisation déclarée illégale en Israël. La demande venait des ministres Orit Strock et Dudi Amsalem, membres de la commission, qui avaient exigé que le Shin Bet vérifie l'existence d'éventuels liens entre certains candidats et des organisations terroristes.

Un système judiciaire propre, réservé à la communauté musulmane

Ce qui frappe dans cette affaire, c'est surtout ce qu'elle révèle du fonctionnement même de l'État d'Israël. La commission de sélection des cadis opère sous l'autorité du ministère de la Justice, exactement à l'image de la commission qui choisit les juges rabbiniques pour la communauté juive.
Le tribunal islamique, ou beit din chariaa, est une institution centrale pour les musulmans, qui représentent environ 20 % des citoyens du pays. Tout comme le tribunal rabbinique tranche les questions de statut personnel pour les Juifs, le tribunal islamique règle le mariage, le divorce et les affaires familiales des musulmans, selon les règles de la charia. Ces tribunaux sont répartis dans tout le pays, avec une cour d'appel suprême siégeant à Jérusalem.

Une commission qui reflète le pluralisme israélien

Autre détail révélateur : la composition même de cette commission dément à elle seule le discours accusant Israël d'être un État d'apartheid. Aux côtés des ministres Amsalem et Strock siègent des responsables du tribunal islamique, des représentants du barreau, et des députés arabes israéliens, dont Ahmad Tibi et Mansour Abbas, ainsi que le député Yinon Azoulay.
Un pays qui pratiquerait une politique de ségrégation ne confierait pas à des élus arabes le pouvoir de désigner les juges religieux de leur propre communauté, avec voix délibérative sur un pied d'égalité avec les ministres juifs.

Des candidats proches du Hamas repérés et écartés

Il y a environ un mois, la commission s'est réunie pour examiner les candidatures aux postes de juges. Le Shin Bet a présenté un tableau reprenant chaque nom, accompagné du résultat de ses vérifications. Plusieurs candidats sont apparus liés à la branche nordique du Mouvement islamique.
Après un débat houleux, la commission a tranché : ces candidatures sont écartées, sans même être examinées plus avant. Ce n'est pas tout.
La ministre Strock a également mené ses propres vérifications en amont, dans les sous-commissions chargées des entretiens. Elle a ainsi découvert qu'une candidate avait publié des messages problématiques sur les réseaux sociaux ; interrogée à ce sujet, elle a préféré retirer sa candidature et supprimer ses publications. Un autre candidat, lui, avait inscrit parmi ses références Hussein al-Tartouri, qui fut ministre du gouvernement du Hamas dirigé par Ismaïl Haniyeh en 2007. Sa candidature a été rejetée par la commission.

Une vigilance sécuritaire sans précédent

Jusqu'à présent, le Shin Bet effectuait certes des contrôles de sécurité sur les juges de toutes les instances, car ceux-ci sont amenés à consulter des informations classifiées. Mais dans le cas des tribunaux islamiques, où aucune information classifiée n'est traitée, ces vérifications n'étaient jamais transmises aux membres de la commission avant le vote. Elles n'intervenaient qu'après la nomination du juge, à titre de simple formalité. Pour la première fois, une évaluation du Shin Bet a directement pesé sur une décision de nomination, avant même que le vote n'ait lieu.

Ce que cette affaire révèle vraiment

Au-delà du fait divers judiciaire, cette histoire illustre une réalité que peu de détracteurs d'Israël veulent admettre. Dans quel autre pays de la région une minorité religieuse dispose-t-elle de ses propres tribunaux, de ses propres juges, choisis par une commission où siègent ses propres élus, avec un droit de veto de fait sur les nominations ? Le pluralisme judiciaire israélien, souvent ignoré dans le débat public, constitue une réponse concrète à l'accusation d'apartheid. Un État qui pratiquerait une politique d'exclusion ne laisserait pas à la communauté musulmane le soin de gérer, à travers ses propres institutions, ses affaires de statut personnel et de famille, avec la vigilance conjointe des autorités contre l'infiltration islamiste radicale.

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40 millions de NIS alloués par l'état d'Israël aux transports publics arabes

40 millions de NIS alloués par l'état d'Israël aux transports publics arabes

Pour la première fois, l'État israélien accepte de financer la planification de projets de transport conçus par les autorités locales arabes elles-mêmes. Un tournant salué sur le terrain, mais aussitôt tempéré par une question centrale : qui paiera l'exécution ?

Un premier pas budgétaire pour les infrastructures de transport dans les localités arabes

Le ministère israélien des Transports vient de franchir une étape inédite en allouant 40 millions de shekels à la planification de projets de transport dans les municipalités arabes, une décision saluée comme historique mais jugée insuffisante par les élus locaux qui réclament désormais un financement pour l'exécution des travaux.

Un appel à projets sans précédent

Le ministère des Transports a publié récemment un appel à projets qui permet, pour la première fois, aux dirigeants des autorités locales arabes de concevoir eux-mêmes leurs projets de transport et d'obtenir un financement intégral de l'État pour la phase de planification.
Cette initiative répond à une demande formulée par l'association Sikkuy-Aufoq et par le comité des chefs des autorités locales arabes, qui réclamaient depuis longtemps une prise en main locale de l'aménagement du territoire.
Au moins quarante projets municipaux bénéficieront de ce nouveau cadre. La priorité sera donnée à la sécurité aux abords des établissements scolaires, au développement des transports en commun et au raccordement des quartiers aux grands axes routiers. Jusqu'à présent, les budgets de développement se concentraient sur des projets d'envergure gérés par des sociétés publiques, laissant de côté les besoins quotidiens comme les ronds-points, les zones de dépose sécurisées ou le pavage des rues internes.

Une planification jugée nécessaire mais insuffisante

Roy Barak, responsable des transports à Sikkuy-Aufoq, qualifie la mesure de changement de conception important, puisque l'État permet pour la première fois aux autorités arabes de décider elles-mêmes des projets prioritaires selon les besoins de leurs administrés. Il prévient toutefois que la planification est une condition nécessaire mais non suffisante. Sans budget dédié à l'exécution, les plans resteront dans les tiroirs.

Cette inquiétude est partagée par Farès Badhi, avocat et chef du conseil local de Kafr Qara, qui dénonce un manque profond d'attention budgétaire accordée depuis des années aux infrastructures dans la société arabe. Il évoque les inondations hivernales récurrentes, les réseaux souterrains endommagés et les routes dépourvues d'aménagements de circulation adéquats. Selon lui, combler des décennies de retard ne se fait pas en un claquement de doigts, mais une stratégie pluriannuelle appuyée sur de vrais budgets est indispensable. Il rappelle que les routes reliant les localités arabes servent l'ensemble des citoyens du pays et qu'il n'est pas justifié qu'elles restent en bas de la liste des priorités.

Des projets déjà approuvés mais gelés faute de budget

Au comité national des chefs des autorités locales arabes, on met en garde contre la création d'un nouveau stock de plans alors que de nombreux projets déjà validés restent gelés faute de budget d'exécution.
Abed Shehadeh, représentant du comité national, s'interroge sur l'utilité d'ajouter encore des plans si, au bout du compte, aucun moyen ne permet de les concrétiser. Il cite l'exemple de la route 65 dans le secteur de Wadi Ara, dont le budget de réfection aurait été redirigé par le ministère des Transports vers la ville de Hadera. Selon lui, une autorité arabe ne dispose pas de recettes propres issues de la taxe professionnelle et dépend entièrement des budgets de l'État. Lorsque les priorités sont fixées ailleurs, les projets locaux restent bloqués.

Le cas d'Oum el-Fahem, symbole d'un besoin de terrain

Salah Badran, responsable des transports en commun à la municipalité d'Oum el-Fahem, insiste sur la nécessité d'une planification ancrée dans la réalité du terrain plutôt que décidée depuis les bureaux ministériels. La ville compte actuellement 156 arrêts de bus et a lancé un appel d'offres pour en construire 120 supplémentaires, un projet déjà en phase finale d'approbation. Le budget d'exécution disponible ne couvre toutefois que les dix premiers arrêts. La population locale, en particulier les élèves, dépend fortement des transports en commun et attend des arrêts concrets plutôt que des plans sur le papier.

Des conséquences directes sur la sécurité routière

L'absence d'infrastructures internes, de trottoirs et d'arrêts de bus aménagés crée une dépendance quasi totale à la voiture individuelle dans ces localités. Cette situation se traduit par une surreprésentation des citoyens arabes parmi les victimes d'accidents de la route graves en Israël, alors que leur part dans la population générale est nettement inférieure.
Le déséquilibre entre les investissements massifs consentis pour les grandes infrastructures nationales et la négligence des besoins locaux est apparu récemment au grand jour avec l'ouverture de deux nouvelles gares ferroviaires à Tira et à Taybe, dans le cadre de la ligne ferroviaire de l'Est. Ces gares ont ouvert leurs portes sans que le réseau de bus local ait été adapté, obligeant les habitants à continuer de recourir à leur véhicule personnel faute de lignes reliant les quartiers aux quais.

La réponse du ministère des Transports

Le ministère des Transports et de la Sécurité routière affirme mener pour la première fois une démarche historique et sans précédent visant à réduire les écarts en matière de transport dans les localités des minorités, en donnant aux autorités locales les compétences et les outils nécessaires pour planifier des solutions adaptées à leurs besoins. Selon le ministère, cette première phase, dotée de 40 millions de shekels, doit permettre l'élaboration de plans professionnels et l'établissement d'estimations d'exécution. Le financement de la phase de mise en œuvre sera examiné une fois le processus de planification achevé, en fonction de l'ampleur des projets et des besoins identifiés sur le terrain.

Une première hirondelle, loin d'annoncer le printemps

L'appel à projets marque un tournant symbolique dans la manière dont l'État aborde les besoins des localités arabes, mais résorber des décennies de sous-investissement exigera des milliards de shekels. Entre la volonté affichée de réforme et les moyens réellement mobilisés pour l'exécution des travaux, un fossé subsiste, et c'est précisément ce fossé qui déterminera si cette annonce restera un geste politique ou se traduira en routes, trottoirs et arrêts de bus bien réels.

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Mandat d'arrêt pour Antoine Chakhtoura pour avoir été photographié non loin de Netanyahou

Rencontrer Netanyahou peut vous mettre en prison : le cas Antoine Chakhtoura secoue le Liban

Un richissime homme d'affaires libano-américain risque trente jours de détention dans son propre pays pour avoir été photographié à table avec Benjamin Netanyahou. Son crime aux yeux de la justice libanaise : avoir "collaboré avec l'ennemi israélien".

Une photo qui coûte cher

Tout est parti d'un cliché pris lors d'un dîner à Washington. Antoine Chakhtoura, homme d'affaires libanais installé aux États-Unis, y apparaît en arrière-plan, non loin du couple Netanyahou. La scène se déroule dans le cadre des hommages rendus au sénateur républicain Lindsey Graham, fervent soutien d'Israël, décédé de façon soudaine début du mois. Diffusée sur les réseaux sociaux, l'image a immédiatement suscité une tempête au Liban.

Face à l'ampleur de la polémique, la justice libanaise a d'abord voulu vérifier si le cliché n'était pas un montage généré par intelligence artificielle. Les services de sécurité ont été chargés d'authentifier le document. Leur conclusion est sans appel : la photo est authentique, elle n'a subi aucune retouche numérique ni aucune manipulation par IA.

C'est précisément cette authenticité confirmée qui a scellé le sort judiciaire de Chakhtoura. Le procureur général libanais Ahmad Rami el-Hajj a émis contre lui un mandat d'arrêt prévoyant une détention de trente jours, pour "collaboration avec l'ennemi israélien et violation de la loi libanaise sur le boycott d'Israël".

Un couple qui affichait ouvertement son soutien à Israël

Antoine Chakhtoura n'est pas un inconnu. Il partage la vie de Morgan Ortagus, ancienne envoyée spéciale de l'administration Trump pour le Liban, qui le décrit volontiers comme un "chrétien sioniste". Le couple avait déjà défrayé la chronique quelques mois plus tôt, lors d'une visite très remarquée au musée de l'Holocauste de Washington, pour la Journée internationale dédiée à la Shoah.

À cette occasion, Morgan Ortagus avait tenu des propos qui avaient déjà fait grand bruit dans le monde arabe. Elle avait salué la famille Chakhtoura comme issue de "générations de chrétiens sionistes libanais dévoués", ajoutant que les parents d'Antoine l'avaient élevé dans le soutien à l'État d'Israël et au peuple juif.
Elle avait aussi reconnu, sans détour, que l'engagement de son compagnon était "techniquement illégal" au Liban, où la loi interdit à tout citoyen de dialoguer avec des Israéliens, mais qu'il persistait malgré tout, finançant notamment le musée de l'Holocauste, l'opéra israélo-américain et diverses initiatives de paix entre le Liban et Israël.

De son côté, Chakhtoura avait publié sur Instagram un message de gratitude évoquant l'inauguration d'une inscription à son nom sur le mur des donateurs du mémorial, insistant sur le devoir de mémoire face à la Shoah.

L'organisateur du dîner de Washington

C'est justement ce même Antoine Chakhtoura qui avait organisé, avec sa compagne, le dîner d'hommage à Lindsey Graham où a été prise la photo litigieuse. Un choix qui, avec le recul, s'est révélé lourd de conséquences pour lui.

Dès la diffusion de l'image, plusieurs avocats libanais ont engagé des démarches judiciaires contre lui, réclamant qu'il soit poursuivi pour ses liens avec Israël et son Premier ministre. Le parquet a suivi, transformant une simple controverse médiatique en dossier pénal.

Ce que révèle cette affaire sur le droit libanais

Le Liban maintient depuis des décennies une législation stricte de boycott d'Israël, héritée du conflit israélo-arabe et jamais abrogée malgré les évolutions régionales. Tout contact avec un ressortissant israélien, y compris à visage découvert dans un cadre social ou diplomatique à l'étranger, expose théoriquement un citoyen libanais à des poursuites pénales sur son propre sol.

Ce dossier illustre avec une clarté rare la portée extraterritoriale que peut prendre cette loi. Il ne s'agissait ni d'une rencontre officielle, ni d'un accord commercial, ni même d'une déclaration publique de soutien politique. Une simple présence photographiée dans le même lieu qu'un dirigeant israélien, sur le sol américain, a suffi à déclencher l'appareil judiciaire libanais. Le précédent Chakhtoura rappelle que pour certains binationaux ou membres de la diaspora libanaise, le simple fait de croiser la route de responsables israéliens à l'étranger peut se traduire par des poursuites dès leur retour au pays, ou même en leur absence.

Une affaire qui dépasse le cas individuel

Au-delà du sort personnel d'Antoine Chakhtoura, cette affaire relance le débat sur la normalisation entre Israël et ses voisins arabes. Le couple Chakhtoura-Ortagus incarnait justement cette volonté affichée de rapprochement, financée par des initiatives privées à défaut d'un cadre diplomatique officiel. Le mandat d'arrêt libanais sonne comme un rappel brutal des limites politiques et juridiques qui subsistent, malgré les dynamiques régionales des dernières années et les espoirs suscités par les accords de normalisation ailleurs dans le monde arabe.

Reste à savoir si Antoine Chakhtoura, résidant aux États-Unis, sera un jour physiquement exposé à ce mandat d'arrêt. Sa situation illustre néanmoins un climat où l'image, une fois authentifiée, devient une pièce à conviction, et où la proximité affichée avec des dirigeants israéliens continue de comporter un risque juridique bien réel pour certains ressortissants de pays voisins d'Israël.

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Le prix caché de l'IA : des entreprises israéliennes découvrent des factures de 38 000 dollars en une nuit

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Une entreprise a découvert un matin qu'un de ses employés avait, seul et pendant la nuit, fait tourner un programme d'intelligence artificielle qui lui a coûté 38 000 dollars. L'anecdote, racontée par des dirigeants israéliens du secteur technologique, révèle un phénomène encore méconnu : les entreprises apprennent à leurs dépens à gérer une nouvelle dépense, le "token", cette unité qui mesure la consommation d'IA et qui peut faire exploser un budget en quelques heures.

Le token, cette nouvelle facture invisible

Chaque question posée à un outil d'intelligence artificielle, chaque document analysé, chaque réponse générée se traduit en tokens, l'unité sur laquelle repose la facturation. Plus la tâche est complexe, plus la note grimpe. Ce terme technique, longtemps réservé aux ingénieurs, s'impose désormais à tous les niveaux de l'entreprise. Inbal Namir, directrice chez Deloitte, explique que cette évolution bouleverse une économie interne bâtie depuis toujours sur les salaires et les heures travaillées. Un nouveau facteur s'y ajoute : une force de production numérique dont le coût, contrairement à la masse salariale, reste difficile à prévoir en début de mois.

Quand un salarié fait exploser la facture

Oded Tahori, dirigeant de l'entreprise technologique Jean Technologies, raconte le cas de cette société ayant découvert, au réveil, qu'un employé avait lancé une procédure de trois heures durant la nuit, pour un coût de 38 000 dollars, sans autorisation ni budget prévu.
Une autre entreprise a reçu un appel d'urgence de son fournisseur de cloud, alerté par une dépense anormale causée par un salarié ayant enclenché une boucle automatisée. Sans système de contrôle, ces dérapages peuvent atteindre des millions dans les grandes structures. Un projet mené sereinement sur trois mois peut coûter 50 000 dollars en tokens, contre 120 000 dollars si l'équipe se précipite pour le boucler en un mois.

Comment les entreprises reprennent la main

Face à ces risques, les sociétés mettent en place des budgets individuels par salarié, avec des procédures d'autorisation en cas de dépassement. Des formations se multiplient pour apprendre aux équipes à utiliser l'IA intelligemment plutôt que massivement, et des réseaux de référents internes se créent pour diffuser les bonnes pratiques.

Un employé n'est pas meilleur parce qu'il dépense plus

Reste une question de fond : comment juger un salarié à l'heure des tokens ?
Pour Oded Tahori, seul le résultat compte, pas la dépense engagée. Dor Atias, cofondateur de la société de cybersécurité Cycode, va plus loin et juge absurde d'évaluer un employé sur sa consommation de tokens. Il préfère revenir aux critères classiques, le nombre de fonctionnalités livrées, la qualité du code, la capacité à résoudre des problèmes, tout en notant que les erreurs se multiplient depuis que les équipes relisent moins attentivement ce que produit l'intelligence artificielle. Selon lui, les entreprises recherchent désormais des profils expérimentés plutôt que des juniors, un déséquilibre auquel personne n'a encore trouvé de réponse.

Des formations pour éviter les dérapages budgétaires

Face à ces enjeux, les entreprises investissent de plus en plus dans la formation à l'utilisation des outils d'IA, afin de garantir un usage à la fois judicieux et efficace. Des réseaux d'experts internes se constituent, des règles de travail sont rédigées, et les dirigeants doivent instaurer une culture d'apprentissage permanent. Inbal Namir souligne que ce sujet est devenu critique, car il ne s'agit pas d'un savoir superficiel : même les équipes non techniques doivent comprendre l'impact de chaque action et de chaque modèle utilisé. De nombreuses entreprises mettent en place des réseaux de champions internes, chargés de transmettre les bonnes pratiques jusqu'aux derniers échelons.

Le token s'impose ainsi comme une nouvelle donnée incontournable du monde du travail, aux côtés du salaire et des heures travaillées.

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Yahalom : la première femme officier des opérations de l'unité d'élite du génie combattant

Yahalom : la première femme officier des opérations de l'unité d'élite du génie combattant

Une jeune major de 27 ans commande aujourd'hui les opérations de l'unité Yahalom, le génie de combat spécialisé de Tsahal, une première pour une femme dans ce poste.
Après avoir dirigé des raids contre les tunnels du Hezbollah au Liban et supervisé des interventions à Gaza, elle raconte un parcours qu'elle n'avait jamais anticipé et une équipe désormais largement féminine à la tête de l'unité.

Un engagement qui n'était pas destiné à durer

En août 2017, la major E., originaire de Holon, s'engage dans un cours de sous-officiers au sein de l'unité Magal. Rien, alors, ne laissait présager une carrière militaire longue. Cinq mois seulement après son incorporation, elle commande déjà une section de recrues. C'est là, dit-elle, qu'elle comprend que l'armée est sa place et qu'elle y trouve une véritable vocation.
Un an après son enrôlement, la décision est prise : elle restera.

S'ensuit un parcours classique de postes de commandement et d'état-major, complété par une licence universitaire. Elle choisit ensuite de revenir sur le terrain et devient officier d'entraînement au sein de Yahalom, l'unité du génie de combat dédiée aux missions spéciales.

Le 7 octobre a tout changé

Le 8 octobre 2023, la major E. devait quitter ses fonctions. La guerre qui éclate la veille bouleverse ses plans. Elle prolonge son service au sein de l'unité, puis devient instructrice pour les futurs combattants à la base d'entraînement Bahad 1.
À l'issue de cette mission, elle est nommée au poste qu'elle occupe aujourd'hui : officier des opérations de Yahalom, une fonction jamais occupée par une femme auparavant, ni dans son unité ni dans l'ensemble de Tsahal.

Selon elle, cette nomination s'inscrit dans une dynamique plus large d'intégration des femmes aux postes clés des unités combattantes. Ses deux dernières affectations, souligne-t-elle, sortaient des sentiers classiques de progression réservés aux femmes officiers : un poste d'officier des opérations traditionnellement masculin, et une fonction d'instructrice de combattants totalement inédite, où elle fut la première à ouvrir la filière et à superviser trois bataillons simultanément.

Un état-major devenu majoritairement féminin

Si la major E. incarne elle-même une avancée notable, l'état-major de l'unité qu'elle dirige s'est lui aussi largement féminisé. Elle décrit fièrement une équipe où l'officier des opérations spéciales, l'officier d'entraînement et son assistante sont toutes des femmes, aux côtés d'un officier de sécurité de l'information masculin. Pour elle, cette composition ne relève d'aucune discrimination positive : leur adéquation au poste, insiste-t-elle, repose uniquement sur leurs compétences.

Elle se souvient aussi de fonctions antérieures où elle était l'unique commandante en salle, parfois la seule femme présente lors de réunions stratégiques. Elle affirme n'avoir jamais accordé d'importance à cet isolement, préférant se concentrer sur ce qu'elle pouvait apporter concrètement à la table des discussions, plutôt que sur son environnement.

Des tensions de coordination sur le terrain

La major E. revient sur un incident révélé par Ynet, au cours duquel une opération menée par une équipe de combattantes de Yahalom avait été annulée faute d'accès à une base où servent des soldats de la brigade ultra-orthodoxe Hachmonaïm. Elle évoque un simple défaut de coordination, rapidement corrigé une fois le problème identifié, l'unité ayant su réagir vite pour reprogrammer l'activité et affiner les modalités pratiques.

Elle mentionne également un second épisode, où des combattantes de l'unité s'étaient vues refuser l'accès à un site à Gaza en raison de la présence d'étudiants de yeshiva sur les lieux. Elle reconnaît la complexité de la situation, estimant que certaines pratiques mettent du temps à s'ancrer dans l'institution militaire comme dans un environnement qui n'y est pas toujours habitué, mais que les choses finissent, selon elle, par s'arranger avec le temps.

Elle tient à saluer particulièrement les combattantes de l'unité, rappelant avoir été présente lors de l'arrivée du tout premier groupe pilote de femmes combattantes. Elle décrit des mécanismes de travail extrêmement rodés, un professionnalisme remarquable et une compétence hors norme, précisant que ce jugement ne tient pas à son appartenance à la même unité. Selon elle, lorsque la coordination est bien menée en amont, ce type d'incident ne devrait tout simplement pas se reproduire.

Deux opérations marquantes contre les tunnels du Hezbollah

Pour clore une année particulièrement intense, la major E. retient deux opérations. La première, révélée en avril dernier, concerne une vaste offensive de repérage, de destruction et de neutralisation de tunnels souterrains dans la région de Kantara, dans le sud du Liban. Les forces de la brigade 7, épaulées par les combattants de Yahalom, ont mené des raids ciblés contre un réseau de tunnels du Hezbollah s'étendant sur près de deux kilomètres. Elle décrit une opération d'une ampleur exceptionnelle, à laquelle l'unité s'est consacrée intensément, ses combattants ayant introduit des charges explosives sur le tracé du tunnel pour détruire un réseau représentant un atout stratégique majeur pour l'ennemi.

Le second épisode, dévoilé deux mois plus tard, concerne la destruction d'un tracé souterrain dans la zone du village de Majdal Zoun. Le porte-parole de Tsahal avait alors indiqué que les résultats de l'opération révélaient un village fortifié et truffé d'infrastructures terroristes, avec, outre le tunnel principal détruit, deux tracés supplémentaires neutralisés dans la foulée. La major E. qualifie cet épisode d'événement hautement significatif, illustrant l'ensemble des capacités que l'unité est en mesure de mobiliser pour obtenir des résultats de destruction précis et de haute qualité contre des infrastructures critiques. C'est là, selon elle, ce qui définit véritablement la marque de fabrique de Yahalom.

Une conviction affirmée

Pour la major E., sa nomination dépasse sa propre trajectoire personnelle. Elle y voit un message adressé à l'ensemble de l'institution militaire et aux femmes qui y servent : la capacité à occuper des postes stratégiques ne dépend pas du genre, mais bien des compétences et de ce que chacune est en mesure d'apporter concrètement.

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Le crustacé qui répare les os des soldats : la révolution israélienne du calcium amorphe

Le crustacé qui répare les os des soldats : la révolution israélienne du calcium amorphe

 

Une écrevisse bleue, une usine perdue dans l'Arava et une poignée de chercheurs obsédés par un mystère biologique : voilà les ingrédients improbables d'une découverte médicale qui redonne aujourd'hui la marche à des soldats israéliens gravement blessés. Le calcium amorphe conçu par la société Amorphical accélère la guérison des fractures les plus rebelles, celles des combattants du 7 octobre comme celles des femmes âgées rongées par l'ostéoporose. Récit d'une percée scientifique née de la curiosité et scellée par la guerre.

Une curiosité d'entrepreneur transformée en obsession scientifique

Tout commence par une intuition, presque un hasard. Yossi Ben, inventeur et entrepreneur installé dans l'Arava, élève des écrevisses bleues à des fins ornementales et culinaires. Fasciné par ces crustacés, il observe une particularité stupéfiante : leur capacité à abandonner leur carapace usée pour en reconstruire une nouvelle, plus solide, en un temps record.
Il devine qu'un mécanisme biologique rare se cache derrière ce phénomène.
Cette intuition le conduit tout droit vers les laboratoires de recherche.
En 2015, portée par une ambition sioniste de créer de l'emploi dans une région désertique à l'agriculture déclinante, l'usine officielle voit le jour dans l'Arava.
L'entreprise commence par produire des compléments alimentaires. Mais c'est la guerre qui va révéler toute la portée de cette découverte.

Du front à l'hôpital : le tournant du 7 octobre

Au déclenchement de la guerre "Épées de fer", Eden Ben, fils du fondateur, ingénieur biomédical et aujourd'hui directeur général de la société, est mobilisé pendant cinq mois dans une unité spéciale de réserve.
Sur le terrain, il est confronté aux blessures les plus graves subies par les combattants.
Ce qu'il voit, conjugué aux informations relayées par les médias sur l'ampleur des pertes, pousse le père et le fils à une décision radicale : offrir gratuitement le calcium amorphe aux hôpitaux pour tenter de sauver les os brisés des compagnons d'armes d'Eden.

Les résultats stupéfient les médecins. Eden Ben se souvient de ce moment de bascule : "J'ai demandé que le complément soit fourni gratuitement aux hôpitaux pour le traitement des soldats blessés. Peu à peu, des histoires de réussite ont commencé à nous parvenir. Le sommet a été atteint quand nous avons vu un soldat remarcher. Il pleurait d'émotion, lui qui n'avait pas pu faire un pas depuis des mois à cause de fractures qui ne guérissaient pas. Grâce à la prise d'ACC, le carbonate de calcium amorphe, son rétablissement s'est envolé. Rien n'est plus bouleversant que de participer à ce processus."

Interrogé sur ce qu'il a ressenti en voyant sa société aider des blessés à retrouver l'usage de leurs jambes, Eden Ben confie : "Il y a eu une immense émotion. Quand on s'investit dans un projet depuis son plus jeune âge, savoir qu'on peut vraiment aider quelqu'un, c'est bouleversant. Nous sommes des gens simples de l'Arava, nous ne cherchons pas la gloire, nous voulons apporter une solution et honorer nos investisseurs qui ont cru en nous depuis le début.

Nous le faisons pour que les gens vivent mieux et en meilleure santé.
C'est aussi un commerce, bien sûr, mais l'essentiel pour nous reste d'apporter une solution réelle et sûre." Il précise que pendant la guerre, un partenariat s'est noué avec un service d'orthopédie hospitalier, où des soldats souffrant de fractures complexes qui refusaient de se consolider ont vu, après la prise de calcium amorphe, leur os se réparer, alors que des mois de traitement classique n'avaient rien donné. Les essais précliniques et de nombreux témoignages de patients confirment que la substance divise par deux le temps de consolidation d'une fracture, une avancée cruciale non seulement pour les militaires mais aussi pour les personnes âgées touchées par l'ostéoporose, chez qui une simple fracture du bassin peut entraîner une mortalité très élevée dès la première année.

Le secret du crustacé bleu : une leçon de biomimétisme

Revenons au mécanisme biologique qui a tout déclenché. Avant de muer, l'écrevisse bleue fabrique une sorte de capsule protectrice interne, gorgée de calcium. Au moment d'abandonner son ancienne carapace, elle laisse cette capsule s'effondrer dans son estomac, comme une forme d'ingestion.
Le calcium se libère alors à une vitesse fulgurante et reconstruit un squelette neuf. Yossi Ben décrit cette découverte : "Avec un appareil de radiographie, nous avons vu le calcium se dissoudre rapidement et bâtir une nouvelle carapace en trois jours à peine. C'est ainsi que nous avons compris ce phénomène biologique et son origine."

Pour percer ce mystère, des chercheurs de premier plan, en Israël et à l'étranger, ont été mobilisés, ouvrant la voie au biomimétisme, cette discipline qui imite les mécanismes de la nature pour l'industrie. Les scientifiques ont compris que reproduire ce calcium amorphe pour l'humain permettrait à notre organisme de l'absorber bien plus vite et plus efficacement qu'un calcium classique, sans dépenser d'énergie à le décomposer.

Un chercheur associé au projet explique que la capsule contient un carbonate de calcium amorphe de taille nanométrique, et non un calcium cristallin dont l'absorption est nettement plus faible. Cette structure confère au produit une biodisponibilité bien supérieure. Mais le chemin vers la production industrielle a été semé d'embûches : la grande difficulté du matériau amorphe est sa tendance naturelle à recristalliser en un bloc dur et difficile à décomposer. Pendant neuf ans, de nombreux chimistes ont tenté d'empêcher ce phénomène, sans succès. La percée survient avec l'arrivée du docteur Yigal Blum, expert israélo-américain en nanoparticules ayant collaboré avec l'université de Stanford et la NASA. Il met au point le procédé industriel permettant de maintenir les particules séparées et sous leur forme amorphe disponible, jusqu'à leur entrée dans l'organisme.

"Un remède tombé du ciel" : le témoignage de Hana

Pour Hana Arviv, 74 ans et arrière-grand-mère de trois enfants, la découverte d'Amorphical a changé sa vie du tout au tout. Il y a une vingtaine d'années, après une opération de fixation de la hanche, son médecin lui annonce : "Vos os s'effritent." Depuis, son quotidien se résume à une succession de douleurs et de fractures à répétition.
"Mon médecin m'a prescrit toutes sortes de comprimés de calcium remboursés par la caisse d'assurance maladie. Je les ai pris scrupuleusement, mais rien ne changeait. Pendant environ huit ans, j'ai continué, et l'os continuait de se dégrader. Je me suis fracturé une vertèbre de la hanche, puis le poignet. J'étais vraiment désespérée", raconte-t-elle.
"Ces comprimés me sont parvenus comme un remède tombé du ciel. Je les ai découverts sur Facebook et je me suis dit : qu'ai-je à perdre ? Un an après avoir commencé le traitement, je suis retournée faire une radiographie de contrôle.
Mon médecin n'en revenait pas. Je lui ai montré le comprimé, elle m'a dit : ça marche vraiment. Depuis, je ne l'ai plus quitté, cela fait près de huit ans." Elle ajoute que des comprimés de magnésium amorphe de la même entreprise ont aussi atténué des crampes aux jambes, sans les faire disparaître totalement. Depuis le début du traitement, plus aucune fracture n'est venue s'ajouter à celle de la hanche et du poignet. "Je n'ai plus peur de tomber comme avant, même si je reste prudente en marchant", conclut-elle.

De l'Arava au Nasdaq : les ambitions mondiales

Avec 193 brevets déposés, dont 130 déjà validés à travers le monde, l'entreprise trace une feuille de route ambitieuse : étendre ses usines en Israël et à l'étranger, obtenir l'homologation de la FDA pour un médicament, et devenir une société de biotechnologie mondiale portant la médecine israélienne aux quatre coins du globe.

Eden Ben résume avec fierté : "Ce qui nous distingue des autres fabricants de compléments dans le pays, c'est d'abord et avant tout les essais cliniques. Il est essentiel pour nous d'offrir aux clients des produits dont l'efficacité et la sécurité sont prouvées. Notre développement est protégé par un grand nombre de brevets parce qu'il s'agit d'une matière entièrement nouvelle. Nous avons modifié la structure physique du calcium pour permettre une absorption efficace et sûre. Grâce à cette structure unique et à sa taille nanométrique, notre organisme n'a pas besoin de dépenser de l'énergie pour le décomposer et l'assimiler."

Sur le choix de l'Arava pour implanter l'usine, il explique : "Nous l'avons fondée en 2015 par conviction sioniste. Nous avons vu l'agriculture décliner et compris qu'il fallait développer la région. Nous prévoyons de construire d'autres usines dans le pays, mais il nous tenait à cœur que la première voie le jour précisément dans l'Arava. Nous avons repris un bâtiment en ruine, resté vide pendant cinquante ans, et l'avons entièrement reconstruit. Quelques années plus tard, une seconde usine nous a rejoints. En dehors de l'agriculture et d'un peu de tourisme, il n'y avait pas grand-chose là-bas, et développer l'industrie pour créer des emplois nous importait énormément."

Sur ce que représente pour lui le fait d'être une entreprise israélienne, Eden Ben conclut :
"C'est une immense fierté, grâce aux cerveaux que compte notre pays, et à l'idée que depuis Israël nous pouvons apporter une avancée à des millions de personnes dans le monde. Ce n'est pas simple non plus. Certaines entreprises étrangères attendent la fin de la guerre pour envisager des collaborations mondiales avec nous.

Être une société israélienne qui veut grandir à l'international, c'est à la fois merveilleux et complexe. Notre ambition est de devenir un groupe international. Nous travaillons à l'homologation de médicaments à base des mêmes principes actifs, portés par des résultats extraordinaires. Nous sommes en discussion avec la FDA pour transformer l'entreprise en groupe pharmaceutique développant médicaments et compléments en Israël et dans le monde, et nous croyons pouvoir, dans les prochaines années, entrer au Nasdaq."

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Michael Sapir attaqué au restaurant : « Ce sans-gêne israélien a détruit l'anniversaire de mon fils »

Michael Sapir attaqué au restaurant : « Ce sans-gêne israélien a détruit l'anniversaire de mon fils »

 

« Il n'est pas correct » : l'humiliation publique de Michael Sapir devant son fils Michael Sapir pris à partie en pleine fête d'anniversaire : « Que voulez-vous à ma famille ? »

Une simple demande refusée a suffi à transformer une soirée d'anniversaire en cauchemar public. La star jeunesse et youtubeur Michael Sapir, habitué à l'affection spontanée de son public, s'est retrouvé pris pour cible par la mère d'une fan et son groupe d'amies, en plein restaurant, devant son fils et toute sa famille. Excédé, il a choisi de raconter la scène sans filtre sur Instagram.

Une soirée en famille qui tourne au vinaigre

Michael Sapir, figure connue du public israélien pour son travail auprès des enfants et sa présence massive sur les réseaux sociaux, avait simplement voulu fêter dignement l'anniversaire de son petit garçon, Alroei.
La tablée réunissait toute la famille dans une ambiance joyeuse, entre rires et plats partagés. Rien ne laissait présager l'esclandre qui allait suivre. Dans la vidéo publiée cette semaine, Sapir explique d'emblée avoir vécu « le phénomène le plus dégoûtant qui m'ait gâché ma journée », ajoutant ne pas comprendre pourquoi cela devait arriver précisément le jour de l'anniversaire de son fils. Il y voit, dit-il, l'expression la plus extrême d'un certain comportement israélien qu'il juge détestable.

Un refus poli qui déclenche la colère

Le malaise démarre autour de la table, en plein repas. Une femme s'approche de Sapir avec son téléphone déjà en appel vidéo et lui demande de parler quelques instants à sa fille, visiblement fan de la star. Sapir, la bouche encore pleine, tente de rester courtois : « Madame, excusez-moi, je suis en train de manger. » Ce simple refus, formulé avec ménagement, va pourtant mettre le feu aux poudres. Plutôt que d'accepter la réponse, la mère se vexe et bascule immédiatement dans l'hostilité. Selon Sapir, elle décide sur-le-champ qu'il est « l'être le plus mauvais de l'univers » et entame ce qu'il qualifie lui-même de comportement le plus abject possible. Devant sa fille, toujours en ligne sur l'appel vidéo, elle lance avec colère : « Il ne veut pas te parler, c'est un type dégoûtant. »

Le groupe d'amies s'en mêle

L'incident aurait pu s'arrêter là. Mais la femme regagne sa propre table, où l'attendent une bande de cinq amies. Ensemble, elles décident de transformer le repas familial de Sapir en calvaire, en le tournant ouvertement en dérision à voix haute : « Pourquoi, c'est qui lui ? Eyal Golan ? Comme si c'était normal, lui, il aurait accepté si ça lui était arrivé. »

Dans sa vidéo, Sapir dit ne toujours pas comprendre ce qu'il a fait de mal : il était simplement venu fêter l'anniversaire de son fils, et se retrouve à entendre une femme l'imiter et parler de lui comme s'il avait commis une faute grave en osant dire non, comme s'il lui devait quelque chose.

Le pire moment arrive au pire instant

Le point culminant, le plus douloureux, survient précisément lorsque Sapir tente d'ignorer le vacarme pour se consacrer à son fils. Alors qu'il essaie de souhaiter un joyeux anniversaire à Alroei, dans un moment censé être intime et tendre, le groupe de femmes continue de le harceler. Il raconte, visiblement bouleversé : « Je suis avec mon fils et je suis en train de le féliciter : "Alroei, mon chéri, bon anniversaire", et pendant ce temps elle me crie dessus : "Voilà un hypocrite..." » Sapir ne cache pas sa douleur face à cette scène : « Pourquoi ? Je n'ai pas le droit d'avoir un mot pour mon enfant ? Qu'est-ce qu'il vous a fait ? Je ne suis pas correct, d'accord. Mais que voulez-vous à ma famille ? Pourquoi devez-vous faire ça ? »

Un dernier affront au moment de partir

Les provocations ne se sont pas arrêtées avec la fin du repas des cinq amies. Avant de quitter les lieux, chacune d'elles a tenu à infliger à Sapir une ultime humiliation, l'abordant individuellement pour lui signifier son désaccord : « Ce n'était pas suffisant pour elles, chacune est venue me voir personnellement pour me dire : "Tu n'es pas correct de ne pas avoir parlé à sa fille." »

Sapir refuse de se taire

Humilié en plein jour de fête pour son fils, Michael Sapir a choisi de ne pas passer l'incident sous silence. Il s'interroge publiquement sur la hiérarchie des priorités qu'on semble vouloir lui imposer : la fille de cette femme aurait-elle dû compter davantage que son propre fils, dont c'était justement l'anniversaire ? Il refuse d'endosser le rôle d'un pantin sommé de se plier, à tout moment et sur simple demande, aux attentes d'inconnus qui exigent qu'il parle à leurs enfants, sous peine d'être jugé « pas correct ».

Un appel direct aux parents de ses jeunes fans

En conclusion de sa vidéo, la star jeunesse adresse un message ferme aux parents des enfants qui l'admirent. Il explique que lorsqu'il se trouve au restaurant avec sa famille, il ne se montrera pas aimable si on ne l'est pas avec lui. Il prévient que si des adultes l'abordent en plein repas, la bouche pleine, ou lors d'un instant intime avec les siens, il ne donnera pas suite à leur demande. Il ajoute que si ces parents, en tant qu'éducateurs de leurs propres enfants, ne comprennent pas cela et ne respectent pas les rares moments de tranquillité dont il dispose avec sa famille, alors ce sont eux qui se comportent mal, et non l'inverse. Il conclut en demandant que ce message soit pris sérieusement en considération.

Une polémique qui interroge sur le prix de la notoriété

Cet épisode relance, une fois de plus, le débat sur les limites que le public impose, souvent sans y penser, aux personnalités connues, y compris dans les moments les plus personnels de leur vie familiale.
Le cas de Michael Sapir illustre à quel point la frontière entre l'admiration légitime pour une figure publique et l'intrusion dans sa vie privée peut être franchie sans que ceux qui la franchissent en aient pleinement conscience, jusqu'à gâcher, pour un enfant, le jour qui aurait dû rester le sien.

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Des centaines de millions pour les ultra-orthodoxes et la Judée-Samarie

Des centaines de millions pour les ultra-orthodoxes et la Judée-Samarie

 

Des centaines de millions pour les ultra-orthodoxes et la Judée-Samarie : la coalition continue de se servir pendant la trêve parlementaire

Alors que la Knesset est en vacances, la commission des Finances se réunit ce mercredi en session spéciale pour valider une avalanche de transferts budgétaires vers les institutions ultra-orthodoxes et le développement de la Judée-Samarie. L'opposition dénonce un détournement de fonds publics à des fins électorales et saisit la conseillère juridique du gouvernement.

Une session de trêve, mais pas de pause pour les fonds coalitionnaires

La Knesset est officiellement en récès, mais l'appareil budgétaire, lui, ne s'arrête jamais. Le ministère des Finances a annoncé une nouvelle série de transferts financiers qui seront soumis, dès mercredi, à une session spéciale de la commission des Finances convoquée en pleine pause parlementaire. Selon les documents publiés par le ministère, un montant supplémentaire de 16,5 millions de shekels sera débloqué au titre des fonds coalitionnaires en faveur de « l'école des grandes vacances », un dispositif destiné aux établissements exemptés fréquentés par les élèves ultra-orthodoxes. Ce n'est qu'un chapitre d'un paquet budgétaire bien plus vaste, où se mêlent éducation religieuse, implantation en Judée-Samarie et défense, et qui suscite déjà une résistance frontale des élus de l'opposition.

L'opposition monte au front contre les 117 millions destinés à l'implantation en Judée-Samarie

Les députés Vladimir Beliak et Naor Shiri, tous deux issus des rangs de l'opposition, ont saisi directement la conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, ainsi que les conseillers juridiques du ministère des Finances et de la commission des Finances elle-même. Leur demande est claire : bloquer un transfert particulièrement lourd, 117 millions de shekels, destiné au ministère de l'Implantation et des Missions nationales. Les deux élus invoquent un risque de « détournement politique des fonds en pleine période électorale ».

Beliak n'a pas mâché ses mots. Il qualifie ce transfert de « nouvelle tentative de pillage des deniers publics à des fins politiques sectorielles, en contradiction avec l'intérêt général ». Il rappelle un point institutionnel capital : ce virement interviendrait alors que le pays est dirigé par un gouvernement de transition, en pleine séquence électorale, un contexte dans lequel les arbitrages budgétaires engageant l'avenir sont censés être gelés ou, à tout le moins, examinés avec une prudence renforcée. L'élu exige donc que la conseillère juridique du gouvernement et celle du ministère des Finances procèdent à un examen approfondi de tous les transferts budgétaires à caractère politique avant qu'ils ne soient soumis au vote de la commission.

Archéologie, patrimoine et défense : le reste du paquet budgétaire

Au-delà de la ligne de front électorale que constituent les 117 millions destinés à l'implantation en Judée-Samarie, la commission doit également approuver 32,5 millions de shekels fléchés vers des projets d'archéologie dans la région, ainsi que 75 millions de shekels pour le ministère du Patrimoine, dont 11,5 millions sous forme d'autorisation d'engagement. La défense n'est pas en reste : la commission sera appelée à valider un transfert supplémentaire d'un milliard de shekels au ministère de la Défense, une enveloppe qui couvre notamment les dépenses liées à l'opération « Rugissement du Lion », le renforcement des composantes de sécurité et de défense territoriale, ainsi que le financement du jugement des terroristes de la Nukhba.

Un maquis de subventions au monde ultra-orthodoxe

C'est cependant le volet consacré au monde ultra-orthodoxe qui concentre le plus grand nombre de lignes budgétaires distinctes, révélant l'ampleur du système de financement communautaire adossé aux accords de coalition. Un programme de prévention du décrochage dans les yeshivot doit ainsi recevoir 26,2 millions de shekels, tandis que le dispositif de service national dans le système éducatif se voit attribuer 71,8 millions de shekels. La subvention des programmes périscolaires, les fameux tsaharonim, dans les établissements reconnus et exemptés du monde harédi progresse elle aussi, avec une enveloppe de 16,2 millions de shekels.

L'administration de l'éducation religieuse recevra pour sa part 30,4 millions de shekels, et un budget spécifique de 12,5 millions de shekels est réservé à la culture juive ultra-orthodoxe. Le soutien aux yeshivot hesder, ces établissements qui combinent études talmudiques et service militaire, s'élève à 8,7 millions de shekels, un montant présenté comme un encouragement à l'enrôlement dans une communauté où la question du service militaire reste hautement sensible. Les institutions toraniques, elles, bénéficient d'un élargissement de leur soutien à hauteur de 4,3 millions de shekels, complété par une enveloppe additionnelle de 15,2 millions de shekels spécifiquement destinée aux institutions toraniques de la région de Tekouma. Enfin, les organismes de coordination et de liaison toraniques recevront 3,9 millions de shekels.

Une bataille juridique et politique qui dépasse les chiffres

Le montant cumulé de ces transferts, plusieurs centaines de millions de shekels rien que pour le volet civil, sans compter le milliard supplémentaire fléché vers la défense, illustre la mécanique bien rodée des fonds coalitionnaires israéliens, ces enveloppes négociées entre partis de la coalition en échange de leur soutien parlementaire. Mais le calendrier choisi, en pleine trêve de la Knesset et à l'approche d'échéances électorales, transforme une procédure budgétaire habituellement technique en un enjeu politique de premier plan.

En interpellant directement la conseillère juridique du gouvernement, l'opposition cherche à faire reconnaître que certains de ces transferts pourraient constituer un usage abusif des prérogatives d'un gouvernement de transition, une catégorie juridique censée limiter les décisions structurantes prises par un exécutif en fin de mandat. R

este à savoir si la commission des Finances, présidée par le député Hanoch Milwidsky, procédera néanmoins au vote prévu mercredi, ou si la pression juridique de l'opposition parviendra à geler, au moins temporairement, les lignes les plus contestées, à commencer par les 117 millions de shekels destinés à l'implantation en Judée-Samarie.

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Combien d'œufs dans une pita ? Le duel fiscal du "Sabichia" de Jérusalem contre le fisc

Combien d'œufs dans une pita ? Le duel fiscal du "Sabichia" de Jérusalem contre le fisc

La bataille du sabich* : le fisc israélien compte les œufs et les pitas déchirées

Combien d'œufs durs entrent dans une pita de sabich, et combien de pitas finissent déchirées ou invendables chaque jour de travail ? Cette question, presque cocasse, est devenue l'enjeu central d'un bras de fer fiscal opposant un stand de rue emblématique de Jérusalem à l'administration israélienne des impôts.
Le litige, porté devant le tribunal de district de Jérusalem, dévoile les coulisses comptables d'un petit commerce de rue et la manière dont le fisc reconstitue un chiffre d'affaires à partir de simples observations de terrain.

Un stand mythique de la rue Shamaï dans la ligne de mire du fisc

Sur la rue Shamaï, en plein cœur de Jérusalem, le stand "HaSabichia" de Yigal fait partie des institutions culinaires de la ville. La société qui l'exploite, Sabich Yerushalayim, vient de déposer un recours devant le tribunal de district contre une demande de complément de TVA de 132 000 shekels émise par l'administration fiscale.
Selon l'acte de recours, la société a été fondée il y a vingt-trois ans par une tierce personne, dans le but précis de permettre à Yigal Petel et à son épouse, alors en pleine procédure de faillite personnelle, de subvenir à leurs besoins. Le stand ne vend que des sabich et des boissons fraîches, sans aucun congélateur sur place, ce qui signifie qu'aucun stock n'est conservé d'un jour sur l'autre.

Deux jours d'observation pour reconstituer le chiffre d'affaires

En 2025, les services fiscaux ont mené deux campagnes d'observation sur place. Le stand, qui n'accepte que les paiements en espèces et fonctionne environ six heures par jour, a vu défiler 134 clients lors d'une journée d'observation, puis 127 lors d'une seconde.
À partir de ces chiffres et du prix affiché de la portion, l'administration a estimé qu'il existait un écart significatif entre les revenus réels du stand et ceux déclarés.
Elle a alors réclamé un supplément d'impôt d'environ 160 000 shekels, couvrant quatre années d'activité.
Le recours décrit la tension de la rencontre entre les représentants du fisc et celui qui défend les intérêts du commerçant : Yigal, a été saisi d'angoisse et de pleurs incontrôlables en contestant les chiffres qui lui étaient présentés.

Un œuf et quart par pita : la méthode de calcul contestée

Au cœur du désaccord se trouve la méthode retenue par l'administration fiscale pour reconstituer les ventes. Selon les documents joints au recours, le fisc a fondé ses calculs sur l'hypothèse qu'une pita contient en moyenne 1,05 œuf dur, et sur un taux de perte fixé à 20 %. Pour le propriétaire du stand, cette base de calcul ne reflète en rien la réalité du terrain, et justifie à elle seule l'annulation pure et simple du redressement. Il affirme que le taux réel de pertes est nettement supérieur à celui retenu par l'administration, notamment en raison du nombre de pitas qui se déchirent au fil du service.

Des pitas de qualité inégale, source de pertes récurrentes

L'avocat Shmuel Deblinger, qui représente la société dans cette procédure, avance dans le recours que de nombreux échanges ont eu lieu avec la boulangerie Angel, fournisseur des pitas, au sujet de leur qualité jugée médiocre.
Le stand, plaide-t-il, ne peut pas servir à un client une pita incapable de tenir sa garniture : c'est pourquoi un grand nombre d'entre elles sont retournées au fournisseur ou tout simplement jetées.
Le recours précise que le propriétaire est tenu de commander 200 pitas chaque jour auprès de la boulangerie Angel, mais qu'environ 70 d'entre elles, soit 35 % de l'achat quotidien, ne sont jamais vendues, tandis qu'au moins 20 pitas supplémentaires sont écartées en cours de service pour cause de défaut. Le texte souligne également que Petel n'a jamais changé de fournisseur au fil des années, un choix que le recours ne cherche pas particulièrement à justifier. Sollicitée, la boulangerie Angel n'a pas donné suite aux demandes de réaction.

Le fisc revoit sa copie, mais maintient l'essentiel du redressement

Face aux arguments avancés, l'administration fiscale a accepté de relever le taux de perte retenu dans son calcul, le faisant passer de 20 % à 25 %. Ce geste n'a toutefois pas suffi à clore le différend : même après cette révision, le fisc continue d'estimer qu'un écart persiste entre les revenus réels du stand et les montants déclarés au titre de la TVA. Sur cette base, il maintient sa demande d'un versement supplémentaire d'environ 132 000 shekels au Trésor public. Le propriétaire du stand rejette ce nouveau calcul et a choisi de porter l'affaire devant la justice en contestant formellement l'avis d'imposition.

Un litige qui dépasse le simple sandwich

Au-delà de son aspect presque anecdotique, cette affaire illustre une pratique bien connue des petits commerçants israéliens travaillant essentiellement en espèces : la reconstitution du chiffre d'affaires par observation directe, méthode à laquelle recourt régulièrement l'administration fiscale lorsqu'elle soupçonne une sous-déclaration. Le tribunal de district de Jérusalem devra désormais trancher entre deux versions difficilement conciliables : celle d'un fisc qui affine ses hypothèses de calcul sans renoncer à l'essentiel de sa créance, et celle d'un commerçant qui affirme que la réalité de son activité, faite de pitas déchirées et de pertes quotidiennes, ne se laisse pas réduire à une simple équation statistique.

*Le sabich, c'est un sandwich israélien très populaire, servi dans une pita. Sa base classique associe de l'aubergine frite, des œufs durs, du houmous ou du tahiné, de la salade fraîche (tomate, concombre), des pickles et souvent une sauce épicée type amba (une sauce à la mangue marinée d'origine irakienne). C'est un plat de rue emblématique, né dans la communauté juive irakienne installée en Israël, et qu'on trouve aujourd'hui dans de nombreux stands à Jérusalem, Tel-Aviv et ailleurs dans le pays.